Les joyeux bricolages de Ravigote

Restaurant | À deux pas de la place Guichard, l'ancien "bar de la Bourse" a pris un coup de jeune ! Déco souriante, service à la cool et assiettes enjouées.

Adrien Simon | Mardi 22 novembre 2016

Photo : © Anne Bouillot


L'ancien troquet, vide depuis quelques temps, vient d'être repris par un jeune couple. Nous sommes à l'angle de la rue Voltaire et de la rue Mazenod, derrière la Bourse du Travail : le local a subi, trois mois durant, un intense rafraichissement ; de la façade repeinte, affichant désormais Ravigote, au p'tit coin (carrelage métro, bassine en cuivre en guise de vasque).

La cuisine vitrée donne sur la salle (ou l'inverse), décorée avec bonne humeur : murs décapés, vieille fresque exhumée, plantes vertes suspendues, mobilier en multipli et acier tubulaire, évoquant l'avenir (acidulé) du réfectoire scolaire (par l'Atelier J&J). Une rénovation intégrale — jusqu'aux menus et cartes, travaillés par l'atelier lyonnais El Mundo de Lili et le street artiste Potter — et fait maison : « On a appelé tous les potes ! »

Xavier, 29 ans, ouvre ici son premier restaurant, après avoir travaillé notamment aux Trois Dômes à Lyon ou chez Senderens à Paris. Il a pris le parti, et c'est heureux, d'aller chercher des produits de qualité — chez ceux qui fournissent déjà les bonnes tables de la rive gauche. Les légumes bio viennent de Décines (les Jardins de Vartan) ou du marché de la place Guichard (Cyrille Pyod), les poissons descendent de la Croix-Rousse (le MOF Jean-Luc Vianey), et les viandes sont rapatriées de l'Yonne (la ferme de Clavisy).

Dans l'assiette, ça donne finalement de joyeux bricolages. Assemblages, pas toujours d'équerre, mais francs et rafraichissants. Au déjeuner : deux fois trois choix ; pour un menu complet à vingt euros, qui change quotidiennement. On a pu croquer, par exemple, un œuf dit "parfait" (cuit à 65°C : texture chelou, appréciée des chefs, un héritage de la vogue de la cuisine moléculaire des années 90) sur des aubergines grillées, assaisonné d'une vinaigrette argentine.

Aussi, des fenouils braisés, juteux, relevés d'un mix féta-menthe. Ou encore (toujours en entrée), du bar cru, un peu raplapla — malgré le citron vert et les framboises. En guise de plat, on s'est essayé au parfait (et très sérieux) onglet de bœuf, ses panais rôtis et sa fraiche tombée d'épinards. Et au filet de cabillaud vapeur, servi avec du chou-fleur (en purée et rôti) et des pickles de romanesco.

À noter : les végétariens, s'ils s'annoncent, seront bien lotis (le cuistot a bossé dans un resto spécialisé). Pour finir, les desserts s'avèrent moins stylés, mais franchement bons (saint-honoré démonté, pavlova fraise-hibiscus sans chichis).

Ravigote est ouvert tous les midis (en semaine), et deux fois le soir en mode tapas (rillettes de poissons, patatas bravas, planche de fromages de chez Beillevaire, velouté de betterave) et verres de vin. Dans la carte des jus de raisins justement (moins rigolote que le reste) on trouve du Tariquet, un Crozes du domaine Combier ou du Chablis du domaine Oudin. Enfin, un dimanche par mois, c'est brunch à volonté (25€) et l'occasion de présenter le travail d'un artisan/créateur (un vigneron, puis une maroquinière, pour les deux premières dates).

Ravigote
76 rue Mazenod, 3e
Du lundi au vendredi de 12h à 14h. Jeudi et vendredi soir de 19h30 à 23h30
Formule (déjeuner) 20€ ; tapas 5-14€

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La cuisine chinoise en fusion

Les Baguettes Magiques | Dans le cadre du festival Baguettes Magiques organisé par le Nouvel Institut Franco-Chinois, une cinquantaine de restos se mettent à la cuisine du Sichuan, de Shanghaï et de Pékin.

