Que du bonheur !

Pascale Clavel | Jeudi 13 septembre 2012

Le Festival de Musique Baroque fête ses trente ans, Piano à Lyon convoque pour nous les plus grands pianistes de la planète, le conservatoire (CNSMD) foisonne d'idées géniales, le Théâtre de la Renaissance s'invente une nouvelle aventure théâtrale et musicale, GRAME dévoile ses Journées. À Lyon, la musique se porte bien et la saison nouvelle est l'une des plus alléchantes de ces dernières années. S'il fallait choisir quelques pépites, s'il fallait planter de petits panneaux indicateurs : passons par le Festival de Musique Baroque, écouter avec force Laudes et chants soufis : méditations et réjouissances assurées. Y revenir plusieurs fois parce que son directeur historique, Éric Desnoues, donne envie par des spectacles où mises en espace, mise en perspective, mises en abyme sont de rigueur. Une pépite plus loin, il vous faut passer par la case Piano à Lyon, se précipiter Salle Molière pour se fracasser sur les Préludes et Fugues de Bach interprétés par un David Fray arrivé à maturation. C'est sur le thème du chemin que nous invite à flâner cette saison le CNSMD, chemin où toutes les disciplines se déploient et se montrent : de l'excellence à écouter sans modération. Mention spéciale pour les trois nuits festives où le public prend son temps, expérimente et découvre des univers sonores d'une impensable beauté. Quant à la 7e édition des journées GRAME, elle se déploie sur cinq mois et montre à qui ne le sait encore que la musique contemporaine est en mouvement, qu'elle explore, qu'elle invente. Pour cette édition, une quinzaine d'événements publics, des créations en tous genres qui réunissent danseurs, vidéastes et compositeurs.

Pascale Clavel

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Pascale Clavel | Vendredi 1 février 2013

Spiritualité charnelle

Dans l’univers étonnant des contre-ténors, Max Emanuel Cencic et Philippe Jaroussky tiennent tous deux le haut de l’affiche et restent indéboulonnables. Que le Festival de Musique Baroque de Lyon invite l’un ou l’autre et la salle déborde. Pris d'un engouement total depuis quelques années pour ces voix célestes, le public se retrouve en transe comme à la grande époque des Castrats. Rien n’a bougé, sa fascination reste la même. D'autant qu'à chaque génération de contre-ténor correspond un style bien particulier. On se souvient de l’époque Alfred Deller et de la découverte pour beaucoup de cette voix improbable. On reste ému par le timbre d’un James Bowman, de ces pionniers qui ont su faire redécouvrir tout un répertoire. Max Emanuel Cencic est lui d’une génération de contre-ténors touche-à-tout, baroqueux mais pas que. Comme son compère Jaroussky, ce virtuose décline son art dans tous les styles, loin des sentiers rebattus, passant allègrement des musiques du monde aux univers les plus contemporains. Pour la Chapelle de la Trinité, il a construit une programmation purement baroque autour de Venise. Vivaldi, Gasparini, Albinoni… c’est dans ce répertoire que

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Pascale Clavel | Jeudi 15 septembre 2011

Tryptique musical

Petite balade dans trois lieux où la musique classique bouillonne, où l’innovation est un credo, où l’exigence artistique semble totale. Passez par iciLe Festival de Musique Baroque ouvre sa 29e édition. Son directeur artistique, Eric Desnoues, peut se frotter les mains par avance. Il a su faire venir les baroqueux les plus audacieux, ceux qui savent prendre encore des risques, ceux qui osent faire quelques infidélités à la partition, ceux qui offrent généreusement des interprétations réjouissantes voire inattendues. Dès l’ouverture, grand frisson assuré avec l’Ode à Sainte Cécile de Purcell sous la baguette d’un Jean Tubéry qui impose toujours une lecture pleine de spiritualité et d’élégance aux œuvres qu’il touche. S’égrènent au fil de la saison des chefs-d’œuvres servis par des interprètes très inspirés. Un Messie de Haendel, une Fairy Queen de Purcell, une Passion selon Saint Jean de Bach. À côté de ces mastodontes, s’imposent de drôles de petits moments décalés et savoureux. Et par làDe la sérénité, de la fierté aussi pour Jérôme Chabannes, directeur artistique de Piano à Lyon. Une septième saison qui s’annonce exceptionnelle, un programme à rendre jalo

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Instinctive soprano

MUSIQUES | Classique / Au Festival de musique baroque de Lyon, on nous annonce une tempête d’amour et une Patricia Petitbon en très grande forme vocale. Le (...)

