L'Olympia Lyonnais de Victor Bosch

MUSIQUES | Ancien directeur du Transbordeur, Victor Bosch prend cette année la tête du Radiant à Caluire. L'objectif : faire de la salle caluirarde un "Olympia lyonnais". Rien que ça.

Stéphane Duchêne | Mardi 2 octobre 2012

Ne l'appelez plus Radiant, mais Radiant-Bellevue. Et pour cause, il se compose désormais de deux salles : le Radiant, grande salle de spectacle pouvant contenir 1050 places assises ou 2450 places debout, une fois enlevés les fauteuils, et la salle Bellevue, plus petite avec sa jauge à 240 spectateurs debout. Le Radiant-Bellevue comprendra également un lieu de restauration où seront organisés des brunchs artistiques en rapport avec l'artiste programmé.

Contrairement à ce que l'on aurait pu croire de la part de celui qui fut à la tête du fameux Transbordeur mais aussi, dans les années 70, du groupe Pulsar, sorte de Pink Floyd français, le Radiant-Bellevue ne programmera pas d'artistes internationaux des musiques actuelles telles que l'électro, la pop ou encore le hip-hop. Car il ne s'agit pas ici d'une salle de concerts mais bien d'une salle de spectacles vouée à accueillir non seulement de la musique mais aussi du théâtre, de la danse et même des humoristes français – ou d'expression française.

Il est venu le temps du radiant

Le projet de Victor Bosch se veut donc populaire. Pour preuve, une programmation qui en dit assez long : la première saison du Radiant-Bellevue s'ouvrira sur un concert de Christophe que Bosch désire intimiste et singulier. Puis viendront Jane Birkin (du moins l'espère-t-il...), Stephan Eicher, Cali, Vincent Delerm, Arthur H, Thomas Fersen et de nombreux autres grands noms de la scène musicale française. Côté théâtre : Le Bourgeois Gentilhomme avec François Morel ou des créations originales comme Les Trois Richard, TAC... Sans oublier des humoristes de renom comme François-Xavier Demaison.

Quant aux nombreux spectacles de danses ils viendront, quant à eux, des quatre coins du monde. L'un des objectifs de Victor Bosch est donc de programmer dans son « Olympia Lyonnais » des spectacles rassembleurs et, si possible, de passer devant la Halle Tony Garnier ou encore la Bourse du Travail dont il déplore la mauvaise acoustique. A ce propos, il promet un investissement conséquent au niveau du confort, de l'acoustique et de la visibilité afin d'offrir une qualité de spectacle unique à Lyon.

Petits mais costauds !

Mais n'allez pas penser que le Radiant-Bellevue ne vise que les artistes de renom, puisque une place sera faite à l'émergence. Ainsi du prometteur humoriste belge Jos Houben. La plupart de ces artistes émergents, mais aussi des artistes plus connus (comme Arthur H...), répondront au label «immanquable». Et puis, il y a la fameuse salle Bellevue, en sous-sol, qui, elle, accueillera des artistes locaux ainsi que des créations originales vouées, en cas de succès, à se produire ensuite un étage au-dessus, dans la salle des grands. Et finalement, c'est surtout cela qui nous intéresse. Tout cela est bien beau mais reste à voir si ce projet fonctionnera comme prévu et si le Radiant-Bellevue se posera réellement en tremplin pour les artistes de demain. Victor Bosch a beau avoir une longue carrière derrière lui, il devra, après son expérience en demie-teinte au Transbordeur, une nouvelle fois faire ses preuves.

Olivier Bouillon

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Un cadre réputé prestigieux et impénétrable — le monde dynastique des diamantaires d’Anvers —, de la spoliation d’héritage, des truands, un cousin épileptique, une thésarde boxeuse, un négociant indien prêchant le jaïnisme, une bonne vengeance des familles bien remâchée, des cas de conscience en veux-tu-en-voilà et une séquence d’ouverture sanglante… Arthur Harari avait suffisamment d’éléments attrayants en mains pour signer un thriller original ou, à tout le moins, vif, sauf qu’il a dû égarer en cours de route sa notice de construction. Cela reste dépaysant pour qui aime entendre causer flamand ou allemand, même si l’on attendait davantage des personnages et surtout du rythme, rivalisant ici en tonus avec un ressort distendu.

