Insomniaque - Soirées du 1er au 7 octobre

MUSIQUES | Trois RDV nocturnes à ne pas manquer : Lone au Kao, Ellen Allien au Bellona et Ben Klock au Sucre. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 30 septembre 2014

03.10 Maison Fraîche

Si vous allez à San Francisco, n'oubliez pas d'agrémenter votre tignasse de quelques fleurs, disait la chanson. C'est aussi vrai pour Manchester depuis 2012 (et ce le sera pour le Kao ce vendredi), année de parution du Galaxy Garden de Lone, chef-d'œuvre de house luxuriante à la 808 State qui aurait fait un carton en 1967. Même si son successeur, le tout aussi rétro-novateur Reality Testing, est une véritable descente d'extase en direction de ses racines hip hop – son dernier effort dans ce registre, daté de 2009 et influencé par J Dilla, s'intitulait d'ailleurs Ecstasy & Friends.

 

 

04.10 L'Amour – Nuit

Dans un monde idéal, Ellen Allien, forte de la sortie l'an passé du superbe LIsm – une longue plage d'ambient narrative composée au sortir d'une collaboration avec les chorégraphes Alexandre Roccoli et Séverine Rième – se serait produite à la Biennale de la danse. En attendant que Dominique Hervieu cède à nos arguments, c'est sur le tout nouveau tout beau Bellona que la polymorphe (pop, minimale, house, elle fait depuis deux décennies feu de tout bois composite) fondatrice de BPitch Control embarquera cette semaine. Libre à vous d'inventer le ballet susceptible d'illustrer son set.

 

 

05.10 We Are Reality

A l'automne 2009, la presse s'émerveillait de la constance du sourire de Barack Obama, suite à la publication d'une série de 135 photos le montrant aussi invariablement radieux qu'une statue de Madame Tussauds. Ben Klock fait plus fort, arborant la même neutralité calculatrice depuis maintenant plus de quinze ans. Sur sa musique non plus le temps n'a aucune prise : aussi inflexible et intimidante que le Berghain berlinois, dont il est l'un des piliers depuis son ouverture voilà dix ans, sa techno est même, paradoxalement, l'une des plus extraordinaires de l'époque. Énième démonstration cette semaine au Sucre.


We Are Reality

Ben Klock + Etapp Kyle
Le Sucre 49-50 quai Rambaud Lyon 2e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


L'amour-nuit

Ellen Allien + Hervé AK
Bateau Bellona Rive droite du Rhône / Pont Pasteur Lyon 2e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Maison Fraîche 30 : Lone + Trevino + Kaffe Creme

Le Kao Ninkasi Gerland, 267 rue Mérieux Lyon 7e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Lone Sloane, le retour

Bande Dessinée | Encore une nouvelle série culte de la bande dessinée qui est reprise et poursuivie par une nouvelle équipe, et pas des moindres puisqu'il s'agit de la (...)

Sébastien Broquet | Mardi 10 mars 2020

Lone Sloane, le retour

Encore une nouvelle série culte de la bande dessinée qui est reprise et poursuivie par une nouvelle équipe, et pas des moindres puisqu'il s'agit de la mythique Lone Sloane initiée dans les sixties par l'allumé Philippe Druillet, époque Métal Hurlant. C'est Dimitri Avramoglou qui s'est attelé au dessin de ce nouveau tome tout juste paru, fidèle à l'esprit originel de cette œuvre de science-fiction façon space opéra chaotique, dans ce Babel (chez Glénat) au trait tout aussi précis, foisonnant et fourmillant de détails et cassant tous les codes habituels — les cases, quelles cases ? C'est une réussite, adoubée par le créateur lui-même, contée au scénario par Xavier Cazaux-Zago. Dimitri Avramoglou sera présent à la librairie Expérience le vendredi 13 mars à 15h pour dédicacer cet ouvrage foisonnant qui ravira nostalgiques comme nouveaux convertis à la SF.

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Insomniaque

Clubbing | Trois plans pour vos nuits blanches.

Sébastien Broquet | Mardi 13 décembre 2016

Insomniaque

16>12>16 TRANSBORDEUR DUB ECHO Carte blanche aux soirées genevoises Dubquake, qui fêtent dix années d'activisme en conviant au Transbo le légendaire sound de Birmingham, King Earthquake, fondé par Errol Arawak en 1977, ardent défenseur du roots & culture. Aussi présents : High Rockers et évidemment, OBF, résidents mais aussi et surtout le meilleur sound européen du moment. Au micro ? Shanti D, Charlie P et Sir Winston. Que du lourd pour amateurs de sound-system. Massif. 17>12>16 LA PLATEFORME DURE VIE Le collectif parisien Dure Vie s'associe aux lyonnais de Koud'Pokr pour une nuit qui s'annonce assez intriguante et passionnante : car le guest principal est Dez Andrès, venu de Détroit et officiant sur Mahogani Music, où sont aussi actifs rien moins que Moodyman, Kenny Dixon Jr et le génial Amp Fiddler... L'on peut s'attendre à une belle rasade de soulfull house, joliment encadrée par LB aka Labat, Fouk et Akil. Douce vie. 17>12>16 BELLONA ELLEN ALLIEN

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"The Neon Demon" : l'objet du désir

Critique | Retour en grâce pour NRW — c’est ainsi qu’il sigle son nom au générique — avec un conte initiatique : celui d’une gamine partant à la conquête du monde de la mode. Le récit d’une ambition dévorante et dévorée, à la superbe… superbe.

