Lieux culturels : Bruno Bernard entame un bras de fer avec Castex

Lyon | Face à l'annonce brutale faite par Jean Castex jeudi 10 décembre, intimant aux lieux culturels de rester fermés alors que beaucoup avaient préparé activement leur réouverture pour ce mardi 15 décembre, les élus EELV de Lyon et socialiste de Villeurbanne, emmenés par le président de la Métropole Bruno Bernard, lancent la fronde. Ce dernier se dit même prêt à ouvrir sans accord gouvernemental le Musée des Confluences dès samedi. Bluff ?

Sébastien Broquet | Lundi 14 décembre 2020

Photo : Musée des Confluences © DR


Il y a une ironie certaine à découvrir Bruno Bernard se faire soudainement le champion de la "libération" des lieux de culture, quitte à prendre la tête d'une fronde locale et à vouloir ouvrir dès samedi deux musées dont sa collectivité a la charge — le Musée des Confluences et Lugdunum — sans l'autorisation de l'État. Verra-t-on un président de Métropole faire face à la police nationale et à la préfecture pour maintenir ses musées ouverts ? La question peut se poser : il faudra bien assumer le coup d'éclat médiatique du week-end.

Et l'ironie, donc, veut que le meneur de la fronde soit celui qui s'est le plus totalement désintéressé des questions culturelles jusqu'ici. Bruno Bernard, alors candidat EELV, n'a pas eu un mot pour ce secteur durant sa campagne et n'avait pas de programme culturel à mettre en application. Une fois élu, il a nommé vice-président en charge de ce portefeuille son allié socialiste, Cédric Van Styvendael, le maire de Villeurbanne. Qui a ramé des semaines pour obtenir sa feuille de route. Et a vu son budget, minimal vu la taille de la collectivité, maintenu de justesse alors qu'on aurait pu espérer une augmentation. Aucune mesure en faveur de la culture n'apparaissait dans les dix points prioritaires annoncés par Bruno Bernard en juillet, aucune n'a été annoncée pour aider un secteur ravagé par la crise de la Covid-19...

Mais voilà, ce fin politique a bien senti, suite à l'incompréhension et au sentiment d'injustice du monde de la culture face aux décisions de Jean Castex et d'Emmanuel Macron, qu'il y avait-là un coup à jouer et un terrain à occuper. Que la culture, finalement, pouvait devenir un enjeu et marquer une différence entre EELV et LREM. Et il a abattu sa première carte. C'est le sens du communiqué dévoilé dimanche matin comme du courrier envoyé au Premier ministre la veille : pouvoir ouvrir la boutique du Musée des Confluences (au même titre que le centre commercial de la Part-Dieu), sans laisser découvrir les parcours d'exposition du même musée, est un non-sens. C'est aussi un choix de société. Et c'est sur ce point qu'EELV compte appuyer, surfant sur les nombreuses incohérences relevées un peu partout par le monde culturel, vidéos de métro bondé ou blagues sur les lieux de culte à l'appui. Un premier tweet surprise — on ne l'attendait pas sur ce terrain — avait été publié jeudi juste après le discours de Jean Castex, qui laissait augurer de la suite de l'offensive : « quelle triste nouvelle que le report de l'ouverture des lieux culturels. Votre passion est essentielle, les émotions que vous provoquez sont essentielles, vous êtes un bien commun essentiel. Vous nous manquez, n'en doutez pas, on vous attend et nous serons là. »

Pas de date de réouverture annoncée

Le coup médiatique lyonnais a dans la foulée trouvé un écho national : EELV ce lundi a publié un communiqué appelant à participer mardi aux différentes manifestations en France pour la réouverture des lieux de culture (à Lyon, ce sera devant la DRAC à 15h — aucune élue ou élu Vert de la région n'a dévoilé sa présence pour l'instant) : « EELV demande de la cohérence dans les décisions gouvernementales et de l'équité entre les lieux de culture, les lieux de culte et les lieux de consommation. EELV apporte son soutien à l'ensemble des acteurs et actrices de la culture et appelle à se joindre aux manifestations prévues le 15 décembre. »