Adrien Simon | Mardi 24 septembre 2019

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On connaît trop peu la gastronomie chinoise. Au point, comme dans un buffet à volonté de zone périurbaine, de trop souvent considérer comme chinois des plats panasiatiques comme les nems, rouleaux de printemps, riz cantonais, porc au caramel. Certes, des établissements plus rigoureux nous ont fait aimer le canard laqué et les raviolis pékinois, les dimsums vapeur cantonais, ou les aubergines à la sichuanaise. Ce n'est pas grand chose si l'on considère la richesse du territoire culinaire chinois et ses huit grandes cuisines régionales. C'est le constat partagé par le Nouvel Institut Franco-Chinois, qui occupe depuis 2016 le Fort Saint-Irénée rénové. Et qui organise la quatrième édition du festival des Baguettes Magiques. Samedi dans les locaux de l'Institut, on pourra à la fois chiner de la vaisselle de designers et se sustenter d'un barbecue ou de mantos de Manto, les enfants profiteront d’ateliers dédiés, les plus grands de démos culinaires, en buvant des thés de chez Cha Yuan. On finira

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Club sandwichs

Food | Avril fini, on va pouvoir se découvrir de plus d'un fil. Et pique-niquer. Ici, deux nouveaux lieux pour nous aider.

Adrien Simon | Mardi 30 avril 2019

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On connaissait Ravigote, l'adresse qui a rajeuni, façon ça passe ou ça casse, les déjeuners de la place Guichard. Le bistrot contemporain voisine depuis peu avec une annexe. « On voulait pouvoir vendre les produits qu'on utilise au restaurant » explique la tenancière, Marie-Laure : la cassonade Graeffe (le chef, Xavier Radojewski est ch'ti), des pickles maison d'oignon rouge ou de navets, une tresse d'ail fumé de Locon, bientôt des légumes des jardins décinois "de Vartan". « On a voulu proposer des sandwichs pour ceux qui n'ont pas le temps, l'envie ou les moyens de s'arrêter au resto. » Alors ils peuvent s'attabler ici, dans une pièce refaite avec le même genre de simplicité enjouée qu'à côté. Ou comme nous, rouler (4 minutes via la piste cyclable protégée de la rue de la Part-Dieu) vers les quais, avec dans la besace : un sandwich au rosbeef froid, sauce ravigote, ketchup de betterave et pickles (6€) et puis un autre courge rôtie, pesto d'épinard, crumble de graines et parmesan et une part de babka (un kouglof polon

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Ça métisse dans les cuisines !

Refugee Food Festival | « Certaines régions sont en train de se déconstruire parce qu'elles sont submergées par les flux de demandeurs d'asile », déclare un ancien maire devenu ministre. OMG : la gastronomie lyonnaise va finir démantelée, éparpillée ? À moins que des initiatives comme le Refugee Food Festival offrent un nouveau sens au titre, un poil périmé, de capitale mondiale de la bonne bouffe...

Adrien Simon | Lundi 11 juin 2018

Ça métisse dans les cuisines !

Après une première édition française en 2016, une seconde européenne l’année dernière, les parisiens de Food Sweet Food, Marine Mandrila et Louis Martin, auteurs d’un remarqué Very Food Trip (Planète+ pour la série, La Martinière pour l’ouvrage), internationalisent cette année leur Refugee Food Festival. En ce mois de juin – le 20 étant la journée mondiale des réfugiés – des restaurants de New York, Athènes, Bologne, San Francisco ou Cape Town bouleversent leurs menus et accueillent des cuistots en exil. Certes, Brooklyn c’est un peu loin pour aller manger afghan [on invente : le programme n’est pas encore disponible au moment où nous bouclons], mais heureusement, Lyon accueille aussi l’événement. S'engager Ceci grâce à Claire Fournier et Clara de La Fonchais qui portent le projet bénévolement – c’est ainsi que fonctionne le RFF – et la collaboration de restaurateurs qui invitent, l’espace d’un ou deux soirs, des chefs étrangers ayant récemment obtenu l’asile en France. Ainsi,

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