La politique, c'est du sérieux

La Présidentielle vue par les humoristes | À l'approche du premier tour de l'élection présidentielle, les humoristes s'en donnent à cœur joie pour tourner en dérision les déboires des partis. Entre humour noir, satire et travail quasi journalistique, le métier de comique a évolué ces dernières années. On peut rire de tout ; et souvent avec tout le monde.

Gabriel Cnudde | Mardi 14 février 2017

Photo : © Robin Gervais


Mensonges, emplois fictifs, détournements de fonds publics, magouilles et ragots... Personne ne peut s'y tromper : la France est bien en période électorale. Si cette campagne présidentielle s'annonce morose et met déjà en lumière des affaires qui font certainement rougir Marianne, elle est aussi une mine d'or pour les humoristes. À la radio, à la télévision, dans la presse et dans les salles de spectacle, on rigole quotidiennement des déboires de la vie politique française. L'humour est-il le meilleur remède quand une société s'effrite ? A-t-on seulement déjà autant ri de nos politiques ? Si oui, le faisions-nous de la même manière ? Autant de questions qu'il convient de se poser à l'heure où chroniques et one-man-show s'enchaînent à un débit impressionnant.

Plus profond, le regard

Selon Stéphane Casez, directeur du Boui Boui, du Rideau Rouge et des Tontons Flingueurs, « on ne parle pas plus de politique dans les cafés-théâtres, on en parle simplement différemment. » Adieu l'époque des chansonniers rois, des blagues sur tel homme politique ou telle actualité. La période est à un regard plus profond. « Jim, qui a fait un an au Boui Boui, parle de la société en général. Pour moi, c'est de l'humour politique au sens premier du terme », poursuit Stéphane Casez.

Derniers représentants des chansonniers, les imitateurs seraient eux aussi voués à disparaître. « Les places sont chères », confesse le directeur du Boui Boui. Ce basculement vers un humour souvent cynique, sociétal et global, s'est également opéré hors des cafés-théâtres, sur les planches des salles de spectacle. Stéphane Guillon et Gaspard Proust, pour ne citer qu'eux, illustrent à merveille cette nouvelle école d'humour politique. Et, c'est sans doute le plus important, ce sont des artistes engagés. « Quand on fait un spectacle politique, il y a forcément un engagement derrière. C'est indéniable. Si vous prenez Pierre-Emmanuel Barré, par exemple, il y a un engagement clair et net », précise Julien Roux, directeur de l'Espace Gerson.

Côté spectateur, un paradoxe est vraisemblablement né : beaucoup ne veulent plus voir de spectacles politiques mais ceux qui le souhaitent les veulent toujours plus sérieux, toujours plus engagés et surtout toujours plus acides. « Je pense qu'il y a un besoin de profondeur, que le public est moins en demande de superficialité sur ce type d'humour, j'insiste. À côté de ça, il y a des spectacles très légers qui ne parlent pas de politique et qui cartonnent. Beaucoup veulent simplement se marrer », affirme Stéphane Casez, rapidement rejoint sur ce point par Julien Roux : « Soit les gens sont à fond, soit ils préfèrent voir autre chose. Il n'y a pas vraiment de juste milieu. »

Résultat : les spectacles proposés sont toujours plus travaillés. Alors que Jim a cartonné au Boui Boui, l'Espace Gerson accueille lui L'Ascension, spectacle retraçant la carrière d'un homme politique, de son entrée à l'ENA jusqu'à la fin de sa carrière. Un spectacle d'autant plus impressionnant qu'il a été réalisé avec des témoignages de véritables hommes politiques.

Jaune, le rire

Ce glissement progressif vers un humour plus sombre met les comiques face à de nouvelles responsabilités. Certains, comme c'est le cas pour beaucoup de chroniqueurs de France Inter, sont aujourd'hui bien plus que de simples trublions. « Une chronique humoristique peut compléter le travail d'un journaliste », analyse par exemple Julien Roux. De là à pousser les humoristes politiques à ne plus être que des politiques ? Impossible pour Stéphane Casez :

Les temps ont changé. La société française était moins soumise à des tensions qu'aujourd'hui. Aujourd'hui le chômage est plus fort, le FN est à 30%... Les gens étaient plus réceptifs pour soutenir la candidature d'un clown, dans le bon sens du terme.

Ainsi donc le nouveau Coluche ne serait pas encore parmi nous, bien que l'héritage du clown continue à planer sur l'humour politique. Nos élus quant à eux continueront de nous faire rire, directement ou indirectement. Après tout, les hommes politiques ne seraient-ils pas des hommes qui font le même métier que Coluche, sauf qu'ils mettent moins de rouge sur le nez ?

L'Ascension
À l'Espace Gerson les deux premiers mardis de chaque mois jusqu'à l'élection présidentielle

Gaspard Proust
Au Radiant-Bellevue le mercredi 15 février

Sophia Aram
Au Radiant-Bellevue le mercredi 29 mars


L'Ascension

Par Victor Rossi et Antoine Demor
Espace Gerson 1 place Gerson Lyon 5e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Gaspard Proust


Radiant-Bellevue 1 rue Jean Moulin Caluire
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Sophia Aram

"Le fond de l’air effraie"
Radiant-Bellevue 1 rue Jean Moulin Caluire
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Le théâtre est-il encore politique ?

Essai | Puisque dans le terme "théâtre politique", "politique" ne sert plus qu’à faire joli, l’universitaire Olivier Neveux redonne du sens aux mots. Dans son ouvrage «Contre le théâtre politique» paru mi-avril, il dresse un diagnostic de l’état de la création actuelle, réhabilite la notion "d’alternative" loin du macronisme qu’il fustige et fait place au spectateur.

Nadja Pobel | Mardi 23 avril 2019

Le théâtre est-il encore politique ?

