Insomniaque - Semaine du 4 au 10 juin

MUSIQUES | Trois RDV nocturnes à ne pas manquer cette semaine : James Murphy au Sucre, le Festival All Together et la deuxième 45°N x 4.85°E. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 3 juin 2014

08.06 Reality

Avec LCD Soundsystem James Murphy a, en trois albums d'une classe typiquement new-yorkaise et un concert d'adieu plus proche d'un enterrement de vie de garçon que d'une mise en bière, redonné un coup de lustre aux tunnels creusés de garages en clubs par ses compatriotes des Talking Heads. En solo, quand son éternel regard hébété ne sublime pas les productions d'autres pointures indé (comme le Reflektor d'Arcade Fire dernièrement), il est un DJ d'un redoutable bon goût. On a pu le constater à Nuits Sonores en 2012. On pourra le vérifier au Sucre ce dimanche.

08.06 F.A.T. Lyon 2014

La Holi a la cote en ce moment : deux semaines avant Les Invites, c'est au tour du Festival All Together – événement littéralement œcuménique, puisqu'il est le fait d'un mouvement interreligieux – de s'appuyer sur une bataille de pigments inspirée par cette tradition indienne. Celle-ci, qui se déroulera au Parc des Berges, aura en outre la particularité d'être rythmée par les DJs du jeune label Denise Records et de faire office de prélude à une charge de deux grands fauves échappés du collectif hip hop L'Animalerie : Anton Serra et Oster Lapwass. Tant que le souvenir de Sainte-Blandine ne leur coupe pas l'appétit...

09.06 45°N x 4.85°E

«Notre salle en location de haut standing est le lieu idéal pour l'organisation de vos événements professionnels et privés. Vous avez à votre disposition un espace de 1000 m² dont une magnifique terrasse de 400 m²». Sur le papier (glacé), Les Terrasses du Parc semblent plus propices à un showcase de Pierre Sarkozy qu'à une techno party. C'est pourtant cette musique de basse classe, passée pour l'occasion aux cribles de la milice CLFT et de Leome, entre autres activistes lyonnais invités à s'encanailler sur des coussins zébrés, qu'on y entendra le lundi de Pentecôte. On demande à voir.


Reality

James Murphy + Rocco
Le Sucre 49-50 quai Rambaud Lyon 2e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


F.A.T. 2014

Tour du monde + Holi + FAT apéro
Parc des Berges Rue Jonaz Salk Lyon 7e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


45°N x 4.85°E

CLFT Militia + Leome + Kaffee Creme + Folamour + guests
Les Terrasses du Parc Boulevard Stalingrad Lyon 6e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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15 concerts où emmener votre amant/e, votre petit cousin ou même votre maman

Sélection | Sortez vos agendas, montez le volume : voici 15 concerts où choper des acouphènes, siroter des mousses et accessoirement, parfaire votre culture musicale ; de la sono mondiale au hip-hop américain, en passant par l'underground finlandais, point de répit pour les esgourdes.

Gabriel Cnudde | Mardi 20 septembre 2016

15 concerts où emmener votre amant/e, votre petit cousin ou même votre maman

HD Been Dope À peine 20 ans, une dégaine d'adolescent et il est pourtant l'un des poids lourds de la scène hip-hop new-yorkaise. Lui, c'est HD Been Dope, adulé par la critique et par ses confrères depuis sa première mixtape, sortie à 16 ans seulement. Avec son flow calé sur des instrumentaux très 90's, le jeune MC veut aller chercher ce qui se faisait de meilleur pendant l'âge d'or du rap de la Big Apple. Pour le moderniser, le modeler à sa sauce et en faire de l'unique. Au Périscope le jeudi 22 septembre Ibrahima Cissokho Cet inépuisable Sénégalais chante en anglais, en wolof et en mandingue, comme pour transcender les frontières du monde. Influencé par les musiques traditionnelles sénégalaises aussi bien que par toutes les musiques qui ont un jour croisé sa route (jazz, salsa, rock), Ibrahima Cissokho livre à ses auditeurs une musique que l'on pourrait bien qualifier "d'autour du monde" tant ses prestations sont des invitations à l'ouverture. Au Périscope le jeudi

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L'Animalerie en cinq rugissants

MUSIQUES | Impossible de tirer le portrait de tous les MCs affiliés à L'Animalerie autrement que sur un poster format sucette Decaux : ils sont une petite quinzaine, pour autant de personnalités bien affirmées. Voici, en conséquence, ceux qui se taillent la part du lion.

