100 dessus-dessous

MUSIQUES | Musique / De l’eau a coulé sous les ponts du Rhône depuis Fantasques Hits, la première compilation très «dub des pentes» de Jarring Effects sortie en 1998. Cent références plus tard, JFX a plus que déchiré cette étiquette. La preuve par cinq titres choisis sur leur triple compile, FX 100, qui augure de sang neuf et de collisions multiples. Propos recueillis par Stéphanie Lopez

Dorotée Aznar | Vendredi 9 septembre 2011

Le morceau historique : Royale Salute de Brain Damage & Sir JeanMonsieur Mô, directeur du label : Une bombe dans son registre. Ici Brain Damage retourne à ses racines reggae-dub, qui sont aussi les racines de Jarring. Même si l'ensemble de la compile reflète davantage l'ouverture du label sur le hip-hop, l'électro et les OVNI, la rencontre entre Brain Damage et Sir Jean est représentative du concept : pour cette centième référence, on a privilégié les collaborations et les remixes. On ne voulait pas faire une rétrospective classique.Le remix qui remue : Spank d'High Tone remixé par Niveau ZeroC'est tout à fait le genre de remix qui remue de l'intérieur. On est loin ici du côté dub sound-system des premiers High Tone. Spank (issu de leur dernier album) subit un lifting dubstep par Niveau Zero, la valeur montante du genre. Il injecte une profondeur et une puissance colossales au titre original, et le résultat reflète bien la patte sombre et cérébrale qu'on aime retrouver sur les dancefloors. Parfait pour danser dans sa tête.La collaboration la plus (d)étonnante du tracklisting : Juniper de Filastine Y La Bamba (Filastine remix).Un morceau folk inclassable sur le catalogue de Jarring, ça peut surprendre, mais ça fait partie des nouvelles orientations du label. On ne revendique pas la diversité pour la diversité, évidemment, on n'a pas conçu cette compile comme si on faisait nos courses dans un supermarché. Mais quand la rencontre entre deux artistes et deux univers fonctionne, on adhère.Le morceau qui manque à l'appel
Ce n'est pas un seul morceau qui manque, c'est un quatrième CD. On aurait volontiers ajouté un disque qui fédère les différents groupes issus de la nouvelle scène sound system. Les rencontres qu'on a pu faire dans ce domaine, notamment lors du Riddim Collision 2009, nous auraient largement donné matière, avec des groupes comme OBF, Dub Addict, Mungo's Hifi, Stand High ou Aba Shanti…On y reviendra tôt ou tard, ce pourrait même être l'objet d'une compile à part entière.Le morceau qui annonce déjà le futur : 445AM Sunset de Twelve & Non Genetic.Le morceau mutant par excellence, la combinaison du dub et du rap US bien massif. Là encore, il s'agit d'une rencontre qui a porté ses fruits et qui apporte de nouvelles ouvertures. Cette centième référence annonce un nouveau départ dans l'histoire de Jarring, au sens où on compte bien développer ce qu'on aime, sans s'embarrasser des étiquettes. D'ailleurs, si on met le nombre 100 à l'envers, ça fait 001.
FX 100 (Jarring Effects/L'autre distribution)

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Quel retour feriez-vous de votre première année de programmateur du Ninkasi ? Christophe Moulin : Il y a un an, nous avons commencé les travaux, dont nous ne récoltons pas encore les fruits. C'était une année de transition, mais aussi de complication pour le public, pour les artistes - les backstages étant en travaux. On s'en excuse encore ! C'était une année d'expérimentation, sans pouvoir aller au bout du geste. Ça va vraiment démarrer le 16 octobre : là on va commencer à dérouler la machine telle qu'on l'a réfléchie il y a deux ans. Je garde de très bons souvenirs comme The Game, ou encore la Ninkasi Urban Week où l'on a pu investir l'espace urbain, notre travail sur le Mur7 avec Birdy Kids. C'est ma touche personnelle, cette porosité entre la salle et le quartier. J'ai du mal à rester en place ! C'est normal que les habitants n'entrent pas obligatoirement dans une salle de concerts qui reste un cube fermé. Mais le concert doit sortir à l'extérieur, lui.

