Cinq expos à voir en février

Bons Plans | Vues ou pressenties comme intéressantes, voici notre sélection des cinq expositions à découvrir en février dans les musées et les galeries de la ville.

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 6 février 2019

Fragments photo du réel

Le Réverbère présente quatre photographes qui s'approchent au plus près du réel, afin d'y puiser leur propre vision du monde et de sa structure poétique... C'est, par exemple, le réel et son double chez Serge Clément qui joue de reflets et de répétitions de motifs, le réel et son trouble avec le regard poétique de Bernard Plossu, le réel et sa structure géométrique chez Baudoin Lotin. Ou encore le réel et ses épiphanies chez Julien Magre, retenant fugacement dans ses images ce qui est voué à s'absenter, disparaître.

La poésie abstraite du réel
Au Réverbère ​jusqu'au 20 avril


La géométrie délicate de Léon Tutundjian

La Fondation Bullukian consacre à Léon Tutundjian (1905-1968) une mini rétrospective des plus réussie. Cet artiste d'origine arménienne, exilé à Paris en 1920, a traversé toutes les avant-gardes, avec son style et sa délicatesse propre : abstraction, cubisme, tachisme, surréalisme... L'artiste parvient notamment à marier de manière assez surprenante, dans ses dessins et ses peintures, des formes géométriques à d'autres de nature bio-morphe et organique.

À la Fondation Bullukian jusqu'au 23 février


La vallée du Jourdain

En 2005, la photographe Farida Hamak a entrepris une première déambulation dans la vallée du Jourdain qui traverse le Liban, la Syrie, Israël, la Palestine et la Jordanie... Zone partiellement militaire, cet espace est autant traversé par les extrêmes de l'Histoire et de la géopolitique, que par les extrêmes de la lumière et de l'obscurité. L'artiste en a ramené des images superbes !

À la galerie Regard Sud jusqu'au 9 mars


Impressionnisme post-moderne

Fils du sculpteur Alerberto Guzman (dont on peut voir quelques œuvres à la galerie), Vincent Guzman est un peintre utilisant un singulier mélange de peinture à l'huile et de peinture industrielle pour carrosseries de voiture. Ses portraits, ses paysages, ses abstractions ressemblent à des toiles impressionnistes dont l'aspect varie selon l'angle de vue, et la distance du spectateur. Le trouble opère de manière particulièrement puissante dans ses paysages.

À la galerie Anne-Marie et Roland Pallade jusqu'au 9 mars


Les fragments du vide

Dans la lignée d'un Vilhelm Hammershoi ou d'un Giorgio Morandi, Mathilde Lestiboudois peint le vide ou presque : des espaces intérieurs aussi dépouillés de toute fioriture que de présence humaine, des objets d'une grande banalité et sans qualités particulières, comme un torchon, une ampoule électrique, un sachet en papier, un pot de terre... Son monde pictural est flottant, interstitiel, et paradoxalement riche en émotions, sereinement et silencieusement inquiétant.

À l'Attrape-Couleurs jusqu'au 3 mars


Serge Clément + Baudoin Lotin + Julien Magre + Bernard Plossu

La poésie abstraite du réel, photographie
Galerie Le Réverbère 38 rue Burdeau Lyon 1er
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Léon Tutundjian + Alberto Di Fabio

Peinture
Fondation Bullukian 26 place Bellecour Lyon 2e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Farida Hamak

Border Line, au détour du Jourdain. Photographie
Galerie Regard Sud 1-3 rue des Pierres Plantées Lyon 1er
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Rodolfo Guzman

Chef invité n°16
À la Piscine 8 quai Claude Bernard Lyon 7e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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L'attrait des seuils

ARTS | La nature dit-on, et beaucoup d'entre nous, ont horreur du vide. La jeune peintre Mathilde Lestiboudois, au contraire, le recherche, l'explore, (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 26 février 2019

