La Fête du Livre de Bron jette l'éponge et se réfugie à son tour dans le virtuel

Littérature | La traditionnel rendez-vous de mars fidélisant les amateurs de littérature n'aura pas lieu cette année — et se contentera d'une édition virtuelle, comme plusieurs autres événements (Assises Internationales du Roman, Quais du Polar...) l'ont fait l'année dernière.

Sébastien Broquet | Mardi 2 février 2021

Photo : © Fête du Livre de Bron / Paul Bourdrel


En 2020, ayant avancé ses dates pour ne pas se superposer aux élections municipales, la Fête du Livre de Bron avait réussi à se tenir tout à fait normalement et à ne pas intégrer la longue liste des événements annulés, toujours en cours d'élaboration — et ce sans doute jusqu'à l'automne prochain. Mais pour cette 35e édition de 2021, c'est rapé : « après avoir tenté, avec enthousiasme et persévérance, de proposer un festival en présence des auteurs et du public, l'association s'est résolue à transformer la 35e édition de la Fête du Livre de Bron en un événement 100% digital. Une formule inédite et attractive, entièrement en ligne, qui se déploiera sur les réseaux sociaux et le tout nouveau site de la Fête du Livre de Bron, appelé dans l'avenir à constituer un véritable média numérique autour de la littérature, des sciences humaines et de la littérature jeunesse. Dans le contexte actuel, l'équipe de la Fête du Livre de Bron est plus que jamais convaincue de la nécessité de donner la parole aux écrivains, aux intellectuels et aux artistes pour comprendre le temps présent et envisager le monde qui vient. Même s'il manquera la chaleur humaine d'un festival habituel, nous sommes certains que cette édition en ligne, organisée avec le plus d'exigence, d'inventivité et de plaisir possible, permettra à tous une belle échappée littéraire vers un invincible été » ont déclaré les organisateurs dans un communiqué.

Comme pour les Assistes Internationales du Roman, Mode d'Emploi, Quais du Polar ou encore Lyon BD Festival, cette édition online permettra de maintenir le lien avec le public et avec les collectivités subventionnant l'événement — la grande angoisse de nombre de structures étant de se faire couper une partie des vivres par les tutelles à l'issue de ce qui s'annonce comme une seconde année blanche pour beaucoup.

Rendez-vous en mars sur vos écrans, donc : « cette formule digitale du festival se basera sur la programmation que nous avions établie pour une édition en présentiel, autour d'un thème très actuel, Un invincible été (inspiré du mot de Camus) et des auteurs de grande notoriété comme Leïla Slimani, Hervé Le Tellier, Emmanuel Guibert, Charif Majdalani, Lola Lafon ou Bruno Latour, mais aussi de jeunes écrivains comme Guillaume Poix, Hugo Lindenberg, Victor Pouchet... et des auteurs-illustrateurs pour le jeune public : Marc Boutavant, Gaëtan Dorémus, Marine Schneider, Raphaële Frier... La 35e Fête du Livre de Bron se déploiera donc du 10 au 28 mars prochain avec une quarantaine d'invités. »

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Fête du Livre de Bron : une programmation invincible et bien visible

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Une cinquantaine d'invités, un événement on line (et non on hippodrome, comme d'usage) étalé sur trois semaines, telle est la formule choisie de l'édition 2021 de La Fête du livre de Bron placée sous le signe de L'invincible été camusien qui ferait ici, davantage que de thème, office de devise de résistance, de vaccin contre la fatalité. Et si rien ne remplacera dans les cœurs des lecteurs une version "en présentiel", selon la formule désormais consacrée, on pourra quand même se contenter d'une jolie programmation tout à la fois resserrée (le nombre d'auteurs : réduit) et rallongée (dans la durée : trois semaines au lieu de cinq jours). Programmation qui, il faut le préciser, s'inspire plus que largement de celle imaginée pour l'édition en bugne à bugne envisagée dans un premier temps. Au programme donc, et comme nous l'expliquait il y a peu Yann Nicol, directeur de l'événement : des rendez-vous récurrents chaque week-end (entendre « s

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Yann Nicol : « se contenter d'attendre le retour à la normale n'est pas raisonnable »

Le 2 février, la Fête du Livre a annoncé qu'elle se tiendrait en numérique. Une annonce qui a mis par terre plusieurs mois de préparation d'une édition qui se voulait adaptée à la situation sanitaire. Yann Nicol : Nous avons poussé jusqu'au bout pour essayer de tenir les choses mais au bout d'un moment la persévérance devient de l'entêtement. On a essayé de se mettre en situation de pouvoir répondre, d'être prêt avec une formule "en présentiel", comme on dit, plus adaptable. On avait notamment décidé de ne pas organiser le festival à l'hippodrome de Parilly parce que c'était un lieu très vulnérable à la fermeture, qui nous coûte cher, comme les locations de chapiteaux. Je ne voulais pas mettre de l'argent dans un lieu qui aurait trois chances sur quatre d'être fermé, ça me semblait complêtement déraisonnable. Et ouvrir l'hippodrome avec une jauge de 500 personnes, ça promettait d'être absolument sinistre. M

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La Fête du Livre de Bron revient en mars 2021

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Stéphane Duchêne | Mardi 30 juin 2020

La Fête du Livre de Bron revient en mars 2021

Après avoir avancé son édition 2020 en février pour des raisons de calendrier — ce en quoi les organisateurs ont été involontairement bien inspirés — la Fête du Livre de Bron réintégrera l'an prochain ses quartiers du mois de mars. Pour sa 35e édition, le festival brondillant se tiendra du 3 au 7 mars 2021. En attendant, podcasts (des rencontres des éditions passées notamment mais aussi du Bookmakers mensuel proposé par Richard Gaitet sur Arte radio — et conseils de lecture sont à retrouver sur le site de la Fête du Livre. Et en septembre, on connaîtra les livres sélectionnés pour le Prix Summer, remporté cette année par Anne Pauly avec Avant que j'oublie, et dont le vainqueur est désigné par un panel de lecteurs régionaux.

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Vous remodelez votre cycle de résidence et de rencontres à Lyon en une forme nouvelle, des conversations nocturnes chaque dimanche soir : pouvez-vous nous présenter ce concept et comment il va se dérouler ? Camille de Toledo : Je crois ardemment aux vertus d’une conversation croisée entre les arts et les sciences humaines, entre une poétique et une politique, entre thérapeutique et savoir. C’est à cette intersection que nous avons lancé avec l’École Urbaine de Lyon, la Fête du Livre de Bron et l’European Lab, en janvier dernier, le cycle "Enquêter, enquêter, mais pour élucider quel crime ?". Nous vivons aujourd’hui à l’heure d’une très vaste révélation d'un "crime terrestre", ce qu’on nomme également en droit un écocide, même si la notion n’est pas encore, hélas, reconnue pénalement. Quand nos affaires humaines, à l’échelle planétaire, ont été interrompues par cet

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[Edit-Fête du Livre] D'où vient que les écrivains mettent parfois la moitié d'une vie - cinq, dix livres - pour écrire le livre que porte depuis la première ligne leur geste littéraire, s'affronter yeux dans les yeux au sujet pour lequel ils s'installent chaque jour à l'écritoire et qui supporte, subliminal, l'œuvre jusque-là délivrée ? Eux-mêmes ont rarement la réponse, probablement à chercher du côté d'une maturation psycho-généalogique qui soudain bourgeonne à découvert, nue comme un ver et qu'on ne peut plus ignorer. La question est particulièrement sensible s'agissant de Santiago Amigorena qui depuis 21 ans écrit pour dire qu'il ne peut pas dire, aveu formalisé en préambule de ce Ghetto Intérieur à l'évocation d'une œuvre autobiographique qui porte un abyssal non-dit. Soit l'histoire du grand-père Vicente Rosenberg, juif polonais devenu argentin - qui ne se sent aucun des trois - à qui parviennent dès 1940 des nouvelles de plus en plus funestes de Pologne où les Juifs, son frère, sa mère, restés à Varsovie, sont parqués dans un ghetto dont il peine à mesurer les contours, à comprendre ce qui vraiment

