À Villeurbanne : la culture, point par point

Élections Municipales 2020 | Villeurbanne, second tour des municipales 2020. Deux listes en lice et deux visions pour la politique culturelle d'une Ville plus que jamais au sein de la Métropole. Deux candidats dévoilant leurs projets pour le mandat à venir : Cédric Van Styvendael et Loïc Chabrier…

Vincent Raymond | Mercredi 17 juin 2020

Photo : © DR


Cultivant sa singularité politique depuis plus d'un siècle dans l'agglomération — par comparaison à sa versatile voisine lyonnaise —, Villeurbanne ne fera pas mentir sa tradition le 28 juin prochain en opposant pour le second tour deux listes… se trouvant être des émanations plus ou moins directes de l'équipe sortante. L'actuel maire Jean-Paul Bret (PS, à la tête de la ville depuis 2001) ne se représentant pas, un nouvel exécutif s'installera dans le beffroi dominant les gratte-ciel de l'avenue Henri-Barbusse.

D'un côté, la liste “Villeurbanne c'est vous !” menée par l'ancien premier adjoint aux finances Prosper Kabalo passé sous la bannière LaREM, où figure également en troisième position l'adjoint à la Culture sortant Loïc Chabrier, a réuni 14, 9% des voix au premier tour. De l'autre, un nouveau venu, Cédric van Styvendael (directeur général du GIE La Ville autrement et ancien DG du bailleur social Est Métropole Habitat) a recueilli 33, 29% avec la large union de gauche “Villeurbanne en commun“ PS-PC-Génération.s-Place Publique-LFI-PRG, avant de fusionner avec la liste de Béatrice Vessiller (EELV) et ses 27, 48% du premier tour à l'enseigne “Pour Villeurbanne en commun“. Soit, en théorie, une avance certaine, mais qui dans le contexte particulier de la crise du coronavirus, demande comme partout ailleurs, une nette confirmation. Deux listes rivales, donc, qui auront à assumer le même bilan et ont annoncé dans leurs programmes 2020-2026 — à côté de propositions originales — des projets initiés dans le mandat précédent. La continuité dans le changement, en somme…

Quel adjoint ou adjointe à la Culture ?

À Villeurbanne, la culture est loin d'être un enjeu anodin. Pour mémoire, on rappellera que la Ville s'est dotée dès 1990 d'un premier adjoint en charge de la Culture en la personne de… Jean-Paul Bret, délégation que Raymond Terracher reprit à l'identique en 1999 — soit, donc, bien avant que Lyon n'en fasse de même avec Georges Képénekian en 2014. Loïc Chabrier y voit du « symbolique pour le microcosme : Jean-Paul Bret était alors au sommet de la hiérarchie locale et Raymond Terracher venait d'être maire par intérim après l'invalidation de Gilbert Chabroux ; il y avait donc une certaine logique. » Pour lui, l'ordre protocolaire n'a guère d'incidence :

« Une fois que vous êtes adjoint, le but c'est de défendre son budget et d'avoir des arbitrages qui soient satisfaisants, même si l'on est 5e ou 6e adjoint », en revanche il admet bien volontiers l'importance d'une personnalité idoine à ce poste : « dans une ville, la culture est identifiable et permet aussi d'identifier la ville. » Après deux mandats, il ne sait pas s'il sera reconduit : « ce n'est pas le style de Prosper Kabalo de distribuer des postes avant que l'élection ait lieu ; et puis il peut être souhaitable qu'il y ait du renouvellement. Je peux avoir d'autres délégations pour innover ailleurs… »

Même prudence de la part de Cédric Van Styvendael, qui préfère : « rester sur des débats de fonds et d'idées que se positionner sur les places et les postes. Pas d'inquiétude : on a plus de candidats que pas assez dans l'équipe, donc forcément la bonne personne ». Si sa probable future première adjointe Béatrice Vessiller sera vraisemblablement en charge des questions de transition environnementale, il a bien réservé sa première sortie de campagne au monde de la culture, « pour donner à voir l'importance qu'elle avait sur nos programmes, parce que c'est le secteur qui va être le plus touché par les impacts de la crise Covid, et donc envoyer un message à ses acteurs. » Sans doute est-ce aussi pour tenter de se défaire de cette étiquette de “bétonneur“ qu'on lui a collée qu'il a pris l'engagement financier de sanctuariser le budget de fonctionnement — pas en investissement — de la culture. Tout en voulant faire davantage…

Grands équipements et manifestations

Ville de 150 000 habitants plutôt bien dotée question équipements et manifestations — malgré quelques lacunes s'expliquant par la surabondante offre du géant lyonnais voisin — Villeurbanne peut se targuer de pôles emblématiques dont le devenir intéresse les candidats.

Le calendrier du TNP, Jean Bellorini vient de succéder à Christian Schiaretti, présente une parfaite synchronicité avec les échéances politiques. Longtemps jalousement défendu comme “pré carré“ culturel villeurbannais au nom de l'histoire de la décentralisation et de l'identité de la Ville — qui abonde à hauteur de 23% dans sa subvention publique globale — les choses pourraient changer avec l'exécutif. « Cette structure peut-elle rester uniquement sous financement de la Ville, demande Loïc Chabrier ? On accueille du public de toute l'agglomération, même si la part de Villeurbannais reste importante. La Métropole doit prendre sa part pour tous les théâtres labellisés de son territoire, nous n'avons pas de tabou là-dessus. On passe à une ère nouvelle, Bellorini est dans cet état d'esprit. Reste à connaître l'équipe potentielle à la Métropole… » Une analyse globalement partagée par Cédric Van Styvendael, avec quelques nuances. Souhaitant que le TNP de Bellorini arrive à toucher davantage de population dans l'esprit d'une “culture pour tous“, il préfère le laisser « s'exprimer sur la question de la maquette financière. Quant à la participation de la Métropole, si elle est financière, elle sera bienvenue. L'ensemble des acteurs culturels va être confronté à de tels enjeux financiers que l'on va avoir besoin de mutualiser. Mais s'il s'agit pour Villeurbanne de se séparer de compétence, j'aurai une forme de vigilance. » Pour autant, il ne veut pas s'inscrire dans les « crispations entre personnes » qui ont pu exister auparavant… Pas besoin d'être grand clerc pour deviner de qui il s'agit.

Héritière des fêtes de Villeurbanne et des Eclanovas, Les Invites (biennalisées pour des questions de budget et étroitement associées à leur lieu de fabrication, Les Ateliers Frappaz, labellisé CNAR) sont appelées quoi qu'il arrive à connaître des évolutions. Côté Kabalo, on souhaite un redéploiement dans les quartiers de la Ville, conforme à l'esprit initial de la fête, ainsi qu'une place plus importante à la programmation musicale, quitte à poser la question du « tout gratuit indéfiniment : on ne peut pas faire venir une programmation musicale importante attractive sur la base de la seule subvention publique du festival, se justifie Loïc Chabrier. Woodstower a une politique de tarification qui reste modeste et le même public que nous, on s'inspirerait de ce modèle-là. » Côté Van Styvendael, la trop grande « centralisation » du festival est aussi pointée, tout comme le fait que lors de la dernière édition, « les frais de sécurité et de gardiennage se sont dangereusement rapprochés des frais artistiques. Les Invites sont une très belle manifestation permettant aux Villeurbannais de bien s'identifier à leur ville ; cela ne me choque pas qu'une fois tous les quinze ans, on prenne leurs souhaits et avis en compte dans leur évolution pour qu'elle accueille le public le plus large possible. Que Patrice Papelard [le créateur des Invites, NdlR] ne s'inquiète pas, on ne trahira pas l'esprit ! Et on ne touchera pas à la gratuité. »

Centre de Mémoire villeurbannaise, Le Rize a droit à un bilan un brin contradictoire. Là où Cédric Van Styvendael salue « la qualité des choses en place », promet qu'il restera sur « sa vocation de mémoire » et note que « c'est un lieu très en lien avec les personnes, ayant eu l'intelligence d'accueillir les assistantes maternelles qui s'y rassemblent le soir », Loïc Chabrier évoque une « belle réalisation centrée sur ses activités, avec une démarche très originale qu'il faut ouvrir davantage sur la ville, en incitant la fréquentation par un autre public que le public averti. En redéfinissant la programmation, donnant une orientation, même si le directeur et son équipe restent maîtres. » Contradictoire, donc.

