Street Fighter

Stéphane Duchêne | Vendredi 14 juin 2013

Photo : Jon White


Quoi de mieux quand on organise un festival de rue gratuit que de faire appel, pour sa programmation musicale, a un authentique gars de la rue ? C'est sur Tottenham Court Road ou sur Brick Lane, à Londres, qu'a été découvert cet émule de Rémy Bricka et de Jimi Hendrix qu'est Lewis Floyd Henry. Rémy Bricka pour le côté homme-orchestre, même si à vrai dire, on en a connu de plus rock'n'roll, genre Bob Log III, et Jimi Hendrix pour le jeu de guitare incendiaire et l'inspiration. Résumons nous donc : Lewis Floyd Henry joue de la guitare, de la batterie et de tout un tas de petits trucs, et son idole est Jimi Hendrix. Le genre de gars facile à programmer car il voyage avec sa maison (on dit que longtemps il n'en eut même pas) et son matériel sur son dos, d'où le titre de son album, à traduire ainsi : «Un homme et son landau de 30 W».

Inutile donc de convoquer des trente-cinq tonnes pour la logistique du bonhomme. Ni d'ailleurs pour faire du bruit à sa place. Car Lewis fait à lui tout seul autant de boucan qu'une autoroute et manifeste autant d'agitation qu'une rue bondée un jour de soldes ou de manif (ou les deux). Côté influences, outre Hendrix, auquel il ressemble, ce guitariste précoce (il a commencé à tâter du manche à l'âge de deux ans) n'a guère de préférence, s'attaquant avec la même verve psychédélico-blues à des champs (de pavot ?) aussi différents que Black Sabbath ou le Wu-Tang Clan. Tout en n'oubliant pas de composer lui-même des morceaux bien saignants qui provoqueraient facilement une hémorragie du conduit auditif.

Mais LFH est aussi un maître de la rythmique, laquelle peut paraître sauvage et indomptable mais ne reflète en réalité que de la maîtrise. Car c'est encore quand le travail ne se voit pas, qu'il semble couler de source, qu'il est encore le plus frappant. Cette vérité est encore plus avérée que d'habitude avec ce musicien qui pourrait à la fois reprendre le Je suis né dans la rue de Johnny et le Street Fighting Man des Stones, tubes de gars qui veulent en découdre, tout en affichant l'enthousiasme de ceux qui, comme chez les Pogues, se trouvent toujours «on the sunny side of the street».

Stéphane Duchêne

Lewis Floyd Henry
Au Square de la Doua, vendredi 21 juin
Place Chanoine-Boursier, samedi 22 juin


Lewis Floyd Henry


Rue du Square-de-la-Doua Villeurbanne
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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C'est peut-être la compagnie de théâtre de rue la plus célèbre au monde et l'une des plus passionnantes à suivre : Royal de luxe sera à Villeurbanne pour six représentations, du 14 au 20 juin, en amorce du festival des Invites qui se déroulera du 19 au 22 juin. C'est bien à l'invitation de cette (désormais) biennale que douze comédiens vont débarquer avec Miniatures, un titre clin d’œil à ce qui a fait leur renommée : des marionnettes déambulatoires absolument géantes. Miniatures est une pièce dite "de place", qui se déroule dans un lieu fixe. La troupe investira un parking pour raconter le rêve d'un pilote d'avion qui s'est assoupi et observe le monde devenu miniature. Pyrotechnie, machines infernales, théâtre d'objet sont les outils de ce récit. L'équipe des Ateliers Frappaz, labellisés par l'État Centre national des arts de la rue et de l'espace public (CNAREP), dévoilera la programmation complète de la 16e édition des Invites le 11 avril. Le traditionnel défilé sera "éthique" et conduit par Art Point M avec 200 Villeurbannais.

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Pour se venger du Marquis des Arcis, auquel elle a cédé malgré sa funeste réputation de libertin, Mme de La Pommeraye ourdit une complexe machination amoureuse contre ce lui en embauchant deux aristocrates déclassées, Mlle de Joncquières et sa mère. Mais peut-elle impunément user de l’amour comme d’un poison ? Deux pensées se télescopent à la vision de ce film. L’une, que le XVIIIe siècle, avec son amour des mots et ses mots d’amour, était taillé pour la plume stylisée prompte à (d)écrire les tourments chantournés qu’affectionne Emmanuel Mouret. L’autre, concomitante : que ne l’a-t-il exploré plus tôt ! Or rien n’est moins évident qu’une évidence ; Mouret a donc attendu d’être invité à se pencher sur cette époque pour en découvrir les délices. Et se rendre compte qu’il y avait adéquation avec son ton. S’inspirant comme Bresson d’un extrait de Jacques le Fataliste, Mouret l’étoffe et ajoute une épaisseur tragique et douloureuse. Là où Les Dames du Bois de Boulogne se contentait d’une cynique mécanique de vengeance, M

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Dark Meat City. Livreur de pizzas parfumé à la lose, Angelino voit sa vie changer le jour où, après avoir un peu trop maté une belle donzelle, il percute un camion. Une armée de tueurs détruit son taudis, le forçant à partir en cavale avec son coloc’. Au passage, il se découvre des pouvoirs… Apparue avec le millénaire et son cortège de néo-usages techno-ludiques, la maison Ankama héberge une flopée de séries transmédia qui, fort logiquement, trouvent au cinéma un terrain de jeu supplémentaire. Après le réussi Dofus, livre 1 : Julith (hélas passé un peu inaperçu), voici donc un nouvel objet pop-fusion post-moderne tirée de cette galaxie aux inspirations multiples et débridées : entre l’anticipation et la dystopie, la jungle urbaine peuplée d’aliens undercover visant à prendre le contrôle de la planète en asservissant les humains rappelle le John Carpenter de Invasion Los Angeles. Ados dans le viseur Mais aussi la désinvolture vitaminée du Tarantino de