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Qu'est-ce qui a présidé à la démarche de ce livre et pourquoi cette histoire-là ? Laurent Binet : C'est une invitation au salon du livre de Lima qui m'a fait m'intéresser à la conquête de l'Amérique, aux pré-Colombiens. Un livre de Jared Diamond, aussi, De l'inégalité parmi les sociétés, dans lequel il pose la question : « Pourquoi est-ce Pizarro qui est venu capturer Atahualpa au Pérou et pas Atahualpa qui est venu capturer Charles Quint en Europe ? » Là, je me suis dit que j'allais raconter cette histoire alternative. Vous semblez avoir conçu Civilizations comme un scénario de jeu vidéo, dont le lecteur serait le héros... Le "z" du titre est effectivement une référence au jeu vidéo. Et j'ai conçu l'histoire de ce livre comme un jeu de stratégie. Comment on fait pour conquérir u

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Après "La vie sauvage" l'an dernier qui illustrait autant un désir de retour à la nature que la sauvagerie du libéralisme triomphant, La Fête du Livre de Bron a dégainé pour cette édition 2020 anticipée un thème toujours fort à propos qui clame "Une soif d'idéal" dans ce monde où la moindre utopie, inspiration révolutionnaire toute entière contenue dans le "rouge idéal" baudelairien étouffe sous le poids d'un pragmatisme au cynisme rampant. La formule, elle, ne change pas qui alterne grands entretiens, tables rondes et lectures concepts (François Atlas et ses Fleurs du mal musicales, Charly Delwart et sa Databiographie). Et bien sûr grands noms (Jean-Paul Dubois, Leonora Miano, Jonathan Coe, Luc Lang, Laurent Binet) et semi-découvertes prises en flagrant délit de confirmation (Emma

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C'est avec un peu d'avance sur les temps de passage habituels que la Fête du Livre de Bron a dévoilé les premiers noms d'auteurs et autrices invités à partager leur « soif d'idéal » – thème de la cuvée 2020. Il faut dire que l'événement se déroulera un peu plus tôt que précédemment puisque cette édition investira l'hippodrome de Parilly du 12 au 16 février. Avant le dévoilement complet du programme le 9 janvier prochain, voici déjà les quelques noms avancés : notre bien aimée Emmanuelle Pireyre, comme éminente régionale de l'étape que l'on verrait bien dialoguer en sa chimère européenne avec le brexité Jonathan Coe, également de la partie ; Lionel Duroy ; Mathilde Forget et une brassée d'écrivains nouvellement décorés : Laurent Binet (Grand Prix de l'Académie française), Luc Lang (Prix Médicis), Cécile Coulon (Prix littéraire du Monde), Manuel Vilas (Prix Femina étrange

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Prix Summer 2020 : la sélection

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Chaque année, La Fête du Livre de Bron remet son prix littéraire au moment du Festival qui aura lieu cette année du 12 au 16 février. Le prix Summer, c'est son nom, est décerné par un collège de lecteurs issus de 42 médiathèques de la métropole. Il avait l'an dernier récompensé Tiffany Tavernier pour Roissy (Sabine Wespieser). Comme de saison, la Fête du livre vient de dévoiler la liste des cinq romanciers en lice pour l'édition 2020 : Julia Deck pour Propriété privée (Minuit), Hélène Gaudy pour Un Monde sans rivages (Actes Sud), Vincent Message pour Cora dans la spirale (Seuil), Anne Pauly pour Avant que j'oublie (Verdier) et Sylvain Prudhomme pour Par les Routes (L'arbalète/Gallimard).

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Fête du Livre de Bron Retour à une thématique cette année, et même à une thématique forte pour la Fête du Livre de Bron qui explorera les recoins littéraires de "La Vie sauvage" : animalité de l'humain, violence du monde, libéralisme sauvage, question environnementale mais aussi subversion et insoumission. Où l'on retrouvera notamment le prix Goncourt Nicolas Mathieu pour Leurs enfants après eux (pour une collaboration qui s'annonce savoureuse avec le musicien Florent Marchet), mais aussi de nombreux autres comme Serge Joncour, David Diop, Charif Majdalani, Marielle Macé, Pascal Blanchard. Florence Aubenas, Andreï Kourkov, Domonique A, François More, FabCaro ou Jérôme Ferrari. Plus de détails sur cet alléchant programme le 23 janvier. À l'Hippodrome de Parilly du 6 au 10 mars Quais du Polar En dépit du réchauffement climatique, ils seront un peu glacés, cette année, les Quais du Polar. Le festival ayant choisi de rendre hommage au polar nordique et à ses joyeuses spécificités littéraires, culturelles et politiques. En invitant pas moins de 25 auteurs

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Cette année, le Prix des lecteurs de la Fête du Livre de Bron a adopté le nom de Prix Summer, en référence au roman lauréat de 2018, signé Monica Sabolo. Pour l'attribution du prix, les organisateurs proposent toujours aux lecteurs de 37 médiathèques et bibliothèques de l'agglomération de choisir parmi cinq ouvrages et cinq auteurs à découvrir, lors de dix rencontres en bibliothèques, le roman de la rentrée littéraire de l'automne. Le prix étant remis lors de la Fête du Livre le vendredi 8 mars. Parmi les auteurs sélectionnés, l'on trouve notamment le lauréat du Prix Goncourt 2018 Nicolas Mathieu avec son roman Leurs enfants après eux (Actes Sud). Lequel répondra, en public, aux questions du groupe de lecteurs de la Médiathèque Jean Prévost de Bron le 12 décembre prochain à 19h. Une rencontre suivie d'une dédicace qui constituera un bel avant-goût de la Fête du Livre dont Nicolas Mathieu sera l'un des invités marquants.

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Les premiers commentaires sur Le Dossier M se rapportaient surtout à son format hors-norme... Pensiez-vous qu'il soit encore possible de publier une œuvre d'une telle ampleur en 2018, sans faire reculer éditeurs, libraires, journalistes, lecteurs ? Grégoire Bouillier : C'est une question qui s'est posée seulement le livre fini. Pour ma part, j'avais une histoire à raconter et je ne suis pas du tout parti avec l'idée de faire un gros livre, d'autant plus que les précédents étaient brefs. C'est l'histoire que j'avais à raconter qui a décidé du format que ç'a donné à la fin. Ce n'était pas du tout prémédité. Comme le dit la phrase d'exergue, de John Coltrane, « je suis parti d'un point pour aller jusqu'au bout » et ce point, c'était le suicide de Julien. À partir de là, il fallait que je raconte toute l'histoire – toute l'histoire de M – comme une sorte d'enquête conduisant à élucider pourquoi Julien s'était suicidé. J'avais un certain nombre de scènes en tête qui formaient un che

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Nadja Pobel | Mardi 6 mars 2018

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À trop mettre en abîme ses personnages, Lola Lafon perd parfois son lecteur. Pourtant, cette opacité est à l'image de son sujet-même. Patty Hearst a-t-elle adhéré de son plein gré à la cause de ses ravisseurs ? Flash-back. En 1974, l'héritière de 19 ans d'un magnat de la presse est enlevée sur un campus américain par la SLA, une armée de libération symbionaise, groupuscule révolutionnaire quasi inconnu qui réclame une rançon, non pour se constituer un butin mais pour redistribuer l'argent à ceux qui en ont besoin. La post-ado découvre alors une autre Amérique que celle des nantis et s’aperçoit que sa famille bien-sous-tous-rapports lui attribue une valeur, celle qu'elle accepte ou non de verser. Cela aura pu suffire à faire un roman, mais Lola Lafon s’intéresse à d'autres femmes, une professeur américaine (Gene Neveva) venue en France pour faire décortiquer à une étudiante française, Violette, les archives de ce fait divers. Il est question de l'émancipation de chacune de ses femmes comme des Mercy et Mary du titre, des Amérindiennes elles aussi enlevées aux XVIIe et XVII

