Wauquiez et la culture : c'est compliqué (bis)

Covid-19 | Laurent Wauquiez est passé à deux doigts de se remettre l'ensemble du monde culturel à dos. Il est retombé lundi, à peu près, sur ses pattes. Mais comment a-t-il fait pour glisser ainsi sur une peau de banane, après des semaines de mesures concrètes et de com' massive pour s'instaurer en "sauveur" du milieu culturel post-Covid ? On vous raconte.

Sébastien Broquet | Mercredi 9 septembre 2020

Photo : © Michel Pérès / Région Auvergne-Rhône-Alpes


Dès le début du confinement, la vice-présidente à la Culture Florence Verney-Carron capte l'ampleur de la crise à venir dans son secteur et mobilise ses services. Son président joue le jeu et la com' se met en branle : étonnement dans les milieux culturels, mais c'est bel et bien la Région qui s'affirme comme moteur de l'aide au secteur — avec une communication au cordeau, comme tout au long de la crise. Début mai, Laurent Wauquiez annonce 32 M€ d'aides au secteur culturel. Une élue de gauche nous confie alors : « ça me fait mal de le dire, mais faut avouer qu'ils font le boulot. » C'est d'autant plus flagrant que l'État est alors à la ramasse sur le sujet. Tout n'est pas parfait, certains producteurs pointent la faiblesse du montant maximum de l'aide, mais d'autres lieux non subventionnés apprécient a contrario l'aide exceptionnelle. Surtout, personne n'attendait Laurent Wauquiez sur ce terrain.

Et patatras. En pleine déprime générale après des mois de fermeture pour certains lieux, sans débat contradictoire, sans assemblée plénière, ni réunion de la commission culture, de très nombreuses associations culturelles ont reçu le 15 juillet un courrier émanant de la Région Auvergne-Rhône-Alpes (que nous nous sommes procuré) stipulant que 60% de leurs subventions prévues seraient versées comme prévues.... Mais que pour le reste, désormais, « le bénéficiaire devait justifier de dépenses à hauteur du montant du forfait ». Soit, fournir la preuve d'une activité et de dépenses que plus personne n'a pour cause de crise. Stupeur, inquiétude, colère : chacun réagit à sa façon. Le directeur d'un des plus gros festivals du coin nous lâche dépité : « au point où on en est... » L'incompréhension règne, d'autant qu'aucune explication n'est alors apportée.

Peur

Le metteur en scène Emmanuel Meirieu s'insurge fin juillet : « les 40% restants ne seront jamais versés, ce n'est pas vrai car il faudra fournir un nouveau budget prévisionnel. Le fait est que je touche aujourd'hui 12 000€ sur les 20 0000€ prévus. Le reste, c'est de l'enrobage politique. » La peur pour beaucoup est que la Région parte ensuite sur cette base de 60% pour les conventions futures.

Même constat pour une compagnie de danse grenobloise sidérée par ce courrier : « c'est hallucinant. Pendant le confinement, nous avons eu des réunions avec la DRAC et la Région qui nous ont assuré du bon fonctionnement. Nous n'étions pas inquiets. Jamais nous n'imaginions que les montants annuels de conventionnement sur trois ans soient remis en cause ». Dans un collectif isérois, c'est la stupeur aussi : « c'est inquiétant car en avril ce n'était pas du tout le discours officiel.»

Cela survient à un moment particulièrement difficile, les compagnies ont soutenu les artistes et ont payé des prestations annulées : « nous avons eu beaucoup de dépenses et pas de rentrée de liquidité » dit encore la compagnie grenobloise de danse qui comprend cependant ce contrôle : « si nous n'avons pas salarié des gens durant trois mois et que l'on a fait des économies, c'est normal que les financements baissent, ce n'est pas un problème, mais la Région aurait dû honorer les subventions et demander ensuite des comptes comme cela se fait habituellement ».

Riposte

La riposte s'organise — au sein de la Plateforme qui regroupe des syndicats du spectacles vivants en Auvergne-Rhône-Alpes (Syndeac, Grand Bureau, Synavi, Fevis, Sma, Prodiss, Fédération des Arts de la Rue...). Une représentante d'une des organisations pointe leur stupeur commune devant la nécessité de renvoyer à la Région, avant le 24 août, un dossier financier concernant le budget réalisé 2019, le budget prévisionnel 2020 et un budget prévisionnel actualisé Covid.

Un courrier commun est alors envoyé en août à la Région, signé par 70 structures culturelles. Dans la foulée, Rue89Lyon publie en exclu un article exposant la situation et l'incompréhension du milieu culturel, et tente en vain d'interroger Laurent Wauquiez. Qui annonce dans la foulée une conférence de presse pour lundi 7 septembre, lors de laquelle le président vient parler culture face aux journalistes mais aussi à plusieurs acteurs culturels. Et il l'affirme : non, en fait, il n'a jamais été question de couper les subventions, bien au contraire. Et de détailler toutes les mesures prises, d'annoncer le vote le 17 septembre prochain de 6M€ de subvention à destination de la culture dont 228 000€ pour la valorisation du patrimoine, 361 000€ pour les arts plastiques, 722 000€ pour les festivals, 4, 7M€ pour le spectacle vivant. Et le paiement intégral des subventions menacées.