Mardi 15 décembre, car c'est à cette date que les cinémas, musées et salles de théâtre devaient ouvrir de nouveau. Et qu'elles ont encaissé de plein fouet, malgré les mesures de sécurité prises, l'interdiction de lever le rideau. Qui plus est, sans aucune nouvelle date annoncée : celle du 7 janvier, donnée par M. Castex, est celle de la prochaine conférence de presse parlant de leur cas. Pas celle de la réouverture, qui sera probablement, au mieux, calée au 20 janvier sur celle des restaurants et des bars. À condition que la troisième vague, annoncée par plusieurs spécialistes, ne frappe pas le pays comme on peut le craindre au vu des commerces bondés. Et que la culture n'en subisse encore les conséquences et ne soit autorisée à ouvrir... que plus tard, encore.

Du côté du communiqué de Bruno Bernard, on peut lire : « la nouvelle de jeudi soir est d'une extrême violence pour le monde culturel dans toutes ses formes. Et pour nos habitants aussi : la culture est un bien essentiel qui nous manque cruellement. Tristes fêtes de fin d'années où les cinéphiles seraient privés de toiles, où les déambulations dans les musées seraient interdites, où les fauteuils rouges des salles de théâtres resteraient vides, où la musique se tairait. L'injustice est insupportable pour ceux qui ont répété sans relâche et avec passion pour nous offrir toutes leurs émotions et leur art le 15 décembre. Je ne comprends pas cette décision. »

Grégory Doucet a renchéri dans ce communiqué commun : « de nombreux acteurs culturels auraient été en capacité de faire respecter ces protocoles sanitaires, très bien acceptés par leurs publics. Durant la période entre deux confinements, aucun cluster n'est parti de lieux culturels. Nous devons préserver la santé de chacun, mais aussi celle du corps social. Les crises que nous traversons génèrent des tensions inquiétantes. La culture est un levier puissant de cohésion sociale : la population ressent cette urgence de retrouver des lieux où construire son humanité commune. »

Le combat est partagé par beaucoup : nombre d'actrices et acteurs culturels s'apprêtent à manifester devant les locaux de la DRAC, mardi. Et plusieurs actions se mettent en place du côté des artistes — certains parlent d'organiser des projections dans des lieux de culte, des metteurs en scène et autrices essayent d'organiser une réouverture de salles de spectacles pour ce jeudi, sans autorisation non plus. Ce combat, au-delà du manque d'équité entre certains secteurs, au-delà du statut économique de la culture, doit aussi s'entendre par le rôle social primordial qu'occupe cette corporation. La culture crée du lien, oui, et nourrit l'esprit. Elle est par conséquent indispensable pour préserver en partie d'une seconde pandémie qui plane déjà sur nos sociétés : celles des troubles psychiques (dépression, anxiété ou encore stress post-traumatique) qui nous menacent aujourd'hui selon le monde médical qui tire la sonnette d'alarme.

Du côté des théâtres, certains comme Pierre-Yves Lenoir, co-directeur des Célestins, se déclarent prêts à ouvrir dès que possible : « l'espoir que ça ouvre est limité, on ne sait pas si ce référé peut aboutir mais ce qui est important est d'envoyer un signe de mobilisation et qu'ils (NdlR : le gouvernement) arrêtent de considérer qu'on compte pour peanuts. Et si par bonheur on obtenait gain de cause, il faudrait tout remettre d'aplomb : c'est difficile mais pas impossible. Tout le monde est suffisamment mobilisé pour agir vite. Il faudrait vraiment qu'on obtienne un cadre d'action qui soit très clair, qui nous garantisse qu'on ne ferme plus et qui positionne des jauges et des mesures restrictives face à la situation sanitaire. »

Jusqu'où sont prêts à aller les élues et élus locaux ?

