Red Star : la ligne rouge

Vainqueur de 5 coupes de France dans son âge d'or de l'entre-deux et de l'immédiat après guerre, champion de France en... 1911, en 124 ans d'existence, le Red Star a changé près de dix fois de nom, connu autant de fusions, failli mourir plus souvent qu'à son tour et emprunté une quarantaine de fois le proverbial ascenseur reliant les différentes divisions pro et amateur du football français. Actuellement en National, le club de Saint-Ouen fondé en 1897 par Jules Rimet, le père de la Coupe du Monde, n'en est pas moins un modèle de club populaire, historiquement ancré à gauche et... à la pointe du marketing sportif, assumant ce statut étrange de deuxième grand club d'une agglomération parisienne qui n'en compte qu'un. À l'occasion de son match du 8 avril contre l'OL en huitième de finale de la Coupe de France, focus sur LE club pas comme les autres du football français.

Par Stéphane Duchêne

La sociale du football

Les écrivains et les critiques littéraires amateurs et connaisseurs du football sont sans doute les plus aptes à parler du romantisme qui se dégage du beautiful game. S'agissant du Red Star, c'est sans doute Hubert Artus qui emballe le mieux la chose. Le chroniqueur littéraire, auteur en 2011 de Don Qui Foot, le dictionnaire rock, historique et politique du football, y portraitise à l'entrée Red Star un club qu'il suit de près depuis qu'il vit à Paris : « de par ses origines, son lieu de résidence (Seine-Saint-Denis, banlieue parisienne) et son histoire, le Red Star fut, de sa naissance en 1897 jusqu'à nos jours, la plus belle métaphore du football vue en France. De bourgeoise, le Red Star devint vite une équipe populaire, ouvrière, banlieusarde – comme le football lui-même. Le club audonien devint le seul qui, malgré son petit palmarès, resta l'égal de tous les grands clubs français. Le Red Star c'est "la sociale du football" : l'unique club de l'histoire de France a avoir été ouvertement communiste ». On pourrait s'arrêter là et remballer les gaules que la messe serait dite et bien dite. Mais on ne comprendrait pas le comment du pourquoi qui s'étale sur 124 ans d'Histoire.

L'un des derniers clubs populaires, avec des valeurs plus profondes que celle de la gagne – même si bien sûr à Saint Ouen, sur et hors du terrain, on ne rechigne pas à la victoire – voilà ce que serait le Red Star, l'utopie d'un autre football à Paris – pas seulement une deuxième équipe de poids dans la capitale – ce vieux rêve qui bouge – mais une alternative au football du pétrodollar et du soft power implacable. Ce que confirme Bernard Chambaz – autre écrivain, fou de football (il est le capitaine et doyen de la très officielle Équipe de France des écrivains), convié en résidence au Red Star en 2014-15 pour conter la vie du club dans des chroniques hebdomadaires – dans une comparaison avec le Paris FC qui brigue lui aussi le statut de n°2 du PSG et que voilà rhabillé pour l'hiver : « le PFC qui brigue cette année la montée en Ligue 1, est un club sans Histoire qui a des supporters d'un autre genre. Je pense que le PFC n'aura jamais l'aura du Red Star. »

L'un des derniers clubs populaires, avec des valeurs plus profondes que celle de la gagne

Pour Bernard Chambaz, le Red Star ce sont avant tout des valeurs, que l'on retrouve jusque dans les tribunes du Stade Bauer : « le Red Star est l'un des plus vieux clubs français, il a été un club ouvrier pendant très longtemps, il en reste forcément des traces, c'est un club qui échappe à la bulle financière. Le public de Bauer s'est élevé de génération en génération dans la conscience de certaines valeurs, d'une dignité. Leurs chants les plus triviaux sont politisés comme lorsqu'ils chantent : " flic, arbitre ou militaire, qu'est-ce qu'on ne ferait pas pour un salaire ?". On est loin du "aux chiottes l'arbitre " de mon enfance ou du traditionnel "Enculé ", il y a au Red Star une espèce de conscience, je ne dirais pas de gauche mais un peu rouge, un peu révolutionnaire ». Cela parce que le Red Star est, de fait, le club de la banlieue rouge, cette partie de la couronne parisienne qui a voté communiste pendant des décennies – concernant Saint-Ouen : de l'immédiat après-guerre à 2014. « Il y a quelque chose d'ancré qui répond à une réalité sociologique et politique, celle de la banlieue et du monde ouvrier mais aussi à un mythe très bien entretenu. »

