Année Erotic ?

Stéphane Duchêne | Vendredi 19 octobre 2012

On ne vous fera pas l'affront de vous traduire le nom d'Erotic Market, même notre bilingue d'ancien Président de la République aura compris. De toute manière, il suffit d'écouter quelques secondes de ce jeune groupe lyonnais pour que le marché de l'érotisme s'empare de vous comme une jeune fashionista d'un cachemire à moins 70% un jour de soldes.

Il n'y avait guère qu'Echo Orange, maison d'énergumènes comme Fireball FC, Daisy Lambert ou The Rebels of Tijuana, pour se faire souteneur d'un projet aussi allumé et addictif (aidé en cela par le Grolektif et Jarring Effects en un curieux mélange de genres). Lequel est manifestement en train d'aguicher au-delà du périphérique lyonnais puisque le buzz – celui du râle de l'amour physique – fait son petit bonhomme de chemin avec un taux de pénétration non négligeable.

La faute à un titre qui commence à pas mal tourner : Rumblin', mélange d'éructations björkiennes poussées à saturation, de spoken word tantrique, de cuivres saouls, de xylophones libidineux, le tout fouetté comme à la parade par une basse terrifiante. Une basse qui revient sans cesse, sur chacun des morceaux qu'on a pu entendre, se livrer à un corps à corps sans fin avec les incantations de la chanteuse Marine Pellegrini qui, comme son complice Lucas Garnier (également membre de Bigre !), fut de l'aventure N'Relax.

Une chose que l'on a d'ailleurs du mal à se figurer au premier abord tant le gap esthétique est important, puisqu'on passe, pour schématiser, de la chanson jazzy au martèlement d'une bizarrerie électro pop aussi insaisissable que saisissante. Stéphane Duchêne

Erotic Market
Au Transbordeur (Just Rock ? avec Naïve New Beaters, Twin Twin et Hyphen Hyphen), vendredi 26 octobre
Au Kraspek Myzik (Riddim Collision), jeudi 8 novembre
Au Marché Gare (avec Alt-J), lundi 26 novembre
«Rumblin'» (Echo Orange)

entrez votre adresse mail pour vous abonner à la newsletter

Soirée coquine

MUSIQUES | Seule. Solo aux commandes, Rosemary Martins (de son vrai nom Marine Pellegrini) a laissé son binôme Lucas Garnier s'échapper vers d'autres cieux (...)

Sébastien Broquet | Mardi 6 mars 2018

Soirée coquine

Seule. Solo aux commandes, Rosemary Martins (de son vrai nom Marine Pellegrini) a laissé son binôme Lucas Garnier s'échapper vers d'autres cieux pour piloter à sa guise le vaisseau Erotic Market qui, forcément, prend la tangente. Oh ! il y a toujours ces beats électroniques qui structurent l'édifice, mais ils ont pris un sacré coup de groove. Ce qui disparaît nettement, balayé, c'est l'influence rock : bonjour le r&b sauvage et sexy, ambiance Missy Elliott voire Kaytranada, porté par un timbre se rapprochant souvent de Santigold. Les textes de ce nouvel opus baptisé Queendoms sont à l'avenant, questionnant la femme et sa place aujourd'hui, ou encore une société pervertie par l'ego, soutenus par un flow capable de muter, alternant scansions rappées ou parties chantées, plus mélodiques et plus coquines, aussi. Erotic Market nouvelle mouture ? Plus sexy, finalement, moins frontalement cul. Mais pas si solo, en fait. Plus collectif, même : Rosemary Martins s'est entourée de deux beatmakers pour l'épauler, pour partager, utilisant les recettes du hip-hop, fuyant l'aspect "groupe" du

Continuer à lire

« Le brassage, c'est aussi mixer food, bières et musiques »

MUSIQUES | Quel retour feriez-vous de votre première année de programmateur du Ninkasi ? Christophe Moulin : Il y a un an, nous avons commencé les travaux, (...)

Sébastien Broquet | Mardi 19 septembre 2017

« Le brassage, c'est aussi mixer food, bières et musiques »

Quel retour feriez-vous de votre première année de programmateur du Ninkasi ? Christophe Moulin : Il y a un an, nous avons commencé les travaux, dont nous ne récoltons pas encore les fruits. C'était une année de transition, mais aussi de complication pour le public, pour les artistes - les backstages étant en travaux. On s'en excuse encore ! C'était une année d'expérimentation, sans pouvoir aller au bout du geste. Ça va vraiment démarrer le 16 octobre : là on va commencer à dérouler la machine telle qu'on l'a réfléchie il y a deux ans. Je garde de très bons souvenirs comme The Game, ou encore la Ninkasi Urban Week où l'on a pu investir l'espace urbain, notre travail sur le Mur7 avec Birdy Kids. C'est ma touche personnelle, cette porosité entre la salle et le quartier. J'ai du mal à rester en place ! C'est normal que les habitants n'entrent pas obligatoirement dans une salle de concerts qui reste un cube fermé. Mais le concert doit sortir à l'extérieur, lui.