Benjamin Mialot | Mardi 24 novembre 2015

L'Animalerie en cinq rugissants

Lucio Bukowski Le membre plus emblématique de ce crew qui n'en est pas un est aussi le plus prolifique – ceci expliquant sans doute cela. Depuis 2010, Lucio Bukowski a sorti pas moins de quatre albums et une petite vingtaine d'EPs, généralement en collaboration avec ses camarades (comme Anton Serra, sur le récent La Plume et le Brise-glace) ou des beatmakers aussi curieux que lui (notamment Kyo Itachi, sur l'encore plus récent Kiai sous la pluie noire). Leur dénominateur commun : un boom bap à la prose soutenue – on n'emprunte pas son nom au vieux dégueulasse par hasard – pleine d'amertume, de prises de position anar' et d'oxymores bien senties, qu'il déroule d'un phrasé limpide.

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Les soirées du 9 au 15 septembre

MUSIQUES | Trois RDV nocturnes à ne pas manquer : Ikonika à La Marquise, la première Ravesodie au Box Boys et N1L à l'Atelier Sumo.

Benjamin Mialot | Mercredi 9 septembre 2015

Les soirées du 9 au 15 septembre

11.09 Polaar Cette fois c'est la bonne : initialement annoncé pour la fin juin, le second volet de la déclinaison vinyle du Ritual de Flore sera disponible le 22 septembre. Et audible lors de la prochaine Polaar (à La Marquise), où la dame présentera également la nouvelle signature de son label, Hoodrat, jeune Lyonnais versé dans l'art rebondissant du Jersey club (du breakbeat à casquette snapback, en gros). Olive sur la pizza champignons-fromage, c'est la Londonienne Ikonika, égérie renfrognée de l'avant-garde bass music – grâce à son approche paradoxalement très candide de la mélodie – qui complète l'affiche.

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Les Authentiks reprennent du poil de la bête

MUSIQUES | Hors les murs depuis l'annulation de son édition 2013, le festival Les Authentiks retrouvera cet été le chemin du Théâtre antique de Vienne. Connaissant le (...)

Benjamin Mialot | Mercredi 24 juin 2015

Les Authentiks reprennent du poil de la bête

Hors les murs depuis l'annulation de son édition 2013, le festival Les Authentiks retrouvera cet été le chemin du Théâtre antique de Vienne. Connaissant le climat de morosité financière dans lequel baigne le secteur culturel ces temps-ci, cette résurrection est déjà un petit miracle en soi. Sa programmation, exclusivement dédiée au hip-hop, ce sabir des peuples périphériques, offre elle aussi quelques raisons de se réjouir. À commencer par la venue de Joeystarr, qui partagera le haut de l'affiche avec les beatmakers martiaux de Chinese Man, le temps d'une "Caribbean Dandee Block Party" en bonne compagnie (derrière les platines : Cut Killer et DJ Pone) qu'on nous promet caliente. C'est toutefois en bas de la carte que se nichent les propositions les plus excitantes, à savoir les frangins BigFlo & Oli, petits prodiges d'un rap salutairement déconneur, et la pair Anton Serra/Lucio Bukowski, la plus lettrée et loyale du collectif lyonnais L’Animalerie. Reste à savoir s'ils se produiront comme prévu avec Kacem Wapalek, qui a récemment réglé ses comptes en pub

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Lucio Bukowski et Anton Serra, tous crocs dehors

MUSIQUES | "Cocorico !", ou plutôt "roar !", l'un des meilleurs disques de rap de l'année est lyonnais. Lucio Bukowski et Anton Serra en sont les vindicatifs et lettrés auteurs. Et ils sont de sortie cette semaine au Marché Gare. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 19 mai 2015

Lucio Bukowski et Anton Serra, tous crocs dehors

C'est quoi être hip-hop en 2015 ? C'est quoi être hip-hop à l'heure où même ceux qui ont édicté les valeurs fondatrices (solidarité, respect et grosse marrade) de cette culture d'en bas devenue business d'en haut sont convaincus des pires bassesses libérales – en l'occurrence le pionnier du deejaying Grandmaster Flash, dont les anciens camarades du Furious Five viennent d'affirmer qu'il avait passé beaucoup plus de temps à faire fructifier son nom qu'à bosser sur leurs morceaux ? C'est faire comme Lucio Bukowski et Anton Serra, deux des bestiaux les plus affamés et vénérables du crew lyonnais L'Animalerie, sur leur egotrip commun La Plume et le brise-glace, produit par l'omniprésent Oster Lapwass et paru début avril. Les bons règlements de compte... C'est considérer ses punchlines non pas comme des actes isolés autour desquels broder des rodomontades anatomiques pourtant sans queue ni tête, mais comme les phonèmes d'un langage sans cesse réinventé, au service de véritables autofictions syllabiques – une personal favorite, parmi la bonne centaine que doit compter ce bazar ency

