Musicophilia

MUSIQUES | Rock, électro, rap — Automne au balcon, printemps au diapason. Trêve des confiseurs et ripailles de Noël digérées, les salles lyonnaises remettent le couvert pour une saison musicale quasiment au niveau de celle que l'on vient de vivre. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 20 décembre 2011

Ici, on n'est pas du genre à dire «on vous l'avait bien dit», mais avouez qu'on vous l'avait bien dit : l'automne a été particulièrement riche en (bon) cholestérol musical. Et au vu de ce qui se profile dans la première moitié de l'année, on n'a pas fini de saucer. Commençons par une fin en beauté excentrique avec la reine Björk de Biophilia aux Nuits de Fourvière. Un événement ! De même pour la venue le 26 mars à l'Epicerie Moderne de l'immense Jonathan Richman. Une Epicerie qui continuera de régaler cette saison avec le néo-rocker Hanni El-Khatib (26/02), un co-plateau international Piers Faccini (anglo-italo-quasi français) et Chad Van Gaalen (Canadien) le 15 mars, ou encore, la veille, ce sombre illuminé de Daniel Darc. Le printemps fleurera d'ailleurs bon le vieux chanteur «françois» révolté avec un Miossec très rock le 7 février au Transbo mais aussi, le 10, Michel Cloup (ex-Diabologum et Expérience) qui présentera son sublime album solo Notre Silence au Clacson. En dépit de ses difficultés actuelles avec le silence justement, la salle d'Oullins ne désarme pas pour autant avec une programmation sans concession dont on ressort notamment l'incroyable bluesman sépia C.W. Stoneking, le 15 février. Un mois plus tard, rock vintage également avec les Clermontois de Mustang au Marché Gare.

Problèmes de riches

Au Transbordeur – dont l'éclectisme de la programmation frôle le grand écart entre métal symphonique et... Boyz II Men –, on assistera au retour de quelques vieilles gloires, new wave notamment, avec les Stranglers et Killing Joke (les 14 et 19 avril) ; garage façon Fleshtones (avec Bijou en première partie !, le 12 mars) ou hard-rock à papa (Thin Lizzy, 17 février). Moins vieux mais tout aussi glorieux les toujours impeccables Nada Surf (20 février), Le Peuple de l'Herbe (21 mars) ou The Rapture (25 avril). Mais à Villeurbanne, il faudra surtout réserver son 22 mars pour une doublette Feist / M.Ward d'ores et déjà gagnante. Ajoutons le Ninkasi et ça commence à faire du beau monde : le retour de Cascadeur (au Kao le 3 février), les cultes et également casqués Helmet au volant de leur mythique Meantime (le 13 mars) et Buffalo Killers (17 février au Kafé, gratos). Parfois, comme ce fut le cas cet automne, on aura des problèmes de riches et il faudra faire un choix : comme le 24 mars entre Dark Dark Dark et Matt Elliott au Marché Gare et The Chap au Clacson d'Oullins. Mais les problèmes de riches par les temps qui courent, on n'est pas contre.

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Piers Faccini : « assumer un aspect hybride dans mon travail »

Folk | En mini-tournée quelques mois après la sortie de son dernier EP, quatrième volet de la collection folk "Hear my Voice" édité par son label, Piers Faccini passe une fois encore par le Temple Lanterne pour un concert acoustique. L'occasion pour lui de nous entretenir de cette collection, de son label et plus largement, de sa vision de l'indépendance artistique et économique à l'ère de la dématérialisation de la musique. Où il est question de musiques traditionnelles, des Cévennes, d'amour de l'artisanat et d'acoustique.

Stéphane Duchêne | Vendredi 28 février 2020

Piers Faccini : « assumer un aspect hybride dans mon travail »

Quel est la genèse de Hear my Voice, cette collection d'EP dont vous venez de livrer vous-même le quatrième volet sur votre propre label Beating Drum ? Piers Faccini : Quand j'ai voulu créer Beating Drum, c'était d'abord un choix d'émancipation artistique absolue sur mes propres projets et puis je me suis dit que si je croisais au hasard de mes collaborations, des gens intéressants, des projets ou des artistes qui évoluent sous le radar et n'ont pas une grande visibilité, Beating Drum pouvait avoir vocation à les aide à faire un premier pas sinon vers la notoriété du moins vers leur public. Et plutôt que de faire un album – ce qui est un investissement important parce qu'on peut travailler deux ans sur un disque qui aura une fenêtre d'une dizaine de jours pour accrocher les médias, la radio – j'ai pensé à créer une collection regroupant ces artistes dans une certaine esthétique et sous un format d'EP 4-titres. Nous en avions sorti trois

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Piers Faccini de retour au Temple Lanterne

À venir | Habitué des scènes lyonnaises pas comme les autres et déjà vu en ce lieu pour un Petit Bulletin Live en novembre 2014, et en d'autres occasions, le chanteur (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 26 novembre 2019

Piers Faccini de retour au Temple Lanterne

Habitué des scènes lyonnaises pas comme les autres et déjà vu en ce lieu pour un Petit Bulletin Live en novembre 2014, et en d'autres occasions, le chanteur et songwriter Piers Faccini annonce son retour en le très intimiste Temple Lanterne. Où en trio, accompagné du violon d'Anne Gouverneur et du violoncelle de Maeva Le Berre, l'italo-anglo-cévennol livrera de ces bouleversantes versions acoustiques dont il a le secret lorsqu'il s'agit de revisiter son répertoire ouvert aux influences de tous les folklores. Et sans doute des extraits de son récent EP dans la collection Hear My Voice lancée il y a quelques mois par son label, Beating Drum, comme de son futur album pour lequel il faudra patienter jusqu'en novembre prochain. Communion prévue le 6 mars prochain à 20h30.

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The Fall, chute libre

Critique | Pour son deuxième tribute à une figure éteinte mais toujours lumineuse du rock, à paraître le 15 novembre, Teenage Hate Records a fait plancher la scène rock française (et partiellement lyonnaise) sur l'oeuvre abyssalle et atrabilaire d'un pilier du post-punk : The Fall et feu son lider maximo Mark E. Smith.

Stéphane Duchêne | Mardi 12 novembre 2019

The Fall, chute libre

S'il est un groupe qui ne se laisse pas approcher facilement c'est bien The Fall. Essayer d'en reprendre les morceaux insaisissables, à piocher dans une discographie qui compte en tout (studio, live, compilation) plus d'une centaine d'albums, revient à risquer le saut de la foi dans le cratère d'un volcan. Quant à se glisser dans la peau inhabitable du regretté Mark E. Smith (décédé début 2018), l'exercice requiert l'équivalent de la production mondiale de vaseline. Cela n'a pas eu l'heur d'effrayer le label lyonno-viennois Teenage Hate, artisan producteur de quelques excellents groupes du crû (The Scaners, Off Models, Hi-

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Je me souviens, je me rappelle : "Daniel Darc, Pieces of My Life"

Documentaire | Entre la fin de Taxi Girl (groupe iconique et phare de la scène post-punk et new wave française) et sa renaissance via le succès de l’album Crèvecœur, Daniel Darc aura connu quinze années de désert marquées notamment par la drogue et la foi. Et richement documentées par un ami proche…

Vincent Raymond | Mercredi 24 juillet 2019

Je me souviens, je me rappelle :

En peu de temps, nous sommes passés d’un extrême l’autre en terme d’images d’archives : de l’absence ou de la rareté au trop plein, l’époque actuelle débordant (pour ne pas dire dégueulant) de prises de vues le plus souvent contrôlées, fabriquées, car considérées comme faisant partie intégrante de la promotion globale. Même lorsque le sujet n’est pas une personnalité médiatique, il se met en scène pour ses réseaux sociaux. Il y a peine vingt ans, un artiste dans le trou demeurait totalement hors des radars : qui avait intérêt à documenter la galère d’un has been ? Personne, à moins de tomber sur un fan, un ami, suffisamment opiniâtre et proche pour effectuer un suivi régulier et avoir accès à l’intimité la moins glamour. Dans une carrière (et une vie) marquées par les fractures, Daniel Darc aura au moins eu cette chance d’être suivi par Marc Dufaud qui, grâce au considérable matériau accumulé pendant sa période de vie en-dehors des sunlights, peut montrer les

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Vincent Segal fait salon

Nuits de Fourvière | En ouverture classieuse des Salons de musique proposés par les Nuits de Fourvière, le maître violoncelliste Vincent Segal et le label No Format unissent leurs talents à l'Odéon pour célébrer leur conception de la musique pas comme les autres, friande de rencontres et d'épure.