Continuer à lire

Insomniaque

MUSIQUES | 16.06.16 > LA PLATEFORME KIBLIND #57 Cherchez pas à comprendre le line-up de cette soirée, allez-y, c'est tout. D'un concours de pétanque molle à un apéro (...)

Sébastien Broquet | Mardi 14 juin 2016

Insomniaque

16.06.16 > LA PLATEFORME KIBLIND #57 Cherchez pas à comprendre le line-up de cette soirée, allez-y, c'est tout. D'un concours de pétanque molle à un apéro mix en compagnie de la radio RTU et du festival Heart of Glass, Heart of Gold, en passant par des DJ sets du crew Groovedge, de Sacha Mambo et The Pilotwings, les dessins réalisés en direct et projetés de la bande de Mauvaise Foi, des stands d'activistes et de la bonne bouffe, Kiblind a décidé de régaler toute la nuit. Boum. 17.06.16 > OBAMO CAFÉ MIDNIGHT RAVERS C'est l'un des projets les plus passionnants sorti des fourneaux de Jarring Effects ces derniers temps : Midnight Ravers est un projet mené par Dom Pete

Continuer à lire

Brain Damage meets Willi Williams

MUSIQUES | Willi Williams, c’est le single extrait de cet album, c’est aussi l’artiste qui t’a accompagné sur scène à la sortie du disque : qu’est-ce qu’il y a eu de (...)

Sébastien Broquet | Vendredi 3 juin 2016

Brain Damage meets Willi Williams

Willi Williams, c’est le single extrait de cet album, c’est aussi l’artiste qui t’a accompagné sur scène à la sortie du disque : qu’est-ce qu’il y a eu de plus entre vous, lors de cette rencontre ? Martin Nathan : Le choix du single n'a pas été simple. J'aurais pu choisir en effet quasiment n'importe quel titre de l'album, tant j'étais satisfait des prestations des différents intervenants. Par contre, quand il a fallu choisir qui j'allais inviter à venir me rejoindre pour tourner en Europe, je n'ai pas hésité. Wiili m'a instantanément convaincu par sa simplicité, sa disponibilité, son efficacité en studio, sa voix, son aura. De plus, le fait que son hit Armagideon Time, qui l'a promu au statut de légende, ait été repris par The Clash en 1980, est fondateur pour moi. C'est l'un des marqueurs de la collision qu'il y a eu à l'époque entre certains jamaïcains et punk rockers anglais, soit l'un des métissages sociaux-culturels les plus intéressants de ses dernières années. Imaginez le plaisir et la fierté qui furent les miens au moment de r

Continuer à lire

Effet bœuf

MUSIQUES | C'est une bourde lexicale qui n'a l'air de rien, mais qui en dit long sur le désintérêt de nos élites territoriales pour la culture modérément (...)

Benjamin Mialot | Mardi 8 décembre 2015

Effet bœuf

C'est une bourde lexicale qui n'a l'air de rien, mais qui en dit long sur le désintérêt de nos élites territoriales pour la culture modérément marchande : lors de la conférence de presse de la Fête des Lumières, elles ont présenté Jarring Effects (dont des affiliés devaient mettre en musique la nouvelle création du Theoriz Crew aux Brotteaux) comme un «groupe lyonnais très connu»... alors qu'il s'agit d'une maison de disques indé, en passe de fêter son vingtième anniversaire. L'occasion de dénoncer une autre méprise, consistant à la réduire à une anti-chambre de l'électro-dub made in France (High Tone, Ez3kiel, Brain Damage...), alors que son activisme lui a par la suite attirée les faveurs des amateurs éclairés de bass music au sens large (du dubstep primordial de Scorn à l'electronica à large spectre d'Aucan), mais aussi de hip-hop (toxique chez Oddateee, cinéphile chez Al'Tarba) et de noise (en compilant Hint et en révélant Picore). Partisan du métissage, fut-il géographique ou textural, JFX est aussi à l'initiative de collaborations intercontinentales d'une enthousiasmante cohérence. Il y eut d'abord Cape Town Effects, qui actait l'émerg

Continuer à lire

Bande à part

MUSIQUES | «Pourquoi les collectifs se multiplient-ils ?» se demande en Une de son tout premier numéro la revue trimestrielle Théâtre(s) Magazine. Fondateur du (...)