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Vincent Raymond | Mardi 10 janvier 2017

Ouvert la nuit

Inconséquent charmeur jonglant avec les mots et les promesses, épris de l’instant et du talent des autres, Luigi gère depuis vingt ans un théâtre parisien grâce à de l’argent qu’il n’a pas. À la veille d’une première, il doit pourtant en trouver en urgence. Ainsi qu’un singe. Le voici en cavale dans la capitale, escorté par une stagiaire de Sciences-Po au caractère bien trempé. La nuit est à lui ! Accompagner Édouard Baer n’a pas toujours été chose aisée : les délires de ses personnages de dandys logorrhéiques en semi roue libre au milieu d’une troupe de trognes, nécessitaient d’être disposé à l’absurdité, comme à l’humour glacé et sophistiqué cher au regretté Gotlib. Mais de même que Jean-Pierre Jeunet a réussi à cristalliser son univers dans Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain, Baer est parvenu à réunir ici la quintessence du sien. Si les deux auteurs partagent, outre la présence d’Audrey Tautou à leur générique, le plaisir d’entretenir une troupe fidèle et une affection certaine pour le Paris d’antan, les similitudes s’arrêtent là : Baer n’aime rien tant que faire voler les contraintes et les cadres, voir j

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Édouard Baer : “Je rêvais de constituer une troupe de cinéma”

ECRANS | Quelle est la distance entre votre personnage, Luigi, et vous-même ? Édouard Baer : Elle est totale parce que j’ai vraiment écrit un personnage de (...)

Vincent Raymond | Mardi 10 janvier 2017

Édouard Baer : “Je rêvais de constituer une troupe de cinéma”

Quelle est la distance entre votre personnage, Luigi, et vous-même ? Édouard Baer : Elle est totale parce que j’ai vraiment écrit un personnage de fiction à partir de choses que je connais ou que j’ai vécues ; à partir de gens que j’ai croisés, comme Jean-François Bizot [NDLR le créateur d’Actuel et de Nova] que j’admirais ou certains producteurs de cinéma. J’ai mélangé des sentiments, des peurs et des envies… Luigi, c’est moi, très exagéré, en bien et en mal : il est beaucoup plus enthousiasmant, plus courageux et, j’espère, plus sombre, plus menteur et manipulateur. Si on se croit suffisant pour être un personnage de cinéma, il faut aller voir un psy ! Même les grands maîtres de l’ego-cinéma comme Woody Allen — qui, dans la vraie vie, fait de la boxe — s’inventent un personnage de fiction. Que vous a apporté Benoît Graffin, votre co-scénariste, dans l’écriture d’un film en apparence aussi personnel ? Il a été une sorte d’accoucheur pour ce road movie que je ne voulais pas linéaire, ni plat. J’avais lu ses scénarios pour Pierre Salvadori (H

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Ouvert la nuit

ECRANS | Le nœud papillon savamment défait, le cheveu en bataille et un vers d’Aragon sur les lèvres, Édouard Baer promène sa nonchalante élégance d’artiste en quête d’un (...)

Vincent Raymond | Mardi 29 novembre 2016

Ouvert la nuit

Le nœud papillon savamment défait, le cheveu en bataille et un vers d’Aragon sur les lèvres, Édouard Baer promène sa nonchalante élégance d’artiste en quête d’un singe et d’argent (ne cherchez pas à comprendre, c’est ainsi) dans son nouveau film, Ouvert la nuit. Une brillante réussite qu’il vient présenter à Lyon en compagnie de la non moins talentueuse Sabrina Ouazani. Saurez-vous supporter autant de bonheurs et de délices d’un coup ? Je dis oui, car il faut savoir dire oui. Ouvert la nuit Au Comœdia le vendredi 2 décembre à 20h

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Soweto Kinch : « Il suffit d'être à fond dans ce qu'on fait »

MUSIQUES | À quel moment avez-vous compris que le jazz était la musique que vous vouliez jouer et partager ? Soweto Kinch : J'avais 13 ans. Je suis allé avec mon (...)

Gabriel Cnudde | Mardi 4 octobre 2016

Soweto Kinch : « Il suffit d'être à fond dans ce qu'on fait »

À quel moment avez-vous compris que le jazz était la musique que vous vouliez jouer et partager ? Soweto Kinch : J'avais 13 ans. Je suis allé avec mon père au festival d'Edimbourg (NdlR : le père de Soweto, Don Kinch, est un dramaturge). Dans sa pièce, il y avait quelques musiciens de jazz. La même année, je suis allé voir mon père jouer à Birmingham. Ce sont deux événements qui ont changé ma vie. Quand j'ai vu ces gens jouer avec une telle passion et de telles compétences, j'ai compris que je voulais être comme eux en grandissant. Ce n'est pas commun qu'un enfant de 13 ans se passionne pour le jazz... Ce n'est pas vraiment une question d'âge. Beaucoup de musiciens jazz actuels s'y sont intéressés tôt. C'est un langage et même si on ne peut pas le parler quand on est jeune, on peut l'apprécier. Mais vous savez, à 13 ans, j'étais aussi au courant de tout ce qui se passait sur la scène hip-hop. Les artistes que j'écoutais à l'époque, comme A Tribe Called Quest, De La Soul, The Pharcyde, avaient tous incorporé des éléments jazz dans leurs productions. Je c

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23 ans que ça jazz à l'INSA !