Stéphane Duchêne | Mardi 18 juin 2019

Vincent Segal fait salon

D'une pierre deux coups, d'un concert deux rêves, c'est ce que réalisent cette année les Nuits de Fourvière en inauguration de ces Salons de musique, qui du 23 juin au 11 juillet offriront comme un genre de programmation parallèle au festival, entre l'Odéon, la Salle Molière et l'Opéra de Lyon. D'abord, il s'agissait d'exaucer le désir du violoncelliste protée Vincent Segal (révélé avec Bumcello et capable d'accompagner Enrico Macias et Susheela Raman, M et Mayra Andrade, Blackalicious et Agnès Jaoui) de proposer un autre genre de performance que celles régulièrement livrées par lui entre les marches des deux théâtres antiques, autour de quelques amis musiciens échangistes et sans amplification. Un salon de musique en somme. Ensuite, pourquoi pas en profiter pour fêter ainsi en grande pompe mais en toute modestie, les quinze ans du label No Format, fondé en 2004 par Laurent Bizot, défenseur des musiques singulières, immatures, métissées et improvisées, qui accueillit les premiers pas en piano solo de Gonzales,

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Miossec en tête d'affiche

Changez d'Air | En attendant un dévoilement complet de sa programmation, Changez d'Air vient de lâcher les premiers noms de sa 19e édition. Le festival sis entre (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 29 janvier 2019

Miossec en tête d'affiche

En attendant un dévoilement complet de sa programmation, Changez d'Air vient de lâcher les premiers noms de sa 19e édition. Le festival sis entre St-Genis-lès-Ollières et Craponne accueillera ainsi à l'Escale Miossec le 17 mai en compagnie de Laure Briard. Ainsi que Cléa Vincent la veille. Ces trois artistes venant dévoiler sur scène leurs derniers disques en date. Changez d'Air se déroulera du 15 au 18 mai.

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Flash-back sur le Petit Bulletin Festival

MUSIQUES | De la pop, électro ou pas, française comme sud-africaine, les extravagances du rock anglais, une soirée 100 % féminine à base de folk américain et de performances voyageuses et l'un des plus grands orchestres d'Afrique de l'Ouest... Pour sa deuxième édition, le Petit Bulletin Festival est parti dans tous les sens sous la verrière des Subsistances. Et cela a valu quelques beaux moments dont il faudra se souvenir.

Stéphane Duchêne | Mercredi 2 mai 2018

Flash-back sur le Petit Bulletin Festival

Vendredi 27 avril Sage C'est Sage qui a ouvert les hostilités vendredi soir pour le concert inaugural du Petit Bulletin Festival sous la verrière des Subsistances. Des hostilités il faut bien le dire particulièrement avenantes mais un rien surprenantes pour qui est habitué aux disques de l'ancien Revolver. C'est en groupe – dont faisait partie la chanteuse et musicienne Theodora – et en mode plutôt rock que Sage a fait la blague, livrant des extraits ici particulièrement saignants de son album à venir en juin, Paint Myself. Ceux qui aiment cet artiste en mode piano-solo auront, ô joie, pu en profiter quelques précieuses minutes lors d'un concert surprise sis à la Boulangerie des Subistances pendant le deuxième changement de plateau. Là, Sage s'est livré, entre autres, à quelques reprises et à des collaborations complices avec Theodora pour un moment suspendu. Nakhane Vint le tour de Nak

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Un festival de talents (et de surprises)

Pépites | En plus d'Alela Diane, le Petit Bulletin Festival #2, ce sont deux autres têtes d'affiche, Cascadeur et Orchestra Baobab, et quatre jeunes talents fascinants. À noter aussi quelques concerts acoustiques et surprises à découvrir sur place pour lesquels il faudra prêter l'oreille. On n'en dit pas plus.

Stéphane Duchêne | Mardi 24 avril 2018

Un festival de talents (et de surprises)

Les têtes d'affiche Cascadeur C'est Cascadeur qui ouvrira le festival comme première tête d'affiche. Une tête d'autant plus reconnaissable qu'elle est casquée mais dont les mélodies et les atmosphères d'apesanteur pop ne sont pas moins inoubliables que la tenue de pilote-cascadeur qui va avec. Son dernier album, Caméra est une pépite. Et ses prestations live des rêveries. Orchestra Baobab C'est la touche sono mondiale du festival, au goût de légende. Car l'orchestre de bal ouest-africain, l'un des plus grands du genre, créé en 1970, à l'effectif pléthorique et changeant, aura connu une histoire aussi riche qu'accidentée. Reformé en 2000 après une longue absence, Orchestra Baobab vient présenter un hommage forcément jouissif à l'un de ses membres les plus éminents : El Hadj Ndiouga Dieng, décédé en 2016. Alors on danse ? Les découvertes Sage Pour beaucoup ce n'est pas à proprement parler une découverte puisque le dénommé Ambroise Willaume a déjà officié avec le trio Revolver qui connut un certain succès en mode pop de chambre au tournant des

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Cascadeur : l'homme au masque de fer

Petit Bulletin Festival | L'une des têtes d'affiche du Petit Bulletin festival s'avancera casquée, comme elle le fait depuis ses ses débuts, cultivant, sous le nom de Cascadeur, un mystère pop grandissant d'album en album. Confirmation sur le dernier en date, "Caméra", tout en voltiges mélodiques et atmosphères anxiogènes. Et sur la scène du Petit Bulletin Festival pour un show inédit.

Stéphane Duchêne | Mercredi 28 mars 2018

Cascadeur : l'homme au masque de fer

The Human Octopus était l'album de tes premières compositions, Ghost Surfer celui de l'ouverture avec beaucoup de belles collaborations. Comment qualifierais-tu Caméra par rapport à la manière dont tu as évolué, dont ta carrière a évolué ? Cascadeur : Je le vois comme une synthèse. Après le grand casting du deuxième album, j'ai aussi voulu retrouver ce qui faisait l'essence de Cascadeur : l'exploration de l'individu mais en endossant moi-même les différents rôles comme un cascadeur doit doubler différents acteurs pour différentes séquences. Je voulais qu'on sente le temps passé et qu'on sente que je me libérais peut-être de certaines choses. Travailler aussi sur ce qui pouvait m'apparaître comme des idées préconçues autour de Cascadeur : ce côté délicat qui pouvait manquer d'aspect physique ou nerveu

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Le Petit Bulletin Festival #2 : La Playlist

MUSIQUES | De Cascadeur à Orchestra Baobab en passant par Sage, Alela Diane et tous les autres, petite sélection best of spéciale Petit Bulletin Festival #2. Même si le meilleur est à venir en live du 27 au 29 avril au Subsistances.

Stéphane Duchêne | Mercredi 28 février 2018

Le Petit Bulletin Festival #2 : La Playlist

Hors d'œuvre, piqûre de rappel, ou occasion de découvrir un, deux, trois ou même les huit artistes invités, appelez-ça comme vous voulez. Mais face à l'éclectisme de la programmation du Petit Bulletin Festival #2, de la pop de Cascadeur et Sage au folk d'Alela Diane, de la révélation Nakhane sud-africaine au totem sénégalais Orchestra Baobab, de l'ovni Lior Shoov à un autre ovni nommé Isaac Gracie, le mieux est encore de mettre un peu d'ordre dans tout ça et de prêter une oreille attentive à cette belle palette de musiques. Classiques, nouveautés ou les deux des artistes précités achèveront sans doute de vous convaincre de réserver son week-end du 27, 28 et 29 avril.

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Petit Bulletin Festival #2 : Embarquement immédiat !

MUSIQUES | Pour sa deuxième édition, le Petit Bulletin Festival prendra ses quartiers aux Subsistances les 27, 28 et 29 avril prochains avec pas moins de sept artistes au programme, de la folk à la pop en passant par la world music. En voici le détail.

Stéphane Duchêne | Mercredi 7 février 2018

Petit Bulletin Festival #2 : Embarquement immédiat !

C'est la verrière des Subsistances qu'investiront les artistes de la deuxième édition, printanière, du Petit Bulletin Festival. En ouverture, le vendredi 27 avril, c'est le petit génie casqué Cascadeur qui viendra présenter son troisième album, à paraître le 30 mars et sur lequel il poursuit une œuvre aussi aérienne qu'énigmatique. Un disque plus cinématographique que jamais, jusque dans son titre Camera, que Cascadeur délivrera sur scène masqué mais sans fard en quatuor pop. Avant lui, c'est un autre prodige du genre, Sage, ex-Revolver qui fera apprécier, lui aussi en quatuor, son sens de la composition et des arrangements, déjà vus à l'œuvre, outre Revolver, aux côtés de Woodkid et The Shoes, et rassemblés sur de nouveaux titres comme sur ceux de son album éponyme, paru en 2016. Les deux musiciens français à la voix perchée et à la formation classique seron

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Piers Faccini, insulaire mais ouvert

Folk | Cosmopolite et polyglotte, Piers Faccini revient avec I dreamed an island, un album destiné aux citoyens du monde. Pour le présenter au public lyonnais, le chanteur sera accompagné d'un violoniste de renom.