Benjamin Mialot | Mardi 31 mars 2015

Bande à part

«Pourquoi les collectifs se multiplient-ils ?» se demande en Une de son tout premier numéro la revue trimestrielle Théâtre(s) Magazine. Fondateur du Grolektif, au même titre qu'une quinzaine d'autres diplômés du Conservatoire de Lyon et de l’École National de Musique de Villeurbanne, Romain Dugelay a sa petite idée sur la question : «C'est une réaction face à une certaine économie et un certain climat.» Á rebours de l'austérité libérale et du retour de l'ordre moral (moins de bruit, moins de blagues, moins de mélanges), cette forme d’organisation un rien utopique s'impose en effet de plus en plus, dans le champ culturel mais pas que, comme le meilleur moyen non seulement d'assumer les risques économiques inhérents à la création, mais aussi de remettre en cause certains acquis artistiques. Et ça, le Grolektif l'a compris dès 2004. Les petits bals perdus Á l'époque, âgés d'une vingtaine d'année, frais émoulus de leurs hautes écoles et pour beaucoup multi-instrumentistes, Romain Dugelay et ses compagnons sont mus par un simple besoin, commun à tous les jeunes diplômés : celui de passer

Continuer à lire

Faites un geste, renflouez un sous-marin

MUSIQUES | En musique peut-être plus encore qu'ailleurs, l'innovation n'est généralement pas rentable. Sept ans après son ouverture et malgré son dynamisme (résidences, (...)

Benjamin Mialot | Mardi 16 décembre 2014

Faites un geste, renflouez un sous-marin

En musique peut-être plus encore qu'ailleurs, l'innovation n'est généralement pas rentable. Sept ans après son ouverture et malgré son dynamisme (résidences, festivals, accueils en tous genres...), Le Périscope, haut lieu de l'expérimentation sonore s'il en est, en fait toujours les frais. Au point de mettre à profit son anniversaire pour souligner la fragilité de sa situation économique et vous inviter, l'espace de trois soirées de soutien, à écoper la flotte qui s'infiltre par ses écoutilles sous les harangues de fidèles du lieu. Trois ambiances de travail sont proposées : anxiogène ce mercredi 17 décembre avec, notamment, le post-punk en niveaux de gris de Rank, le hardcore jusqu'au-boutiste de Alabaster et un DJ set fatalement impétueux des Too Girly DJs – rassemblés par un aréopage d'activistes de bruit, en tête les labels Gaffer et Bigoût ; détendue le lendemain, carte blanche au supa funky Grolektif (par ailleurs co-fondateur du Périscope) oblige ; et enfin euh... eh ben jazzy le 19, avec le Lyon Jazz Collectif. A vos écuelles. Benjamin Mialot

Continuer à lire

Blahblahrella

MUSIQUES | A l'heure où le "bla bla" (ou "blah blah" en anglais, magie de la traduction) est devenu un sport de combat, Erotic Market a été bien inspiré d'intituler (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 15 avril 2014

Blahblahrella

A l'heure où le "bla bla" (ou "blah blah" en anglais, magie de la traduction) est devenu un sport de combat, Erotic Market a été bien inspiré d'intituler son très attendu Blahblahrians (en rayon le 28 avril), contraction, on l'aura compris sans être sémiologue, de «blah blah» et de «barbarians». Bref un bien beau barbarisme au service d'une musique du passage à l'acte un rien vandale. Le duo constitué de Lucas Garnier et Marine Pellegrini avait déjà passablement retourné la moquette et repeint les murs du paysage musical façon bordel aux reliefs ondulants avec la rampe de lancement Rumblin'. De live habités en tremplins souvent gravis haut la main en passant par des articles suscitant une curiosité toujours plus large – dans le Guardian récemment – la carrière du groupe n'aura été jusqu'ici qu'un buzz de plus en plus assourdissant dont le climax aura sans doute été la censure de son dernier clip – on y voyait des gens faire le sexe. Blahblahrians arrive donc à point nommé pour asseoir, ou disons coucher, un peu les choses.

Continuer à lire

Mumblefolk

MUSIQUES | L'un porte éternel chapeau et moustache et/ou barbe-rousse, French gentleman à la Dutronc/Gainsbourg croisé Huckleberry Finn antifolk. L'autre aurait plutôt (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 15 avril 2014

Mumblefolk

L'un porte éternel chapeau et moustache et/ou barbe-rousse, French gentleman à la Dutronc/Gainsbourg croisé Huckleberry Finn antifolk. L'autre aurait plutôt des airs de Joe l'Indien, parce qu'il donne pareillement envie de se taire. Le patron de l'antifolk, dixit Adam Green, qui s'y connaît, c'est ce dernier, et ses "disques" autant de trésors cachés. Antifolk. Ce truc aura donc survécu aux années 2000 quand bien même par chez nous les Coming Soon ont viré de bord ; ce qu'il reste d'Herman Düne est retourné à un relatif anonymat après un tout aussi relatif succès, sans que l'on sache lequel, de l'anonymat ou du succès, est dû à l'abandon du dogme antifolk ; tandis qu'Adam Green lui-même s'est avec l'âge mis à crooner. En tout cas, avec des dizaines d'autres, Turner Cody et Ish Marquez travaillent à sa survie. Marquez – figure d'autant plus fascinante qu'elle est médiatiquement quasi-inexistante, comme un équivalent new-yorkais de l'incorruptible André Herman Düne – y travaillant sans doute un peu plus que Cody, davantage brouilleur de pistes.