Seul cinéma villeurbannais, Le Zola attend patiemment son agrandissement-relocalisation (pour 2023 ?) sans cesse retardé puisqu'il dépend du projet de la ZAC Gratte-Ciel centre-ville. « Il est appelé à un devenir prometteur, il a une qualité de développement importante ! Quelle que soit l'équipe, on sera dans une continuité totale, assure Loïc Chabrier. Le Zola patiente dans des locaux provisoires rénovés, écran, climat, sièges… On va l'encourager et le favoriser pour les festivals. » Cédric Van Styvendael note qu'il restera « vigilant afin qu'on ne perde pas la qualité ». Une manifestation fait l'unanimité : La Fête du Livre Jeunesse. « Elle remplit parfaitement son rôle : on y rencontre tous les Villeurbannais, de tous les quartiers et conditions sociales, s'enthousiasme Cédric Van Styvendael. C'est certainement très lié au fait que toutes les écoles y sont très investies » De là à inspirer Les Invites ? Dans le camp Kabalo, on fait de cet « incontournable tradition » le point de départ d'une grande politique du livre « prioritaire : notre réseau de lecture publique est performant mais il arrive à sa taille critique face à l'accroissement démographique » explique Loïc Chabrier. Le mandat qui s'achève ayant déjà prévu d'aménager la ZAC de la Médiathèque du Tonkin, une autre est donc promise dans le futur CCO La Soie. Et pour enfoncer le clou, le candidat souhaite offrir aux scolaires un livre gratuit chaque trimestre à l'école primaire. Il appelle au passage de ses vœux des liens plus étroits avec la BML ainsi qu'une politique du livre métropolitaine. « Les festivals du livre s'additionnent sur l'ensemble du territoire, chacun est dans son couloir, il faudrait fédérer tous ces événements. » — ce que fait déjà très bien, à l'échelle régionale, l'ARALL…

Les innovations

Force est de constater que les propositions sont plus rares du côté Kabalo. Son programme fait surtout état d'une volonté de s'inscrire davantage dans la Fête des Lumières et le Festival Lumière. Pour le second, il s'appuierait, en sus du Zola sur un précieux outil : le Pôle Pixel, qui abrite des industries cinématographiques. « Le Pôle Pixel, c'est d'abord une impulsion villeurbannaise qui a été reprise par la Métropole, rappelle Loïc Chabrier. Tout dépend du partenariat que l'on construit avec cet ensemble de structures privées : on peut s'ignorer ou collaborer. Le Pôle Pixel peut avoir une place plus visible qu'actuellement. Et celle de Villeurbanne dans le Festival Lumière n'est pas à la hauteur de ce qu'elle devrait être pour une ville de 150 000 habitants. »

Bien que novice en politique, Cédric Van Styvendael revendique sans rosir l'héritage de la gauche : « héritage, ça ne me choque pas si on se dit que ce n'est pas quelque chose de figé, mais être dépositaire de quelque chose qui vous dépasse et crée une forme de responsabilité pour faire, ensemble, en sorte de se mettre au service des Villeurbannais. Ce n'est pas toujours facile à porter, surtout quand on passe après Jean-Paul Bret qui a été 1er adjoint en charge de la Culture. Mais il y a un acte de transmission qui se fait avec le jeu démocratique, celui des élections ». Son programme semble vouloir ravauder, voire remailler, le tissu social par la culture : « On ne part pas d'un terrain vierge. Mais si on veut continuer à avoir une qualité culturelle élitaire pour tous, c'est un travail de longue haleine. » D'où l'idée d'un parcours artistique pour les enfants leur permettant de découvrir et de tisser des liens avec les arts majeurs. « Cela n'existait que sur la base du volontarisme des établissements scolaires — au grand dam de Martial Pardo, l'ancien directeur de l'ENM de Villeurbanne. L'idée est de construire de la faisabilité pour celles et ceux qui voudraient continuer ; il s'agit juste de trouver les curseurs et de se positionner. » Autre clef du maillage, faire en sorte que les grands espaces et acteurs culturels de la Ville — dont Komplex Kapharnaum — travaillent davantage en réseau : « ils en ont également émis le souhait quand je les ai rencontrés en février. Après, la Ville n'est pas un super-producteur de la culture et je suis très attaché à l'indépendance de leur programmation ! Mais si on peut créer des espaces de rencontre ou de dialogue, ce serait dommage de s'en priver. »

Territoire et culture font bon ménage pour celui qui invitait jadis la compagnie Acte d'Annick Charlot à venir danser sur les murs du parc social. Annonçant vouloir accueillir des spectacles sur des lieux en friche, Cédric Van Styvendael précise sa pensée : « on ne va pas faire de l'occupationnel avec de la culture sur des espaces en friche, mais se dire que la culture aide à construire un projet de ville commun. Je suis à l'initiative de L'Autre Soie, qui va accueillir à la fois des projets d'habitat notamment à l'attention des plus modestes et un acteur culturel de choix, le CCO. Grâce au CCO, on a pu rencontrer les habitants et des artistes qui nous ont aidés à réfléchir, à porter des idées. L'évolution du quartier est ainsi passée par la médiation de la culture. » Le nouveau CCO, justement, doit construire une salle de 1 000 places. Une jauge qui vient compléter le dispositif des équipements de Villeurbanne — le Transbordeur, bien que sur son territoire, dépend de la Ville de Lyon. « On n'a pas à rougir du nombre ni de la qualité de nos équipements, mais il faut mailler un peu plus, avec à l'esprit les contraintes financières. On a des salles de théâtre comme le TNP, l'Astrée ou l'Iris, mais on manque encore de lieux où l'on peut jouer devant 50 ou 100 personnes comme le Toï-Toï ou le PezNer jadis cours Tolstoï. C'est plus facile à mettre en œuvre que la construction d'une 1 000 places. Et dans l'écosystème, cela amène de la vie nocturne, c'est aussi important. » En attendant les micro-lieux, le CCO aura une scène qui pourra “parler“ avec le parc de l'Autre Soie, un restaurant, une salle d'exposition complèteront l'ensemble… De quoi créer une nouvelle centralité, en plus des Gratte-Ciel, de la Doua ou de Grandclément.

Dernier projet évoqué, un festival populaire des arts numériques. Derrière l'intitulé suffisamment flou pour être passe-partout, le candidat reconnaît lancer « une impulsion » en partant de plusieurs ressources territoriales : l'URDLA, l'IAC, le Pôle Pixel ainsi qu'un « écosystème autour du jeu vidéo et de la création numérique découvert pendant la campagne. Je ne mesurais pas à quel point il y avait autant de talents, cela m'a permis de conforter cette idée de festival. » Les acteurs sont à Villeurbanne, mais la porte est ouverte pour travailler avec d'autres territoires…

Cette envie de collaborer davantage avec la Métropole en premier chef est certainement le point commun le plus évident entre les deux listes. Le fait que les chefs, justement, changent à la faveur des scrutins du 28 juin n'y est sans doute pas étranger…

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Vincent Raymond | Mardi 14 novembre 2017

La saison des festivals est ouverte

Bientôt quadragénaire, le doyen des festivals de l’agglomération lyonnaise n’a rien d’un autarcique : depuis des années, il propose des séances délocalisées dans des salles amies : au Théâtre Astrée, à la MLIS et l’ENM de Villeurbanne, mais aussi au Comœdia, au Ciné-Meyzieu et au Ciné Mourguet de Sainte-Foy-lès-Lyon. La période coïncide également avec le lancement d’autres événements locaux d’importance, qui bénéficient donc d’une dynamique croisée : pas de rivalité entre les salles indépendantes ! Le Mois du Film Documentaire fait ainsi escale jusqu’au 30 novembre au Toboggan de Décines avec quatre projections agrémentées de débats. Grégory Gomes accompagnera Frères Ennemis qu’il a tourné dans la proximité d’un derby Lyon-Saint-É ; quant à Charlotte Pouch, elle racontera la genèse de Des bobines et des hommes, une (més)aventure humaine et industrielle. Plus au nord de la Métropole, le Ciné-Caluire programme son Festival du cinéma italien. Une semaine placée sous le signe de l’amour,

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Arac, 25 ans d’âge

ECRANS | Pas étonnant que Roger Planchon, apôtre de la décentralisation théâtrale et cinéphile dans ses jeunes années, ait été à la manœuvre pour créer l’entité. 254 (...)

