Insomniaque - Semaine du 16 au 22 octobre

MUSIQUES | Les 3 RDV nocturnes à ne pas manquer cette semaine : Join the Navy au Sirius, Quentin's Club Experience au Sucre et Hunkpapa au Club Transbo. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mercredi 9 octobre 2013

17.10 Join the Navy #1

Le Sirius flotte mais ne sombre pas. Au contraire : non seulement la péniche la plus rock'n'roll du quai Victor Augagneur a fêté la semaine dernière son onzième anniversaire, mais elle inaugure ce jeudi un nouveau rendez-vous baptisé Join the Navy. Nul disco carnavalesque au programme de celui-ci, mais de la musique à guitares de premier choix, sélectionnée notamment par The Dukebox Stuntmen, duo marseillais aussi imposant - l'un ressemble à un gentleman belliqueux à la Bronson, l'autre à un wife-beater échappé d'un film de Rob Zombie, les deux aiment jouer avec le feu - que sudatoire.

 

 

 

18.10 Quentin's Club Experience

Être l'invité d'honneur d'un festival, cela se résume généralement à se fendre d'un discours poli avant un bon gueuleton. Pas pour Quentin Tarantino qui, dans le cadre de Lumière 2013, présentera des films, tournera une nouvelle version de La Sortie de l'usine Lumière à Lyon (1895)et, parait-il, passera des disques au Sucre. Quand bien même la rumeur s'avérerait infondée, la soirée que lui dédie le club, synonyme de junk food maison, de playlists fun et pointues (courtoisie, notamment, de Jules Edouard Moustic et de Von Kids) et de déco afro-badass, devrait valoir son pesant de Whopper.

 

 

 

18.10 Hunkpapa #1

«L'avenir de l'homme est la femme». Quarante ans après sa formulation, on ne sait si la maxime d'Aragon relève de la prophétie ou du fourvoiement. A l'échelle locale, la première option semble l'emporter, les Lyonnaises qui se montrent aussi à l'aise aux platines qu'aux fourneaux (oh ça va, on déconne) étant de plus en plus nombreuses. On pense à P.I.L.A.R. et à Diane, bien sûr, mais aussi à Perrine. Surtout depuis qu'on la sait résidente des soirées Hunkpapa, dont la première édition se tiendra ce vendredi au Club Transbo. En haut de l'affiche : le Mancunien Trus'me, qui produit une house on ne peut plus moite et chic.

 

 


Join the navy 1

DJ Tatie Charby et DJ Connasse + Disco Picture show + The Sailor Jerry’s + Ponda Mix
Le Sirius En face du 4 quai Augagneur Lyon 3e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Quentin’s club Experience

Hommage à Tarantino
Le Sucre 49-50 quai Rambaud Lyon 2e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Hunkpapa 1

Trus’me + Losoul + Perrine

ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Quentin se fait son cinéma : "Once Upon a Time… in Hollywood"

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Hollywood, 1969. Rick Dalton, vedette sur le déclin d’une série TV, Cliff Booth, son cascadeur homme à tout faire ; leur voisine, la jeune comédienne Sharon Tate, épouse Polanski : trois destins parallèles et convergents dans une ville entre décors, faux-semblants et rêves brisés… Lors de l’une de ses venues au Festival Lumière, Quentin Tarantino avait concocté une sélection de films portant l’estampille 1970. Au-delà du nombre rond, cette année charnière marque en effet l’ancrage définitif du Nouvel Hollywood, l’irrésistible ascension de ses nouveaux moguls et l’inéluctable déclin des anciens nababs. Autant dire que le choix de 1969 pour situer cette semi-fiction est signifiant : il correspond à la fin d’un âge d’or — en tout cas idéalisé par ceux qui l’ont vécu a posteriori. Et à travers l’écran d’argent. Dans sa reconstitution appliquée, Tarantino est loin de tout repeindre en rose pailleté, même si la tentation est grande : le Hollywood de 1969 transpire de coolness ambiante, d’érotisme débridé, ruisselle de musiques indépassables —

