Muse, David Guetta, Cerrone et Alt-J à Musilac

Benjamin Mialot | Mardi 25 novembre 2014

Premiers noms pour l'édition 2015 de Musilac (10, 11 et 12 juillet, toujours à Aix-les-Bains), et c'est du lourd (vous le prenez comme bon vous semble) : Muse, qu'on ne présente plus, David Guetta, qu'on présente encore moins, Cerrone (notre Moroder à nous, en quelque sorte) et surtout nos chouchous d'Alt-J, fers de lance de cette pop arty et néanmoins charnelle dont l'Angleterre est féconde depuis le début du siècle.

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Voici la nouvelle ayant gagné le concours "Récits d'objets"

Musée des Confluences | Pas moins de 78 candidats ont participé au concours "Récits d'objets" organisé par le Musée des Confluences sur le modèle des livres publiés dans la collection du même nom. Le jury composé de bibliothécaires de la BmL, de responsables du Musée, de la conseillère éditoriale de récits d'objets et de Stéphane Duchêne, membre de la rédaction du Petit Bulletin, a désigné la nouvelle signée Maxime Dejob : "Vie et œuvre de Désiré Solé".

Stéphane Duchêne | Jeudi 28 janvier 2021

Voici la nouvelle ayant gagné le concours

Vie et œuvre de Désiré Solé Paru initialement dans Les Annales de la littérature de fantasy, novembre 1987 Le petit Désiré naît en 1867 au cœur du pays d'Issoire dans la ferme familiale. Ses deux parents dont les prénoms ne nous sont pas parvenus sont paysans. Ils meurent du choléra en 1872 laissant Désiré orphelin. Le bambin est recueilli par une voisine, religieuse. Elle lui enseigne le latin et le grec ancien. On sait qu'il se passionne très jeune pour la littérature courtoise : quelques ouvrages trouvés dans la bibliothèque secrète de la préceptrice. À quinze ans il quitte définitivement l'Auvergne et se rend à Paris. Désireux de continuer sa formation intellectuelle il passe ses journées au Collège de France et tente d'obtenir une bourse universitaire qu'on lui refuse. Il travaille donc quelque temps comme manutentionnaire aux halles centrales. Rapidement il souhaite fuir cette vie de misère et il prend la décision de partir pour les États-Unis. Il accoste à New York en 1885. On ne sait pas grand-chose de cette époque. Les sources les plus sérieuses parlent d

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Ananda Devi : « pour certaines personnes, il n'y a pas de mémoire »

Littérature | Le mardi 26 janvier, le Musée des Confluences dévoilera les lauréats du concours de nouvelles "Récits d'objets". À cette occasion, le Musée invite l'autrice mauricienne Ananda Devi à venir évoquer sa contribution à la collection du même nom : "Fardo", récit très court mais d'une puissance inouïe inspiré par la tombe féminine de Koban et la momie de femme Ychsma. Ananda Devi revient pour nous sur ce projet qui résonne fortement avec les grands thèmes d'une œuvre entamée en 1977 : le corps de la femme, la violence, le poids de la tradition et l'évolution folle de notre société de consommation. Et le silence des oubliés.

Stéphane Duchêne | Jeudi 21 janvier 2021

Ananda Devi : « pour certaines personnes, il n'y a pas de mémoire »

Vous en parlez dans le livre mais pouvez-vous nous expliquer plus avant comment l'on vous a approchée pour ce projet et comment les choses se sont déroulées dans la découverte et le choix des "objets" ? Et peut-être quelles ont été les hésitations dont vous parlez dans Fardo ? Ananda Devi : J'avais été invitée à un festival littéraire à Vienne et j'y ai recontré Adélaïde Fabre [conseillère éditoriale de la collection "Récits d'objets" co-éditée par le Musée des Confluences et Cambourakis] qui m'a parlé de cette collection et proposé ce projet. On m'a envoyé quelques livres de la collection pour que je vois en détail comment ça se passait, quel genre de texte on attendait de moi. J'ai vu qu'on était vraiment libre sur la forme. Ça pouvait être une fiction, un texte de réflexion et c'est ce qui m'a intéressé. J'ai ensuite visité le musée pour y trouver un objet. C'était assez réjouissant mais il y avait l

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Musée des Confluences : Bruno Bernard, droit dans le fémur

Lyon | On pourrait vous la faire courte en recopiant trois phrases du communiqué de presse de la Métropole annonçant en quoi consiste la grande "rébellion" de Bruno Bernard contre la décision du gouvernement de laisser les lieux de culture fermés. On a préféré laisser un peu de suspens et vous conter dans le détail la surréaliste conférence de presse qui s'est déroulée mardi 16 décembre au musée Lugdunum.