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Le Circuit Nuits Sonores 2015 en trois étapes

MUSIQUES | Trois étapes du Circuit Nuits Sonores à ne pas manquer : Warm Soda au Marché Gare, Blawan au Petit Salon et Somaticae au Sonic. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 12 mai 2015

Le Circuit Nuits Sonores 2015 en trois étapes

Étape 7 La musique à guitares n'ayant quasiment pas droit de cité dans la programmation "officielle" de Nuits Sonores cette année, c'est (notamment) du côté du Marché Gare qu'il faudra zoner pour se faire un fix d'électricité. Á l'affiche : le blues à seize chevaux-vapeur d'Harold Martinez, le post-punk du troisième type (et à effets secondaires) de I Love UFO et, surtout, le garage à moustaches et frisottis 70's de Warm Soda – emmené par l'ex Bare Wires Matthew Melton, proche du regretté Jay Reatard. Et Maria Rockmore, la plus rock'n'roll des selectas à chromosomes XX – aucun rapport avec le bon Jamie.

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L'électro à la fête

MUSIQUES | Bichonnée par la ville, promue par un nombre croissant d'associations, la musique électronique se taille une nouvelle fois la part de Lyon. Revue des troupes. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 17 juin 2014

L'électro à la fête

Dans la plupart des communes françaises, la Fête de la musique ressemble à l'idée qu'en donne PunkÀChier, trio parisien qui, quand il n'éructe pas «Fête de la musique de merde !» pendant quatre minutes, retravaille au cutter rouillé des chansons des Spice Girls et Mylène Farmer. Rien à voir avec Lyon donc, où l'événement est une vraie occasion de faire le point sur les musiciens qui, demain, peut-être, écriront des morceaux à la gloire de Lyon pour faire croire qu'ils n'ont pas oublié d'où ils viennent, et sur ceux qui, en attendant, les aide à se faire un nom épelable au-delà de ses collines. Dans le microcosme de la musique électronique, ces deux catégories de personne ont tendance à se confondre. Ainsi, par exemple, du Haste Crew, qui se produira sur la scène programmée par Basse Résolution place Jean Jaurès (on y verra aussi l'intrépide CLFT Militia et Leome), avant de rendre la p

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Inouïs du Printemps de Bourges : le compte-à-rebours en vidéo

MUSIQUES | Jusqu'à la veille des Auditions Inouïs du Printemps de Bourges sises les 13 et 14 février au Marché Gare, découvrez chaque jour l'un des candidats de l'antenne Rhône-Alpes Tagada Tsoin Tsoin. Et en avant-première les vidéos live réalisées tout exprès pour l'occasion par les shooteurs fous de Shoot !t. Huitième et dernier épisode avec la Hip-pop de Joe Bel. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Vendredi 7 février 2014

Inouïs du Printemps de Bourges : le compte-à-rebours en vidéo

Joe Bel (pop) S'il y a une artiste qui mérite le qualificatif de « découverte » sur, disons, l'année et demie écoulée, c'est bien Joe Bel. En l'espace d'une grosse poignée de mois, la jeune femme est passée de concerts en petit comité et en mode guitare-voix à des premières parties inespérées à ce stade de la compétition (Corneille, Ms Dynamite au Stade des Alpes, Ólafur Arnalds à l'Epicerie Moderne), incluant une tournée en ouverture d'Asaf Avidan conclue à l'Olympia (rien que ça). Des concerts qui se comptent par dizaines et presque autant de sollicitations médiatiques pour cette folkeuse pop à la voix soul et au feeling hip-hop. Un album arrivera très bientôt pour non pas boucler la boucle mais pour franchir une nouvelle étape, après celle d'une formule scénique qui la voit désormais se produire en groupe et, pour la première fois, dans le cadre des Inouïs, avec une batterie chargée de rajouter – s'il en fallait – encore un peu plus d'épaisseur au groove irrésistible de demoiselle Bel. Au Marché Gare, vendredi 14 février.

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C'est dans les boîtes !