Où encore lit-on ces vérités sans que ce ne soit un bon mot ou une manière d’accrocher la lumière ? « Pour le spectacle vivant, elle [la présidence de François Hollande] fut juste nulle. "Nulle" signifiant inexistante ». « Telle serait la conclusion de ce mandat. Ils n’avaient pas d’idées ». Emmanuel Macron « a, triste mécanique, la sensibilité artistique de son milieu », soit celle de son simili ministre de la Culture Jean-Marc Dumontet, dont le festival Paroles Citoyennes est dynamité en ouverture d’ouvrage. Jamais pourtant Olivier Neveux ne se contente de distribuer des coups. Ce serait si vain. Bien au contraire, il n’a de cesse de tisser, lesté de ses très nombreuses lectures, pièces vues et heures d’enseignement, un lien entre ce qui peut se voir sur scène et la façon dont les tutelles le permettent ou l’empêchent. Que voit-on sous le vernis idéologique ? Qu’il faut défendre une « Cause » (de facto inattaquable), que les récits de vie sont encore le plus court chemin pour y parvenir. Jamais didactique (interrogeant même le sens de ce mot employé à tout-va, CQFD), il témoigne d’abord d

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"Ouvert la nuit" : À la Baer étoile !

Critique | Farandole joyeusement erratique à travers un Paris nocturne sublimé, cette déambulation d’un directeur de théâtre aussi fantasque qu’impécunieux signe le retour du cinéaste-interprète Édouard Baer pour un film-synthèse superlatif : la plus mélancolique, hilarante, aboutie et (surtout) réussie de ses réalisations.

Vincent Raymond | Mardi 10 janvier 2017

Inconséquent charmeur jonglant avec les mots et les promesses, épris de l’instant et du talent des autres, Luigi gère depuis vingt ans un théâtre parisien grâce à de l’argent qu’il n’a pas. À la veille d’une première, il doit pourtant en trouver en urgence. Ainsi qu’un singe. Le voici en cavale dans la capitale, escorté par une stagiaire de Sciences-Po au caractère bien trempé. La nuit est à lui ! Accompagner Édouard Baer n’a pas toujours été chose aisée : les délires de ses personnages de dandys logorrhéiques en semi roue libre au milieu d’une troupe de trognes, nécessitaient d’être disposé à l’absurdité, comme à l’humour glacé et sophistiqué cher au regretté Gotlib. Mais de même que Jean-Pierre Jeunet a réussi à cristalliser son univers dans Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain, Baer est parvenu à réunir ici la quintessence du sien. Si les deux auteurs partagent, outre la présence d’Audrey Tautou à leur générique, le plaisir d’entretenir une troupe fidèle et une affection certaine pour le Paris d’antan, les similitudes s’arrêtent là : Baer n’aime rien tant que faire voler les contraintes et les cadres, voir j

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Thaïs, pépite d'humour

Café-Théâtre | Elle est jeune, drôle et l’une des humoristes les plus douées de sa génération. Cinq soirs par semaine, sur la mini-scène du Boui-Boui, Thaïs déclame son Hymne à la joie avec verve et légèreté.

Julie Hainaut | Mardi 18 octobre 2016

Thaïs, pépite d'humour

Elle porte toujours un jean, un t-shirt noir un peu ample et des baskets qu’elle « use jusqu’à la semelle ». Elle a une voix qui porte, un débit kalachnikov (mais ultra-limpide) et un charme qui opère très vite. Dès les premières minutes, les spectateurs ont les yeux braqués sur cette petite boule d’énergie de 24 ans qui enchaîne avec dérision des scènes de galères du quotidien. Le ton est vif, les répliques piquantes et l’humour décapant. Thaïs prend des cuites, s’essaie aux sites de rencontre – mais refuse de mettre une photo duckface –, s’extirpe du lit d’un mec (moche) rencontré la veille et dont elle ne se rappelle même plus le prénom, n’aime pas aller chez sa gynéco et a déjà affronté le regard moralisateur de la pharmacienne – et des jeunes mamans en pénurie de lait maternel – à 6 heures du matin lorsqu’elle demande discrètement la pilule du lendemain. Elle alterne avec une facilité déconcertante voix suave (dans le métro face au contrôleur) et criarde (quand elle campe Gisèle, une mère célibataire de sept enfants qui témoigne de son quotidien dans Confessions Intimes). Chaque geste est précis, chaque parole est maîtr

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Le Sens de l’humour

ECRANS | De et avec Maryline Canto (Fr, 1h28) avec Antoine Chappey, Simon Dajczman…

Christophe Chabert | Mardi 25 février 2014

Le Sens de l’humour

On se retrouve devant Le Sens de l’humour comme un voyeur qui épierait par le trou de la serrure la vie intime de son actrice-metteur en scène Maryline Canto. Ce qui faisait le charme de son court-métrage Fais de beaux rêves, déjà fortement autobiographique mais qui préférait l’évocation au réalisme pur, s’envole ici : Canto y est à nouveau une femme brisée par la mort de son compagnon, qui se demande si elle doit en faire le deuil et démarrer une nouvelle histoire ou tenter de conserver son souvenir et le partager secrètement avec son fils. Sauf que la mise en scène penche du côté d’un naturalisme à base de scènes quotidiennes et de spontanéité des acteurs qui donnent le sentiment de ne jamais vraiment interpréter leur personnage. Quant aux quelques tentatives dramaturgiques, elles n’aboutissent nulle part — comme l’envie de judéité du fils, totalement occultée dans le dernier acte. Le film se préoccupe surtout de faire oublier qu’il est une fiction — les nombreux reflets de l’équipe technique dans les vitres y participent, sans doute involontairement — alors qu’au contraire, une distanciation minimale aurait sans doute effacé la gêne que l’on éprouve

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Les trois font la Peyre

SCENES | Il ose tout, et c’est hilarant car très mal-pensant. Avec une ironie mordante, Florent Peyre ne fait pas dans la demi-mesure et sera l’artiste à ne pas (...)