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Vous le savez, le cinéphile et de plus en plus radical Quentin Tarantino sera à l'honneur de la prochaine édition du festival Lumière, qui se tiendra du 14 au 20 octobre. Mais quid du reste du programme ? Pour s'en faire une idée, vous pouvez soit relire l'avant-papier rédigé par nos soins au moment de l'annonce du festival, soit vous procurer à sa sortie notre numéro 722 (daté du 4 septembre), soit assister, sur simple inscription au 04 78 78 18 85, à l'une des huit soirées de présentation qu'animera Maelle Arnaud, programmatrice de l'Institut Lumière. En voici les dates : Mardi 10 septembre à 19h et 20h30Jeudi 12 septembre à 19h et 20h30Samedi 14 septembre à 11h30Jeudi 3 octobre à 19h et 20h30Mardi 8 octobre à 19h

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Au terme d’un suspens soigneusement orchestré, c’est sous des hurlements de joie qu’a été annoncé le nom du cinquième Prix Lumière, qui sera remis le 18 octobre prochain (avec, au passage, un petit changement de date, la cérémonie ayant lieu le vendredi et non plus le samedi) : Quentin Tarantino. Le cinéaste avait le profil parfait pour le recevoir, tant il mène une œuvre singulière et, son Django unchained l’a prouvé, sans doute déjà à son apogée ; mais il est aussi un cinéphile fervent, qui travaille à la redécouverte de films et d’auteurs oubliés, devenant au fil du temps, avec Martin Scorsese, un des plus grands défenseurs du patrimoine cinématographique. Ses trois derniers films — Boulevard de la mort, Inglourious Basterds et Django unchained — ont aussi démontré quelle haute idée Tarantino se faisait du cinéma et de son histoire, ceux-ci étant capables de venir panser les plaies de l’Histoire elle-même, inventant une sorte d’uchronie où les minorités persécutées — femmes, juifs ou noirs — prenaient une revanche sur leurs oppresseurs via leurs doubles de celluloïd. Le 35 mm fait de la résistance C’est aussi un d

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Quentin Tarantino : un Prix Lumière cinéphile et fédérateur

Au terme d’un suspens soigneusement orchestré, c’est sous des hurlements de joie qu’a été annoncé le cinquième Prix Lumière, qui sera remis le 18 octobre prochain (avec, au passage, un petit changement de date, la cérémonie ayant lieu le vendredi et non plus le samedi) à rien moins que Quentin Tarantino. Le cinéaste avait le profil parfait pour le recevoir, tant il mène une œuvre singulière et, son Django unchained l’a prouvé, sans doute déjà à son apogée ; mais il est aussi un cinéphile fervent, qui travaille à la redécouverte de films et d’auteurs oubliés, devenant au film du temps, avec Martin Scorsese, un des plus grands défenseurs du patrimoine cinématographique. Ces trois derniers films — Boulevard de la mort, Inglourious Basterds et Django unchained — ont aussi démontré quelle haute idée Tarantino se faisait du cinéma et de son histoire, ceux-ci étant capables de venir panser les plaies de l’Histoire elle-même, inventant une sorte d’uchronie où les minorités persécutées — femmes, juifs ou noirs — prenaient une revanche sur leurs

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Première réaction à la sortie de ce Django unchained : Tarantino est fidèle à lui-même, et c’est pour ça qu’on aime son cinéma. De fait, ils sont peu aujourd’hui à offrir 2h45 de spectacle qui semblent passer en quelques minutes, sans pour autant renier le fondement de leur style : des scénarios écrits contre toutes les règles hollywoodiennes, privilégiant le dialogue et la durée des épisodes à une construction en trois actes où l’action et la parole sont dosées équitablement. Tarantino y ajoute cette élégance de mise en scène qui frappe dès le générique, où une chaîne d’esclaves torses nus et l’haleine fumante traverse de nuit une étendue aride et rocailleuse. Pourtant, il convient de tempérer ce jugement hâtif : oui, Tarantino est immense et oui, Django unchained est un très grand film, mais il n’est que l’aboutissement d’une mue amorcée entre les deux volumes de Kill Bill. Cette césure n’avait rien d’artificiel : elle marquait un tournant décisif, celui où le cinéaste cessait de déployer sa maestria en cinéphile compulsif visitant avec une gourmandise enfantine le cinéma bis, et où il donnait une réelle gravité à ses sujets, prenant ce qu’il montre

