Expositions : ce qui vous attend

De Kandinsky à Matisse | Jan Fabre, Henri Matisse, Vassily Kandinsky : tels seront les ténors de la saison artistique qui s'ouvre cet automne... Avec, en contrepoint, et pour faire crisser un peu les yeux et leur offrir des cheminements plastiques plus aventureux, quelques énergumènes singuliers : Félicien Rops en tête, ou encore Jason Dodge et Jean-Luc Parant.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 13 septembre 2016

Photo : Jean-Luc Parant au MAC


Au Mac, la diversité

Si le chorégraphe, performeur et plasticien belge Jan Fabre fera figure au Musée d'art contemporain de tête d'affiche avec une rétrospective centrée sur ses performances, deux autres événements lui feront "concurrence", voire de l'ombre : Wall drawings, une exposition internationale consacrée au street art, et Le bonheur de deviner peu à peu dévoilant des œuvres (signées Orlan, Ilya Kabakov, Cai Guo-Qiang...) qui, justement, ont pour caractéristique de ne se dévoiler au visiteur que "peu à peu", gardant une part de mystère... Dans le cadre de ce dernier événement, l'artiste-poète Jean-Luc Parant poursuivra son fascinant "work in progress" Éboulement, entassant dans le musée ses boules de différents formats, avec pour but final d'envahir totalement le MAC ! À partir du 10 mars, le musée enchaînera avec une exposition sur le groupe lyonnais Frigo et une autre sur la scène artistique de Los Angeles.

Jan Fabre + Wall drawings + Le bonheur de deviner peu à peu
Au Musée d'art contemporain du 30 septembre au 15 janvier

Découvrir les artistes de street art au travail
Au MAC du 10 au 28 septembre

Performance de Jan Fabre
Au Vélodrome du Parc de la Tête d'Or le 29 septembre à 18h

Jean-Luc Parant, lecture et rencontre
À la galerie Michel Descours le 30 septembre


À l'IAC, découvrir Jason Dodge

L'Institut d'art contemporain reprend le cycle de ses expositions monographiques consacrées à des artistes en milieu de carrière, peu ou pas connus du grand public. L'artiste américain Jason Dodge, né en 1969, y présentera ses installations composées d'objets de la vie quotidienne (couvertures, oreillers, ampoules électriques, instruments de musique...), agencés de manière très simple et assez déconcertante dans un premier temps. Ces installations prennent sens ou font énigme grâce à des bribes de phrases et à des fragments de poèmes, qui les emportent alors vers d'autres significations, questions, configurations...
Cette exposition sera suivie à l'IAC d'un temps dévolu à ses collections, puis d'une rétrospective attendue consacrée à Ann Veronica Janssens, artiste belge connue notamment pour ses environnements de brumes colorées.

Jason Dodge
À l'Institut d'Art Contemporain du 16 septembre au 6 novembre

Ann Veronica Janssens
À l'Institut d'Art Contemporain du 17 mars au 7 mai 2017


Au musée des Confluences, Corps rebelles

En parallèle à la Biennale de la danse, l'exposition Corps rebelles tentera, en images et en « environnements visuels et sonores immersifs », de nous narrer les grandes étapes de l'histoire de la danse au 20e siècle. Six chorégraphes ont été sélectionnés par le musée pour évoquer six grandes thématiques : Louise Lecavalier pour « la danse virtuose », Raimund Hoghe pour « la danse vulnérable », Cécilia Bengolea et François Chaignaud pour « danses savantes, danses populaires », Daniel Leveillé pour « danses politiques »...
On pourra aussi découvrir huit versions différentes (signées Maurice Béjart, Pina Bausch, Angelin Preljocaj, Jean-Claude Gallotta...) d'une même scène de la pièce qui ouvre, en 1913, la voie à la danse moderne et contemporaine : Le Sacre du printemps de Nijinsky / Stravinski.