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Stéphane Duchêne | Mardi 23 janvier 2018

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Donnant au départ dans le polar, l'écrivain et scénariste Pierre Lemaître connut la consécration en 2013 avec le roman Au revoir là-haut, sa première incursion hors du genre policier, qui retrace la trajectoire de deux anciens poilus qui tentant de trouver une place dans la société d'après Grande guerre mettent au point une arnaque aux monuments aux morts. Prix Goncourt 2013, Au revoir là-haut fut adapté en BD en 2015 par l'auteur lui-même avant de connaître un second succès suite à sa transposition cinématographique réussie par Albert Dupontel sortie en octobre de l'année dernière. Soit quelques semaines avant la suite d'Au revoir..., second volet très attendu de la trilogie dite "Péricourt". Couleurs de l'incendie, paru en cette rentrée de janvier, met en scène Madeleine Péricourt – la sœur ruinée de la gueule cassée d'Au Revoir là-haut, Édouard – dans la fureur cruelle des années 30. Un roma

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Fête du livre de Bron La thématique, c'est fini. Désormais, la Fête du Livre de Bron, richesse littéraire oblige, s'articulera sous formes de cycles thématiques à même de lui rendre justice : l'enfance comme pays natal, la vie des autres, le roman familial, le rapport à l'Histoire, le roman social, la littérature de voyage seront autant de points d'ancrage avec les auteurs conviés à cette 32e édition de l'incontournable festival littéraire brondillant. Parmi eux, on retrouvera, comme d'usage, quelques unes des grandes plumes de la rentrée de septembre : Delphine Coulin, Pierre Ducrozet, François-Henri Désérable, Yannick Haenel, prix Médicis pour Tiens ferme ta couronne, Christophe Honoré, Lola Lafon, Monica Sabolo, Marie Richeux, mais aussi des "auteurs de janvier" comme Pierre Lemaître qui honorera dès le 24 janvier une rencontre à la Médiathèque de Bron au

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Tanguy Viel : « Obtenir réparation par le récit »

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Qu'est-ce qui a présidé – l'idée, l'image, la situation – à l'écriture d'Article 353 du Code pénal ? Cette scène de meurtre qui ouvre le livre, comme pour s'en débarrasser ? Tanguy Viel : Pour qu'il y ait vraiment roman, il fallait qu'il y ait un acte dramatique fort. Donc la première scène, la scène du meurtre [le narrateur jette à la mer l'agent immobilier qui l'a arnaqué, NDLR], est une des premières que j'ai écrite, même si je savais qu'elle était pratiquement de l'ordre du dénouement. Mais je ne dirais pas que c'est forcément la première idée qui m'a inspiré le livre. D'abord il y a cette histoire toute bête d'imaginer un type qui allait installer une station balnéaire dans la rade de Brest. Le caractère presque absurde du projet était en fait une sorte d'idée romanesque dont je ne voyais pas trop ce que j'allais faire. Et presque parallèlement à ça, ce qui est né, c'est la figure du narrateur, Martial Kermeur. Ce qui m'

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Marie Modianesque

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Stéphane Duchêne | Mardi 7 mars 2017

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Comédienne, ayant étudié l'art dramatique à la Royal Académie de Londres, poète, chanteuse et écrivain, on connaît Marie Modiano pour un recueil de poésie, Espérance mathématique, pour ses albums dont l'un est la mise en musique du recueil précité, par son compagnon Peter Von Poehl, et pour un étrange roman baptisé Upsilon Scorpii. On la connaît évidemment aussi pour être la fille d'un Prix Nobel de Littérature, Patrick Modiano. Une filiation difficile à passer sous silence. En revanche, on la connaît un peu moins pour une histoire toute personnelle, intime, qui est aussi un petit bout d'Histoire de la littérature et qu'elle raconte dans Lointain son deuxième roman. Une histoire comme on ne les invente pas, insatiablement romanesque : celle de sa rencontre, adolescente, avec un jeune américain en 1994 sur le Pont des Arts. Un type un peu errant, musicien, poète, écrivain, qu'elle ramènera à la maison et dont elle finira par découvrir qu'il est l'auteur d'un gigantesque manuscrit écrit en pattes de mouches sur lequel il est urgent de se penche

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William Marx : « La Haine vaut mieux que l'indifférence »

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Stéphane Duchêne | Mercredi 2 mars 2016

William Marx : « La Haine vaut mieux que l'indifférence »

Pourquoi vous être intéressé à La Haine de la Littérature ? William Marx : Il faut comprendre ce livre comme une déclaration d'amour à la littérature, mais une déclaration à l'envers. Cette discipline est en but depuis la plus haute antiquité à une hostilité très forte, et c'est peut-être ce qui l'a construit. Il me semblait important de la resituer dans ce contexte, d'énumérer l'ensemble des arguments qui lui ont été objectés et surtout d'y répondre. Ce livre se présente comme un éloge paradoxal de la littérature : à chaque attaque, parfois ridicule, j'oppose un antidote. On est surpris d'apprendre que les premiers pourfendeurs de la littérature furent les plus grands philosophes. L'ensemble des arguments énoncés depuis 2500 ans contre la littérature se trouvent quasiment tous chez Platon. La philosophie, historiquement, est née contre la poésie et ce discours que nous appelons aujourd'hui littérature. À l'époque, Platon rêve d'un État autoritaire totalement idéologique qui serait dirigé par les philosophes. Il va donc essayer de contester un certain nombre d'autres autorités, comme celle du poète – qui a alors

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Résultat du concours Fête du livre de Bron

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Benjamin Mialot | Samedi 7 mars 2015

Résultat du concours Fête du livre de Bron

A l'occasion de sa 29e édition, la Fête du livre de Bron s'est associée au Petit Bulletin pour vous faire gagner une sélection d'ouvrages d'auteurs invités. Pour cela, il vous fallait vous fendre d'un texte répondant à la question posée cette année par la Fête : "qu'est-ce qu'on a en commun ?". Vous avez été nombreux à participer (et nous vous en remercions) mais, comme dans Highlander, il ne pouvait en rester qu'un. Il se nomme Daniel Ostfeld et voici sa production : Quelques poils sur le bord de mon oreille. En désordre. Ils me dérangent. J'ai vu les mêmes chez mon voisin et cela m'agace. Quand je regarde mon visage de très près dans la glace, des tempes jusqu'au menton, j'aperçois les pores qui constellent la surface de ma peau, et de toutes petites lignes qui les relient les uns aux autres. Ici et là, quelques poils égarés. Tout cela compose une toile d'une relative harmonie. Ces petites lignes, qui ne sont pas encore des rides mais pourraient le devenir, je les ai vues aussi sur le poignet de mon bébé, ça m'a ému. Comme si elles étaient la preuve qu'il était membre de plein droit de la communauté des hommes. Des

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Belle de nuit

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Il le dit souvent, c'est la première phrase qu'il écrit qui lui indique quelle suite prendre. Philippe Djian est un auteur qui travaille sans plan et, jusqu'à présent, cela lui a plutôt réussi. Pour décrypter son nouveau roman, Chéri-chéri (Gallimard), il importe donc de se pencher sur sa première phrase, et même sur son premier paragraphe : «Le jour on m'appelait Denis. J'étais un écrivain qui connaissait un certain succès et qui avait la dent dure, comme critique. Certains soirs on m'appelait Denise. Bon, je dansais dans un cabaret.» Tout est dit. Écrivain le jour, travesti la nuit, Denis est plutôt bien dans sa vie. Il a une femme, Hanna, poupée blonde aux gros seins, qui ne voit pas le problème d'avoir un mari portant des bas résilles. Elle le surnomme même chéri-chéri. Bref, tout serait parfait sans Paul. Ce dernier est le père d'Hanna, et il ne supporte pas la double vie de son gendre. L'ennui, c'est qu'il est aussi mafieux sur les bords et décide de mener la vie dure à Denis en le forçant à travailler pour lui. Au moins avec Véronica, la mère d'Hanna, il n'y a pas de problème, elle aime bien Denise. Peut-être même un peu trop finalement...