Vincent Raymond | Mardi 7 juin 2016

Comme une promesse, ou une métaphore de cette foire aux vanités qu’est l’industrie de la mode, la première séquence de The Neon Demon offre un condensé glaçant de sang, de flashes et de voyeurisme. Mais on aurait tort de se fier à ce que l’on a sous les yeux : derrière la splendeur et la perfection sans défaut de l’image ; derrière les surfaces lisses et les miroirs, tout est factice. La beauté pure n’existe pas, et lorsqu’elle surgit sous les traits de Jesse, elle est perçue comme une anomalie, une monstruosité dans cet empire des apparences et de l’illusion. Un élément discordant qui va se corrompre en pervertissant son entourage — la pomme cause-t-elle le ver, ou bien le ver détruit-il la pomme ; toujours est-il que la réunion des deux gâte l’ensemble. Talent haut Aux antipodes de la superficialité clinquante de l’ère des supermodels, et de sa foule de mondains papillonnant dans la lumière,

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Les soirées du 4 au 10 novembre

MUSIQUES | 06.10 The Cosmic Adventure Steffi était l'une des grandes absentes du dixième anniversaire du label Ostgut Ton. Aujourd'hui, on comprend mieux (...)

Benjamin Mialot | Mardi 3 novembre 2015

Les soirées du 4 au 10 novembre

06.10 The Cosmic Adventure Steffi était l'une des grandes absentes du dixième anniversaire du label Ostgut Ton. Aujourd'hui, on comprend mieux pourquoi : elle était perdue dans l'espace, en route pour la prochaine bamboche en apesanteur du local hero à poils longs Kosme au Sucre. La plus émotive et funky des résidents du Panorama Bar, l'étage house du Berghain – statut qui ne l'empêche pas de sacrifier, en grande professionnelle, aux traditions maison : feeling analogique, fausse simplicité d'exécution et tirage de gueule de six pieds de long – a depuis retrouvé son chemin. Vous reprendrez bien une part de gâteau ?

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Pourquoi la Suède ignore-t-elle Jay-Jay Johanson ?

MUSIQUES | Avant le concert du Suédois au Transbordeur, on pose cette question capitale.

Stéphane Duchêne | Mercredi 7 octobre 2015

Pourquoi la Suède ignore-t-elle Jay-Jay Johanson ?

The Hives ; Loney, Dear ; I'm from Barcelona ; Jose Gonzales ; The Knife ; Peter Björn and John ; The Tallest Man on Earth ; Peter Von Poehl ; Frida Hÿvonen ; The International Noise Conspiracy... Même en ne s'en tenant qu'aux artistes déjà cités dans ce journal (on en oublie sûrement et on vous épargne les mastodontes passés et présents toutes disciplines confondues – ABBA, Roxette, Ace of Base, Don et Neneh Cherry, Robyn, EST...), les Suédois sont aussi présents dans nos oreilles que les Anglo-Saxons. D'ailleurs c'est simple, la Suède est le troisième exportateur de musique au monde. Et c'est à Stockholm que l'on compte le plus de studios d'enregistrement par habitant, abritant une armée de faiseurs de tubes pop que les plus grandes stars US s'arrachent pour transformer une mélodie en son de tiroir-caisse. Sauf qu'à vivre et produire dans un pays d'exportation, on en vient à n'être pas soi-même importé. Tel un Patrick Devedjian victime collatérale de l'« ouverture » sarkozyste, Jay-Jay Johanson, qui connut ses premiers succès en France (au point d'y vivre un temps, à Strasbourg, et de constater qu'on ne s'y ennuyait pas assez pour écrire) et a toujours enre

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Ostgut Ton, 10 ans de purisme techno

MUSIQUES | Mi-août, Ostgut Ton fêtait ses dix ans à domicile. Cette semaine, c'est au Transbordeur et au Sucre que la (panzer) division discographique du célèbre Berghain poursuit les hostilités. Petites natures s'abstenir.

Benjamin Mialot | Mardi 15 septembre 2015

Ostgut Ton, 10 ans de purisme techno

«Don't forget 2 go home !» N'oubliez pas de rentrer à la maison. Dans la file d'attente grillagée qui mène au Berghain, couloir de la (petite) mort à l'entrée duquel mieux vaut abandonner tout espoir – de passer le contrôle au faciès de Sven Marquardt, l'iconique et impénétrable physionomiste qui sépare le bon grain électromane de l'ivraie party animalière à l'autre extrémité –, voilà le seul conseil qui vaille. Tagué sur un bout de mur du temple berlinois de la culture électronique, il en est même devenu le slogan officieux. Et pour cause : réincarnation de l'Ostgut, haut lieu de la culture queer dont les agents actifs de la gentrification firent table rase début 2003, cette ancienne centrale de l'est convertie un an plus tard en club (techno au Berghain à proprement parler, house au Panorama Bar à l'étage, musique contemporaine à la Kantine, installée dans une aile) / spot de parachutisme (vous voyez très bien de quoi on parle) / boîte à cul (gay au Berghain, hétéro au Panorama) a fait de la désorientation sa marque de fabrique. Pénombre quasi-permanente, sets-marathons (du jeudi soir au l

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Nuits sonores - Pour quelques conseils de plus

MUSIQUES | Si les Anglais se taillent la part du lion, il faudra aussi compter avec ces dix-là pendant le festival. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mercredi 13 mai 2015