Julien Homère | Mercredi 22 mars 2017

Arac, 25 ans d’âge

Pas étonnant que Roger Planchon, apôtre de la décentralisation théâtrale et cinéphile dans ses jeunes années, ait été à la manœuvre pour créer l’entité. 254 films plus tard, cette philosophie créatrice reste la même, revendiquant une pluralité encore omniprésente et une indépendance de l’Ile-de-France affirmée. « Notre ligne éditoriale se trouve dans la diversité des projets. On ne s’enferme pas dans une ligne exclusive : c’est le choix de la Région. » explique Grégory Faes, directeur général d’Auvergne-Rhône-Alpes cinéma. En théorie, le refus des querelles de clochers explique la bonne santé de l’entreprise privée, devenue Auvergne-Rhône-Alpes cinéma depuis la fusion des régions de tutelles début 2016. Pourtant, la réalité demeure beaucoup plus complexe.

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L’enfance du 7e art

ECRANS | Année après année, le Festival du film court de Villeurbanne demeure LE refuge pour spectateurs avides de propositions cinématographiques inédites. La preuve (...)

Vincent Raymond | Mardi 15 novembre 2016

L’enfance du 7e art

Année après année, le Festival du film court de Villeurbanne demeure LE refuge pour spectateurs avides de propositions cinématographiques inédites. La preuve avec cette 37e édition, parcourue par un souffle de nouveautés, perceptible notamment dans les 44 films de sa compétition européenne — sa principale sélection —, et accentuée par une étonnante surreprésentation d’enfants. D’enfants à naître, dans le superbe court animé de Roshanak Roshan, Yalda où une Iranienne exilée révèle sa crainte de devenir mère, ou d’êtres infantilisés, à l’instar du protagoniste de Nabelschur. Signé par la prometteuse Eliza Petkova, ce film à la direction artistique impeccable montre un jeune homme garrotté par une mère mutique et possessive à l’amour odieusement destructeur. Renouveau allemand Observateurs, messagers, parfois dépositaires de secrets écrasants, les enfants entrent dans un monde terrifiant auquel ils ne sont pas préparés : la fillette kurde réfugiée chargée d’annoncer un diagnostic médical à sa mère de Il Silenzio, ou le môme découvrant que son père doit dém

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Le temple laïc de Villeurbanne

ESCAPADES | À l’orée des années 1920, le site actuel des Gratte-ciel n’est qu’une prairie et c’est ici que par la volonté du maire médecin et hygiéniste, Lazare (...)

Nadja Pobel | Mercredi 6 juillet 2016

Le temple laïc de Villeurbanne

À l’orée des années 1920, le site actuel des Gratte-ciel n’est qu’une prairie et c’est ici que par la volonté du maire médecin et hygiéniste, Lazare Goujon, se hissent de nouveaux bâtiments destinés à accueillir les ouvriers de la ville industrielle de Villeurbanne. Jusque-là, ils étaient au mieux logés dans le pré-carré de leur patron paternaliste (ce qui incitait les hommes à rester sobres et à ne pas se disperser pour mieux travailler) ou, au pire, dans des taudis. L’édile, lui-même fils d’un père manœuvre dans les usines métallurgiques de Schneider, croit en l’ascension sociale de ses administrés et leur concocte, avec les architectes Robert Giroud et Môrice Leroux, des bâtiments confortables disposant (fait rare à l’époque pour les cols bleus) du tout-à-l’égout, de l’eau courante et de l’électricité. Même s’il n’y a pas encore de douche (mais un robinet), les toilettes ne sont plus sur le palier. Pour parfaire cet ensemble, le Palais du travail dispose de lieux de réunion pour les syndicats, d’une piscine souterraine (toujours en service et destinée à l’époque à l’épanouissement corporel plus qu’au loisir) et d’un théâtre (le TNP actuel). Et aussi, d’une mairie. L

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À Villeurbanne : lire, pour grandir

CONNAITRE | Pas d’Invites cette année, mais la Fête du Livre est fort heureusement immuable à Villeurbanne ! Son passionné directeur Gérard Picot fera vivre la 17e édition de (...)

Nadja Pobel | Mardi 29 mars 2016

À Villeurbanne : lire, pour grandir

Pas d’Invites cette année, mais la Fête du Livre est fort heureusement immuable à Villeurbanne ! Son passionné directeur Gérard Picot fera vivre la 17e édition de cette manifestation qui irrigue les espaces publics de la ville et met à l’honneur cette année Claire Cantais. L’auteur-illustratrice a notamment publié (avec Delphine Beauvois) On n’est pas des poupées, sorte de Deuxième sexe à l’intention des enfants dès 4 ans. Où comment faire passer les premières notions de féminisme via la littérature jeunesse. Présente durant ce long week-end, Claire Cantais a aussi effectué, depuis octobre, un travail de terrain dans les écoles de la ville et répondu à cette volonté sans cesse renouvelée de la Fête du Livre de ne pas être seulement un festival sur un temps court. Transmettre le goût de lire Outre la traditionnelle librairie et les séances de dédicaces dans la salle Raphaël de Barros, Alice Zeniter, prix du livre Inter pour Sombre dimanche en 2013 et surtout auteur d’un formidable polar paru en septembre, Juste avant l’oubli, sera présente pour accompagner son spectacle musical Un ours, of course, ou comment

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My Zola is rich

ECRANS | Longtemps considéré comme le “petit dernier” des festivals du Zola, intercalé entre l’historique rendez-vous du film court et les vénérables Reflets du cinéma (...)

Vincent Raymond | Mardi 2 février 2016

My Zola is rich

Longtemps considéré comme le “petit dernier” des festivals du Zola, intercalé entre l’historique rendez-vous du film court et les vénérables Reflets du cinéma ibérique et latino-américain, le flegmatique Ciné O’Clock a poussé en silence, pour devenir au bout de deux décennies un must, à la programmation de plus en plus aiguisée. Remettant à l’affiche quelques productions marquantes de l’année (dont le documentaire Amy d’Asif Kapadia, prélude idéal au blind test musical le plus déluré du Commonwealth finement ouvragé par DJ Stéphane, ou Loin de la foule déchaînée, version Thomas Vinterberg), il accueille désormais un volume enviable d’avant-premières et d’inédits. Après Moon de Duncan Jones en 2014 ou Shaun le mouton en 2015, place en ouverture à The Lady in the Van de Nicholas Hytner (La Folie du roi George) avec l’increvable Maggie Smith, et en clôture, à Brooklyn (sélectionné pour l’Oscar) pour ne citer que ces échantillons. Au-delà de l’actualité, Ciné O’Clock effectue un précieux travail sur le patrimoine : en étroite

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Aux premiers de ces messieurs-dames !

ECRANS | Il faut avoir de l’endurance oculaire lorsque l’on appartient au comité de sélection villeurbannais : cette année, ces passionnés ont eu à se prononcer sur près (...)

Vincent Raymond | Mardi 10 novembre 2015

Aux premiers de ces messieurs-dames !

Il faut avoir de l’endurance oculaire lorsque l’on appartient au comité de sélection villeurbannais : cette année, ces passionnés ont eu à se prononcer sur près de 1 300 courts métrages inscrits en présélection dans la section principale, la compétition européenne. C’est donc la quintessence de la production 2014-2015 qui a été retenue, soit 38 œuvres réparties en 7 programmes — auxquelles s’ajoute un bonus : une "séance de rattrapage" offerte à 5 films à la lisière de la sélection, méritant d’être vus même s’ils ne concourent pas pour un prix. Beaucoup de films, mais surtout «plus de cinéma en compétition que les années précédentes précise Laurent Hugues, le directeur des festivals, car ce n’est pas la même chose. Faire du cinéma, c’est employer un langage spécifique pour raconter une histoire, pour la véhiculer et caractériser ses personnages.» Un langage, mais aussi plusieurs idiomes, pourrait-on compléter, tant grande est la diversité des formes rassemblées durant la dizaine festivalière : certes, le documentaire est absent et la fiction dominatrice, cependant que l’expérimental possède son représentant et l’animation compose le cinquième de la sé

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À l'URDLA, neuf histoires pour l'œil

ARTS | En 1929, quelques dissidents du surréalisme et ethnologues fondent la revue Documents, sous la direction de l'écrivain Georges Bataille. Pendant deux (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 13 octobre 2015