Florence Verney-Carron nous l'a confirmé dans la foulée : « aucune coupe ne sera effectuée dans les subventions des associations, dont certaines touchent en plus le fonds d'urgence, et tout sera voté le 17 septembre. Le budget de la culture à la Région est passé cette année à 75M€, soit une augmentation de 20% ! Les acteurs culturels, dont Emmanuel Meirieu, étaient là lors de la conférence de presse, ils ont pu dialoguer avec le président. Ils ont exprimé leur inquiétude. Mais nous sommes des gestionnaires attentifs et les informations demandées nous ont été fournies, Laurent Wauquiez a alors tranché en faveur de mes propositions. On a compris l'inquiétude. » La vice-présidente concède un défaut d'explication, une incompréhension, mais semble avoir encore une fois dû s'employer pour éviter l'incendie.

Erreur de com', contrôle parfaitement justifié ou coup politique pour que le milieu associatif se tienne sage : les versions divergent, la campagne électorale qui s'approche nous en dira sans doute plus...

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Florence Verney-Carron / Loïc Graber : gestion de crise

Covid-19 | Crash-test : la culture en PLS, en quelques jours, tel est le bilan immédiat de la crise induite par le Covid-19, virus pas très mélomane qui a mis a terre un pan entier de l’économie du pays — et pas n’importe lequel, celui qui donne du sens à nos existences tout en étant trop souvent pris pour partie négligeable, comme l’a montré sa gestion par un ministère de la Culture un brin largué. Du coup, on a questionné ici Florence Verney-Carron, vice-présidence à la Culture de la Région, et Loïc Graber, désormais ex-adjoint en charge du secteur à la Ville de Lyon. Pour savoir comment on réagit face à un tel uppercut quand on est aux commandes. Interview cut-up.

Sébastien Broquet | Mercredi 8 juillet 2020

Florence Verney-Carron / Loïc Graber : gestion de crise

Avant l’effondrement Loïc Graber : Quand j’ai pris mon mandat en 2017, je l’ai dit à plusieurs acteurs culturels : j’espère qu’on n’aura jamais à vivre un nouveau Bataclan. Je pensais alors à un attentat terroriste, susceptible d’entraîner une disparition du public des salles. Au quotidien, en tant qu’adjoint, on voit les budgets, les bilans des lieux : on sait ce qu’ils ont en réserve. Et je me disais, si jamais on doit surmonter quinze jours ou un mois de fermeture — je pensais ça à l’époque —, concrètement, ça va être très complexe. Les salles n’ont pas de réserve suffisante pour tenir plusieurs semaines sans public ! Impact dans… Florence Verney-Carron : Je prend conscience de la crise très tôt, puisque dès début mars on a les premières annulations — notamment Quais du Polar le 13 mars. On se rend compte avec Laurent Wauquiez qu’il faut fai

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Des naufragés sublimés par Emmanuel Meirieu

Nuits de Fourvière | Nouvelle agora et décor à couper le souffle : Emmanuel Meirieu adapte Les Naufragés de Patrick Declerck qui a écouté, soigné, pansé les clochards que la société efface. Spectacle hors normes.

Nadja Pobel | Mardi 5 juin 2018

Des naufragés sublimés par Emmanuel Meirieu

Il y a un mois, Nuits sonores rugissait dans le quartier Debourg. Plus accessible encore que ces anciennes usines Fagor, Julien Poncet, directeur de la Comédie Odéon de Lyon et initiateur-producteur du spectacle, a trouvé un autre local, sur la ligne de tram, à quelques encablures de la Halle Tony Garnier. C'est un ancien entrepôt de fret-triage dont l'histoire est encore un peu un mystère dans lequel Emmanuel Meirieu fait son retour en terres lyonnaises, les siennes, pour créer Les Naufragés d’après l’invraisemblable et déchirant témoignage qu’a publié l’ethnologue-psychanalyste Patrick Declerck. Depuis vingt ans, à quelques exceptions près (ses Chimères amères, Electre, Médée, De beaux lendemains

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Florence Verney-Carron : « Je ne pense pas que Tomorrowland provoque un déséquilibre »

Tomorrowland | Alors qu'une nouvelle tribune, initiée cette fois par les grands festivals de musiques électroniques de tout le pays, demande aux élus d'être plus attentifs à l'écosystème français, Florence Verney-Carron, vice-présidente à la culture de la Région, a tenu à s'exprimer au sujet de la fronde des acteurs culturels locaux face à la subvention accordée au festival belge Tomorrowland.

Sébastien Broquet | Mardi 3 avril 2018

Florence Verney-Carron : « Je ne pense pas que Tomorrowland provoque un déséquilibre »

Au tour des festivals de musiques électroniques de l'ensemble du pays de réagir à l'arrivée de Tomorrowland à l'Alpe d'Huez. Une tribune est parue via le magazine Trax, signée par tous les grands acteurs de la techno et de ses dérivés, parmi lesquels Nuits sonores, Weather Festival, Astropolis, Positive Education à Saint-Étienne, Tapage Nocturne et bien sûr Holocène, directement impacté puisque se déroulant à Grenoble à la même période que l'événement hivernal de la franchise belge. « Si nous voulons faire face à l'hégémonie des multinationales du divertissement qui s'implantent en France et se livrent une guerre à coups de millions d'euros, et préserver notre patrimoine culturel, il serait judicieux que les institutions, au-delà de leurs engagements verbaux, soutiennent le développement de nos acteurs des musiques électroniques qui travaillent d’arrache-pied à créer de la valeur et n’ont pas pour seul objectif le profit et la sati

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Tomorrowland : Laurent Wauquiez rétropédale (en partie)

Toujours 400 000 euros, mais sur le budget tourisme | Les services culturels de la Région ont reçu hier les représentants du milieu de la culture pour déminer le front de protestation s'étant érigé face à l'annonce de Laurent Wauquiez de vouloir subventionner à hauteur de 400 000 euros le festival commercial Tomorrowland.