MUSIQUES | Qu'elles paraissent banales, les traditionnelles soirées étudiantes « haut chic bas choc » organisées par les bureaux des élèves du tout Lyon en (...)

Gabriel Cnudde | Mardi 4 octobre 2016

23 ans que ça jazz à l'INSA !

Qu'elles paraissent banales, les traditionnelles soirées étudiantes « haut chic bas choc » organisées par les bureaux des élèves du tout Lyon en regard du festival Un Doua de Jazz ! Créé il y a 23 ans déjà par quelques copains de la section musique-études de l'INSA de Lyon, ce festival 100% étudiant n'a cessé de gagner en importance et en popularité. « Au départ, seuls des musiciens amateurs venaient y jouer. Petit à petit, grâce aux partenariats, aux subventions et autres, des artistes professionnels ont été invités », explique Vincent Rocher, président de cette édition. Résultat, le Doua de Jazz s'est offert quelques beaux noms : Chris Potter, Renaud Garcia-Fons, Robert Glasper, Fowatile et beaucoup d'autres. Si le festival est entré dans une autre dimension, sa mission première, elle, est toujours la même. « On cherche à promouvoir le jazz dans le milieu étudiant à des prix accessibles et avec des réductions. Le tarif réduit est à 8 euros. Pour un concert de cette envergure, c'est très peu cher », se félicite le président. Seul festival de France entièrement géré par des étudiants, le Doua de

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Les Démons

ECRANS | Il y a mille et une manières de passer à côté de son film. Pourtant bien parti en agençant une collection de petites tensions diffuses ressenties par un gamin à (...)

Vincent Raymond | Mardi 13 septembre 2016

Les Démons

Il y a mille et une manières de passer à côté de son film. Pourtant bien parti en agençant une collection de petites tensions diffuses ressenties par un gamin à la lisière de la préadolescence, Philippe Lesage opte pour une méthode radicale — enfin, pour qui possède le goût de se saborder. Il casse sa belle construction toute en subjectivité enfantine pour se focaliser pendant une (trop) longue digression sur un autre personnage, traité avec une froideur si outrancière qu’elle le désigne dès la première image comme l’équivalent du loup-garou. Et ces petits zooms au ralenti pour nous prévenir de l’imminence d’une abomination dans le hors champ… Ne manque qu’une lumière clignotant dans un coin et un commentaire de l’auteur, du style : « ’tânsion, maôdzit spectsâotseur ; y va-tu s’passer un trzuc pas chrâétieân d’vant tes d’zyeux, lâ ! » Blague à part, cette rupture de ton aux allures de court-métrage mal greffé démembre Les Démons. On se serait bien passé de cette élucidation triviale dans le réel, et contenté du point de vue d’un enfant, en proie à ses questionnements, ses doutes et ses peurs.

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Virginie Despentes : la Voix du peuple

CONNAITRE | Vernon Subutex est une parfaite photographie de l’époque, des débats qui l’animent, des trajectoires parfois contradictoires d’individus. Comment (...)

Sébastien Broquet | Mercredi 2 mars 2016

Virginie Despentes : la Voix du peuple

Vernon Subutex est une parfaite photographie de l’époque, des débats qui l’animent, des trajectoires parfois contradictoires d’individus. Comment avez-vous créé cette fresque du temps présent ? Virginie Despentes : J’avais comme point de départ l’idée d’un presque quinquagénaire qui perd son appartement. Ensuite est venue l’idée qu’il ait été disquaire. Ça devait être un livre très court. Et puis c’est devenu Subutex. Je ne me suis pas dit que j’allais faire une photographie de l’époque, mais une fois qu’on prend le rock comme moteur, on se retrouve vite à brasser beaucoup de gens différents… Ce n’était pas prémédité, mais c’est un vrai centre de tri, ce truc ! En le lisant, on sent un vrai plaisir à l’écrire. Baise-moi était un cri sorti en quelques jours, là, il y a une maîtrise nouvelle dans l’écriture, une sorte de confiance à toute épreuve. Et aussi, une tendresse différente pour les personnages, surtout dans le volume 2. Je ne suis pas bien placée pour me rendre compte de ça. Je sais que j’avais plus de temps, plus les moyens de prendre ce temps pour écrire, parce qu’Apocalypse Bébé

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Amis publics

ECRANS | Régulièrement moqué pour l’indigence de son jeu, se résumant à des grimaces de dragueur et des vannes d’élève de seconde écarquillant les prunelles comme Marisol (...)

Vincent Raymond | Mardi 9 février 2016

Amis publics

Régulièrement moqué pour l’indigence de son jeu, se résumant à des grimaces de dragueur et des vannes d’élève de seconde écarquillant les prunelles comme Marisol Touraine, Kev Adams a voulu prouver qu’il était au moins aussi grand tragédien que, disons, Lorànt Deutsch (pour citer un classique). Pour démontrer aux incrédules l’étendue de ses talents, il a fait écrire sur mesure cette histoire de petit frère cancéreux par la faute d’une méchante-vilaine entreprise l’obligeant à commettre une infernale suite d’actes contre-nature ou héroïques : cambrioler des banques, se raser la tête, se déguiser en policier, prendre un air concerné sourcils froncés, tourner un film à Lyon… Force est de reconnaître que dans cet emploi dramatique, sa désinvolture à l’écran atteint des sommets — le pire étant qu’elle contamine tous ses partenaires. Vivement qu’un scientifique découvre un vaccin contre le syndrome Tchao Pantin ! VR

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Encore heureux

ECRANS | Quand des petits-bourgeois s’attellent à l’écriture d’une comédie vaguement sociale (chacun des mots mérite d’être pesé : on suit ici une famille dont le père, (...)