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16.06.16 > LA PLATEFORME KIBLIND #57 Cherchez pas à comprendre le line-up de cette soirée, allez-y, c'est tout. D'un concours de pétanque molle à un apéro mix en compagnie de la radio RTU et du festival Heart of Glass, Heart of Gold, en passant par des DJ sets du crew Groovedge, de Sacha Mambo et The Pilotwings, les dessins réalisés en direct et projetés de la bande de Mauvaise Foi, des stands d'activistes et de la bonne bouffe, Kiblind a décidé de régaler toute la nuit. Boum. 17.06.16 > OBAMO CAFÉ MIDNIGHT RAVERS C'est l'un des projets les plus passionnants sorti des fourneaux de Jarring Effects ces derniers temps : Midnight Ravers est un projet mené par Dom Pete

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Willi Williams, c’est le single extrait de cet album, c’est aussi l’artiste qui t’a accompagné sur scène à la sortie du disque : qu’est-ce qu’il y a eu de plus entre vous, lors de cette rencontre ? Martin Nathan : Le choix du single n'a pas été simple. J'aurais pu choisir en effet quasiment n'importe quel titre de l'album, tant j'étais satisfait des prestations des différents intervenants. Par contre, quand il a fallu choisir qui j'allais inviter à venir me rejoindre pour tourner en Europe, je n'ai pas hésité. Wiili m'a instantanément convaincu par sa simplicité, sa disponibilité, son efficacité en studio, sa voix, son aura. De plus, le fait que son hit Armagideon Time, qui l'a promu au statut de légende, ait été repris par The Clash en 1980, est fondateur pour moi. C'est l'un des marqueurs de la collision qu'il y a eu à l'époque entre certains jamaïcains et punk rockers anglais, soit l'un des métissages sociaux-culturels les plus intéressants de ses dernières années. Imaginez le plaisir et la fierté qui furent les miens au moment de r

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C'est une bourde lexicale qui n'a l'air de rien, mais qui en dit long sur le désintérêt de nos élites territoriales pour la culture modérément marchande : lors de la conférence de presse de la Fête des Lumières, elles ont présenté Jarring Effects (dont des affiliés devaient mettre en musique la nouvelle création du Theoriz Crew aux Brotteaux) comme un «groupe lyonnais très connu»... alors qu'il s'agit d'une maison de disques indé, en passe de fêter son vingtième anniversaire. L'occasion de dénoncer une autre méprise, consistant à la réduire à une anti-chambre de l'électro-dub made in France (High Tone, Ez3kiel, Brain Damage...), alors que son activisme lui a par la suite attirée les faveurs des amateurs éclairés de bass music au sens large (du dubstep primordial de Scorn à l'electronica à large spectre d'Aucan), mais aussi de hip-hop (toxique chez Oddateee, cinéphile chez Al'Tarba) et de noise (en compilant Hint et en révélant Picore). Partisan du métissage, fut-il géographique ou textural, JFX est aussi à l'initiative de collaborations intercontinentales d'une enthousiasmante cohérence. Il y eut d'abord Cape Town Effects, qui actait l'émerg

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Cette semaine, la Maison de la Danse accueille en résidence la compagnie Via Katlehong, fondée dans l'un des townships les plus insalubres de Johannesburg, la capitale économique de l'Afrique du Sud. Après elle, ce sera au tour de la chorégraphe Dada Masilo, elle aussi issue de l'une de ces zones résidentielles dans lesquelles, sous l'Apartheid, étaient parquées les populations à la peau un peu plus chargée en mélanine que celle des colons européens, d'investir le lieu pour une relecture black et gay du Lac des cygnes. Le label indépendant Jarring Effects, lui, profitera ce week-end du quinzième anniversaire de son festival, le Riddim Collision, pour présenter la concrétisation de Cape Town Effects, projet mené en étroite collaboration avec son homologue du Cap, Pioneer Unit. Coïncidence ? Aucunement.  De Paris, où la Gaieté Lyrique déroule depuis la rentrée un panorama complet de la scène artistique contemporaine de Johannesburg, à Lans-en-Vercors, où le Hadra Trance Festival a fait l'été dernier de l'Afrique du Sud son invitée d'honneur, ils sont de plus en plus nombreux à porter leur regard le long des côtes au

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La scène se déroule au printemps 2003, à Clermont-Ferrand. Ce soir-là, la Coopérative de Mai accueille Fred Avril, compositeur de musiques de film dont la carrière pop fut aussi honnête qu'éphémère. Sa prestation, elle, n'a rien d'extraordinaire et le public le fait savoir en éclusant bruyamment ses bières. Soudain, il se saisit d'un potard géant et le tourne d'un cran. Un monstrueux bourdonnement s'échappe des enceintes. Silence dans la salle. Les vêtements se décollent des peaux comme des masques peel off. Il le tourne d'un cran supplémentaire. Les cages thoraciques résonnent au point qu'on ne s'entend plus battre du cœur. Encore un cran. La situation devient limite supportable. Avril reprend son set. Soulagement et déception dans l'assistance, encore saisie de cette impression unique d'être à la fois en pleine conscience de soi et sur le point d'exploser tel un œuf dans un micro-ondes. Impression qu'une seule musique nous aura fait éprouver depuis : la bass music. Marée de basses Autant dire que nous n'étions pas les derniers à nous réjouir lorsque, en 2011, est né le Rumble Festival, événement tout entier consacré à cette appellation d'ori