Nuits sonores - Pour quelques conseils de plus

Nils Frahm / Mehmet Aslan Pianiste de formation, Nils Frahm produit depuis dix ans une musique aux confins de l'ambient et de l'impressionnisme, où la contrainte (genre jouer sans le pouce ou avec un instrument étouffé) est toujours source d'élévation. Pour le dire clairement, c'est lui qu'on aurait aimé voir à l'Opéra. Nuit 1 - Halle 1 Á l'Ancien marché de gros, mercredi 13 mai à 22h30 Né en Suisse, d'origine turque et basé à Berlin, Mehmet Aslan revisite le patrimoine musical anatolien à travers le prisme des rythmes électroniques.Et le résultat est aussi cocasse qu'ob

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Nuits Sonores 2015 - La programmation de jour

MUSIQUES | La première moitié du programme de Nuits Sonores 2015 est tombée, entraînant dans sa chute son lot d'impatiences et de surprises. Brace yourselves, habitants de la Confluence, spring is coming. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mercredi 14 janvier 2015

Nuits Sonores 2015 - La programmation de jour

Si Wagner fait naître chez certains des sentiments belliqueux à l'encontre de la Pologne, la prochaine édition de Nuits Sonores, elle, devrait vous donner envie de passer l'été au pays de Copernic. Car c'est Varsovie, capitale qui s'impose depuis quelques années comme l'une des cool du Vieux continent, qui sera à l'honneur de la traditionnelle carte blanche. L'occasion de découvrir tout un contingent de producteurs et groupes aux noms pour le moment nimbés de mystère : Xenony, Piotr Kurek (accompagné par le collecteur analogique Étienne Jaumet), Black Coffee, Alte Zachen ou encore Polonezy Fanfare.Nonobstant cette escale, Nuits Sonores (et ses événements connexes bien sûr, du participatif Extra! au réflexif Lab) restera fermement ancré à la Confluence, selon le même découpage que l'an passé : le détachement polonais à la Maison de la Confluence, les soirées éponymes à l'ancien Marché de gros et les Days à la Sucrière. Tiercé gagnant Premier dévoilé, le contenu de ces derniers, aux inévitables et néanmoins agréables relents de Sucre (à l'instar de la

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5 soirées à suivre

MUSIQUES | Chaque semaine à Lyon, on dénombre plus de soirées électro que d'occurrences du mot fuck dans une minute du Loup de Wall Street (soit pas moins de neuf). Histoire d'y voir plus clair, voici les habitués de notre rubrique Insomniaque qui affichent les line-ups de rentrée les plus excitants. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 23 septembre 2014

5 soirées à suivre

We Are Reality A l'heure où des scientifiques étudient sérieusement la possibilité que notre réalité ne soit qu'une simulation informatique, le Sucre s'impose avec ce rendez-vous bi-mensuel comme l'endroit où garder les pieds sur terre. Difficile en effet de faire plus concret que la techno promue par We Are Reality, dont le casting a cet automne, entre les retours du maestro Carl Craig (19 octobre, avec le cogneur britannique Boddika) et des figures de proue du Berghain (Ben Klock le 5 octobre, Marcel Dettman le 2 novembre), des airs de who's who. A ne pas manquer également, un détour house par la case Innervisions avec ses fondateurs, Dixon

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Les corps impatients

SCENES | Le chorégraphe Thomas Guerry et le percussionniste Camille Rocailleux, fondateurs de la compagnie lyonnaise Arcosm, imaginent et défendent aux quatre coins du monde des spectacles inclassables, où la fantaisie le dispute à la prouesse. A l'occasion de leur nouvelle création ("Bounce!", au Théâtre de Vénissieux), rencontre avec ces deux grands enfants à la complicité féconde. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mercredi 4 décembre 2013

Les corps impatients

Vous vous êtes rencontrés au CNSMD il y a une quinzaine d’années. Qu’est-ce qui vous a attiré l’un vers l’autre ? Thomas Guerry : C’est le langage qui nous a rapprochés. Camille utilisait son corps comme instrument, ma danse était très musicale, on se comprenait sans se parler. Au sortir du Conservatoire, frustrés du manque de passerelles qu’il y avait là-bas entre la musique et la danse, on a partagé un atelier le temps d’un été, sans autre volonté que d’échanger. A l’issue de cette session, on a présenté quelques rendus dans un festival et c’est André Curmi, directeur de la Scène Nationale d’Angoulême, qui nous a mis au défi de monter un spectacle à partir de cette matière. L’été suivant, nous avons créé Echoa. Camille Rocailleux : Il n’y avait aucun plan de carrière au départ. Nous étions portés par un sursaut d’énergie lié au terme de notre cursus et voulions simplement voir comment nos univers pouvaient s'imbriquer.

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Tarantino et les glorieux inconnus du cinéma

ECRANS | Au sein de sa pléthorique programmation, et grâce à l’implication de son Prix Lumière Quentin Tarantino, le festival Lumière fait la part belle aux redécouvertes. Cinéastes, acteurs et même chefs opérateurs, voici quelques-uns de ces soldats méconnus du septième art qui auront droit à leur part de Lumière… Christophe Chabert

Christophe Chabert | Jeudi 10 octobre 2013

Tarantino et les glorieux inconnus du cinéma

En se choisissant comme Prix Lumière 2013 Quentin Tarantino, le festival du même nom a ouvert la boîte de Pandore. Non seulement Tarantino sera honoré, fêté, célébré, acclamé, non seulement l’intégralité de son œuvre sera présentée au public — dans des copies 35 mm, exigence non négociable du cinéaste lui-même — mais, en plus, il est allé fouiller le coffre à trésors de son château sur Hollywood Hills pour en ramener quelques films oubliés, réunis dans ce que le festival a nommé «un voyage personnel de Quentin Tarantino à travers le cinéma». La cinéphilie du réalisateur de Pulp fiction est du genre éclectique, mais il a ce goût de la perle rare et de l’œuvre que personne d’autre que lui ne connaît. Ce plaisir-là transparaît dans ses films, qui accumulent les références et les citations, faisant réapparaître à la surface le souvenir d’un petit maître laissé pour compte par les historiens du cinéma ou, plus fort encore, d’un acteur depuis longtemps relégué au second, troisième ou dernier plan, et qu’il remet au centre de l’écran. Qui connaissait vraiment Michael Parks avant que Tar