Gabriel Cnudde | Mardi 15 novembre 2016

Piers Faccini, insulaire mais ouvert

Né en Angleterre d'un père italien et d'une mère anglaise, éduqué entre la France et l'Italie et devenu adulte par le biais de ses innombrables voyages, Piers Faccini, à défaut de faire de la musique du monde, est un musicien du monde. Avec I dreamed an island, son sixième album studio, le songwriter poursuit la description cosmopolite du monde dans lequel il évolue, y ajoutant cette fois une touche militante explicite. Adepte du multi-linguisme depuis Between Dogs and Wolves (2013), Piers Faccini chante en anglais, en français mais aussi en arabe et en italien. Plus qu'une simple question de sonorités, cette ouverture fait directement référence au nom de ce nouvel opus. L'île dont rêve le chanteur est une copie de la Sicile du douzième siècle où cohabitaient pacifiquement des peuples de cultures occidentale, byzantine et islamique. Musicalement, ce multi-culturalisme propre à l'artiste se traduit par un folk épuré où la guitare se transforme tantôt en kora, tantôt en

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Michel Cloup, debout

Rock | C'était en mode plus qu'intime que Michel Cloup avait en solo (en forme de duo, mais marqué pour la première fois de son vrai nom) fini par « recycler (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 26 avril 2016

Michel Cloup, debout

C'était en mode plus qu'intime que Michel Cloup avait en solo (en forme de duo, mais marqué pour la première fois de son vrai nom) fini par « recycler cette colère » qui a toujours été la sienne, lui le bâtisseur d'hymnes à la moue. Le deuil marquait ainsi puissamment, indélébile, l'immense Notre silence, avant que la meurtrissure du couple blessé ne vienne remuer Minuit dans tes bras. Et voilà que pour son déjà troisième album solo (même remarque que précédemment, même si le batteur Patrice Cartier laisse place à Julien Rufié), Ici et là-bas, investit le terrain d'une révolte on ne peut plus en phase avec la période. À l'heure où le peuple, ou ce qu'il en reste, se lève la nuit à la recherche d'une solution, Cloup acte la disparition de la classe ouvrière (La classe ouvrière s'est enfuie) et la difficulté à dire nous (Nous qui n'arrivons plus à dire nous). Les deux titres étaient annonciateurs de ce disque où Cloup retrouve quelque chose de sa jeunesse énervée et éternelle, qui plus est mûrie et nourrie d'un travail sur ses origines (là encore des chansons qui s'ancrent toutes seules dans la chair de l'actualité).

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Les 10 concerts à voir en avril

MUSIQUES | Sortez vos agendas : voici dix concerts à ne pas manquer ce mois-ci ; du show latino où emmener votre maman à l'indie pop dépressive où s'oublier. Par Stéphane Duchêne & Sébastien Broquet.

Sébastien Broquet | Jeudi 14 avril 2016

Les 10 concerts à voir en avril

Get Well Soon Quand il est apparu au monde de la pop chercheuse et bien mise, rayon dandy touche à tout, le Mannheimois Konstantin Gropper évoquait aussi bien Beirut que Radiohead, Arcade Fire que Magnetic Fields. Génie solitaire, il a prouvé par la suite qu'il était capable de partir dans toutes les directions et c'est davantage en mode crooner qu'il nous revient, genre Neil Hannon chevalier teutonique, avec un album LOVE, rempli d'amour (fut-il tordu comme sur le single It's Love) et de tubes à emporter. LOVE en live, on pressent que ça va le faire. À l'Épicerie Moderne le samedi 16 avril Calexico On l'a souvent dit, Calexico, c'est comme les genêts ou les bêtes à cornes, c'est encore Jean-Louis Murat qui en parle le mieux : « Oui, je vois mieux qui je suis, moi, là, avec Calexico » chantait l'Auvergnat avec façon sur son Viva Calexico circa Mustango (1999). Le duo Joey Burns/John Convertino et sa bande d'arizonards de Tucson, après une

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Rentrée musique 2016 : anciens et modernes

MUSIQUES | Entre Polna, Neil Young, les Insus et même le retour du plus si jeune Jon Spencer (porté pâle au printemps), les aînés seront là en force en 2016. Mais la jeune garde veille et ne s'en laissera pas compter.

Stéphane Duchêne | Mardi 5 janvier 2016

Rentrée musique 2016 : anciens et modernes

Jon Spencer aime tellement nos panoramas de rentrée – il en a déjà fait la Une – qu'il parvient même à y figurer deux fois par an. On l'annonçait en septembre dernier, voilà qu'on le réannonce pour le 6 mars à l'Épicerie Moderne. Avec bonheur, puisque si nous le faisons, c'est que le trio du New-yorkais avait dû annuler à la dernière minute cet automne pour raisons de santé. Tout va mieux, donc tout va bien, et cela indique peut-être que cette année 2016 sera légèrement moins pénible que la précédente – raccrochons-nous aux branches, tant qu'il y a encore des arbres. Or des branches, même vieilles, il se trouve qu'il en repousse, en témoigne une tripotée de reformations plus ou moins récentes de groupes plus ou moins relous à l'oreille (Louise Attaque au Transbo le 29 mars, Elmer Food Beat au CCO le 6 avril) dont la palme revient bien sûr aux Insus, soit Téléphone sans fille (n'y allez pas, c'est complet) – rayon nostalgie de jeunesse, on préférera de loin se consacrer à Nada Surf, qui ne s'est jamais déformé, le 26 avril à l'Epicerie. Ah, tiens on allait oublier Polnareff

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The Chap, candidat aux érections européennes

MUSIQUES | On avait déjà allègrement identifié The Chap comme un groupe anti-crise, dont la désinvolture et la foutraquerie fait quasiment office de manifeste politique, (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 13 octobre 2015

The Chap, candidat aux érections européennes

On avait déjà allègrement identifié The Chap comme un groupe anti-crise, dont la désinvolture et la foutraquerie fait quasiment office de manifeste politique, canal je-m’en-foutiste mais néanmoins radical – cf. les éructations de quasi-dégoût de leur dernier single, le très garage Jammer. Mais aussi comme un concentré de cette Europe à laquelle ils mettaient le feu sur la pochette de Well Done Europe – ses membres venant des quatre coins du continent. De ce point de vue, leur disque à paraître le 25 octobre enfonce le clou. Son titre : The Show Must Go. Et le show go on, surtout, malgré la crise, entre electronica sucrée, krautrock assassin et pop ondulatoire, en fait entre tout et à peu près n'importe quoi. C'est que les membres de The Chap savent, eux, constituer une union sacrée aux services de problématiques diverses et même contradictoires – notamment quand ils appellent à un «capitalisme socialement conscient» (insérer ic des éclats de rire du Medef et/ou d'Emmanuel Macron). Cela n'est pas plus exotique pour eux que de mélanger grosses guitar

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Rentrée musique : 20 concerts à ne pas manquer

MUSIQUES | De mémoire de rats de salle de concert, cette rentrée musicale est l'une des plus chargées que la ville ait connue. Qu'à cela ne tienne, ce ne sont pas dix concerts que nous vous avons tagués comme "incontournables" cette année, mais une vingtaine. Faites chauffer les boules Quiès.

Stéphane Duchêne | Mardi 29 septembre 2015

Rentrée musique : 20 concerts à ne pas manquer

Aline / Tigran / Jay Jay Johanson / Is Tropical Après avoir bu et dansé jusqu'à plus soif, bien profité de la belle hype initiée par Regarde le ciel, les Ex-Young Michelin ont pris la route du studio ICP de Bruxelles (temple du rock contemporain) à la rencontre de Stephen Street, mythique producteur et/ou ingénieur des Smiths (il fut le sage-femme de The Queen is Dead, t'as qu'à voir !), de Morrissey et de quatre albums de Blur. Le résultat, bien inspiré (et intitulé La Vie électrique), dégouline forcément de guitares cristallines et de rythmiques 80's dévalées en frenchy dans le texte. Quelque part entre les Smiths donc, les Triffids et un Daho d'époque moins daté. Aline est là, manquerait plus qu'elle revienne. Stéphane Duchêne Le 9 octobre au Marché Gare C'est un fait, le Tigran est un genre de prodigieux caméléon musical dont le génie serait profondément agaçant s'il n'avait pas la mansuétude d'en faire profiter les autres. Ce pianiste jazz (sur le papier uniquement), on l'a connu sous

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Bruce Brubaker, San Fermin et Yael Naim ouvrent la saison 2015/2016 des PB Live

MUSIQUES | Philip Glass joué par Bruce Brubaker au Sucre, Yael Naim qui fricote pour la quasi première fois avec le Quatuor Debussy en la Chapelle de la Trinité et le retour de San Fermin au Marché Gare : cette saison, le PB Live voit triple.