Continuer à lire

Le gros lot

CONNAITRE | «Quand je m'arrête sur les dix dernières années, je me pose une question: est-ce vraiment nous qui avons créé tout ceci ?». Cette formule d'auto-admiration (...)

Benjamin Mialot | Mardi 11 mars 2014

Le gros lot

«Quand je m'arrête sur les dix dernières années, je me pose une question: est-ce vraiment nous qui avons créé tout ceci ?». Cette formule d'auto-admiration déguisée en doute existentiel, prononcée par Mark Zuckerberg à l'occasion du dixième anniversaire du réseau social Facebook, le Grolektif pourrait se l'approprier : voilà en effet tout juste une décennie que cette bande de jeunes musiciens du coin, à géométrie plus que variable – quinze au départ, ils se virent plus de trente par un prompt renfort et sont aujourd'hui une "petite" douzaine –, multiplie les projets en ce qui ressemble à une tentative vaine et néanmoins impressionnante de faire passer l'armada d'agents Smith de Matrix Reloaded pour une équipe de rugby à sept.  A ceci près que, du big band Bigre! au trio audiovisuel CT4C, c'est avec autant de modestie et de dérision que la dizaine de groupes gravitant autour de cette entité, par ailleurs co-fondatrice du Périscope

Continuer à lire

Trouver la voix

MUSIQUES | Si l'on excepte Woodkid et Fauve qui ont fait sauter la banque en quelques heures et ne sont plus à présenter – pour cela il faudrait que leurs fans (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 15 novembre 2013

Trouver la voix

Si l'on excepte Woodkid et Fauve qui ont fait sauter la banque en quelques heures et ne sont plus à présenter – pour cela il faudrait que leurs fans laissent un peu de places aux autres –, Nouvelles Voix est, comme son nom l'indique et avec la même régularité que le Beaujolais Nouveau, voué à la découverte d'artistes en devenir. Le tout étant de savoir où exactement est placé le curseur du "devenir". Pour le reste, Nouvelle Voix étend cette raison sociale à un champ toujours plus élargi d'esthétiques : chanson bien sûr avec Maissiat, Barcella et Sophie Maurin, rock (celui pour enfants de The Wackids et celui qui leur fait peur par Darko), pop(s) (Edward Barrow, Pegase, Puggy) et même country-folk québécois avec Lisa Leblanc, quelque part entre Linda Lemay (non, ne partez pas !) et Mama Rosin. Sans oublier la place laissée à la scène locale avec le duo du bayou jurassien Catfish, les propositions indécentes d'Erotic Market, l'inépuisable catch & shoot de Taïni & Strongs et Victor, le régional de l'étape

Continuer à lire

Rainbow warriors

MUSIQUES | Cette semaine, la Maison de la Danse accueille en résidence la compagnie Via Katlehong, fondée dans l'un des townships les plus insalubres de (...)

Benjamin Mialot | Mercredi 30 octobre 2013

Rainbow warriors

Cette semaine, la Maison de la Danse accueille en résidence la compagnie Via Katlehong, fondée dans l'un des townships les plus insalubres de Johannesburg, la capitale économique de l'Afrique du Sud. Après elle, ce sera au tour de la chorégraphe Dada Masilo, elle aussi issue de l'une de ces zones résidentielles dans lesquelles, sous l'Apartheid, étaient parquées les populations à la peau un peu plus chargée en mélanine que celle des colons européens, d'investir le lieu pour une relecture black et gay du Lac des cygnes. Le label indépendant Jarring Effects, lui, profitera ce week-end du quinzième anniversaire de son festival, le Riddim Collision, pour présenter la concrétisation de Cape Town Effects, projet mené en étroite collaboration avec son homologue du Cap, Pioneer Unit. Coïncidence ? Aucunement.  De Paris, où la Gaieté Lyrique déroule depuis la rentrée un panorama complet de la scène artistique contemporaine de Johannesburg, à Lans-en-Vercors, où le Hadra Trance Festival a fait l'été dernier de l'Afrique du Sud son invitée d'honneur, ils sont de plus en plus nombreux à porter leur regard le long des côtes au

Continuer à lire

Biotop(e) pop

MUSIQUES | C’est un fait, il y a fort longtemps que la scène pop lyonnaise ne s’est pas aussi bien portée, qualitativement comme quantitativement. Les anciens sont (...)