Nadja Pobel | Mercredi 18 septembre 2013

Les trois font la Peyre

Il ose tout, et c’est hilarant car très mal-pensant. Avec une ironie mordante, Florent Peyre ne fait pas dans la demi-mesure et sera l’artiste à ne pas manquer au festival de l’Espace Gerson. Il n’y a d'ailleurs qu’à lire l’intitulé de ses sketches pour avoir une idée de son ton : À 34 ans, il est père de seize enfants, Un handicapé est allé voir Intouchables, Le Boom des cosmétiques pour enfants… Comme Monsieur Fraize (qui l’an dernier nous avait presque fait mourir de rire lors de ce même événement), Florent Peyre s'est fait connaître grâce au surpuissant tremplin télévisuel On ne demande qu'à en rire. Nicole Ferroni, qui ouvre ces trois jours, est passée par la même case. Seul le troisième larron, Willy Rovelli, n’a pas été noté par le jury de Laurent Ruquier. Il a cependant trusté tous les autres médias (France Inter, Europe 1, France 4, Canal + et même Gulli, où il présentera  en 2014 L’Ecole des fans). En première partie de ces trois comiques déjà établis, chaque soir, une triplette de jeunes talents tentera de s'attirer les faveurs de l'un des trois aréopages con

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Course en tête

SCENES | «Mauviette». Dans la trilogie Retour vers le futur, il suffisait d'adresser cette injure à Marty McFly pour le voir, galvanisé par son orgueil, prendre (...)

Benjamin Mialot | Jeudi 13 juin 2013

Course en tête

«Mauviette». Dans la trilogie Retour vers le futur, il suffisait d'adresser cette injure à Marty McFly pour le voir, galvanisé par son orgueil, prendre les risques les plus insensés. Dans le cas de Yohann Metay, c'est un «t'es cap ou pas cap ?», encaissé entre une gorgée de Leffe Triple et une bouchée de frites, qui l'a poussé en 2006 à s'inscrire à l'Ultra Trail du Mont Blanc. Une course d'endurance de cent soixante-huit kilomètres à travers la Savoie, le Val d'Aoste et un bout de la Suisse dont le souvenir, long de quarante-cinq heures, sert aujourd'hui à ce Lyonnais d'adoption de trame à La Tragédie du dossard 512, un solo plaisamment rocambolesque. Nul besoin de connaître son Roger Frison-Roche sur le bout des doigts pour en apprécier les subtilités : même si nombre d'allusions, notamment celles sur les bienfaits de la crème NOK, illumineront plus intensément les visages des possesseurs de baskets à cent cinquante euros, ce sont sa souplesse cartoonesque (voir l'outrance "Chris Tu

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Le divin Comédie

SCENES | Le CNP Odéon est mort, vive le Comédie Odéon, café-théâtre de 300 places dont les portes s'ouvriront pour la première fois au public lundi 31 décembre. En attendant de pouvoir vérifier s'il fera honneur à son titre (auto-décerné) de «plus beau café-théâtre de France», petit tour des propriétaires. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mercredi 12 décembre 2012

Le divin Comédie

Les cafés-théâtres, c'est comme les bouchons, il y en a tellement qu'on a arrêté de les compter. Heureusement, d'autres le font à notre place. La Direction des affaires culturelles de la Ville de Lyon, notamment, en recense pas moins de treize. De quoi estimer la ville suffisamment équipée en la matière ? Ce n'est pas le constat dressé par Stéphane Cassez, Marion Gervais et Philippe Giangreco, les codirecteurs du tout nouveau tout beau Comédie-Odéon : «Lyon est très bien pourvu en cafés-théâtres d'une centaine de places. Mais il y a une pénurie criante de salles de 300 places, particulièrement en centre-ville, qui sont le chainon manquant entre les cafés-théâtres traditionnels et les grandes salles comme le Transbordeur, le Radiant, la Bourse du Travail... Nous avons voulu ouvrir avec le Comédie Odéon une salle dans la veine du Splendid, à Paris, c'est-à-dire combinant le confort et les standards techniques d'un théâtre, comme des sièges de cinéma ou un plateau de 40 m², avec l'esprit de convivialité et l'accessibilité tarifaire propres au café-théâtre».

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«Plus d’offre crée plus de public»

SCENES | Stéphane Casey, comédien, metteur en scène, producteur de spectacles, directeur du Boui Boui et du Rideau Rouge à Lyon et du Palace à Avignon s’apprête à prendre la direction du Comédie Odéon, un nouveau lieu de 300 places avec Marion Gervais et Philippe Giangreco. Rencontre. Propos recueillis par Dorotée Aznar

Dorotée Aznar | Vendredi 7 septembre 2012

«Plus d’offre crée plus de public»

L’ouverture de nouvelles salles de café-théâtre à Lyon répond-elle à une véritable demande du public ? Stéphane Casey : L’ouverture de nouvelles salles correspond, je pense, à une demande du public mais aussi à une demande de la production. Jusqu’à maintenant, les «gros» spectacles ne pouvaient pas venir à Lyon par manque de structures pour les accueillir. Certains spectacles ont besoin d’une grande salle. Disposer de salles de tailles différentes permet de proposer à la fois des artistes en développement et des artistes confirmés. Tous ne peuvent pas se produire dans la même salle. Le café-théâtre, c’est aussi du business, notre réflexion est forcément fondée sur la rentabilité car nous ne sommes pas subventionnés. Parallèlement à cela, à mon avis, plus il y a de restaurants et plus il y a de gens qui vont au restaurant. C’est un peu pareil pour les théâtres. Prenez par exemple les théâtres de Broadway : ils sont tous blindés ! Dans les limites de chaque ville évidemment, je pense que plus d’offre crée plus de public, c’est une spirale positive. Bien sûr, il y a une crise économique qui fait que les gen

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Rire à 10 euros

SCENES | Lancement ce samedi de la Semaine de l’humour, grande opération rassemblant les cafés-théâtres (l’Espace Gerson, Le Boui-boui, Le Rideau rouge, Le Complexe (...)