À l'URDLA, neuf histoires pour l'œil

En 1929, quelques dissidents du surréalisme et ethnologues fondent la revue Documents, sous la direction de l'écrivain Georges Bataille. Pendant deux ans et quinze numéros, elle accueillera les interventions de Michel Leiris, de Marcel Griaude, de l'historien de l'art Carl Einstein et de beaucoup d'autres. Pourquoi ce nom choisi par Bataille ? Parce qu'un document n'a a priori guère de valeur esthétique et que la revue s'opposait à un certain formalisme moderniste en vogue dans les années 1920 (et qui le reste ici ou là aujourd'hui). Elle s'opposait aussi à l'imaginaire et aux rêves chers à André Breton. «En ce sens écrit Denis Hollier, Documents n'est pas une revue surréaliste. C'est une revue agressivement réaliste... Documents ne veut ni l'imagination ni le possible. La photographie y prend la place du rêve. Et si la métaphore est la figure la plus active de la transposition surréaliste, le document en constitue la figure antagoniste, agressivement anti-métaphorique. Avec lui l'impossible, c'est-à-dire le réel, chasse le possible.» Il est amusant alors de découvrir à l'URDLA, centre d'art défendant souvent des artistes su

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Ils ne se rendront pas

ARTS | Très réussie, la nouvelle édition de Rendez-vous, rassemblant une vingtaine de jeunes artistes internationaux, porte cette année un nom bien paradoxal. (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 15 septembre 2015

Ils ne se rendront pas

Très réussie, la nouvelle édition de Rendez-vous, rassemblant une vingtaine de jeunes artistes internationaux, porte cette année un nom bien paradoxal. Plusieurs d'entre eux, en effet, lèvent le poing, grondent de colère, entonnent des chants de révolte ou d'énergie collective. «L'être humain se dresse, non pas contre le monde ou contre la nature, mais contre la fausseté, contre le mensonge, contre ce qui est caché, contre un vivre ensemble de plus en plus injuste» écrit Johann Rivat (né en 1981). Le peintre grenoblois s'inspire dans ses tableaux de scènes de révoltes urbaines ou des mouvements de contestation récents. Une sorte de nouveau romantisme brûle sur ses toiles, éclate en couleurs phosphorescentes parmi les fumées de gaz lacrymogènes, isole parfois un individu face au hors champ du pouvoir. L'ennemi est peu visible, l'objet du combat demeure inconnu, l'histoire ici est représentée avec une grande force plastique dans son "moment négatif", dans l'urgence du "non", la béance du cri... Ce cri se fait beaucoup plus mélodieux dans les vidéos de Lola Gonzalez (née en 1988 à Angoulême), e

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Rentrée cinéma : du côté des festivals

ECRANS | Si le festival Lumière ouvre le bal des festivals de l’automne, une cohorte de rendez-vous se pressera dans son sillage, célébrant toutes les (...)

Vincent Raymond | Mardi 1 septembre 2015

Rentrée cinéma : du côté des festivals

Si le festival Lumière ouvre le bal des festivals de l’automne, une cohorte de rendez-vous se pressera dans son sillage, célébrant toutes les formes de cinéma. Ça va aller vite, autant être prévenu. Lumière s’achèvera en effet avec l’ouverture des vacances de la Toussaint… et donc le lancement du festival Les Toiles des Mômes dans les salles du GRAC (du 17 octobre au 1er novembre). Dédié au jeune public, complété par des animations, ce rendez-vous autrefois baptisé Toiles des Gones prend du galon en dépassant les frontières de la Métropole. Aux mêmes dates, Ciné Filou sillonnera les Monts du Lyonnais. Le cinéma Les 400 Coups de Villefranche accueillera ensuite la 20e édition de ses Rencontres du Cinéma Francophone (du 9 au 15 novembre) avec son lot d’avant-premières présentées par leurs auteurs, précédant le doyen des festivals de l’agglomération, l’incontournable 36e Festival du film Court de Villeurbanne au Zola (13 au 22 novembre). Plus discret, mais pas moins intéressant, Sol'enFilms programmera (dans les salles du GRAC à nou

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Festival du film court de Villeurbanne : nos coups de cœur de la compétition (3)

ECRANS | On termine aujourd’hui notre petit tour de la compétition villeurbanaise avec quelques films qui brillent par leur originalité, et même un authentique (...)

Christophe Chabert | Jeudi 20 novembre 2014

Festival du film court de Villeurbanne : nos coups de cœur de la compétition (3)

On termine aujourd’hui notre petit tour de la compétition villeurbanaise avec quelques films qui brillent par leur originalité, et même un authentique chef-d’œuvre dont on se prend à rêver qu’il ira décrocher le Grand Prix samedi lors de la cérémonie de palmarès… Chat de Philippe Lasry n’en est pas un, de chef-d’œuvre, mais il est fortement recommandable. Son dispositif minimaliste — tout se déroule sur la scène d’un théâtre dans une institution pour handicapés mentaux — est assez séduisant : l’éducatrice incarnée par Corinne Masiero — meilleure ici que dans la plupart des longs dans lesquels elle s’est égarée depuis Louise Wimmer — demande à une jeune fille de raconter un souvenir qui lui inspire de la tristesse. Elle choisit le moment où elle a dû déménager et où ses parents ont décidé de donner son chat à un voisin. Puis l’éducatrice désigne d’autres participants à l’atelier pour monter sur scène et rejouer ce moment. Tandis que l’exercice s’enlise, l’ensemble du groupe se lance dans un moment de défoulement qui la renvoie à son propre passé douloureux. Explosion dont on ne sait si elle est de l’ordre de la cruauté ou de l’amusement spontané,

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Festival du film court de Villeurbanne : nos coups de cœur de la compétition (2)

ECRANS | Une des déceptions de cette compétition 2014, c’est la faiblesse des courts européens présentés, largement distancés par les films français, mais surtout (...)

Christophe Chabert | Jeudi 20 novembre 2014

Festival du film court de Villeurbanne : nos coups de cœur de la compétition (2)

Une des déceptions de cette compétition 2014, c’est la faiblesse des courts européens présentés, largement distancés par les films français, mais surtout francophones — comme on l’expliquera dans notre billet de demain. Un exemple : Safari de l’Espagnol Gerardo Herrero, qui sombre dans le mauvais goût le plus total en créant un suspens malsain et clipesque autour d’une tuerie façon Columbine. D’ordinaire, le court espagnol sait être mordant et caustique, mais dans ce cas, il n’est qu’un vain exercice de style d’un petit malin cherchant à choquer pour choquer. Il faut toujours une exception pour confirmer la règle : ce sera donc le Polonais Ocze Masz (qu’on peut traduire par La Fête des pères) qui, sans être aucunement révolutionnaire, tient plutôt correctement son programme doux-amer. Un chanteur punk vieillissant passe la nuit avec une groupie levée à la fin d’un concert et se réveille le matin avec la gueule de bois, la demoiselle dans le coma et son fiston sur les bras. C’est beaucoup pour un seul homme, surtout quand il a fait de l’absence de responsabilités une véritable éthique de vie. Il tente d’abord de refourguer le ga

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Festival du film court de Villeurbanne : nos coups de coeur de la compétition (1)

ECRANS | Avant d’entrer dans les détails de cette compétition 2014 du festival de Villeurbanne, une remarque liminaire : chaque festival de court-métrage possède son (...)

Christophe Chabert | Mercredi 19 novembre 2014

Festival du film court de Villeurbanne : nos coups de coeur de la compétition (1)

Avant d’entrer dans les détails de cette compétition 2014 du festival de Villeurbanne, une remarque liminaire : chaque festival de court-métrage possède son empreinte particulière, une certaine cohérence pour trier, parmi le millier de films reçus, ce qui constituera sa vitrine annuelle. Au fil des éditions, Villeurbanne dessine un goût pour le court où s’exprime une réelle maîtrise du cinéma, dans la manière de raconter une histoire ou de la mettre en scène visuellement à l’écran. Sur les 37 films présentés, quasiment aucun n’est pris en faute de goût, à l’exception, mais c’est presque inévitable, notamment dans le court français, du dialogue, pas toujours très crédible, et de la direction d’acteurs, parfois hasardeuse. Cette cohérence a son revers : le binge watching de la compétition entraîne assez vite une accoutumance à ce cinéma bien fait, bien produit, bien écrit et bien réalisé, qui laisse peu de place à l’imprévu et se contente souvent de traiter un sujet de façon assez conventionnelle. Ce sont, du coup, les œuvres les plus aventureuses qui tirent la couverture à elles, celles qui n’ont pas peur d’expérimenter et de déranger, refusant les récits bouclés ou bous

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Une belle brochette de courts…

CONNAITRE | Le festival du film court de Villeurbanne, manifestation phare du genre dans l’agglo, a commencé au Zola vendredi dernier et se poursuit jusqu’à dimanche. (...)