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Lone Ranger

ECRANS | Curieux cocktail du duo Verbinski / Depp, entre hommage sincère et pastiche façon Pirates des caraïbes, qui tente de retrouver l’esprit des westerns de série en le mâtinant de réflexion politique sur l’origine de l’Amérique. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 7 août 2013

Lone Ranger

Un gamin américain joufflu déguisé en cowboy fausse compagnie au cours d’une fête foraine à ses parents et va s’aventurer sous une tente qui célèbre l’histoire de l’Ouest américain. Dans cette attraction désuète à base de statues de cire façon musée Grévin, le gosse s’arrête devant la reproduction folklorique d’un campement avec un vieil Indien figé et fripé trônant en son centre. Soudain, ses yeux se mettent à bouger ; la statue était en fait un véritable indien, mais ce petit tour de passe-passe pose aussi le vrai propos politique de Lone Ranger. Ce n’est pas seulement ce qui reste d’une culture qui se retrouve dans cette scénographie tristement folklorique, mais aussi ses derniers descendants, contraints de rejouer muets et immobiles le rôle que les pionniers ont fini par leur donner, des sauvages pittoresques rétifs aux avancées de la civilisation capitaliste. De la part de Gore Verbinski et de Johnny Depp (qui, sous la couche de maquillage, incarne l’Indien Tonto), une telle ambition peut surprendre. C’est même un sacré pied de nez aux Pirates des Caraïbes, franchise née d’une attraction populaire des parcs Disney. Verbinski et Depp avaient déjà tâ

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Nuits Sonores 2013 - Jour 3

MUSIQUES | L'événement de cette troisième journée de Nuits Sonores était la tenue de la toute première Boiler Room (des DJ sets pour happy few retransmis sur le web) lyonnaise. Nous n'y étions pas. Tant mieux, sans quoi nous serions passés à côté d'un paquet de prestations mémorables. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Samedi 11 mai 2013

Nuits Sonores 2013 - Jour 3

Le troisième NS Days était placé sous le signe de la cérébralité, voire de la prise de tête. Le quatrième, lui, aura fait la part belle au corps et à sa mise en pièces méthodique. A coups de kicks plus compacts que les marteaux maniés par Kaori dans le manga City Hunter (Nicky Larson en version franchouillarde) sous la verrière, où les puristes techno Shifted, DVS1, Planetary Assault Systems et Ben Klock ont rivalisé d'implacabilité – surprise, à ce petit jeu, ce n'est pas le patron du label Klockworks, dont le set avait l'an passé failli démolir l'Hôtel-Dieu avant l'heure, qui s'en est le mieux tiré, mais l'Anglais qui a ouvert le bal. A coups de riffs abrasifs du côté du hangar, qui aura notamment vu se succéder Girls Against Boys, le temps d'un concert qui, à défaut d'être à la hauteur de la réputation de ces figures du post-hardcore, a surclassé en tension celles de bon nombre de petites frappes bruitistes, et le duo synth punk australien Civil Civic – qui, joie, n'a rien pe

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Du plomb dans la tête

ECRANS | Quelques semaines après son ex-rival et nouveau pote expendable Schwarzenegger, c’est au tour de Stallone de se lancer dans la course au meilleur senior (...)

Christophe Chabert | Lundi 18 février 2013

Du plomb dans la tête

Quelques semaines après son ex-rival et nouveau pote expendable Schwarzenegger, c’est au tour de Stallone de se lancer dans la course au meilleur senior du cinéma d’action. Différence notable : là où Schwarzy recrutait un Sud-coréen hype derrière la caméra de son moyen Dernier rempart, Stallone, cohérent avec son envie de faire revivre la série B mal embouchée des années 80, a fait appel au vétéran Walter Hill pour cette adaptation d’un roman graphique français. Saine initiative : Du plomb dans la tête s’impose assez vite comme un concentré nostalgique du genre, sec, violent, plein d’humour noir mais jamais parodique, bien raconté et habilement mis en scène. Stallone y campe un tueur à l’ancienne qui n’est pas prêt à se coucher devant la loi, la morale et l’époque, même quand celles-ci sont incarnées par un flic incorruptible au milieu d’une police gangrenée par l’argent sale et les magouilles en tout genre. C’est l’alliance temporaire entre le vieux grincheux, brutal, taiseux, allergique à la technologie et le jeune loup idéaliste, naïf, scotché à son smartphone qui donne au film son échine de buddy movie et qui permet à Stallone de