Mais reste à savoir jusqu'où élus et élues lyonnais sont prêts à aller : si le maire de Lyon et son adjointe à la Culture, Nathalie Perrin-Gilbert, ont annoncé sur les réseaux sociaux que la ville « accompagnera les salles lyonnaises dans leur recours devant le Conseil d'État » si le Premier ministre ne donnerait pas suite au courrier que leur ont fait parvenir les trois collectivités que sont la Métropole, Lyon et Villeurbanne, la forme de ce soutien n'a pas été précisée : sera-t-il d'ordre moral, financier, juridique ? Aucune précision n'a été apportée. Les services juridiques et techniques de la Ville, comme de la Métropole, ont planché sur ces sujets liés à la culture aujourd'hui — Bruno Bernard l'a affirmé ce lundi matin en conférence de presse, avant la tenue du Conseil.

De même, aucune réponse n'a été apporté à l'heure où nous écrivons concernant les musées gérés par la Ville de Lyon (Musée des Beaux-Arts et Musée d'Art Contemporain en premier lieu) : seront-ils associés par la mairie à l'éventuelle décision de la Métropole d'ouvrir samedi sans feu vert de Paris ? La réflexion est en cours, nous a-t-on répondu. Reste aussi à savoir si les maires d'autres villes comptent suivre ce mouvement.

Face au silence du ministère de la Culture, il va bien falloir être capable de se positionner au-delà du coup de com' éphémère. Et comme Roselyne Bachelot, à ce jour, n'a toujours pas répondu au courrier envoyé en septembre par Grégory Doucet — qui souhaitait lui présenter sa politique culturelle —, ni ne lui a fait passer le moindre message, il est fort possible que ce silence perdure.

Grégory Doucet et Bruno Bernard tiendront conférence de presse commune ce mardi 15 après-midi à 16h30 au musée Lugdunum, pour détailler la suite de leur action, en compagnie de plusieurs actrices et acteurs culturels, dont Géraldine Bénichou (Théâtre du Grabuge), Vincent Carry (Arty Farty) ou encore Mourad Merzouki et Marion Sommermeyer (présidente du GRAC).

Ce lundi soir la visite presse de la nouvelle exposition du Musée des Confluences, prévue jeudi 17 au matin, a été annulée sans date de report pour l'instant. Malgré les discours politiques, on ne semble donc pas croire à une ouverture samedi parmi les personnels du musée... « Tu bluffes, Martoni » ?

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Antoine Allègre | Mardi 28 mars 2017

Stagiaires en herbe

Voyager Et s'ils partaient à la découverte d'une culture qui leur est étrangère ? L'Institut Chine Education (Lyon 3e) a prévu le coup en organisant des stages découverte pendant les vacances pour les 4-15 ans. Ils y apprendront les bases de la langue et de l'art pictural typique. Ils pourront également écouter des contes qui émerveillent les enfants de l'Empire du Milieu depuis des centaines d'années, pratiquer de la gymnastique qui détend ou encore fabriquer des raviolis. Attention, les jauges sont restreintes – se limitant entre 4 et 8 participants par session à 10€ l'heure, du lundi au vendredi. Plonger Autre type d'aventure, cette fois subaquatique du côté du Musée des Confluences qui a installé depuis le 11 mars dernier un container sur sa terrasse côté Nord. La programmation d'ateliers dans ce nouveau lieu sera en partie dédiée aux bambinos. En ce moment, les kids de 4 à 6 ans et les 7-10 ans embarquent à bord de l'Octopuss 2, une base scientifique à l'esthétique 70's qui a échoué à la Confluence. Une expérience drôle, intuitive et instructive pour les océanographes en culotte courte.

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Le Département lâche le Musée des Confluences

ACTUS | La nouvelle est arrivée à l'ancienne, comme ça, tout simplement : une lettre recommandée avec avis de réception. Dans la missive parvenue au courrier du musée des (...)

Sébastien Broquet | Mardi 4 octobre 2016

Le Département lâche le Musée des Confluences

La nouvelle est arrivée à l'ancienne, comme ça, tout simplement : une lettre recommandée avec avis de réception. Dans la missive parvenue au courrier du musée des Confluences il y a une dizaine de jours, une nouvelle dont la direction se serait bien passé : la fin de la subvention jusqu'ici accordée par le Département du Rhône, et ce dès janvier 2017. Soit demain, à l'échelle d'une telle structure culturelle. Abrupte, l'annonce a surpris mais n'a pas non plus échaudé une équipe qui surfe sur son succès public : en 2015, le musée des Confluences était tout simplement le plus visité de France en dehors de Paris ; avec 8, 4% des visiteurs provenant du Département (hors métropole). Révélée par nos confrères du Progrès, la décision prise par Christophe Guilloteau, le président du Département étiqueté Les Républicains, de fermer les vannes a donc surpris, même si du côté du musée l'on dit bien comprendre le contexte général incitant aux économies et l'on indique que « l'on ne discute pas des choix politiques, ce n'est pas notre sujet ; les collectivités doivent baisser les subventions, on le sait. » C'est surtout la manière

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Où bosser tranquille ?