Dorotée Aznar | Vendredi 16 septembre 2011

Rire à 10 euros

Lancement ce samedi de la Semaine de l’humour, grande opération rassemblant les cafés-théâtres (l’Espace Gerson, Le Boui-boui, Le Rideau rouge, Le Complexe du Rire, Le Repaire, L’Accessoire, Le Nombril du monde, Lulu sur la colline et Les Vedettes secrètes) autour d’un tarif unique à 10€. Plus de 70 spectacles seront proposés (jusqu’au 2 octobre) dans les lieux cités et d’autres partenaires de l’événement (à consulter sur www.semainedelhumour.com).

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Quand Lyon a pactisé avec Google

ACTUS | Marché public / La Ville de Lyon a confié à Google en 2008 la mission de numériser pas moins de 500 000 ouvrages de sa bibliothèque municipale. Premier contrat signé en France pour le puissant moteur de recherche, et premiers pas vers une polémique toujours d’actualité : la diffusion de la culture sur le net doit-elle passer par l’assise du monopole du géant américain ?

Dorotée Aznar | Lundi 14 février 2011

Quand Lyon a pactisé avec Google

Frédéric Mitterrand évoquait en janvier 2010 de sérieux doutes sur les contrats signés entre Google et 29 bibliothèques dans le monde, dont celle de Lyon, estimant que certains étaient même «inacceptables». «Ils reposent sur une confidentialité excessive, des exclusivités impossibles, des clauses désinvoltes, voire léonines au regard du droit d’auteur», a déclaré le ministre de la Culture au journal Le Monde. Cette récente prise de position entérine le sentiment désagréable que Lyon se serait jeté dans la gueule du loup. Patrick Bazin, ex-directeur de la BM de Lyon, à la manœuvre à l’époque de la signature du contrat avec le géant américain, a toujours voulu rassurer les plus sceptiques. La BM conservera copie des ouvrages numérisés, et ses collections resteront la propriété de la Ville. L’objectif pour Google, coté en bourse à plus de 200 milliards de dollars, ne réside pas uniquement dans la belle intention de diffuser largement et gratuitement le patrimoine culturel mondial. Le projet «Google Books» permettra non seulement au géant de rester le numéro un des moteurs de recherche, car lorsqu’on voudra consulter un livre en ligne, il faudra nécessairement passer par lui, mais a

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Brigitte Giraud

ACTUS | Écrivain, conseillère littéraire auprès de la Fête du livre de Bron, directrice de la collection de littérature "La forêt" chez Stock. NP

Nadja Pobel | Jeudi 2 décembre 2010

Brigitte Giraud

Petit Bulletin : Quels sont les événements culturels qui se sont déroulés à Lyon et qui vous ont le plus marquée depuis 1997 ?Brigitte Giraud : Le somptueux concert de Dominique A à la salle Molière en novembre 2006, la chorégraphie de Sidi Larbi Cherkaoui "Origine" à la Maison de la Danse en 2008, la présence de Fred Poulet et de Vikash Dhorasso pour parler du film "Substitute" au CNP Odéon. Que les CNP s'éteignent à petit feu est insupportable pour une ville comme Lyon. Un beau moment aussi, c'était Cali qui a proposé au public du cinéma des Alizés de Bron de simuler une mort collective lors d'une performance, chapeau ! (des volontaires venaient «mourir» sur scène à tour de rôle, puis il a proposé à l'ensemble de la salle de simuler une mort collective). Et puis j'aime aussi prendre le bateau entre la Sucrière et le musée d'art contemporain lors de la Biennale d'Art contemporain, c'est un sas plutôt vivifiant. Avez-vous vu la vie culturelle se modifier à Lyon en 13 ans ? De quelle manière ?S'institutionnaliser oui. Mais hors des clous, hors les grands événements à vocation internationale (dans lesquels on déniche q

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Lyon, capitale de la déconne

CONNAITRE | Festival / Si Lyon ne sera pas capitale de la Culture en 2013, elle pourra toujours revendiquer le titre de capitale du café-théâtre. Pour la première fois, (...)

Dorotée Aznar | Dimanche 5 septembre 2010

Lyon, capitale de la déconne

Festival / Si Lyon ne sera pas capitale de la Culture en 2013, elle pourra toujours revendiquer le titre de capitale du café-théâtre. Pour la première fois, et à l’initiative de la Ville de Lyon, huit salles de spectacles de Lyon et de Villeurbanne ont réussi à s’entendre pour mettre en place un Festival de l’Humour qui se tiendra pendant huit jours et accueillera une quinzaine de spectacles, du samedi 25 septembre au samedi 2 octobre. La manifestation, placée sous le parrainage de Charlotte de Turkheim, proposera diverses formes de café-théâtre : one-man shows ("Laurent Violet"…), pièces comiques ("Pièce détachée", "Pas nés sous la même étoile"…), spectacle musical ("En aVian la zizique !"), plateaux découverte ("Les Mardis découverte"), improvisation ("Catch Impro"), pièces avec ou sur les filles ("Interdit aux hommes n°3", "Elles sont toutes folles !", "Le Clan des Divorcées")… Si ce Festival de l’humour ne se distingue pas par l’originalité des pièces présentées (la plupart ont déjà été programmées à Lyon la saison passée), il demeure l’occasion de fédérer les lieux autour d’un projet commun et d’offrir des tarifs attractifs aux spectateurs. En effet, les représentations sont p

