Room in Rome
Article publié le Lundi 6 juin 2011 par Christophe Chabert consulté 3961 fois
Julio Medem Wild side
Room in Rome

Après un film très personnel, ambitieux et complètement raté (Caotica Ana), l’excellent Julio Medem se remet en selle en reprenant les choses là où il les avait laissées avec Lucia y el sexo : l’exploration du désir féminin à travers la recherche d’un cinéma sensuel et sexuel où tout transpirerait l’érotisme décomplexé. Mais Room in Rome poursuit ce projet en mode mineur : un huis-clos dans une chambre d’hôtel, une nuit, deux femmes et basta. La théâtralité de la situation est vite évacuée par la virtuosité de Medem à embrasser l’espace par une caméra caressante et une manière très habile de creuser le temps. D’abord pris dans un présent pur — la mécanique de la séduction entre l’Espagnole Alba (Elena Anaya, bientôt remarquable dans le nouveau Almodovar), lesbienne convaincue, et la Russe Natasha (Natasha Yarovenko), qui s’apprête à se marier — le récit s’opacifie au fur et à mesure où les masques tombent et les mensonges se révèlent. Medem force un peu sur le mélodrame, ce qui affaiblit l’émotion de la dernière partie, mais il réussit les deux grands enjeux de son film : l’oubli de la nudité, donnée naturelle de la situation (les deux actrices ne sont presque jamais vêtues !), et la naissance d’un amour à durée déterminée, une parenthèse de vie plus importante que des années entières d’existence partagée. Au-delà de tout puritanisme, le geste de Medem a cette force-là : il est aussi libre que ses héroïnes. CC






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