Christophe Chabert | Mardi 18 novembre 2014

Une belle brochette de courts…

Le festival du film court de Villeurbanne, manifestation phare du genre dans l’agglo, a commencé au Zola vendredi dernier et se poursuit jusqu’à dimanche. En plus de ses sections parallèles, c’est bien sûr sa compétition qui fera l’événement cette semaine, avec l’arrivée du jury et le palmarès samedi soir. Sur les trente-sept films présentés, une bonne douzaine vaut largement le déplacement, et on en parlera quotidiennement sur notre site web… Mais l’un d’entre eux est de ces chefs-d’œuvre qui éclipsent tous les autres. Il s’appelle La Part de l’ombre et est signé par Olivier Smolders, fabuleux cinéaste belge qui a construit une œuvre singulière puisqu’à l’exception d’un long resté hélas confidentiel, il n’a tourné que des courts. Son nouveau film se propose d’éclaircir, à partir d’une multitude de sources, l’énigme du photographe hongrois Oskar Benedek, dont la carrière sulfureuse et avant-gardiste a été interrompue par sa disparition mystérieuse en 1944. Smolders y trouve un nouveau prétexte pour explorer les puissances de l’image et son rapport à la mort, ici conçue comme un effacement progressif du vivant. Une œuvre-choc et hantée, dont on n

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Villeurbanne de l’autre côté du miroir

CONNAITRE | Et si la folie (médiatique, politique) de ces dernières semaines quittait le réel pour revenir à sa place, dans l’imaginaire de la littérature ? En choisissant (...)

Nadja Pobel | Mardi 8 avril 2014

Villeurbanne de l’autre côté du miroir

Et si la folie (médiatique, politique) de ces dernières semaines quittait le réel pour revenir à sa place, dans l’imaginaire de la littérature ? En choisissant le thème "Soyons fous !" pour sa quinzième édition, la précieuse Fête du livre jeunesse de Villeurbanne (qui se déploie dans toute la ville du 9 au 13 avril) promet de faire croire en l’impossible, à l’image de son invité d’honneur, Gilbert Legrand, sculpteur et plasticien qui imagine des personnages-objets aussi amusants que bien pensés : une hache devient un canard grognon, un pinceau un hérisson, une paire de ciseaux un couple enlacé... Compilées chez Sarbacane, ces créations sont à voir, au naturel ou en photo, à la MLIS durant un mois (jusqu’au 26 avril). L’artiste a aussi passé du temps à travailler avec les habitants du quartier de Cyprian-Les Brosses, la Fête du livre jeunesse étant tout sauf un saupoudrage tous azimuts. Au contraire, c'est tout au long de l'année qu'elle se construit avec les Villeurbannais, sous l'égide de son vaillant directeur et fondateur

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Festival du film court de Villeurbanne : Compétition, partie 2

ECRANS | Il y a des films qui, dans une compétition festivalière, ne font pas de prisonniers et écrasent tout sur leur passage. The Mass of men, chef-d’œuvre de (...)

Christophe Chabert | Samedi 23 novembre 2013

Festival du film court de Villeurbanne : Compétition, partie 2

Il y a des films qui, dans une compétition festivalière, ne font pas de prisonniers et écrasent tout sur leur passage. The Mass of men, chef-d’œuvre de Gabriel Gauchet dont on parlait ici, a déjà raflé des grands prix à tire-larigot, à Locarno, Grenoble, Grenade, etc. Le film n’a pourtant rien d’une bête à concours ; il représente juste ce que tout court-métrage devrait être : un regard sur le monde qui tient autant à la qualité d’une écriture, à la maîtrise de la direction d’acteurs et à des choix de mise en scène qui permettent au spectateur de vivre l’action mais aussi de la décoder et de la mettre en perspective. À l’aune de The Mass of men, les faiblesses de ses concurrents apparaissent criantes : tel cinéaste se regarde filmer, tel autre a un sujet, mais le décline scolairement à l’écran ; et celui-ci, qui n’a pas écrit des dialogues suffisamment pensés pour ses acteurs, et qui se retrouve à galérer pour les rendre cinématographiques… Qu’on soit clair, dans la compétition de Villeurbanne, si aucun f

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Festival du film court de Villeurbanne : Compétition, partie 1

ECRANS | Bon cru, annoncions-nous ici il y a quelques jours concernant la compétition européenne du festival du film court de Villeurbanne… Ça a tendance à se (...)

Christophe Chabert | Vendredi 22 novembre 2013

Festival du film court de Villeurbanne : Compétition, partie 1

Bon cru, annoncions-nous ici il y a quelques jours concernant la compétition européenne du festival du film court de Villeurbanne… Ça a tendance à se confirmer même si, après quatre programmes visionnés, il ne fait pas de doute que nos chouchous découverts dans d’autres festivals continuent tranquillement la course en tête : Avant que de tout perdre et L’Amour bègue — The Mass of men et Solitudes seront présentés aujourd’hui. Animations Commençons par ce qui fâche : on se demande, année après année, pourquoi le festival programme autant de films d’animations dans sa compétition. On n’a rien contre le genre en soi, mais il paraît évident que les films retenus ont l’air maigrichons face aux mastodontes de la fiction en prises de vue réelles. Exemple extrême : Snejinka (Flocon), dessin animé russe au-delà du naïf, avec son exotisme africain de pacotille façon sous-Kirikou. Ou enc

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Le court des choses

ECRANS | Depuis que le festival du film court de Villeurbanne a fusionné ses compétitions francophone et européenne, cette épine dorsale de sa programmation a trouvé une (...)

Christophe Chabert | Jeudi 14 novembre 2013

Le court des choses

Depuis que le festival du film court de Villeurbanne a fusionné ses compétitions francophone et européenne, cette épine dorsale de sa programmation a trouvé une nouvelle ampleur. Ce qui frappe cependant pour cette 34e édition, c’est que les films eux-mêmes semblent traverser les frontières, et il n’est pas rare de voir un cinéaste français tourner en Angleterre ou en Afrique du Sud… Une mondialisation qui se retrouve aussi dans les sujets abordés, où l’immigration et les conséquences de la crise économique forment le background de nombreuses fictions. Cette façon de prendre le pouls d’une époque n’a vraiment rien d’inattendu et serait même anecdotique si les films ne cherchaient pas avant tout de nouvelles formes pour traiter leur sujet. C’est particulièrement frappant dans The Mass of men de Gabriel Gauchet, un véritable chef-d’œuvre qui fait déjà figure de favori pour le palmarès final. Gauchet met d’abord en scène un fait divers sanglant, un massacre au pistolet à clous dans un Pôle emploi britannique, qu’il regarde à travers les images froides des caméras de survei

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Des Grecs et une Parmentier

ECRANS | C’est le début cette semaine de l’incontournable Festival du film court de Villeurbanne au Zola, qui s’annonce cette année comme un excellent cru. On dit ça (...)

Christophe Chabert | Mercredi 6 novembre 2013

Des Grecs et une Parmentier

C’est le début cette semaine de l’incontournable Festival du film court de Villeurbanne au Zola, qui s’annonce cette année comme un excellent cru. On dit ça car on a déjà jeté un œil à certains films de sa compétition européenne, et il y a de sacrés morceaux de cinéma là-dedans. On y reviendra en détail la semaine prochaine — le festival continue jusqu’au 24 novembre — mais il ne faudrait pas négliger les belles séances de cette semaine, à commencer par la carte blanche proposée à Julie-Marie Parmentier (vendredi 15 novembre à 21h), marraine et membre du jury de cette 34e édition, qui a fait de grands écarts de programmation, entre un court muet de Chaplin (Charlot boxeur) et un autre, absolument rarissime, de Takeshi Kitano, One fine day. Surtout, elle y a adjoint un court long métrage (64 minutes) de son amie Isild Le Besco, Demi-tarif. À l’époque, ce film hors norme et hors format avait trouvé un défenseur de choix en la personne du regretté Chris Marker, qui avait vu dans cette dérive de trois enfants livrés à eux-mêmes un souffle nouveau pour le cinéma français — confirmé par Le Besco ensuite dans ses deux a

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Maisons pleines

ARTS | Habiter une maison neuve ? Un rêve pour 74 % des français selon une enquête Ipsos affichée au Rize. Être propriétaire d’une maison ? Un souhait pour 89 % de nos (...)