Sébastien Broquet | Jeudi 22 mars 2018

Tomorrowland : Laurent Wauquiez rétropédale (en partie)

La mobilisation de plusieurs acteurs régionaux des musiques actuelles n'est pas restée lettre morte du côté de la Région Auvergne-Rhône-Alpes. Les services de la Région ont annoncé hier à leurs représentants que le budget culture ne serait finalement pas impacté par l'arrivée du festival belge Tomorrowland : Notre région peut se réjouir d’avoir réussi à capter un évènement d’envergure internationale. C’est la raison pour laquelle ce festival sera porté sur les délégations tourisme et économie. Le budget culture ne sera pas impacté. a précisé aujourd'hui jeudi 22 mars la Région dans un nouveau communiqué, à rebours du précédent, envoyé le vendredi 9 mars, dans lequel le président était alors très clair sur "l'ambition culturelle" du projet : « Tomorrowland Winter sera un événement culturel majeur du ca

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Tomorrowland : les acteurs de la culture en Auvergne-Rhône-Alpes interpellent les élus du conseil régional

Tribune Libre | Le vendredi 9 mars, la Région Auvergne-Rhône-Alpes et son président Laurent Wauquiez ont annoncé fièrement que Tomorrowland, l'un des plus gros festivals du monde basé à Anvers, installerait du 13 au 15 mars 2019 une édition hivernale à l'Alpe d'Huez (Isère). Et ce avec 400 000 euros de subvention. Une décision politique à laquelle ont souhaité réagir de nombreux acteurs culturels régionaux évoluant dans les musiques actuelles par la tribune que voici.

La rédaction | Vendredi 16 mars 2018

Tomorrowland : les acteurs de la culture en Auvergne-Rhône-Alpes interpellent les élus du conseil régional

Nous, acteurs culturels étiquetés "musiques actuelles" de la région Auvergne-Rhône-Alpes, tenons à réagir au communiqué de presse annonçant l’accueil de la première édition du Tomorrowland Winter 2019 à l’Alpe d’Huez, ainsi que la participation financière de la Région à ce projet, pour un montant de 400 000 €. Face aux difficultés rencontrées par un nombre croissant de structures de notre secteur depuis quelques années, nous sommes stupéfaits par cette annonce. Nombre d’équipes ont en effet vu diminuer voire disparaître leurs financements régionaux (essentiellement via la suppression des financements liés aux contrats de développement durable Rhône-Alpes), impactant leur activité, lorsque cela ne l’a pas stoppé net. Les conséquences économiques et culturelles sont lourdes, mais la Région n’a jusqu’alors pas réagi aux conséquences de ses décisions. Nous participons au rayonnement de notre région Parallèlement, nous voyons fleurir la communication autour de la « préférence régionale » partout sur no

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Wauquiez s'extasie pour Tomorrowland

400 000 euros pour le festival belge | Tomorrowland, l'un des plus gros festivals du monde basé à Anvers, installera du 13 au 15 mars 2019 une édition hivernale à l'Alpe d'Huez, largement subventionnée par la Région à hauteur de 400 000 euros.

Sébastien Broquet | Vendredi 9 mars 2018

Wauquiez s'extasie pour Tomorrowland

C'est par un communiqué de presse de la Région que l'on apprend ce vendredi 9 mars l'arrivée à l’Alpe d’Huez d'une version hivernale du festival Tomorrowland. Ce festival accueille chaque année depuis 2005 à Boom, dans la province d’Anvers en Belgique, plus de 400 000 festivaliers. À l'Alpe d'Huez, 30 000 personnes sont attendues. Laurent Wauquiez, qui rêvait de son grand festival (au départ, de rock, comme l'avaient révélé nos confrères de Lyon Capitale) accueille donc la grande foire de l'eurodance et ce en grande pompe : 400 000 euros de subvention vont être alloués à ce festival, ce qui fait de la Région son premier financeur public, « une participation inédite » dixit la Région elle-même. Ce qui démontre aussi l'incapacité du président de Région de monter ou de prendre part à un projet original, l'Alpe d'Huez s'étant portée candidate pour importer ce festival très commercial, qui avait déjà lancé des éditions au Brésil ou aux États-Unis en joint-venture avec des industriels américains du divertissement, SF

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Laurent Wauquiez veut sa photo

Région Auvergne-Rhône-Alpes | Laurent Wauquiez a décidemment bien du mal à initier un élan pour le destin national dont il rêve. Le président d’Auvergne-Rhône-Alpes, après avoir torpillé son image avec des propos tenus devant des étudiants de l’EM Lyon et enregistrés à son insu, tente maintenant de glisser sa photo sur des supports de communication des lieux culturels que la Région soutient en partie.