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Margaret

ECRANS | Kenneth Lonergan Fox Pathé Europa

Christophe Chabert | Mardi 29 janvier 2013

Margaret

On aurait aimé vous recommander la sortie en DVD de Margaret. Vraiment. D’abord parce que c’est un grand film, d’une ambition peu commune dans le cinéma américain ; ensuite parce que sa sortie salles a été littéralement sabotée, réduite à une exposition "technique" sur une poignée d’écrans en plein été et en VF. Sans parler du fait que cette version-là n’était pas celle voulue par Kenneth Lonergan, et qu’il s’est battu contre ce remontage durant huit longues années, donnant à Margaret le statut peu enviable de film maudit. Or, stupeur, alors que le DVD anglais (disponible depuis de nombreux mois) proposait la version la plus longue et la plus conforme aux souhaits du réalisateur (un montage de 179 minutes), c’est à nouveau celle de 2h23 qui figure sur le DVD français. Avant de revenir sur le film, deux mots sur Kenneth Lonergan. Il vient de la scène, où il a été considéré comme un des grands dramaturges américains contemporains, notamment grâce à une pièce culte, This is our youth (un titre qui aurait aussi pu être celui de Margaret). En 2000, il se lance dans le cinéma avec Tu peux compter sur moi, bien accueilli par la press

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Nuits Sonores 2013 - La prog de jour

MUSIQUES | «Nuits Sonores n'est pas un festival de blockbusters». La phrase est de Vincent Carry, le directeur de Nuits Sonores et elle a rarement été aussi appropriée que pour l'édition 2013 du festival, l'équipe d'Arty Farty ayant choisi de rester stable sur ses fondamentaux plutôt que de se lancer dans la course à la surenchère que laissait entrevoir le très solennel dixième anniversaire de l'événement. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Jeudi 24 janvier 2013

Nuits Sonores 2013 - La prog de jour

Ça pour une belle fête d'anniversaire, c'était une belle fête d'anniversaire : de l'édition du bouquin commémoratif 10 ans sans dormir à l'accueil des séminaux New Order en passant par la conclusion de sa programmation nocturne sur un plateau secret, le festival Nuits Sonores a l'an passé mis les petits plats dans les grands au moment de célébrer sa décennie d'existence. A tel point qu'on ne voyait pas bien comment il allait pouvoir poursuivre sa croissance sans verser dans l'excès. Arty Farty nous a ouvert les yeux ce matin : l'édition 2013 de l'événement ne sera ni plus maousse ni plus timide que les précédentes, elle sera dans leur droite lignée, c'est-à-dire urbaine, sélective, éclectique et réflexive. A ceci près qu'elle durera six jours, mitoyenneté calendaire du 8 mai et de l'Ascension oblige.Pour le reste donc, les habitués du festival seront en terrain connu, en tout cas pour ce qui concerne la partie diurne des

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Expendables 2

ECRANS | Retour de «l’unité spéciale» emmenée par Stallone, avec quelques nouvelles recrues prestigieuses, pour un deuxième volet mieux branlé que le précédent, assumant sans complexe son côté série B d’action vintage. Curieusement plaisant. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 22 août 2012

Expendables 2

«On devrait tous être au musée». C’est une des dernières répliques d’Expendables 2, et cela résume parfaitement l’esprit de cette improbable franchise : les papys du cinéma d’action font de la résistance, un dernier tour de piste de prestige qui est aussi, pour certains, l’occasion de sortir de la malédiction du direct to DVD qui les frappe. Pour ce deuxième épisode, Stallone, fort du succès du premier, a d’ailleurs réussi la totale (ou presque, Steven Seagal manque à l’appel !) en incorporant au casting Jean-Claude Van Damme et Chuck Norris et en laissant plus d’espace à Bruce Willis et Arnold Schwarzenegger, au-delà des simples apparitions clin d’œil du premier. La recette est peu ou prou la même : une équipe de mercenaires, une mission, de la castagne et des vannes en guise de dialogues. Plus une pincée de distanciation mélancolique sur l’air de «On est trop vieux pour ces conneries», lucidité bienvenue même si elle n’empêche pas les vétérans d’exhiber gros bras et dextérité dans le carnage lorsque l’occasion se présente — fréquemment. À l’est, que des anciens On pouvait craindre qu’en laissant sa place derrière la caméra

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Margaret

ECRANS | De Kenneth Lonergan (ÉU, 2h30) avec Anna Paquin, J Smith Cameron, Matt Damon...

Jerôme Dittmar | Vendredi 13 juillet 2012

Margaret

Second film de Kenneth Lonergan, auteur de théâtre et scénariste de Gangs of New York, Margaret revient de loin et ça se sent (bloqué depuis 2009 suite à un procès, le film a traîné en montage). Portrait d'une lycéenne (Anna Paquin) témoin d'un tragique accident de bus qu'elle a en partie provoqué, le film prend une bonne heure à décoller pour trouver son sujet. Durant ce temps, Lonergan tâtonne, avance au rythme de son héroïne, traumatisée mais debout, rongée par une culpabilité dont elle ne sait que faire avant de la canaliser dans une quête de vengeance inattendue. Ce long et épuisant tunnel, où le film s'égare au ralenti, suivant le quotidien de son adolescente, son errance sentimentale et existentielle, son rapport trouble avec un prof et l'histoire de sa mère paumée, sert de tremplin vers une seconde moitié où les choses mordent enfin sur l'intrigue. Se dessine alors un double regard, sur la frénésie procédurière américaine, que le film étend jusqu'à l'arrogance militaire du pays. Et l'adolescence comme d'un moment mouvant et propice à adopter des thèses radicales pour répondre à un état de confusion général. Lonergan s'aventure ici sans c

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Nuits sonores – Vendredi 18 - Report

MUSIQUES | Sept lieux, six sessions de 9h de live, trois concerts spéciaux. Il fallait bien ça pour fêter les dix ans de Nuits sonores, fleuron européen de la musique électronique (et plus si affinités). Compte-rendu du jour 3. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Samedi 19 mai 2012