Stéphane Duchêne | Mardi 22 septembre 2015

Bruce Brubaker, San Fermin et Yael Naim ouvrent la saison 2015/2016 des PB Live

On avait laissé les Petit Bulletin Live résonner sur les dernières notes du Songs of Time Lost de Piers Faccini et Vincent Segal au Temple Lanterne en novembre dernier – ces derniers y refaisant un passage le 10 décembre. Certes, le temps fut long, mais comme l'a chanté Francis Lalanne, «on se retrouvera», et ce dès le 21 octobre. Et pas avec Francis Lalanne, c'est dire si le public est gâté. Et pas que pour une seule date, mais trois. Cette année, le PB Live, après une remise en forme, s'est converti à la tactique bien connue de Jacques Anquetil et de notre précieux et enthousiaste partenaire Rain Dog Productions :«On part à fond, on accélère au milieu et on finit au sprint.» Donc on part à fond, avec du lourd et du pointu, un bon 53x12 en langage cycliste mais qui, une fois lancé, roule tout seul : Bruce Brubaker joue Glass. Au Sucre. Parce que personne ne joue mieux Glass que Brubaker, à part peut-être Glass lui-même. On y revient de toute façon très vite. Sachez simplement que, interprétées par un tel virtuose, les études pour piano solo de Philip Glass,

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Piers Faccini et Vincent Segal de retour au Temple

MUSIQUES | Vous les aviez adorés au Temple Lanterne l'automne dernier en PB Live ? Vous les adorerez une seconde fois. Car le guitariste et chanteur (...)

Stéphane Duchêne | Mercredi 6 mai 2015

Piers Faccini et Vincent Segal de retour au Temple

Vous les aviez adorés au Temple Lanterne l'automne dernier en PB Live ? Vous les adorerez une seconde fois. Car le guitariste et chanteur anglo-italo-cévenol Piers Faccini et le violoncelliste Vincent Segal reviendront pour une halte acoustique et pleine de leur incommensurable talent pour la reprise suave (Townes Van Zandt, chanson italienne, Alain Péters...) le 10 décembre au même endroit. Croyez-nous, ça vaut bien une messe, alors une virée au Temple, même en hiver...

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Kidsaredead, fils prodigue de la pop lorraine

MUSIQUES | Lorrain exilé à Paris, on a connu furtivement Kidsaredead sur ses terres il y a bien longtemps, presque dans une autre vie. Le plaisir de retrouver ce jeune gars bourré de pop pour un album et un concert lyonnais, nous ne pouvions que tenter de le partager. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 17 février 2015

Kidsaredead, fils prodigue de la pop lorraine

Un jour de l'été 2000, en convalescence chez papa-maman à Clouange, Moselle, pour cause d'explosion du coude consécutive à une bagarre molle sur le parvis du mythique McDo Guillotière, votre serviteur s'est retrouvé dans la cave d'une maison de la vallée sidérurgique dite de l'Orne, à écouter les bandes enregistrées chez lui par un tout frais bachelier, ami du frère d'un ami d'enfance. Là, on découvrait déjà l'influence criante de Pavement, des Beach Boys, de Stevie Wonder, de Neil Young, de Fleetwood Mac. Et pas mal de génie aussi – faisant regretter que le dénommé Vincent Mougel, que l'on avait déjà perçu fasciné par la figure du loser magnifique, ne s'en aille suivre quelque prépa, littéraire si on se souvient bien, à Strasbourg. Après quoi on ne l'a plus jamais revu. Pas autrement du moins qu'en suivant à distance et bien plus tard sa progression de musicien touche-à-tout finalement débarqué à Paris, aux côtés notamment du Variety Lab de Thierry Bellia – comme sur l'excellent Team Up ! – Orval Carlos Sibelius, Herman Düne ou Zombie Zombie. Quelles étaient les chances de se retrouver un jour à écrire sur cette rencontre et ce musicien qui sor

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Retour au Temple

MUSIQUES | Magie du Temple Lanterne ou des deux invités de cette soirée ? Les deux sans doute. Toujours est-il que vendredi soir, lors de la première de la saison 2 du (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 2 décembre 2014

Retour au Temple

Magie du Temple Lanterne ou des deux invités de cette soirée ? Les deux sans doute. Toujours est-il que vendredi soir, lors de la première de la saison 2 du PB Live avec Vincent Segal et Piers Faccini, il y eut du recueillement et de l'extase. Avec leurs reprises de chansons italiennes, de Townes Van Zandt (sublime version de Quicksilver Dreams of Maria) et d'Alain Péters (Piers chantant en créole, savoureux), présentes sur leur disque Songs of Time Lost, mais aussi quelques unes piochées dans les albums solo de Piers (Where Angels Fly, entre autres), le duo a fait exploser le Temple d'émotion. Quand l'un faisait soudain sonner son violoncelle comme un hautbois, l'autre jouait de la guitare comme on use d'une kora malienne ou se paraît d'une voix de crooner qui réchauffait les murs pierreux du lieu. Sur Dicitencello Vuje, on a même vu une vieille dame en larmes. Comme c'était complet, dans tous les sens du terme, voici pour consoler les absents une vidéo de leur prestati

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Piers Faccini & Vincent Segal, les compagnons de la chanson

MUSIQUES | En 25 ans d'une belle amitié musicale, Piers Faccini et Vincent Segal n'ont jamais cessé, dans leurs chambres ou sur scène, de revisiter les chansons des autres - mais aussi les leurs. Et viennent enfin d'en tirer un très beau disque, "Songs of Time Lost". Le violoncelliste de Bumcello se confie sur ce projet qui le lie au barde anglo-italien.

Stéphane Duchêne | Vendredi 14 novembre 2014

Piers Faccini & Vincent Segal, les compagnons de la chanson

Vous connaissez Piers Faccini depuis 25 ans et n'avez jamais cessé de vous produire avec lui. Vous avez même réalisé son premier album Leave No Trace. Pourtant, Songs of Time Lost est votre premier vrai disque ensemble. Pourquoi avoir attendu si longtemps ? Vincent Segal : Pour moi Leave no Trace a été tout aussi important. Je me suis tellement investi, en termes de composition, au niveau des idées, que même si ce n'était pas mon album, il a été très important dans ma vie de musicien. Songs of Time Lost est né d'une proposition de Laurent Bizot du label No Format. Ca faisait des années qu'il nous entendait jouer ensemble. Il venait nous voir régulièrement aux Bouffes du Nord et nous demandait sans cesse pourquoi on n'enregistrait pas un album en mode violoncelle-guitare-voix. Ca ne nous était même pas venu à l'idée tellement jouer ensemble nous était naturel, que ce soit sur une scène ou à la maison. Comment vous êtes-vous retrouvés sur le choix de ce répertoire entre ancienne

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Miossec, le temps recouvré

MUSIQUES | Miossec aime les années en 4. En 1994, il poussa son premier Non, non, non, non à la suite d'une rencontre déterminante avec le guitariste Guillaume Jouan, (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 18 novembre 2014

Miossec, le temps recouvré

Miossec aime les années en 4. En 1994, il poussa son premier Non, non, non, non à la suite d'une rencontre déterminante avec le guitariste Guillaume Jouan, qui accouchera un an plus tard de Boire. Miossec a alors 30 ans : il est donc né en 1964, année qui donnera son titre en 2004 à 1964, un album très souvent considéré comme celui d'une consécration pourtant plus à faire – on peut débattre de cela. Et nous voilà en 2014, où le Brestois fête à la fois ses 20 ans ET ses 50 ans. Or, pour lui comme pour nous, c'est un peu comme si tout cela datait d'hier : «La vie, elle a passé / Et on l'a comme pas vécue / Ou peut-être pas assez / Pas comme on l'aurait dû (…) La vie elle a passé / Et on l'a comme pas bien vue / Les années ont filé beaucoup plus vite que prévu» chante-t-il sur On vient à peine de commencer en ouverture d'Ici-bas, ici-même, paru cette année, belle collaboration avec Albin de la Simone. Miossec s'y livre à un bilan qui aurait parfois comme des airs de redite aux accents de fait exprès. Ou, à tout le moins, de miroir r

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Un Feu sur la langue

MUSIQUES | Rien que de très classique dans cette saison francophone. Du très bon, du bon, du moins bon, Kyo, et au milieu coule une rivière en Feu! Chatterton, inconcevable objet pop aux aspirations littéraires qui feront se gausser ou s'incliner. C'est à voir. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 23 septembre 2014

Un Feu sur la langue

Oubliez les Sébastien Tellier (le 18 octobre au Transbo), Julien Doré (le 15 décembre au Radiant) et Stromae (le 1er novembre à la Halle) qui repassent une énième fois par ici ; zappez les vingt ans des Ogres de Barback et le retour de Kyo, tous deux au Radiant (les 6 et 27 novembre), repaire de morts-vivants. Omettez ces trois grands Bretons que sont Miossec, Daho, Tiersen (19 et 5 décembre au Transbo, 16 octobre à l'Epicerie) et Emilie Simon (7 novembre au Radiant, forcément). Bon si vous aimez tous ces artistes, ce qui pour la plupart d'entre-eux est bien légitime (cherchez néanmoins l'intrus), vous pouvez tout de même vous faire plaisir en allant les voir, on ne vit qu'une fois après tout, sauf Daho et Kyo. Mais rappelez vous une chose : la next big thing, celle dont tou

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Le Temple retrouvé

MUSIQUES | En ouverture de sa saison 2, le PB Live accueillera la rencontre soyeuse entre le violoncelliste polymorphe Vincent Segal et l'Anglo-italien aux semelles de vent et à la voix de velours Piers Faccini. Le projet pour nom "Songs of Lost time". On gagne pourtant bien plus que son temps à se pencher dessus. Stéphane Duchêne.

