Souffle de liberté
Blog Expositions publié Mardi 15 mai 2012 par Philironie consulté 1096 fois
4 commentaires

Aurait-il fallu ?
Concevoir un texte joignant tous les points de résonance, comme s’ils suivaient seuls le fil d’une unique pensée, le fil de ces pensées furtives qui m’ont submergée d’émotions, pour que chaque spectateur de l’exposition entre et trouve une place au milieu de ce bouillon de sentiments, de questions, de douleurs teintées de déraison ... qui se sont réveillés à la découverte du Jazz, du Jazz manouche, une musique, un rythme différent du mien qui m’a fait vibrer, divaguer le temps d’un instant puis d’un année au cœur d’une réalité, farouche.
Aurait-il fallu ?
Raconter son histoire, mon histoire, définir ses origines, son fondement, les courants de pensée qu’il a influencés en rapportant les légendes, sans éluder les phénomènes, les musiciens mythiques dont la fluidité de langage, la personnalité ont traversé les continents, dérivé jusqu’au fond des caves, les clubs, les guinguettes, les rues de Chicago en passant par Venise, de Bruxelles à Paris… . Le Jazz Manouche. Un style, un mélange de rythmes. Valses, boléro, bossa nova, rumba, tango, qui s’étirent, se raccourcissent, s’entrecroisent, s’enrichissent d’arabesques, de sonorités à consonance ethnique, traditionnelle et populaire ... Une musique acoustique qui réagit. Festive, improvisée. Elle oscille avec toutes les émotions, les souvenirs : l’admiration, l’amour, la haine, le désir, la joie, la tristesse.
Aurait-il fallu ?
Peindre et reprendre les images véhiculées sur la culture tsigane et par la peinture tsigane : la femme, la danse, le folklore, les paysages, le monde du voyage, le combat, … ; cristalliser une musique et une culture indéfinissable, déroutante ; tenter de ressembler, de s’immiscer, de transposer, d’intégrer par capillarité un paysage pictural commun et reconnaissable. J’ai tenté d’apporter une peinture nouvelle entre abstrait et art urbain oubliant les scènes de vie, de rage ou de conflit, s’attachant simplement à une peinture expressive, musicale et libre.
Fredonner la liberté.
La liberté de s’émouvoir, la liberté d’échanger, de donner, de concevoir, d’imaginer de nouveaux effets, de nouveaux liens, de nouveaux traits, de nouvelles couleurs. Du violet au bleu d’outremer, du jaune de Mars au rouge de Venise. Ombre brûlée. L’or. Incorporer des paillettes, le simple reflet de l’illusion qui m’entraîne.
L’exposition laisse un espace au silence, à la révélation lente comme un contrepoint, afin de ne pas travestir les instants inoubliables qui ont ouvert mon cœur, changé mes mots, ma peinture ; une vision nouvelle, plus apaisée, libérée, brisant la colère et la violence qui l’ont longtemps aidé à déculpabiliser face à la difficulté de se définir, au besoin d’être compris, de partager, de donner, de transmettre. Suivant un chemin unique, approcher une peinture qui unit les générations et les genres ; une peinture figurative et colorée.
Les écrits sont nés d’inspirations vagabondes et nostalgiques, entre poésie et figuré, à l’issu du Lyon Gypsy Festival 2011 ; un langage que j’apprécie et dont je joue par défi, instinctivement par défi, pour comprendre.
Les ressentis. Les impressions imprégnées de ma propre histoire. L’histoire de ces hommes et de ces femmes. Des hommes et des femmes. Un travail à la rencontre des musiciens, Tony Green en particulier, _ Jazzman Manouche et peintre, Django Reinhardt, le catalyseur sinon le créateur du Jazz Manouche. Django ou «je m’éveille» en gitan. Guitariste, paralysé de deux doigts, contraint et conduit à réinventer une manière de sonner juste et léger, et ainsi poursuivre sa passion. Jouer.
La liberté. Un si grand mot !
Une utopie. Une pensée... un idéel aussi naturel sinon plus qu’une lueur dans le firmament d’un désespoir, qu’une main posée sur une épaule, qu’une musique qui court le monde sur laquelle les images, les paroles s’impriment comme une évidence, le prolongement d’une vibration, d’un élan.
Alors aurait-il fallu ?
Un texte relatant toutes les rencontres, les doutes et les espoirs. Les dits et les non-dits ? J’ai tenté de composer une partition. Une partition tissée d’expressions, d’impressions, comme une musique intemporelle que les musiciens, les peintres et les poètes manouches et ceux rencontrés lors de ce parcours, ont murmuré au creux de mon oreille, éveillant et aiguisant, mon envie, ma curiosité en suivant la régularité des battements, une béatitude qui dessille les yeux sur ce désir, tu.
Appartenir à un monde d’enracinés où le paradoxe frise la folie ; une atmosphère aussi sombre que les tumultes d’un mystère, celui de l’existence, à ne point nommer.
