SMAC : les musiques actuelles voient triple

ACTUS | En décembre dernier, trois salles de l'agglomération lyonnaise, L'Épicerie Moderne, le Périscope et le Marché Gare ont obtenu de la DRAC (Direction Régionale des Affaires Culturelles) le statut de SMAC (Scène de Musiques Actuelles), une première dans le Rhône – et une bonne nouvelle – qui s'inscrit dans la suite logique de la S2M, projet collectif de préfiguration lancé il y a quatre ans.

Stéphane Duchêne | Mardi 29 janvier 2019

Photo : © Sarah Fouassier


«C'est un peu notre cadeau de Noël », s'enthousiasme François Jolivet, directeur de l'Épicerie Moderne de Feyzin, au sujet d'une décision qui a été annoncée à la veille du 25 décembre. Celle de la labellisation SMAC de trois salles de l'agglomération par la DRAC : l'Épicerie Moderne donc, mais aussi à Lyon le Marché Gare et le Périscope. Cela fait donc trois SMAC d'un coup dans un département, le Rhône, qui n'en comptait jusque-là aucune. La fin d'une anomalie en quelque sorte que Benjamin Petit, administrateur et programmateur du Marché Gare, tempère néanmoins : « le modèle originel du dispositif était surtout dédié à des territoires bénéficiant de très peu d'offre culturelle. On ne s'est intéressé aux grandes villes que dans un second temps, ce modèle ne pouvant alors pas correspondre à un territoire comme Lyon ». « La particularité d'un département comme le Rhône, c'est la diversité des acteurs et il n'y a pas trop de trois SMAC pour tenter de répondre par leur singularité et leur complémentarité aux attentes et au besoin du secteur. On n'oublie d'ailleurs pas le rôle que vont jouer tous les autres. » complète François Jolivet.

Des labellisations individuelles...

Les trois responsables des salles labellisées de saluer ainsi la finesse de la réflexion de la DRAC au moment de cette attribution. « Ils ont su tenir compte des spécificités de chacun », avance Pierre Dugelay, directeur du Périscope. Mais la décision vient aussi en quelque sorte valider, et c'est là « toute sa saveur » pour François Jolivet, le travail soutenu par la DRAC de préfiguration de la S2M, un dispositif de coopération datant de 2015, entre les trois salles labellisées et Bizarre! à Vénissieux – qui n'a pas obtenu cette validation – sur la base d'un projet de SMAC partagée comme il en existe sur certains territoires. En 2017, « les textes ont changé, précise Benjamin Petit, avec l'exigence qu'un label ne puisse désormais être attribué qu'à une seule structure juridique et autonome et l'abrogation du principe de préfiguration. »

Chacun a donc dû candidater individuellement, mais la période de préfiguration a sans aucun doute aidé à mettre les trois salles sur les rails de la labellisation. Ce qui implique que dans les faits, si le label, valable pour quatre ans, renouvelable et contrôlé par des comités de pilotage, vient sanctionner la dimension d'intérêt général de ces projets et leur implication sur leur territoire, cela ne changera pas grand chose au fonctionnement des salles. Salles qui, en plus, touchaient déjà dans le cadre de la préfiguration les subventions attribuées aux salles labellisées SMAC (100 000 euros par an chacune, subvention plancher du label).

…qui favorisent la complémentarité

« Ce sont des projets rodés en effet, ça ne va pas révolutionner notre façon de travailler, reconnaît François Jolivet, mais nous permettre de réfléchir à la manière dont on va évoluer. Après, il ne faut surtout pas voir cela comme une remise en cause de ceux qui n'ont pas été labellisés ou, pour nous, comme une médaille. »

« C'est dans la ligne de quatre ans de travail qui ont servi à mettre à plat un projet, c'est un point d'étape qui valide cette période d'incubation » abonde Pierre Dugelay. « Notre contenu est déjà raccord avec le cahiers des charges et la labellisation grave dans le marbre nos obligations en matière de développement des musiques actuelles, précise Benjamin Petit, ce qui change, c'est l'officialisation d'un statut à caractère performatif : on devient un acteur reconnu par l'action publique comme menant un projet d'intérêt public. Notre rapport aux collectivités dans l'application des politiques culturelles va changer. »

En termes institutionnels, ajoute Pierre Dugelay, on se retrouve en effet au même niveau que les grandes institutions, les théâtres subventionnés, l'Opéra, nous sommes reconnus comme des interlocuteurs officiels.