Stéphane Duchêne | Mardi 23 septembre 2014

Le Temple retrouvé

On dit parfois qu'il n'y a pas de hasard. On peut pourtant jurer que nous ne l'avons pas fait exprès, même à ceux qui pensent que le Petit Bulletin et Rain Dog Productions ont choisi d'ouvrir chaque saison du PB Live (bon, nous n'en sommes qu'à la deuxième, les conclusions sont peut-être hâtives) par un duo d'artistes franco-apatrides baladant le désormais classique violoncelle-voix sur des esthétiques vouées à faire le tour du Monde, de ses musiques et de ses langues. Et qui va même jusqu'à nous servir aussi un morceau en créole. C'est vrai, on le reconnaît à bien des égards, ce projet entre un chanteur polyglotte (également guitariste, voilà une nuance de taille) et un violoncelliste multi-tâche à la culture musicale dépliable à l'infini pourra rappeler le "Birds on a Wire" de Rosemary Standley et Dom La Nena que nous vous avions présenté en ouverture de ce que nous appellerons la saison 1 du PB Live. Et oui, quelle meilleure façon d'ouvrir cette saison deux que par un écho fut-il lointain

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Bien frappé

MUSIQUES | Cette année encore, le festival d'été de la Ville de Grenoble a frappé très fort en termes de programmation : l'éventail est non seulement toujours aussi large, (...)

Stéphane Duchêne | Jeudi 26 juin 2014

Bien frappé

Cette année encore, le festival d'été de la Ville de Grenoble a frappé très fort en termes de programmation : l'éventail est non seulement toujours aussi large, mais en plus le beau linge est de la plus belle étoffe. Question éventail, une belle tranche sera notamment donnée au maloya avec la présence de Maya Kamati et de la grande Christine Salem – cette dernière dans un exercice d'hybridation avec ses amis de Moriarty. Pour le reste, toutes les esthétiques imaginables sont représentés ou presque : reggae (Ki-Mani Marley, fils de qui vous savez, Meta & the Cornerstones), blues sous toutes ses déclinaisons, du swing à l'électro (Stracho Temelkovski, They Call Me Rico, St.Lô), électro, elle-même en tous genres, avec une forte inclination tout de même pour ses versants pop et indie rock (As Animals, Natas Love You, As a New Revolt)... Au-delà de ce brassage, le Cabaret Frappé n'a pas son pareil pour attirer dans ses filets ces jeunes chanteuses irrésistibles qui nous font perdre tout sens commun et nous rendent plus prosélytes qu'un témoin de Jéhovah, à l'instar de l'éblouissante Joe Bel et de la ténébreuse Lou Ma

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Le Syndrome d'Elliott

MUSIQUES | «Only a Myocardial Infarction Can Break My Heart». Si l'on en croit le titre de son dernier album, seule la mort peut triompher de Matt Elliott. Pour (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 18 mars 2014

Le Syndrome d'Elliott

«Only a Myocardial Infarction Can Break My Heart». Si l'on en croit le titre de son dernier album, seule la mort peut triompher de Matt Elliott. Pour le reste, les avanies oules avaries de la vie et du cœur, la musique sera toujours là pour conjurer le sort et laisser les plaies se refermer sans suture. Il n'est pas d'hier que Matt Elliott est un chanteur de la résignation. Ses précédents albums, la trilogie Songs comme The Broken Man l'ont bien montré. Il n'est jamais question chez lui d'accompagner les tourments par quelque afféterie consolante.  Et pourtant il apparaît qu'en dépit de son titre, Only a Myocardial... soit légèrement moins, non pas affecté, mais infecté que ses prédécesseurs. Alors certes, pour voir la lumière il vaut mieux regarder par le petit bout de la lorgnette. Surtout avec ce The Right to Cry d'ouverture (17 minutes au compteur) qui donne l'impression en plusieurs mouvements que le bébé va être définitivement emporté avec l'eau des pleurs - sur scène ça promet. Comme sur le reste de l'album, qui est davantage celui d'une groupe que d'un music

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Le bruit et la pudeur

MUSIQUES | A "Notre silence", disque étouffant et sublime, le Michel Cloup Duo offre avec "Minuit dans tes bras" un successeur aux subtiles variations sur les mêmes thèmes chers au plus grand pompier pyromane du rock français. Un album qui, entre claques et étreintes bienveillantes, prend quoi qu'il en soit l'auditeur à bras le corps avec la plus grande des pudeurs. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 11 mars 2014

Le bruit et la pudeur

Pour Minuit dans tes bras, deuxième album sous son nom mais pas pour autant solo, Michel Cloup a descellé les parenthèses de "Michel Cloup (Duo)". Lesquelles semblaient marquer une appréhension à se produire seul tout en étant le stigmate d’un album trop personnel pour être pleinement assumé à deux en dépit d'un titre, Notre Silence, qui pouvait laisser penser le contraire. Mais à l’époque ce silence, assourdissant et corrosif, était encore celui de l’homme Cloup : un album de deuil, un cri de douleur poussé face contre terre et chargé de «recycler cette colère» trop lourde à porter. Désormais Michel Cloup Duo assume sans faux-semblant la présence du deuxième élément de la formation, le batteur et fidèle parmi les fidèles Patrice Cartier. Après ces parenthèses marquant aux fers rouges le début de l’aventure Michel Cloup, le Toulousain peut reprendre ses travaux pratiques d'autopsie d’un quotidien bancal et de la désagrégation d'un sentiment amoureux à l'obsolescence programmée, sans pour autant être fatale (les deux morceaux de bravoure que sont Nous vieillirons ensemble, J’ai peur de nous).

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Piers Faccini - Between Dogs & Wolves

MUSIQUES | « All he wants / Is a home away from home » chantait Piers Faccini en 2009 sur un titre tiré de l'album Two Grains of Sand. « Une foyer loin de chez (...)

Benjamin Mialot | Mardi 5 novembre 2013

Piers Faccini - Between Dogs & Wolves

« All he wants / Is a home away from home » chantait Piers Faccini en 2009 sur un titre tiré de l'album Two Grains of Sand. « Une foyer loin de chez lui » ou quelque chose dans ce genre. C'est sans doute ce qui définit le mieux le parcours de cet Anglo-Italien élevé entre Angleterre, Italie et France et aujourd'hui installé dans les Cévennes.    Voilà sans doute d'où, depuis Leave no Trace (2003), Piers Faccini a développé un goût de l'aventure musicale qui le pousse à partir dans toutes les directions, à envisager toutes les destinations – de la musique celtique au blues malien, du folk américain à la chanson italienne. Jusqu'à finir par tenter d'explorer sa géographie intime, programme entamé avec My Wilderness (2011) – visage fondu dans une carte du monde – et ici poussé dans ses plus dépouillés retranchements avec Between Dogs & Wolves, enregistré à domicile.   

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Piers Faccini, à pas de loup

MUSIQUES | Après la création de son propre label, Beating Drum, le vagabond musical anglo-italo-cévenol Piers Faccini est de retour avec "Between Dogs & Wolves". Le voyage intérieur et sans concession d'un loup désormais solitaire se délectant avec grâce et dépouillement de sa liberté artistique. Rencontre. Propos recueillis par Stéphane Duchêne

Benjamin Mialot | Mardi 5 novembre 2013

Piers Faccini, à pas de loup

Le titre de votre dernier album, Between Dogs & Wolves, fait référence à une expression française qui désigne un moment particulier de la tombée du jour... Quelle signification symbolique vouliez-vous lui donner ?Piers Faccini : Je voulais un titre à la manière du Songs of Love & Hate de Leonard Cohen, qui joue sur la dualité de manière poétique. Puis le titre Between Dogs & Wolves m'est apparu, après beaucoup de tâtonnements. Ce n'est qu'après que j'ai réalisé que j'avais traduit cette expression française. Or cette notion de crépuscule était parfaitement cohérente avec l'ambiance et la thématique des morceaux : l'« entre-deux » de ce moment de la journée est une belle métaphore de la fugacité et du caractère volatile de l'amour. Et comme c'est une expression qui n'existe pas en anglais, c'est aussi un clin d'œil à la France où je vis depuis dix ans.  

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Les Quatre Poptastiques

MUSIQUES | Pour un soir et pour Just Rock ?, le Transbo dégaine le plus improbable et le plus beau plateau de super-héros pop qui soit : la Grimes du Vercors, un chic type nommé Daisy, un pilote de chasse et un géant au nom de 4x4. Le résultat : sublime. Oui, grâce à nos pouvoirs magiques on y était et on vous raconte. Stéphane Duchêne.