CONNAITRE | Au cinéma Non, on ne vous suggère pas de réviser votre cours de droit international dans une salle obscure devant le génial Buster Keaton (mais profitez (...)

Julie Hainaut | Mardi 4 octobre 2016

Où bosser tranquille ?

Au cinéma Non, on ne vous suggère pas de réviser votre cours de droit international dans une salle obscure devant le génial Buster Keaton (mais profitez d'une pause entre deux cours pour aller voir ses films, programmés dès le 9 octobre dans le cadre du Festival Lumière). On vous incite plutôt à tester les fauteuils moelleux de l’espace rencontre du Comœdia, situé à gauche de la billetterie. En accès libre, doté du wifi (code gratuit à demander au Bistrot, le restaurant du cinéma), ce coin — qui fait régulièrement l’objet d’expositions — est hyper calme en journée et en semaine (jusqu’à 19h30 environ). Dans un autre genre, le Hangar du Premier-Film de l’Institut Lumière

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Permanence culture

ARTS | Alors que leur expo dense, très dense et fort instructive sur Le sport à l’épreuve du nazisme continue jusqu’à fin janvier, le CHRD annonce se consacrer (...)

Nadja Pobel | Mardi 13 septembre 2016

Permanence culture

Alors que leur expo dense, très dense et fort instructive sur Le sport à l’épreuve du nazisme continue jusqu’à fin janvier, le CHRD annonce se consacrer ensuite à L’Alimentation en temps de guerre (dès avril). Après avoir passé au crible le quotidien des Français durant la guerre via l’habillement, ce sera cette fois au travers de la nourriture. Cette façon empruntée à l'historien Georges Duby de regarder l’histoire par le quotidien est passionnante. Dans un travail presque sociologique, le Rize de Villeurbanne se penche sur le quartier ouvrier de la cité Gillet, avec recueil de témoignages des habitants à foison pour une expo très vivace (du 6 octobre au 23 décembre). La bibliothèque municipale de la Part-Dieu décline le thème de la révolution de la mise en page sous Gutenberg, dans Impressions premières (du 30 septembre au 21 janvier) puis, à l’approche des élections, diffusera une série d’installations dans son réseau, liées à la démocratie et à la pensée. Quant au musée de l’Imprimerie, il suit son f

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De la terre à la hutte

ARTS | Nous marchons dessus sans la prendre en compte. Sous la première couche de notre terre, celle des pots de fleur nous dit-on, se cache un véritable matériau (...)

Nadja Pobel | Mardi 15 mars 2016

De la terre à la hutte

Nous marchons dessus sans la prendre en compte. Sous la première couche de notre terre, celle des pots de fleur nous dit-on, se cache un véritable matériau de construction que cette exposition (coréalisée avec la Cité des sciences et un laboratoire de l’ÉNS d’architecture de Grenoble) s’attache à disséquer. Si l’entrée en matière se fait par l’aspect artistique (des traces de terre séchée, devenues tableaux) via le beau travail de Daniel Duchert et une mosaïque de différentes couleurs de terre, c’est d’aspects plus prosaïques dont il est question ensuite afin de révéler comment avec un agglomérat de grain, d’eau et d’air, il est possible de bâtir des maisons en pisé, adobe, bauge et torchis, de la ferme de la Forêt à Courtes (dans l’Ain) aux maisons togolaises et indiennes représentées par de magnifiques maquettes. Passée cette phase de contemplation, il s’agit surtout d’expérimenter cette matière à travers des installations ludiques, didactiques et interactives pour montrer qu’un sac de terre n’est jamais plein, que l’eau permettant aux grains de se tenir entre eux peut aussi réduire à néant une édification, dès lors que le sol est trop secoué. Idé

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Le Musée des Confluences emporté par la foule

ACTUS | Quand fin décembre 2014 le musée des Confluences a enfin ouvert, sa directrice Hélène Lafont-Couturier visait 500 000 visiteurs dans l’année. (...)