Nadja Pobel | Jeudi 7 mars 2013

Maisons pleines

Habiter une maison neuve ? Un rêve pour 74 % des français selon une enquête Ipsos affichée au Rize. Être propriétaire d’une maison ? Un souhait pour 89 % de nos concitoyens. Si le précédent Président de la République a tout fait pour exaucer ce désir de possession en le considérant comme une évidence, le Rize montre une autre toute autre réalité de la propriété. Car derrière ces chiffres, l’exposition Des maisons à Villeurbanne se bâtit, comme souvent dans ce lieu dédié aux «mémoires, cultures, échanges», sur la parole des habitants. Patrons versus élus Suivant une trame plus ou moins chronologique et au gré de neuf petites reproductions colorées, l'expo montre clairement que ce mode de logement (qui concerne aujourd’hui seulement 7% des Villeurbannais) a un sens profond. Car tout dans cette ville est corollaire à l’industrialisation. Ainsi, les patrons se sont emparés très tôt (dans les années 1880) du logement individuel pour mieux encadrer voire contrôler leurs ouvriers via un habitat imitant la hiérarchie de l’entreprise - logement c

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Le court, mort ou vif

ECRANS | L’an dernier, c’était le big bang du passage au numérique qui avait bousculé le festival du film court de Villeurbanne. Il avait donc assisté à un déluge de (...)

Christophe Chabert | Dimanche 11 novembre 2012

Le court, mort ou vif

L’an dernier, c’était le big bang du passage au numérique qui avait bousculé le festival du film court de Villeurbanne. Il avait donc assisté à un déluge de films pour sa présélection, sans pour autant voir la qualité moyenne augmenter — au contraire, foi de Laurent Hugues, vaillant directeur et membre du comité de sélection. On pouvait penser que cette révolution (solaire) passée, le festival allait retrouver son rythme de croisière et profiter de l’aubaine nouvelle née d’une technologie qui a quand même beaucoup d’avantages (à commencer par une plus simple "circulation" des copies, et une facilité pour sous-titrer les œuvres non francophones). Patatras ! Voilà qu’à l’âge du Christ au tombeau, la manifestation, comme beaucoup d’autres festivals de cinéma rhodaniens, se retrouve amputée de sa subvention allouée par le Conseil Général. La vie n’est décidément pas un long fleuve tranquille pour Villeurbanne, mais plutôt que de jouer les veuves siciliennes, le festival a décidé d’aller de l’avant en fusionnant une fois pour toutes ses deux compétitions, francophones et européennes, donnant naissance à six programmes mélangeant les films indifféremment de leur provenance géo

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«Un piédestal pour les acteurs»

ECRANS | American football est votre premier court…Morgan Simon : Pas tout à fait. C’est le premier avec un vrai budget. J’ai fait la FEMIS à Paris, en section (...)

Christophe Chabert | Vendredi 9 novembre 2012

«Un piédestal pour les acteurs»

American football est votre premier court…Morgan Simon : Pas tout à fait. C’est le premier avec un vrai budget. J’ai fait la FEMIS à Paris, en section scénario, j’ai tourné des films avec l’école et à côté, dans toutes sortes de formats. Disons que c’est le premier court professionnel. Le film est un boy meets girl classique mais inscrit dans un milieu inédit, celui du hardcore, avec des personnages très originaux… Qu’est-ce qui est venu en premier ?J’écoutais beaucoup ce genre de musique, bien avant de m’intéresser au cinéma, et j’ai eu envie d’en parler, de la fascination pour ce milieu, pour les tatouages. Le film était censé mélanger un côté très cinéma français et un côté plus film indépendant américain, de part ce milieu décalé. Le scénario n’était pas centré sur l’histoire d’amour au début, mais le personnage de la fille est devenu de plus en plus important ; j’ai fait le choix d’aller dans cette direction. Je trouvais intéressant de parler de ce milieu par le biais de la comédie sentimentale, plutôt que de faire un film frontal sur le sujet. On pense

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Invites à l'envie

CONNAITRE | Commençons par la (super)star : Didier Super et sa désormais célèbre – bien que non encore joué à Broadway, sans doute pour d'obscures histoires de contrats – (...)

Stéphane Duchêne | Jeudi 14 juin 2012

Invites à l'envie

Commençons par la (super)star : Didier Super et sa désormais célèbre – bien que non encore joué à Broadway, sans doute pour d'obscures histoires de contrats – comédie musicale, sobrement intitulée Didier Super La Comédie Musicale! (Et si Didier Super était la réincarnation du Christ ?). Où il est question de milliardaire dépressif, de témoins de Jéhovah, d'un président de la République déprimé et de cascades en BMX. Quelque chose nous dit que la proximité géographique entre le Nordiste et la compagnie belge Les Royales Marionnettes n'est pas pour rien dans la foutraquerie annoncée du spectacle Et ta sœur ? : où un, entre autres, vice-champion de lancer de crotte de nez affronte sa sœur spécialiste du perçage de tympans. Guère moins fantaisiste, L'Éléphant vert, avec son «théâtre d'intervention déambulatoire» mettant en scène, dans Le Meilleur Ami de l'homme, des Homme-chiens. Corps Migrateurs Il y a aussi des noms étranges, comme La Clique sur la Mer et son Orphéon sur la Ville, un sextet, qui nous promet des valses felliniennes. Des noms plus

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À brut pourpoint

SCENES | Même menacé d’expulsion – après résiliation du bail par les propriétaires des locaux le 31 décembre 2011, l’association Théâtre et Compagnie de l’Iris occupe les (...)

Nadja Pobel | Jeudi 24 mai 2012

À brut pourpoint

Même menacé d’expulsion – après résiliation du bail par les propriétaires des locaux le 31 décembre 2011, l’association Théâtre et Compagnie de l’Iris occupe les murs «à titre précaire» -, le Théâtre de l’Iris poursuit inlassablement son travail de défrichage du théâtre contemporain. Pour la douzième année consécutive, le festival Brut de fabrique (jusqu’au samedi 2 juin) permet de découvrir le travail d’amateurs (issus d’ateliers de centres sociaux ou en collèges), d’apprentis (élèves de l’école nationale de musique, danse et art dramatique de Villeurbanne) ou de professionnels (comme Sylvain Bolle-Rédat). Chaque soir, c’est une double ration qui est au menu, à 19 heures puis à 21 heures, avec des textes contemporains (Alessandro Baricco pour Transatlantique Atlas) ou classiques (Feydeau avec Couples d’enfer) pour la modique somme 8€, un tarif inchangé depuis des lustres ! Outre le théâtre, le festival s’ouvre également à la musique avec des déclinaisons poético-musicale comme Le Désir de l’humain, concert-spectacle d’après les c

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Participez au projet Jumelages du Rize de Villeurbanne

ARTS | Si vous ou votre enfant êtes nés à l’une des dates suivantes, contactez le Rize de Villeurbanne  et participez au projet Jumelages en vous faisant (...)

Dorotée Aznar | Vendredi 17 février 2012

Participez au projet Jumelages du Rize de Villeurbanne

Si vous ou votre enfant êtes nés à l’une des dates suivantes, contactez le Rize de Villeurbanne  et participez au projet Jumelages en vous faisant photographier. Votre photo sera exposée à côté de celle de votre « jumeau », à partir de mars au Rize.  4 novembre 195523 décembre 196918 mars 197211 juin 197212 avril 198228 février 20048 août 200413 juin 2009   Depuis le 27 octobre 2011, Villeurbanne est jumelée à la ville algérienne El Eulma. La série de photographies « Jumelages » se propose de réunir les portraits des habitants des deux villes nés le même jour. S’appropriant la notion de jumelage, le photographe François Diot créé une passerelle photographique étonnante entre les deux villes et tisse des liens entre les habitants « pour reconnaître dans l’étranger le semblable différent ». Cette exposition accompagne aussi la programmation du Rize de la même période qui évoquera les relations entre la France et l’Algérie pendant et depuis la Guerre

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Digitalisation en courts

CONNAITRE | Annoncée depuis des années, accélérée par la conversion des salles à la projection numérique, le Festival du film court de Villeurbanne va vivre, pour sa (...)