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Déjà producteur de Kirikou et Karaba, du Petit Prince et, surtout, de la success story Notre-Dame de Paris, Victor Bosch reprend du service dans l'univers des comédies musicales. Du 15 octobre au 30 janvier, il présentera sur la scène parisienne de Bobino Forever Young, non sans l'avoir rôdé début octobre au Radiant-Bellevue, à Caluire, qu'il dirige depuis 2012. Forever Young a été créée à Hambourg il y a trois ans et a déjà rencontré un vif succès en Allemagne et en Espagne. La version française qu'il présentera n'aura toutefois, dit-il, "rien à voir avec ce qui a été fait". Ainsi, s'il est question dans les déclinaisons étrangères de six retraités qui, en 2060, se souviennent de leur jeunesse et des tubes qui l'ont rythmée (Bee Gees, Madonna, Daft Punk...), avec ce que cela suppose de gags gériatriques et de démarches branlantes, ici, les comédiens interprèteront des trentenaires projetés dans le futur. Pour mener à bien ce spectacle, Victor Bosch a fait appel à Jean Lacornerie. Le directeur et metteur en scène du Théâtre de la Croix-Rousse, qui a toujours allié théâtre et musique (et s'est récemment

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«Une première dans l'agglomération». «Un lieu qui va faire école». «Une salle d'avenir». Tandis que la presse locale pose pour la première fois les yeux sur le Radiant, toujours situé à Caluire mais fraîchement ravalé et renommé Radiant-Bellevue, Victor Bosch ne cache pas sa fierté d'en être le directeur. Il aurait tort de le faire : un peu moins de deux ans après avoir été débarqué du Transbordeur, qu'il a fondé et dont il fut le patron contesté pendant deux décennies, ce sexagénaire aux faux airs de Krusty (le clown des Simpsons) tient avec cet équipement haut de gamme une sacrée revanche. Jugez plutôt : une grande salle modulable capable d'accueillir, selon la configuration, de 1100 à 2400 spectateurs et qui, vu la taille des panneaux acoustiques qui la tapissent, devrait être irréprochable question confort d'écoute ; une petite salle à la jauge pouvant varier de 100 places assises à 240 places debout ; un véritable belvédère, avec point de vue humiliant sur la Saône et canapés d'extérieur – on pourrait s'abonner rien que pour s'y faire des pauses clopes ; un hall conçu comme un bar avec encas faits maison… Même les portes des toilettes, or

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Avec un certain sens de l'oxymore, la Salle de Bains propose une petite séquence de «comique géométrique» rassemblant des œuvres de quatre artistes. Contrairement aux idées reçues, les plasticiens contemporains ne manquent pas d'humour, comme dans la vidéo d'Hedwig Houben où des volumes (pyramide, cube, cône...) dialoguent ensemble sur leurs difficultés formelles et donc existentielles. Ou avec François Morellet qui, à partir de formes très simples, compose sur papier un véritable Kamasutra... Un carré taille une pipe à un rectangle, deux rectangles s'accouplent sagement en position du missionnaire, un carré prend son congénère en levrette ! Mais le clou de l'exposition s'avère être une vidéo de 20 minutes, Christopher Walken in the museum, signée par le jeune suisse Mathis Gasser. La marionnette de l'acteur Christopher Walken s'y ballade dans un musée miniature (où l'on voit des œuvres de Manet, De Chirico, Walker Evans, Robert Morris, Fontana et bien d'autres) et se trouve bientôt attaquée par plusieurs zombies. On assiste alors à une bagarre sans pitié où notre protagoniste utilise certaines œuvres pour se défendre, transformant u