Nadja Pobel | Mercredi 2 mars 2016

Le Musée des Confluences emporté par la foule

Quand fin décembre 2014 le musée des Confluences a enfin ouvert, sa directrice Hélène Lafont-Couturier visait 500 000 visiteurs dans l’année. Cette barre symbolique a été franchie en six mois. Le 9 février, le millionième curieux poussait les portes de ce nuage de verre, amenant Confluences à totaliser plus de monde que la somme de tous les autres musées municipaux (Gadagne, MAC, Beaux-Arts…) sur l’exercice 2015. Le chiffre le plus emblématique de l’engouement suscité par ce lieu dédié à l’Homme réside sans doute dans les 26 000 pass annuels délivrés, un moyen pour chacun des acquéreurs de revenir autant de fois qu’il le souhaite en échange de 30€ (pour les adultes). Pour savoir qui sont ces promeneurs, un observatoire des publics a été mis en place cet été et il révèle que 94% d’entre eux sont Français. Mais dans les 6% restants figurent pas moins de 180 nationalités (voisins en tête : Suisses, Italiens, Allemands, Anglais). Autre enseignement : les Hexagonaux viennent très majoritairement de Rhône-Alpes (77%) voire de Lyon (31%). Enfin, le temps passé au musée varie en moyenne entre deux et trois heures, signifiant que les visiteurs ne s’ennuient p

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Entre deux rives

MUSIQUES | C'était l’occasion rêvée pour le Grame d’être au coeur de l'actualité, visible et investi. Son directeur, James Giroudon, a en effet scellé des liens (...)

Pascale Clavel | Mardi 3 novembre 2015

Entre deux rives

C'était l’occasion rêvée pour le Grame d’être au coeur de l'actualité, visible et investi. Son directeur, James Giroudon, a en effet scellé des liens durables avec la Corée depuis fort longtemps, donnant à entendre au public lyonnais à maintes reprises la grande diversité de sa musique. Cette saison, le pari est encore plus étonnant. On connaît du Grame son foisonnement d’idées novatrices, la richesse de ses rencontres, l'exigence de ses recherches sur des mondes insoupçonnés. Pour l’année de la Corée en France, il entend mettre en perspective la culture musicale traditionnelle et la création contemporaine des deux pays. Du 6 au 20 novembre, c’est un parcours quasi initiatique qui nous est ainsi proposé, en cinq rendez-vous dans trois lieux coutumiers de ce type de décloisonnement. Contrepoint C’est au TNG -Les Ateliers que tout commence, avec Un chemin de sable blanc de Marie-Hélène Bernard. Une oeuvre singulière pour chanteuse de pansori, percussions et création vidéo pensée comme une rêverie. Genre musical emblématique de la Corée, reconnu "Patrimoine mondia

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Coup d’œil sur la rentrée des musées historiques

ARTS | Pour rendre un peu de dignité à ce monde affolé, rien de mieux que de filer au CHRD dont l’expo permanente – d’une qualité irréprochable, on ne (...)

Nadja Pobel | Mardi 15 septembre 2015

Coup d’œil sur la rentrée des musées historiques

Pour rendre un peu de dignité à ce monde affolé, rien de mieux que de filer au CHRD dont l’expo permanente – d’une qualité irréprochable, on ne le redira jamais assez – voisinera de février à mars avec Rêver d’un autre monde. Représentation du migrant dans l’art contemporain. Il ne s’agit pas là pour le musée de surfer sur cette actu brûlante – l'exposition a été pensée bien avant la vague d’émotion de ce début de mois – mais d'une sorte de continuité aux mémorables Voyages pendulaires (sur une famille de Roms roumains de Lyon) et Tchétchènes hors sol qui traitaient déjà de l’exil. Point de photoreportage cette fois, mais une matière purement artistique qui devrait permettre d'aborder par l'intime et en profondeur ce sujet douloureux. Sur cette idée de survie en terre hostile, le musée Gadagne propose lui une expo longtemps promise et très imagée : Guignol 14-18 (de novembre à février). Ou comment la marionnette populaire s’est faite tour à tour critique et patriotique, à l’avant comme l’arrière du front. Et puisque, en tant que musée historique de l

