The Voice(s)

Stéphane Duchêne | Vendredi 9 novembre 2012

Avant son vin nouveau qui fait la langue bleue, le Beaujolais nous offre chaque année une rasade de «nouvelles voix» dont le spectre est aussi large que celui des parfums fruités censés agrémenter le goût du Bojolpif.

Essentiellement axé sur la dégustation de découvertes, agrémentée de quelques menues têtes d'affiches (Skip The Use, Lewis Floyd Henry, Sallie Ford), le Festival Nouvelles voix en Beaujolais offre à boire et à manger. Qu'il nous soit donc permis de faire notre marché pour y piocher les plus enthousiasmantes trouvailles caladoises de cette année. Comme les Angevins The Dancers qui, malgré leurs têtes de premiers de la classe du genre à vous marcher sur les pieds pendant un slow, portent plutôt bien leur nom, comme si les Concrete Knives avaient découvert les vertus conjuguées des Housemartins et des Primitives (des groupes sur lesquels on dansait jadis).


The Dancers - Eyes Closed par thedancers

Également adeptes du triolisme, les Juveniles, from Rennes, sont moins sautillants mais on n'en reste pas moins dans une thématique fort dansante (façon new wave, avec les bras qui font de sobres moulinets et la nuque bien raide).

Et ce n'est sûrement pas avec Singtank que l'on va arrêter de se demander ce qu'ont tous ces jeunes avec les années 80. C'est au sein de ce duo que Joséphine de la Baume (actrice et mannequin) a choisi d'assouvir, avec son frère Alexandre, cette obsession, en lui accordant toutefois bien des largesses, tant leur spectre pop est étendu. Mais si Joséphine a la beauté du diable, c'est bien son angelot de frère qui a tout du petit génie.

Enfin, pour rester dans l'opposition diablesse/angelot on insistera sur le charme vénéneux de Christine & the Queens (elle non plus pas vraiment exorcisée des 80's) et le folk angélique du néerlando-savoyard Neeskens.

Stéphane Duchêne

Festival Nouvelles Voix en Beaujolais
Du 14 au 17 novembre
www.theatredevillefranche.asso.fr 

 


Neeskens - Apeldoorn - Clip officiel (HD) par neeskensmusic

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Il est aussi vain de vouloir donner du sens à un anniversaire que de chercher à justifier un mariage : dans un cas comme dans l'autre, l'événement est surtout prétexte à faire la chouille avec les copains. Reconnaissons toutefois à l’Épicerie Moderne ses efforts : pour marquer le coup de ses dix ans d'existence, elle s'est mise en quatre pour éditer un livre et un vinyle live commémoratifs. Le premier verra le jour le 17 octobre, dans le cadre d'une journée d'animations (tatouage, photo call, papertoys...) ponctuée par un concert du brass band à tout faire The Soul Rebels. Le second sera prêt pour celui du mètre-étalon (et étalon tout court) rock Jon Spencer (voir page 4). Deux habitués des lieux verront également leurs prestations "pimpées" pour l'occasion : d'un côté les Melvins (le 2 octobre), de l'autre Patrick Watson. Les parrains malgré eux du grunge se produiront au sortir d'une dégustation de vin en compagnie des œnologues with an attitude de Wine&Noise, tandis que l'élégant songwriter baroque le fera en parallèle d'un débarras de goodies

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Á l'époque bénie du football total de la Grande Hollande de Cruyff, le milieu défensif Johan Neeskens avait pour surnom Johan II. Manière de dire qu'il passait après le maître, mais aussi qu'il évoluait en soutien du génie du triple Ballon d'or, qu'il rejoignit d'ailleurs au Barça, pour former l'un des plus redoutés tandems de l'histoire du ballon rond. Manière enfin de dire qu'il était, footballistiquement parlant, de sang royal. C'est donc à lui que l'on pense à l'évocation du nom Neeskens, mais il existe, si ce n'est un Johan III, du moins un Neeskens II, qui lui a choisi le terrain musical pour nous faire la totale et alimenter le beau jeu. Batave d'extraction, ce Neeskens-là – un pseudo choisi à dessein – est depuis pas mal de temps annecien et très présent dans l'entrejeu musical lyonnais. Mais voilà un type malheureusement pas reconnu à sa juste valeur qui, après des centaines de dates et un premier EP, a dû en passer par The Voice – comme la Lyonnaise Anne Sila – pour atteindre une notoriété qu'il aurait mérité d'acquérir autrement. Sur la foi de cet album éponyme tout frais qui se suffit pourtant à lui-même, bourré de coups d'éclat

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À Lyon, on aime les parcours, les traboulages en tout genre qui vous font dégringoler d'une partie de la ville à l'autre pour y dénicher des trésors insoupçonnés seulement connus de quelque guide à moustache. Sans doute conscient de cette réalité lyonnaise, le festival Just Rock ? a initié en guise d'ouverture son propre Parcours Folk, où il s'agit ni plus, ni moins que de déambuler d'un coin à l'autre de la ville, de lieux improbables en endroits qui le sont moins, à la découverte de petits trésors folk parfois également insoupçonnés mais pas toujours. La règle pour les artistes n'étant pas forcément, comme l'indique l'intitulé de l'événement de jouer spécifiquement du folk, mais de se produire en version acoustique. Pour certains, les folkeux notamment, l'exercice est naturel, ceux-ci ayant rarement l'électricité. Pour d'autres un peu moins mais c'est aussi ce qui fait le charme de l'exercice. Trio féminin, chant, guitare, contrebasse, poussé au conservatoire, Jüne n'aura pas de problème d'adaptation avec son folk jazz entêtant (entêté?), à voir à l'heure du shopping (14h) place des Célestins. Après quoi l'on pourra passer chez le libraire, en l'occurrence Expé

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