Perruques décoiffées

Pascale Clavel | Jeudi 17 septembre 2009

Éric Desnoues creuse son sillon avec malice. Le directeur du Festival de musique baroque de Lyon joue à nous surprendre encore et encore. On l'attend sur une programmation, il en offre une autre. On le soupçonne de préparer un concert improbable, il se montre encore plus décalé. 27 ans après son lancement, le Festival se renouvelle, en constante recherche de pépites musicales, d'excellence et d'ouverture. Pour cette nouvelle édition, trois géants de la musique baroque sont mis à l'honneur. Purcell et Pergolèse à l'occasion de l'anniversaire de leur naissance, Haendel à l'occasion de celui de sa mort. Aux côtés de ces trois grands, Éric Desnoues partage avec le public ce qu'il appelle ses «coups de cœur». Des projets musicaux atypiques où les esthétiques se confrontent, où les genres a priori opposés s'enrichissent mutuellement. Il en va ainsi du tout premier concert «Chants sacrés vénitiens et persans», objet musical rare, dialogue passionnant entre l'Islam, le monde catholique et les chants de transes aux mélopées suaves ; fruit d'un travail de recherche remarquable du chef d'orchestre Denis Raisin-Dadre. Dans un autre genre, Jordi Savall aborde un répertoire nouveau, la musique celtique, sur son instrument de prédilection, le dessus de viole. Et puis encore, dans les atypiques, une soirée «concert au café Zimmermann» où Diana Baroni au Traverso et Dirk Börner au clavecin nous invitent à revivre l'esprit du célèbre café de Leipzig qui accueillait les concerts dirigés par Jean-Sébastien Bach. Pascale Clavel27e Festival de musique Baroque de Lyon
À la Chapelle de la Trinité du 28 novembre au 26 mai.

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Instinctive soprano

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Pascale Clavel | Vendredi 4 février 2011

Instinctive soprano

Classique / Au Festival de musique baroque de Lyon, on nous annonce une tempête d’amour et une Patricia Petitbon en très grande forme vocale. Le programme, concocté par la soprano, se concentre sur l’opéra baroque italien, celui qui décoiffe, qui émeut, qui offre des contrastes saisissants et qui renverse tout sur son passage. Patricia Petitbon invite le public à «un voyage à travers l’âme et l’exacerbation des sentiments». Les plus grands airs piochés chez Vivaldi, Haendel ou encore Scarlatti vont sonner à la chapelle de la Trinité par la voix singulière de cette soprano atypique. Les louanges ne manquent pas lorsque l’on évoque les interprétations de cette anti Diva : magnétiques, grandioses, extraordinaires. Patricia Petitbon vient nous livrer le contenu de son nouvel album «Rosso» ce rouge passion italien si singulier. Elle sera accompagnée par le Venice Baroque Orchestra dirigé par le bouillonnant Andrea Marcon. Le plaisir, la démesure et la sensibilité de l’époque baroque lui vont comme un gant, elle qui dans sa «colorature» ose se mettre en danger, ose l’humour et le décalage. «C’est important de voyager dans l’absurde», dit-elle, donc elle y va, elle donne tout, souvent dan

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Concertos en miroir

MUSIQUES | Classique / Vivaldi prétendait qu’il composait plus vite qu’un copiste ne pu copier. Des concertos, il en a écrit plus de 470, d’inégale qualité musicale ; (...)

Pascale Clavel | Jeudi 2 décembre 2010

Concertos en miroir

Classique / Vivaldi prétendait qu’il composait plus vite qu’un copiste ne pu copier. Des concertos, il en a écrit plus de 470, d’inégale qualité musicale ; certains étaient écrits à la hâte pour tel ou tel office religieux. Les quatre concertos pour violon donnés dans le cadre du Festival de Musique Baroque, par l’excellentissime Guiliano Carmignola et son ensemble Venice Baroque Orchestra ont, eux, une architecture remarquable. La virtuosité demandée au soliste est redoutable, l’équilibre entre le tutti d’orchestre et le violon solo approche la perfection. Les concertos de Vivaldi ont eu une renommé européenne immédiate parce que le compositeur a su y introduire un lyrisme tout à fait nouveau. Quant au Concerto en ré pour violon et orchestre de Jean-Marie Leclair, donné la même soirée, il est à l’image de son compositeur, brillant et élégant. Cet excellent musicien lyonnais, considéré comme le fondateur de l’école française de violon au XVIIIe siècle, reste hélas peu joué et peu connu. Nous ne pouvons que nous réjouir d’entendre une de ses œuvres à la Chapelle de la Trinité. L’excellentissime chef et violoniste Guiliano Carmignola, sera aux manettes : touche à tout inclassable, bo

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