Bernard Chambaz l'assure : au Red Star, joueurs – anciens ou plus jeunes – connaissent l'Histoire – et la légende – du club par cœur : « dans la plupart des clubs, je ne suis pas sûr que les joueurs connaissent à ce point leur Histoire et celle de leur club. » Laquelle tourne donc beaucoup autour du communisme et du mouvement ouvrier. « Son Histoire est intimement liée à l'Histoire travailleuse , analyse Hubert. Au départ, le Red Star est un club parisien et plutôt bourgeois, il s'installe à Saint-Ouen par le jeu des circonstances et devient un club ouvrier, populaire. Il est probable que si le club n'avait pas déménagé dans ce coin de la petite ceinture parisienne devenu Saint-Ouen, une ville d'ouvriers, de chômeurs, de syndiqués, il en aurait été tout à fait autrement. Ce qui est beau c'est à quel point les supporters mais aussi les patrons du club et les politiques ont entretenu ces valeurs. »

D'Histoire, il y a aussi celle de Rino Della Negra qui, toujours d'après Hubert Artus, « donne ses lettres de noblesse à l’identité anti-fasciste du club. » Della Negra, une icône du club touchant à la sanctification. Rino Della Negra était, à l'aube des années 40, un jeune espoir du club. Il fut fusillé par les Allemands, à l'âge de 19 ans, le 21 février 1944 au Mont Valérien avec 23 autres membres du FTP-MOI du réseau Missak Manouchian. Le jeune homme était entré en résistance en 1942, avait participé à nombre d'actions, dont l'assassinat d'un officier nazi, et été blessé et arrêté le 12 novembre 1943 lors de l'attaque d'un convoi allemand. S'il n'a porté le maillot du club que six mois durant, avant d'entrer en Résistance, il est devenu un totem du club. « Et, précise Hubert Artus , c'était un vrai bon joueur, j'en ai eu la confirmation en travaillant sur la deuxième édition du Don qui Foot , en allant rencontrer le capitaine de l'époque Léon Foenkinos. Il n'avait pas le statut pro mais il appartenait à la réserve, a joué quelques matches, c'est important de dire que c'était un vrai joueur. » Aujourd'hui une tribune porte son nom où le chant "Il n'y a que Rino" est régulièrement entonné par des supporters qui continuent de se réclamer de l'anti-fascisme. C'était le cas de Clément Méric, militant et membre du mouvement Action Antifasciste Paris-Banlieue, battu à mort par des skinheads d'extrême-droite, le 5 juin 2013, qui était un fidèle du kop audonien.

Communiste, anti-fasciste, le Red Star, jusque dans son nom et son logo, l'étoile rouge ? Même pas. Le malentendu remonte aux origines de l'Histoire officielle. Sur ce point la confusion a longtemps été générale et demeure. Bernard Chambaz, qui suit le club depuis longtemps, l'avoue : « moi-même j'ai longtemps crû que cette étoile rouge était un équivalent de celle qui orne les maillots de l’Étoile Rouge de Belgrade et trône au-dessus du Kremlin. » Sauf qu'à la date de fondation du club en 1897, l'étoile rouge n'est pas encore un symbole de l'Internationale ouvrière ou des régimes communistes, la révolution bolchévique d'octobre ne fera basculer le monde que vingt ans plus tard.

En réalité, Jules Rimet aurait selon une version de l'Histoire – ou de la légende, donc – eu l'idée de ce logo via une nanny anglaise de sa connaissance, Miss Jenny, qui proposa de reprendre le nom de la compagnie britannique Red Star Line qu'elle empruntait souvent pour retourner au pays. L'anglicisation étant alors en vogue dans le milieu des clubs sportifs français – sans doute parce que les Anglais avaient inventé le beautiful game –, l'affaire était dans le bag et il n'y avait nul besoin d'aller chercher plus loin. Comme à Moscou par exemple.

voilà ce que serait le Red Star, l'utopie d'un autre football à Paris

L'invention du plongeon (1897-1918)

Pour entrer tout à fait dans l'Histoire du club audonien, on pourrait résumer l’œuvre de Jules Rimet en disant qu'il a été à l'origine de deux piliers du football moderne. Le premier est la plus grande réussite populaire de l'Histoire du football, l'autre c'est la Coupe du Monde. On exagère à peine mais, à Saint-Ouen, c'est sans doute ce qu'on pense. En attendant, comme tous les grands projets, c'est dans un troquet, autour d'un verre, que Rimet donne naissance à son premier bébé footballistique – alors même qu'il est relativement puceau en la matière – en compagnie d'une poignée de fidèles : Modeste, son frère, et les amis Jean de Piessac, Georges Delavenne, Ernest Weber et Charles de Saint-Cyr.