Nuits sonores – Vendredi 18 - Report

Une blonde en mal de vodka. Un grand brun nous reprochant l'absence de points de vente de cigarettes. Une poignée de jeunes ayant pensé à tout sauf à la weed. Hier, la frange la plus secouée du public de Nuits Sonores nous a pris pour un distributeur ambulant. Manque de pot pour elle, même si notre manière de danser peut prêter à confusion... Coup de bol pour elle, hier, les hallucinations et la transe étaient comprises dans le prix des billets.  Le freak, c'est chic À l'Hôtel-Dieu, on s'est demandé si «l'appartement de fous» qui jadis scindait en deux la cours de sa chaufferie était encore en service et si ce n'était pas ses locataires qui se succédaient sur la grande scène. Prenez les Londoniennes de Trash Kit. Elles ont bien essayé de nous la mettre à l'envers, à se pointer sans leurs habituelles peintures de guerre fluo, mais leur rock, primitif et béat comme du Animal Collective interprété par les Slits, ne laisse aucun doute : elles souffrent d'un touchant complexe de Pete

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Nuits sonores 2012 – Jeudi 17 mai - Report

MUSIQUES | Sept lieux, six sessions de 9h de live, trois concerts spéciaux. Il fallait bien ça pour fêter les dix ans de Nuits sonores, fleuron européen de la musique électronique (et plus si affinités). Compte-rendu du jour 2. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Vendredi 18 mai 2012

Nuits sonores 2012 – Jeudi 17 mai - Report

          "On a préféré partir et se poserLes mecs comment vous dire on est désoléL'attaché de presse nous a clairement invitéEt nous comme on est des mickeys on a dit OK"Un détournement d'une chanson de Sexion d'Assaut, il fallait au moins ça pour témoigner aux labels et promoteurs locaux notre embarras d'avoir préféré à leur Circuit Électronique les mini-burgers et people d'une croisière estampillée «Labo des festivals». Est-ce à dire que notre deuxième voyage au cœurs des Nuits fut de tout repos ? Même si nous y avons pris part en oubliant ceinture, alliance et lunettes de soleil, oui. Hôtel Woodstock Il n'aurait à vrai dire pas pu en être autrement. Cette certitude tient en un mot composé : Hôtel-Dieu. Hier, nous vous laissions entendre que Brossette, en vertu de ses atours de top spot pour explorateurs urbains et en dépit de la difficulté éprouvée par certains régisseurs à y fai

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Oh happy Days !

MUSIQUES | «On essaye de faire venir un public toujours plus large. L'ouverture, la diversification, le mélange nous semble être un enjeu de politique culturelle des (...)

Benjamin Mialot | Mercredi 2 mai 2012

Oh happy Days !

«On essaye de faire venir un public toujours plus large. L'ouverture, la diversification, le mélange nous semble être un enjeu de politique culturelle des plus pertinents. Il n'y a rien de pire que la logique des chapelles et le cloisonnement. Le fait est que le public de Nuits Sonores est très jeune. De fait, si on pouvait attirer un public plus âgé de manière plus significative, on s'en réjouirait», nous confiait récemment Vincent Carry. Dont acte, avec les tout nouveaux tout beaux NS Days, séries de concerts diurnes programmées dans les cours de l'Hôtel Dieu qui, si elles pourront être suivies sans enquiller les shots de guarana, n'en mettront pas moins les articulations à rude épreuve. Ne serait-ce parce qu'y seront mises à l'honneur deux institutions teutonnes de la techno, à savoir Ostgut Ton, bras discographique du Berghain Club de Berlin, réputé pour la martialité et la froideur de ses productions, et Kompakt, bastion colognais de la minimale, fusse-t-elle tribale (Mathias Aguayo), abstraite (Dj Koze) ou sensuelle (Sascha Funke). Pour le reste, bien qu'émoustillés à l'idée de faire connaissance avec la

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Pas de repos pour le Colonel…

ECRANS | C’est un chef-d’œuvre, un vrai, un film magnifique auquel la superbe copie restaurée présentée cette semaine au Comœdia rend toute sa plénitude. Colonel (...)

Christophe Chabert | Jeudi 29 mars 2012

Pas de repos pour le Colonel…

C’est un chef-d’œuvre, un vrai, un film magnifique auquel la superbe copie restaurée présentée cette semaine au Comœdia rend toute sa plénitude. Colonel Blimp, réalisé par Michael Powell et Emeric Pressburger en 1945, raconte la guerre sans jamais la montrer, à travers le parcours du général Winne-Candy. On le découvre en 1943, chauve, moustachu et bedonnant dans un bain turc de la sécurité intérieure britannique, humilié par un jeune officier qui a décidé de faire du zèle au cours d’un exercice simulant l’attaque de Londres par les nazis. Quarante ans auparavant, c’était lui l’officier fougueux en mission à Berlin, rencontrant une femme dont il tombe amoureux mais qu’il "laissera" à son rival allemand qu’il avait affronté en duel et avec qui il se lie d’amitié. Une amitié qui va traverser l’Histoire, comme la mise en scène de Powell et Pressburger enjambe toutes les représentations des conflits mondiaux, n’en filmant que les conséquences intimes pour les personnages. Même le romanesque est parfois laissé hors champ, comme la mort des deux épouses, suggérée au cours d’ellipses fulgurantes. Que reste-t-il alors ? Un manifeste humaniste où les sentiments résistent

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La Belle et la Bête

MUSIQUES | Électro / La bête (de fête) qui fourmille sur Dust, le nouvel album d’Ellen Allien, est à l’image de la créature de Giger : sombre, étrange, viscérale, pétrie de (...)