MUSIQUES | Il paraît que si le Père Noël faisait vraiment le tour du globe aussi rapidement qu'on le laisse entendre aux enfants, il se désintègrerait. Si vous prenez part à l'un des réveillons électroniques ci-dessous, il risque de vous arriver la même chose. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Vendredi 13 décembre 2013

C'est dans les boîtes !

Chaque année à cette période, c'est la même désillusion : pas grand chose à se mettre sous la semelle le soir du 31 pour l'amateur de clubbing un peu exigeant. Entre les soirées portes closes (Le Sucre, le Club Transbo et toutes les autres salles dont la transe collective n'est pas le seul fonds de commerce se plient à la trêve des confiseurs), les privatisations (le Platinium a été prêté aux petits glandeurs du programme Erasmus), les rendez-vous anti-datés (voir en page 15) et l'hégémonie des fêtes à thème (dans le genre, celle du Kao, d'inspiration brésilienne, devrait à nouveau être la moins guindée et la moins snob), le seul réveillon qui semble à portée est celui, chocolaté et emballé dans du papier doré, que l'on vend au kilo dans les dépôts interlopes du sixième arrondissement. Heureusement, trois clubs veillent au grain. C'est qui qui ? C'est Kiko D'abord le Distrikt XII. Le petit dernier des nombreux lieux de vie nocturne inaugurés la saison passée recevra Kiko, pionnier grenoblois qui, depuis ses débuts en tant qu'importateur de house à l'aube des années 90 (en duo avec Oxia, sous le nom de Phunky Data) à sa métamorphose en épigraphe de l'italo-disco

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Orgie de sucre

MUSIQUES | Avec ses installations audio dernier cri, sa terrasse panoramique et ses ambitions next-gen, le Sucre s'est imposé en l'espace d'un demi-mois comme un incontournable de la vie nocturne lyonnaise. Une tendance que le reste de sa programmation estivale devrait confirmer. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Vendredi 12 juillet 2013

Orgie de sucre

Ça ne pouvait pas ne pas marcher. Un club perché au sommet d'une friche industrielle devenue un haut lieu de l'art contemporain, cautionné par un all-star cast de DJs (Agoria, Laurent Garnier), d'entrepreneurs (Bruno Bonnell) et de médias (Libération y a organisé une sauterie pour son 10 000e numéro) et géré par l'équipe de Nuits Sonores... Non vraiment, quand bien même le quartier environnant est encore embryonnaire – la Confluence, désertée avec fracas par le cuistot étoilé Nicolas Le Bec et le galeriste Olivier Houg – ça ne pouvait pas ne pas marcher. Nulle surprise donc à ce que Le Sucre, par ailleurs caractérisé par une jauge respirable (800 places, alors que l'endroit peut théoriquement en accueillir le double) et un confort d'écoute sans équivalent de ce côté-ci du Rhin (le son est limpide, idéalement spatialisé et supportable), affiche depuis son ouverture fin juin un taux de remplissage limite indécent. Signes avant-coureurs de diabète On ne saurait donc trop vous conseiller de réserver au plus tôt vos places pour les nombreux rendez-vous électroniques de qualité qu'hébergera le lieu tout au long de l'été. En tête ceux des 19 et 26 juillet, qui verront

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Insomniaque - Semaine du 10 au 16 avril

MUSIQUES | 12.04 Carte blanche à Anton SerraAprès celui de Lucio Bukowski, c'est au tour du premier album d'Anton Serra de certifier la bonne santé de L'Animalerie, (...)

Benjamin Mialot | Vendredi 5 avril 2013

Insomniaque - Semaine du 10 au 16 avril

12.04 Carte blanche à Anton SerraAprès celui de Lucio Bukowski, c'est au tour du premier album d'Anton Serra de certifier la bonne santé de L'Animalerie, collectif rapologique multicéphale que nous n'avons de cesse de brosser dans le sens du poil (soyeux le poil). Il en fêtera la parution au Marché Gare, en compagnie de ses acolytes à crinière bien sûr (et de La Microfaune, autre chouette bande de kickeurs lyonnais), le temps d'une carte blanche qui, connaissant la sympathie et la vitalité de tout ce petit monde, devrait rapidement virer à la teuf entre potes.   12.04 Club 69Prenez un magazine culturel de qualité (Snatch) et un organisateur de neverending parties au goût sûr (Mercredi Production). Enfermez-les dans une salle de réunion sans fenêtre, laissez-les tempêter du c