Comme un symbole piqué de romantisme, il faut ici préciser que le Red Star n'existerait sans doute pas sans la poésie. Et l'intérêt qu'y porte alors Rimet, 23 ans. Son nouvel ami Saint-Cyr est un apprenti journaliste mais surtout un poète "intenséiste" (une école dont il se dit qu'il serait le seul membre) et Rimet, passionné par la discipline, l'a rencontré en fondant sa revue littéraire, opportunément baptisée La Revue. Or Saint-Cyr, plutôt que de fréquenter les salons où l'on prose en enquillant des absinthes jusqu'à extinction des feux, a ses habitudes au Bois de Boulogne qu'il parcourt en petite culotte. Non pour s'y adonner à des activités que la morale réprouve, surtout à l'époque, mais pour courir, juste courir, cette drôle d'idée. Saint-Cyr est un authentique "sportsman" du Racing Club de France, ces fils de qui ont fait du sport – ils n'ont souvent pas grand-chose d'autre à faire – l'étape ultime du chic, ce qui ne laisse pas de fasciner et de façonner Rimet.

Weber de son côté a lui aussi été aspirant journaliste mais surtout joueur de football au Club Français, ce qui là aussi vous fascine un Rimet qui nom de Dieu – ou de la République, il est anti-clérical –, veut absolument en être, de cet engouement pour l'activité physique. Mais bien qu'il ait tâté de la canne et de l'escrime, Jules n'est guère plus taillé pour la pratique du sport qu'une poule pour le lancer de couteau. Il sera donc un grand organisateur, un fondateur, bientôt un dirigeant – et un grand avec ça ! – et décide, comme ça d'un coup, de monter un club concurrent du Gros-Caillou Sportif, autrement appelé "Gros Pav'", le club de son quartier du 7e arrondissement. Avec au cœur l'idée que le sport a des vertus sociales, notamment réconciliatrices – entendre, entre les classes sociales.

Première décision : Villiermet, le café-traiteur (un concept de l'époque qui n'a malheureusement pas survécu au tournant de la modernité) dans lequel a lieu la réunion, à l'angle de la rue de Grenelle et de l'avenue de La Bourdonnais, sera le siège social du club. Lequel, adhérent à l'USFSA (Union des Sociétés françaises de sports athlétiques), s'ébattra dans un premier temps sur le Champs de Mars voisin et sera omnisport : athlétisme, cyclisme, lutte, escrime et football, mais aussi... une section littéraire et artistique – car décidément, Jules Rimet aime vraiment ça, la poésie.

Et puisqu'il faut trouver un nom à cette entité et que "Gros Pav'", c'est déjà pris, il répondra donc, suite à la suggestion de la super nanny Jenny, au nom bilingue, empreint de snobisme britannique et de bon sens à la française, de Red Star Club Français. Jean de Piessac en sera le premier président, vite remplacé par Rimet lui-même pour cause de nombreux autres chats à fouetter. S'ensuivent une série de fusions avec d'autres clubs des environs telle l'Union pédestre de la rive gauche (à l'époque les coups de génie sont rares pour baptiser un club et tout le monde n'a pas une Miss Jenny sous la main) et nombre d'adhésions.

Pour l'heure, autour des années 1900, le football n'est pas encore un sport roi. Le roi, c'est le cyclisme, discipline dans laquelle brille d'ailleurs le Red Star. Et un peu aussi l'athlétisme, discipline à peine moins courue – au Bois de Boulogne comme au Champs de Mars. La section football, elle, ne s'épanouit véritablement qu'à partir des années 10 à la faveur notamment d'une nouvelle fusion avec l'Amical Club du Champs de Mars et du mariage d'un dirigeant avec une fille de bonne famille. Laquelle famille possède un immense terrain à la station Grenelle qui fait saliver tous les sportifs et qu'elle accepte de louer au Red Star.

Voilà le club doté d'un stade où s'entraîner et courir librement après un ballon. Pour 3 francs, tout le monde peut venir y jouer le dimanche matin et affronter les vétérans du club, les redoutables "Vieux Débris" – imagine-t-on aujourd'hui aller affronter les anciens du PSG au Camps des Loges contre une poignée de pièces jaunes ? Las, le terrain est rapidement revendu pour accueillir le Vélodrome d'Hiver.

Le Red Star trouve alors refuge à ce qui deviendra Saint-Ouen qui n'est qu'un vaste jardin d'où jaillissent bientôt un terrain, puis des tribunes – celles du Stade de Paris, futur Bauer – et même des matches internationaux – qui aiment ça les tribunes – comme un France-Italie de janvier 1913. Il n'accueille pas, certes, ce France- Angleterre du mois suivant bien plus historique. Le match à lieu à Colombes, mais un audonien y est comme chez lui.

Résumons : messieurs les Anglais ayant l'habitude de tirer les premiers et mis au point les règles du football, ils sont logiquement deux crans au-dessus de tous les autres (peut-être même trois ou quatre). Si loin au-dessus en somme, que la France, cette nation de coqs, est promise à rien moins qu'une déculottée contre l'Angleterre. Disons 8-0, c'est ce que prédit la presse, ajoutant que ce serait même pas mal payé. Mais dans les buts tricolores, trône un certain Chayriguès, Pierre de son prénom, 1,66 m au garrot (des mensurations qu'on ne voit plus guère aujourd'hui aujourd'hui au-delà des U13) mais les mains comme des poélons. Pierrot est le portier du Red Star et il n'aime pas les courants d'air.