Dalya Daoud / Rue89Lyon | Mardi 6 mars 2018

Laurent Wauquiez veut sa photo

Les salles de spectacle ayant reçu le label « scène régionale Auvergne-Rhône-Alpes » (créé par la Région en 2017) ont reçu le 15 février de la part des services du conseil régional des éléments de communication, qu’ils sont priés d’intégrer en première page de leur programme culturel pour la saison à venir. De quoi s’agit-il ? D’éléments de langage destinés à produire un édito signé Laurent Wauquiez ainsi que de sa photo - c’est ce que nous rappelle le site d’info PlaceGrenet qui a révélé l'information. « Il n’y a rien de nouveau ou d’incroyable. C’est dans le règlement des subventions et d’obtention de ce label. Cela a été voté l’an dernier » a expliqué à Rue89Lyon le cabinet du président de Région. Pourtant, il n’y a pas trace de cette obligation dans le règlement des subventions, pas plu

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Laurent Wauquiez conserve l'ARALD mais lui retire une mission d’expertise

Politique Culturelle | L’agence Rhône-Alpes pour le Livre et la Documentation (ARALD), change de nom et devient Auvergne-Rhône-Alpes Livre et Lecture. C’est peut-être un détail pour vous mais ça n’est pas tout : cette association dédiée au réseau régional des libraires et maisons d’édition ne gèrera plus le porte-monnaie.

Dalya Daoud / Rue89Lyon | Mardi 23 janvier 2018

Laurent Wauquiez conserve l'ARALD mais lui retire une mission d’expertise

Dans le rapport présenté jeudi dernier en commission permanente aux élus régionaux, on en apprend un peu plus sur le sort de l’Arald. La Nacre, une autre agence régionale dédiée, elle, au spectacle vivant, était également sur la sellette. Le projet de la fusionner avec l’Arald avait été évoqué en début de mandat. Finalement, chacune garde son identité propre et son champ d’attributions. En totalité ? Pas vraiment. L’une des missions centrales de l’Arald était d’introduire les libraires, les maisons d’édition du territoire dans les événements professionnels, en leur payant des stands notamment. Le rapport pr

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Des châteaux et une coupe franche

Politique Culturelle | Un conseiller de l'ombre, des châteaux régionaux mis en lumière et une subvention revue à la baisse pour l'Opéra de Lyon : dernières nouvelles du front culturel à la Région.

Sébastien Broquet | Mardi 7 novembre 2017

Des châteaux et une coupe franche

D'abord, le Musée des Tissus, sauvé pour la com' mais pas vraiment dans les faits. Ensuite, la présentation du livre blanc pour une politique culturelle régionale, manquant de réelles propositions (d'ailleurs, Laurent Wauquiez ne s'est pas déplacé et a laissé sa vice-présidente Florence Verney-Carron s'en charger). Et dans la foulée, retour de Laurent Wauquiez en personne pour dévoiler devant la presse sa nouvelle marotte : un focus sur les 50 sites régionaux qui font l'Histoire de France. Ou, vu autrement, une plongée dans la grande querelle actuelle de l'Histoire. M. Wauquiez a tranché, pour lui l'Histoire c'est le retour à Ernest Lavisse et son enseignement doit se conformer à un grand roman national au parfum identitaire, tel qu'une partie de la droite et de l'extrême-droite l'entendent : « Qu’est-ce que notre histoire ? S’interroger sur nos origines, notre identité, sur les moments qui ont fait la France et les lieux qui en incarnent son passé est devenu pour certains une transgression, presque un interdit. Cela doit cesser. » On s'étonne ainsi moins du soutien appuyé de Stéphane Bern au sujet de Mus

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La Région dévoile son livre blanc

Politique Culturelle | Après 22 mois, la Région a enfin fini de rencontrer les acteurs culturels et élaboré un "livre blanc" pour réfléchir aux orientations que compte suivre Laurent Wauquiez durant sa mandature.

Sébastien Broquet | Mardi 17 octobre 2017

La Région dévoile son livre blanc

Quand Laurent Wauquiez tweetait le 9 octobre dernier au sujet du Musée des Tissus que « la culture et le patrimoine ne peuvent pas uniquement se résumer à des frais et à des coûts », l'on ne pensait pas que les chiffres étaient à ce point occultés dès lors que l'on parlait de ce sujet à la Région. Car lors de la présentation le jeudi 12 octobre du "Livre blanc pour la construction d'un projet culturel régional", il fût bien difficile pour les journalistes présents face à Florence Verney-Carron, la vice-présidente à la Culture, et Anita Weber, vice-président de l'Observatoire des Politiques Culturelles qui était en charge de cette étude menée ces derniers mois, d'obtenir des précisions sur les 60M€ de budget alloués cette année au secteur (le même qu'en 2016, en baisse par rapport à la mandature socialiste). Comment sont répartis les arbitrages, au profit de quel secteur, de quel territoire ? Combien a coûté cette étude ? Ce fût longtemps le grand flou derrière les bonnes intentions, même si l'on apprendra finalement que le prix de l'étude est intégré à la subvention versée à l'Observatoire et que le budget cul

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Emmanuel Meirieu : « Donner des émotions fortes c'est mon boulot »

Théâtre | Il trace un sillon de plus en plus fin dans le théâtre contemporain. Emmanuel Meirieu revient là où il y a presque vingt ans il dézinguait les contes avec Les Chimères amères. Des hommes en devenir lui ressemble. Les fêlures de ses personnages se sont accrues mais en émergent une humanité proportionnelle. Avec ce spectacle, il atteint l'acmé d'une émotion déjà largement contenue dans Mon traître qui repasse cette semaine aussi. Conversation