L'attrait des seuils

La nature dit-on, et beaucoup d'entre nous, ont horreur du vide. La jeune peintre Mathilde Lestiboudois, au contraire, le recherche, l'explore, l'accentue dans ses toiles. C'est par exemple un hall d'entrée sans porte, sans présence humaine, sans fonction apparente ni usage probable. C'est une salle de bain avec une baignoire comme un bloc monolithique minimaliste et atemporel. C'est une salle à manger comme un décor de théâtre un peu effrayant avec des sources de lumière d'arrière plan, et une table et des chaises un peu trop simplifiées, un peu trop blanches... « Le vide est un thème récurrent dans mon travail. Je peins des espaces qui se vident de plus en plus, dépourvus de présence humaine, les cadres sont vides et les fenêtres ne laissent transparaître presque aucun décor. Je retire les éléments peu à peu pour ne garder qu’une structure simple que je transforme et manipule tout au long de ma peinture. » écrit l'artiste dans ses notes d'intention. Passages Que l'émotion esthétique se confonde parfois avec un sentiment d'angoisse, la chose est courante

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Éclairs de lucidité

ARTS | En exposant quatre photographes aux styles différents (Serge Clément, Baudoin Lotin, Julien Magre et Bernard Plossu), aux formats allant de la quasi (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 5 février 2019

Éclairs de lucidité

En exposant quatre photographes aux styles différents (Serge Clément, Baudoin Lotin, Julien Magre et Bernard Plossu), aux formats allant de la quasi miniature au grand format, et utilisant aussi bien le noir et blanc que la couleur, Le Réverbère s'est donné beaucoup de liberté pour son nouvel accrochage. L'improvisation, le jazz, la poésie sont d'ailleurs convoqués dans le texte accompagnant l'exposition. D'une plume lyrique, Jacques Damez écrit encore que ces quatre photographes « font se confronter les plans, les surfaces, les valeurs, les couleurs, les miroitements, les échos, les contrastes, le temps et la lumière pour, dans l’éclair de leurs états d’âme, foudroyer leur sujet. Ils mettent à vif le réel, ils ne lui laissent pas d’échappatoire. » Ce serait donc à force de volonté d'approcher, au plus près, de la peau du "réel", que ces quatre artistes trouveraient leur univers poétique et formel, parfois jusqu'à l'abstraction (le Canadien Serge Clément et ses jeux de reflets, de résonances et de doubles, notamment). Espaces transitionnels On découvre ainsi le rée

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Arts de la fugue

ARTS | Récemment nommée à la tête du Musée d'Art Contemporain de Lyon, Isabelle Bertolotti lancera le 8 mars (et jusqu'au 7 juillet) un nouvel ensemble d'expositions (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 8 janvier 2019

Arts de la fugue

Récemment nommée à la tête du Musée d'Art Contemporain de Lyon, Isabelle Bertolotti lancera le 8 mars (et jusqu'au 7 juillet) un nouvel ensemble d'expositions sous le signe de la musique. Une thématique qui lui permettra, d'une part, de s'inscrire dans l'histoire longue du MAC qui a toujours été très sensible aux croisements entre création plastique contemporaine et création musicale, via des figures comme La Monte Young, Laurie Anderson, Yoko Ono, David Tudor, Morton Feldman et d'autres (dont des œuvres collectionnées par le MAC seront présentées en mars). Et, d'autre part, de laisser une large place à la jeune création, à laquelle Isabelle Bertolotti a toujours été très attentive. On pourra ainsi découvrir les peintures sur de multiples supports du jeune brésilien Maxwell Alexandre, inspirées à la fois de sa pratique du roller en ville et des formes de composition et

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Quand l'art questionne le présent

ARTS | L'intime de Julien Magre « Elle puis elles. Elle est d’abord arrivée comme une pierre précieuse. Elles sont ensuite venues comme de petites tempêtes (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 12 septembre 2017