Sébastien Broquet | Mercredi 16 décembre 2020

Musée des Confluences : Bruno Bernard, droit dans le fémur

On allait voir. Le combat était annoncé et la potion magique bouillait déjà dans la marmite de la petite capitale provinciale. Après la tournée des médias pendant le week-end — Le Progrès à défaut d'Uderzo —, Bruno Bernard allait passer en mode Gaulois réfractaire. Et ouvrir le Musée des Confluences et Lugdunum dès samedi ? Engager la baston avec le centurion Jean Castex ? Oui. Enfin... pourquoi pas. Déjà, il fallait mettre les services — culturel et juridique, on imagine — au boulot lundi pour trouver comment, puisque comme l'a dit lui-même le président de la Métropole avant le conseil

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Lieux culturels : Bruno Bernard entame un bras de fer avec Castex

Lyon | Face à l'annonce brutale faite par Jean Castex jeudi 10 décembre, intimant aux lieux culturels de rester fermés alors que beaucoup avaient préparé activement leur réouverture pour ce mardi 15 décembre, les élus EELV de Lyon et socialiste de Villeurbanne, emmenés par le président de la Métropole Bruno Bernard, lancent la fronde. Ce dernier se dit même prêt à ouvrir sans accord gouvernemental le Musée des Confluences dès samedi. Bluff ?

Sébastien Broquet | Lundi 14 décembre 2020

Lieux culturels : Bruno Bernard entame un bras de fer avec Castex

Il y a une ironie certaine à découvrir Bruno Bernard se faire soudainement le champion de la "libération" des lieux de culture, quitte à prendre la tête d'une fronde locale et à vouloir ouvrir dès samedi deux musées dont sa collectivité a la charge — le Musée des Confluences et Lugdunum — sans l'autorisation de l'État. Verra-t-on un président de Métropole faire face à la police nationale et à la préfecture pour maintenir ses musées ouverts ? La question peut se poser : il faudra bien assumer le coup d'éclat médiatique du week-end. Et l'ironie, donc, veut que le meneur de la fronde soit celui qui s'est le plus totalement désintéressé des questions culturelles jusqu'ici. Bruno Bernard, alors candidat EELV, n'a pas eu un mot pour ce secteur durant sa campagne et n'avait pas de programme culturel à mettre en application. Une fois élu, il a nommé vice-président en charge de ce portefeuille son allié socialiste,

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Fanny Dubot, présidente du Musée des Confluences

Politique | Fanny Dubot, toute nouvelle maire EELV du 7e arrondissement, a été élue le 18 septembre dernier présidente du Musée des Confluences, établissement public. (...)

Sébastien Broquet | Mardi 20 octobre 2020

Fanny Dubot, présidente du Musée des Confluences

Fanny Dubot, toute nouvelle maire EELV du 7e arrondissement, a été élue le 18 septembre dernier présidente du Musée des Confluences, établissement public. La jeune femme succède à Myriam Picot, comme elle ex-maire du 7e, mais surtout ancienne vice-présidente de la Métropole en charge du volet culturel. Ce qui paraissait plus... logique, et dénote le manque de ressources au sein d'EELV en ce qui concerne la culture : après avoir refilé les deux délégations concernées à la Ville et la Métropole à leurs alliés Nathalie Perrin-Gilbert et Cédric Van Styvendael, les Verts se tournent donc vers des élus locaux n'ayant montré aucune appétence pour ce secteur pourtant en crise ouverte. Fanny Dubot, déjà critiquée dans son arrondisseme

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Les Ateliers de la Danse n'iront pas à Guimet

Danse | Grégory Doucet et Nathalie Perrin-Gilbert retoquent le projet d'installer des Ateliers de la Danse dans l'ancien musée Guimet — trop coûteux — sans pour autant remettre en question le concept de Dominique Hervieu en lui-même, qui sera installé (probablement) dans le 8e arrondissement.