Stéphane Duchêne | Vendredi 18 octobre 2013

Les Quatre Poptastiques

Imaginez un Instant T, comme le chante Peau dans son splendide clip. Il est très tard en ce 23 octobre et quatre drôle de personnages devisent timidement dans le salon Louis-Philippe qui sert de loge au Transbordeur : une fille à la Peau synthétique, un garçon nommé Daisy, un type en nage sous sa combi spatiale et son casque de pilote de Mig-28, et une armoire à glace aux traits féminins et en manteau noir capable de tout envoyer valser dans la pièce d'un simple accès de charisme («Hé ho doucement avec mes fauteuils Voltaire» s'écrie le maître de maison). Un film de David Lynch ou, ce qui revient au même, un rêve sous antihistaminique ? Non : le programme de la soirée du 23 octobre au Transbordeur. Sans doute la soirée phare de cette édition de Just Rock? : Peau, Daisy Lambert (aucun lien), Cascadeur et Rover, réunis tout exprès pour vous envoyer au 7e Ciel et qui vient d'y parvenir.   Last Aqualast

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Le freak, c’est chic

MUSIQUES | Du freak, du fou, de la créature cramée, de l’inclassable, de l’incassable, du fragile, du fracassé, du fracassant, du marginal, du réfractaire, du réfracté, du revenant, du rêveur, du malade, du rageux, cet automne musical va en faire pleuvoir de partout. Du chelou comme à Gravelotte, qu’il va tomber. De belles tronches de vainqueur et des paluches pleines de talent, des noms à coucher dehors, du génie à la pelle, attaqué à la pioche. Ah, inquiétante étrangeté quand tu nous tiens ! Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Jeudi 19 septembre 2013

Le freak, c’est chic

Comme pour toute saison, tout événement, tout lancement, il nous faut un parrain, un type dont la stature et l'aura donnent immédiatement le ton. C'est Florent Pagny en total look peau de zobi à la Star Academy ou Alain Delon tenant des propos contre-intelligents sur l’homosexualité dans C à vous. Car oui, souvent, on a affaire à un type qui peut partir en vrille à tout moment, se mettre à dire n'importe quoi, comme n'importe quel parrain dans n'importe quel événement familial, ou comme un parrain de la mafia un peu sur les nerfs. C'est très bien, ça fait parler. Nous aurions pu assez logiquement choisir le parrain rock Don Cavalli, d’origine italienne et d’aspiration amerloque, comme tout parrain qui se respecte, et dont Les Inrocks qualifient avec raison la production de «rock tordu et primitif», quelque part entre la sève de Johnny Cash et les débordements d’un Beck. Bref, l’éternelle histoire du type né au mauvais endroit au mauvais moment et qui s’en accommode par le voyage intérieur (sur son dernier disque il va même jusqu’en Asie). En plus, dans le civil,

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Dark Dark Dark

MUSIQUES | Victime du grand dilemme du 24 mars 2011, vous n'aviez pu choisir entre The Chap au Clacson et Dark Dark Dark et Matt Elliott au Marché Gare et errez (...)

Stéphane Duchêne | Jeudi 30 août 2012

Dark Dark Dark

Victime du grand dilemme du 24 mars 2011, vous n'aviez pu choisir entre The Chap au Clacson et Dark Dark Dark et Matt Elliott au Marché Gare et errez toujours entre les deux salles en hurlant à la mort. Ou plus simplement vous aviez choisi The Chap et depuis ce petit doute vous torture d'avoir fait le mauvais choix. Soyez rassurés – et arrêtez un peu de hurler –, l'Epicerie Moderne vient de tout arranger en annonçant la venue de Dark Dark Dark lundi 3 décembre. Quoi, et Matt Elliott ? Et un merci, non ?

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Bonnes étoiles à Fourvière

CONNAITRE | Et voici la programmation complète (ou presque, tant elle est riche) des Nuits de Fourvière 2012 ! Certains événements étaient déjà connus, mais s’y ajoutent d’excellentes surprises, qu’elles soient musicales ou théâtrales… Christophe Chabert

Christophe Chabert | Lundi 26 mars 2012

Bonnes étoiles à Fourvière

Les fuites ayant été nombreuses cette année (mais comment, à l’heure d’internet, garder sous cloche pendant trois mois les dates de tournée d’artistes que leurs fans observent comme le lait sur feu ?), on savait déjà que Les Nuits de Fourvière 2012 allaient envoyer du lourd. Cela faisait un bail que les organisateurs rêvaient d’accueillir Björk (le 30 juin), et ce sera donc chose faite cette année, après le lancement (passé un peu inaperçu) de son album concept multimédia Biophilia. Rêve aussi avec la reformation des Stone Roses (le 25 juin), groupe culte de la brit-pop flamboyante des années 90, dont le concert s’est inscrit in extremis dans la programmation. Enfin, retour en force de Bartabas, certes un habitué du festival, mais avec une de ses productions XXL, Calacas, où les cavaliers célèbrent la fête des morts mexicaine déguisés en squelettes sur leurs toujours impressionnantes montures (du 11 juin au 17 juillet au Parc de Parilly). Mais tout cela, on le savait déjà, donc. De A à Ben En revanche, deux poids lourds s’ajoutent à la liste : Ben Harper (le 17 juillet

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Côté obscur

MUSIQUES | Né à la fin des années 90, en plein essor de la drum’n’bass en Angleterre, The Third Eye Foundation a marqué dès son premier album (Semtex, 1996) la (...)

Dorotée Aznar | Vendredi 16 mars 2012

Côté obscur

Né à la fin des années 90, en plein essor de la drum’n’bass en Angleterre, The Third Eye Foundation a marqué dès son premier album (Semtex, 1996) la réappropriation par Matt Elliott de cette esthétique pas forcément célébrée pour sa finesse. Montées languides, digressions mélodiques inattendues, climax abrasifs chargés en émotions, ses compositions et remixs tranchent du tout venant de la production de l’époque, et assurent à l’artiste sa prime reconnaissance. Jusqu’à ce qu’il décide de faire carrière sous son propre nom en 2003, en de multiples jeux folk autour de la formule guitare / voix. Au sortir d’un stand-by d’une dizaine d’années, Matt Elliott répond à la suggestion de son label Ici d’Ailleurs et se lance dans l’élaboration d’un nouvel album sous le nom The Third Eye Foundation. Il s’entoure de deux musiciens touche-à-tout, Louis Warynski et Chris Cole, mieux connus sous les noms de Chapelier Fou et Manyfingers, et compose dans des conditions… particulières. «Je souffrais d’une infection au poumon, j’étais sous cortisone et ça faisait bouillonner mon cerveau. Je suppose que ça a facilité les choses». Fiévreux, The Dark (sorti en novembre 2010)

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L’effleure du mâle

MUSIQUES | Après un détour fulgurant par son projet électro Third Eye Foundation, c’est un Matt Elliott toujours écorché vif mais apaisé qui nous revient pour défendre les couleurs sépulcrales de son dernier album, "The Broken Man". François Cau

Dorotée Aznar | Vendredi 16 mars 2012

L’effleure du mâle

On a eu la grande chance de le voir par deux fois dans une salle grenobloise alors paumée au beau milieu d’un quartier abandonné des pouvoirs publics. Le simili grenier qui servait de salle de concert y accueillait sa faune d’habitués, de curieux, et même de réels aficionados de l’univers sonore de Matt Elliott. Quand celui-ci arrivait sur scène armé de sa guitare, de sa console et ses pédales d’effets, à chaque fois, l’atmosphère virait au recueillement profane, à la plongée attentive dans l’aura intime, parfois même impudique dégagée par la performance de l’auteur/interprète. Y compris lorsque, au beau milieu de son set, sa maîtrise des boucles d’accords superposées donnaient naissance à un saisissant break électro d’un quart d’heure proprement hypnotique, réminiscence cohérente de son activité musicale au sein de The Third Eye Foundation. Y compris quand il entonnait La Mort de la France, son unique morceau chanté en français, écrit avant l’arrivée au pouvoir de l’actuel président de la République – la violence des paroles, dont

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Le Manifeste Chap

MUSIQUES | Dans Le Manifeste Chap, guide de savoir-vivre que tout gentleman se doit de posséder afin de conserver une attitude impénétrable et désinvolte face aux (...)

Stéphane Duchêne | Jeudi 15 mars 2012

Le Manifeste Chap

Dans Le Manifeste Chap, guide de savoir-vivre que tout gentleman se doit de posséder afin de conserver une attitude impénétrable et désinvolte face aux vicissitudes d'un monde qui ne le mérite pas, il est dit : «Tandis que des jeunes mal peignés, vêtus de passe-montagne, hurlent des slogans et brisent les vitrines des McDonald's, les Anarcho-Dandys se contentent d'exposer le pli impeccable de leurs pantalons en serge de coton, le sourcil levé au-dessus de leur monocle, un sourire ironique aux lèvres». Le rapport avec The Chap, le groupe, outre une homonymie à la limite de la provocation ? Aucun, du moins à première vue. Après We are the best, son prédécesseur – un best of –, le dernier album en date de The Chap («Le gars» en argot) s'intitule We are nobody, ce qui, pour eux, revient au même.