Quant aux subventions, elles poussent davantage selon les acteurs à des dispositions d'intérêt public que d'intérêt propre et favorisent la complémentarité des lieux. Car l'Épicerie Moderne, le Périscope et la Marché Gare entendent bien, sans renier leur identité mais au contraire en l'exploitant, continuer de renforcer cette complémentarité et travailler la main dans la main. En poursuivant une action entamée avec la S2M qui repose, comme le dit Benjamin Petit, « sur le désir et une volonté de faire ensemble ».

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Marché Gare : lancement de la deuxième phase des travaux

Lyon | Le Marché Gare, qui fête ses 15 ans dans le contexte que l'on sait, entre ce printemps dans la deuxième phase de ses importants travaux de rénovation. On en sait désormais un peu plus sur ce lifting qui devrait s'achever en début d'année prochaine pour une réouverture de la salle au printemps 2022.

Stéphane Duchêne | Mardi 30 mars 2021

Marché Gare : lancement de la deuxième phase des travaux

Voilà un an et demi que le Marché Gare est fermé. Non pas à cause du Covid-19 mais parce qu'à la rentrée 2019, la salle labellisée Smac en 2018 a commencé de subir d'importants travaux de rénovation afin d'offrir un plus bel écrin à ses différentes activités. En attendant, jusqu'à la crise sanitaire, le Marché Gare investissait les scènes de ses confrères pour des concerts hors-les-murs labellisés "L'Équipée sauvage". La démolition des "ailes" du bâtiment-porche étant achevée, les travaux entrent désormais dans leur seconde phase pour une livraison du bâtiment au printemps 2022. Conduit par la SPL Lyon Confluence pour le compte de la Métropole et de la Ville de Lyon, cette seconde phase de travaux comprend notamment une mise aux normes du bâtiment, entrée historique de l'ancien Marché de Gros, dont le projet a choisi de conserver l'identité pour faire le lien entre le quartier historique de Perrache / Sainte-Blandine et le Quartier du Marché en cours de construction. Deux scènes, de l'ambiance Au programme, notamment, une rénovation énergétiq

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Musiques actuelles : légende d'automne

Covid-19 | Sans aucune visibilité quant à leur conditions d'ouverture pour la rentrée, les diffuseurs de musiques actuelles, pour la plupart désœuvrés, oscillent entre optimisme mesuré, méthode coué et pessimisme radical, y compris à long terme. Un tableau guère réjouissant.

Stéphane Duchêne | Vendredi 10 juillet 2020

Musiques actuelles : légende d'automne

Pour savoir ce que les amateurs de musiques dites actuelles auront à se mettre sous la dent en cette ère pré-"post-Covid", on pourrait se contenter de jeter un œil aux agendas des différentes salles, où l'on trouve ça et là quelques dates (Épicerie Moderne, Transbordeur), parfois beaucoup (Radiant). Problème, ces agendas, en grande partie constitués de reports du printemps, sont pour Cyrille Bonin qui gère le Transbordeur : « un cache-misère ». Un trompe-l'œil même. Car si les discours et les réalités varient en fonction des modèles économiques et d'accueil, une réalité semble inéluctable, qu'énonce Benjamin Petit, coordinateur du Marché Gare : « rouvrir les salles dans les conditions de mesures sanitaires actuelles, c'est inenvisageable. Point. » Alors chacun bricole un peu. Le Ninkasi a maintenu son festival — en plein air du 5 au 13 septembre — et promet quelques concerts de groupes

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Décret son : The sound of silence ?

Salles de concerts | Alors qu'un nouveau "décret son" impose depuis octobre dernier aux diffuseurs de musique (salles de concerts, clubs, festivals) des mesures toujours plus drastiques en matière de régulation du niveau sonore, beaucoup, à commencer par les petits lieux, s'inquiètent de ses conséquences artistiques, techniques et économiques sur leur activité. Petit tour d'horizon de la question avec quelques-uns des acteurs lyonnais emblématiques de la musique live.

Stéphane Duchêne | Mardi 15 janvier 2019

Décret son : The sound of silence ?