Dorotée Aznar | Vendredi 2 juillet 2010

La Belle et la Bête

Électro / La bête (de fête) qui fourmille sur Dust, le nouvel album d’Ellen Allien, est à l’image de la créature de Giger : sombre, étrange, viscérale, pétrie de textures métalliques façon Zombie Nation, foncièrement arty mais terriblement expérimentale. Voilà le genre d’OVNI à même de renouer le cordon entre monde humain et monde astral, entre alambics des limbes et racines électro minimales. «E.T est mon frère et Ellen Ripley ma sœur, plaisante la Belle. Dans les 90’s, l’Alien de Giger symbolisait pour moi la force dont j’avais besoin pour comprendre cette drôle de musique qui agitait Berlin. Depuis, l’Alien est resté dans mon bras et prend soin de moi». Une griffe d’acier dans une patte d’extra-terrestre, ce n’est pas nouveau : Ellen a toujours aimé les mutants musicaux. Déjà à l’époque où la Berlinette faisait ses premières armes derrière les platines de l’E-Werk, les Dj’s trance aux côtés desquels elle jouait (Kid Paul, Paul Van Dyk) regardaient d’un œil médusé cette sorcière qui gravitait alors entre Detroit et l’Angleterre, Aphex Twin et Model 500, Kraftwerk et la musique concrète. Des racines enfouies profond dans le côté cérébral des sphères électroniques, et qui ressurgis

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Une éducation

ECRANS | Réalisée par Lone Scherfig et scénarisée par le génial Nick Hornby, cette comédie d’apprentissage sur une jeune Anglaise qui découvre l’amour et son amertume dans le Londres coincé du début des années 60 est une petite merveille. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 16 février 2010

Une éducation

"Une éducation" se présente comme une démonstration paisible de ce que le cinéma anglais sait faire de mieux : une étude de caractères magistralement scénarisée, filmée et interprétée. Rien que ça. Mais ce n’est pas rien d’arriver à un résultat si gracieux, si fluide dans sa narration, qu’on en oublierait presque être devant un film. Le premier responsable de cette réussite s’appelle Nick Hornby. L’auteur de "High Fidelity" s’est intéressé ici aux mémoires de Lynn Barber, journaliste qui vivait ses 18 ans à Londres au tout début des années 60. Dans le film, elle s’appelle Jenny, elle est intelligente, jolie, amoureuse de la France, de ses romanciers (Camus) et de ses chanteuses (Gréco). Elle est incarnée par la fantastique Carey Mulligan, qu’on n’avait même pas remarquée dans "Brothers", et qui irradie ici l’écran de son sourire mutin, poussant le culot jusqu’à imiter avec talent la silhouette d’Audrey Hepburn lors d’une mémorable escapade parisienne. Jenny développe un romantisme naïf mais craquant en opposition au pragmatisme prolo de son paternel (Alfred Molina, hilarant), mais aussi aux mœurs encore rétrogrades de son pays. Sa rencontre avec David (Peter Sarsgaard, là encore

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Premiers spots

ECRANS | Reprise en salles de Bugsy Malone d’Alan Parker et des Prédateurs de Tony Scott, premiers films de cinéastes ayant œuvré dans le clip et la pub, qui s’amusaient alors à jouer avec leur passé comme avec leur nouveau media. CC

Christophe Chabert | Vendredi 17 avril 2009

Premiers spots

La première scène des Prédateurs est le genre d’ouverture à la fois remarquable d’efficacité et pleine de sens pour toute personne cherchant, au-delà des images, à faire parler l’histoire de leur auteur. Dans une boîte de nuit aux relents gay underground, le chanteur de Bauhaus interprète, face caméra, le tube de ce groupe mythique de la cold wave : Bela Lugosi’s dead. En montage parallèle, on voit d’un côté deux dandys (Catherine Deneuve et David Bowie, so chic) lever deux autres clubbers, de l’autre des images de singes enragés. Les Prédateurs est un film de vampires moderne. Le but de Tony Scott, alors frère de Ridley et jeune prince de la pub anglaise, est donc de signer l’enterrement définitif du Dracula mythique incarné par Bela Lugosi en créant un cinéma de vampires 80’s, où l’homosexualité n’est plus un sous-entendu et les vieilles breloques (crucifix, pieux dans le cœur…) sont rangées au grenier de mémé pour faire de la place au groupe de rock venu animer la soirée gros rouge à la cave. Les vampires sont donc androgynes et sexy, ils baisent autant qu’ils boivent, et ils meurent de mort presque naturelle ; au lieu de passer trente ans à se délabrer, eux le font en une semai

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La solitude innée

MUSIQUES | Sous ses airs de folkeuse elfique, Lonely Driter Karen, jeune Autrichienne voyageuse, cache un univers complexe fait de comédies musicales flirtant avec (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 20 février 2009

La solitude innée

Sous ses airs de folkeuse elfique, Lonely Driter Karen, jeune Autrichienne voyageuse, cache un univers complexe fait de comédies musicales flirtant avec l’enfance, de cabaret jazzy, et de chanson hispanique. De quoi faire dire, à l’écoute de son disque, Grass is singing, que Karen n’est pas si seule, en tout cas dans sa tête. À découvrir le jeudi 26 février dans un Sirius qui pourrait bien larguer les amarres.