Le petit bonhomme fait un match de géant, multipliant les arrêts. Parmi lesquels un coup de génie qui change la nature du poste, annonçant Yachine, Banks et tous les autres : sur un tir anglais, largement hors de portée, il prend appui sur ses jambes, et se détend comme un chat sur le côté avant de stopper le tir du bout des doigts. Vous allez dire : " il plonge, quoi..." Précisément. Chayriguès vient d'inventer le plongeon. Il fera de même avec la sortie dans les pieds, la sortie aux poings et à peu près tout ce qui répond au nom de "sortie". C'est que le goal du Red Star aime à tourmenter les attaquants adverses en se baladant hors de ses bois et pas pour cueillir des fraises, quand à l'époque on reste bien confiné entre ses poteaux et on attend d'en prendre un.

La presse anglaise accole assez justement à Chayriguès le titre de « génie » – rarement décerné à quiconque vivant de ce côté de la Manche –, et le match, pourtant perdu 4 à 1, ce qui est toujours mieux que 8-0 – plus de deux fois mieux, même – lui vaut d'être dragué par Tottenham qui lui propose un pont d'or par dessus la Manche, qu'il refuse. Pas tant parce que les 1000 livres plus 10 par match gagné le laissent froid – il est Auvergnat, Chayriguès, et aime compter ses sous – que parce que le service militaire l'attend à Toul – il se dit aussi que le Red Star se serait aligné sur l'offre, en tout amateurisme, bien entendu. Quoi qu'il en soit Chayriguès n'aurait pas joué bien longtemps chez les Anglais : quelques mois plus tard, la guerre éclate.

Sur la période de ce match de légende, avec dans ses rangs des joueurs comme le buteur Eugène Maes, les deux Julien devant (Verbrugghe et du Rhéart), le défenseur Alfred Gindrat, le demi Eugène Nicolaï et le capitaine Lucien Gamblin, l'Etoile Rouge audonienne truste les premières places – avec en point d'orgue l'équivalent d'un championnat de France remporté en 1911, premier d'une longue série de un puisque c'est déjà le dernier.

On était obligés d'être content (1918-1945)

Après la guerre, le club a perdu des joueurs au combat – comme Maës, que ses blessures empêcheront de poursuivre sa carrière – mais Gamblin, qui revient en héros, et Chayriguès sont de retour et le club gagne trois Coupes de France entre 1921 et 1923. Chayriguès est le héros de la première livrant une fois encore un match monstrueux. Bref, le Red Star joue aussi bien qu'avant-guerre. Et dans la tribune d'honneur du Stade de Paris, car il y en a une, les huiles s'amassent, parmi lesquels un certain Jules Rimet, président de la FFF depuis 1919 – il le sera trente ans durant, sauf pendant la deuxième guerre – et de la Fifa. Le prestige du Red Star l'autorise à organiser de nombreux matches de gala contre des équipes étrangères (Tottenham, Real Madrid, Boca Juniors...). En 1924, le club connaît une série de 20 matches sans défaites qui prend fin par surprise en quarts de finale de la Coupe de France.

Il ne se consolera qu'en 1928, après une nouvelle fusion avec l'Olympique de Paris, en gagnant une quatrième Coupe de France face au CA Paris devant 30000 spectateurs à Colombes. De la fine équipe du début de la décennie – Gamblin, Chayriguès, Bonnardel, Brouzes et Nicolas – seuls les deux derniers sont encore là – Nicolas est alors le premier joueur à remporter quatre fois la Coupe de France avec le même club.

Dans les premières années de l'Occupation, c'est dans un contexte forcément délétère que le Red Star devient champion de la zone Nord en 1941 dans un championnat qui ne compte que sept équipes

Nicolas et Brouzes, toujours eux, sont alors les meilleurs représentants de l'importante colonie audonienne en équipe de France – le premier inscrit 20 buts en 35 sélections (prends ça, Kylian !). À la première Coupe du Monde, celle de 1930, Augustin Chantrel, Alexis Thépot – un insconcient bien décidé à faire oublier Chayriguès dans les buts et qui dans une large mesure y parvient – et Marcel Pinel jouent où ont joué au Red Star. Trois autres, Marcel Langiller, Numa Andoire et Edmond Delfour y joueront plus tard.