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Valentine Martin | Vendredi 6 mars 2015

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De l'Irak à la Syrie, elle a sillonné tous les points chauds du globe. Mais depuis quelques années, elle a enfin posé ses valises en France pour de bon. Grand reporter, Florence Aubenas s'est du coup vu proposer par le journal Le Monde (où elle travaille depuis 2012) une nouvelle expérience : tenir une chronique sur le quotidien des Français. Après avoir couvert les grands procès de France et s'être fait passer pour une demandeuse d'emploi dans Le Quai de Ouistreham, elle n'a pas hésité une seconde. Entre 2012 et 2014, Florence Aubenas a régulièrement pris sa voiture (ou le train de 5h du matin) direction la province, à la découverte ce que tout le monde croit connaître déjà. En France est un recueil de des chroniques qu'elle a tirées de ces déplacements, une fine mosaïque de portraits qui retrace des bouts de vies, des moments de tous les jours. Florence Aubenas ne voulait pas cibler une population particulière, alors elle les a toutes rencontrées : paysan, chauffagiste, syndicaliste, jeune dealer, maman au foyer... Pourtant une classe sociale se dessine : celle dite moyenne, voire moyenne moins, celle qui se lève tôt et qui ne p

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Jean-Emmanuel Denave | Mardi 3 mars 2015

Dans la tête des Inconfiants

Invités en résidence par la Fête du livre de Bron à l'hôpital psychiatrique du Vinatier (de mars à septembre 2014), Tatiana Arfel et Julien Cordier y ont d'abord animé des ateliers afin de rencontrer patients, soignants et autres personnels de l'hôpital. Un hôpital en l'occurrence en mutation, qui regroupait alors ses services de psychiatrie adulte pavillonnaire en un seul et grand bâtiment. Plus généralement, les deux comparses mettaient les pieds dans «un monde de fous» (pour reprendre le titre de l'ouvrage du journaliste Patrick Coupechoux publié en 2006) où la psychiatrie affronte les affres des normes gestionnaires et les impératifs d'efficacité à court terme. «Le vieux pavillon s’est disparu, pfuiiiiit. Il ne respire plus, le bâti passé où je vins de par mes années vertes – celles où les infir-mères et les mets-deux-saints priaient encore en moi, paumes jointes, Vierge et Esprit, où ils pensaient que oui, j’irons bien un jour» fait dire à l'un de ses "personnages" Tatiana Arfel, dans sa langue toujours vive et truculente. Chaque chapitre du livre donne ainsi la voix à un individu différent (patien

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Désordre littéraire

CONNAITRE | Ça n'est peut-être qu'un événement pour ses thuriféraires, mais c'en est surtout un pour la littérature tout court et pour la Fête du Livre. Car Eugène Savitzkaya (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 3 mars 2015

Désordre littéraire

Ça n'est peut-être qu'un événement pour ses thuriféraires, mais c'en est surtout un pour la littérature tout court et pour la Fête du Livre. Car Eugène Savitzkaya se fait au moins aussi rare que son œuvre, s'étalant sur 43 ans, mérite une mise en lumière bien plus importante – même si cet archétype de "l'écrivain Minuit" a obtenu en 1994, le prix triennal du roman pour Marin de mon cœur et si, surtout, il fut célébré en son temps comme un auteur remarquablement précoce. Chose réparée donc par la programmation de Bron pour le poète (le fameux Cochon farci), dramaturge et romancier (Fou trop poli, Exquise Louise) belge qui entretint également une belle correspondance avec Hervé Guibert, la seule que ce dernier avait accepté de laisser paraître en guise de dernière volonté (Lettres à Eugène). De ce parcours entre les lignes, parfois un peu dans les limbes de la littérature officielle, Savitzkaya donnera un salvateur aperçu au cours d'une lecture baptisée "L'indocile" et qui se tiendra le samedi 7 mars à 18h30. On pourra avoir à l'esprit en écoutant cet auteur fondamentalement hybride, cette phrase tir

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Concours d’écriture Fête du Livre de Bron

CONNAITRE | À l’occasion de sa 29e édition, du 6 au 8 mars 2015, la Fête du Livre de Bron et le Petit Bulletin vous invitent à participer à un concours d'écriture sur le (...)

Benjamin Mialot | Vendredi 16 janvier 2015

Concours d’écriture Fête du Livre de Bron

À l’occasion de sa 29e édition, du 6 au 8 mars 2015, la Fête du Livre de Bron et le Petit Bulletin vous invitent à participer à un concours d'écriture sur le thème de l’édition : Qu’est-ce qu’on a en commun ?  A gagner : une publication sur les sites du journal et du festival ainsi que 5 livres de littérature française ou étrangère sélectionnés par la Fête du Livre. Plus d'informations en suivant ce lien.

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Fête du livre de Bron 2015 : les premiers noms

CONNAITRE | Qu'est-ce qu'on a en commun ? C'est la question que se posera la 29e édition de la Fête du livre de Bron du 4 au 8 mars prochain. Tenteront d'y répondre (...)

Benjamin Mialot | Jeudi 18 décembre 2014

Fête du livre de Bron 2015 : les premiers noms

Qu'est-ce qu'on a en commun ? C'est la question que se posera la 29e édition de la Fête du livre de Bron du 4 au 8 mars prochain. Tenteront d'y répondre les auteurs suivants : Olivier Adam, Florence Aubenas, Silvia Avallone, Ramona Badescu, John Burnside (en dialogue avec José Carlos Somoza), Alain Choquart, Pierre Dardot, Patrick Deville, Simonetta Greggio, Serge Joncour, Olivier de Solminihac,   Laurent Mauvignier, Hubert Mingarelli, Raphaële Moussafir, Sylvain Prudhomme, Eric Reinhardt (le temps d'une lecture musicale avec Bertrand Belin), Eugène Savitzkaya, Eric Vuillard (notre cover boy de la rentrée littéraire, en dialogue avec Olivier Rolin) ou encore Valérie Zenatti.

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Fête du livre de Bron - Résultat du concours

CONNAITRE | Pour rappel, la consigne était de "décrire en 500 signes votre dernier pas de côté, et nous dire ce que signifie pour vous, aujourd’hui, l’idée du plan B, en (...)

Benjamin Mialot | Jeudi 13 février 2014

Fête du livre de Bron - Résultat du concours

Pour rappel, la consigne était de "décrire en 500 signes votre dernier pas de côté, et nous dire ce que signifie pour vous, aujourd’hui, l’idée du plan B, en commençant par ces mots :  « Plan B comme… »". C'est Jérémy Rodriguez, dont le texte est reproduit ci-dessous, qui s'est le mieux sorti de l'exercice et remporte du coup les cinq ouvrages de littérature contemporaine mis en jeu. Bravo à lui.   Plan B, comme un bédo roulé sur un Budé, toute honte bue bouder l'étude d'Apuléesous les volutes d'un nébuleux éden(l'anachorète brûle ses livres, ne pas mourir de froid).   Plan B, comme l'embellie que le zombie fabule, abîme ouatée, cinéma bis, le blanc-bec bée, vive l'artiste.   Plan B, comme une samba sans balade sauvage, blague volage, l'aubade d'un olé indolore- solitude de coton.   Plan B, quand un plan cul supplée un amour perdu:dans le lit-monde que les démons colonis

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Plan A, B, C pour Chevillard

CONNAITRE | «Mourir m'enrhume, c'est amusant. Le chaud et le froid sans doute». Il y a dans ces deux phrases de Mourir m'enrhume, tout Eric Chevillard. Mais il y (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 11 février 2014