Nadja Pobel | Mardi 10 octobre 2017

Emmanuel Meirieu : « Donner des émotions fortes c'est mon boulot »

Vous souvenez-vous de la raison pour laquelle vous avez voulu faire du théâtre au lycée alors que depuis que vous êtes metteur en scène, vous ne montez quasiment pas de textes de théâtre (mais des contes, des romans) ? Vous vouliez casser le théâtre ? Je n'en ai pas eu l'intention. Même au tout début, je n'ai jamais eu la volonté d'être original, ou décalé, de casser les codes. Je n'ai pas poursuivi une recherche formelle ou de langage du théâtre. J'ai pas cherché ça. Quelle langue vous alors donné envie de faire du théâtre ? C'est le vivant et l'humain. C'est ma passion. Ce sont les voix humaines. Le théâtre n'est que ça. Il n'y a pas ça au cinéma. Pour autant, vos références sont souvent cinématographiques. Quand vous montez À tombeau ouvert, c'est parce que vous avez vu le film de Scorsese. Pas parce que vous avez lu le texte. Oui c'est vrai pour A tombeau ouvert,

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Florence Verney-Carron va dévoiler sa feuille de route pour la culture

Politique Culturelle | Florence Verney-Carron, vice-présidente à la Culture, va dévoiler ce jeudi le programme culturel voulu par la Région Auvergne-Rhône-Alpes.

Sébastien Broquet | Mercredi 30 août 2017

Florence Verney-Carron va dévoiler sa feuille de route pour la culture

[Mise à jour : un communiqué de presse de la Région ce mercredi à 17h nous informe que la conférence de presse de Florence Verney-Carron prévue jeudi matin est repoussée à une date ultérieure, non communiquée, « en raison d’un contretemps de dernière minute. »] La Région Auvergne-Rhône-Alpes et la culture, c'est un long fleuve pas tranquille du tout depuis l'élection de Laurent Wauquiez. L'absence de dialogue lors des premiers mois, les coupes franches dans les associations (par exemple, les festivals de cinéma LGBT) sans explication, les soupçons de clientélisme avec l'augmentation des subventions pour les festivals des villes aux maires amis du président (Vienne, Chambéry) ont instillé le doute, voir

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Laurent Wauquiez dévoile ses cartes

Musée des Tissus | La Région a dessiné les contours d'un futur possible et désirable pour le Musée des Tissus et des Arts Décoratifs, et se montre prête à mettre la main au portefeuille de manière significative.

Sébastien Broquet | Mardi 6 juin 2017

Laurent Wauquiez dévoile ses cartes

Laurent Wauquiez semble avoir fait du Musée des Tissus et des Arts Décoratifs sa grande cause culturelle et patrimoniale, s'érigeant en moteur du projet de sauvegarde de ce lieu qui, on le rappelle, est menacé dans son existence par la volonté de la CCI Lyon Métropole de s'en séparer face aux coûts trop élevés pour en assurer le fonctionnement. La semaine dernière, la Région a lancé « l'opération sauvetage » en prenant directement les commandes : côté finances, la collectivité s'engage à verser chaque année à partir de 2018, un million d'euros en fonctionnement et à assurer la moitié du coût d'investissement, soit 10 millions d'euros, pour une refonte du projet. Mais Laurent Wauquiez pose ses conditions : « Ce sauvetage passera inéluctablement par un projet innovant qui devra redynamiser l’établissement, lui redonner les moyens de son excellence et d’une ambition nationale et internationale renouvelée. » Le projet que souhaite défendre la Région rejoint l'une des propositions dévoilée

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Cinémas de proximité : par ici la sortie ?

Ecrans à cran | Nouvelles concurrences, aides indirectes sabrées : la nouvelle année a un goût des plus saumâtres pour les cinémas indépendants. La fin d’une époque ? Espérons que non !

Vincent Raymond | Mardi 3 janvier 2017

Cinémas de proximité : par ici la sortie ?

Les excellents chiffres de la fréquentation pour 2016 (213 millions de spectateurs !) claironnés par la Fédération nationale des cinémas français, méritent d’être examinés avec attention : ce “deuxième meilleur résultat depuis 1966” a été conquis grâce à un nombre record de films (700 !!) projetés sur plus de 5 600 écrans, c’est-à-dire le parc le plus important d’Europe. Mais pour combien de temps encore ? Au pays de l’exception culturelle, et en particulier dans la Métropole lyonnaise, cette richesse globale d’équipements n’est pas uniforme : deux grands systèmes complémentaires d’exploitation cinématographique cohabitent. D’un côté, les réseaux (Gaumont-Pathé, UGC, CGR, Mégarama…), implantant depuis une vingtaine d'années force multiplexes dans les périphéries ou les zones commerciales ; de l’autre, des cinémas indépendants, vestiges des salles de patronage ou municipales, portés par de petits exploitants ou des associations, fédérés en regroupements (GRAC, Acrira…), partiellement subventionnés par l’Europe, l’État et les collectivités locales. Vecteurs d’une programmation volontiers alternative (mariant cinéma grand

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Le discours et la méthode : un point sur la politique culturelle en Rhône Alpes

Politique Culturelle | Ça coince. Depuis le changement d’exécutif à la tête de la Région en décembre, aucune ligne claire concernant la culture n'a été édictée. Pire : les budgets sont rabotés voire réduits à néant sans concertation. Le milieu culturel s'échauffe.