« Hello darkness my old friend... I've come to talk with you again ». C'est un peu l'ouverture du The Sound of silence de Simon & Garfunkel qui semble courir dans les têtes des différents diffuseurs de musique actuelle depuis octobre dernier, date de la mise en application du nouveau décret son n°2017-1244 du 7 août 2017. Un décret dont la plupart des mesures pourraient bien réduire ces diffuseurs au silence, ou en tout cas à quelque chose qui, pour une salle de musiques actuelles (et donc la plupart du temps amplifiées), s'en rapproche dangereusement. Parmi ces mesures, qui concernent également les festivals, y compris en plein air, l'obligation de « ne pas dépasser des niveaux de pression acoustique continus équivalents à 102 décibels pondérés A (...) et 118 décibels pondérés C [en gros, les basses, NdlR] sur 15 minutes », quand le niveau sonore à respecter était jusqu'ici de 105 db. Si sur le papier la différence paraît infime, en réalité, elle est énorme. Stéphane Bony et Thierry Vignard, co-gérants du Sonic, expliquent : « Le son c'est

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Benjamin Petit : « améliorer les conditions d'accueil du public »

Marché Gare | Repoussé hors-les-murs par des travaux conséquents, le Marché Gare s'offre le temps de cette parenthèse "Une Échappée sauvage", à coups de concerts, de projections et d'animations dans toute la ville. L'occasion de mener une réflexion sur les projets de la salle. Le point avec Benjamin Petit, coordinateur et programmateur du lieu.

Stéphane Duchêne | Lundi 24 septembre 2018

Benjamin Petit : « améliorer les conditions d'accueil du public »

Il était question un temps que vous déménagiez, le bâtiment étant censé être détruit, finalement il va être largement rénové et le Marché Gare pérennisé. Benjamin Petit : En effet, la salle a toujours été en sursis du fait de sa situation et du projet Lyon Confluence. Ç'a laissé cours à des rumeurs de déménagement, de destruction mais il n'y a jamais eu de projet alternatif concret. En revanche, il y a toujours eu un flou et cet avenir incertain a beaucoup conditionné le développement du Marché Gare. On a eu la confirmation qu'on resterait il y a quatre ans mais le projet définitif, on ne l'a entrevu qu'il y a deux ans. Comment expliquer cette décision ? C'est forcément une volonté politique. Si la ville de Lyon et la SPL en viennent à se dire que la salle doit rester, c'est qu'elle représente des enjeux politiques forts. Ce n'est pas non plus anodin que la labellisation SMAC soit en cours, ça veut dire que la Ville, le ministère de la Culture et la Région croient en notre travail : avec des petits moyens, on a réussi à bâtir une activité de qualité, saine, avec une fréquentation de 1500

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Au Périscope, le kif des apprentis hip-hopers

Atelier Graffiti | Non content d'être un fourmillant lieu de défrichage musical, le Périscope - lieu de culture dans le 2e arrondissement – s'occupe admirablement bien des pré-ados.

Antoine Allègre | Mardi 3 avril 2018

Au Périscope, le kif des apprentis hip-hopers

Le service médiation des publics a encore fait du chouette boulot pour cette salve de jours loin de l'école en concoctant un cycle progressif de trois jours d'ateliers participatifs ayant comme colonne vertébrale les arts urbains. Progressif ? Le premier jour entre 14h30 et 16h30 (lundi 16 avril), les kids à partir de douze ans s'initieront à la pratique du dessin préparatif sous le patronage de deux artistes reconnus dans la scène graff du cru : Krea et Marco. Si le plus-si-enfant-que-ça a encore du mal avec l'art pictural, il pourra en parallèle se former au breakdance en compagnie d'Atom, membre émérite du Differents Crew. Les choses commencent à devenir gentiment sérieuses le lendemain – mardi 17 avril. En effet, exit les crayons de couleurs, bonjour les craies et la devanture métallique attenant à l'entrée du Périscope, toujours avec Krea et Marco. L'atelier en extérieur ne pouvant compter que six à sept enfants en simultané, les autres pourront attendre leur tour en réalisant des light-graph avec Vincent Delesvaux, photographe de métier et bidouilleur de l'extrême. Le mercredi 18 avril,

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François Jolivet prend les rênes de l’Épicerie Moderne

SMAC | Après treize ans de bons et loyaux services dont trois à la direction, Damien Debard n'est plus à la tête de l’Épicerie Moderne. C'est François Jolivet qui a repris la direction de la salle feyzinoise : nous sommes allés à sa rencontre.

