Credo lumineux au Couvent de la Tourette

Art Religieux | Au Couvent de la Tourette conçu par Le Corbusier, une très belle exposition est consacrée au vitrail contemporain. Avec une trentaine d'artistes d'obédiences esthétiques diverses, n'ayant qu'une foi commune : la lumière et la couleur.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 30 octobre 2018

Photo : Pierre Buraglio, vitrail d'essai, Église de Saint-Germain des Prés / David Rabinowitch, vitrail d'essai, Cathédrale Notre-Dame du Bourg / Robert Morris, Église de Maguelone


Dans les églises, le vitrail, comme bien d'autres surfaces peintes, a pour fonction habituelle de représenter et de raconter des épisodes bibliques. L'art et la beauté sont intimement liés au récit... Après la fin de la Seconde Guerre mondiale (et ce n'est peut-être pas un hasard, tant celle-ci a fait vaciller nos croyances), l'art religieux se risque au modernisme, et l'on invite en particulier des artistes comme Matisse, Fernand Léger ou Alfred Manessier à créer des vitraux. Manessier, à l'Église des Bréseux, réalise notamment les premiers vitraux non figuratifs. Depuis, les commandes publiques se sont multipliées et les ouvertures de lumière des édifices religieux ont été peintes à toutes les sauces : géométrique, figurative, minimaliste, monochrome, pop... Et signées par les plus grands noms de l'histoire de l'art récente : Vieira Da Silva, Ubac, Olivier Debré, Robert Morris, Pierre Soulages, Gérard Garouste, Sarkis, Claude Viallat, Markus Lüpertz...

Œcuménisme esthétique

Le frère Marc Chauveau, à la Tourette, a eu l'idée aussi improbable que géniale de vouloir montrer ce mouvement hétérogène de création des années 1970 à aujourd'hui, à travers les réalisations d'une trentaine d'artistes (que nous avons commencé à citer ci-dessus). Idée improbable, puisque les vitraux par définition ne sont pas déplaçables, et qu'ils s'ancrent même dans une architecture et une géographie précises. Mais des vitraux d'essais ont été conservés et constituent en eux-mêmes de véritables petits chefs-d'œuvre que l'exposition, à la Tourette, met en valeur grâce à la grande luminosité du couvent, et ses ouvertures, tantôt sur la nature, tantôt sur des fragments du bâtiment du Corbusier. Le tout est accompagné d'esquisses et de peintures préparatoires, et d'une riche documentation. Contre toute attente, l'exposition s'avère ainsi aussi passionnante sur le plan historique, que stimulante sur le plan esthétique. Les styles les plus contraires, les écoles les plus antagonistes parviennent à se retrouver, humblement, sur une mince surface de verre, quelques lignes et couleurs, traversés de lumière.

Le vitrail contemporain
Au Couvent de La Tourette à Éveux ​jusqu'au 22 décembre

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Cinq expos à voir en septembre

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Jean-Emmanuel Denave | Lundi 9 septembre 2019

Cinq expos à voir en septembre

Le Palais de Tokyo investit une friche lyonnaise pour la Biennale L’événement artistique du mois, c’est l’ouverture de la nouvelle Biennale d’Art Contemporain, dont l’exposition internationale principale se tiendra aux (immenses) usines Fagor et au Musée d’Art Contemporain. L’équipe du Palais de Tokyo de Paris y présente cinquante-cinq artistes de tous horizons (esthétiques et géographiques), autour de la thématique du paysage. Peu d’entre eux sont connus et 90 % des œuvres exposées seront des créations. Une biennale pleine de surprises, donc ! 15e Biennale d’art contemporain, Là où les eaux se mêlent À Fagor-Brandt du 18 septembre au 5 janvier 2020 De l'art brut dans toute la ville L’art brut a le vent en poupe dans les musées, les galeries, les foires d’art contemporain. Mais, à Lyon, cela fait mai

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Je vois donc je suis

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Jean-Emmanuel Denave | Mardi 3 septembre 2019

Je vois donc je suis

Première initiative du Pôle des Musées d’Art de Lyon, l’exposition Penser en formes et en couleurs emprunte son titre à un aphorisme de Georges Braque. L’expression ne manque pas de sel philosophique (formes et couleurs relèvent-elles seulement de la perception, ou sont-elles une forme de pensée à part entière ?), et l’accrochage ne tente pas d’y répondre théoriquement, mais propose une expérience, intense, en entremêlant des œuvres des collections du Musée des Beaux-arts et des collections du Musée d’Art Contemporain. Les trois commissaires d’exposition ont fait éclater tous les repères chronologiques et proposent un parcours qui avance à coups de thématiques matérielles : couleurs isolées, couleurs-vibrations, couleurs-paysages, différents états du gris… On découvre dans une dizaine de salles les métamorphoses les plus osées et les variations les plus extrêmes des matériaux plastiques les plus simples. Images cochonnes L’un des temps forts de l’exposition est aussi l’un de ses temps les plus violents : celui de la salle consacrée au lien couleur-sang. Les nombreuses Croûtes (1989-1991) de