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The W(izz)ard

MUSIQUES | Qui est vraiment M(atthew Stephen) Ward ? À force de le voir acoquiné avec ce qui se fait de mieux en matière de fille/chanteuse/actrice (Zooey Deschanel (...)

Stéphane Duchêne | Jeudi 15 mars 2012

The W(izz)ard

Qui est vraiment M(atthew Stephen) Ward ? À force de le voir acoquiné avec ce qui se fait de mieux en matière de fille/chanteuse/actrice (Zooey Deschanel au sein de She & Him), de super musiciens rassemblés façons Avengers – au sein des bien nommés Monster of Folk ou du beaucoup plus nébuleux projet Arizona Amp & Alternator –, ou de jouer les musiciens de complément, on en viendrait presque à oublier que Ward trimballe une œuvre en solo conséquente et parsemée de classiques tels que Post-War ou Hold Time.Laquelle devrait se prolonger de la plus belle des manières avec la sortie, le 10 avril, d'A Wasteland Companion, dont les échos sont comme du miel à nos oreilles. Dans les mains de M. Ward, la musi

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Pendant ce temps, au Kao

MUSIQUES | Slint interprétant Spiderland, pierre angulaire du post-rock, de la première à la dernière note. The Pixies faisant de même avec Doolittle, concentré de fureur (...)

Benjamin Mialot | Vendredi 2 mars 2012

Pendant ce temps, au Kao

Slint interprétant Spiderland, pierre angulaire du post-rock, de la première à la dernière note. The Pixies faisant de même avec Doolittle, concentré de fureur juvénile qui, plus de vingt ans après sa sortie initiale, continue d'influencer tout ce que les États-Unis comptent d'indie rockeurs en chemises à carreaux. Bruce Springsteen jouant l'intégralité de Born to Run, mètre-étalon du rock prolo. Et bientôt Metallica déroulant la partition de son brutal et romantique Black album. Depuis que le festival All Tomorrow's Parties a expérimenté la chose avec ses soirées Don't Look Back (où même Ennio Morricone s'est prêté au jeu), la recréation scénique de classic albums est devenue une tendance lourde du marché de la musique live. Si les intentions sont parfois aussi peu honorables que celles présidant aux rabibochages de vieilles gloires, il faudrait être le dernier des pisse-froid pour ne pas s'en satisfaire, les disques concernés n'étant pas juste des entrées de discothèque idéale mais de véritables fossile

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Vagues à lame

MUSIQUES | À ceux que la trajectoire de plus en plus mainstream et les chemises à fleurs d'Herman Düne désespéreraient depuis le départ d'André, le frère incorruptible ; à (...)

Stéphane Duchêne | Jeudi 1 mars 2012

Vagues à lame

À ceux que la trajectoire de plus en plus mainstream et les chemises à fleurs d'Herman Düne désespéreraient depuis le départ d'André, le frère incorruptible ; à ceux qui regrettent que les Moldy Peaches, Hefner ou les Modern Lovers de Jonathan Richman (bientôt dans nos salles) n'existent plus ; à ceux qui attendent avec une impatience eczémateuse le prochain album de Coming Soon (qui ne devrait pas tarder, lol), on conseillera l'écoute du groupe The Wave Pictures. Lequel entretient avec le groupe annécien quelque amitié musicale (de même qu'avec André ex-Herman Düne). Non pas qu'il s'agisse avec Wave Pictures de la découverte de l'année. Il y a une dizaine d'années que le groupe de Wymesmold, petit trou anglais qui semble sorti du monde d'Harry Potter, roule sa pop-folk bosselée et basse fidélité au long d'une interminable discographie. Comme ses compagnons de jeux, The Wave Pictures ne sait tellement pas quoi faire de son intarissable in

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Rock'n'roll Hannimal

MUSIQUES | Né de père palestinien et de mère philippine, le Californien Hanni El Khatib, dernière bombe à guitare venu d'Outre-atlantique, a le rock 'n roll dans le sang et du goudron sur les cheveux. À moins que ce ne soit l'inverse. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Jeudi 16 février 2012

Rock'n'roll Hannimal

En 1958, Johnny Cash chantait Don't take your guns to town : l'histoire d'un jeune cow-boy trop sûr de lui, rêvant d'en découdre l'arme au poing et que sa mère tentait d'empêcher d'aller se faire tuer en ville, en vain. Si Cash avait débuté dans les années 2010, il grognerait à la manière d'Hanni El Khatib sur le premier titre de son album éponyme  : «Will the guns come out ?». La réponse est évidemment dans la question. Sauf qu'aujourd'hui elle est d'une toute autre actualité dans un monde au bord du précipice, que les origines arabo-asiatique d'Hanni, comme sa culture über-américaine réunissent en unique point-spatio-temporel : San Francisco, ce grand pot culturel en montagnes russes qui jette des ponts vers le continent, une baie sur l'océan et une route, la Route 1, vers Babylone-LA, où il vit aujourd'hui. Élevé aux codes américains, entre Elvis, skate et grosses bagnoles, Hanni a le blues dépenaillé, le swing branlant dans le manche, des taches sur le tee-shirt, la mèche gominée, pendante comme une plume de mouette mal mazoutée. Heartbreak Hotel Assis sur un

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Rompre le silence

MUSIQUES | Tout au long de l'album, l'ambiguïté demeure. Deuil ? Séparation ? Les deux ? Un «je», des «tu», comme un dialogue intérieur avec la (les) personne(s) (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 3 février 2012

Rompre le silence

Tout au long de l'album, l'ambiguïté demeure. Deuil ? Séparation ? Les deux ? Un «je», des «tu», comme un dialogue intérieur avec la (les) personne(s) perdue(s) auquel serait invité l'auditeur. Est-ce qui rend cet album si bouleversant ? Sans doute. Au fond, peu importe de savoir car c'est une histoire «universelle, banale, mon histoire, notre histoire», comme il le murmure en préambule de l'album, avant que ne commencent les choses sérieuses. Ce sont les premières notes de Cette colère, manière de comptage d'abatis après un ouragan intime. C'est l'un des plus beaux morceaux écrits par Michel Cloup depuis longtemps. Sur un fond de guitares post-rock ascensionnelles Cloup scande : «Recycler cette colère / Car aujourd'hui plus qu'hier / Cette colère reste mon meilleur carburant». C'est le Cloup de Diabologum et d'Expérience, écorché vif et révolté, celui qui imaginait «de

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Une vie de Cloup :

MUSIQUES | Lucie Vacarme (1988-1992) Nourri de la scène noise américaine et du shoegazing anglais, Michel Cloup et des amis fourbissent leurs premières armes avec (...)

Stéphane Duchêne | Jeudi 2 février 2012

Une vie de Cloup :

Lucie Vacarme (1988-1992) Nourri de la scène noise américaine et du shoegazing anglais, Michel Cloup et des amis fourbissent leurs premières armes avec tous les défauts et la fougue de la jeunesse. Et une première signature sur le label Lithium.   Diabologum (1990-1998) Le groupe culte (voir interview et encadré), fondé avec Arnaud Michniak (futur Programme), symbole d'un âge d'or du rock français, aux frontières de l'expérimentation. Trop vite séparé et trop brièvement reformé l'an dernier.   Peter Parker Experience (1993) Entre les deux premiers albums de Diabologum, Cloup mélange en solo avant-garde lo-fi et pop, donnant quelques clés pour la suite.   Experience (1998-2010) Après Diabologum, Michel Cloup panse les plaies de la s

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C(l)oup de blues

MUSIQUES | À la suite d'un «drame domestique» qui l'a profondément changé, l'ex-Diabologum et Expérience Michel Cloup a recyclé en solo sa colère sur "Notre Silence". Un album bouleversant, synonyme de nouveau départ, à découvrir sur la scène du Clacson. Propos recueillis Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Jeudi 2 février 2012

C(l)oup de blues

Sur le titre Cette colère, il apparaît que la colère que vous pensiez avoir apprivoisée avec l'âge est réapparue suite à un drame personnel pour, dites-vous, devenir votre «meilleur carburant». Est-ce la colère qui a engendré ce disque ?Michel Cloup : Non, ce sentiment est très présent dans le disque, mais n'en est pas l'élément central. J'ai effectivement souvent exprimé, dans chacun de mes différents projets, une colère, pour tout un tas d'autres raisons que le drame domestique qui m'a touché. Là, je voulais surtout rendre les différents états par lesquels on passe quand on perd quelqu'un. La colère, puis les souvenirs qui reviennent, la tristesse, le manque. C'était un cheminement personnel, aller au cœur de ce processus en étant exhaustif dans le rendu. Mais quand je parle de perte, c'est au sens large ; les gens n'ont pas besoin de mourir pour qu'on les perde. Paradoxalement, on sent aussi dans cet album une sorte d'apaisement, beaucoup de pudeur.Exactement. Même, si je ne me suis jamais autant livré, cet album n'est pas une psychanalyse. Le but n'était pas de raconter mes petits malheu

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Un disque à la gum : retour sur #3, l'album culte de Diabologum

MUSIQUES | «Les Diabologum ne sont rien et leurs zélateurs moins que rien». À la sortie de #3 en 1996, le bien nommé troisième album de Diabologum provoque des réactions (...)

