Martha Spinoux-Tardivat, la pétillante nouvelle directrice des Clochards Célestes

Théâtre | À 34 ans, Martha Spinoux-Tardivat vient d’être nommée directrice des Clochards Célestes, où elle exerçait déjà en accompagnant avec entrain tant les artistes que les spectateurs et spectatrices. Portrait.

Nadja Pobel | Jeudi 18 février 2021

Photo : © Mona Benetto


Depuis six années, Martha Spinoux-Tardivat est un phare aux Clochards Célestes. Enjouée, professionnelle tant à l'égard des compagnies invitées que du public, des professionnels et des étudiants qui parfois font halte pour leur formation dans ce théâtre de 49 places. Martha est arrivée sous l'ère d'Élisabeth Saint-Blancat et aura prolongé son apprentissage aux côtés de Louise Vignaud dans la foulée. Le 27 août dernier, elles étaient réunies sur la place Chardonnet pour un hommage à la comédienne-directrice décédée d'un cancer six jours plus tôt. Une cérémonie simple, chaleureuse et émouvante pour celle qui porta haut, de 1986 à 2017, cette maison fondée en 1978.

Alors, quand Louise Vignaud a décidé de se recentrer sur son travail en compagnie, qui d'autre qu'elle ? Nous ne sommes pas les seuls, par cette question, à affirmer que Martha Spinoux-Tardivat est une directrice évidente pour le Théâtre des Clochards Célestes. Elle prendra son poste en septembre, après avoir été élue à l'unanimité du conseil d'administration et validée par les tutelles.

« Ce théâtre a été créé dans les années 70 pour accueillir de jeunes compagnies et les aider à progresser. Et cette mission est toujours d'actualité. J'aime cette fidélité au projet » nous dit Martha de ce lieu, en même temps que son « attachement à Élisabeth qui [lui] a vraiment tout appris, à regarder un spectacle, à faire des retours. Les Clochards sont le premier théâtre que j'ai découvert en arrivant à Lyon en 2007, et je me suis dit que ce serait tellement chic de travailler dans un endroit qui s'appelle comme ça. Le nom m'a interpellée. Il m'a dit "viens vite". C'est lui qui m'a appelée. Il m'a dit "regarde, ça c'est un truc qui t'intéresse, les clochards et les célestes" ! » se souvient-elle avec bonheur.

De l'Espace 44 aux Clochards Célestes

C'est au collège que Martha Spinoux-Tardivat découvre véritablement le théâtre, grâce à l'éducation artistique mise au cœur du projet pédagogique de son établissement à Tours. Ses parents, documentaliste et cadre infirmier en psychiatrie, lui transmettent le goût pour les pratiques culturelles mais pas spécialement celui du théâtre. Elle suit des cours dispensés au collège par les artistes du Centre dramatique régional (devenu national en 2017). Elle découvre Molière, Karl Valentin puis Jodorowsky, Lagarce, Koltès. « Ce qui m'intéressait vraiment à cette époque-là n'était pas tant de voir des spectacles mais de jouer ». Elle foule le plateau : « entre 10 et 15 ans je veux être comédienne, mais je me suis rendue compte ensuite que ce qui m'intéressait était non pas qu'on me regarde mais de m'occuper des artistes. »

Cap alors sur Lyon pour se former à un métier lui permettant de travailler auprès des artistes et des publics. Ce sera l'EAC, école privée d'art et culture. Des cours, un stage et du bénévolat pour découvrir comment se maille la culture à Lyon (à À Thou Bout d'Chant, au projet du CCO Théât'Réalités, à Reperkusound, aux week-ends des Subsistances "Ça Tchatche", et au projet Vidrio qui exposait des artistes dans des vitrines de locaux vacants dans les pentes de la Croix-Rousse). Elle croise donc les disciplines artistiques, mais son ADN est théâtral et son premier emploi est à l'Espace 44, une rue en-deçà des Clochards Célestes. Embauchée à la communication, elle prêtera main forte à la billetterie et à la chargée de relation avec les publics. Manquait une corde à son arc : le lien avec les compagnies. Ce sera chose faite lorsqu'elle rejoint les Clochards Célestes en 2015, au poste de "coordination générale, communication et relations publiques". « Ici j'ai appris très très fort qu'un lieu qui accueille de jeunes compagnies ne se contente pas de juste leur donner des dates. Il faut les accompagner sur tous les plans car, quand ils sortent de formation, les comédiens et metteurs en scène savent des choses qui ne sont pas en lien avec la réalité du terrain ».