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Nadja Pobel | Dimanche 5 juin 2011

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«Ouest à normale 5 à 7, pluie mollissant 2 à 4 cette nuit, mer agitée à forte, Est de Cabrera Sardaigne…». Longtemps, la météo marine était intercalée entre le flash d’information de 20h et le début du Masque et la Plume, chaque dimanche. L’émission, créée en 1955 par Michel Polac et François-Régis Bastide, (l'une des plus anciennes des ondes) est consacrée à des débats de critiques de littérature, de théâtre ou de cinéma. Dans les années 60, Georges Charensol et Jean-Louis Bory s’écharpent sur les films à l’affiche et opposent deux visions bien distinctes : Charensol prône un cinéma populaire et ne trouve d’intéressant chez Godard que le joli minois d’Anna Karina, Jean-Louis Bory défend un cinéma moderne jusqu’à l’égosillement. Il faut aller voir Pierrot le fou, dit-il parce que tout Godard est là, «Pierrot est un homme à bout de souffle qui fait bande à part pour s’apercevoir qu’une femme est une femme…». Plonger aussi dans Cris et chuchotements de Bergman qu’il a vu cinq fois «à chaque fois, je suis ébranlé, je mets huit jours à m’en remettre». Cinéma, cinémaCe que François Morel transmet parfaitement dans ce spectacle qu’il

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Si vous voulez voir deux acteurs en état de grâce, il ne faut surtout pas louper cette saison la reprise de Blackbird aux Célestins. Le duo Léa Drucker/Maurice Bénichou y éclabousse littéralement un spectacle formidable, mis en scène avec une intelligente discrétion par Claudia Stavisky. La même Claudia Stavisky tentera de renouveler l’exploit avec sa version d’Oncle Vania, le chef-d’œuvre de Tchekhov, où deux comédiens remarquables se partageront l’affiche : Jean-Pierre Bacri et Philippe Torreton. Si le second a l’habitude des planches (on se souvient de sa prestation en Richard III), Jean-Pierre Bacri n’avait guère eu l’habitude ces dernières années de se produire au théâtre (sinon dans le Schweik de Martinelli en 2005). Créé à Paris en mars, cet Oncle Vania occupera la grande scène des Célestins du 27 mai au 26 juin. Il y a quelques années, Claudia Stavisky (encore !) avait monté un Minetti décevant avec un Michel Bouquet il est vrai impressionnant. Cette saison, c’est André Engel qui relève le challenge d’adapter le texte très cruel de Thomas Bernhard, dans le cadre de la programmation hors les murs du Théâtre National Populaire (au Studio 24 du 18 au 28 mars). Pour incarner le

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Monstres / Parallèlement à la rétrospective Erwin Wurm, le Musée d'art contemporain présente deux autres expositions : Freak Show, exposition collective conçue par les responsables du Centre d'art lyonnais La Salle de bains, et plusieurs œuvres de François Morellet issues des collections du musée. «L'idée de l'exposition The Freak Show consiste à transposer la structure de ces expositions spectacles en appliquant leur principe et leur scénographie à des œuvres d'art récentes qui peuvent être considérées comme «monstrueuses», c'est-à-dire dont la conformation peut sembler anormale par excès, défaut ou dans une position étrange, en excluant toute représentation du corps humain», écrivent les commissaires. Dans trois salles différentes, on découvre ainsi tout un bric-à-brac d'œuvres bizarres autant qu'étranges d'artistes dans le vent : Claude Lévêque, Bertrand Lavier, Fischli & Weiss, Jeppe Hein, Bruno Peinado... L'hybridation et la déliquescence dominent : une bicyclette qui semble avoir fondu au soleil, la guitare molle de Christian Marclay, le chewing-gum géant de Gavin Turk... Ainsi que le dédoublement et l'excroissance : bottes géantes de Lilian Bourgeat, ballon phallique de Laur

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