Corps rebelles
Au musée des Confluences jusqu'au 5 mars


Au Musée Dini, la sensualité

Pour fêter ses quinze ans, le musée Dini fait appel à nos sens, rappelant au passage que toute esthétique est d'abord une histoire sensorielle. Plutôt visuelle en ce qui concerne l'art, mais pas seulement : l'exposition du musée fera la part belle à la représentation des odeurs, des sons, du toucher et du goût... Le tout à travers une centaine d'œuvres (signées Eugène Carrière, Paul-Hippolyte Flandrin, Jean-Léon Gérôme, Auguste Morisot, Odilon Redon...), sur une période s'étalant de 1830 à 1914.

Tentations, l'appel des sens
Au musée Paul Dini à Villefranche-sur-Saône du 16 octobre au 12 février 2017


Kandinsky, le parisien grenoblois

Beaucoup considèrent Vassily Kandinsky (1866-1944) comme le pionnier de l'art abstrait. Mais c'est une autre facette de l'artiste que se propose de nous montrer le musée de Grenoble : celle de la fin de carrière de Kandinsky, réfugié à partir de 1933 en région parisienne afin de fuir le régime nazi en Allemagne. Kandinsky renouvelle alors son célèbre vocabulaire géométrique abstrait en puisant son inspiration dans les motifs biomorphes de la zoologie, de l'embryologie et de la botanique, trois sciences qui le passionnent. De 1933 à 1944, le parcours chronologique de l'exposition dévoilera des tableaux étonnants, presque "sensuels", comme autant de tentatives de synthèse entre la raison et l'intuition, la science et les sens...
À partir du 10 mars 2017, le musée enchaînera avec une autre exposition très attendue, consacrée à Henri Fantin-Latour (1836-1904).

Vassily Kandinsky, les années parisiennes
Au musée de Grenoble du 29 octobre au 29 janvier 2017


Félicien Rops, l'artiste irrécupérable

« Vertueux ne puis. Hypocrite ne daigne. Rops je suis » écrit à un ami l'artiste belge Félicien Rops (1833-1898). Une façon des plus condensées pour résumer l'état d'esprit de ce provocateur né, caricaturiste en diable et dessinateur-graveur assez génial. L'auteur de Pornocratie dénonce toutes les hypocrisies bourgeoises et célèbre dans ses œuvres la mort, l'ivresse des sens (et pas seulement), le désir et les courbes féminines...
Il nous faudra prendre le train, avec Les Fleurs du mal de Baudelaire comme lecture (tant l'univers de Rops est proche de celui du poète), pour aller au Creusot découvrir la centaine d'oeuvres rassemblées à l'Arc. Une exposition qui s'annonce exceptionnelle.

Vous avez dit Félicien Rops !?
À L'Arc-Scène nationale au Creusot du 24 septembre au 16 décembre


Matisse, une nouvelle perception

Figure clef de la modernité, Henri Matisse (1869-1954) déconcerte aujourd'hui encore avec ses toiles à la limite de l'abstraction, où le mobilier s'entremêle aux tapisseries, et où la perspective semble devenir folle... Où se trouve-t-on face à une œuvre de Matisse, dans quel lieu, dans quel rapport du sujet à l'objet, du fond à la forme ? Matisse rebat les cartes de la perception et nous entraîne dans un univers où les vieilles distinctions tombent en ruines. Nous serons heureux de nous y perdre et de nous y retrouver à nouveau, à travers l'exposition du musée des Beaux-Arts, consacrée essentiellement à la pratique du dessin de Matisse, et rassemblant quelque trois-cents œuvres !

Henri Matisse, le laboratoire intérieur
Au Musée des Beaux-Arts du 2 décembre au 6 mars 2017


À la Sucrière, une Biennale d'architecture

Après celles d'art contemporain, de la danse ou de la photographie, une nouvelle biennale consacrée cette fois-ci à l'architecture verra le jour à Lyon en juin prochain. Avec pour maître mot : l'utopie. La Sucrière se transformera en un vaste atelier d'inventions "utopiques", proposées par des architectes bien sûr, mais aussi des urbanistes, des paysagistes, des industriels et des universitaires...