Laisser du temps aux artistes

Peu à peu, elle épaule Louise Vignaud pour défricher des nouveaux travaux et compagnies émergentes et intègre le jury des Envolées (dispositif grenoblois de production de premier spectacle), assiste au WET (festival très repéré dans la profession dédié à la jeune création et organisé par le Centre Dramatique National de Tours), se rend à la Route des 20 (groupe des 20 scènes publiques — plus nombreuses désormais — de la région qui organise chaque début d'année des rencontres professionnelles).

« C'est important de voir des travaux hors de Lyon car, en restant ici, on voit des choses uniformisées. On sait un peu comment les élèves jouent en sortant du Conservatoire ou de l'ENSATT, il y a des façons de faire. Et comme il y a énormément de propositions ici, on voit le haut du panier. En allant ailleurs, on se rend compte que l'exigence qu'on a est ultra forte car il y a beaucoup de concurrence et on se rend compte alors qu'on attend un grand professionnalisme de ces personnes qui ont juste un an d'expérience alors qu'on devrait leur laisser le temps, parfois, de se planter. »

Saison annulée, avenir à penser

Aujourd'hui le théâtre, comme tous les autres en France, est fermé. Le 3 février, Louise Vignaud a même été la première — la seule pour l'instant — à décider d'annuler tout le reste de la saison, par respect pour les artistes : « attendre le mois de mai pour savoir s'il sera possible ou non de jouer en juin, c'est demander aux compagnies programmées de se maintenir dans le qui-vive ; leur proposer d'ores et déjà un report, c'est leur offrir la possibilité de penser l'avenir. Et c'est nous l'offrir aussi » déclarait-elle dans un communiqué.

« Avec le Covid, j'ai un peu l'impression d'avoir monté une permanence de soutien psychologique. Comme beaucoup de gens viennent répéter et qu'on est moins speed que d'habitude, on a énormément de temps pour vraiment se parler » confie Martha. « C'est très agréable. On est vraiment devenu une maison. Beaucoup d'artistes passent pour papoter, prendre le café. C'est très important de dialoguer ensemble. On a proposé aux compagnies associées d'avoir un temps pour échanger des difficultés qu'elles rencontrent, de ce qu'elles ont mis en place pour leurs pratiques. Ça fait du bien à tout le monde de ne pas être isolé. L'isolement rend fou. On voit bien quelques spectacles mais c'est tellement triste sans public, ce n'est pas la solution. »

C'est désormais à Martha Spinoux-Tardivat d'inventer l'avenir de ce lieu au sortir de la crise sanitaire. Dans son projet, elle annonce une continuité avec le précédent, en énonçant notamment la volonté d'accueillir des artistes en résidence sur des temps plus longs. Louise Vignaud accompagnait cinq compagnies sur deux années, ce sera désormais trois sur trois ans avec chaque année, une qui entre dans le dispositif et une autre qui en sort. Peut-être même que ces compagnies seront associées à un comité de programmation. Souvent trop cadenassée à l'avance, et d'autant plus bousculées par cette période inédite, les saisons contiendront des plages vierges afin de pouvoir faire place à une « carte blanche à une compagnie en fonction de l'actualité, un spectacle découvert dans la saison, un report de spectacle lié à un imprévu... »

Le travail collaboratif sera aussi de mise notamment avec la poursuite du lien avec le festival En Actes ou un partenariat avec La Basse-Cour qui invitera les Clochards dans leur festival qui se tient en plein air l'été dans l'amphithéâtre des 3 Gaules. Être un tremplin de la scène lyonnaise est bien la vocation première de cette Scène découverte régulièrement fréquentée par les programmateurs, tutelles et autres professionnels du spectacle vivant. Mais Martha Spinoux-Tardivat ne néglige pas le niveau régional — elle voit des liens à construire avec Le Caméléon à Pont-du-Château dans le Puy-de-Dôme —, voire nationaux.