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«Nous sommes un peu plus sereins»

ACTUS | Entretien / Georges Képénékian, adjoint à la Culture et au Patrimoine, dresse le bilan d’une saison épineuse et évoque les sujets qui vont animer la rentrée culturelle 2010. Propos recueillis par Dorotée Aznar

Dorotée Aznar | Samedi 4 septembre 2010

«Nous sommes un peu plus sereins»

Petit Bulletin : La saison dernière a été très agitée et vous avez dû faire face à de nombreux dossiers problématiques et à de nombreuses critiques. Quelles conclusions en tirez-vous ?Georges Képénékian : Que je n’ai pas dû savoir communiquer… Il est vrai que la saison dernière plusieurs sujets ont eu du mal à aboutir : le Transbordeur, le Musée Gadagne, l’Orchestre national de Lyon, la friche RVI… C’étaient des dossiers lourds. Je crois qu’aujourd’hui on peut dire que Gadagne c’est fait, le Transbo, c’est fait, l’ONL avance avec l’arrivée prochaine du chef Leonard Slatkin... Je pense que j’ai passé une mauvaise année 2010, qui va rester comme une année de tensions diverses, mais qu’aujourd’hui nous sommes un peu plus sereins. Pouvez-vous revenir sur la question de la friche RVI qui n’est pas encore réglée ? Les artistes doivent en théorie quitter l’avenue Lacassagne et s’installer rue Lamartine le 15 septembre…On savait que ce dossier serait compliqué. Pour plusieurs raisons. D’abord il y a plusieurs catégories de gens à la friche. Il y a des artistes qui sont déjà presque professionnels et qui ne relèvent plus form

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Juste une mise au point

ACTUS | Politiques culturelles / Alain Lombard, directeur de la direction régionales des Affaires culturelles (DRAC) en Rhône-Alpes a tenu à s’expliquer sur le (...)

Dorotée Aznar | Lundi 28 juin 2010

Juste une mise au point

Politiques culturelles / Alain Lombard, directeur de la direction régionales des Affaires culturelles (DRAC) en Rhône-Alpes a tenu à s’expliquer sur le dossier de l’Espace 44, un théâtre de quarante places situé au cœur des pentes de la Croix Rousse. En effet, en tant que membre d’un dispositif «Scènes découvertes», l’Espace 44 a bénéficié pendant plusieurs années d’une aide de la Ville de Lyon et de la DRAC Rhône-Alpes. À partir de 2011, la DRAC a annoncé la suppression de sa subvention d’un montant moyen de 18 000 euros (1). «La subvention globale attribuée aux Scènes découvertes n’a pas changé. Simplement, nous avons choisi d’aider des nouveaux lieux, comme le Périscope dans le domaine de la musique et l’École de cirque de Ménival», s’est justifié monsieur Lombard. À la question de savoir pourquoi l’Espace 44 était le seul lieu dont la subvention n’était pas renouvelée, monsieur Lombard a répondu : «l’Espace 44 affiche un nombre de levers de rideau annuel tout à fait impressionnant. Nous pensons qu’il y a un problème dans l’accompagnement des compagnies accueillies qui ont en fait très peu de visibilité». Si l’argument a le mérite d’être clair, il ne satisfait pas le directeu

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La découverte de l'Espace 44

ACTUS | POLITIQUE CULTURELLE / Depuis 2004, la Ville de Lyon et la direction régionale des affaires culturelles Rhône-Alpes (DRAC) s'associent pour subventionner (...)

Nadja Pobel | Vendredi 19 février 2010

La découverte de l'Espace 44

POLITIQUE CULTURELLE / Depuis 2004, la Ville de Lyon et la direction régionale des affaires culturelles Rhône-Alpes (DRAC) s'associent pour subventionner des salles de théâtre, de danse et de musique à Lyon vouées à promouvoir l'émergence de jeunes artistes et labellisées sous le nom de Scènes découvertes. Fin 2008, la DRAC n'avait toujours pas fait connaître sa décision de renouveler ou non les conventions qui prenaient fin le 31 décembre. Les directeurs des quatre théâtres concernés (Espace 44, Marronniers, Clochards Célestes, Élysée) craignaient alors de ne pas pouvoir régler les frais engagés pour la saison en cours. In extremis, la DRAC leur avait accordé une enveloppe budgétaire pour boucler l'exercice 2009 mais la question du financement restait entière pour à 2010. Le mois dernier, la Ville, désormais rejointe par la Région Rhône-Alpes, a renouvelé sa confiance à ces théâtres en leur allouant les mêmes sommes que les années précédentes (entre 45 000 et 65 000€ par an et par théâtre). La DRAC a également fait parvenir un courrier à tous ces lieux assurant de son réengagement. Tous sauf un : l'Espace 44. Son directeur, André Sanfratello est surpris par ce désaveu. Il n'a p

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Google à la Bibli

ACTUS | La Ville de Lyon a rendu public le contrat passé avec la société Google pour numériser 500 000 ouvrages issus du fonds de la Bibliothèque municipale de Lyon (...)

Dorotée Aznar | Lundi 30 novembre 2009

Google à la Bibli

La Ville de Lyon a rendu public le contrat passé avec la société Google pour numériser 500 000 ouvrages issus du fonds de la Bibliothèque municipale de Lyon (la deuxième bibliothèque patrimoniale de France, après la Bibliothèque nationale de France). Des documents uniques comme le fonds jésuite devraient ainsi être numérisés. La Ville de Lyon a précisé qu’il s’agissait uniquement d’ouvrages libres de droit.