Biennale d'architecture
À la Sucrière du 8 juin au 9 juillet 2017


Jason Dodge

Behind this machine anyone with a mind can enter
Institut d'Art Contemporain 11 rue Docteur Dolard Villeurbanne
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Corps rebelles

La danse contemporaine comme langage universel
Musée des Confluences 86 Quai Perrache Lyon 2e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Henri Matisse est un besogneux et n'a pas les mêmes facilités virtuoses, ni le style tonitruant, que son contemporain Picasso. On l'éprouve très concrètement en découvrant ses dessins au Musée des Beaux-Arts : il cherche de feuille en feuille, il expérimente, il échoue, il recommence, il répète, il hésite... Devant un dessin de femme allongée, Matisse confie en 1931 à un critique d'art : « Pouvez-vous imaginer que je suis resté plus de deux mois à ce dessin ? Chaque soir j'y ai travaillé une heure et demie. Il consiste si vous voulez en centaines d'esquisses superposées... Si vous regardez la feuille avec attention, vous verrez par exemple combien de fois j'ai changé l'attitude du bras. » Plus rarement chez Matisse, le dessin jaillit en une ligne limpide et semble alors facile, évident, léger. Il semble paradoxal d'organiser une exposition centrée sur les dessins de Matisse, alors qu'il est emblématiquement l'un des inventeurs de la modernité de la couleur, de sa libération contre la domination classique du... dessin ! Mais, comme souven

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À partir de ce vendredi 2 décembre (et jusqu'au 6 mars 2017), le Musée des Beaux-Arts nous invite à nous plonger dans le Laboratoire intérieur de Henri Matisse (1869-1954), c'est-à-dire dans sa pratique quotidienne du dessin. C'est à partir de ce médium que Matisse se donne toutes les libertés formelles pour réaliser ensuite ses sculptures et ses peintures. L'exposition rassemble environ 250 de ses œuvres (dessins, peintures, sculptures).

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Chorégraphe, plasticien, performeur, metteur en scène, Jan Fabre (né à Anvers en 1958) n'a jamais confondu ces différents médiums mais tenté de pousser chacun jusqu'à ses ultimes limites. À Lyon, on a pu découvrir ces dernières années des dessins composés de son sperme ou de son sang, des danseuses évoluant en solos sur de l'huile d'olive ou dans un cercueil... Mais c'est surtout la performance qui, tout au long de sa carrière, a été un terrain majeur d'expérimentations et de provocations pour l'artiste. Et ce dès sa sortie de l'Académie Royale des Beaux Arts d'Anvers à la fin des années 1970 : il s'enferme alors dans une pièce pour la recouvrir entièrement de stylos Bic, peint le drapeau belge sur des coquilles d'escargots dans la vitrine d'un commerce, transforme des billets de banque en avions avant de les brûler... « Quand l'envie est là, confie-t-il dans un entretien à Germano Celant en 2013, quand cette envie de m'interroger d'une manière extrême grandit parfois d

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« Vertueux ne puis. Hypocrite ne daigne. Rops je suis » écrit Félicien Rops (1833-1898) dans une lettre à un ami. En quelques mots, l'artiste belge révèle son éthique de la vérité et de la simplicité, qui le fera à la fois prendre goût au métier du journalisme, à la caricature, et, aussi, honnir la société bourgeoise de son époque. Contre ses duperies et ses hypocrisies, il oppose dans ses dessins, ses gravures et ses peintures, l'éloge de l'érotisme, la fatalité de la mort et les beautés féminines. On le connaît aujourd'hui beaucoup pour ses œuvres licencieuses, mais Rops s'est d'abord passionné pour la botanique, le canotage et la gravure qu'il maîtrisait en virtuose. C'est à Paris semble-t-il, dans les années 1860, que l'artiste s'encanaille en fréquentant les "cocottes" et les atmosphères sulfureuses des cafés, et ouvre son œuvre aux délices d'Eros comme aux angoisses de Thanatos. Pornokratès L'ami de Charles Baudelaire illustre alors nombre d'ouvrages érotiques et joue à plein les cartes de l'obscène et du sacrilège pour secouer les mœurs de la fin du 19e siècle.