Augustin Chantrel, chipé au PUC fait partie des stars du Red Star de la fin des années 20 et de la fin des années 30 – il fera deux passages au club –, avec André Simonyi, ancien international austro-hongrois doté d'une technique supérieure à la normale et d'un fameux sens du but (il inscrit 21 buts lors de la saison 1937-38 qui voit le Red Star descendre en D2 puis 32 la suivante pour un Red Star champion de D2). Sans oublier le Franco-Anglais Alfred Aston : joueur flamboyant surnommé "Feu follet" pour la rapidité de ses crochets, on dit de lui qu'il est le meilleur ailier d'Europe. Ce qu'il a l'occasion de montrer dans l'ambiance particulière de la Coupe du Monde 1938 pour laquelle l'Autriche et l'Espagne ont dû déclarer forfait. La première, anschlussée par l'Allemagne, n'existe plus. La seconde est le théâtre d'une guerre civile, répétition d'un bien plus vaste conflit dont les préparatifs s'achèvent quelques semaines plus tard dans la honte avec les accords de Munich. Pour boucler la boucle, l'Italie fasciste emporte la Coupe.

Dans les premières années de l'Occupation, c'est dans un contexte forcément délétère que le Red Star devient champion de la zone Nord en 1941 dans un championnat qui ne compte que sept équipes. L'année suivante il emporte la Coupe de France 1942 avec notamment un but d'Aston – lequel dira à l'issue d'un match spécial qui provoqua une joie singulière dans une époque étrange : « on avait disputé l'épreuve toute l'année et on était arrivé au bout. On était obligés d'être content. C'est très naturel. Dans une autre période pourtant, cela aurait été meilleur . » L'équipe compte également dans ses rangs une future légende du coaching, Helenio Herrera, l'inventeur du Catenaccio ; ce diable de Simonyi, et, dans les bois, Julien Darui, précurseur du jeu au pied et nommé Gardien du siècle par le journal L'Équipe en 1999.

L'après-guerre, malgré des joueurs de talent, marque le début d'un déclin déjà un peu amorcé dans les années 30. Le club de Saint-Ouen, bien que l'un des premiers à passer pro en 1931, est quelque peu dépassé dans ce contexte de professionnalisme plus tout à fait balbutiant. À l'image de son Stade de Paris, jadis à l'avant-garde et qui souffre la comparaison avec l'incontournable Colombes ou le Parc des Princes. Il n'aura de cesse dans le reste du siècle et le début du suivant de faire ce qu'il a commencé plus parcimonieusement dans ces années 30 : l'ascenseur entre la première et la deuxième division. Cela n'empêche pas la ferveur d'un public que les manifestations de délitement sportif ne semblent pas rebuter, bien au contraire. Là, se dessinent les contours d'un club auquel l'attachement est inconditionnel : une magnifique réussite populaire qui saura le rester et dépasse de loin le foot.

L'arrière garde du ventre mou (1947-1977)

Dans ce contexte de désœuvrement sportif, le Red Star s'adonne à son occupation favorite quand il s'ennuie : il fusionne. Cette fois, excusez du peu, avec l'ensemble des clubs sportifs de Saint-Ouen déjà rassemblés sous l'appellation Sports Olympiques Audoniens. Le Red Star devient Red Star Olympique Audonien, signant ainsi son mariage avec la ville de Saint-Ouen, devenue communiste, et fête ses 50 ans l'année suivante face aux Hongrois de Kispest. En 1948, c'est une nouvelle relégation après une saison en enfer. Le club se retrouve sans stade avant de fusionner de manière éphémère avec le Stade Français, ce qui lui permet de rester en D1 sous le nom de Stade Français-Red Star. Lors du split entre les deux entités, le Red Star perd ensuite son statut professionnel avant de revenir en D2 en 1952.

C'est le début des années Gilbert Zenatti, marquées par une certaine ambition malheureusement accompagnée d'une gestion à la schlague qui voit le président, amateur de transferts ronflants (le Suédois Bror Mellberg en 1953, 72 buts en trois saisons) accusé de corruption et suspendu trois ans. Le club, qui loupe plusieurs fois la montée, se voit même exclu du championnat de D2 au tournant de 1960.

Fort d'une nouvelle équipe dirigeante, le Red Star connaît une embellie dans les années 60, ponctuée par une accession en D1 en 1965. Le temps de prendre l'ascenseur dans l'autre sens. Dans ces années-là, ce sont d'ailleurs plusieurs places fortes du football français qui accompagne Saint-Ouen au purgatoire : Le FC Sète (anciennement Cette), le HAC, le Cercle Athéltique de Paris, le CO Roubaix-Tourcoing, la plupart ne reverra jamais la lumière.