Nadja Pobel | Mardi 6 septembre 2016

Le discours et la méthode : un point sur la politique culturelle en Rhône Alpes

La culture n'est pas une compétence obligatoire des Régions. Les lycées, la formation professionnelle et les transports régionaux sont bien évidemment des priorités (l'A45 aussi, manifestement). D'où, certainement, le fait que le Plateau, un espace dédié à l'art contemporain, soit aujourd'hui vide ; et que lors de sa conférence de presse sur le budget ce printemps, Laurent Wauquiez ait appris par notre question que la Région était présente au festival d'Avignon via la location d'une péniche où des débats devaient être organisés : location aussitôt annulée. Voilà pour la méthode : trancher dans le vif en une minute. Exit les commissions d'experts (bénévoles) chargés d'étudier des dossiers très complets de demande de subventions à l'attention des élus. Pourquoi ce système a disparu ? La vice-présidente en charge de la Culture, Florence Verney-Carron nous explique : « C'était un problème de délai sur ce budget : nous n'aurions pas pu réunir les commissions dans les temps. Mais tout a été étudié de très près par nos services et la direction de la culture. Pour l'avenir, nous all

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La culture, ce caillou dans la chaussure de Laurent Wauquiez

ACTUS | C’est la compétence sur laquelle une gouvernance de droite est souvent soupçonnée des moins bonnes intentions et, par conséquent, sur laquelle elle n’a pas envie de se vautrer. En matière culturelle, Laurent Wauquiez entretient pour le moment un brouillard épais, promettant de le dissiper d’ici cet été.

Dalya Daoud / Rue89Lyon | Mardi 28 juin 2016

La culture, ce caillou dans la chaussure de Laurent Wauquiez

Avec Rue89Lyon C’est un chiffre quasi officiel qui circule : on estime que la baisse prévue dans le budget dédié à la culture en Auvergne-Rhône-Alpes s’approche de 10%. L’explication générale, on la connaît : la Région se met à la diète et tous les domaines de compétences seront touchés (75 millions d’euros d’économies cette année, et 300 millions d’euros à la fin du mandat). Mais les premières décisions de l’exécutif concernant la culture n’ont pour autant pas toujours été comprises. Si Laurent Wauquiez n’a de cesse de fustiger son prédécesseur socialiste, parfois à raison, il sait que Jean-Jack Queyranne a été apprécié dans le milieu culturel où il a su mener sa barque, reconnu comme un amoureux des arts. Pour l’heure, les nouveaux locataires de la Confluence semblent quant à eux naviguer à vue. Une augmentation de subventions par ici, une coupe par là : les décisions tombent sans explication. Où est Florence ? Florence Verney-Carron, vice-présidente en charge de la Culture, a pris le parti de se taire. Aucune déclaration publ

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Florence Verney-Carron : "Il faut dialoguer avec les artistes"

Florence Verney-Carron | Depuis l'élection de Laurent Wauquiez à la tête de la Région en décembre dernier, le monde de la culture s'est inquiété, parfois offusqué, au minimum s'est posé des questions : d'une déclaration pour le moins malheureuse de son président sur les formations de clowns en pleine campagne, jusqu'au traitement du dossier de la Villa Gillet, c'est peu dire que la vice-présidente en charge de la Culture est attendue. Florence Verney-Carron s'exprime ici pour la première fois sur l'ensemble de ces sujets.

Sébastien Broquet | Mardi 26 avril 2016

Florence Verney-Carron :

En janvier, après l'élection, vous demandiez du temps avant de dévoiler votre feuille de route concernant la culture. Aujourd’hui, pouvez-vous nous dire quels sont les points qui vont être privilégiés ? C’est la première fois qu'une élection se déroulait en décembre. C’était très compliqué de nous atteler à ce budget 2016 en si peu de temps. Durant ces trois premiers mois, j’ai analysé pas mal de choses. On avait un certains nombre de principes, déjà évoqués par Laurent Wauquiez durant la campagne, notamment deux points très forts : d'abord, accompagner évidemment les créateurs culturels de premier plan. Ensuite, encourager l’émergence ; ce qui est l’essentiel pour une collectivité publique. Ça nous a amené à tracer deux grands points de notre politique culturelle : avoir une offre de qualité partout, même dans les endroits les plus reculés du territoire et y apporter beaucoup d’attention : ce peut-être une librairie, un festival, un cinéma. Le second point, ce sera de respecter et d’encourager tous les lieux de création. Ce qui est important pour nous, puisque nous arrivons au moment de la fusion des régions, c'est aussi de faire la conver

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Les reprises de 2015/2016

SCENES | Si vous les avez raté, un rattrapage s’impose. D'abord Bigre! (Croix-Rousse, 29 septembre au 3 octobre), hilarante comédie sans (...)