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Dorotée Aznar | Mercredi 14 mars 2012

Podcast / Entretien avec Jan Fabre

Date de première diffusion:  13 Mars 2012Emission n°101 Durée: 31’32 minInvité: Jan Fabre, artiste; Pauline Faure, responsable service exposition MAMSEContenu: Le Musée d’Art Moderne de Saint-Etienne expose l’artiste Jan Fabre pour une rétrospective intitulée ‘les années de l’heure bleue’ jusqu’au 28 Mai 2012. Cette exposition propose une importante collection de pièces produites entre 77 et 92, mais aussi une nouvelle proposition pour l’entrée du musée, toutes réalisées avec des stylos BIC bleus inlassablement épuisés sur leur support plan ou sculptural. Jan Fabre a accepté de répondre à quelques questions. Chroniques: Gwilherm Perthuis se penche sur les revues de dessin, Solenne Livolsi s’attache au système des artothèques à travers la nouvelle exposition du centre photographique de Lectoure ‘L’espace de l’autre’. Liens utiles :  Vidéo amateur d’une des oeuvres les plus monumentales de l’artiste Jan Fabre lors de la Bienn

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Prendre son pied avec les Modernes

ARTS | Tu montes ? Allez, oui, pourquoi pas, j'ai payé pour «ça» après tout, et les marches ne sont ni trop nombreuses ni trop raides. En haut, assise sur son (...)

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 23 octobre 2009

Prendre son pied avec les Modernes

Tu montes ? Allez, oui, pourquoi pas, j'ai payé pour «ça» après tout, et les marches ne sont ni trop nombreuses ni trop raides. En haut, assise sur son canapé, elle m'attend. Une jolie petite rousse aux formes rondes. Elle est nue (hormis une paire de bas rouge très «professionnels») et ses yeux noirs se plantent, avec aplomb, dans les miens... Elle avait une vingtaine d'années en 1901. Alors en 2009 ? Toujours vingt ans, toujours le même regard, et le corps toujours enfoncé dans une sorte d'épaisse mousse blanche, verte, bleue. C'est Picasso qui, dans ce tableau de prostituée parisienne, a arrêté, autant qu'intensifié, le temps, le regard, le désir... Qu'une exposition, portant sur la modernité artistique, s'ouvre sur une telle toile en dit long à la fois sur l'importance de la figure de Picasso au XXe siècle, et sur l'invitation du musée à approcher les œuvres par le biais des sens, du plaisir, des émotions, et pas seulement à travers les concepts balisés de l'histoire de l'art. C'est nu, déshabillé de toute connaissance, qu'il faut donc aussi parcourir, flâner, hasarder, percevoir, parmi les petits espaces d'exposition (25 «écrins» au total) aux cimaises grises et percés d'ouver

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Bacon, la chair de la peinture

ARTS | «Eh bien, c'est sûr, nous sommes de la viande, nous sommes des carcasses en puissance. Si je vais chez un boucher, je trouve toujours surprenant de ne (...)