Plan A, B, C pour Chevillard

«Mourir m'enrhume, c'est amusant. Le chaud et le froid sans doute». Il y a dans ces deux phrases de Mourir m'enrhume, tout Eric Chevillard. Mais il y a Eric Chevillard dans toutes les phrases d'Eric Chevillard. Ou peut-être qu'il n'y est pas. Disons qu'il y est mais qu'il s'y cache pour mieux s'en extraire et prendre les commandes de la langue. Pour détourner la fiction et lui assigner une réalité alternative qui brouille notre représentation littéraire du réel.  Le monde de l'auteur du Désordre Azerty est à part, parallèle, ou plutôt superposé au nôtre, mais toujours déroutant. Bruno Blanckeman, dans Pour Eric Chevillard, dirait que «l'écrivain flirte avec la phénoménologie romanesque mais ne conclut jamais». Preuve qu'aussi bien que le silence d'après Mozart est encore du Mozart, la critique de Chevillard est encore du Chevillard, au point que ses livres contiennent leur propre et incessante critique.  Le livre, chez Chevillard, est «une structure d'égarement qui multiplie les niveaux de situations romanesques, les jeu

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L'art de la tangente selon Sorj Chalandon et Jean Hatzfeld

CONNAITRE | Grands reporters à Libé (le journal, pas le showroom de Philippe Starck) dans les années 80, un peu avant, un peu après, Sorj Chalandon et Jean Hatzfeld sont (...)

Nadja Pobel | Mardi 11 février 2014

L'art de la tangente selon Sorj Chalandon et Jean Hatzfeld

Grands reporters à Libé (le journal, pas le showroom de Philippe Starck) dans les années 80, un peu avant, un peu après, Sorj Chalandon et Jean Hatzfeld sont allés voir ailleurs s’ils y étaient. En Irlande du Nord pour le premier, dans une Yougoslavie en pleine explosion et au Rwanda pour le second. Ce qu’ils y ont vu s’est retrouvé dans d’excellents récits publiés dans le quotidien, ce qu’ils ont appris d’eux-mêmes se dessine en creux de leurs romans. Chalandon s’est de son côté inventé en luthier pour restituer son amitié brisée avec le leader et fossoyeur de l’IRA Denis Donaldson dans les livres jumeaux Mon traître et Retour à Killybegs, avant de quitter ce terrain pluvieux aux odeurs âcres de malt pour Beyrouth dans Le Quatrième Mur (sur deux amis montant Antigone en pleine guerre civile), récompensé cet automne par un Prix Goncourt des lycéens qui lui a collé les larmes aux yeux. Car si durs et puissants soient leurs textes, ces deux lascars n’en demeurent pas moins rieurs, loin de l’austérité ou du pessimisme qu’auraient pu leur conférer ce monde à désespérer de l'humanité qu’ils ont observé. Avant le pr

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Les écrits vains de Gaëlle Obiégly

CONNAITRE | «Accomplir quelque chose (…) même en étant nul». C'est ce qu'essaie de faire Gaëlle Obiégly tout au long de son dernier roman, Mon prochain. «Mon prochain», (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 11 février 2014

Les écrits vains de Gaëlle Obiégly

«Accomplir quelque chose (…) même en étant nul». C'est ce qu'essaie de faire Gaëlle Obiégly tout au long de son dernier roman, Mon prochain. «Mon prochain», le sien donc, c'est nous, c'est un kurde croisé dans un avion, c'est daniel, son amoureux – tous les noms propres sont en minuscules pour mettre les Prochains à égalité –, c'est le fils d'adam, c'est son «amie gaëlle», projection délurée de l'auteur, c'est chacun des personnages rencontrés dans ce drôle de roman.  La narratrice s'y essaie en vain à l'écriture de reportages, ne parvenant qu'à accoucher de ce livre, fragmentaire, décousu, qui dit ce que ne disent pas les articles dont elle sait qu'elle ne les écrira pas : «le directeur du journal serait prêt à me salarier pour écrire des reportages pour rendre compte du monde (...). Ce que je préférerais c'est obtenir le financement de l'échec». Car cet échec est ce qui la met en contact avec son propre génie, du moins avec sa propre définition, quasi-littérale, du génie : «ce qui nous convoque à nous même».  D'où

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P.O.L. et les autres

CONNAITRE | En 1977, Paul Otchakovsky-Laurens souhaitait déjà publier les journaux de Charles Juliet. Las, personne chez Flammarion, où il travaillait alors, ne (...)

Nadja Pobel | Mardi 11 février 2014

P.O.L. et les autres

En 1977, Paul Otchakovsky-Laurens souhaitait déjà publier les journaux de Charles Juliet. Las, personne chez Flammarion, où il travaillait alors, ne voulait de cet auteur inconnu. En 1983, il créé sa maison d’édition et la nomme à partir de l'acronyme composé par ses initiales (Otchakovsky est nom de son père décédé de la tuberculose quand il avait trois mois, Laurens celui de ses parents adoptifs). Et Charles Juliet de devenir un de ses auteurs marquants, tant avec ses romans qu'avec sa poésie, domaine que P.O.L défend avec ardeur. Son premier succès sera La Douleur de Duras, texte incandescent sur les morts-vivants revenus des camps nazis que l’écrivain avait laissé traîner dans son grenier. Martin Winckler, Marie Darrieusecq, Camille Laurens, Pierric Bailly, les radicaux Olivier Cadiot et Valère Novarina ou l’immense Emmanuel Carrère seront c

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Last exit to Bron

CONNAITRE | C'est la crise donc. Comme si celle-ci était unique, économique et financière, et ses solutions elles-mêmes gestionnaires. Ce cercle imposé écrase bien des (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 11 février 2014

Last exit to Bron

C'est la crise donc. Comme si celle-ci était unique, économique et financière, et ses solutions elles-mêmes gestionnaires. Ce cercle imposé écrase bien des perspectives. Les sciences humaines et la littérature nous invitent elles à penser qu'il y a des crises au pluriel et qu'elles touchent au plus profond de la conscience individuelle, aux questionnements les plus intimes. La bourse broie du noir, mais c'est plus sourdement l'être humain qui vacille et se craquelle. «Les grandes poussées soudaines qui viennent ou semblent venir du dehors, celles dont on se souvient, auxquelles on attribue la responsabilité des choses […] n'ont pas d'effet qui se voit tout de suite. Il existe des coups d'une autre espèce, qui viennent du dedans – qu'on ne sent que lorsqu'il est trop tard pour y faire quoi que ce soit, et qu'on s'aperçoit que dans une certaine mesure on ne sera plus jamais le même» écrivait F. Scott Fitzgerald dans La Fêlure. S'emparant de Fitzgerald et d'autres auteurs américains, le philosophe Gilles Deleuze a défendu le roman comme «affaire de devenir, toujours inachevé, toujours en train de se

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Concours d’écriture – Fête du Livre de Bron 2014

CONNAITRE | Plan B comme… Le texte sélectionné par le jury sera publié sur le site du journal, et le gagnant se verra offrir 5 livres de littérature contemporaine. 500 (...)