Avec un nouveau grill technique et des gradins refaits l'été dernier, le théâtre n'attend que de pouvoir rouvrir. Depuis mars 2020, seuls quatre spectacles ont pu être présentés et « c'est déjà énorme par rapport à beaucoup de salles ! » comme l'affirme Martha avec justesse et sidération. Auprès des quatre autres salariés, elle va continuer à faire tourner ce lieu dès que possible. Le théâtre fonctionne avec 200 000€ de budget, dont 40% de subvention (de la Ville de Lyon essentiellement) et 60% de fonds propres. Le "disponible artistique" est très faible (1000€ pour chacune des cinq compagnies associées) mais avec cela, Martha entend perpétuer le miracle de ce théâtre qui n'a pas volé son label de Scène découverte tant il y a de fourmillement et d'idées ici. Pour l'instant confinées. Mais pas éternellement.

Théâtre des Clochards Célestes
51 rue des Tables Claudiennes, Lyon 1er

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Les Clochards Célestes annulent leur saison

Théâtre | Ils sont les premiers à Lyon, certainement pas les derniers. À l'instar de ce qu'a fait le Centre Dramatique National de Toulouse en janvier, le théâtre des Clochards Célestes annonce tirer un trait sur le reste de sa saison face à l’incertitude perpétuelle d’une date de réouverture des lieux culturels.

Nadja Pobel | Mercredi 3 février 2021

Les Clochards Célestes annulent leur saison

Aux Clochards Célestes, 14 spectacles sont reportés à l’an prochain — dont le Subutex, adapté de Virginie Despentes, qui devait clore le calendrier à l’orée de l’été. Tant d’autres depuis septembre avaient déjà dû rester au placard... « Alors qu'on nous demande de rester en suspens, prêts à ouvrir quand on nous donnera enfin le feu vert, à une date indicible, je fais le choix de reporter intégralement la saison du Théâtre des Clochards Célestes à l'année prochaine. Puisque cette saison est exceptionnelle, assumons-la comme telle. Attendre le mois de mai pour savoir s'il sera possible ou non de jouer en juin, c'est demander aux compagnies programmées de se maintenir dans le qui-vive ; leur proposer d'ores et déjà un report, c'est leur offrir la possibilité de penser l'avenir. Et c'est nous l'offrir aussi » affirme la directrice Louise Vignaud dans un communiqué paru ce mercredi 3 février. Et c’est probablement là, la plus grande marque de considération due aux spectateurs et spectatrices comme a

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Aux Clochards Célestes, Martha Spinoux-Tardivat succède à Louise Vignaud

Mercato | À compter de septembre, Martha Spinoux-Tardivat dirigera le Théâtre des Clochards Célestes, en remplacement de Louise Vignaud.

Nadja Pobel | Jeudi 18 février 2021

Aux Clochards Célestes, Martha Spinoux-Tardivat succède à Louise Vignaud

Martha Spinoux-Tardivat officiait déjà au poste de "coordination générale, communication et relations publiques" depuis 2015 au Théâtre des Clochards Célestes. Elle succèdera en septembre à Louise Vignaud qui, après quatre années à la tête de ce lieu, a choisi de se consacrer entièrement à son travail de metteuse en scène au sein de sa compagnie La Résolue. Seule candidate, Martha Spinoux-Tardivat a défendu une continuité avec sa prédécesseuse et a convaincu le jury. Elle mise également sur un renforcement des liens avec l’arrondissement du 1er (avec notamment des propositions place Chardonnet, le "parvis" quasiment du théâtre) et sur le fait de repenser la place des artistes associés (un peu moins nombreux mais accompagnés sur une période plus longue). Le Théâtre des Clochards Célestes, 40 places, est l’un des quatre théâtres appartenant au réseau municipal (auquel se sont adjoints la DRAC et la Région) des Scènes Decouvertes et l’un des plus en scrutés par les programmateurs et programmatrices de la région.