Vincent Raymond | Mardi 26 janvier 2016

Encore heureux

Quand des petits-bourgeois s’attellent à l’écriture d’une comédie vaguement sociale (chacun des mots mérite d’être pesé : on suit ici une famille dont le père, cadre sup’ au chômage depuis deux ans, squatte un studio des beaux quartiers parisiens) en faisant l’économie d’un script doctor, la vraisemblance et la dignité en prennent pour leur grade. Quelques exemples à la volée ? L’histoire est censée se passer autour du réveillon de Noël, de surcroît en week-end ; or tout est ouvert fort tard, y compris les administrations, qui n’hésitent pas à menacer d’expulsion… en pleine trêve hivernale. Un besoin urgent d’argent se fait sentir ? La mère s’en va troquer ses faveurs contre un chèque auprès d’un bellâtre de supérette — ah, le romantisme de la prostitution occasionnelle ! Même en ajoutant un macchabée voyageur en guise d’hypothétique ressort (au point où l’on en est...), le scénario continue de tirer à hue et à dia, atteignant à peine la cheville brisée de la moindre pochade d’humour noir belge. Miséricorde pour les comédiens, ils devaient avoir faim. VR

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Aux Invites, l'art fait le trottoir

CONNAITRE | Treize ans que Les Invites tordaient le cou aux idées reçues sur les artistes de rue et/ou engagés – des zonards qui creusent le trou de l'intermittence, en (...)

Benjamin Mialot | Mardi 16 juin 2015

Aux Invites, l'art fait le trottoir

Treize ans que Les Invites tordaient le cou aux idées reçues sur les artistes de rue et/ou engagés – des zonards qui creusent le trou de l'intermittence, en gros. Et soudain, patatras : les mains sont moites, les réflexes peut-être émoussés, on lâche prise et on se retrouve avec un concert du Collectif 13, "super" groupe de chanson pas contente et néanmoins décontractée du dreadlock où émargent des mecs de La Rue Ketanou, de Massilia Sound System, de Tryo... Le reste de la programmation musicale de cette quatorzième édition, bien qu'il ne renoue pas avec l'exubérance des têtes d'affiche de ces dernières années (Jean-Louis Murat et son orchestre, Har Mar Superstar, SKIP&DIE, La Femme, Rachid Taha...), propose une approche heureusement beaucoup plus authentique et subtile de l'altérité culturelle. Chercheurs d'or black (l'éclectique radio host Gilles Peterson, pour un Black Atlantic Club hors les murs qui devrait faire date, les ethnomusicologues du label francfortois Analog Africa, le baroudeur de longue date DJ Oil), bluesmen passés maîtres dans l'art du désensablement d'esgourde (le qua

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Histoire de Judas

ECRANS | Dans l’esprit du plus mécréant des mécréants, Judas est l’apôtre qui a trahi Jésus, le livrant aux Romains et le conduisant à la crucifixion. Rabah Ameur-Zaïmeche (...)

Christophe Chabert | Mardi 7 avril 2015

Histoire de Judas

Dans l’esprit du plus mécréant des mécréants, Judas est l’apôtre qui a trahi Jésus, le livrant aux Romains et le conduisant à la crucifixion. Rabah Ameur-Zaïmeche choisit sciemment de rompre avec cette vision consacrée en faisant de Judas et Jésus des buddies à l’amitié indéfectible, qui ne sera brisée que par les enjeux politiques liés à l’émergence de cette nouvelle secte chrétienne qui dérange le pouvoir et les tenants de la religion hébraïque dominante. Le cinéaste ne s’en tient pas là : en faisant jouer les premiers chrétiens par des acteurs d’origine arabe — dont lui-même dans le rôle de Judas — il confère une résonance actuelle puissante à cette histoire vieille de 2000 ans. Et en choisissant le réalisme et la quotidienneté — dans les dialogues ou les décors — plutôt que l’emphase, il ramène la vie de Jésus à son niveau le plus prosaïque, s’inscrivant ainsi dans les pas de Carrère ou Cavalier. Il y a chez Ameur-Zaïmeche une manière p

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L'été indien

CONNAITRE | «Aux Invites, exit la grisaille». C'est par cette parole que débute la présentation des Invites, le festival urbain et gratuit de Villeurbanne. Cette année, (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 17 juin 2014

L'été indien

«Aux Invites, exit la grisaille». C'est par cette parole que débute la présentation des Invites, le festival urbain et gratuit de Villeurbanne. Cette année, plus encore que les précédentes, Patrice Papelard et ses équipes y joignent le geste, et pour cause : 2014 coïncide avec le quatre-vingtième anniversaire des Gratte-Ciel, ce quartier si emblématique du vivre ensemble à la villeurbannaise que sa skyline rehausse le logo de la Ville. Entre l'inauguration en leur cœur d'une monumentale passerelle éphémère le long de laquelle s'étaleront des portraits de riverains et un final inspiré par la Holi, cette tradition hindouiste qui consiste à s'emplâtrer avec son voisin à coups de poudres bigarrées, tout concourra donc à contraster avec leur auguste blancheur.   Côté interventions in situ, on en verra aussi de toutes les couleurs. Du jaune notamment, celui de la colossale nacelle au pied et au sommet de laquelle les danseurs de la compagnie Beau Geste déploiero

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Perte de mémoire de nos pères

SCENES | Ça commence par des amnésies lacunaires, qui jaillissent en des torrents de questions dont les réponses rentrent par une oreille et ressortent par l'autre. (...)