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Manessier ressuscité

ARTS | Après la Seconde Guerre mondiale, aux côtés de ses comparses de la nouvelle École de Paris (Jean Le Moal, Jean Bazaine...), Alfred Manessier (1911-1993) (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 9 juin 2015

Manessier ressuscité

Après la Seconde Guerre mondiale, aux côtés de ses comparses de la nouvelle École de Paris (Jean Le Moal, Jean Bazaine...), Alfred Manessier (1911-1993) connut un succès important. Succès qui incita les plus grandes institutions muséales françaises à acquérir ses œuvres : le Centre Georges Pompidou et beaucoup d'autres musées français, dont celui des Beaux-arts de Lyon (deux grandes toiles sont actuellement présentées dans les salles du XXe siècle)... D'abord marqué par l’œuvre de Rembrandt, l'artiste se convertit quasi simultanément à l'abstraction et au catholicisme après avoir découvert la beauté des chants grégoriens dans un monastère. Il tente alors de dépoussiérer l'art sacré et de le relier aux révolutions picturales du XXe siècle. Ses toiles s'inspirent successivement du cubisme, du surréalisme, de l'abstraction lyrique ou expressionniste... Le Musée de Fourvière, dans un accrochage un peu approximatif, présente une quinzaine de toiles représentatives de son parcours. Mais le cœur de l'exposition est constitué par la présentation de deux séries de très belles lithographies sur le thème de Pâques, réalisées à presque trente ans d'

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Soulages, de la Grotte Chauvet à aujourd’hui

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Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 12 octobre 2012

Soulages, de la Grotte Chauvet à aujourd’hui

Un artiste vivant, des œuvres réalisées entre la fin des années 1990 et août 2012, un titre-manifeste tracé en grandes lettres blanches « Soulages, XXIe Siècle »… Non, nous ne sommes pas au Musée d’Art Contemporain (qui de son côté expose un artiste disparu, John Cage, à la musique certes avant-gardiste en 1950 mais aujourd’hui un peu avariée), mais bel et bien au Musée des Beaux-Arts. Au-delà de l’aspect drolatique, le message est sans doute «politique» : nous, Musée des Beaux-Arts, secouons notre poussière et faisons peau neuve, innovons dans le mécénat 3.0 (le club Poussin réunissant aujourd’hui un grand nombre d’entreprises), et donnons de vigoureux coups de pied dans la fourmilière passéiste et provincialiste ! À cela, on ne peut qu’applaudir et rappeler que Sylvie Ramond, depuis sa nomination à la direction du MBA, a impulsé nombre d’expositions passionnantes (Le Plaisir au dessin, Repartir à zéro, Bram et Geer Van Velde…)… Mais, qu’en conférence de presse, celle-ci et Eric de Chassey (co-commissaire de l’exposition) insistent sur un Soulages artistiquement ultra contemporain, innovateur en diable, se renouvelant quasiment de but en blanc à chaque chant

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Attendre soulage

ARTS | «Indépendamment de ce qui arrive, n’arrive pas, c’est l’attente qui est magnifique», écrit André Breton dans L’Amour fou… Et c’est dans les salles du XXe (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 22 août 2012

Attendre soulage

«Indépendamment de ce qui arrive, n’arrive pas, c’est l’attente qui est magnifique», écrit André Breton dans L’Amour fou… Et c’est dans les salles du XXe siècle du Musée des Beaux-Arts que nous sommes allés «attendre» les nouvelles expositions de la rentrée (Soulages notamment, maître du noir, bientôt dans ces murs) et y découvrir un nouvel accrochage éphémère. Le noir déjà y bat son plein dès la découverte de La Cathédrale (1955) de Nicolas de Staël, qui se détache sur une nuit teintée de bleu, celle même où l’artiste bascula la même année en se suicidant. Et Dieu passa aux aveux semble lui répondre, en 1965, Dorothea Tanning (épouse de Max Ernst), avec ses formes ambiguës parmi l’obscurité inquiétante, son corps féminin tronqué et convulsé… Oui Breton encore, L'Amour fou encore : «La beauté convulsive sera érotique-voilée, explosante-fixe, magique-circonstancielle ou ne sera pas». Un an après, 1966, le très surréaliste Lyonnais Max Schoendorff entreprend de nous perdre parmi les décors en lambeaux de son Aveugle étoile morte : grotte paléolithique déchiquetée ou intérieur organique, qui

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Trois Soulages

ARTS | L’acquisition, il y a trois ans, d’un Poussin a fait des petits. Le Musée des Beaux-Arts a réuni à nouveau plusieurs mécènes pour acquérir, avec un financement (...)

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 25 novembre 2011

Trois Soulages

L’acquisition, il y a trois ans, d’un Poussin a fait des petits. Le Musée des Beaux-Arts a réuni à nouveau plusieurs mécènes pour acquérir, avec un financement public-privé (1, 5 million d’euros), trois œuvres du peintre Pierre Soulages. Un brou de noix sur papier de 1947, une huile de 1967 et un triptyque à l’acrylique de 2009. On pourra les découvrir à partir de mars 2012 et le musée annonce aussi une exposition consacrée au maître de l’abstraction et du noir en octobre 2012.

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