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Élisabeth Saint-Blancat est décédée

Disparition | Élisabeth Saint-Blancat s'en est allée. Celle qui fut la directrice de 1986 à 2017 du Théâtre des Clochards Célestes est décédée des suites d'un cancer le 19 août, (...)

Nadja Pobel | Vendredi 28 août 2020

Élisabeth Saint-Blancat est décédée

Élisabeth Saint-Blancat s'en est allée. Celle qui fut la directrice de 1986 à 2017 du Théâtre des Clochards Célestes est décédée des suites d'un cancer le 19 août, à 75 ans. Elle n'aura cessé de voir des spectacles (plus de 200 par an) dans les grandes structures mais aussi les MJC, les hangars pour voir ce que les jeunes artistes fabriquaient et les accompagner dans leur éclosion. Joris Mathieu (cie Haut et Court), Ivan Pommet (Théâtre Mu), Quentin Dubois et tant d'autres sont nés auprès d'elle. Un chaleureux hommage lui a été rendu sur la place Chardonnet au soir de ses obsèques, jeudi 27. Ses proches ont rappelé à quel point cette comédienne, danseuse, chanteuse était obsédée par la justesse et clamait à l'envi « Merci la vie ! »

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Pluie d'été sur "Agatha" de Louise Vignaud

Théâtre | Tout en amorces et en césures, Agatha, le texte de Marguerite Duras contant un amour entre frère et sœur, trouve une résolution sans fioriture sur le plateau de Louise Vignaud.

Nadja Pobel | Mardi 11 février 2020

Pluie d'été sur

La langue durassienne est reconnaissable entre mille. Les phrases commencent puis s’évaporent. « C’est ça… jamais… on croit la connaître comme soi-même et puis, non… » dit-il dans Agatha. Parfois, elles sont courtes et en contradiction les unes avec les autres : « tu ne peux pas savoir. Tu me tues. Tu me fais du bien. Tu me tues. Tu me fais du bien. J’ai le temps. Je t’en prie. Dévore-moi » dit-elle dans Hiroshima mon amour. À chaque fois Elle et Lui, un amour émietté qui résiste. Mais ici, dans Agatha, publié en 1981, l’écrivaine pose le tabou de l’inceste sans jamais le juger alors que pourtant, quatre ans plus tard, elle fera de Christine Villemin une coupable « forcément sublime ». Cette neutralité est précisément ce qui suscite l’intérêt de Louise Vignaud quand elle décide de s’emparer de ce texte « sans amener de thèse au plateau » nous confiait-elle récemment. Tu n’a

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La propre prison de Rebibbia

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La propre prison de Rebibbia

C'est leur Fleury-Mérogis. De l'autre côté des Alpes, Rebibbia est un synonyme de prison, le nom de celle de Rome où s'entassent notamment des femmes. D'emblée sur le plateau, elle est là, comme un mur imposant fait d'échafaudages. Deux niveaux, des escaliers. Des cellules ouvertes mais que l'on sent bel et bien fermées tant le travail sur le son est millimétré à chaque pas ou presque que font les détenues. La lumière oriente le regard et élargit plus ou moins l'espace selon les situations. Dans la pénombre, Goliarda Sapienza, tout juste balancée en cage, dit la souffrance, « cette tentation presque voluptueuse en comparaison de la souffrance que l'on sent autour de soi ». Elle est cette intellectuelle italienne, féministe et anarchiste, qui ne connaîtra le succès qu'après sa mort (1996) avec L'Art de la joie puis cet ouvrage autobiographique, récit de ses cinq jours en prison pour vol de bijoux. Le temps s'étire. Louise Vignaud confère à ce texte une a-temporalité étonn

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Étourdissante adaptation de Florence Aubenas par Louise Vignaud

Théâtre | En adaptant Le Quai de Ouistreham, Louise Vignaud remet au jour ce livre de 2009, tragiquement encore d'actualité, soit la quête de travail insensée d'une femme sans diplôme magnifiquement campée par Magali Bonat.

