La famille nombreuse de Delphine Balley

Photographie | La photographe Delphine Balley présente au 1111 deux images inédites en dialogue avec des œuvres de Rodin, et ajoute quelques pages à son Album de famille...

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 3 décembre 2019

Photo : © Delphine Balley,


Ne pas céder sur son désir, creuser un même sillon, s'entêter, poursuivre... C'est sans doute à cela qu'on reconnaît un artiste, une œuvre. Depuis ses premières expositions à la galerie Le Réverbère jusqu'à aujourd'hui, force est de constater l'opiniâtreté thématique créative de Delphine Balley (née en 1974 à Romans dans la Drôme). Son point de départ est pourtant très simple voire un peu casse-gueule : l'Album de famille qui débute en 2002 et où l'artiste met en scène sa propre famille, interrogeant à travers des images très picturales sa mémoire familiale. Une mémoire qui a priori ne nous intéresse guère, voire qui pourrait s'écraser contre le mur du nombrilisme narcissique de nombre d'artistes et d'écrivains français ! Mais Delphine Balley injecte tant de fantasmagories, d'humour, d'aspects incongrus et d'étrangeté dans ses images qu'elle tord le cou à Narcisse et fait écho à beaucoup d'autres dimensions...

Famille brisée dans un grand éclat de rire

Échos bien sûr à un certain inconscient collectif autour des grands rites familiaux (le mariage, la réunion de famille, le deuil...), échos aussi à une mémoire collective beaucoup plus large qui draine avec elle son flot de légendes, de superstitions, de petits et grands monstres cachés dans les placards de la raison et de la bienséance morale. Delphine Balley fait exploser la famille dans un grand éclat de rire ou dans un grand bain de sang, et arrache à sa vertu bien des fantômes et des perversions. L'aspect figé et très composé de ses photographies est à la mesure de la violence (ou au contraire de la drôlerie) qui, souvent, traverse les relations entre les personnages. Quand ce n'est pas une violence beaucoup plus directe dans une autre série inspirée de faits divers d'une presse écrite délicieusement surannée.

Les deux images inédites qu'elle expose actuellement au 1111 dialoguent avec une sculpture de Rodin et un portrait de Camille Claudel. Une belle rencontre dans l'intimité de cette galerie-appartement, avant de retrouver Delphine Balley en grand au Musée d'Art Contemporain pour une exposition monographique prévue courant 2021.

Delphine Balley & Auguste Rodin
Au 1111 jusqu'au 18 janvier 2020


Delphine Balley

Carte Blanche #15 en résonance avec l'œuvre de Rodin
LE 1111 - Galerie Celine Moine & Laurent Giros Fine Art 11 rue Chavanne Lyon 1er
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Bons Plans | Les incontournables du mois, de l'événement autour du drapé au Musée des Beaux-Arts à une expo plus confidentielle à l'Estancot : sélection.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 3 décembre 2019

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Delphine Balley et Rodin Mi-réaliste mi-surréaliste, la photographe Delphine Balley a mis en scène sa propre famille, des scènes de crimes glanées dans les faits divers de journaux, et bien d'autres situations encore... Pour sa carte blanche au 1111, l'artiste présente deux photographies inédites en dialogue avec une petite sculpture de Rodin. Deux photographies qui font partie d'un nouveau volet de son Album de famille. Au 1111 jusqu'au 15 décembre Arte Povera Mouvement aussi hétérogène que mythique, l'Arte Povera ("art pauvre") a marqué les années 1960 et 1970 en Italie et au-delà. Le Musée de Saint-Étienne présente une rétrospective de l'Arte Povera réunissant une centaine d’œuvres en insistant sur la dimension performative du mouvement. Oeuvres signées Mario Merz, Luciano Fabro, Giovanni Anselmo... Au Musée d'Art Moderne et Contemporain de Saint-Étienn

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Cinq expositions à voir dans les galeries ces prochains mois

Bons Plans | Voici cinq petites expositions en galeries qu'il vous faut cocher sur votre agenda.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 17 septembre 2019