Benjamin Mialot | Mardi 7 janvier 2014

Concours d’écriture – Fête du Livre de Bron 2014

Plan B comme… Le texte sélectionné par le jury sera publié sur le site du journal, et le gagnant se verra offrir 5 livres de littérature contemporaine. 500 signes pour décrire votre dernier pas de côté, et nous dire ce que signifie pour vous, aujourd’hui, l’idée du plan B, en commençant par ces mots :  « Plan B comme… » Envoyez vos textes avant mercredi 29/01 à minuit à planb@petit-bulletin.fr A vos claviers ! Plus d'infos : http://www.fetedulivredebron.com/

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Une époque formidable

CONNAITRE | Comment reliez-vous Féerie Générale au thème de la Fête du Livre, «L'époque et moi» ? Emmanuelle Pireyre : Ce thème me plaît beaucoup. Tout mon travail d'écriture (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 8 février 2013

Une époque formidable

Comment reliez-vous Féerie Générale au thème de la Fête du Livre, «L'époque et moi» ? Emmanuelle Pireyre : Ce thème me plaît beaucoup. Tout mon travail d'écriture consiste justement à faire quelque chose avec l'époque, à transformer des éléments qui ne me conviennent pas en éléments qui me conviennent mieux. Comme je trouvais mon livre précédent un peu grinçant, ironique, j'ai pensé à l'idée de féerie générale, plus lumineuse, avec la difficulté d'inscrire ça dans un contexte qui me convient assez mal. Et puis je me suis dit que dans ce monde où tout est mondialisé, où tout communique, ma féerie à moi serait le moment où les choses sont séparées les unes des autres, les interstices dans lesquels on peut encore se glisser et trouver des espaces de liberté. Il y a dans ce titre, Féerie générale, quelque chose d'un cri, auquel on pourrait rajouter un point d'exclamation, façon «Grève générale !». Une sorte d'appel à la lutte poétique et politique...Je n'ai pas pensé le titre du livre comme ça au départ mais on m'a déjà fait cette remarque. On peut aussi penser au slogan «Rêve général» qu'on a

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Tour de guet de la pensée

CONNAITRE | Sortir du cloisonnement disciplinaire, prendre les enjeux contemporains (économique, écologique, démocratique…) par les cornes, beaucoup en parlent, peu le (...)

Jean-Emmanuel Denave | Dimanche 16 septembre 2012

Tour de guet de la pensée

Sortir du cloisonnement disciplinaire, prendre les enjeux contemporains (économique, écologique, démocratique…) par les cornes, beaucoup en parlent, peu le font. Anthropologue, sociologue, philosophe des sciences, enseignant, Bruno Latour franchit le pas et sonde notre modernité, nos valeurs et nos capacités à réinventer un penser et un vivre ensemble, de fond en comble, dans son Enquête sur les modes d’existence, une anthropologie des modernes (éditions La Découverte). Cet intellectuel inclassable avait déjà jeté un pavé dans la marre de la pensée en 1991 avec la publication de Nous n’avons jamais été modernes. Modernes, c’est-à-dire : «tous ceux qui se sentent poussés aux reins par une flèche du temps orientée de telle sorte qu’ils aient derrière eux un passé archaïque mélangeant malencontreusement les Faits et les Valeurs, et devant eux un futur plus ou moins radieux où la distinction entre les Faits et les Valeurs serait enfin claire et plus distincte. Est moderne celui qui va de ce passé à ce futur par l’entremise d’un «FRONT DE MODERNISATION» à l’avancée inéluctable». Faisant l

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Et si rien n’était vrai ?

CONNAITRE | Un romancier peut-il manipuler la réalité pour en faire un récit de fiction ? Alors que le roman s’affranchit du fictionnel et donne naissance à des objets (...)

Dorotée Aznar | Vendredi 24 février 2012

Et si rien n’était vrai ?

Un romancier peut-il manipuler la réalité pour en faire un récit de fiction ? Alors que le roman s’affranchit du fictionnel et donne naissance à des objets littéraires hybrides empruntant aux formes les plus diverses (témoignages, récits, autobiographies imaginaires), l’incontournable question : «Est-ce une histoire vraie ?», brûle les lèvres de chaque lecteur. Après avoir soufflé ses 25 bougies en 2011 en proposant un retour sur autant d’années de littérature contemporaine, la Fête du Livre de Bron revient au présent pour s’intéresser à cette part de vérité dissimulée dans les œuvres de fiction même si «Ceci n’est pas une histoire vraie». «Rien n’est vrai, tout est permis» Rendez-vous dès le jeudi 1er mars pour la soirée d’ouverture à la ferme du Vinatier autour d’une exposition photo et d’une lecture-performance. Dès le lendemain débuteront à l’hippodrome de Parilly, et ce pendant trois jours, les rencontres et les débats. Pour entrer dans le vif du sujet, une journée de réflexion intitulée : «L’Écrivain a-t-il tous les droits ?» est proposée vendredi 2 mars. Divisée en une conférence  et une table ronde, cette journée sera l’occasion d’appo

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Ceci n'est pas une Autriche

CONNAITRE | Le grand entretien réservé à Régis Jauffret, titré «Ceci n'est pas un fait divers» est sans doute la mise en abyme la plus parlante du thème de la Fête du Livre (...)

Stéphane Duchêne | Jeudi 23 février 2012

Ceci n'est pas une Autriche

Le grand entretien réservé à Régis Jauffret, titré «Ceci n'est pas un fait divers» est sans doute la mise en abyme la plus parlante du thème de la Fête du Livre de Bron : «Ceci n'est pas une histoire vraie». L'auteur de Microfictions s'est dernièrement attaqué à la matière croustillante et amère du fait divers. Après Sévère, Jauffret franchit un pas de plus dans l'étanchement de sa soif du mal le plus pur et du glauque absolu : avec Claustria, Jauffret décortique l'affaire Fritzl – un détraqué autrichien qui, non content d'avoir séquestré sa fille dans une cave pendant 24 ans, lui a fait une ribambelle d'enfants. À travers ce livre-monstre, c'est la manière dont Jauffret s'approprie ce fait-divers – il en a le droit, d'autres l'ont fait avant lui, et l'écrivain a tous les droits, ce qui ne veut pas dire qu'il en fait bon usage. Car la démarche invoque l'éternel procès en légitimité résumé en une phrase : «d'où parles-tu, camarade ?». Jauffret enquête, se met en scène – et, oserait-on dire, cabotine au pass

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Après les fêtes, les fêtes

CONNAITRE | La bûche digérée, vous reprendrez bien un peu de pudding ? À l’image d’une rubrique qu’on qualifiera pudiquement d’éclectique (mais l’éclectisme, au Petit (...)

Dorotée Aznar | Lundi 2 janvier 2012

Après les fêtes, les fêtes

La bûche digérée, vous reprendrez bien un peu de pudding ? À l’image d’une rubrique qu’on qualifiera pudiquement d’éclectique (mais l’éclectisme, au Petit Bulletin, est une sorte de religion), voici que se profile en cette nouvelle année une avalanche de festivals en tout genre, aux programmes souvent prolifiques et que quelques lignes ne sauraient résumer. Prenez la Fête du livre de Bron, par exemple ; elle se tiendra cette année les 1er, 2, 3 et 4 mars, toujours à l’Hippodrome de Parilly, et elle a déjà inscrit à son menu une brochette d’auteurs impressionnante, faisant la part belle aux gloires saisonnières (dont «notre» Prix Goncourt, Alexis Jenni) mais aussi à des écrivains carrément hors-mode, tel l’increvable Philippe Djian, ou encore Anne Wiazemsky qui n’en finit plus de revisiter littérairement les rencontres marquantes de sa carrière : hier Bresson sur Au hasard Balthazar, aujourd’hui Godard durant le tournage de La Chinoise. Cinémas du monde De cinéma, il sera aussi beaucoup question avec le défilé des festivals «thématiques» : aux Alizés de Bron, Drôle d’endroit pour des rencontres fait le point sur le cinéma français, e

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BERNARD QUIRINY

CONNAITRE | Dans un monde littéraire où le roman est un monarque absolu, se faire remarquer avec un recueil de nouvelles est déjà une façon de... se faire remarquer. (...)

Dorotée Aznar | Mardi 8 février 2011

BERNARD QUIRINY

Dans un monde littéraire où le roman est un monarque absolu, se faire remarquer avec un recueil de nouvelles est déjà une façon de... se faire remarquer. C'est le cas de Bernard Quiriny, né en 1978, dont les deux premiers recueils, L'Angoisse de la première phrase et surtout Contes Carnivores avaient estomaqué par leur geste borgesienne mais rigolarde, teintée de fantastique. Son premier roman Les Assoiffées, s'il n'atteint pas la maîtrise des deux précédents ouvrages, se déguste néanmoins avec bonheur. Et pour cause, tel un Will Self Belge, Quiriny y décrit une Belgique uchronique dirigée façon Corée du Nord par un pouvoir féministe totalitaire. Le tout à travers les yeux ravis et légèrement abrutis d'une poignée d'intellectuels français conquis par le Régime. Avec les truculents Bonzon et Bretin, qui ont récemment délaissé le fantastique, mais pas leur verve, pour la satire sociale (Discount), Quiriny trouvera à qui parler et ça risque d'être bath. SD “LE ROMAN, UNE SATIRE SOCIALE ?“ – LAURENT BONZON, DENIS BRETIN ET BERNARD QUIRINYÀ la Salle des Balances, dimanche 13 février à 11h.