Preuve que tout part à vau-l'eau, le Red Star se prête de son côté à une invraisemblable fusion avec... le Toulouse FC, porté par Jean-Baptiste Doumeng, un homme d'affaires communiste surnommé "Le Milliardaire rouge", alors président du TFC. À la clé : une énième nouvelle appellation pour le Red Star (Red Star Football Club) et la récupération de la place de Toulouse (dont entraîneurs et joueurs déménagent à Saint-Ouen) en première division. La chose passe mal et c'en est un peu fini, en France, des fusions à la cosaque.

le Red Star connaît une embellie dans les années 60, ponctuée par une accession en D1 en 1965. Le temps de prendre l'ascenseur dans l'autre sens

Le Red Star reste néanmoins six saisons en D1 en occupant confortablement l'arrière-garde du ventre mou (le meilleur résultat : une septième place). L'inévitable relégation intervient en 1973, avant le dernier hoquet – lors de deux saisons où brille le serial buteur franco-argentin Nestor Combin (24 et 15 buts) et pour la deuxième, la légende lyonnaise Fleury Di Nallo – d'une remontée puis d'une redescente immédiate en deux saisons. Une redescente définitive : le Red Star ne reverra jamais l'élite, même sous l'égide d'un nouvel entraîneur, un certain Roger Lemerre qui loupe la montée à la dernière journée et échoue en barrage contre Laval. Mais là n'est presque plus l'essentiel, le Red Star est encore plus moribond financièrement, les présidents valsent comme sur du Strauss et la mairie finit par se désengager à l'été 77. Moins d'un an plus tard, le club est liquidé.

La puissance symbolique du Sphinx (1978-2003)

Place donc à l'AS Red Star (l'une des rares appellations non encore piochées dans la palette de noms disponibles pour un club de football) qui repart en division d'honneur parisienne. Jean-Claude Bras, ancien joueur, prend la présidence en revendiquant son indépendance (entendre, vis-à-vis de la mairie). À partir de la deuxième année, le Red Star enchaîne, comme dans un rêve et sous la férule de l'entraîneur Georges Eo et de joueurs comme le défenseur Claude Chazottes, trois accessions de suite jusqu'à son désormais plafond de verre : la D2. Le club en profite pour renouer avec son sport favori, le changement de nom, en devenant l'AS Red Star 93 à la suite d'une partenariat avec le département de Seine-Saint-Denis, qui fournit une aide financière en échange d'une politique de formation "originale et volontariste".

Relégation en 1987, montée en 89, redescente en 90, sportivement, l'ascenseur, s'il n'accède plus au dernier étage, fonctionne toujours à merveille... Le tout devant un public pour le moins clairsemé : en quinze ans le Red Star a divisé son affluence par dix. Il est loin le temps des années 60 où, le samedi, les ouvriers des usines entourant le stade profitaient de leur pause pour venir grapiller quelques minutes de match sur l'une des buttes servant de tribune. Et il faut bien la puissance symbolique et la science d'un sphinx pour y remédier. C'est chose presque faite avec l'arrivée en 1991 de Robert Herbin, l'homme qui a façonné le grand Saint-Étienne, avec lequel le Red Star partage au moins une couleur, le vert, et cette conscience ouvrière de presque toujours.

À la clé, un parcours plus qu'honnête en coupe dans une saison marquée par la présence de Safet "Magic" Susic : un prince certes fatigué et en pré-retraite – 20 matches seulement – qui présente la particularité d'être alors le meilleur joueur de l'Histoire... du PSG, c'est plus qu'il n'en faut pour agrémenter les affiches de promotion de la saison audonienne. L'année suivante, sans Susic mais toujours avec Herbin à la manette, c'est une nouvelle ascension en D1 que le Red Star touche du doigt, mais pas du reste, malheureusement. Au moins, le club, nanti d'une génération prometteuse dans le sillage du produit maison Steve Marlet, futur international, parvient-il à se maintenir en D2.

Relégation en 1987, montée en 89, redescente en 90, sportivement, l'ascenseur, s'il n'accède plus au dernier étage, fonctionne toujours à merveille...

Du moins, avant que le Red Star, déjà contraint de quitter son Stade Bauer, plus aux normes – premier épisode d'un remake horizontal de l'ascenseur qui verra le club quitter et retrouver son stade maintes fois – ne soit rétrogadé à la fin de la décennie. La DNCG opposant une fin de non recevoir au fantasme audonien de devenir le club résident d'un Stade de France de toute façon bien trop grand pour les joutes de niveau inférieur, c'est un peu la fin de la chasse à l'une des grandes chimères du football francilien : l'avènement d'un deuxième grand club à Paris, dans le sillage du PSG. Le Red Star perd définitivement toute opportunité d'incarner ce rêve en étant relégué en CFA en 2001, avec la contrainte d'abandonner le statut professionnel en 2003. Comme pour n'avoir aucun regret, le club connaît deux rétrogadations administratives en CFA 2 et en Division d'Honneur, avant, c'est une consolation, de retrouver Bauer, pourtant toujours pas rénové.

Coup de Vice et film d'auteur (2003-...)