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Mister Lonely

ECRANS | D’Harmony Korine (Fr-ÉU, 1h51) avec Diego Luna, Samantha Morton, Denis Lavant…

Christophe Chabert | Jeudi 11 décembre 2008

Mister Lonely

Scénariste et acteur chez Larry Clarke, réalisateur d’un premier film culte et impressionnant (Gummo) puis d’un deuxième certifié Dogma 95 (Julien Donkey Boy, nettement moins réussi), Harmony Korine revient avec ce Mister Lonely qui se sera fait attendre (17 mois entre sa présentation cannoise et sa sortie en salles). L’argument est improbable : un sosie de Michael Jackson croise à Paris un sosie de Marylin Monroe qui le convainc de rejoindre une île pleine d’autres sosies (tous assez peu ressemblants aux originaux, d’ailleurs). En parallèle à ce récit, un groupe de nonnes découvre qu’elles peuvent voler en sautant d’un avion sans parachute. Il y a chez Korine un goût de la bizarrerie qui n’est jamais très loin du voyeurisme pervers (quelques zooms recadrant l’émotion spontanée des acteurs trahit cette pulsion incontrôlée). Il y a aussi une tentation du scénario post it, dont l’ordre est parfois arbitraire, la scène étant plus importante que la construction générale. On a l’impression que le cinéaste vise une forme d’autoportrait fragmenté en imposteur tendre et paumé, souvent irritant mais parfois attachant, comme s’il cherchait à humaniser ses vignet

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Ellen, elle s'appelle Allien

MUSIQUES | Soirée / Ellen Allien, Dj superstar berlinoise, styliste et patronne de label (BPitch Control) prend à rebrousse poil les apparatchiks techno. Exit les tours de grands huit dans le ventre, bonjour l'austérité minimale de son nouvel album. Antoine Allegre

Jerôme Dittmar | Vendredi 6 juin 2008

Ellen, elle s'appelle Allien

Pour ceux qui croient encore que la musique d'Ellen Allien est outrageusement club, le dernier album de la belle prêtresse de la minimale Berlinoise, figure incontournable de la musique électronique mondiale, risque fort de leur couper les jambes. De leur passer l'envie de faire les foufous sur la piste. Si son dernier album solitaire, Thrills sorti en 2005, avait laissé pas mal de dépouilles épuisées sur les dancefloors internationaux, Sool, sorti à la début juin, se distille dans une ambiance minimaliste, intime. On ne se refait pas, Ellen, alias Ellen Fraatz, est une gamine de la musique industrielle et assurément pas de la house filtrée. Un album concept en somme, dur et décharné aux rythmiques sèches et aux mélodies blêmes. Si, par le passé, la chambre à coucher d'Ellen était en bordel, pour Sool, elle a décidé d'ouvrir les fenêtres en grand et a jeté matelas, sommier et table de chevet par-dessus bord. À l'antithèse de ses setsSi ce nouvel album commence sur une touche d'humanité (les bruits de métro de "Einsteigen"), Ellen Allien s'enfonce petit à petit dans un univers glacial peuplé de spasmes convulsifs engendrés par des machines, une atmosphère aussi ouatée qu

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Les Toilettes du pape

ECRANS | d’Enrique Fernandes et Cesar Charlone (Uruguay, 1h35) avec César Troncoso, Virginia Ruiz…

Dorotée Aznar | Mercredi 12 mars 2008

Les Toilettes du pape

1988, à la frontière de l’Uruguay et du Brésil. La visite annoncée du Pape Jean-Paul II dans un petit village met en émoi une population vivant dans la misère, qui espère bien tirer profit de l’événement. C’est ainsi que Beto a l’idée saugrenue de transformer son jardin en toilettes publiques pour les visiteurs. Raté chronique, il va bien entendu faire n’importe quoi, d’où tribulations, espoirs, déceptions… Film inoffensif dont on n’a pas franchement envie de dire du mal, Les Toilettes du Pape reste néanmoins le genre d’œuvre à sujet dont on sent constamment le calibrage auteuriste : la caméra agitée en tous sens pour faire sur le vif, l’image surexposée aux couleurs saturées, le côté tranches de vie dans le trou du cul du monde, l’humanisme forcené et un peu forcé, la tiédeur du regard sur la religion chrétienne ; tout cela ne brusque personne et conforte tout le monde dans ses certitudes. CC

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John Rambo

ECRANS | Critique / «Vivre pour rien, mourir pour quelque chose...» Quand John Rambo prononce cette phrase, il tient en joue avec son arc un mercenaire hésitant à (...)

| Mercredi 13 février 2008

John Rambo

Critique / «Vivre pour rien, mourir pour quelque chose...» Quand John Rambo prononce cette phrase, il tient en joue avec son arc un mercenaire hésitant à porter secours aux humanitaires chrétiens retenus en otage par des tortionnaires birmans. Rambo ajoute : «You call it» (Fais ton choix)... Ce moment-clé de John Rambo rappelle instantanément un autre personnage vu récemment sur les écrans : celui de Javier Bardem dans No country for old men. Chez les Coen comme pour Stallone, il s'agit de montrer le chaos du monde, sa violence, son absurdité et l'incapacité de l'homme à y changer quoi que ce soit. Et, dans les deux cas, les mythologies déployées sont tellement fortes qu'elles peuvent s'épanouir dans une forme d'épure cinématographique. Les plans de rizière sanglantes de John Rambo valent le désert-tombeau de No country for old men, et le dénouement (magnifique !) est tout aussi suspendu, incertain, mélancolique. La différence, car il y en a une, entre ces deux films impressionnants, c'est que Stallone a une revanche à prendre en tant que cinéaste, en tant qu'acteur et en tant qu'homme. Le cinéaste s'avère particulièrement doué : le film est un modèle de cinéma d'action à l'anci

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