Corentin Fraisse | Mardi 13 juin 2017

François Jolivet prend les rênes de l’Épicerie Moderne

Racontez-nous votre parcours ? François Jolivet : J’ai démarré comme coordinateur dans un réseau régional du Nord-Pas-de-Calais en 2005, le RAOUL (Réseau Associatif des Organisateurs et Utilisateurs de Lieux). C’est l’équivalent de Grand Bureau. Ensuite, j’ai dirigé les 4 Écluses à Dunkerque : une salle de concerts, plus petite que l’Épicerie Moderne. C’est un lieu comparable dans sa gestion, un projet citoyen à la dimension culturelle très forte, avec des activités pour différents publics. Et surtout un soutien à la création et aux porteurs de projets artistiques. D’autres similitudes entre les 4 Écluses et l’Épicerie Moderne ? Les programmations sont à la fois voisines et différentes. La salle est plus petite à Dunkerque, avec un bassin de population de 200 000 habitants ; alors qu’ici, on est sur la troisième métropole de France. La salle des 4 Écluses est vraiment axée sur du jeune projet… mais voisine de l’Épicerie Moderne dans son éclectisme et dans sa volonté de porter des esthétiques "indé", de découverte et de diversité. La grande similitude entre les deux salles, ce sont les projets d’action cul

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« Que les enfants voient ce que font leurs parents au concert »

L'Épicerie Moderne | Non contente de délivrer l'une des plus belles programmations de musiques actuelles dans l'agglomération, l'Épicerie Moderne est, depuis son ouverture en 2005, à la pointe d'une programmation jeune public qui s'est fait une spécialité de proposer aux enfants les mêmes musiques qu'aux parents. Explications avec Karine Fage, en charge des relations avec les publics et de l'action culturelle.

Sébastien Broquet | Mardi 11 avril 2017

« Que les enfants voient ce que font leurs parents au concert »

L'Épicerie Moderne a sans doute été la première salle de musiques actuelles à proposer des concerts rock pour les enfants. Aviez-vous dans votre convention à l'égard de la municipalité une incitation à faire du jeune public ? Karine Fage : Rien dans la convention ne stipulait que l'on devait mener une programmation à destination des enfants, des familles ou des scolaires. Mais l'idée de l'Épicerie étant d'avoir un projet artistique et culturel le plus ouvert possible, le choix s'est imposé, dès la première année, de faire une proposition à destination des familles, depuis les tout-petits à la fin de l'élémentaire. On l'a intitulé "Les Petites gourmandises". L'idée c'était de proposer des choses sur les différents temps de leur vie : en plus du temps scolaire et du temps de loisir, qui sont des outils pour permettre à des enfants de faire des sorties culturelles qu'ils ne feraient pas avec leurs parents, il fallait aussi privilégier les temps en famille. Les toutes premières saisons, c'était assez discret, mais très vite, on a créé une vraie plaquette dédiée à ces programmes. Aujourd'hui, on a vraiment pris le parti

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Le Périscope ou la grande famille du jazz

Un lieu pour les vacances | Au Périscope, durant les vacances, les kids aussi ont leur place : zoom sur l'un de ces lieux de culture ayant infusé sa programmation d'effluves family friendly.

Antoine Allègre | Mardi 18 octobre 2016

Le Périscope ou la grande famille du jazz

Cela fait neuf ans que le Périscope instille dans nos oreilles nécessiteuses des vapeurs de jazz plus ou moins improvisé, de hip-hop mutant, d'électro vrillée et autres chouettes bizarreries. Un haut lieu des ondes expérimentales intercalé entre gare de Perrache, cours Charlemagne et faculté catholique qui, à chaque salve, accueille entre 100 (assises) et 200 (debouts) âmes. En somme, des esthétiques censées passer au dessus du seuil de tolérance d'un public non averti, juvénile ou, encore pire, les deux. Pourtant, en parallèle à ce fourmillement sonique, s'est développée une offre jeune public qui réapparaît comme par enchantement (pour les parents) à chaque session de vacances scolaires. « Nous nous efforçons de toujours leur préparer des événements qui soient en résonance avec la programmation adulte » lance Pierre Dugelay, directeur du Périscope et responsable de la programmation. Et ceci « quelle que soit la proposition artistique : de la séance d'écoute sur vinyles, de la lecture de contes, des sets DJ où toute la famille peut danser à 15 heures l'après-midi, du théâtre, des balances commentées par notre régisseur général » ajou

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Thomas Prian : « Nous voulons être identifiés hip-hop »

Bizarre! à Vénissieux | On connaît le nom de l'heureux élu : c'est Thomas Prian, ancien responsable du festival Woodstower à Miribel-Jonage, qui prend en charge la direction artistique du nouveau lieu de Vénissieux, Bizarre!. Personnage discret et respecté du milieu culturel lyonnais, il mettra ses compétences au service d'une salle se voulant ancrée dans Vénissieux et tournée vers l'agglomération par son positionnement très axé hip-hop et cultures urbaines.