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LINDA LÊ

CONNAITRE | On pourrait présenter Linda Lê à la manière dont elle évoque trois Grâces, salvatrices d'un aveugle, dans son roman Les Aubes : «elles portent haut les couleurs (...)

Dorotée Aznar | Mardi 8 février 2011

LINDA LÊ

On pourrait présenter Linda Lê à la manière dont elle évoque trois Grâces, salvatrices d'un aveugle, dans son roman Les Aubes : «elles portent haut les couleurs de l'exigence et du rêve». Par rêve, il faudrait alors entendre la singulière élégie d'un monde, pur, disparu, auquel l'auteur confronte tout au long de ses livres la douleur de l'incarnation. Une incarnation cependant bicéphale, car si la douleur est invariante, jamais elle ne laisse la place au seul désespoir : chez Linda Lê en effet, la vie est aussi possibilité de résurrection. Revêtus de l'absolu que confère la proximité de la mort, ses personnages sont des humains désemparés, des polichinelles de foires ou des figures d'icônes sensibles. Femmes le plus souvent, ces dernières semblent être les faces révélées de mythes grecs qui auraient quitté le symbole pour se lier à la terre. Tragiques dans leurs combats, initiatrices, résistantes, elles sont les âmes de l'existence aux prénoms d'utopie : Forever (Les Aubes), Sola (In Memoriam), Una (Cronos)... En elles, on retrouve la devise que Linda Lê porte en étendard ; par la beauté, la vérité et la littérature, rester en vie. MV “EXERCICE(S) D’ADMIRATION(S)“ – LINDA LÊ ET

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WILL SELF

CONNAITRE | Le monde selon Will Self, c'est plusieurs galaxies dans un seul cerveau. C'est un monde où les singes ont le pouvoir (Les Grands Singes), où les morts (...)

Dorotée Aznar | Mardi 8 février 2011

WILL SELF

Le monde selon Will Self, c'est plusieurs galaxies dans un seul cerveau. C'est un monde où les singes ont le pouvoir (Les Grands Singes), où les morts ne vont pas au Paradis mais déménagent simplement au Nord de Londres (Ainsi vivent les Morts). Un monde où il peut vous pousser un vagin derrière le genou (Vice-Versa) ou encore une civilisation qui se construit avec en guise de Bible, le journal intime d'un chauffeur de taxi bas du front. C'est le propos de son dernier livre, Le Livre de Dave, où Self accouche d'une sorte d'uchronie malade qui renvoie l'Angleterre à son absurdité et à ses contradictions. Le tout dans une langue d'une inventivité incroyable. Qui est vraiment Will Self, l'esprit accoucheur de cette oeuvre nichée quelque part entre JG Ballard, Anthony Burgess et Jonathan Swift ? Le genre de type à se vanter de prendre de la coke dans l'avion du Premier ministre anglais lors d'un voyage officiel ou à rédiger la structure de ses romans sur des milliers de post-it. Sa dernière lubie : toujours faire à pied le trajet qui sépare un aéroport de la ville qu'il dessert, pour mieux appréhender la réalité du monde. Selon Self. SD “LE MONDE SELON SELF“ – WILL SELFÀ la

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La fête de la Fête

CONNAITRE | Présentation / Comment évoquer 25 ans de littérature française à la Fête du Livre de Bron ? Les organisateurs ont choisi de proposer, en ouverture de la Fête, une (...)

Dorotée Aznar | Lundi 7 février 2011

La fête de la Fête

Présentation / Comment évoquer 25 ans de littérature française à la Fête du Livre de Bron ? Les organisateurs ont choisi de proposer, en ouverture de la Fête, une soirée d’anniversaire à la Ferme du Vinatier, jeudi 10 février. Là, cinquante livres qui ont été présentés par leurs auteurs à la Fête du livre pendant ces 25 éditions seront objets de débats et de réflexion. Dès le lendemain, trois journées de lectures, rencontres et tables rondes seront proposées à l’hippodrome de Parilly. On y croisera principalement des auteurs français donc, certains présents pour la première fois (Patrick Lapeyre notamment, auteur du délicat "La Vie est brève est le désir sans fin" ou Linda Lê), d’autres renouvelant leur fidélité à l’événement (Christine Angot, François Bégaudeau, Éric Faye, Philippe Forest, Maylis de Kerangal…). Pour cette édition, on notera une présence discrète (mais qualitative) d’auteurs étrangers avec Javier Cercas, Sofi Oksanen et Will Self et toujours la volonté de ne pas cantonner la littérature au seul genre romanesque en invitant également des poètes, sociologues, auteurs de bandes dessinées et des auteurs jeunesse. Dans la foisonnante programmation, on remarquera une soi

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Pierric Bailly – Ses nuits chez Maud

CONNAITRE | Dans le premier roman de Pierric Bailly, "Polichinelle", il n'y avait guère de Polichinelle. Et dans ce "Michael Jackson", sorti en janvier, il n'y a (...)

Nadja Pobel | Vendredi 4 février 2011

Pierric Bailly – Ses nuits chez Maud

Dans le premier roman de Pierric Bailly, "Polichinelle", il n'y avait guère de Polichinelle. Et dans ce "Michael Jackson", sorti en janvier, il n'y a que des lambeaux du chanteur mort. Tout juste une date de naissance commune : l'Américain est né le même jour que le père du narrateur. Peut-être faut-il voir aussi dans cet étrange titre, la propension du personnage principal à se transformer comme le fit la star. Luc a quitté son Jura natal dès le bac validé et raconte sa vie en «3D» à 18, 22 et 26 ans. Il apprend les différences culturelles entre ville et campagne : son idole Richard Virenque est moquée dans sa cité d'adoption. Loin d'être anecdotique, l'attachement de Luc à un héros populaire du cyclisme dit son décalage permanent entre la vie "d'avant"et son nouvel état d'adulte avec son corollaire de joyeusetés (l'amour qui fait mal – ou pas, la glande à la fac, les soirées chez des amis lancés dans une carrière porno...). Ce qui étonne chez Bailly est sa capacité à tenter de faire un livre subversif sans jamais y parvenir. Et c'est sa grande qualité. Il décrit un personnage qui expérimente les interdits et les excès mais séduit lorsqu'il parle avec tendresse de la sœur de Luc,

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Yves Bonnefoy

CONNAITRE | «Car la poésie, c'est rechercher le contact avec ce que la vie a d'immédiat dans des rapports avec d'autres êtres qui en deviennent de l'absolu, et cette (...)

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 3 février 2011

Yves Bonnefoy

«Car la poésie, c'est rechercher le contact avec ce que la vie a d'immédiat dans des rapports avec d'autres êtres qui en deviennent de l'absolu, et cette expérience ne peut se faire qu'en délivrant la parole des systèmes conceptuels qui substituent à cette plénitude possible leurs représentations abstraites», dit Yves Bonnefoy dans "L'Inachevable", suite d'entretiens passionnants récemment publiée chez Albin Michel. Une quête toujours relancée, toujours remise en question, du superbe recueil "Du mouvement et de l'immobilité de Douve" (1953) au beaucoup plus récent "Raturer outre" (2010). Le poète est aussi un formidable essayiste, critique d'art (avec des textes clefs sur Poussin, Giacometti...), traducteur (Shakespeare au premier chef), passeur de Rimbaud (on ne saurait trop vous conseiller son livre "Notre besoin de Rimbaud") ou de Baudelaire. Un contemporain essentiel qui, à 87 ans, délivre à l'oral comme à l'écrit une pensée toujours aussi intense et singulière. Sa venue à Lyon pour un échange avec le poète Jean-Pierre Siméon n'est donc rien moins qu'un événement. JED

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Brigitte Giraud

ACTUS | Petit Bulletin : Quels sont les événements culturels qui se sont déroulés à Lyon et qui vous ont le plus marquée depuis 1997 ?Brigitte Giraud : Le somptueux (...)