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Étourdissante adaptation de Florence Aubenas par Louise Vignaud

Peut-être aurions-nous dû prendre conscience du morcellement irrémédiable du travail avant que la journaliste Florence Aubenas nous le livre il y a presque dix ans ou avant que Louise Vignaud et Magali Bonat ne le portent sur un plateau de théâtre. D'ailleurs, il ne s'agit plus de trouver du travail mais "des heures" comme il nous est précisé. Sûrement le savions-nous un peu mais la force tant du bouquin et plus encore du spectacle est de l'incarner, d'en faire récit. C'est simple, et Louise Vignaud en voix-off contextualise : la grande reporter (Libé, L'Obs puis Le Monde) s'est teinte en blonde, est partie à Caen et s'est inscrite à Pôle Emploi, sous son nom, pour gagner une vie jusque-là – fictivement – entretenue par un mari qui s'est fait la malle. Elle sera femme de ménage, puisque comme lui assène un agent de l'ex-ANPE « vous êtes plutôt le fond de la casserole ». Ainsi, d'emblée l'humain n'est plus qu'une chose que des employeurs vont trimbaler dans les « sani », les douches des ferrys amarré

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Le Misanthrope aux abords du ring

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Nadja Pobel | Mardi 30 janvier 2018

Le Misanthrope aux abords du ring

Tout lui réussit. À 29 ans, Louise Vignaud dirige le Théâtre des Clochards Célestes et après une création l'an dernier aux Célestins, une cette saison au TNP (elle appartient au "cercle de formation et de transmission"), elle s'apprête à monter Phèdre de Sénèque au Studio-Théâtre de la Comédie-Française avant une version, qui nous intrigue grandement, du Quai de Ouistreham de Florence Aubenas aux Clochards en fin de saison. Dans ce marathon vertigineux, la normalienne-ensatienne ne bâcle rien. Le Misanthrope en est la démonstration. Parfaitement huilé dès sa première date, ce spectacle n'est pas lesté du décorum du XVIIe siècle. Un plateau en quadri-frontal quasi dénudé offre un très intelligent terrain de jeu aux protagonistes en tête desquels Alceste, constamment sur le qui-vive, semblant être dans l'attente d'une passe, en l’occurrence une réplique ou d'une joute de son adversaire à la langue ampoulée et en vers, Oronte, ou d'une Célimène in

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Louise Vignaud : « Du temps pour créer ! »

Les Clochards Célestes | C'est ce qui s'appelle une passation de pouvoir réussie. À 29 ans, la metteuse en scène Louise Vignaud succède à Élisabeth Saint-Blancat à la tête des Clochards Célestes avec bienveillance et cohérence et propose une saison plus qu'alléchante dédiée à la jeune création.

Nadja Pobel | Mardi 5 septembre 2017

Louise Vignaud : « Du temps pour créer ! »

Quelles étaient vos intentions lorsque vous avez postulé à ce théâtre ? Louise Vignaud : En tant que jeune metteuse en scène, je me suis demandée ce qui était important pour ma génération. Du temps pour créer ! Ici, c'est donc un lieu de découvertes (NdlR, il est labellisé comme tel par les tutelles Ville-Région-DRAC) il faut le maintenir et soutenir la nouvelle création. Comment le faire, concrètement ? J'ai choisi des compagnies qui seront présentes deux mois (un mois de plateau, douze soirs de représentations) pour mener à bien une recherche et qui changeront tous les deux mois. On soutient le processus de répétitions car je sais en tant que metteuse en scène que j'en ai besoin. Il s'agit du Théâtre Oblique, de la Compagnie Démembrée, du collectif la Onzième, des Non-alignés et la Doze. Pendant leur présence, quatre d'entre eux vont montrer d'autres projets : ils

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Louise Vignaud, résolument curieuse