Benjamin Mialot | Mardi 20 mai 2014

Perte de mémoire de nos pères

Ça commence par des amnésies lacunaires, qui jaillissent en des torrents de questions dont les réponses rentrent par une oreille et ressortent par l'autre. Ça se poursuit par des sautes d'humeur si insensées que l'amertume d'un café peut devenir prétexte à un saccage. Viennent ensuite la confusion temporelle et l'oubli : d'un même mouvement, un époux ressuscite et un petit fils devient un visiteur anonyme. La perte complète de l'autonomie n'est alors plus qu'une question de semaines. La mort, elle, aussi silencieuse et diffuse que celle d'une plante trop longtemps privée d'eau, pourra se faire attendre des années. Ces symptômes, ce sont ceux de la maladie d'Alzheimer, et ils rythment Variations sur le modèle de Kraepelin. Au sens propre : la pièce de l'Italien Davide Carnevali est à l'image de la mémoire de son personnage principal, un vieillard en plein formatage de disque dur, fragmentée, parfois incomplète, souvent redondante, globalement incohérente et, en cela, d'une grande justesse, y compris dans sa manière de raconter comment cette saleté neurodégénérative déteint sur l'entourage – en l'occurrence un fils, dont l'impuissance s'exprime tour à tour par de

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Vis ma vie

CONNAITRE | «Dans ce monde où les valeurs masculines étaient érigées comme les plus importantes, ma mère disait d’elle "J’ai des couilles moi, je ne me laisse pas (...)

Benjamin Mialot | Mardi 18 février 2014

Vis ma vie

«Dans ce monde où les valeurs masculines étaient érigées comme les plus importantes, ma mère disait d’elle "J’ai des couilles moi, je ne me laisse pas faire"». Ce monde, c’est un village picard jamais nommé. Un bout de France isolé où règne une misère sociale et intellectuelle, et où tout ce qui sort des rails préétablis est suspect. Le jeune Eddy Bellegueule est suspect, puisqu’il ne correspond pas aux codes de la masculinité imposante défendue par son père, ses frères, ses cousins, mais aussi sa mère, sa sœur... Bref, tous les hommes et toutes les femmes de son entourage. Eddy Bellegueule, c’est Édouard Louis, auteur qui a changé de nom en s’extirpant de la vie qu’on lui programmait – «l’intello» est depuis élève à l’École Normale Supérieure. «Ces choses dérisoires pour un adulte» En finir avec Eddy Bellegueule se lit vite. Et marque d’un coup, dès les premières pages, où le jeune Eddy se fait agresser sans broncher par deux garçons qui le traitent de «pédé». Une violence quotidienne qu’il taira pendant toute son enfance, préférant encaisser les coups plutôt que d’avoir à justifier les raisons qui amènent ses agresseurs – e

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Quand Lyon fait la belle

ARTS | À force d’auto-célébration muséale à quelques mois des élections, il n’y aurait qu’un pas à franchir pour accuser la mairie de se faire mousser sur le dos de (...)

Nadja Pobel | Vendredi 24 janvier 2014

Quand Lyon fait la belle

À force d’auto-célébration muséale à quelques mois des élections, il n’y aurait qu’un pas à franchir pour accuser la mairie de se faire mousser sur le dos de ses institutions. Pourtant, à bien y regarder, toutes ces initiatives ne se valent pas. Si Lyon l’internationale (aux Archives récemment) n’était, malgré un catalogue solidement documenté, qu’un exposé hagiographique des grandes œuvres de la cité, ce qui se joue à Gadagne est autrement plus consistant et passionnant : en racontant comment l’exposition internationale de 1914 a vu le jour, c’est en effet toute la politique hygiéniste du maire Edouard Herriot et son influence sur Paris qui sont déroulées. Refusant alors que se tienne une troisième exposition universelle dans la ville, apanage de la chambre de commerce, l’édile souhaitait un événement au rayonnement mondial dont il serait le commanditaire, obtenant de l’Etat sa bénédiction et son aide financière. Au gré des différentes salles, c’est donc non seulement toute la complexité de l’organisation dudit événement (la construction des pavillons dans un quartier encore déserté, celui de Gerland, l’enrayement de la grève de la CGT…) et ses enjeux politiq

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Aux arts, citoyens !

CONNAITRE | Comment Les Invites sont-elles nées ? Patrice Papelard : A l'initiative de Jean-Paul Bret, quand il a décidé de se présenter à la mairie de Villeurbanne en (...)

Nadja Pobel | Vendredi 14 juin 2013

Aux arts, citoyens !

Comment Les Invites sont-elles nées ? Patrice Papelard : A l'initiative de Jean-Paul Bret, quand il a décidé de se présenter à la mairie de Villeurbanne en 2001. Je l’avais connu lorsqu’il était adjoint à la culture, à l’époque des Eclanova, pour lesquels il m’avait recruté. C’était un festival gratuit de 1989 à 1995, avec plus de musique que dans Les Invites mais où j’avais déjà amené les arts de la rue. Avec Les Invites, on voulait proposer au public de nous rencontrer, utiliser des matériaux pour transformer l’espace urbain et, en plus, confier à des associations la restauration. Manger et boire ensemble faisait partie intégrante du projet artistique. C’était très important.   S'agissait-il déjà d'un festival dit «pas pareil» ? On avait déjà inventé ça oui. «Pas pareil» car il était basé sur la gratuité et la participation et parce que dès la première année on a voulu un mélange d’exigence artistique et de conv

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Place nette (ou pas)

SCENES | Attention, toute la programmation des Invites ne figure pas dans le programme des Invites ! La compagnie star du théâtre de rue (à laquelle avait été confiée (...)