Aurélie Gravallon Combier
Le site : www.philironie.com
Présentation Exposition 2012, du 18 au 28 mai à la mairie du 4ème arrondissement
Extrait de Fragiles Instants
«Entreprendre d’écrire suppose de s’exposer à la fatigue d’être. Passer pour un comploteur sans cause ni munition. Le réel à portée de voix, le poète enlève tout espoir à ceux qui ne se sentent pas abandonnés. Il est de tous les ouvriers celui qui rajoute le plus généreusement une pelletée de terre au tumulus. Ecrire !
Qu’il faut de persévérance pour que la riveraine, un jour pareil à un autre, apparaisse et s’établisse.»
Marc Rousselet
Nous irons au plus près
Vos commentaires (4)
- Philironie (publié le Samedi 26 mai 2012)
L'exposition est prolongée voir les date définitives sur www.philironie.com - Herbert (publié le Mercredi 16 mai 2012)
A mon tour de te remercier pour ta réponse et pour ne pas m’avoir laissé « en bas ».
A vrai dire j’ai petit peu menti (le mensonge est après tout encore une forme de création).
J’avais bien fini par me laisser emporter par la musicalité un peu manouche de tes mots.
Ce n’est pas ma spécialité mais j’apprécie en tant que lecteur toutes ces expériences avec les mots et les phrases.
Prends-le comme tu veux mais je trouve que tu y arrives plutôt pas mal ! (« Plutôt pas mal » signifie « très bien » en langage mensonger)
Et puis il y a cet assaut que tu portes à titre personnel et pour la liberté. Ouais ça j’aime bien aussi.
La peinture n’est pas non plus ma spécialité (moi c’est les vaisseaux spatiaux) mais il n’est pas impossible que j’aille voir cette exposition.
Je ne te préviendrais pas.
Tu ne sauras pas que je suis là.
Bien à toi également.
Herbert. - Philironie (publié le Mardi 15 mai 2012)
Cher Herbert, Tout d'abord, un grand merci pour ton commentaire, tu n'es pas le premier à te perdre dans mes mots. Et j'avoue ne pas savoir où tu t'es perdu. Que tu sois rassuré, ce texte n'est pas à proprement parler une composition littéraire, ou du moins, une composition littéraire conventionnelle, puisqu'elle suit une musique plus qu'un sens profond, bien que ..... Ce texte est la présentation d'une exposition qui comprend des extraits de textes et des peintures. Je n'aurai pas la prétention d'être une femme de lettres et de surcroît spirituelle. Il n'y a que l'évasion, le bouleversement des conventions qui m'intéressent et la manière dont je tourne les mots, les phrases n'en sont qu'une infime représentation. Une approche sensorielle que tu exprimes parfaitement. Je vis mes convictions. Je détourne, je louvoie. Je suis une femme pleine de barrières psychologique, mentale, physique, habitée par un passé, un présent, peut être un futur ; une femme conditionnée à penser d'une seule manière. Chaque mot est bien posé, et pesé. "Aurait-il fallu ? Concevoir un texte joignant tous les points de résonance, comme s’ils suivaient seuls le fil d’une unique pensée" Je t'invite à visiter l'exposition, _la peinture comble parfois les silences, si le coeur t'en dit, et ainsi reparler posément de ton sentiment de lâcher prise et d'incompréhension, une rencontre entre nos deux univers, et diminuer les interférences qui les séparent ou les occultent. Bien à toi Aurélie - Herbert (publié le Mardi 15 mai 2012)
Chère Aurélie,
Quand j’étais petit je jouais au lego.
J’étais plutôt bon au lego.
Par exemple j’ai une fois construit un vaisseau spatial capable de voyages intergalactiques.
Je n’avais que cinq ans.
Quand plus tard j’ai découvert les lettres et l’écriture, je me suis dit : « c’est bon, c’est comme le lego !».
Il n’y a que vingt-six lettres et il suffit de les ranger bien en ordre et de former des mots. Fastoche.
A part l’autre mongol d’ «anticonstitutionnellement » les mots ont une taille raisonnable.
Je ne sais pas si quelqu’un a déjà calculé la taille moyenne d’un mot ? Je dirais au pif huit ou neuf lettres. Peut-être moins.
Cela fait environ un million et demi de mots possibles.
Beaucoup sont inintéressants comme « fahatlom » par exemple qui n’est pas encore un mot connu.
Bref tout cela est très simple.
Mais en lisant ton texte j’ai perdu pied.
Je me suis égaré.
Cette déréliction n’a rien à voir avec la qualité de ta littérature.
Je n’arrivais tout simplement pas à comprendre de quoi il s’agissait.
Moi qui a cinq ans construisais un vaisseau intergalactique !
Vers la fin de ton texte j’ai cru un instant reprendre pied.
Une furtive impression hallucinatoire et mensongère juste avant de sombrer complètement.
Puis sont venues les citations de Marc Rousselet.
C’était comme des coups de bottes sur mes petits doigts agrippés au rebord de nulle part.
J’ai tout lâché.
Je suis tombé longtemps.
Arrivé en bas j’ai décidé de t’écrire ce commentaire.
Crois-tu que tu pourras me remonter ?
Amitié.
Herbert.





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