Sébastien Broquet | Mardi 14 juin 2016

Thomas Prian : « Nous voulons être identifiés hip-hop »

Vous venez de Woodstower : quelle a été votre histoire au sein de ce festival ? Thomas Prian : En 2002, j'ai commencé par la communication du festival, un peu par hasard. J'avais besoin d'un stage à mi-temps, à côté de chez moi, à la Tour de Salvagny. Je vivais là mais ne connaissait personne dans l'équipe. L'année suivante, j'ai demandé à faire un second stage au sein du service artistique et je me suis retrouvé à programmer avec trois autres personnes cette édition particulière : Woodstower se tenait à l'issue d'un été perturbé par les grèves des intermittents, et le Peuple de l'Herbe, à l'affiche, venait d'exploser : il y a eu une énorme affluence, qui a finalement sonné le glas du festival à la Tour de Salvagny. Quinze jours après, nous avons appris dans Le Progrès que la mairie ne nous suivrait plus, que c'était trop le bazard... Certains dans l'équipe se sont dit qu'ils s'étaient bien éclatés pendant six ans, qu'il était temps pour eux d'arrêter. Beaucoup partent alors, mais une autre moitié souhaite continuer car c'était une édition très réussie. Il n'y avait pas Démons d'Or, Nuits Sonores débutait. On se met en quê

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SMAC : la reconnaissance

ACTUS | Le Périscope et le Marché Gare à Lyon, l'Épicerie Moderne à Feyzin et Bizarre! à Vénissieux : telles sont les quatre salles de l'agglomération désormais (...)

Sébastien Broquet | Mardi 8 mars 2016

SMAC : la reconnaissance

Le Périscope et le Marché Gare à Lyon, l'Épicerie Moderne à Feyzin et Bizarre! à Vénissieux : telles sont les quatre salles de l'agglomération désormais labellisées SMAC par le ministère de la Culture. Le projet avait été évoqué par les salles il y a cinq ans, sans se concrétiser, avant que la DRAC ne réunisse plusieurs acteurs culturels autour d'une table en 2013. Après deux ans de concertation, la convention a été signée en décembre dernier et la S2M, du nom du projet, inaugurée en février en même temps que l'on fêtait les dix ans du Marché Gare. Concrètement, ce label apporte des facilités financières : la DRAC versera cette année 75 000 euros à chaque salle. « Chacune des structures reste indépendante dans ses choix et ses budgets, mais on va faire évoluer les circulations des artistes, systémiser les coproductions, faire bénéficier à chacun des compétences des autres » explique Damien Debard, de l'Épicerie Moderne. Pour Benjamin Petit, programmateur du Marché Gare, « C'est une reconnaissance. Un soutien renforcé de la Ville, de la Région et l'arrivée pour nous de l'État. » Repères 1988 : Le Truck ouvre avec

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Épicerie Moderne, Marché Gare et Trokson : 30 ans à eux trois

MUSIQUES | Hasard du calendrier, trois hauts lieux des musiques dites actuelles fêtent leur dixième anniversaire cette saison : l’Épicerie Moderne, le Marché Gare et le Trokson. Et en fanfare s'il vous plaît.