Nadja Pobel | Vendredi 14 juin 2013

Place nette (ou pas)

Attention, toute la programmation des Invites ne figure pas dans le programme des Invites ! La compagnie star du théâtre de rue (à laquelle avait été confiée l'an dernier la mise en scène de l’hommage à Jean Vilar au Festival d’Avignon), KompleXKapharnaüM, se fendra en effet d'impromptus, de jour comme de nuit, au village du festival et à la Doua, étrennant ainsi les premières esquisses de sa prochaine création (prête pour fin 2014), Do not clean. Ces rendez-vous scelleront une énième collaboration entre cette compagnie villeurbannaise et  le festival, qui l’avait notamment accueillie en 2011 avec le projet Fool, mené avec le groupe High Tone, une immense déambulation dans le quartier des Gratte-ciel qui avait réuni cinq mille personnes. Il s’agira cette fois d’une petite proposition, parfois même imperceptible, visant à s'interroger, toujours dans l'espace public, sur ce que l’on jette, ce que l’on garde et ce que l'on refuse de considérer. Mais qu’on ne s'y trompe pas : Do not clean n’est pas une fable écologique et donneuse de leçon sur le recyclage, quand bien même le collectif s’est

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L'amour à la machine

SCENES | Un duo pour danseur et pelleteuse. Il fallait y penser. La compagnie Beau Geste, en la personne du chorégraphe Dominique Boivin, l'a fait en 2005 et n'a (...)

Benjamin Mialot | Jeudi 13 juin 2013

L'amour à la machine

Un duo pour danseur et pelleteuse. Il fallait y penser. La compagnie Beau Geste, en la personne du chorégraphe Dominique Boivin, l'a fait en 2005 et n'a depuis cessé de présenter le résultat aux quatre coins du monde. C'est dire le pouvoir de fascination qu'exerce cette courte pièce (vingt minutes chrono) à mi-chemin de la relecture mécanique de King Kong (plus une magnifique histoire d'amour impossible qu'un récit d'aventure), de la parabole sur la domination croissante des machines et du rêve d'enfant concrétisé. A quoi tient-il ? Au caractère périlleux et par extension spectaculaire de l'exercice, bien sûr, et à la technicité qu'il requiert de ses interprètes. Mais aussi et surtout à l'improbable alchimie qui s'y construit entre l'imposant engin de terrassement, dont le godet se fait tour à tour mâchoire dévorante et main protectrice, et le petit homme tiré à quatre épingles qui tente de l'apprivoiser. Bref, en dépit de la richesse proverbiale des Invites, on ne verra au cours de leur édition 2013 sans doute rien de plus atypique et gracieux que ce pas de deux - d'autant que c'est la voix de

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Des Invites pleines de surprises

CONNAITRE | Sous-titré «festival pas pareil», les Invites sont effectivement en constante évolution et (ré)invention. Cette année, c'est sur le thème de la mer et en se (...)

Benjamin Mialot | Jeudi 18 avril 2013

Des Invites pleines de surprises

Sous-titré «festival pas pareil», les Invites sont effectivement en constante évolution et (ré)invention. Cette année, c'est sur le thème de la mer et en se révélant encore plus centrée que d’habitude sur le jeune public que la fête réinvestira Villeurbanne. Le parc de la Commune étant abandonné depuis trois ans, c’est en effet en centre-ville que se déroulera de nouveau le cœur de la manifestation, entre la place Lazare-Goujon et le parc du centre, de part et d’autre du cours Émile Zola, au niveau de la station de métro Gratte-ciel. La compagnie Délices Dada fera des visites de la cité avec toujours autant de truculence et d’impertinence ; De Fakto proposera une création hip hop autour du Petit bal perdu chanté par Bourvil et chorégraphié par Découflé. La Constellation présentera elle aussi sa création de l’année, Outside, sorte d’opéra rock adapté au plein air. Bien d’autres propositions artistiques sont à découvrir au fil des rues - certaines, les impromptus, ne sont d’ailleurs pas encore annoncées et se dévoileront pendant le festival, à limage de fausses

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Turf

ECRANS | Dire du mal de Turf revient à tirer sur une ambulance. Quoique, comme la plupart des comédies commerciales françaises, il affiche une insolente santé, trop (...)

Christophe Chabert | Mardi 5 février 2013

Turf

Dire du mal de Turf revient à tirer sur une ambulance. Quoique, comme la plupart des comédies commerciales françaises, il affiche une insolente santé, trop bien nourri aux euros sonnants et trébuchants. Cela ne masque pas le recyclage poussif et transparent qui lui sert de pitch : Un éléphant ça trompe énormément dans le milieu du tiercé. Soit quatre potes dont un avec une mère juive (Marthe Villalonga, pour être original), l’autre qui trompe sa femme jusqu’à ce qu’elle en ait marre et le foute dehors, un troisième plus effacé mais solide dans les affaires comme en amitié, et un quatrième qui expose le tout en voix off et se met à l’équitation pour séduire une jeune et jolie demoiselle. Au milieu, Onteniente projette ses vannes pourries, sa mythologie beauf (on a du fric, on fait la fête sur la côte) et son absence totale de direction artistique, pour un résultat sinistre qui a l’air de durer trois plombes. C’est nul donc, et seul un Depardieu d’une sincérité totale s’échappe du marasme. Qui d’autre que lui pourrait faire sonner juste une réplique comme : «Tiens, voilà tes deux places pour Lady Gaga !» ? Christophe Chabert 

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Mariage à Mendoza

ECRANS | D'abord il y a eu Kerouac, la route, l'Amérique, une renaissance, l'idée que le monde continuait ; puis il y a eu Nouvelles frontières, le tourisme de (...)