Nadja Pobel | Jeudi 2 décembre 2010

Brigitte Giraud

Petit Bulletin : Quels sont les événements culturels qui se sont déroulés à Lyon et qui vous ont le plus marquée depuis 1997 ?Brigitte Giraud : Le somptueux concert de Dominique A à la salle Molière en novembre 2006, la chorégraphie de Sidi Larbi Cherkaoui "Origine" à la Maison de la Danse en 2008, la présence de Fred Poulet et de Vikash Dhorasso pour parler du film "Substitute" au CNP Odéon. Que les CNP s'éteignent à petit feu est insupportable pour une ville comme Lyon. Un beau moment aussi, c'était Cali qui a proposé au public du cinéma des Alizés de Bron de simuler une mort collective lors d'une performance, chapeau ! (des volontaires venaient «mourir» sur scène à tour de rôle, puis il a proposé à l'ensemble de la salle de simuler une mort collective). Et puis j'aime aussi prendre le bateau entre la Sucrière et le musée d'art contemporain lors de la Biennale d'Art contemporain, c'est un sas plutôt vivifiant. Avez-vous vu la vie culturelle se modifier à Lyon en 13 ans ? De quelle manière ?S'institutionnaliser oui. Mais hors des clous, hors les grands événements à vocation internationale (dans lesquels on déniche q

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Le livre, c'est leur dada

CONNAITRE | En 2011, la Fête du Livre de Bron soufflera 25 bougies. Pour cette édition anniversaire, les organisateurs proposent au public de redécouvrir 25 années (...)

Dorotée Aznar | Lundi 27 septembre 2010

Le livre, c'est leur dada

En 2011, la Fête du Livre de Bron soufflera 25 bougies. Pour cette édition anniversaire, les organisateurs proposent au public de redécouvrir 25 années d’écritures contemporaines : les écrivains, les livres, les thèmes et les mouvements littéraires qui ont marqué ce quart de siècle. Rendez-vous à l’Hippodrome de Parilly les 11, 12 et 13 février.

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Fête du livre, mode d’emploi

CONNAITRE | Les dates : du vendredi 5 au dimanche 7 mai Le lieu : l’hippodrome de parilly Les invités : 39 auteurs et 8 auteurs jeune public Le programme : des (...)

Dorotée Aznar | Lundi 1 mars 2010

Fête du livre, mode d’emploi

Les dates : du vendredi 5 au dimanche 7 mai Le lieu : l’hippodrome de parilly Les invités : 39 auteurs et 8 auteurs jeune public Le programme : des rencontres avec les auteurs pendant trois jours, une journée de réflexion (vendredi 5 mars) sur le thème : Romans, récits, témoignages : la littérature face à l’histoire. Pratique : Pour le jeune public, en plus des rencontres avec les auteurs, des spectacles, des animations, des jeux et des ateliers sont prévus tout le week-end. À noter, un espace lecture est disponible pour les enfants et une garderie accueille gratuitement les plus petits (de trois mois à cinq ans) samedi et dimanche de 10h30 à 18h.

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Didier Éribon

CONNAITRE | Peut-être comme il le dit «par peur de l’hérédité», Didier Eribon choisit la mort de son père, des suites de la maladie d’Alzheimer, pour s’intéresser à son (...)

Dorotée Aznar | Lundi 1 mars 2010

Didier Éribon

Peut-être comme il le dit «par peur de l’hérédité», Didier Eribon choisit la mort de son père, des suites de la maladie d’Alzheimer, pour s’intéresser à son histoire familiale. L’auteur qui a longuement travaillé sur la question gay et l’oppression sexuelle choisit dans Retour à Reims d’évoquer les difficultés du «transguge de classe». Éribon a voulu échapper à ce qu’il aurait dû devenir. Mêlant son histoire personnelle (celle d’un enfant d’ouvriers qui change de classe sociale) à une réflexion plus générale et passionnante sur les classes populaires, les rapports de classes, le système scolaire… Éribon ne propose pas une analyse froide et théorique des formes de domination. De la honte de voir inscrite la profession de ses parents sur son extrait de naissance au désapprentissage de la langue populaire, Éribon montre le difficulté d’être qui on veut être et la violence qui en résulte dans un ouvrage personnel, sociologique et politique. DA Didier ÉribonÀ la Salle des Balances, dimanche 7 mars à 15h30.

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Jean-Pierre Spilmont

CONNAITRE | Sur les conseils d’une institutrice, Sébastien, un enfant taciturne et en échec scolaire, est placé dans une institution spécialisée, loin du domicile familial. (...)

Dorotée Aznar | Lundi 1 mars 2010

Jean-Pierre Spilmont

Sur les conseils d’une institutrice, Sébastien, un enfant taciturne et en échec scolaire, est placé dans une institution spécialisée, loin du domicile familial. Ses parents –trop occupés par leur emploi de commerçants – décident que le jeune garçon passera ses moments libres avec ses grands-parents. Le rejet, la solitude, le non-amour de sa mère mais aussi les bagarres, les premiers émois amoureux, Sébastien les raconte à un homme dont on ignore l’identité. Ce roman, construit en 43 courts chapitres, est aussi celui d’une rencontre : celle de Sébastien et de son grand-père. Auprès du vieil homme handicapé, le jeune garçon va découvrir l’amour inconditionnel, l’admiration, la protection. Mais Sébastien est un roman empli de silences. Il y a ceux du garçon : «Je n’ai rien à dire. Je me sens plus fort d’être muet» et ceux du grand-père, ceux de la guerre d’Algérie : «Il n’en parlait jamais. /…/ Ça devait être une sorte de secret». Les histoires d’amour peuvent-elles tolérer de tels secrets ? Reçoit-on les crimes en héritage ? La conclusion de ce roman bouleversant est aussi violente et inattendue que le drame était prévisible. Et l’on se prend d’envie de relire le roman de Jean-Pierre

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Laurent Mauvignier

CONNAITRE | Il y a quatre ans, avec "Dans la foule", Laurent Mauvignier signait un des plus beaux romans évoquant le football jamais écrit. Il n’y avait pourtant pas (...)

Nadja Pobel | Dimanche 28 février 2010

Laurent Mauvignier

Il y a quatre ans, avec "Dans la foule", Laurent Mauvignier signait un des plus beaux romans évoquant le football jamais écrit. Il n’y avait pourtant pas de match entre ses lignes, mais la tragédie du Heysel. Pas de hooligans non plus alors qu’une centaine de supporters anglais avaient provoqué une bagarre avec les italiens, faisant tomber les barrières de sécurité et provoquant la mort de 39 personnes. Mauvignier ne s’est jamais substitué au journaliste. Pas d’enquête à posteriori, mais le récit de personnages qui n’auraient pas du se rencontrer et qui, dans des conditions de panique et de peur, se trouvent. Avec son dernier roman paru à l’automne, "Des hommes", Mauvignier aurait pu se faire historien. Mais là encore, il reste avant tout un écrivain. Dans une langue aride, brute, il explore la guerre d’Algérie. Dans un village français, une famille d’Algériens est agressée chez elle par un homme qui, quarante ans plus tôt, était appelé sur le font de cette «sale guerre». Mauvignier pointe alors tous les non-dits et les conséquences à retardement de ce conflit qui coule encore comme un poison dans les veines de ses protagonistes. NP Laurent MauvignierÀ la Salle des Pari

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