Le projet de reprise de l'association par Éric Charrier, un ancien joueur amateur qui convie Luis Fernandez comme caution footballistique, est l'occasion d'un nouveau baptême pour l'AS Red Star 93 qui devient le Red Star FC 93. Le club retrouve le CFA 2 en 2005, le CFA en 2006, frôle la relégation sur tapis vert en 2009 mais remonte en National deux ans plus tard par le truchement d'une pelletée de relégations administratives (GF38, AS Cannes, Gap Foot 05). Remonté en Ligue 2 en 2015, redescendu en National en 2017, remonté en 2018 (vous suivez toujours ?) pour une saison terminée à la dernière place et entièrement jouée à... Beauvais, because la vétusté de Bauer, le club a au moins retrouvé, avec cette ultime dégringolade, son stade fétiche, ce qui à Saint-Ouen, pour les supporters, est déjà une forme de victoire. Car le Red Star en a soupé d'avoir à abandonner Bauer – un stade auquel l'expression "dans son jus" peine à rendre justice – à chaque montée en Ligue 2...

L'idéal serait donc l'aboutissement d'un projet de rénovation qui est devenu le serpent de mer du club. Un temps le Red Star a pour projet de changer la citrouille Bauer changée en rutilant carrosse doté, comme les stades du XXIe siècle de son inévitable galerie marchande : une Arena comme on en voit pousser partout dans l'Europe du foot. Le projet est soutenu par le Grand Paris dans le cadre d'un objectif de valorisation de la Seine-St-Denis pour Paris 2024. Mais les supporters sont vents debout contre un projet qui poserait le stade du côté des Docks de Saint-Ouen et ne serait pas vraiment en accord avec les valeurs fondamentales du club. « Là, confie, Hubert Artus , il y aurait eu une trahison de l'Histoire du club, mais le Covid et la défaite du maire William Delannoy, en place depuis 2014, aux élections de 2020, a fait capoter le projet. On peut penser que ce genre d'Arena commerciale dans le monde de l'après Covid risque d'avoir beaucoup moins le vent en poupe. »

Les supporters ne sont donc pas près de voir un nouveau Bauer même s'il est de nouveau question d'un projet de simple rénovation avec mise aux normes et un retour à une pelouse naturelle – le club joue sur synthétique depuis longtemps – dont les travaux devaient débuter en mai 2020 : « il y a eu de multiples projets portés même par des collectifs de citoyens, résume Hubert Artus , mais c'est très compliqué dans une ville comme Saint-Ouen qui génère peu de taxes foncières comme à Saint-Denis (avec la Plaine-Saint-Denis), où elles ont rendu possible le financement du Stade de France. Et puis ça vaudrait le coup de rénover si on sait où en est le club sportivement. S'il est pro (Ligue 2), ou s'il a un statut fédéral (National) parce que les financements ne sont pas les mêmes. Quand tu fais l'ascenseur, c'est compliqué. »

le Red Star en a soupé d'avoir à abandonner Bauer – un stade auquel l'expression "dans son jus" peine à rendre justice – à chaque montée en Ligue 2...

Pourtant, le club entend pérenniser depuis quelques années, un projet sportif et économique ayant pour objectif de rejoindre la L2 et surtout, a minima, d'y rester. Raison pour laquelle le club audonien a lancé son propre projet "2024" – dont faisait originellement partie le projet d'Arena –, une sorte de "Champions Projects" en plus modeste parce que plus réaliste que les ambitions marseillaises de ces dernières années terminées en bouillabaisse générale. Un projet qui passe donc par cette fameuse rénovation en profondeur de Bauer, une restructuration du club et une puissante stratégie digitale et communicationnelle – le Red Star étant sans doute l'un des clubs les plus innovants de France sur ce point : « le club est bien plus présent sur les réseaux sociaux que bien des clubs », confirme Hubert Artus.

Depuis 2017, le club audonien s'est même doté, en la personne de David Bellion, ancien joueur de Manchester United et des Girondins qui a terminé sa carrière pro au Red Star, d'un... brand manager – ce dont ne disposent que les très grands clubs – chargé, on l'aura compris de développer la marque et d'amener le club dans des lieux qui devraient lui être étrangers comme les concept-stores branchés qui accueillent le merchandising audonien. D'amener aussi tout un univers au Red Star, en confiant par exemple sa playlist d'avant-match à la Webradio Hôtel Radio Paris. Bref, d'appliquer ce qu'il a pu voir dans les grands clubs dans lesquels il a évolué, à l'exemple de Liverpool – avec lequel le Red Star partage l'hymne You'll never walk alone – ou Arsenal, qui n'ont jamais, malgré la financiarisation du foot et la politique des grands stades sortis des faubourgs, renié leur histoire, comme a pu le faire un Manchester City.

Le glamour c'est sans doute ce qui relie ce club populaire à une audience plus branchée, au risque, assumé, de l'hipstérie – la forme hipster de l'hystérie dans laquelle la branchitude manque rarement de tomber. Cela nécessite un sens consommé du storytelling – Patrick Haddad, le président du club est PDG d'une entreprise de films publicitaires –, qui renouvelle le message en respectant l'Histoire, qui s'adonne au branding sans perdre son âme, ambitionnant de développer une "pop culture de masse sociale". C'est là qu'intervient le partenariat entamé en 2017 avec le média canadien Vice qui lui non plus n'a pas choisi le Red Star par hasard, flairant le candidat idéal à un échange d'excellents procédés. Car il n'est pas certain que la chose soit faisable dans beaucoup d'autres clubs.