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Quand la ville gronde

MUSIQUES | Ne jamais employer l'expression "envoyer du gros". C'est l'une des règles élémentaires du journalisme musical. Comme toutes les règles, elle a son exception : on peut y recourir pour parler de bass music, cette frange souterraine et tonitruante des cultures électroniques, et des événements qui la promeuvent, à l'image de l'impeccable Rumble Festival. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Vendredi 1 mars 2013

Quand la ville gronde

La scène se déroule au printemps 2003, à Clermont-Ferrand. Ce soir-là, la Coopérative de Mai accueille Fred Avril, compositeur de musiques de film dont la carrière pop fut aussi honnête qu'éphémère. Sa prestation, elle, n'a rien d'extraordinaire et le public le fait savoir en éclusant bruyamment ses bières. Soudain, il se saisit d'un potard géant et le tourne d'un cran. Un monstrueux bourdonnement s'échappe des enceintes. Silence dans la salle. Les vêtements se décollent des peaux comme des masques peel off. Il le tourne d'un cran supplémentaire. Les cages thoraciques résonnent au point qu'on ne s'entend plus battre du cœur. Encore un cran. La situation devient limite supportable. Avril reprend son set. Soulagement et déception dans l'assistance, encore saisie de cette impression unique d'être à la fois en pleine conscience de soi et sur le point d'exploser tel un œuf dans un micro-ondes. Impression qu'une seule musique nous aura fait éprouver depuis : la bass music. Marée de basses Autant dire que nous n'étions pas les derniers à nous réjouir lorsque, en 2011, est né le Rumble Festival, événement tout entier consacré à cette appellation d'ori

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Avenirs d'un pas grand-chose

MUSIQUES | Des rappeurs qui peuvent improviser deux-trois tacles rigolos et un ou deux clins d'œil pas trop appuyés, on en connait des tonnes. Des rappeurs qui (...)

Benjamin Mialot | Jeudi 10 janvier 2013

Avenirs d'un pas grand-chose

Des rappeurs qui peuvent improviser deux-trois tacles rigolos et un ou deux clins d'œil pas trop appuyés, on en connait des tonnes. Des rappeurs qui peuvent bâtir un vrai morceau, sensé et percutant, à partir d'une cinquantaine de mots proposés par des internautes chafouins (pléonasme), on n'en connait qu'un seul : le Lyonnais Lucio Bukowski qui, l'automne passé, a trouvé le moyen de trousser trois killer tracks de poche avec des termes aussi disparates et piégeux que «jurassique», «Apollinaire», «hémophile», «palimpseste», «Fonzie» ou «démocratie» - et la complicité, notamment, du producteur stakhanoviste Oster Lapwass. Sans signature, son premier album, autoproduit et fraîchement sorti des presses de l'Animalerie, collectif aussi connecté que débrouillard sous la bannière féline duquel il foulera cette semaine la scène du Marché Gare, est à l'avenant : lettré et référencé sans jamais virer à la pignole (exemple : «Il est ton seul pays natal, en voici la comptine / Un texte à pH neutre, comme ton gel intime / Si j'étais Courbet, j'en aurais fait des fresques / Car ses mystères sont impénétrables ou pres

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En quatre lettres, y a pas mieux

MUSIQUES | Depuis 1991, l’hôpital psychiatrique de Buenos Aires possède sa propre radio, La Colifata. Elle émet une fois par semaine, fonctionne sur le mode de l'open mic, mais ne peut être captée qu'à quelques centaines de mètres à la ronde. Pas grave. Car nous, depuis 2011, nous avons CLFT, une entreprise technophile follement ambitieuse et dont les ondes se jouent des frontières avec la prestesse d'un nuage radioactif. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Jeudi 20 septembre 2012

En quatre lettres, y a pas mieux

Dans l'imaginaire collectif, un journaliste a sous les yeux des bagages surtaxés et dans le sang assez de caféine pour rendre famélique Manuel Uribe (590 kg, record du monde), vit retranché dans une chambre de bonne et n'en sort que pour côtoyer des êtres d'exception (ou pour se faire séquestrer dans une cave par le mec sur lequel il se renseigne, merci Stieg Larsson). Et bien tout ça, en vérité nous vous le disons, c'est du gros bullshit. En tout cas en ce qui concerne la supposée puissance dialectique de nos interlocuteurs. La plupart des acteurs du milieu musical, par exemple, n'ont pas grand-chose à raconter, si ce n'est quelques banalités relatives à leur soi-disant ouverture d'esprit et à leur prétendue volonté de ne pas se répéter. Bien sûr, il y a des exceptions. JNPLSRC et MARCALB, les fondateurs de l'association CLFT, dont l'objet est l'élargissement du cercle d'écoute de la techno, en sont deux belles. On a même du les interviewer deux fois pour être sûrs de bien cerner leurs aspirations et leur éthique. En avoir (du chien) ou pas Cela ne tient pas (uniquement) au fait que la première session s'est déroulée autour d'une bonn