Pascale Clavel | Vendredi 4 février 2011

Instinctive soprano

Classique / Au Festival de musique baroque de Lyon, on nous annonce une tempête d’amour et une Patricia Petitbon en très grande forme vocale. Le programme, concocté par la soprano, se concentre sur l’opéra baroque italien, celui qui décoiffe, qui émeut, qui offre des contrastes saisissants et qui renverse tout sur son passage. Patricia Petitbon invite le public à «un voyage à travers l’âme et l’exacerbation des sentiments». Les plus grands airs piochés chez Vivaldi, Haendel ou encore Scarlatti vont sonner à la chapelle de la Trinité par la voix singulière de cette soprano atypique. Les louanges ne manquent pas lorsque l’on évoque les interprétations de cette anti Diva : magnétiques, grandioses, extraordinaires. Patricia Petitbon vient nous livrer le contenu de son nouvel album «Rosso» ce rouge passion italien si singulier. Elle sera accompagnée par le Venice Baroque Orchestra dirigé par le bouillonnant Andrea Marcon. Le plaisir, la démesure et la sensibilité de l’époque baroque lui vont comme un gant, elle qui dans sa «colorature» ose se mettre en danger, ose l’humour et le décalage. «C’est important de voyager dans l’absurde», dit-elle, donc elle y va, elle donne tout, souvent dan

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Concertos en miroir

MUSIQUES | Classique / Vivaldi prétendait qu’il composait plus vite qu’un copiste ne pu copier. Des concertos, il en a écrit plus de 470, d’inégale qualité musicale ; (...)

Pascale Clavel | Jeudi 2 décembre 2010

Concertos en miroir

Classique / Vivaldi prétendait qu’il composait plus vite qu’un copiste ne pu copier. Des concertos, il en a écrit plus de 470, d’inégale qualité musicale ; certains étaient écrits à la hâte pour tel ou tel office religieux. Les quatre concertos pour violon donnés dans le cadre du Festival de Musique Baroque, par l’excellentissime Guiliano Carmignola et son ensemble Venice Baroque Orchestra ont, eux, une architecture remarquable. La virtuosité demandée au soliste est redoutable, l’équilibre entre le tutti d’orchestre et le violon solo approche la perfection. Les concertos de Vivaldi ont eu une renommé européenne immédiate parce que le compositeur a su y introduire un lyrisme tout à fait nouveau. Quant au Concerto en ré pour violon et orchestre de Jean-Marie Leclair, donné la même soirée, il est à l’image de son compositeur, brillant et élégant. Cet excellent musicien lyonnais, considéré comme le fondateur de l’école française de violon au XVIIIe siècle, reste hélas peu joué et peu connu. Nous ne pouvons que nous réjouir d’entendre une de ses œuvres à la Chapelle de la Trinité. L’excellentissime chef et violoniste Guiliano Carmignola, sera aux manettes : touche à tout inclassable, bo

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Pascale Clavel | Jeudi 17 septembre 2009

Perruques décoiffées

Éric Desnoues creuse son sillon avec malice. Le directeur du Festival de musique baroque de Lyon joue à nous surprendre encore et encore. On l’attend sur une programmation, il en offre une autre. On le soupçonne de préparer un concert improbable, il se montre encore plus décalé. 27 ans après son lancement, le Festival se renouvelle, en constante recherche de pépites musicales, d’excellence et d’ouverture. Pour cette nouvelle édition, trois géants de la musique baroque sont mis à l’honneur. Purcell et Pergolèse à l’occasion de l’anniversaire de leur naissance, Haendel à l’occasion de celui de sa mort. Aux côtés de ces trois grands, Éric Desnoues partage avec le public ce qu’il appelle ses «coups de cœur». Des projets musicaux atypiques où les esthétiques se confrontent, où les genres a priori opposés s’enrichissent mutuellement. Il en va ainsi du tout premier concert «Chants sacrés vénitiens et persans», objet musical rare, dialogue passionnant entre l’Islam, le monde catholique et les chants de transes aux mélopées suaves ; fruit d’un travail de recherche remarquable du chef d’orchestre Denis Raisin-Dadre. Dans un autre genre, Jordi Savall aborde un répertoire nouveau, la musique c

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