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L'enfant fossile et autres racontars

CONNAITRE | Raconter l'homme. Tel est l'objet, vous le savez, du Musée des confluences. Tel est aussi celui, peut-être vous l'apprend-on, des Récits d'objets qu'il édite (...)

Benjamin Mialot | Mardi 24 février 2015

L'enfant fossile et autres racontars

Raconter l'homme. Tel est l'objet, vous le savez, du Musée des confluences. Tel est aussi celui, peut-être vous l'apprend-on, des Récits d'objets qu'il édite en partenariat avec Invenit, de courtes fictions nourries par les trésors que renferment ses réserves – de même que cette maison basée à Tourcoing invite depuis 2010 des écrivains à mettre des mots sur des chefs-d'oeuvre de la peinture. A ce jour, ils sont quatre à s'être prêté au jeu avec plus ou moins de succès : Valérie Rouzeau, qui a tiré d'un fragment de météorite des poèmes astronomiques confondant de mièvrerie ; Jean-Bernard Pouy, narrateur d'une amusante enquête picturale impliquant un téléphone S63 ; Emmanuelle Pagano, dont le récit familial au cœur de l'Italie fasciste est aussi délicatement brodé que le châle de soie de mer à son origine ; et enfin Philippe Forest. Son Enfant fossile est sans surprise l'ouvrage le plus accompli de cette singulière collection, l'auteur du Chat de Schrödinger y faisant une fois encore de cette blessure inguérissable que fut le décès de sa fille – dont le souvenir s'incarne ici, en écho à son tout premier roman, L'Enfant éternel, d

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Les chariots de glace

ARTS | Alors que se prolongent la très érudite mise en valeur des Trésors d’Emile Guimet et l'époustouflante Chambre des merveilles, le Musée des Confluences reçoit pour (...)

Nadja Pobel | Mardi 3 février 2015

Les chariots de glace

Alors que se prolongent la très érudite mise en valeur des Trésors d’Emile Guimet et l'époustouflante Chambre des merveilles, le Musée des Confluences reçoit pour sa troisième exposition temporaire un projet qu’il a coproduit et déjà présenté à l’American Museum of Natural History de New York ainsi qu'au Royal BC Museum de Victoria (Canada) : un récit des folles équipées parallèles et concurrentes de Norvégiens et Britanniques en direction du Pôle Sud entre 1911 et 1912. Et pour une fois, on ne vous dira pas qui gagne à la fin. Déambulatoire et chronologique, avec de grandes maquettes réalisées à partir de précieuses photographies d’époque, le parcours est quasi immersif. On y voit d'abord les aventuriers se préparer comme des grands champions. Chacune des équipes élabore minutieusement son voyage, en bateau d’abord, pour rejoindre l’Antarctique, puis à pied avec un groupe plus réduit le long d'une marche sur près de 3000 km al

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À l’origine...

ARTS | Aussi surprenant que cela puisse paraître, l’espace dédié aux expositions temporaires est plus important que celui accordé à leur voisine permanente (2800 m² (...)

Nadja Pobel | Mardi 23 décembre 2014

À l’origine...