Stéphane Duchêne | Jeudi 19 septembre 2013

Biotop(e) pop

C’est un fait, il y a fort longtemps que la scène pop lyonnaise ne s’est pas aussi bien portée, qualitativement comme quantitativement. Les anciens sont toujours là et n’en finissent plus de se renouveler, à l’image des Purple Lords, qu’on n’attendaient plus, avec leur splendide Slow Motion Trip d'il y a quelques mois, de Prohom dont la sortie ces jours-ci de l’album Un Monde pour soi sera fêtée le 10 novembre au Périscope, et de Denis Rivet (King Kong Vahiné) dont on avait vanté les mérites du Tout Proches. Après avoir connu les honneurs des Inouïs du Printemps de Bourges, il verra sa tournée française passer par le festival Just Rock ? en compagnie d’Emily Jane White. Le Chic Type Daisy Lambert, toujours alangui dans les bacs, y sera également à l’affiche en soutien de Cascadeur et Rover (classe !), le 23 octobre au Club Transbo. Ses camarades d’Erotic Market, eux, s’en iront érotiser le festival Nouvelles Voix en Beaujolais, et les Taïni et Strongs le "sadiser" (respectivement les 22 et 23 novembre)

Continuer à lire

Color of night

MUSIQUES | Comme ça de but en blanc – encore que le blanc soit totalement absent de leur univers – les Neils Children ont deux particularités. La première : sous leurs (...)

Stéphane Duchêne | Jeudi 12 septembre 2013

Color of night

Comme ça de but en blanc – encore que le blanc soit totalement absent de leur univers – les Neils Children ont deux particularités. La première : sous leurs airs juvéniles d’Hibernatus pop, les Anglais ont déjà quasi quinze ans de carrière derrière eux, interrompue par une série de démissions et même une courte séparation alors qu’ils commençaient à toucher du doigt quelque chose dans l’ombre de groupes comme Bloc Party ou Razorback. La seconde : l’intégralité des membres du groupe semble droit sorti du clonage simultané et raté (façon La Mouche de Cronenberg) de Brian Jones et Bill Wyman. Ce qui leur donne quelque air de dégénéré psychédélique circa 1969. Ca tombe bien, leur musique, tombée dans l’oreille vintage des Lyonnais d’Echo Orange, devenus leurs tourneurs, a elle aussi la gueule de l’emploi. Mais passée au rimmel curiste d’un Robert Smith qui ne verrait pas la vie qu’en noir et noir. Car les couleurs criardes et mouvantes de leur kaléidoscope s’ébattent dans une pénombre, omniprésente mais changeante. C’est ce que veut signifier le titre d’un album, Dimly Lit («fai

Continuer à lire

Un été bœuf

MUSIQUES | Cette année à Lyon, la fête de la musique est, nous dit-on, garantie «100 % pur bœuf» et sera entièrement financée par Findus et la fratrie Spanghero (l'une de (...)

Benjamin Mialot | Vendredi 14 juin 2013

Un été bœuf

Cette année à Lyon, la fête de la musique est, nous dit-on, garantie «100 % pur bœuf» et sera entièrement financée par Findus et la fratrie Spanghero (l'une de ces deux informations est fausse, l'autre contient un merveilleux jeu de mots). Surtout, le credo de cette année, c'est matin, midi et soir – ce qui fait beaucoup de bœuf, on vous l'accorde. Il faudra donc par exemple prendre une RTT ou profiter de sa pause de midi pour aller voir le joli plateau composé du prometteur folkeux Adam Wood et du plus pop... Poppy (en duo avec Silène) au Musée des Beaux-Arts entre 12h et 14h. Pour ceux dont la pause sandwich est trop courte, Adam Wood rejouera en fin de journée place Johannès Ambre, en groupe cette fois. Rappelons en tout cas que chaque année, le 21 juin est l'occasion de découvrir certains nouveaux talents. Remember Joe Bel l'an dernier et le chemin parcouru depuis. Elargis ton monstre Parmi les scènes emblématiques de l'événement, celle de Lerockepamort – associé au Marché Gare, au Périscope, à Thou Bout

Continuer à lire

Quand la ville gronde

MUSIQUES | La scène se déroule au printemps 2003, à Clermont-Ferrand. Ce soir-là, la Coopérative de Mai accueille Fred Avril, compositeur de musiques de film dont la (...)