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Musiques actuelles et blocs sanitaires

ACTUS | Enjeux / En 2005, la Ville avait fait de la place accordée aux musiques actuelles l’un des enjeux majeurs de la délégation de service public. Le (...)

Dorotée Aznar | Lundi 5 octobre 2009

Musiques actuelles et blocs sanitaires

Enjeux / En 2005, la Ville avait fait de la place accordée aux musiques actuelles l’un des enjeux majeurs de la délégation de service public. Le Transbordeur devait même «occuper une place déterminante parmi les lieux accueillant les musiques actuelles». Victor Bosch, en décrochant la gestion du Transbordeur, s’était ainsi engagé à programmer au moins vingt artistes ou groupes locaux et régionaux du secteur des musiques actuelles chaque saison (en échange d’une compensation financière de la Ville comprise entre 50 000 et 75 000 euros par an, selon le nombre de concerts et le type de salle utilisée). En plus de ces concerts de groupes locaux ou régionaux, Victor Bosch devait également «s’efforcer d’intégrer dans sa programmation annuelle un artiste local ou régional en première partie» et accueillir, à raison de douze jours de résidences par an, des artistes locaux ou régionaux en voie de professionnalisation. Après plus de quatre ans d’activité, le résultat n’est pas reluisant et même si, comme en convient Jean-Pierre Pommier, candidat à la succession de Victor Bosch «faire de l’émergence n’est pas simple», le Transbordeur n’a pour l’instant pas été à l’écoute des réseaux locaux

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Bosch, choisi pour durer ?

ACTUS | Dossier / Confiées à Victor Bosch en 2005, la gestion et l’exploitation du Transbordeur sont remises en jeu par la Ville de Lyon. Cinq candidats ont été retenus et doivent rendre leur dossier le 19 octobre. Dorotée Aznar

Dorotée Aznar | Lundi 5 octobre 2009

Bosch, choisi pour durer ?

Le Transbordeur se cherche un nouveau locataire pour juillet 2010. La délégation de service public accordée à Victor Bosch en 2005 touche en effet à sa fin et une procédure de délégation de service public est de nouveau en cours. Après un appel d’offres lancé cet été par la Ville de Lyon et l’éviction de nombreux candidats (dont l’équipe d’Arty Farty, organisatrice du festival Nuits sonores, sortie au premier tour pour des raisons administratives), il ne reste aujourd’hui que cinq candidats, qui doivent rendre leur dossier le 19 octobre. Cinq équipes qui doivent prouver leur capacité à gérer une salle de concerts mais aussi à redonner au Transbordeur une renommée dont la salle ne bénéficie plus aujourd’hui. Parmi elles, Eldorado (Jean-Pierre Pommier), Transgestion (Victor Bosch) et Thierry Pilat, tous trois candidats en 2005 ainsi qu’un ancien salarié du Transbordeur, Frédéric Gangneux. La Ville de Lyon devrait faire connaître son choix définitif début 2010. Salle garageSi, pendant quinze ans, Victor Bosch a été le seul maître à bord du Transbordeur, les conditions de gestion de la salle ont considérablement changé depuis 2005. Suppression des subventions,

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Cinq candidats dans la course

ACTUS | Qui est qui ? / Après une première phase de sélection, ils ne sont plus que cinq prétendants à la reprise du Transbordeur. Revue d’effectifs. DA

Dorotée Aznar | Lundi 5 octobre 2009

Cinq candidats dans la course

Victor BoschEn 1989, Victor Bosch prend la direction d’une ancienne usine transformée en salle de concerts, le Transbordeur. En 2005, il est renouvelé dans ses fonctions pour cinq ans, suite à un appel d’offres lancé par la Ville de Lyon, propriétaire de la salle. Victor Bosch (producteur de comédies musicales dont ‘Notre Dame de Paris’) est aujourd’hui candidat à sa propre succession. Eldorado & coSociété d'organisation de spectacles basée à Lyon dirigée par Jean-Pierre Pommier, Eldorado avait déjà tenté de décrocher le Transbordeur en 2005. Pour ce faire, Eldorado s’était associé avec la société JHD Alias (producteur d’artistes nationaux et internationaux) et qui est, selon toute probabilité, son partenaire une fois encore. L’un des motifs pour lesquels Eldorado avait été évincé en 2005 était son manque d’engagement à travailler avec la scène artistique locale. Mais le créneau de Jean-Pierre Pommier : «apprendre à vivre sans argent public» pourrait recevoir un écho très favorable dans les couloirs de l’Hôtel de Ville… Frédéric GangneuxAncien collaborateur de Victor Bosch, il a été licencié suite à la préc

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Les écrans à cran

ACTUS | Table ronde / L’exploitation cinématographique lyonnaise traverse une grande phase de mutation depuis deux ans, avec des rebondissements quasi-mensuels. cette rentrée était l’occasion idéale pour faire le point avec trois exploitants sur les enjeux et défis posés au secteur. animée et retranscrite par Christophe Chabert

Dorotée Aznar | Mardi 15 septembre 2009

Les écrans à cran

Les intervenants : Sandrine Dias, directrice du Zola à VilleurbanneJoël Luraine, directeur du Pathé Vaise (groupe europalaces)Marc Van Maele, directeur des Alizés à Bron Petit Bulletin : Cette table ronde se passe quelques jours après la fermeture du CNP Odéon... Cela pose la question de l’avenir des cinémas indépendants, mais aussi des cinémas dans la Presqu’île.Joël Luraine : Pour moi, cette fermeture est d’abord un regret. Et cela met en lumière la difficulté d’exploiter des salles quand on est 100% indépendant, qui plus est dans un créneau art et essai. À part des réseaux comme Utopia qui ont réussi à se structurer, c’est très difficile de continuer à exister.Marc Van Maele : On sera tous les trois d’accord pour exprimer une vraie solidarité avec les salariés subissant les conséquences d’une mesure qui, sur la forme, est assez dégueulasse : vider un lieu sans en avertir les intéressés. Sur le fond, c’est plus difficile de s’exprimer sans connaître tous les tenants et les aboutissants du dossier. Du point de vue

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À la barre

ACTUS | «Accusé levez-vous !». Le feuilleton du K-barré vient de vivre son épilogue judiciaire. Le lieu, inspiré de Berlin, qui se veut bar cosmopolite et (...)