Quand l'art questionne le présent

L'intime de Julien Magre « Elle puis elles. Elle est d’abord arrivée comme une pierre précieuse. Elles sont ensuite venues comme de petites tempêtes de vie. Caroline, Louise et Suzanne. Ma vie dans vos bras. Mes bras comme des branches » écrit le photographe Julien Magre à propos de sa femme et de ses deux filles. Depuis 1999, l'artiste photographie sa vie intime en la transfigurant dans les domaines de la poésie et de la fiction, avec une sensibilité poignante. Il aime à présenter ses images dans des boîtes ou des livres, et présentera quelque 300 œuvres au Réverbère, sa nouvelle galerie depuis mars 2017. Julien Magre, Elles Au Réverbère​ du 16 septembre au 10 novembre Les paysages de Claude Gazier Grand admirateur de Edward Hopper, le peintre lyonnais Claude Gazier était connu jusqu'à présent pour ses reprises et ses transfigurations de scènes de cinéma, des scènes notamment où transparaissait une certaine tension entre différents personnages. Pour sa nouvelle exposition à la galerie Pallade, l'artiste

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Sur les traces de la lumière

ARTS | Ancienne photographe de guerre au Liban et en Syrie dans les années 1980, Farida Hamak poursuit aujourd'hui un travail artistique très différent, beaucoup (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 18 octobre 2016

Sur les traces de la lumière

Ancienne photographe de guerre au Liban et en Syrie dans les années 1980, Farida Hamak poursuit aujourd'hui un travail artistique très différent, beaucoup plus "plasticien". Les images qu'elle expose à la galerie Regard Sud (jusqu'au 29 octobre) ont été prises à Bou Saada en Algérie. Cette région, prisée autrefois par les peintres orientalistes et, plus récemment, par de nombreux cinéastes, est baignée d'une lumière crue, intense, quasi surréelle... L'ombre y a presque disparu ou s'y réduit à une mince raie ou un discret triangle traversant ses images. Des images qui, souvent, glissent vers une certaine abstraction avec des corps enveloppés de blanc se dissolvant dans l'espace, et des lignes d'horizon ou des lignes de batisses séparant à la surface des images des "aplats" de couleurs... Les traces qu'explore Farida Hamak sont de très belles traces de lumière.

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Caméléon pictural

ARTS | Les «monochromes variables», comme les nomme leur auteur, Vincent Guzman, procèdent par épuration. Mais en dépit de la sobriété des toiles présentées à la galerie (...)

Charline Corubolo | Jeudi 30 mai 2013

Caméléon pictural

Les «monochromes variables», comme les nomme leur auteur, Vincent Guzman, procèdent par épuration. Mais en dépit de la sobriété des toiles présentées à la galerie Pallade pour l’exposition avant la paysage, dont la majorité offre un fond uni, c’est une peinture mouvante que produit l’artiste. Une nébuleuse picturale dont le résultat est dû à l’alliage d’acrylique et de résine époxy : sous l’action du composé chimique, la peinture bouge et finit par se figer dans un mouvement ondulatoire. Alors que la surface de l’œuvre est lisse, chaque monochrome donne une impression de relief, telle une empreinte de matière. Et lorsque le regard tend à apprivoiser l’effet d’optique, la lumière vient troubler cette perception. Comme une sculpture, les peintures de Guzman ne peuvent s’apprécier qu’en en faisant le " tour ", la matière et la lumière opérant suivant l’angle une métamorphose de la couleur, passant du mauve au bleu canard. La véritable recherche du peintre ne demeure toutefois pas dans la palette chromatique, mais bien dans une expérimentation de la texture afin d

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Au détour du Jourdain

ARTS | «Né dans les montagnes libanaises, le Jourdain arrose le Liban, la Syrie, Israël, la Palestine et la Jordanie avant de finir sa route dans la mer Morte. (...)

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 11 septembre 2009

Au détour du Jourdain

«Né dans les montagnes libanaises, le Jourdain arrose le Liban, la Syrie, Israël, la Palestine et la Jordanie avant de finir sa route dans la mer Morte. Depuis la guerre des Six-Jours, en 1967, la vallée du nord est devenue zone militaire. Pour pénétrer dans leurs vergers, qu'un couvre-feu vide tous les soirs à 17 heures, les fermiers doivent montrer des laissez-passer...», explique la photographe franco-algérienne Farida Hamak, née en 1950. Elle expose à la galerie Regard Sud (du 18 septembre au 31 octobre) des paysages, des détails, des points de vue incongrus sur la vallée du Jourdain, lieu à la fois envoûtant et profondément marqué par l'histoire.

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