Dorotée Aznar | Mercredi 9 novembre 2011

Digitalisation en courts

Annoncée depuis des années, accélérée par la conversion des salles à la projection numérique, le Festival du film court de Villeurbanne va vivre, pour sa 32e édition, sa révolution numérique. Car jusqu’ici seuls les films possédant une copie 35 mm avaient le droit de concourir au sein de la compétition française et francophone. La première conséquence a été l’inflation considérable du nombre d’œuvres présentées au comité de sélection : 800 au lieu des 400 des éditions précédentes. Laurent Hugues, directeur du festival, avait eu beau tenter d’endiguer cette explosion en la limitant aux supports vidéos professionnels et aux films possédant une société de production, rien n’y a fait : la démocratisation numérique et l’auto-entreprise permettent à beaucoup d’amateurs de s’improviser cinéastes. Au final, ce même Laurent Hugues nous avouait que la physionomie de la compétition n’allait pas être affectée par ce boum ; les critères du comité tablent toujours sur l’originalité du regard et de la proposition cinématographique, qui n’a rien à voir avec les conditions de production. Comme un symbole, le gagnant du Grand Prix 2010, Aurélien Vernhes-Lermusiaux, revient en compétition en 2011

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Le Palais du travail

ARTS | Autres lieux / La Ville de Villeurbanne a de la suite dans les idées. Pendant que le TNP flambant neuf va être inauguré ce week-end du 11 novembre, le Rize, (...)

Nadja Pobel | Vendredi 4 novembre 2011

Le Palais du travail

Autres lieux / La Ville de Villeurbanne a de la suite dans les idées. Pendant que le TNP flambant neuf va être inauguré ce week-end du 11 novembre, le Rize, espace culturel “mémoires et société”, rappelle dans une sobre et belle exposition (jusqu’au 25 février) que ce lieu ne fut pas qu’un théâtre mais un Palais du travail aux multiples fonctions né en 1934 en même temps que les Gratte-ciels et la colossale mairie. Vaste projet architectural, proche des maisons du peuple (celles de Pierre-Bénite et Vénissieux voient le jour en 1934 aussi), le Palais du travail répond aux idées politiques claires du maire Lazare-Goujon : offrir un lieu pratique et festif aux ouvriers et développer l’éducation populaire. Dans ce bâtiment, construit selon les plans de Morice Leroux, se trouvent donc un dispensaire hygiéniste (pour faciliter l’accès aux soins), une salle de spectacle (des opérettes essentiellement), une brasserie, des bureaux pour les syndicats et même une piscine au sous-sol qui existent toujours. D’admirables photos noir et blanc, des plans, des affiches bigarrées de spectacles et des extraits vidéo de pièces retracent cette fascinante

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L’art populaire du théâtre

ACTUS | Il y a plusieurs histoires du Théâtre National Populaire. Celle de cette appellation-même née à Paris au Trocadéro et confiée à Firmin Gémier, acteur et metteur en (...)

Nadja Pobel | Vendredi 4 novembre 2011

L’art populaire du théâtre

Il y a plusieurs histoires du Théâtre National Populaire. Celle de cette appellation-même née à Paris au Trocadéro et confiée à Firmin Gémier, acteur et metteur en scène. Au sortir de la guerre, après bien des changements de noms, le TNP est aussi l’histoire de Jean Vilar, qui en prend la direction de 1951 à 1963, toujours à Chaillot, puis de Bob Wilson. Parallèlement, à Lyon, un jeune metteur en scène-acteur-auteur crée le théâtre de la Comédie en 1952 (aujourd'hui théâtre des Marronniers). Rapidement à l’étroit dans cette salle de cent places, il veut plus grand mais Lyon ne lui offre rien (Pradel est moins accommodant qu’Herriot) et c’est chez le voisin villeurbannais qu’il trouve hospitalité. Le maire Étienne Gagnaire lui permet de diriger (à 26 ans !) le Théâtre municipal de la Cité. Contrairement à ses missions, Roger Planchon ne poursuit pas la programmation d’opérettes, mais continue à faire ses spectacles dans un lieu de mille places au cœur du Palais du travail. En quinze ans, après avoir monté des classiques, des contemporains (Vinaver dès son premier texte, Aujourd’hui ou les coréens), après des anicroches avec le maire SFIO qui prend Planchon pour un «g

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Free Rock

MUSIQUES | Musique / Avec les années, à force de se figurer un festival «pas pareil», en plus d'être gratuit, on avait presque oublié que les Invites étaient également un (...)

Stéphane Duchêne | Jeudi 9 juin 2011

Free Rock

Musique / Avec les années, à force de se figurer un festival «pas pareil», en plus d'être gratuit, on avait presque oublié que les Invites étaient également un événement musical. La faute à une programmation plus aussi folichonne que par le passé. Le festival villeurbannais nous rappelle pourtant cette année à cette vérité avec de quoi satisfaire ceux que le spectacle de rue laisse un peu à la rue justement (il y en a). C'est donc un programme musical tout à fait goûtu que nous a pondu les Invites, entre valeurs sûres, exigence artistique et folie propre à la jeunesse. On vérifiera ainsi que pour être Raides, les Têtes qu'on connaît bien ne sont pas mortes. Ou que l'on peut aujourd'hui en 2011, mélanger le punk hollandais d'avant garde et le jazz éthiopien, comme le font régulièrement The Ex et Getatchew Mekuria, au risque de faire bondir les Claude Guéant de la police culturelle. Même si l'on a oublié les éphémères Quadricolor, terrible concept mort-né dans le cerveau malade de l'inénarrable Bruno Vandelli de feu-Pop Stars sur M6, on n'en goûtera pas moins la pop tordue du groupe éponyme (sans doute un hommage) : un quatuor de fieffés niçois en proie au foisonnement

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La Belle industrieuse

ARTS | Expo / Après avoir recueilli les témoignages et les musiques des Villeurbannais dans deux expositions remarquables (Les Chants spiraliques et Musiques !), (...)

Nadja Pobel | Jeudi 14 avril 2011

La Belle industrieuse

Expo / Après avoir recueilli les témoignages et les musiques des Villeurbannais dans deux expositions remarquables (Les Chants spiraliques et Musiques !), le Rize dévoile désormais l'histoire de la ville de Villeurbanne. Dans un dispositif très simple de trois box couvrant chacun quelques décennies entre 1852 et aujourd'hui, cette nouvelle présentation, plus didactique que les précédentes, n'en demeure pas moins émouvante, car elle mêle finement l'histoire des habitants à celle des progrès technologiques qui ont fait et défait l'aventure manufacturière de cette cité. Villeurbanne s'est en effet développée grâce à l'essor industriel dans la deuxième moitié du XIXe siècle (avec notamment la construction du canal de Jonage, toujours en activité). La population double alors tous les vingt ans et Lazare Goujon, maire et médecin, cherche à améliorer les conditions de vie de ses administrés. Ainsi, au milieu de nulle part, sur une prairie, il invente un nouveau centre urbain, résolument moderne et inspiré de New York : les Grattes-ciels (1931) qui font encore la fierté et l'originalité de cette ville. C'est une bouffée d'air frais car, par ailleurs, la ville lutte contre la pollutions

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L'île aux grands enfants

CONNAITRE | Non, la Fête du livre jeunesse n'est pas interdite aux adultes. Déjà parce que s'y déploie, de débats sérieux (en tête ceux consacrés au tabou de l'homosexualité et à (...)

Dorotée Aznar | Vendredi 8 avril 2011

L'île aux grands enfants

Non, la Fête du livre jeunesse n'est pas interdite aux adultes. Déjà parce que s'y déploie, de débats sérieux (en tête ceux consacrés au tabou de l'homosexualité et à la parité dans l'édition) en expositions ciblées (de l'art postal à la place du corps dans les jeux), le B.A.-BA des salons littéraires. Surtout, il faut avoir conscience que le temps où la production dédiée aux lecteurs pré-pubères se résumait à des mascottes neuneus et des récits suintant de bons sentiments est largement révolu. Il suffit de se pencher sur le cast des invités pour s'en convaincre. Du côté des écrivains, on notera en particulier la présence de Jeanne Benameur, qui vient de signer avec Les Insurrections singulières (Actes Sud), portrait d'un ouvrier en pleine crise existentielle, un magnifique roman de révolte. Chez les illustrateurs, on ne manquera pas de jeter un œil aux pétillants gribouillis de Carole Chaix, aux acryliques veloutées de Nicolas Duffaut et aux estampes tridimensionnelles de Zhihong He. Enfin, dans la case BD, l'événement réside dans la venue du surdoué du mouvement Bastien Vivès, dernièrement auteur de Polina (Casterman), élégante et émouvante chronique de l’ascension d'une danseuse

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De l’amour (propre)

ECRANS | Bilan / Avant le début du festival du film court de Villeurbanne, Laurent Hugues, son directeur, parlait d’une compétition française «hétérogène dans sa forme» (...)