Depuis 2017, le club audonien s'est même doté, en la personne de David Bellion, ancien joueur de Manchester United et des Girondins qui a terminé sa carrière pro au Red Star, d'un... brand manager

En échange d'une visibilité sur les maillots audoniens floqués du logo de la marque, Vice, connu pour ses reportages pas comme les autres et sa tonalité subtilement punk, offrait, en plus d'une somme d'argent tenue secrète, de s'occuper du storytelling du club et de mettre un bon coup de polish à l'image d'un Red Star vieillot, un peu loser, n'intéressant que ses fans hardcore. Bref, de donner un coup de fouet à ce géant « sportivement moins éclatant » (Bernard Chambaz) et endormi sur les lauriers de son histoire, pour lui permettre d'entrer dans le XXIe siècle.

En documentant la vie et les coulisses du club, en mettant au point une initiative comme le Red Star Lab – une série d'actions socio-culturelles à l'intention de la jeunesse audonienne dans l'idée de l'enrichir, au passage du football, d'un bagage culturel en renouant ainsi avec l'idéal de Rimet –, Vice réussissait son pari de redonner de l'éclat à la célèbre étoile rouge. Renouvelé en 2018, le partenariat a toujours cours et le Red Star a suscité pas mal de curiosité dans sa manière de jongler entre gentrification et terreau populaire. À l'image de ce maillot dont Vice n'a pas quitté le poitrail et qui flirte désormais avec l'objet-concept.

Chaque année le dévoilement de la nouvelle mouture de ce qui est l'une des tuniques les plus stylées du paysage footballistique fait événement – avec parfois beaucoup de malice lorsque le club proposait dans sa boutique à l'orée de la saison 2019 en guise de traditionnel maillot third, le maillot "fantaisie" des clubs de foot, une simple étoile rouge à se tatouer sur le torse nu. Au début de la saison 2020, le Red Star est même devenu, grâce à son équipementier Adidas, le premier club de France a créer intégralement le design de son maillot. Une initiative rarissime qui existe dans quelques (souvent modestes) clubs étrangers comme l'AS Velasca, pionnier en la matière.

Et c'est rien de dire que le club de Saint-Ouen s'est pour cela pas mal creusé la caboche en optant pour un maillot reproduisant les motifs de la Toile de Jouy, un tissu créé au XVIIIe siècle, orné de motifs imprimés le plus souvent aubergine représentant des scènes de vie ou des paysages – un clin d’œil indirect aux Puces de Saint-Ouen. Ici les saynètes représentées par grappes en filigrane sur le maillot, dont la direction artistique a été confiée à Acid FC, figurent des symboles de l'Histoire et de l'identité du club – en vert sur vert sur le maillot domicile, en aubergine sur blanc pour le maillot extérieur : des grandes figures passées ou actuelles du club, de Nestor Combin à Lauren Coulibaly, symbole de la section féminine, de Pierre Chayriguès à Hamidou Sene, ancien joueur devenu rappeur, d'André Simonyi à... Rino Della Negra.

La réussite du design est incontestable mais elle n'aurait guère de sens, si le Red Star n'avait choisi de lui en donner davantage justement, de sens. À la forme du maillot, le Red Star a accolé pas mal de fonds dans le cadre du Red Star Lab en donnant naissance au projet "Maillot d'histoire" au sein duquel des conférenciers – on y a croisé Lilian Thuram, Vincent Duluc de L’Équipe ou l'Historien Pascal Blanchard – sont invités à raconter la riche histoire du club aux jeunes audoniens à partir de ce support pédagogique d'un nouveau genre qu'est ce maillot.

Car le storytelling, charriant dans un même mouvement la légende évoquée plus haut et l'Histoire à hauteur d'humains, est aussi – et c'est ce qui fait du Red Star un club à part – à usage interne. On pourrait d'ailleurs le résumer avec le slogan malicieux qu'aime à énoncer le président Patrick Haddad qui détourne le mantra du PSG : « ici c'est pas Paris, c'est Paname ». Pour Hubert Artus cela dit tout : « Le Red Star c'est la proche banlieue des films noirs, c'est les faubourgs . » David Bellion énonce cela autrement, toujours en s'adossant à l'ombre portée de l'encombrant voisin : « le PSG est un blockbuster et nous un film d'auteur ». Des romantiques, ces types-là, qui ajoutent une autre métaphore à la « plus belle métaphore du football français vue en France ».

Crédits photos : Antoine Gutowski (photo 1) / DR (photo 2 & 5) / Collection Gilles Saillant (photo 3 & 4)/ Yann Levy (photo 6)