Dorotée Aznar | Jeudi 30 avril 2009

À la barre

«Accusé levez-vous !». Le feuilleton du K-barré vient de vivre son épilogue judiciaire. Le lieu, inspiré de Berlin, qui se veut bar cosmopolite et interculturel va terminer sa saison mi-juin. En février, la cour d'appel a confirmé et durci le jugement du tribunal de grande instance, rendu il y a un an et demi. Des plaintes de co-prorpriétaires qui n'habitent pas dans l'immeuble mais, soucieux de préserver la valeur marchande de leur bien, ont mené le K-barré à la casse. Pourtant équipé de tous les outils de mise aux normes exigés (dont un limitateur de son dont le coût avoisine les 6000€), les bonnes volontés n'ont pas suffit. Avec un statut associatif, le bar offrait la possibilité à ses nombreux membres d'être un peu ‘chez eux’ et d'avoir par exemple le droit de fumer lorsque seuls les bénévoles y travaillaient (évitant du même coup les nuisances sonores de ceux qui fument sur le trottoir). Au programme des soirées depuis octobre 2006 : des spectacles, des projections de films (des nanards qui cartonnent et aussi, par exemple, le premier Rambo le 15 mai), des intégrales de musiques, des bœufs, des concerts... Bref, un endroit vivant qui va devoir enfiler sa muselière à l'orée

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Studios neufs à louer

ACTUS | Coulisses / Jeudi dernier, les deux nouveaux Studios Lumière de Villeurbanne ont été inaugurés. Un pari audacieux et risqué… CC

Christophe Chabert | Vendredi 6 février 2009

Studios neufs à louer

5 février 2009, 19h. Grégory Faes, directeur de Rhône-Alpes Cinéma, prend la parole pour démarrer la série de discours précédant l’inauguration des nouveaux Studios Lumière de Villeurbanne. Flashback : Roger Planchon, créateur de Rhône-Alpes Cinéma, avait inauguré en 2002 le Studio 24, geste fort plaidant pour une décentralisation de la production audiovisuelle. Démarrage douloureux : le taux de remplissage du Studio est insuffisant pour en assurer la rentabilité. Sans la délocalisation du tournage de Kaamelott, on ne sait trop à l’heure actuelle ce qu’il resterait de cette infrastructure il est vrai assez anachronique. Car peu de films, de cinéma comme de télévision, se tournent aujourd’hui en studio, le cinéma français ayant depuis la Nouvelle Vague une tradition de décors naturels bien ancrée dans les mentalités. Qui plus est, le Studio 24 avait montré ses limites : trop petit et incapable d’accueillir plusieurs productions en même temps. L’idée d’utiliser le site voisin des Moulins de Strasbourg pour lui donner une extension (deux nouveaux studios plus petits — 860 et 380 m2) est assez vite évoquée. Le Grand Lyon, propriétaire du terrain, accepte de céder le bail et lance un

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«Une chance sur quatre»

ACTUS | Entretien / Jérôme Delormas, directeur artistique du projet Lyon, capitale européenne de la culture en 2013._ Propos recueillis par Dorotée Aznar

Dorotée Aznar | Mardi 29 avril 2008

«Une chance sur quatre»

Petit Bulletin : Pouvez-vous nous expliquer en quoi consiste la mission d'un directeur artistique dans un dossier comme celui de la candidature de Lyon au titre de capitale européenne de la culture ? Jérôme Delormas : Le rôle d'un directeur artistique est différent selon les contextes et selon les villes. Dans mon cas, ma fonction principale est de dégager et de proposer un scénario général pour la candidature de Lyon, de rendre cette candidature lisible, cohérente et performante. Vous travaillez à partir des projets qui vous sont présentés par les acteurs culturels ?Oui, je dois faire un choix parmi tous les projets qui sont arrivés spontanément et je travaille également à partir de la perception du territoire... Il s'agit de proposer un projet global qui mette tout cela en musique et fasse le lien entre des projets qui peuvent s'ignorer. Mon rôle est de rythmer l'année 2013, son avant et son après, sur le plan culturel et artistique. Pourquoi, à votre avis, a-t-on fait appel à vous, alors même que vous n'êtes pas issu du tissu culturel local ?En fait, j'ai une position particulière. En tant que directeur culturel à

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«Il ne suffit pas d’organiser des fêtes pour faire une politique culturelle»

ACTUS | Municipales / Fabienne Levy, candidate UMP (Parti Radical Valoisien) à la mairie du 1er arrondissement de Lyon donne son avis sur la politique culturelle menée pendant le mandat de Gérard Collomb et présente ses projets pour le 1er arrondissement. Propos recueillis par Dorotée Aznar

Dorotée Aznar | Samedi 1 mars 2008

«Il ne suffit pas d’organiser des fêtes pour faire une politique culturelle»

Quel bilan faites-vous du mandat de Gérard Collomb au niveau culturel ? Fabienne Levy : Beaucoup d’espoirs ont été placés dans la culture, il y a donc de grandes déceptions. Les premières années du mandat de Gérard Collomb ont été tournées vers la consolidation des grandes institutions. Bien sûr, il faut des locomotives, mais il faut aussi avoir une vision globale de ce que doit être une politique culturelle municipale. Il ne suffit pas d’organiser des fêtes pour faire une politique culturelle. Selon vous, la ville ne devrait pas se charger du financement des grandes institutions ? Je pense que le financement des grandes institutions doit être partagé avec la Région. Je regrette que Gérard Collomb n’ait pas voulu créer un poste de vice-président en charge de la Culture à la Communauté urbaine de Lyon. Ces dernières années, le budget de la culture ne s’est pas forcément concentré sur les bons endroits… Selon moi, les municipalités devraient s’occuper des petits lieux et les communautés urbaines des grandes institutions. Dans votre programme, vous proposez «d’ouvrir les Subsistances aux artistes», qu’est-ce que cela signifie ?