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On ne vous fera pas l'affront de vous traduire le nom d'Erotic Market, même notre bilingue d'ancien Président de la République aura compris. De toute manière, il suffit d'écouter quelques secondes de ce jeune groupe lyonnais pour que le marché de l'érotisme s'empare de vous comme une jeune fashionista d'un cachemire à moins 70% un jour de soldes. Il n'y avait guère qu'Echo Orange, maison d'énergumènes comme Fireball FC, Daisy Lambert ou The Rebels of Tijuana, pour se faire souteneur d'un projet aussi allumé et addictif (aidé en cela par le Grolektif et Jarring Effects en un curieux mélange de genres). Lequel est manifestement en train d'aguicher au-delà du périphérique lyonnais puisque le buzz – celui du râle de l'amour physique – fait son petit bonhomme de chemin avec un taux de pénétration non négligeable. La faute à un titre qui commence à pas mal tourner : Rumblin', méla

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High Damage, comme son titre l'indique, c'est la rencontre, sous l'égide Jarring Effects, le choc, entre High Tone et Brain Damage. Ne pas s'attendre pour autant à pertes et fracas, ni à des «damage» collatéraux dévastateurs. D'une part, parce que High Tone est habitué de ce genre de duel amical labellisé «In a dubtone session» (Kaltone avec Kaly Live Dub, Zentone avec Zenzile...). D'autre part, parce qu'on est ici dans le clash, le crash, mais au ralenti, tout en infra-basses et rythmique electro-dub traîne la patte, le tout rehaussé de filtres sur les voix, échos, reverbs et clins d'œil world jusqu'au moyen et même à l'extrême orient. Qu'est-ce qui fait dès lors que l'on reste assez imperméable à ce bon disque d'électro-dub ? Le fait qu'il soit sans surprise ? Le fait qu'il soit répétitif par essence autour de sa base électro-dub ? Le fait que le genre ait quelque peu fait son temps et vieillisse assez mal (ou est-ce nous ?) ? Le fait qu'il n'y ait guère dans ce genre précisément de juste milieu entre une musique d'ambiance à écouter chez soi en comatant, ou en live, secoué de basses et emporté par la houle ? Pour le tenants de la seconde option, ça se passe au

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Cette année, les mauvaises langues qui prétendent que le Riddim rassemble trop souvent un public sorti du rayon bières de Lidl et des artistes aussi sexy qu’un cirque interlope de Groznyï seront priés d’aller cracher leur médisance ailleurs. Car cette onzième édition pourrait bien en remontrer à ceux qui daubent sur le dub en oubliant que Jarring est avant tout un label pluriel. Même si, «rootsitude» oblige, la soirée du vendredi restera dévolue au dub maison (High Tone, Twelve & Rico…) et aux sound systems d’obédience jamaïcaine, le reste de la programmation sort allègrement des sentiers battus par la génération sweat-treillis des petits-fils de King Tubby. Le hip-hop, notamment, se taillera la part du lion sur les deux scènes du samedi. De l’imprononçable K-The-I ??? aux inimitables performances buccales d’Under Kontrol (champions du monde du beatboxing), du bon vieux rap US d’Oddateee aux accents grime de Ben Sharpa, ce plateau «bass culture» proposera tout ce qu’il faut pour renouer avec l’ombilic du groove «pô pô pô». Mais la collision des rythmes ne se limitera pas cette année à un vaste panel de beats et de breaks, si représentatif soit-il de l’underground électrophile. Avis

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Jerôme Dittmar | Vendredi 12 décembre 2008

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Le label lyonnais Jarring Effects entretient avec soin ce que l'on peut appeler sa filière sud-africaine. Ne surtout pas entendre par là de sombres histoires de psychotrope et autres sordides traites d'humains. En 2003, le duo parisien Interlope signé chez Jarring procède à un échange culturel avec des groupes étrangers dont les sud-africains The Constructus Corporation, têtes pensantes du label African Dope. C'est ainsi que les petits gars de chez Jarring Effects découvrent un pan complètement insoupçonné et décomplexé de la nouvelle musique d'Afrique du Sud, construite sur les cendres encore fumantes de l'apartheid. Soufflés par le côté mutant de ce son hip hop-électro synthétique et hystérique, les liens se nouent. Un mail. Deux. Un concert de Real Estate Agent. Puis de Sibot. Suivi de près par Marcus Wormstorm. Puis vinrent Playdoe et Ben Sharpa. Jusqu'à cette date du 29 octobre 2006 où sort la compilation Cape Town Beats, condensé de musique électronique et rap distillé par ces musiciens originaires d'Afrique du Sud. Au-delà d'une indéniable affinité commune pour la musique partant facilement en sucette, la démarche et l'histoire du label sud-africain African Dope ressemblent

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