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Les Hommes Dés

MUSIQUES | Dans L'Homme Dé, roman culte de Luke Rhinehart – à la fois pseudonyme de l'auteur, George Cockroft, en même temps que le nom du personnage –, un (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 7 septembre 2012

Les Hommes Dés

Dans L'Homme Dé, roman culte de Luke Rhinehart – à la fois pseudonyme de l'auteur, George Cockroft, en même temps que le nom du personnage –, un psychanalyste décide de jouer son destin et, par là, chacune de ses décisions aux dés. S'affranchissant ainsi de son libre arbitre et s'ouvrant un monde de possibilités qui le conduiront dans l'abîme. En dépit du titre de son nouvel album, Mr Impossible, quelque peu antinomique avec ce qui vient d'être dit, on pourrait faire un rapprochement entre ce roman et le trio Black Dice : un groupe de Brooklyn, formé à Rhode Island, qui aurait choisi de confier son esthétique musicale a un dé qui n'aurait qu'un côté ou, ce qui revient au même, un dé dont toutes les faces seraient non seulement noires mais tomberaient toujours du côté le plus noise de la force. Le moins que l'on puisse dire, c'est que la formation d'Eric Copeland se paie de peu de notes mais en fait un terrible usage, poussant chacune d'elle au maximum de ses possibilités jusqu'à la pousser là aussi vers un abîme de torsion et de distorsion, un abîme musical d'exp

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La grande bouffe

MUSIQUES | On savait le label Gourmet Recordingz du genre à ne rien faire comme les autres. Par exemple, naître en plein acmé de la crise du disque pour servir (...)

Benjamin Mialot | Vendredi 1 juin 2012

La grande bouffe

On savait le label Gourmet Recordingz du genre à ne rien faire comme les autres. Par exemple, naître en plein acmé de la crise du disque pour servir d'arrière-cuisine autoproductive à un groupe d'electro hip-hop savoureusement bouffon (Les Gourmets, of course) avant de, à peine un an plus tard, débuter l’élaboration de l'un de ces pieux et panachés catalogues dont la frange indépendante de l'industrie est féconde (on avoue un faible pour le chiptuner 2080 et pour les folkeuses barely legal de Jüne). On le savait du genre à ne rien faire comme les autres, mais à ce point... C'est vrai quoi, vous en connaissez beaucoup vous, des structures qui fêtent leurs sept ans en organisant une soirée toute entière dédiée à leurs compagnons de galère ? Avouez qu'il y a là de quoi réveiller Pierre Bourdieu et lui inspirer un addendum à La Distinction. Critique sociale du jugement. Surtout de quoi le réveiller en fait, ladite soirée affichant une programmation très Future sound of Lyon, pour reprendre le nom de l'une des scènes les plus excitantes de la dernière édition de Nuits sonores. Le Blogg, spacieux caf'conc' inauguré l'hiver dernier,

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Nuits sonores 2012 – Mercredi 16 mai - Report

MUSIQUES | Sept lieux, six sessions de 9h de live, trois concerts spéciaux. Il fallait bien ça pour fêter les dix ans de Nuits sonores, fleuron européen de la musique électronique (et plus si affinités). Compte-rendu du jour 1. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Jeudi 17 mai 2012

Nuits sonores 2012 – Mercredi 16 mai - Report

D'ordinaire, au réveil, les deux premiers mots qui se forment dans notre tête sont «pipi» et «Nutella». Ce matin, lendemain de Nuits sonores oblige, ils ont laissé la place à «wow» et «putain». Comme dans «wow putain ce bourdonnement, j'ai l'impression d'avoir servi de diapason à une chorale de géants». Considérant la façon dont un Dj s'adapte aux convulsions de son audience et le nombre de pointures des platines composant l'affiche de cette dixième édition du festival, la comparaison n'est pas anodine. Putain d'usine ?   Et elle n'est, contrairement à ce que l'on craignait, pas corrélée à la sonorisation des lieux. Oh bien sûr, les anciennes usines Brossette, bien qu'en bonne place pour décrocher le titre d'espace le plus impressionnant jamais investi par Nuits sonores, ne se prêtent pas tellement, réverbération métallique oblige, à des prestations un tant soit peu orchestrales. Ce n'est d

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