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 23 octobre 2009

Bacon, la chair de la peinture

«Eh bien, c'est sûr, nous sommes de la viande, nous sommes des carcasses en puissance. Si je vais chez un boucher, je trouve toujours surprenant de ne pas être là, à la place de l'animal», dit Francis Bacon (1909-1992) dans ses éclairants ‘Entretiens’ avec David Sylvester. Dans l'une des sections les plus impressionnantes de l'exposition du Musée des beaux-arts, intitulée «Animalité», on découvre notamment une toile de l'artiste, Carcasse de viande et oiseau de proie (1980). Entrer dans la chair des choses, sa beauté et son horreur mêlées, entrer dans la sensation et ses abysses, tel est le but de Bacon, pour qui la peinture est «une tentative pour que la figuration atteigne le système nerveux de manière plus violente et plus poignante». De nerfs à nerfs, d'os à os, de viande à viande, de cri à cri, court-circuitant la raison et l'intelligibilité, l'art de Bacon va au cœur du mouvement, du hasard, de la violence, des élans et des instincts vitaux. À côté de la Carcasse, on peut découvrir une autre toile où une autre «bête» est cette fois-ci bien vivante, convulsive, au milieu de l'arène d'une corrida. ‘Étude pour une corrida’ No 2 (1969) fait partie d'une série

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«Braconner, trouver des chemins de traverse»

ARTS | IntentionsCette exposition est un peu particulière car, pour l'essentiel, elle est constituée d'oeuvres du XXe siècle issues des collections du musée. (...)

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 23 octobre 2009

«Braconner, trouver des chemins de traverse»

IntentionsCette exposition est un peu particulière car, pour l'essentiel, elle est constituée d'oeuvres du XXe siècle issues des collections du musée. Aujourd'hui, le XXe siècle est une période close et on peut donc se permettre d'y réfléchir, d'en tirer quelques conclusions. À Lyon, contrairement au Centre Georges Pompidou, nous n'avons pas la capacité de présenter des oeuvres représentatives de la totalité de l'histoire de l'art au XXe siècle. La configuration de nos collections nous a donc obligés à braconner, à trouver des chemins de traverse, et à effectuer aussi des choix très personnels. L'exposition se subdivise en 25 sections, avec un parcours assez pédagogique, mais qui sort des catégories habituelles des spécialistes. Nous avons composé, presque musicalement, une suite d'impromptus, plutôt qu'une histoire canonique. La collection du XXe siècle du muséeLa collection du XXe siècle du musée est tout à la fois importante, très belle et lacunaire. Nous manquons de place pour pouvoir la présenter en permanence dans son intégralité. Parmi ses caractéristiques, notons que le musée a été l'un des tout premiers en France à acheter des toiles impressionniste

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Les Modernes

ARTS | Au-delà de bien des définitions possibles, l'art moderne c'est : des Fauves (Suzanne Valadon, Raoul Dufy, Van Dongen...) qui peignent des visages en vert (...)

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 11 septembre 2009

Les Modernes

Au-delà de bien des définitions possibles, l'art moderne c'est : des Fauves (Suzanne Valadon, Raoul Dufy, Van Dongen...) qui peignent des visages en vert et des forêts en rouge, des Russes (Malevitch) qui jouent les avants-gardes radicales, des Cubistes (Braque, Gleizes...) qui éclatent le réel en kaléidoscopes, des Surréalistes (Masson, Ernst, Miro, Brauner...) qui vous jettent du rêve ou du cauchemar à pleines palettes, des électrons libres (Picasso, Matisse, Léger) qui accouchent de chefs-d'oeuvre à foison, des abstraits (Tapiès, Soulages, De Staël, Hartung, Rebeyrolle...) qui vous enfoncent du noir, des signes ou des matières dans les yeux pour mieux ramoner vos émotions les plus enfouies, des Bruts ou des Singuliers (Dubuffet, Bettencourt, Chaissac, Ughetto...) qui jouent quelques jolis tours à la folie, des Narratifs qui peignent l'urgence de l'actualité du monde et un Francis Bacon qui clôt la ronde, arrachant des cris à la barbaque humaine... Tout ce petit monde sera réuni au Musée des Beaux-Arts à travers 130 sculptures et peintures issues des collections du musée, de fondations ou de galeries privées. « Picasso, Matisse, Dubuffet, Bacon… Les modernes s’exposent au Mus

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