Benjamin Mialot | Vendredi 1 mars 2013

Quand la ville gronde

La scène se déroule au printemps 2003, à Clermont-Ferrand. Ce soir-là, la Coopérative de Mai accueille Fred Avril, compositeur de musiques de film dont la carrière pop fut aussi honnête qu'éphémère. Sa prestation, elle, n'a rien d'extraordinaire et le public le fait savoir en éclusant bruyamment ses bières. Soudain, il se saisit d'un potard géant et le tourne d'un cran. Un monstrueux bourdonnement s'échappe des enceintes. Silence dans la salle. Les vêtements se décollent des peaux comme des masques peel off. Il le tourne d'un cran supplémentaire. Les cages thoraciques résonnent au point qu'on ne s'entend plus battre du cœur. Encore un cran. La situation devient limite supportable. Avril reprend son set. Soulagement et déception dans l'assistance, encore saisie de cette impression unique d'être à la fois en pleine conscience de soi et sur le point d'exploser tel un œuf dans un micro-ondes. Impression qu'une seule musique nous aura fait éprouver depuis : la bass music. Marée de basses Autant dire que nous n'étions pas les derniers à nous réjouir lorsque, en 2011, est né le Rumble Festival, événement tout entier consacré à cette appellation d'ori

Continuer à lire

Le Riddim bat la démesure

MUSIQUES | La World Wrestling Entertainment Inc., la plus grande promotion de catch du monde, organise tous les ans depuis 1988 le Royal Rumble, un événement dont (...)

Benjamin Mialot | Vendredi 2 novembre 2012

Le Riddim bat la démesure

La World Wrestling Entertainment Inc., la plus grande promotion de catch du monde, organise tous les ans depuis 1988 le Royal Rumble, un événement dont le principal combat voit une trentaine de participants gagner le ring à tour de rôle, dans le but de s'en expulser les uns les autres jusqu'au dernier. Là où ça devient bizarre, c'est qu'il plane sur ledit combat une malédiction : tous les types qui sont entrés en quatorzième position ont vu leur carrière s'effondrer et/ou leur vie prendre fin prématurément. Si nous en faisons état ici, c'est parce qu'en apprenant, à une semaine du coup d'envoi de la quatorzième édition du Riddim Colision, l'annulation de la venue du beatmaker californien Nosaj Thing, l'une de ses têtes d'affiche, on s'est demandé si quelqu'un chez Jarring Effects/Active Disorder n'avait pas tiré le mauvais numéro dans une carrière antérieure. Vérification faite, il n'en est rien, le festival devrait donc se dérouler sans autres encombres. Tant mieux, car il y a une fois de plus du très bon. En tête The Oscillation, quatuor briton donnant dans le rock altérateur de perception (mercredi 7 au Clacson), nos petits chouchous d'

Continuer à lire

Bourges : le Grand huit des présélectionnés

MUSIQUES | On connaît désormais les huit projets musicaux sélectionnés pour les sélections régionales du Printemps de Bourges. Ils s'affronteront amicalement les 14 et 15 (...)

Stéphane Duchêne | Lundi 29 octobre 2012

Bourges : le Grand huit des présélectionnés

On connaît désormais les huit projets musicaux sélectionnés pour les sélections régionales du Printemps de Bourges. Ils s'affronteront amicalement les 14 et 15 décembre en live au Centre culturel de Viviers (Ardèche) afin de gagner une place parmi les désormais fameuses Découvertes du Printemps (23 au 28 avril 2013). Il s'agit de : Denis Rivet, Erotic Market, Broc, Metastaz, The Architect, Kacem Wapalek, Ni et Golden Zip. Les pronostics sont ouverts et les préférences permises. Résultat des courses en janvier.

Continuer à lire

Quel Damage ?!

MUSIQUES | High Damage, comme son titre l'indique, c'est la rencontre, sous l'égide Jarring Effects, le choc, entre High Tone et Brain Damage. Ne pas s'attendre (...)

Stéphane Duchêne | Jeudi 19 avril 2012

Quel Damage ?!

High Damage, comme son titre l'indique, c'est la rencontre, sous l'égide Jarring Effects, le choc, entre High Tone et Brain Damage. Ne pas s'attendre pour autant à pertes et fracas, ni à des «damage» collatéraux dévastateurs. D'une part, parce que High Tone est habitué de ce genre de duel amical labellisé «In a dubtone session» (Kaltone avec Kaly Live Dub, Zentone avec Zenzile...). D'autre part, parce qu'on est ici dans le clash, le crash, mais au ralenti, tout en infra-basses et rythmique electro-dub traîne la patte, le tout rehaussé de filtres sur les voix, échos, reverbs et clins d'œil world jusqu'au moyen et même à l'extrême orient. Qu'est-ce qui fait dès lors que l'on reste assez imperméable à ce bon disque d'électro-dub ? Le fait qu'il soit sans surprise ? Le fait qu'il soit répétitif par essence autour de sa base électro-dub ? Le fait que le genre ait quelque peu fait son temps et vieillisse assez mal (ou est-ce nous ?) ? Le fait qu'il n'y ait guère dans ce genre précisément de juste milieu entre une musique d'ambiance à écouter chez soi en comatant, ou en live, secoué de basses et emporté par la houle ? Pour le tenants de la seconde option, ça se passe au