Benjamin Mialot | Mardi 22 septembre 2015

Épicerie Moderne, Marché Gare et Trokson : 30 ans à eux trois

Il est aussi vain de vouloir donner du sens à un anniversaire que de chercher à justifier un mariage : dans un cas comme dans l'autre, l'événement est surtout prétexte à faire la chouille avec les copains. Reconnaissons toutefois à l’Épicerie Moderne ses efforts : pour marquer le coup de ses dix ans d'existence, elle s'est mise en quatre pour éditer un livre et un vinyle live commémoratifs. Le premier verra le jour le 17 octobre, dans le cadre d'une journée d'animations (tatouage, photo call, papertoys...) ponctuée par un concert du brass band à tout faire The Soul Rebels. Le second sera prêt pour celui du mètre-étalon (et étalon tout court) rock Jon Spencer (voir page 4). Deux habitués des lieux verront également leurs prestations "pimpées" pour l'occasion : d'un côté les Melvins (le 2 octobre), de l'autre Patrick Watson. Les parrains malgré eux du grunge se produiront au sortir d'une dégustation de vin en compagnie des œnologues with an attitude de Wine&Noise, tandis que l'élégant songwriter baroque le fera en parallèle d'un débarras de goodies

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Faites un geste, renflouez un sous-marin

MUSIQUES | En musique peut-être plus encore qu'ailleurs, l'innovation n'est généralement pas rentable. Sept ans après son ouverture et malgré son dynamisme (résidences, (...)

Benjamin Mialot | Mardi 16 décembre 2014

Faites un geste, renflouez un sous-marin

En musique peut-être plus encore qu'ailleurs, l'innovation n'est généralement pas rentable. Sept ans après son ouverture et malgré son dynamisme (résidences, festivals, accueils en tous genres...), Le Périscope, haut lieu de l'expérimentation sonore s'il en est, en fait toujours les frais. Au point de mettre à profit son anniversaire pour souligner la fragilité de sa situation économique et vous inviter, l'espace de trois soirées de soutien, à écoper la flotte qui s'infiltre par ses écoutilles sous les harangues de fidèles du lieu. Trois ambiances de travail sont proposées : anxiogène ce mercredi 17 décembre avec, notamment, le post-punk en niveaux de gris de Rank, le hardcore jusqu'au-boutiste de Alabaster et un DJ set fatalement impétueux des Too Girly DJs – rassemblés par un aréopage d'activistes de bruit, en tête les labels Gaffer et Bigoût ; détendue le lendemain, carte blanche au supa funky Grolektif (par ailleurs co-fondateur du Périscope) oblige ; et enfin euh... eh ben jazzy le 19, avec le Lyon Jazz Collectif. A vos écuelles. Benjamin Mialot

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Annulation de la guinguette de l'épicerie moderne

MUSIQUES | Cet après-midi, l'Epicerie Moderne devait tenir sa traditionnelle guinguette, sa familiale fête de clôture en plein air. En raison de l'alerte orange aux (...)

Benjamin Mialot | Vendredi 4 juillet 2014

Annulation de la guinguette de l'épicerie moderne

Cet après-midi, l'Epicerie Moderne devait tenir sa traditionnelle guinguette, sa familiale fête de clôture en plein air. En raison de l'alerte orange aux orages lancée sur le Rhône pour cet après-midi, la salle et son partenaire, le Centre Social Mosaïque, ont décidé par prudence de tout annuler.

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Le fils de l'épicière

MUSIQUES | Six ans après son arrivée à Feyzin, Sophie Boyer quitte ses fonctions de directrice de l’Épicerie Moderne. Dès la rentrée, c'est Damien Debard, son administrateur, qui prendra les commandes. Une entrevue bilatérale s'imposait, histoire de déterminer ce que ce passage de témoin va changer pour ce haut lieu des musiques indépendantes. Ou plutôt ce qu'il ne va pas changer. Propos recueillis par Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Jeudi 23 mai 2013

Le fils de l'épicière

Les directeurs d'équipements ont tendance à s'accrocher à leur poste. Qu'est-ce qui te pousse à partir ?Sophie Broyer : C'est d'abord une décision personnelle : après douze ans à travailler dans des salles de concert, j'ai envie d'apprendre de nouvelles choses. Mais mon départ découle aussi d'une réflexion liée à l'avenir de l’Épicerie Moderne. La salle a huit ans, je suis à sa tête depuis six, avec une équipe qui n'a pas tellement bougé... C'est un bon socle de travail, mais je crois que ce n'est un service à rendre à personne que de rester pour rester. Cela me semble même important de renouveler une direction tous les cinq-six ans, de redonner du dynamisme. La routine dans le milieu culturel, pour moi, c'est un interdit. Que retiens-tu de ton passage ?SB : J'ai l'impression de fonctionner au saut dans le vide. J'ai pris très tôt des responsabilités dans des salles où les choses n'étaient pas simples, notamment parce que je suis une femme. Concernant l’Épicerie Moderne, comme il s'agit de ma première direction, je porte forcément un regard bienveillant sur son

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Boum Me Tender ! L'Épicerie fête ses 5 ans

MUSIQUES | Voilà déjà une demi décennie de bons et loyaux services pour l'Épicerie Moderne dans le spectacle et les musiques actuelles. En cinq ans, la salle de Feyzin (...)

