La popote réjouissante de Grive

Restaurant | Dans le quartier Saint-Georges, une épicerie fine garnie de produits locaux cachant dans son arrière-salle un sympathique néo-bistrot.

Adrien Simon | Mardi 10 mars 2020

Photo : © Adrien Simon


On se répète : depuis dix ans le petit monde de la nourriture, si important à Lyon, bouge à toute vitesse. Trois objections : d'abord, cela fait plus d'une décennie que les cuisines sont en ébullition. Mais il est tentant d'identifier des périodes, et de ce point de vue le mouvement semble aller en s'accélérant. Ensuite, on parle beaucoup d'une avant-garde, mais il faut avouer que les brasseries ou cantines médiocres campent aussi sur leurs positions. Enfin, la trajectoire est plus sinusoïdale que constante : l'enthousiasme traverse des hauts et des bas. On est dans un haut.

La rénovation bio-cool-localo-sympa-bistro-nomique-etc. de la restauration a désormais ses vitrines, prenez Food Traboule, consécration de jeunes gens qui s'échinent et qui viennent bousculer entre potes l'ambiance conservatrice du Vieux Lyon. Elle a aussi ses lieux confidentiels. Deux d'entre eux que l'on aimait bien ont malheureusement fermé ces derniers mois : L'Ébauche, un micro-bistrot en face des Halles de la Martinière mené par Mélik Debadji. Et la table d'hôte contemporaine de Deux Filles en Cuisine, dans une rue à traboules des Pentes, où l'on déjeunait en semaine un repas comme à la maison (mais en mieux).

Deux têtes connues

La rénovation dont on parle fait la part belle aux reconvertis : souvent des cadres flirtant avec la crise de foi, quittant des bullshits jobs pour redonner du sens à leurs semaines de travail en nourrissant leurs prochains. Ainsi, qui a ouvert cet été l'excellent Cocotte dans le 4e ? Un ex-employé de la finance. Olivier Fonteneau, lui, fut manager chez Europcar et au Club Med, avant d'inaugurer la semaine dernière une épicerie fine, à Saint-Georges. Qu'il garnit uniquement de produits à peu près du coin (200 km à la ronde), et a priori très bons (beurre et crème de Bresse, courges d'Ardèche, miso bourguignon, pâtes stéphanoises, pois chiches du Gard, etc.).

Mais, et c'est ce qui nous intéresse ici, la boutique se prolonge par une salle de restaurant (cuisine ouverte, tapisserie forestière, tables marbrées) qui s'agite depuis cet automne. Et dans laquelle on retrouve, surprise, Mélik Debadji et Davia Chambon des deux restos disparus suscités. Les deux bougres sont bigrement complémentaires. Au déjeuner on retrouve une cuisine néo-bistrotière, genre petits rougets snackés sur une purée de céleri et grains de grenade, puis filet de charolais saignant, courge kabocha et topinambour, enfin mille-feuille de cuisinier (brinquebalant) pomme-coing. Le mercredi et le samedi on retrouve une popote plus dominicale et plus réjouissante encore, comme ce week-end : rosbif (de la ferme de Clavisy), purée et riz au lait. C'est simple, sans chichis et bien fait, dans le Vieux Lyon mais sans besoin de faire la queue. Il est aussi possible d'y prendre un petit-déjeuner le matin et un café à toute heure et la terrasse est prometteuse.

Grive
1 rue du Vieil R
enversé, Lyon 5e
Tél. : 04 72 64 15 26

Ouvert du mardi au samedi
Déjeuner : 20€ (de midi à 14h), le soir 35€/pers pour 6 plats à partager (de 19h à 22h)

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