Continuer à lire

Vintage pur jus d'Orange

MUSIQUES | De la pop très 60's d'A-Song aux accents yéyé des Rebels of Tijuana, de l'univers 100% 70's de Fireball F.C. au girl group à l'ancienne Monkberry Moon (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 27 janvier 2012

Vintage pur jus d'Orange

De la pop très 60's d'A-Song aux accents yéyé des Rebels of Tijuana, de l'univers 100% 70's de Fireball F.C. au girl group à l'ancienne Monkberry Moon Orchestra, on se croirait échappé d'une capsule spatiale qui nous aurait déposé à une autre époque, sur la planète des songs. Ou au bar de feu le Sergent Pop-Penny Lane-Plastic People puisqu'on pouvait y croiser jadis la plupart de ces gens, qui pour certains ont fait partie d'un groupe aujourd'hui disparu et devenu mythique pour une poignée de popeux lyonnais : les Rams, d'ailleurs présents sur la compile du label, Orange Juice. «Si Echo Orange existe et ces groupes existent aujourd'hui c'est aussi un peu grâce aux Rams, confirme Maxime Jacquard, directeur artistique d'Echo Orange. C'est un groupe que j'ai découvert il y a dix ans et qui m'a complètement bluffé à la fois par son talent et sa démarche esthétique." Amplis à lampe et fétichisme Pour Maxime Jacquard, ce parti-pris vintage «est une manière pour les musiciens de retrouver certaines valeurs musicales perdues. Au sein du label, il y a le fantasme de retrouver le son d'une certaine époque : un son chaud qui

Continuer à lire

Daisy d'avenir

MUSIQUES | Doucement mais sûrement, la chose est en train de faire le tour de la toile. La chose, c'est le clip, réalisé par le talentueux Olivier Héraud, de My Pearl, (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 6 janvier 2012

Daisy d'avenir

Doucement mais sûrement, la chose est en train de faire le tour de la toile. La chose, c'est le clip, réalisé par le talentueux Olivier Héraud, de My Pearl, single de Daisy Lambert, jeune chanteur pop lyonnais qui fait déjà débat. La preuve, au sein de cette rédaction les comparaisons pas toujours raccords ont fusé : «Helmut Fritz lyonnais» (notre rédac' chef), «qu'est-ce que c'est que ce truc ?» (notre spécialiste théâtre), «Daisy qui ?» (notre critique art et danse) ou «moi j'aime bien» (votre serviteur, jamais avare d'un avis tranché). Déjà un type qui se fait appeler Daisy, c'est louche. Surtout quand le clip nous présente cet irrésistible séducteur de jeunes filles n'ayant d'yeux que pour une vieille femme à Yorkshire (à moins que ça ne soit l'inverse). Le malentendu semble bien être la sève qui nourrit ce lyonnais dont le label, le toujours très pop et bien inspiré Echo Orange, nous signale qu'il est à ranger du côté «Air Bashung Tellier Gainsbourg Katerine». Allez donc vous débrouiller avec ça. Et c'est pourtant vrai, à l'écoute de morceaux (Santorin, La Femme Fontaine, Le Nuage

Continuer à lire

100 dessus-dessous

MUSIQUES | Le morceau historique : Royale Salute de Brain Damage & Sir Jean Monsieur Mô, directeur du label : Une bombe dans son registre. Ici Brain Damage (...)

Dorotée Aznar | Vendredi 9 septembre 2011

100 dessus-dessous

Le morceau historique : Royale Salute de Brain Damage & Sir Jean Monsieur Mô, directeur du label : Une bombe dans son registre. Ici Brain Damage retourne à ses racines reggae-dub, qui sont aussi les racines de Jarring. Même si l’ensemble de la compile reflète davantage l’ouverture du label sur le hip-hop, l’électro et les OVNI, la rencontre entre Brain Damage et Sir Jean est représentative du concept : pour cette centième référence, on a privilégié les collaborations et les remixes. On ne voulait pas faire une rétrospective classique. Le remix qui remue : Spank d’High Tone remixé par Niveau Zero C’est tout à fait le genre de remix qui remue de l’intérieur. On est loin ici du côté dub sound-system des premiers High Tone. Spank (issu de leur dernier album) subit un lifting dubstep par Niveau Zero, la valeur montante du genre. Il injecte une profondeur et une puissance colossales au titre original, et le résultat reflète bien la patte sombre et cérébrale qu’on aime retrouver sur les dancefloors. Parfait pour danser dans sa tête. La collaboration la plus (d)étonnante du tracklisting : Juniper de Filastine Y La Bamba (Filastine remix). Un morceau folk inclass

Continuer à lire

Écho sonorange

MUSIQUES | Festival / On pourrait dire du festival Écho Orange qu'il a un peu des airs de mini Just Rock ?, le festival qui, à l'automne, nous fait généralement (...)