Jerôme Dittmar | Vendredi 18 janvier 2013

Mariage à Mendoza

D'abord il y a eu Kerouac, la route, l'Amérique, une renaissance, l'idée que le monde continuait ; puis il y a eu Nouvelles frontières, le tourisme de masse, l'ère d'un exotisme de contrôleur fiscal réduisant le réel à des images à vérifier. Au milieu est né le road movie, qui finira malgré lui par bercer des générations à coup de posters cheap vantant on ne sait quoi d'un ailleurs idéalisé où Lévi-Strauss côtoierait Nicolas Hulot. C'est un peu ça, Mariage à Mendoza, un road movie français en Argentine, qui dégurgite tellement son petit cahier des charges du genre appauvri qu'il fait de la peine. Tout est gentil dans cette histoire sentimentale entre frangins, la vie et ses difficultés, l'amour et ses désillusions, le voyage et ses rencontres. Même les moments durs sont gommés par une intrigue sous anxiolytiques oubliant qu'elle suit un circuit balisé de tour-opérateur existentiel. Heureusement, comme chez Kerouac, il y a une fille pour divertir et remplir la carte postale. Jérôme Dittmar

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The Voice(s)

MUSIQUES | Avant son vin nouveau qui fait la langue bleue, le Beaujolais nous offre chaque année une rasade de «nouvelles voix» dont le spectre est aussi large que (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 9 novembre 2012

The Voice(s)

Avant son vin nouveau qui fait la langue bleue, le Beaujolais nous offre chaque année une rasade de «nouvelles voix» dont le spectre est aussi large que celui des parfums fruités censés agrémenter le goût du Bojolpif. Essentiellement axé sur la dégustation de découvertes, agrémentée de quelques menues têtes d'affiches (Skip The Use, Lewis Floyd Henry, Sallie Ford), le Festival Nouvelles voix en Beaujolais offre à boire et à manger. Qu'il nous soit donc permis de faire notre marché pour y piocher les plus enthousiasmantes trouvailles caladoises de cette année. Comme les Angevins The Dancers qui, malgré leurs têtes de premiers de la classe du genre à vous marcher sur les pieds pendant un slow, portent plutôt bien leur nom, comme si les Concrete Knives avaient découvert les vertus conjuguées des Housemartins et des

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Astérix et Obélix : au service de sa Majesté

ECRANS | Dans quel âge se trouve le blockbuster français ? Économiquement, sans parler d’âge d’or, on peut dire que l’affaire roule ; même une chose laborieuse comme (...)

Christophe Chabert | Jeudi 11 octobre 2012

Astérix et Obélix : au service de sa Majesté

Dans quel âge se trouve le blockbuster français ? Économiquement, sans parler d’âge d’or, on peut dire que l’affaire roule ; même une chose laborieuse comme Les Seigneurs remplit sans souci les salles. Artistiquement, en revanche, on est encore à l’âge de pierre. La franchise Astérix en est le meilleur exemple : après le navet ruineux de Thomas Langmann, c’est Laurent Tirard, fort du succès glané avec son Petit Nicolas, qui a récupéré la patate chaude. Avec un budget quasiment divisé par deux (61 millions quand même !), il n’avait guère le choix : finies les courses de char dispendieuses et les packages de stars ; retour aux fondamentaux. Tirard et son co-auteur Grégoire Vigneron prennent ainsi deux décisions payantes : remettre le couple Astérix et Obélix au centre du film (ainsi que les comédiens qui les incarnent, Baer et Depardieu, excellents), et soigner un casting pour lequel chaque personnage semble avoir ét

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Les États-Unis – Lyon - 1934

CONNAITRE | Au premier abord : une balade à ciel ouvert au milieu des îlots construits par Tony Garnier et des fresques géantes initiées par les habitants afin de redorer (...)

Nadja Pobel | Jeudi 5 juillet 2012

Les États-Unis – Lyon - 1934

Au premier abord : une balade à ciel ouvert au milieu des îlots construits par Tony Garnier et des fresques géantes initiées par les habitants afin de redorer le blason de leur quartier dans les années 90. Les balcons sont aujourd’hui des bow-windows, ils ont été fermés par des fenêtres alors qu’ils étaient à l'origine conçus comme des aérations (dans une optique d’hygiène). Quant aux jardins, ils sont ouverts à tous, en réponse à la politique haussmannienne des jardins clos de l’entre-soi. Dans un second temps, découvrir l’appartement témoin avec la distribution des pièces faite à partir de la pièce centrale (et surtout pas d’alcôves privées de lumière). Des ascenseurs ont été ajoutés récemment et les caves ne servent plus à stocker le charbon de chauffage mais des effets personnels. En 1934, c’est une révolution urbaine qui s’incarne dans ce quartier de part et d'autre du boulevard industriel qui ne deviendra "le quartier des États-Unis" que quelques années plus tard, en hommage aux Américains. Tram T4 – États-Unis

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Archi vivante

CONNAITRE | Mieux vivre ensemble. Tant pis si l'expression a des airs de tarte à la crème resservie à chaque élection. Au début du vingtième siècle, les ouvriers vivent dans (...)