Nadja Pobel | Mardi 8 septembre 2015

Les reprises de 2015/2016

Si vous les avez raté, un rattrapage s’impose. D'abord Bigre! (Croix-Rousse, 29 septembre au 3 octobre), hilarante comédie sans paroles sur l’ultra moderne solitude. Au même endroit Jean Lacornerie reprend ce qui est (avec Roméo et Juliette) sa comédie musicale la plus aboutie, Mesdames de la Halle (11 au 28 décembre). De son côté, au milieu d’une saison presque entièrement dédiée au langage, le TNP fait place aux délicats balbutiements de En courant, dormez par Olivier Maurin (6 au 15 avril), alors que la Renaissance reprend la foutraque Visite de la vieille dame (23 au 2

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Emmanuel Meirieu fait voler Birdy

SCENES | Il rêvait de voler. Mais loin de lui donner des ailes, ce désir a mené Birdy dans un hôpital psychiatrique où son ami lui raconte leurs souvenirs d'enfance pour le ramener à lui. A partir du roman de William Wharton, Emmanuel Meirieu produit à nouveau un théâtre coupant. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mardi 31 mars 2015

Emmanuel Meirieu fait voler Birdy

Comme dans De beaux lendemains et Mon traître, il fait sombre dans Birdy. Mais la pénombre est teintée d’un rouge qui distingue d’emblée ce spectacle des deux précédents. Et puis nous ne sommes pas dehors, par un froid glacial et en plein deuil, mais dans un hôpital psychiatrique dont la hauteur irréelle des murs dit à quel point il tient prisonniers ses patients. Dans ce décor inspiré de l’expressionnisme allemand et signé du sculpteur Victor Caniato, Al parle sans discontinuer à son ami Birdy, homme-oiseau recroquevillé sur un semblant de branche, une tige métallique qui lui sert de refuge. Il lui raconte leur enfance, pour lui redonner un peu de lueur et lui faire croire que la vie, fut-elle sur terre, sur cette basse terre, vaut la peine du moment qu'ils sont ensemble. Emmanuel Meirieu dit avoir voulu faire son «film américain», en hommage aux idoles qui ont agrandi le domaine de ses rêves (de Rob Reiner à Steven Spielberg). Il y a glissé quelques chansons a cappella et fait appel à des comédiens qu’il connait bien, avec lesquels il dessine depuis le début des années 2000 sa cartographie théâtrale : Thibaut Ro

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Ressusciter le mort

SCENES | Emmanuel Meirieu revient dans le théâtre de ses débuts, la Croix-Rousse, présenter sa dernière création en date, "Mon traître". Un travail court, ciselé et percutant, adapté de deux livres de Sorj Chalandon. Critique et propos – émerveillés - de l’auteur.

Nadja Pobel | Mardi 14 octobre 2014

Ressusciter le mort

De la vie ordinaire des héros et anti-héros, Emmanuel Meirieu aime depuis longtemps faire des spectacles sans esbroufe, dans lesquels tout converge vers l’émotion. Mais c’est, paradoxalement, cette simplicité, ces plateaux dénudés, qui permettent de draper ses personnages d’une sorte d’éternité pas si banale. Il en avait déjà fait l’expérience avec De beaux lendemains, adapté de Russell Banks en 2011 ; il poursuit son travail dans ce sens avec Mon traître, créé au printemps 2013 à Vidy-Lausanne, non sans y adjoindre une entame de conte sur un mode inquiétant et noir, celui d’un château qui s’écroule au fur et à mesure de la naissance des enfants de ses princiers occupants. Car chez lui, même les histoires les plus enfantines déraillent. Qu’en est-il alors de celles des grands ? Ils se trahissent. En adaptant au cordeau les romans miroirs de Sorj Chalandon (Mon traître et Retour à Killybegs), Emmanuel Meirieu, associé à Loïc Varraut, plonge dans la guerre fratricide irlandaise qui culmina dans les années 80. A l'époque l’auteur, lui-même gr

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Jeunes confidences

SCENES | Et si on misait sur la relève en ce début d’année ? Les grands noms du théâtre auront beau être à Lyon tout au long des six mois à venir, c’est en effet du côté des jeunes que nos yeux se tourneront prioritairement. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Vendredi 3 janvier 2014

Jeunes confidences

Enfin ! Enfin le théâtre des Ateliers est sorti de son état végétatif. Et la relève est tout un symbole, puisque c'est Joris Mathieu, adepte de la vidéo, qui en a été nommé directeur à la place du fondateur Gilles Chavassieux (lequel ne créera plus dans ce lieu). Autre désignation importante, celle de Sandrine Mini au Toboggan à Décines. D’autres directeurs tireront eux leur révérence : Roland Auzet à la Renaissance, par envie de reprendre son travail de compagnie, et Patrick Penot aux Célestins, pour cause de retraite. C’est d'ailleurs dans ce théâtre qu’il sera possible de découvrir le travail de Mathieu avec Cosmos de Witold Gombrowicz (février). D'une manière générale la jeune génération (disons les moins de quarante ans) fera l'actu de la rentrée avec Mon traître d’Emmanuel Meirieu (voir page 16) au Radiant, Dommage qu’elle soit une putain de John Ford par Marielle Hubert au Radiant encore (plus tard en janvier), qui s’annonce d’une curieuse violence mêlée de douceur, mais aussi l’exceptionnelle venue d’Howard Barker à Lyon, convaincu par la comédienne Aurélie Pitrat du collectif nÖjd de m

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La maîtrise du traître

SCENES | Il est des auteurs qui arrivent presque par enchantement dans l’univers d’un metteur en scène. C’est le cas de Sorj Chalandon, qui a croisé la route d’Emmanuel Meirieu avec "Mon traître" et "Retour à Killybegs", deux splendides romans devenus un puissant spectacle de théâtre. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Jeudi 2 janvier 2014