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S'inspirer de Pessoa Je ne crois pas au paysage rassemble trois artistes à la galerie Descours. Le titre est du poète Fernando Pessoa, extrait du Livre de l'intranquillité. Une intranquillité qui sied si bien avec le travail de chacun des artistes : l'évanescence et l'incertitude ontologique des peintures de Marc Desgrandchamps, les topologies imaginaires et les géométries alternatives de Frédéric Khodja, les formes végétales incertaines entre douceur et angoisse de Mélanie Delattre-Vogt... Je ne crois pas au paysage À la galerie Michel Descours jusqu'au 31 octobre Voir enfin l'URDLA La nouvelle exposition de l'URDLA a un double intérêt : nous faire redécouvrir ce lieu atypique et nous faire découvrir un artiste méconnu, Mark Geffriaud. Le plasticien (performeur, vidéaste, sculpteur...) s'approprie les espaces du centre international de l'estampe et ses impressionnantes presses ou autres objets. Il invite le spectateur à un parcours entre fiction et réalité, objets réels et artefacts artistiques... Mark Geffriaud À l'URDLA ​jusqu'au 30 octobre

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Cinq expos à voir cet été

Bons Plans | Notre sélection subjective de cinq belles expositions à découvrir tout l'été, dans les musées de Lyon et de la région...

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 9 juillet 2019

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Des coiffes qui décoiffent A la suite d'une donation du collectionneur Antoine de Galbert, le Musée des Confluences présente quelque 350 coiffes du monde entier, datant essentiellement des XIXe et XXe siècles. Cérémonielles, ornementales, hiérarchiques, guerrières ou autres, ces coiffes fascinent par leur inventivité esthétique, leur prolixité symbolique, leur aspect parfois un peu délirant. Au Musée des Confluences jusqu'au 15 mars 2020 Pierre Buraglio, Bas voltage Depuis presque soixante ans, Pierre Buraglio traverse courants et mouvements artistiques en toute singularité, renversant les codes de la peinture et de la représentation. Il utilise aussi bien des châssis dénudés que des fenêtres glanées dans des chantiers, et peint volontiers sur des portes de 2CV, des cartes postales, des pages de journaux... Parallèlement, l'artiste musarde dans les musées et dessine d'après Seurat, Courbet, Munch, Monet, Rodin... Son œuvre inclassable fait l'objet d'une grande rétrospective

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Images fantômes à Gadagne

ARTS | «Cette exposition aux Musées Gadagne correspond à une envie depuis longtemps d’exposer non pas mes photos sur des murs blancs, mais de les insérer dans un (...)

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 22 juin 2012

Images fantômes à Gadagne

«Cette exposition aux Musées Gadagne correspond à une envie depuis longtemps d’exposer non pas mes photos sur des murs blancs, mais de les insérer dans un espace «habité»», écrit la photographe lyonnaise Delphine Balley. Et force est de constater que les six grands tirages qu’elle présente au Musée Gadagne trouvent une place idoine dans différentes salles du superbe édifice Renaissance…  La luminosité parfois intimiste ou mordorée des lieux, les tentures des cimaises répondant aux fonds des images, la présence alentour de portraits ou d’objets anciens, renforcent le caractère d’étrangeté et l’impression de temps figé des œuvres de l’artiste. Ces dernières flirtent avec la peinture et sont, comme toujours avec Delphine Balley, des fragments possibles de récits, de légendes, de petites fictions énigmatiques et un peu délirantes. On y verra la suite de son Album de famille où, à partir de son roman familial ou d’anecdotes de son village natal, l’artiste compose des images à la limite du surréalisme et du baroque. Et aussi les débuts d’une nouvelle série, Théâtre de l’esprit, où Delphine Balley, s’imprégnant de l’atmosphère de pièc

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Delphine Balley -Résonance Biennale Art Contemporain

ARTS | La photographe lyonnaise Delphine Balley crée des images à partir de petits faits réels : des histoires de famille ou de village, des faits divers (...)

Jean-Emmanuel Denave | Dimanche 6 septembre 2009

Delphine Balley -Résonance Biennale Art Contemporain

La photographe lyonnaise Delphine Balley crée des images à partir de petits faits réels : des histoires de famille ou de village, des faits divers sanguinolents, des anecdotes étranges piochées dans de vieux journaux... Elle y ajoute son grain de folie pour les métamorphoser en récits visuels abracadabrants. Le dernier en date narre l'histoire du Docteur Williams, personnage du XIXe siècle et inventeur de la pilule Pink pour personnes pâles... On pourra découvrir cette nouvelle série à la galerie Le Réverbère à partir du samedi 12 septembre (et jusqu'au 21 novembre). Notez que ce même samedi 12 septembre, de 14h à 21h, l'ensemble des galeries de la rue Burdeau (Lyon 1er) seront ouvertes et inaugureront leurs nouvelles expositions.-

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