Deux filles en cuisine : les Mères lyonnaises ont des héritières

Restaurant | On demanda à un fameux critique gastronomique lyonnais le nom de son resto préféré. Non pas le meilleur de la ville, mais sa cantine à lui. Sans hésiter : « Deux filles en cuisine ! C'est bon, sans chichi. Comme à la maison, mais en meilleur. »

Adrien Simon | Mardi 3 octobre 2017

Photo : © DR


Voilà bientôt trois ans que cette table d'hôtes urbaine régale les pentes de la Croix-Rousse. Sophie, l'une des Deux filles, se rappelle : « il y a eu un genre de quiproquo : les gens ont d'abord pensé qu'on faisait un truc healthy, qu'on servait des soupes, ce genre de chose. Mais c'est pas du tout ça notre truc ! » Depuis, leur pot-au-feu de canard est devenu célèbre, comme leur tajine ou leur chou farci. « Je ne dirai pas qu'on fait dans le tradi', non. C'est une cuisine de transmission, de territoire. »

Dans la lignée de celle des Mères lyonnaises, "version 2017". Ces Deux filles, ce sont Sophie Jung-Lauzet et Davia Chambon, accompagnées en cuisine par Frédérique Wattiau. Qui ont fui leurs boulots (dans la culture), d'abord pour faire du catering un peu en loucedé, avant d'investir leur local des pentes. Elles continuent d'y préparer à manger pour des mariages, pour des entreprises ou des événements. Mais ce qu'elles aiment avant tout (et nous aussi), c'est le menu unique qu'elles servent quatre midis par semaine.

Ce n'était pas prévu. Ici ça devait juste être notre labo. Et on a commencé à vendre à manger aux gens du quartier, qui... se sont installés, en quelque sorte.

Désormais, c'est tous les midis complet. Si bien que les deux filles envisagent de trouver plus grand. Peut-être là-haut sur le plateau, peut-être dès cette année. Si leur talent et leur bienveillance les accompagnent, on les suivra où qu'elles aillent. ​

Deux filles en cuisine
32 rue des Tables Claudiennes, Lyon 1er
Ouvert les lundi, mardi, jeudi et vendredi midi
Menu 16, 50€, verre de vin 5, 50€

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La popote réjouissante de Grive

Restaurant | Dans le quartier Saint-Georges, une épicerie fine garnie de produits locaux cachant dans son arrière-salle un sympathique néo-bistrot.

Adrien Simon | Mardi 10 mars 2020

La popote réjouissante de Grive

On se répète : depuis dix ans le petit monde de la nourriture, si important à Lyon, bouge à toute vitesse. Trois objections : d’abord, cela fait plus d’une décennie que les cuisines sont en ébullition. Mais il est tentant d’identifier des périodes, et de ce point de vue le mouvement semble aller en s’accélérant. Ensuite, on parle beaucoup d’une avant-garde, mais il faut avouer que les brasseries ou cantines médiocres campent aussi sur leurs positions. Enfin, la trajectoire est plus sinusoïdale que constante : l’enthousiasme traverse des hauts et des bas. On est dans un haut. La rénovation bio-cool-localo-sympa-bistro-nomique-etc. de la restauration a désormais ses vitrines, prenez Food Traboule, consécration de jeunes gens qui s’échinent et qui viennent bousculer entre potes l’ambiance conservatrice du Vieux Lyon. Elle a aussi ses lieux confidentiels. Deux d’entre eux que l’on aimait bien ont malheureusement fermé ces derniers mo

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La Renaissance des Muses de l'Opéra

Bar | Fermé en 2012, l’ascenseur qui mène derrière les Muses rouvre pour seulement trois mois. Il faut se dépêcher de l'emprunter, pour aller boire un verre, grignoter les produits sélectionnés par Deux Filles en Cuisine et profiter de la terrasse panoramique.

Adrien Simon | Mardi 28 mars 2017

La Renaissance des Muses de l'Opéra

Les muses des arts, ces filles de Zeus qui ornent la façade de l’opéra, alimentent les rumeurs. Pourquoi l’architecte, Antoine-Marie Chenavard, n’en a choisi que huit ? La poésie, la musique, l’élégie, la tragédie, la danse, la comédie et même l’Histoire et la rhétorique, d’accord (Calliope, Euterpe, Erato, Melpomène, Terpsichore, Thalie, Clio et Polymnie). Mais il manque Uranie ! On a dit que, pour des raisons d’harmonie, et donc de symétrie, le bâtisseur a sacrifié l’astronomie. Car elle a peu à voir avec le théâtre, et parce qu’Uranie trônait déjà sur la place des Cordeliers (avant d’être décapitée par les Canuts, puis détruite en 1858). La vie de muse, c’est difficile. Les huit élues se trouvent désormais à la base du dôme, créé par Jean Nouvel. Et dans leur dos, éclairé de rouge, se trouve le petit restaurant que l’architecte avait aménagé pour, en 1994, le grand cuisinier Philippe Chavent. Malgré ses qualités (des chefs de renom comme Daniel Ancel, sa terrasse, son panorama), le restaurant, tel Uranie, se cassa la figure, ferma en 2012 et ne trouva personne pour le relever. Sans qu’on ne comprenne exactement : p

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