Christophe Chabert | Lundi 29 novembre 2010

De l’amour (propre)

Bilan / Avant le début du festival du film court de Villeurbanne, Laurent Hugues, son directeur, parlait d’une compétition française «hétérogène dans sa forme» : il n’avait pas tort, tant les films se ressemblaient peu entre eux. À leur meilleur, les films offraient des propositions qui, sans être foncièrement originales, témoignaient d’une maîtrise du récit ou de la mise en scène qui les plaçaient bien au-deçà d’un coup d’essai. Ainsi de "Ya basta !" de Gustave Kervern et Sébastien Rost (Prix du public), une réjouissante comédie rentre-dedans sur des handicapés qui utilisent leurs «talents» pour commettre un casse. Moins expérimental que les réalisations de Kervern dans le long, le film tient toutefois son objectif : faire rire sans se poser des questions de morale, les remplaçant par un humanisme cru façon frères Farelly. Autre beau film du festival, "Petit tailleur" de Louis Garrel (Prix Petit Bulletin) se lit comme une transposition fictionnelle de la situation de son auteur. L’hésitation d’Arthur entre son travail de tailleur et sa rencontre avec Marie-Julie, actrice caractérielle, est aussi celle de Garrel, entre son statut de cinéaste héritier d’un cinéma très français (l

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Courts d’ici

ECRANS | Local / Chaque année, le festival du film court de Villeurbanne laisse une place aux films tournés dans la région par de jeunes cinéastes. Si cette production (...)

Christophe Chabert | Jeudi 11 novembre 2010

Courts d’ici

Local / Chaque année, le festival du film court de Villeurbanne laisse une place aux films tournés dans la région par de jeunes cinéastes. Si cette production s’infiltre pour cette édition dans la compétition française et francophone avec trois films sélectionnés, Le Court en Rhône-Alpes se charge d’accueillir les recalés ou les films ne disposant pas d’une copie 35mm. C’est le cas notamment du très prometteur "Onze repas" de Louise Hémon, qui a lui seul justifie que l’on aille jeter un œil au programme. Cette jeune réalisatrice est partie d’une douloureuse anecdote autobiographique : le suicide d’une de ses amies anorexiques. La réussite de "Onze repas" tient cependant à ce qu’Hémon n’a pas cherché à en faire un film à sujet, mais à inventer une écriture cinématographique originale et pertinente pour représenter le drame vécu par cette post-adolescente, incarnée à l’écran de manière très convaincante et par Thiodilde Fernagu. Au-delà des séquences quotidiennes, Hémon filme les cérémoniaux qui remplacent les repas, le moment où seule avec elle-même, le personnage se transforme en une masse d’énergie vitale, d’angoisses et de rêveries que la cinéaste saisit comme un corps libre,

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Brèves histoires d’amour

ECRANS | La facilité pousserait à dire qu’un festival de court-métrage est un reflet des tendances et des réalités de la production ; trop simple, cependant. Car un (...)

Christophe Chabert | Jeudi 11 novembre 2010

Brèves histoires d’amour

La facilité pousserait à dire qu’un festival de court-métrage est un reflet des tendances et des réalités de la production ; trop simple, cependant. Car un festival se construit aussi en réaction aux scories les plus voyants et aux modes les plus apparentes qui envahissent le genre. Un rapide coup d’œil dans le rétro des dix dernières éditions du festival du film court de Villeurbanne en témoigne : quand les cinéastes s’intéressaient au réalisme social, Villeurbanne tentait des embardées vers le cinéma de genre ; quand les comédies occupaient l’espace au prix d’une certaine médiocrité d’écriture et de mise en scène, le festival faisait le choix de l’austérité et de l’audace formelle ; lorsqu’à l’inverse cette austérité a viré pontifiante, la programmation a ouvert ses portes à des films ludiques, drôles et légers. On en était resté là l’an dernier, et même si le Grand prix (commun, rappelons-le pour la frime, avec le prix attribué par nos lecteurs) attribué à "Corpus / Corpus" n’était pas exactement un parangon de gaudriole, les diverses compétitions avaient été marquées par un retour à des œuvres moins radicales (exemplairement, "Logorama", l’autre grand gagnant de 2009, a fait

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«Une compétition hétérogène»

ECRANS | Petit Bulletin : La compétition française et francophone s’annonce relevée cette année…Laurent Hugues : Oui, mais c’est assez hétérogène dans la forme. Par (...)

Christophe Chabert | Jeudi 11 novembre 2010

«Une compétition hétérogène»

Petit Bulletin : La compétition française et francophone s’annonce relevée cette année…Laurent Hugues : Oui, mais c’est assez hétérogène dans la forme. Par exemple, d’un côté, le dernier Hendrick Dussolier, "Babel", qui est une vision très esthétique de la Chine entre son urbanité et sa ruralité ; de l’autre, "Petit tailleur" de Louis Garrel, qui est ce qu’on a trouvé de plus maîtrisé, de mieux écrit dans le court métrage. Il y a aussi "Ya basta" de Kervern, qui a déjà fait du long, et qui est une bonne synthèse de ce qui peut amener le public au court. Ça dure dix minutes, c’est équilibré, il raconte une bonne histoire avec des personnages qui existent. Ne sort-on pas de l’image du court comme un coup d’essai ?Le film de Garrel n’est pas un coup d’essai ; beaucoup de longs français sont moins bien produits, moins bien montés que ce court-là. Mais il y a aussi un type comme Jean-Gabriel Périot, qui n’est pas très connu car il vient plutôt d’un réseau alternatif. Il revient avec un film qui s’intitule "Les Barbares" : c’est une succession d’images des grands de ce monde pris dans des photos o

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Pas vus, pas de prix

MUSIQUES | Musique / En dépit d'une place de plus en plus importante accordée à ce qu'on nomme communément les arts de la rue, les Invites met chaque année un point (...)

Dorotée Aznar | Vendredi 11 juin 2010

Pas vus, pas de prix

Musique / En dépit d'une place de plus en plus importante accordée à ce qu'on nomme communément les arts de la rue, les Invites met chaque année un point d'honneur à ne pas s'engager pour autant dans une impasse musicale. Surtout qu'on y a vu du beau monde, aux Invites. Oui, mais voilà : quand on est à la tête d'un événement gratuit et qu'on ne peut compter sur une billetterie à 50 euros (pour être poli), difficile de se payer Lady Gaga (exemple non contractuel). Ce qui n'est pas plus mal dans la mesure où, aux Invites, on lui préfère des gens plus discrets qui ne portent pas de soutiens-gorge en forme de mitraillette ou de Cathédrale de Reims. C'est que, événement populaire oblige, il ne s'agit pas de faire peur aux enfants mais de proposer une programmation capable de toucher le plus grand nombre en restant artistiquement exigeante. Pas ramenard, le festival pas pareil opte donc, à l'exception du vétéran Sanseverino, pour la découverte, le «pas (encore) vu ailleurs». Alors oui, certes, on rétorquera que Piers Faccini ou Slow Joe ont tous deux dormi (et même chanté) à Lyon ces derniers mois. Mais, si l'on était moins égoïste, on dirait que la gratuité et l'esprit du festival perme

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Le banco BLK JKS

MUSIQUES | Alors que les yeux de la planète foot sont tournés vers l’Afrique du Sud, Les Invites reçoivent la visite d’un groupe qui a révélé au monde, avec son premier (...)

Christophe Chabert | Jeudi 10 juin 2010

Le banco BLK JKS

Alors que les yeux de la planète foot sont tournés vers l’Afrique du Sud, Les Invites reçoivent la visite d’un groupe qui a révélé au monde, avec son premier album "After robots", que le rock sud-africain était une réalité. On avait déjà fait connaissance avec le rap de Johannesbourg et l’électro du Cap ; on pouvait même, depuis quelques temps, se plonger dans l’histoire du rock psychédélique et du funk de Soweto grâce aux excellentes compilations "Next stop Soweto". Les quatre membres de BLK JKS (prononcez Black Jacks) semblent avoir digéré tout cela et produisent une musique reposant sur une énergie rock, même si leurs chansons ont peu à voir avec les tubes calibrés de Gossip. BLK JKS joue à tous les niveaux la carte du mélange : d’abord des langues, puisque l’anglais y rencontre un des nombreux dialectes officiels sud-africains ; ensuite dans les structures des morceaux, au cours sinueux, où les crêtes et les creux remplacent les couplets et les refrains, ménageant ainsi une grisante sensation de tempête et d’accalmie — à ce titre, l’excellent "Banna Ba Modimo" fait figure de manifeste. On peut même voir se profiler, dans les chœurs qui accompagnent Lakeside, autre morceau phare

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