Dorotée Aznar | Vendredi 8 avril 2011

Écho sonorange

Festival / On pourrait dire du festival Écho Orange qu'il a un peu des airs de mini Just Rock ?, le festival qui, à l'automne, nous fait généralement oublier la chute des feuilles mortes, mais ce serait un peu mentir. Car Écho Orange a son identité propre, probablement plus marquée que le festival organisé par Mediatone. C'est qu' Écho Orange au départ, c'est un label lyonnais qui défend bec et ongles une certaine idée de la pop. Le symbole en est sans doute A*Song, figure de proue de l'esquif Écho Orange. Mais il ne s'agira pas seulement ici de faire la promotion de l'écurie locale. Si A-Song, The Invaders et les semi-Lyonnais de Rebels of Tijuana, des garagistes aux mains pleines de cambouis, seront bien présents, l'essentiel de la programmation s'étend bien au-delà des frontières lyonnaises et des frontières tout court. Par exemple avec John & Jehn, de la new new wave venu de Poitou-Charentes où l'on sait capitaliser sur le désir d'avenir pour composer d'ombrageuses ritournelles propres à affoler les sondages. Ou avec le folk très californien friendly de Da Brasilians qui comme leur nom, ni leur musique, ne l'indiquent pas, sont Normands. Installés à Paris depuis quelques lustre

Continuer à lire

Riddim rédemption

MUSIQUES | Cette année, les mauvaises langues qui prétendent que le Riddim rassemble trop souvent un public sorti du rayon bières de Lidl et des artistes aussi sexy (...)

Dorotée Aznar | Vendredi 25 septembre 2009

Riddim rédemption

Cette année, les mauvaises langues qui prétendent que le Riddim rassemble trop souvent un public sorti du rayon bières de Lidl et des artistes aussi sexy qu’un cirque interlope de Groznyï seront priés d’aller cracher leur médisance ailleurs. Car cette onzième édition pourrait bien en remontrer à ceux qui daubent sur le dub en oubliant que Jarring est avant tout un label pluriel. Même si, «rootsitude» oblige, la soirée du vendredi restera dévolue au dub maison (High Tone, Twelve & Rico…) et aux sound systems d’obédience jamaïcaine, le reste de la programmation sort allègrement des sentiers battus par la génération sweat-treillis des petits-fils de King Tubby. Le hip-hop, notamment, se taillera la part du lion sur les deux scènes du samedi. De l’imprononçable K-The-I ??? aux inimitables performances buccales d’Under Kontrol (champions du monde du beatboxing), du bon vieux rap US d’Oddateee aux accents grime de Ben Sharpa, ce plateau «bass culture» proposera tout ce qu’il faut pour renouer avec l’ombilic du groove «pô pô pô». Mais la collision des rythmes ne se limitera pas cette année à un vaste panel de beats et de breaks, si représentatif soit-il de l’underground électrophile. Avis

Continuer à lire

South Africa is the future

MUSIQUES | Le label lyonnais Jarring Effects entretient avec soin ce que l'on peut appeler sa filière sud-africaine. Ne surtout pas entendre par là de sombres (...)

Jerôme Dittmar | Vendredi 12 décembre 2008

South Africa is the future

Le label lyonnais Jarring Effects entretient avec soin ce que l'on peut appeler sa filière sud-africaine. Ne surtout pas entendre par là de sombres histoires de psychotrope et autres sordides traites d'humains. En 2003, le duo parisien Interlope signé chez Jarring procède à un échange culturel avec des groupes étrangers dont les sud-africains The Constructus Corporation, têtes pensantes du label African Dope. C'est ainsi que les petits gars de chez Jarring Effects découvrent un pan complètement insoupçonné et décomplexé de la nouvelle musique d'Afrique du Sud, construite sur les cendres encore fumantes de l'apartheid. Soufflés par le côté mutant de ce son hip hop-électro synthétique et hystérique, les liens se nouent. Un mail. Deux. Un concert de Real Estate Agent. Puis de Sibot. Suivi de près par Marcus Wormstorm. Puis vinrent Playdoe et Ben Sharpa. Jusqu'à cette date du 29 octobre 2006 où sort la compilation Cape Town Beats, condensé de musique électronique et rap distillé par ces musiciens originaires d'Afrique du Sud. Au-delà d'une indéniable affinité commune pour la musique partant facilement en sucette, la démarche et l'histoire du label sud-africain African Dope ressemblent

Continuer à lire