Stéphane Duchêne | Jeudi 2 février 2012

Un disque à la gum : retour sur #3, l'album culte de Diabologum

«Les Diabologum ne sont rien et leurs zélateurs moins que rien». À la sortie de #3 en 1996, le bien nommé troisième album de Diabologum provoque des réactions épidermiques. Celle-ci est signée Rock & Folk, qui qualifiera les Toulousains de «groupe à la gomme». C'est que #3 surprend, comme une gifle à laquelle on ne s'attend pas. Jusque-là, sur C'était un lundi après-midi semblable aux autres ou Le Goût du jour, Diabologum, formé en 1990 et signé sur le mythique label Lithium, véritable labo du rock et d'une chanson française non encore affublée de l'épithète à claques «nouvelle», évolue dans l'expérimentation (collages, samples, critiques des médias et de l'art officiel) et le second degré lo-fi et low-profile. #3, dont la pochette nuageuse est affublée de cette phrase Ce n'est pas perdu pour tout le monde, c'est une toute autre mayonnaise : un laboratoire dans le laboratoire, du bromure dans le Lithium, dont l'art, au cynisme et à l'idéalisme réversibles, culmine ici dans un surprenant fatras sonique jonché de saillies crypto-situationnistes qui n'ont pas vieillies d'un

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Mis au sec

MUSIQUES | On a tendance à l'oublier mais il y a plus de 15 ans de cela, avec l'album Boire, le Breton Miossec a quelque peu révolutionné la chanson française en la (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 27 janvier 2012

Mis au sec

On a tendance à l'oublier mais il y a plus de 15 ans de cela, avec l'album Boire, le Breton Miossec a quelque peu révolutionné la chanson française en la débarrassant de ses oripeaux variétés, en en désossant les codes et en y ajoutant ce qu'il faut de poigne rock. Comme la poupée de Polnareff mais un verre à la main, Miossec à tout répondait Non, non, non, (je ne suis plus saoul). Est-ce parce qu'il trouvait que son œuvre s'était quelque peu mise à ronronner ces dernières années que Miossec a écrit Chansons ordinaires, comme une prise de conscience qui vaudrait thérapie ? Un album dont tous les titres commencent par «chanson» (Chanson pour les Amis, Chanson protestataire, Chanson que personne n'écoute, etc.), un album de chansons donc mais sur lequel Miossec a plaqué le paradoxe d'une production plus rock'n'roll que jamais. Car jusque-là, même dans ses périodes les plus énervées, le Brestois n'avait jamais sonné aussi lourd, tonné aussi fort, façon whisky sec, s'offrant à 47 ans, une période grunge. Un objet étrange qui a le mérite de secouer le cocotier sur le sol breton et qu'il nous tarde de voir transposé sur sc

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Casque d'or

MUSIQUES | Entretien / Tête d'affiche du Festival Nouvelles Voix à Villefranche, le Messin Alexandre Longo, alias Cascadeur, auteur de l'aérien The Human Octopus, nous raconte son goût des masques, ses angoisses et son rapport ambivalent avec la notion de succès. Propos recueillis par Stéphane Duchêne.

Stéphane Duchêne | Jeudi 10 novembre 2011

Casque d'or

Qui est Cascadeur ?Alexandre Longo : Lorsque j'ai décidé de créer ce personnage, il était là comme une sorte d'infirmière. Je faisais pas mal de scène avec d'autres groupes [Orwell et Variety Lab, NdlR] mais toujours en tant qu'homme de l'ombre. L'idée d'être au centre, c'était une hantise. J'accumulais les morceaux mais je suis tellement émotif que j'étais ému même quand je les jouais tout seul au piano chez moi. J'ai donc eu l'idée d'une doublure. Or s'il y a un individu qui remplit ces fonctions là, c'est bien le cascadeur. C'est la doublure d'une star exposée, dont on ignore le visage. Je voulais créer une sorte d'ambivalence : une musique qui vient de loin et un personnage un peu improbable. Finalement, l'un et l'autre se nourrissent mutuellement. Quand j'ai l'apparence de Cascadeur, je n'ai pas cette sensation d'être déguisé. Quand on vient me voir à la sortie de scène, j'ai souvent encore un masque sur la tête, je finis par l'oublier, ça devient ma peau. En tant qu'ermite autoproclamé, comment as-tu vécu le succès critique de l'album The Human Octopus et l'exposition qui s'en est suivi ?

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Cascadeur

MUSIQUES | Alors que son homonyme Jeannie est en pleine descente de piédestal (et de pédalier), le messin Alexandre Longo est lui en pleine ascension. Après Woodstower (...)

Stéphane Duchêne | Jeudi 15 septembre 2011

Cascadeur

Alors que son homonyme Jeannie est en pleine descente de piédestal (et de pédalier), le messin Alexandre Longo est lui en pleine ascension. Après Woodstower en début de mois, celui qu'on appelle Cascadeur, vengeur casqué à la pop ouvragée et aérienne, auteur d'un des albums de l'année avec The Human Octopus, revient dans les parages faire les beaux jours du festival Nouvelles voix de Villefranche. Lequel s'offre d'ailleurs un bien beau plateau de jeunesse fringante qui donne un chouette panorama de la jeune création musicale française alternative (Arlt, Vérone, MilkyMee, Syd Matters, Tachka...). Au Théâtre de Villefranche, le 17 novembre.

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Piers Import

MUSIQUES | Apatride par excès d’origines, Piers Faccini a prolongé aux sources d’un blues mondialisé sa quête d’identité internationale. Faccini ou le vagabondage comme seule appartenance. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Vendredi 4 décembre 2009

Piers Import

N’en déplaise aux grands inquisiteurs de l’identité nationale, la diversité musicale de Piers Faccini a, il ne s’en cache pas, quelque chose à voir avec la diversité de ses origines. Cet Italo-anglais qui se déclare volontiers apatride, tant il fut trimballé enfant, a en effet très tôt convoqué le mélange. Des disciplines artistiques d’abord, puisque le musicien est également peintre (grand admirateur de Francis Bacon) quand ses deux frères sont écrivains. Comptabilisant des origines irlandaises, russes et gitanes, ayant vécu plus jeune en Angleterre (il est diplômé d’Eton) et en France, Piers a fini, avec femme et enfant, par se réfugier, dans les Cévennes. Comme les Protestants en leur temps, mais poursuivi, lui, par on ne sait quelle quête de quiétude. De cette diversité, de ces vagabondages, qui vous colleraient la migraine à un ministre de l’Immigration, Piers Faccini a initié dans le mélange, une sorte d’épure qu’il trimballe depuis son premier album, le mal nommé Leave no trace. Nick Drake au Mali Depuis lors, il ne cesse de travailler la question de l’origine, se livrant à des mariages (tout sauf gris) de tout

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Viens voir les musiciens

MUSIQUES | Les Musiques Actuelles lyonnaises ont pas mal déchanté la saison passée et la coulisse gronde. Mais une fois l’automne venu, c’est bien sur scène que les choses sérieuses se passent. Et comme disait la cantatrice moustachue « the show must go on ». Alors, tous en scène. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Vendredi 18 septembre 2009

Viens voir les musiciens

Le paysage musical lyonnais ayant laissé quelques cadavres en route l’an dernier, on se disait que faute de contenant, on risquait fort d’assister à une faillite du contenu en ce début de saison. Mais force est de constater que si le cru automnal n’est pas à se damner, l’amateur éclairé (à la bougie, y pu d’sous) pourra déceler dans cette programmation quelques pépites et se laissera aller à la découverte. Parmi celles-ci quelques personnalités très attendues comme le New-Yorkais Fredo Viola (4 nov. à l’Epicerie Moderne), qui évoluera aux côtés d’un Canadien habitué des scènes lyonnaises, l’aérien Patrick Watson. On attend également de pied ferme, le non moins délicat et inspiré Piers Faccini (12 déc. au Marché Gare) dont le dernier passage à Lyon avait été avorté par la naissance d’un enfant (le sien). Nouvel OasisSi Jeremy Jay et Nick Talbot de Gravenhurst (les 6 et 25 oct. à la Marquise) feront leur retour bienvenu sur les scènes lyonnaises, ce sera une première en revanche pour les inédits Akron/Family, discret fleuron folk vintage, venu enrichir (le 12 nov.) une programmation de l’Epicerie Moderne qui laisse aussi toujours une belle place aux artistes féminines, r

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