Nadja Pobel | Jeudi 5 juillet 2012

Archi vivante

Mieux vivre ensemble. Tant pis si l'expression a des airs de tarte à la crème resservie à chaque élection. Au début du vingtième siècle, les ouvriers vivent dans des logements insalubres et la France a l’un des plus forts taux de mortalité au monde. Soucieux de la santé de leurs administrés et surtout des moins aisés, des maires téméraires comme Lazare Goujon à Villeurbanne et Édouard Herriot à Lyon font alors fait appel à des architectes inventifs pour que tous vivent mieux ensemble. En 1934, les Gratte-ciel (Villeurbanne) et le quartier des États-Unis (actuellement dans le 8e arrondissement de Lyon) sont inaugurés. À Lyon, Tony Garnier a travaillé sur l'espace intérieur et extérieur et construit des îlots entourés de verdure. À Villeurbanne, l'ensemble dessiné par Morice Leroux et Robert Giroud est plus imposant, mais l'accent est également mis sur la praticité des immeubles : où que l'on soit logé, il est possible d'accéder à un commerce du rez-de-chaussée sans mettre le nez dehors, se protégeant ainsi du froid. Et surtout, audace rare : la construction du règlement urbain (réseaux d'assainissement, de gaz, d'électricité) se fait en même temps que les immeu

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Invites à l'envie

CONNAITRE | Commençons par la (super)star : Didier Super et sa désormais célèbre – bien que non encore joué à Broadway, sans doute pour d'obscures histoires de contrats – (...)

Stéphane Duchêne | Jeudi 14 juin 2012

Invites à l'envie

Commençons par la (super)star : Didier Super et sa désormais célèbre – bien que non encore joué à Broadway, sans doute pour d'obscures histoires de contrats – comédie musicale, sobrement intitulée Didier Super La Comédie Musicale! (Et si Didier Super était la réincarnation du Christ ?). Où il est question de milliardaire dépressif, de témoins de Jéhovah, d'un président de la République déprimé et de cascades en BMX. Quelque chose nous dit que la proximité géographique entre le Nordiste et la compagnie belge Les Royales Marionnettes n'est pas pour rien dans la foutraquerie annoncée du spectacle Et ta sœur ? : où un, entre autres, vice-champion de lancer de crotte de nez affronte sa sœur spécialiste du perçage de tympans. Guère moins fantaisiste, L'Éléphant vert, avec son «théâtre d'intervention déambulatoire» mettant en scène, dans Le Meilleur Ami de l'homme, des Homme-chiens. Corps Migrateurs Il y a aussi des noms étranges, comme La Clique sur la Mer et son Orphéon sur la Ville, un sextet, qui nous promet des valses felliniennes. Des noms plus

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Les Invites de Villeurbanne 2012 : Invites pour tout le monde

CONNAITRE | «Les Grumaux sont toujours là où on ne les attend pas». Il n'y a qu'aux Invites que l'on peut vous présenter de cette manière un (ou des) artiste(s) (...)

Christophe Chabert | Lundi 23 avril 2012

Les Invites de Villeurbanne 2012 : Invites pour tout le monde

«Les Grumaux sont toujours là où on ne les attend pas». Il n'y a qu'aux Invites que l'on peut vous présenter de cette manière un (ou des) artiste(s) présent(s) – en l'occurrence, ici, des voltigeurs à mi-chemin de Mad Max et des Marx Brothers, les Demi-frères Grumaux. Bienvenue au festival pas pareil qui, dans les rues de Villeurbanne et pour la modique somme de rien, opère un retour à ces festivités d'antan où l'on montrait des ours à la foule pendant qu'un acrobate cracheur de feu tentait de prendre le dessus sur un joueur de flûte. On exagère à peine. Didier Christ Superstar Or donc, les Invites viennent de dévoiler leur programmation, qui contient de Grumaux mais pas que. Au rayon saltimbanque bien bancal, Didier Super devrait faire le boulot avec sa désormais célèbre – bien que non encore joué à Broadway, sans doute pour d'obscures histoires de contrats – comédie musicale, sobrement intitulée Didier Super La Comédie Musicale! (Et si Didier Super était la réincarnation du Christ ?). Où il est question de milliardaire dépressif, de témoins de Jéhovah, et d'un président de la Républ

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Les Invites de Villeurbanne en mode "commandos tricot"

ACTUS | Pour sa onzième édition qui se déroulera du 20 au 23 juin, Les Invites de Villeurbanne (qui dévoileront leur programme le mardi 24 avril, à suivre ici même !) (...)

Christophe Chabert | Vendredi 13 avril 2012

Les Invites de Villeurbanne en mode

Pour sa onzième édition qui se déroulera du 20 au 23 juin, Les Invites de Villeurbanne (qui dévoileront leur programme le mardi 24 avril, à suivre ici même !) lancent un appel à participation original : ils donnent rendez-vous à tous les volontaires qui le désirent dans ses Ateliers Frappaz (14-16 rue du Docteur Frappaz à Villeurbanne) pour s'initier au tricot et préparer ainsi une grande opération qui aura lieu au cours du festival. L'idée sera "d'habiller" le mobilier urbain, les arbres ou les statues de la ville avec des "vêtements" créés pour l'occasion. Les ateliers sont ouverts du mardi au vendredi de 14h à 18h, les cours sont dispensés sur place et le matériel est fourni. Pour plus d'informations, vous pouvez contacter Agathe Sinck au 04 72 68 90 17 ou sur le mail mediation@ateliers-frappaz.com.

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