Dorotée Aznar | Vendredi 24 septembre 2010

Boum Me Tender ! L'Épicerie fête ses 5 ans

Voilà déjà une demi décennie de bons et loyaux services pour l'Épicerie Moderne dans le spectacle et les musiques actuelles. En cinq ans, la salle de Feyzin nous aura fournis, et continue de le faire, quelques-unes des plus belles émotions musicales de ces dernières années. L'Épicerie soufflera ses bougies vendredi 1er et samedi 2 octobre au cours d'un événement en deux temps baptisé Boum Me Tender. Première étape : un juke-box live autour d'Elvis Presley avec The Good Damn ou encore Mr Day. Et le lendemain à 14h30, l'«électro swing kids party» (whouhou !) à destination des enfants, cible privilégiée de certaines activités du lieu. Entrée libre dans les deux cas. SD

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Gare au Marché Gare

MUSIQUES | Entretien / Nanti depuis le début de l’année d’un nouveau programmateur, le Marché Gare entame la saison avec une programmation bien plus ouverte qu’à l’accoutumée. Explications avec l’intéressé, Benjamin Petit. Propos recueillis par Stéphane Duchêne.

Stéphane Duchêne | Vendredi 18 septembre 2009

Gare au Marché Gare

Petit Bulletin : Votre parcours ?Benjamin Petit : Je suis originaire de Lyon où j’ai fait une partie de mes études dont Sciences Po, mais mon expérience professionnelle s’est faite à Paris. Notamment chez Naïve, puis à la mairie de Paris, au cabinet de l’adjoint à la Culture. J’ai également travaillé dans un cabinet d’études et de conseil en projets culturels qui faisait une étude sur les Musiques Actuelles à Paris. Qu’est-ce qui va changer avec votre arrivée ? On ne peut pas cloisonner une salle à une esthétique, on est obligé d’être à la fois généraliste et pointu dans tous les domaines. L’idée globale c’est de fonder la programmation sur un socle rock, et d’aller chercher des compétences, des partenariats sur des esthétiques particulières (Jarring, L’Original, Les Gourmets). Je vais aussi continuer à programmer des groupes locaux, mais ils ne passeront au Marché Gare que parce qu’ils me plaisent. Quel regard portez-vous sur la scène lyonnaise ?J’ai plongé direct dedans et j’ai été très surpris. C’est terrible que la scène locale souffre d’un tel complexe. Quand tu dis que tel ou tel groupe est lyonnais, c’est presque dévalorisant : dan

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Revenant(s)

MUSIQUES | Musique / L'Épicerie Moderne se fait épicerie fine en accueillant Terry Callier, pionnier de l'hybridation folk américaine. L'occasion de (re)découvrir un artiste culte. Stéphane Duchêne

Christophe Chabert | Mercredi 4 avril 2007

Revenant(s)

Dans les années 80, The Young Ones, une série anglaise quasi inconnue en France, fait passer à la postérité cette phrase prononcée par Neil, un jeune hippie déprimé : «Je me sens comme un disque de Leonard Cohen, personne ne m'écoute jamais». L'étape suivante avant la détresse absolue serait probablement de se sentir comme un disque de Terry Callier. Car s'il est une discographie qu'on imagine plus soumise à l'indifférence du nombre que celle de Cohen, c'est bien la sienne, pourtant d'utilité publique. C'est en 1964 qu'arrive de nulle part (et aussi un peu de Chicago) The New Folk sound of Terry Callier, chef d'œuvre ombrageux et extatique, truffé de traditionals américains et pas très éloigné des productions à venir du séraphin Tim Buckley. Dans cette première moitié des années 60 où la pop music bâtit de solides fondations mais où les panthéons restent à bâtir, Callier pose une pierre importante. Il a alors 18 ans et une voix prodigieuse, entre Buckley, Elvis et le timbre déchiré des conteurs des champs de coton. C'est avec cette voix unique que Callier adjoint au folk, alors trusté par des petits blancs encanaillés dans la contestation (Joan Baez, Bob Dylan, Pete Seeger), ce qu'

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