La maîtrise du traître

«Quand j’ai refermé Mon traître, j’ai tout de suite demandé les droits de traduction !» plaisante encore Emmanuel Meirieu. Il faut dire que jusqu'ici, le metteur en scène lyonnais n’avait adapté que des auteurs anglophones (Joe Connelly, Russell Banks, Jez Butterworth), non par anti-patriotisme primaire, plutôt parce que ces écrivains ont inventé des personnages simples et tendres comme il les affectionne. C’est Loïc Varraut, son complice, co-directeur de sa compagnie Bloc opératoire qui lui a mis les textes de Sorj Chalandon entre les mains. Chalandon, qui vient d’obtenir le Goncourt des lycéens avec un bonheur contagieux pour Le Quatrième mur, a publié en 2008 et 2011 deux romans remuants qui fonctionnent en diptyque : Mon traître, qui relate la vie d’un petit luthier parisien qui se prend d’amour pour l’Irlande du Nord, le combat des catholiques de l’IRA et de leur icône Tyron Meehan, et Retour à Killybegs, miroir du premier ouvrage dans lequel Tyrone Meehan prend la parole pour dire son histoire familiale, celle de son pays, pourquoi on combat, comment on trahit. Le tout est un grand décalque de la réalité : le luthier est

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Les moments forts de la saison théâtre 2013/2014

SCENES | Sélection réalisée par Nadja Pobel, Benjamin Mialot et Aurélien Martinez

Benjamin Mialot | Mardi 10 septembre 2013

Les moments forts de la saison théâtre 2013/2014

Regards Née avec une malformation au visage, Séverine Fontaine a dû composer avec pendant toute son enfance. La jeune femme devenue comédienne a décidé de se nourrir de cette expérience pour livrer ce solo présenté comme «un manifeste pour la différence». Dans une scénographie convoquant une série de lampes, elle joue habilement avec le regard du spectateur. Un spectacle sincère et fort.Au Centre Albert Camus, Bron, du 1er au 4 octobre Le Président C’est grinçant et marquant comme… du Thomas Bernhard. Michel Raskine a su adapter cet immense dramaturge autrichien avec le

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Le Radiant, nouveau radar

SCENES | C'est tel un Monsieur Loyal qui aurait emprunté sa chevelure à Krusty le Clown que le sémillant Victor Bosch a, en juin dernier,  lancé la saison 2013/2014 du (...)

Nadja Pobel | Mercredi 4 septembre 2013

Le Radiant, nouveau radar

C'est tel un Monsieur Loyal qui aurait emprunté sa chevelure à Krusty le Clown que le sémillant Victor Bosch a, en juin dernier,  lancé la saison 2013/2014 du Radiant-Bellevue, bousculant au passage la cartographie culturelle de l’agglomération - et les habitudes de communication, avec une plaquette originale, dédiée autant au public, en photo à chaque page, qu'aux artistes. Car non content d’être avant tout une salle de concerts éclectique (d’Axelle Red à Johnny Clegg en passant par SKA-P, Brigitte Fontaine ou du classique), le lieu, rouvert en janvier, autorise à son directeur tous les grands écarts théâtraux. Le public est là pour se divertir, nous dit-il, alors il aura droit à sa dose de comédie (Le Jeu de la vérité avec les "vus-à-la-télé" Vanessa Demouy et David Brécourt) et de grandes stars (Delon père et fille dans Une journée ordinaire). Ainsi considéré, le public (à 30% des habitants de Caluire) a toutes les raisons de faire confiance à ce grand manitou au carnet d’adresses conséquent, donc de répondre à ses invitations appuyées à applaudir «la nouvelle découverte que vous ne pouvez pas manquer», en l

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«Ceux qui ratent toujours tout, du début à la fin»

SCENES | La création d'Emmanuel Meirieu, on l'attendait depuis un moment. Finalement, le metteur en scène a choisi de présenter American Buffalo, de David Mamet. Propos recueillis par Dorotée Aznar

Christophe Chabert | Mercredi 5 mars 2008

«Ceux qui ratent toujours tout, du début à la fin»

Petit Bulletin : Dans vos pièces précédentes, vous aviez choisi de mettre simplement des comédiens autour d'une table. Avec American Buffalo, la mise en scène semble plus élaborée avec de l'eau sur le plateau, la pluie qui tombe... Emmanuel Meirieu : L'eau est présente sur scène parce qu'elle est présente dans le texte. Dans le premier acte, il fait très chaud. La pluie a un sens très fort dans le texte, elle annonce le drame. Vous respectez donc scrupuleusement la construction du texte de David Mamet... J'ai choisi de travailler sur l'un des plus grands scénaristes américains, la moindre des choses, c'est de respecter son texte... Ce qui me plait, c'est l'histoire et je la respecte. Parlez-nous un peu de cette histoire... C'est l'histoire d'un mec de 55 ans, interprété par Jean-Marc Avocat, qui veut aider un jeune de 30 ans à échapper à la rue et à la dope. C'est l'histoire d'un homme qui bousille la dernière chance de sa vie. L'action se déroule à Chicago, dans la zone, en une journée. C'est un huis clos entre trois personnages, l'unité de temps et de lieu sont respecté

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