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Collomb, avant / après

ACTUS | Municipales / Gérard Collomb, maire (PS) de Lyon dresse le bilan de son action dans le domaine culturel et évoque ses projets pour un éventuel second mandat. Propos recueillis par Dorotée Aznar

Dorotée Aznar | Mardi 26 février 2008

Collomb, avant / après

Petit Bulletin : Les budgets investis pendant votre premier mandat ont-ils changé la vie culturelle à Lyon ?Gérard Collomb : Nous sommes à 20% du budget de fonctionnement de la Ville pour la culture, ce qui veut dire que nous subventionnons beaucoup. Nous avons par ailleurs investi 100 millions d’euros, donc je pense que cela a effectivement changé la culture à Lyon… Nous avons souhaité que les grosses structures puissent s’ouvrir sur les petites dans une dynamique de «portage», par exemple quand le ballet de l’Opéra de Lyon soutient les Pockemon Crew… Nous avons ouvert un certain nombre de structures comme le Théâtre du 8e ou les Subsistances, qui ont permis d’accueillir des formes nouvelles de création. L’une des premières décisions que nous avons d’ailleurs été amenés à prendre a été d’installer Guy Walter aux Subsistances. À l’époque, cela avait provoqué un certain remous… Dans votre programme, vous suggérez de créer des friches artistiques, qu’entendez-vous par là ? À l’époque, si j’avais eu à prendre la décision de refaire ou de ne pas refaire les Subs, je leur aurais donné un caractère plus brut. Quand

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Lyon joue les outsiders

ACTUS | POLITIQUE / LORS D’UN SÉJOUR ÉCLAIR À BRUXELLES LA SEMAINE DERNIÈRE, L’ÉQUIPE TOUTE INVESTIE DANS LA CANDIDATURE DE LYON AU TITRE DE CAPITALE DE LA CULTURE S’EST PLACÉE SUR UN TERRAIN EUROPÉEN, SANS POUR AUTANT PERDRE DE VUE LA COMPÉTITION FRANCO-FRANÇAISE. Dalya Daoud

| Mercredi 5 décembre 2007

Lyon joue les outsiders

Qui ne soupçonnait pas l’existence de Kosice, seconde ville de Slovaquie, est prié de se renseigner un peu, car elle va devenir une nouvelle partenaire culturelle. C’est ce que se sont promis Patrice Béghain, adjoint à la Culture à Lyon, et Strantisek Knapik, maire de Kosice, lors de leur rencontre à Bruxelles, au coeur du quartier huppé des ambassades. Chacune des villes est candidate au titre de Capitale Européenne de la Culture car, c’est une nouveauté, deux trophées seront dorénavant remis, le second ayant été créé pour les pays nouvellement intégrés à l’Union Européenne (la Slovaquie pour 2013). Aussi les candidats français ont-ils été dès le départ encouragés à créer des liens avec les petits nouveaux. Et Lyon, bonne élève, s’y est attelée sur le champ, subissant à Bruxelles la description de Kosice par son maire : «notre cathédrale, nos parcs, et surtout nos filles, sans doute les plus belles d’Europe !» Un instant de malaise et trois tapes dans le dos plus tard, les maîtres d’oeuvre du projet lyonnais se penchaient à nouveau sur leurs chances de voir la ville gagner, l’atmosphère et la bière bruxelloises poussant à la confidence. BRUITS DE COULOIRC

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La fin des années 80

ACTUS | Entretien / Jérôme Bouët, directeur de la Direction Régionale des Affaires Culturelles (DRAC) depuis un an. Propos recueillis par Dorotée Aznar

Dorotée Aznar | Mercredi 3 octobre 2007

La fin des années 80

Vous êtes Directeur de la DRAC Rhône-Alpes depuis bientôt un an. Quels sont les projets que vous avez déjà pu mener à bien, notamment dans le domaine du spectacle vivant ?Jérôme Bouët : Les projets sont inscrits dans une durée assez longue et je poursuis le travail engagé par mon prédécesseur. Sur la question du spectacle vivant, s'il y a une chose que je revendique, c'est d'avoir permis au Théâtre de la Croix-Rousse de devenir une Scène Nationale. Pourquoi avoir soutenu la candidature du Théâtre de la Croix-Rousse ? Pensez-vous que ce choix soit pertinent tant au niveau de la situation géographique que de la programmation qui y est proposée ??À Lyon, il y a finalement assez peu d'institutions soutenues et labellisées par le ministère de la Culture dans le domaine du spectacle vivant. Il y a l'Opéra, le Théâtre Nouvelle Génération, l'Orchestre, le Théâtre des Ateliers et Le Point du jour, mais il manquait dans tous les cas une Scène Nationale. Il y en avait dans toutes les grandes villes de France sauf à Lyon. Le Théâtre de la Croix-Rousse, du fait de son emplacement et de son histoire me semblait tout à fait approprié. La présence de Philippe Faure à la tête du théâtre a égalem

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