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«Il était une fois dans la France occupée…» C’est le titre du premier chapitre d’Inglourious basterds. Comme le reste du film, ce chapitre est une séquence entière, ce qui représente en cinéma d’avant une «bobine» ; comme si Tarantino prenait comme rythme celui d’un projectionniste pour qui chaque passage d’une bobine à l’autre ouvrait sur un nouveau modèle de cinéma. Dans une ferme française, un nazi polyglotte (Christoph Waltz, immense révélation d’un casting fourni en talents) interroge un paysan pour obtenir des informations sur une famille juive. L’échange commence en Français, puis se poursuit en Anglais au prix d’un subtil dialogue qui renvoie avec malice aux conventions du «cinéma hollywoodien à l’étranger». Dans cette introduction brillante, Tarantino joue donc sur les codes du cinéma classique et sur leur relecture ironique par Sergio Leone, le tout appliqué à un sujet sérieux. Le triomphe du cinéma Dans le chapitre suivant, où l’on fait connaissance avec les «basterds» du sergent Raine (Brad Pitt), des juifs scalpeurs de nazis, Tarantino retrouve un territoire plus familier : un cinéma bavard mais badass. Va-t-il su

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C’était la guerre aux alentours du festival pour accéder aux projections, certains inventant des pancartes plutôt marrantes pour attendrir le festivalier chanceux doté d’une invitation. La plus drôle : «Je suis un Juif solitaire, auriez-vous une invitation ?». C’était la guerre pour voir la guerre selon Tarantino, Inglourious basterds, sans doute le film le plus attendu de la compétition. Et sur l’écran, de guerre, il n’y eût pas. On a trouvé la formule passe-partout pour parler du film (et prévenir le désenchantement de certains fans) : on pensait voir un Leone, et on a eu un Lubitsch. Cette équation posée, autant vous le dire tout de suite, Inglourious basterds est un grand film, une surprise seulement annoncée dans la carrière de Tarantino par le virage à mi-parcours de Boulevard de la mort. Le film est une comédie, une vraie, mais aussi une déclaration d’amour fracassante au cinéma. C’est aussi l’œuvre la moins référentielle du cinéaste qui, à l’inverse d’un Johnnie To par exemple, remplace le fétichisme cinéphile par une approche de plus en plus théorique de son art, sans perdre de vue le fait qu’il est avant tout un créateur ludique. Une comédie

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Qu’aime Quentin Tarantino ? Pêle-mêle et sans prendre trop de risques, on pourrait énumérer : le cinéma de genre, Jean-Pierre Melville, les dialogues qui crépitent, les gunfights et les duels au sabre, les jolies filles et les belles femmes, les pieds en gros plans, les plans depuis le coffre d’une voiture, le cinéma d’exploitation asiatique, la blaxploitation, les acteurs cultes, Robert Rodriguez, le funk, la soul et la pop des années 70, les fast-foods et la contre-culture… Depuis Reservoir dogs, son cinéma explore ainsi, entre fétichisme et gourmandise, la palette infinie de ses affinités, de ses plaisirs coupables et de ses passions majuscules. Mais Tarantino, auteur à tous les sens du terme, a su faire germer de cet inventaire à la Prévert quelque chose qui n’appartient qu’à lui, une marque, un style reconnaissable entre mille, que beaucoup lui envient jusqu’au plagiat éhonté et sans talent. Défis et des corpsDu talent, Tarantino en a à revendre. Chacun de ses films est ainsi un défi qu’il se lance à lui-même. Reservoir dogs ? Faire un film de casse sans jamais montrer le braquage et en ne racontant que le strict minimum sur le passé des personnages, anonymes et

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