Aussi surprenant que cela puisse paraître, l’espace dédié aux expositions temporaires est plus important que celui accordé à leur voisine permanente (2800 m² contre 1900 m²). Il faut dire qu’avec pas moins de 2, 2 millions d’objets en sa possession, le Musée des confluences a de la ressource. Histoire d'en montrer un maximum dès l'ouverture, il a fait le choix, judicieux, de rendre hommage à celui qui a commencé cette collection, Emile Guimet, et à la manière dont étaient présentées ses trouvailles au XVIIIe siècle : dans des cabinets de curiosité, véritables "chambres des merveilles", ainsi que le souligne le titre de l’expo. Plus de 800 pièces sont ici présentées, dans un foisonnement dont le désordre n’est qu’apparent. Tout est au contraire parfaitement agencé, en un clin d'oeil aux premières classifications, si bien que l’ensemble forme quasiment un tableau pictural avec ses rosaces faites de poissons et ses alignements quasi-pointillistes de coccinelles épinglées. Contempler ces joyaux est une chose, voyager pour les découvrir puis les porter à la connaissance de ses congénères en est une autre qu’Emile Guimet (1836 - 1918) s’est ingénié à faire à Dresd

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Musée des confluences : la tête dans le Nuage

ARTS | Raconter l’homme. L’ambition du Musée des confluences est conséquente et, après avoir entendu bien des discours et lu quantité de notes d’intention, une chose (...)

Nadja Pobel | Mardi 23 décembre 2014

Musée des confluences : la tête dans le Nuage

Raconter l’homme. L’ambition du Musée des confluences est conséquente et, après avoir entendu bien des discours et lu quantité de notes d’intention, une chose est certaine : le pari est réussi, tant la balade dans ses salles est non seulement instructive, mais aussi et surtout émouvante. Ce geste qui se déploie pour dire d’où nous venons, comment nous interagissons avec les éléments, comment nous mourrons, n’avait pourtant rien d’évident quand, en 1996, Michel Mercier, président du Conseil Général du Rhône, demanda à Jean-Jacques Pignard, en charge de la culture, de mener à bien une réflexion sur le devenir du musée Guimet. Dans le même temps, le maire de Lyon, Raymond Barre, lançait un comité de pilotage sur la création d’un musée des sciences, des techniques et des sociétés. Les scientifiques mobilisés étant bien souvent présents dans l’un et l’autre des cercles, il fut décidé de ne construire qu’une seule institution mêlant tous ces champs de connaissances. «Nous n'avons pas fait un musée pour le mammouth de Choulans ou la girafe Sophie précise ainsi Jean-Jacques Pignard, mais un musée sur l’homme et les mystères de l’homme. C’est presque un musée philo

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Confluence à la pointe

ARTS | Ce samedi à 10h, le public pourra enfin découvrir de l’intérieur ce drôle de nuage à la pointe du Confluent, entre Rhône, Saône et autoroute. Une chose est certaine, (...)

Nadja Pobel | Jeudi 18 décembre 2014

Confluence à la pointe

Ce samedi à 10h, le public pourra enfin découvrir de l’intérieur ce drôle de nuage à la pointe du Confluent, entre Rhône, Saône et autoroute. Une chose est certaine, le ravissement opère, les volumes d'une architecture conçue pour canaliser la lumière permettant même de défier la météo grise. Pour accéder aux étages, et donc aux expositions (les temporaires au niveau 1, les permanentes au niveau 2), il est possible d’emprunter un escalier, un escalator ou une rampe épousant le cristal, cet immense hall d’accueil de 12m sous plafond. Bien sûr le musée aura couté cher, très cher et certainement plus cher qu’il n’aurait du en raison des difficultés des constructeurs à édifier ce monument complexe (voir tous les détails dans cet article de nos confrères de Rue89Lyon). Mais les collections laissent bouche bée par leur richesse et leur présentation. Grâce au choix de confier à trois scénographes différents les quatre espaces permanents, c’est à chaque fois un univers très singulier qui s’offre au visiteur, invité à appréhender rien moins que notre histoire.

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Confluence, ouvre-toi !

ARTS | Bien sûr il y a, à première vue, ce bâti de verre, qui se dresse en mouvements ondulatoires à la pointe du confluent du Rhône et de la Sâone, mais aussi au cœur (...)

Nadja Pobel | Mardi 16 septembre 2014

Confluence, ouvre-toi !