Au lendemain de sa première aux Célestins, on croit Louise Vignaud soulagée. Erreur. « Non, ce n'est que le début » dit-elle sans se départir de ce sourire qu'elle a continuellement vissé aux lèvres. « Il y a encore tellement de choses à faire ! » Son Tailleur pour dames était pourtant parfaitement au point dès de sa première représentation, en ce jeudi 18 janvier. La réponse de la jeune femme de 28 ans dit l’exigence qu'elle a chevillé au corps, traduit un parcours sans faute dans ce milieu du théâtre qui la berce depuis son enfance. Flash-back. Elle est née à Paris de parents architectes. C'est sa grand-mère, prof' de lettres à la retraite, qui l'emmène avec ses cousins le mercredi et le dimanche, voir les Molière, Racine ou les Fables de La Fontaine à la Comédie française. Mais le choc, c'est sa mère qui lui fait ressentir en lui faisant découvrir la Phèdre de Chéreau, aux Ateliers-Berthier. C'était en 2003. Très tôt donc, le théâtre infuse dans son existence ; lors des rassemblements de famille, les enfants pour s'occuper sont incités à monter une pièce. Elle a

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Après avoir fait en trente ans du théâtre des Clochards Célestes un lieu incontournable pour la jeune création, Élisabeth Saint-Blancat reprend son métier de comédienne et passe la main en douceur à Louise Vignaud, officiellement en fonction cet été. Issue du département mise en scène de l'ENSATT, elle a déjà assisté Michel Raskine, Richard Brunel ou récemment Claudia Stavisky sur Tableau d'une exécution. Elle signera dans la Célestine en janvier son quatrième spectacle, Tailleur pour dames de Feydeau.

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Ils sont seuls en scène et, pour une durée de spectacle inférieure à une heure, ils se lancent sur un plateau presque nus, quasiment sans accessoire. De jeunes acteurs et metteurs en scène proposent au Théâtre des Clochards Célestes trois pièces par soir, jusqu'au dimanche 10 avril. Hormis «Pénélope et vice-versa» que nous n'avons pas vu, qui est un spectacle de clowns, les deux autres sont du théâtre. Dans «Monologue sans titre» et «Ta lettre, enfin !», les comédiens Baptiste Jamonneau et Guillaume Pigé campent des personnages en attente, l'un de son père qui ne vient pas le sauver de la misère dans laquelle il s'enfonce et l'autre, sur un ton moins réaliste et plus romantique, attend des nouvelles de sa fiancée. Malgré des maladresses dues à l'aridité de l'exercice (un seul en scène), ces deux jeunes artistes font aussi preuve de beaucoup d'inventivité. NP

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Il est quasiment impossible de trouver des spectacles pour les touts petits. Avec "Suppose que la mer soit sucrée" Carine Pauchon propose une pièce pour les bébés à partir de 6 mois. Un texte contemporain, un travail sur la langue des signes, des camaïeux de couleur, une création sonore et une robe de douze mètres qui se transforme au fil du spectacle. Un spectacle à découvrir au Théâtre des Clochards Célestes, jusqu'au 19 février.

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Le Théâtre des Clochards Célestes n'a pas attendu la nouvelle «mode» des festivals de rentrée. Depuis douze ans, Élisabeth Saint-Blancat, la programmatrice du lieu, tente de mélanger différents publics. La formule est immuable : un spectacle jeune public à 18 heures puis deux ou trois autres pour les adultes dès 19 heures. Et, contrairement aux années précédentes, l'horaire de chaque spectacle n'est pas précisé afin que les spectateurs ne viennent pas faire leur marché en piochant juste un concert ou une pièce. Le but est bien de réunir le public sur l'ensemble de la soirée comme le prouve le tarif attractif de 11€ par soir. Au programme, du théâtre bien sûr mais aussi des lectures, de la musique, des contes par de très jeunes compagnies qui ont répondu à un appel à projets ou par des artistes plus expérimentés. Parmi eux, Guy et Yves Prugnier vont lancer leur nouvelle création, «Correspondances». Fabrique de théâtreOffrir un patchwork de créations au public et une rampe de lancement pour les compagnies : voilà le double objectif des toutes les structures d'accueil. «Nous pouvons ainsi donner une échéance de représentation aux artistes ou leur proposer un lieu de représ

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