Bien sûr il y a, à première vue, ce bâti de verre, qui se dresse en mouvements ondulatoires à la pointe du confluent du Rhône et de la Sâone, mais aussi au cœur d’un nœud autoroutier étouffant. Avec ce projet qui lui a été confié en 2001, l’agence autrichienne Coop Himmelb(l)au est restée fidèle jusqu'à son nom, jeu de mots élaboré à partir des termes ciel (himmel), bleu (blau) et construction (bau). Cette combinaison de trois unités architecturales, le nuage, le cristal (la grande salle d’accueil) et le socle, est leur première réalisation en France ; ils sont par ailleurs les auteurs du Akront Art Musuem dans l’Ohio ou du futur siège de la Banque Centrale Européenne à Francfort. En attendant de pouvoir marcher sur la terrasse, bienvenue dans l’antre de cet édifice qui ne sera pas seulement un muséum d’histoire naturelle, mais aussi un carrefour des sciences humaines et des techniques, décliné dans quatre espaces pensés par trois scénographes différents : "les origines", "les espèces", "les sociétés" et "les éternités". Plus qu’un museum Derrière une approche philosophique du monde se cachent plus de deux millions d’objets, i

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Soyez les premiers à visiter le Musée des confluences

ARTS | En amont de son inauguration, le Musée des confluences organise des visites test. Leur but : mettre les installations à l'épreuve, observer le comportement (...)

Benjamin Mialot | Lundi 25 août 2014

Soyez les premiers à visiter le Musée des confluences

En amont de son inauguration, le Musée des confluences organise des visites test. Leur but : mettre les installations à l'épreuve, observer le comportement des visiteurs et, bien sûr, recueillir de premiers avis critiques. On ne sait pour le moment à quelles dates elles se dérouleront, mais pour en être informé et y prendre part, il vous suffit de vous inscrire à cette adresse : http://www.museedesconfluences.fr/contacts/contact2.php

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EXPO - Passages, Afriques et créations

ARTS | À partir du 28 mai et jusqu'au 24 juillet, le Musée des Confluences organise une vaste manifestation dédiée aux créations africaines en général (musique, cinéma, (...)

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 20 mai 2010

EXPO - Passages, Afriques et créations

À partir du 28 mai et jusqu'au 24 juillet, le Musée des Confluences organise une vaste manifestation dédiée aux créations africaines en général (musique, cinéma, littérature...) et à la photographie en particulier. Une dizaine d'expositions ont lieu en différents endroits de la ville avec notamment le célèbre portraitiste malien Malick Sidibé, le sénégalais Oumar Ly, de jeunes pousses primés aux dernières Rencontres photographiques de Bamako et quelques artistes occidentaux travaillant en Afrique (Thomas Chable, Isabelle Munoz, des étudiants de l'Ecole des Beaux-Arts...). La Fondation Bullukian constitue l'épicentre de la manifestation et l'on pourra notamment y rencontrer l'ensemble des artistes. JED

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Débats consonances

CONNAITRE | Le Musée des Confluences et le Théâtre de la Renaissance organisent un nouveau cycle de débats. Des rendez-vous ayant pour but de débattre de sujets de société, (...)

Dorotée Aznar | Lundi 22 février 2010

Débats consonances

Le Musée des Confluences et le Théâtre de la Renaissance organisent un nouveau cycle de débats. Des rendez-vous ayant pour but de débattre de sujets de société, organisés en écho aux spectacles de la saison avec des chercheurs, des journalistes et des artistes. Le premier rendez-vous est donné le 4 mars à 19 heures au Théâtre de La Renaissance sur le thème Crise économique, 1929 la seule référence ? en lien avec le spectacle «The Tender Land» mis en scène par Jean Lacornerie (entrée libre).

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Squatteurs

CONNAITRE | Faute de murs, l’équipe du Musée des confluences a décidé de s’installer dans des lieux insolites. C’est à la chambre de commerce et d’industrie (CCI) que se (...)

Dorotée Aznar | Vendredi 12 février 2010

Squatteurs

Faute de murs, l’équipe du Musée des confluences a décidé de s’installer dans des lieux insolites. C’est à la chambre de commerce et d’industrie (CCI) que se tiendra l’exposition «Observer, de l’infime au lointain» à la découverte d’objets scientifiques ou techniques, jusqu’au 26 février. Des contes, des concerts et des spectacles seront également proposés au public cette semaine à la CCI (voir programmes en page 9).

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