Sébastien Broquet | Mardi 6 octobre 2020

Les Ateliers de la Danse n'iront pas à Guimet

C'était l'un des projets phares lancés par la précédente mandature sous Gérard Collomb, et ce chantier ne verra jamais le jour dans sa forme initiale : les Ateliers de la Danse, imaginés par la directrice de la Maison de la Danse Dominique Hervieu au sein de l'ancien Musée Guimet (Lyon 6e), fermé depuis 2007, ont été retoqués par la nouvelle municipalité. En cause : le coût, principalement. Qui ne correspond pas aux chiffres annoncés en conseil municipal. Si le montant initial était envisagé autour de 5M€ en 2015, il a vite grimpé à 31M€ en 2020. Et Nathalie Perrin-Gilbert, la nouvelle adjointe à la Culture, a découvert à son arrivée en poste que ces Ateliers de la Danse coûteraient en réalité 40M€ à la collectivité. Pour un projet que certains dans les couloirs de la mairi

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Cité Tony Garnier : patrimoine squatté

Musée Urbain Tony Garnier | Dans le quartier des États-Unis, le patrimoine de la cité ouvrière est de plus en plus en proie aux squatteurs. Le musée urbain Tony Garnier alerte et Grand Lyon Habitat se défend.

Nadja Pobel | Mercredi 22 juillet 2020

Cité Tony Garnier : patrimoine squatté

« Ça fait 43 ans que j'habite ici et y'a jamais eu ça » nous dit une résidente de la Cité des États-Unis. Comprendre : l' agression qui s'est terminée dans le sang le 28 juin et une autre du même acabit une dizaine de jours plus tard. Bien sûr, ce quartier du 8e arrondissement lyonnais n'est pas le Bronx et aucun mort n'est à déclarer. Cependant, le Musée Urbain Tony Garnier a reçu des lettres de doléances de ses voisins qui dénoncent une « insécurité totale », des « allers et venues toutes les nuits », du « tapage nocturne » et menacent de bloquer le paiement de leurs loyers. L'ensemble de plus de 1500 logements, repartis en douze îlots, construits dans les années 30 d'après les plans de Tony Garnier, connaît une phase massive de rénovation. Et donc une non-relocation des appartements laissés vacants. Grand Lyon Habitat — qui

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Les Sète cents coups : "Jeunesse sauvage" de Frédéric Carpentier

Drame | Portrait d’une jeunesse à la marge, entre la cour de récréation et la cour des grands, à la lisière de la délinquance et du crime ; portrait d’une jeunesse à la rue et sans amour, à l’heure des choix ou de la mort. Un premier long-métrage réussi de Frédéric Carpentier.

Vincent Raymond | Vendredi 26 juin 2020

Les Sète cents coups :

Les rues de Sète. Quand il ne veille pas sur son père malade psychique SDF, Raphaël règne sur son gang avec sa gueule d’ange. Détroussant les passants, piquant des caisses, il joue volontiers du poing sans jamais aller trop loin. Pas assez pour son bras droit Kevin qui, lui, en veut plus… Quelque part entre L’Enfant sauvage vieilli et un Pickpocket contemporain, Raphaël est le héraut de cette jeunesse farouche et féroce si bien dépeinte par le titre, autant que le héros d’une épopée dont on devine dès les premières images sa trajectoire de longue fuite tragique. Redoutable de beauté solaire, inquiétant comme ces démons androgynes nés de la plume de Manara ; prénommé comme l’archange annonciateur du Jugement dernier et le peintre de la délicatesse, Raphaël est aussi un concentré de paradoxes, écartelé entre ses pulsions de conquête violente et la prescience d’une fatalité immanente. S’il donne l’impression de reprendre à son compte la phrase de Chirac « un chef doit cheffer

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Retour le 2 juin pour le Musée des Confluences

ARTS | L'intégralité des expositions — qu'elles soient temporaires ou permanentes — du Musée des Confluences sera de nouveau accessible au (...)

Sébastien Broquet | Vendredi 29 mai 2020

Retour le 2 juin pour le Musée des Confluences

L'intégralité des expositions — qu'elles soient temporaires ou permanentes — du Musée des Confluences sera de nouveau accessible au public dès ce mardi 2 juin, à 11h. Bien entendu, les règles sanitaires et de distanciation sociale seront appliquées : consultez ici les adaptations prises par le musée. L'exposition Le monde en tête, la donation Antoine de Galbert est prolongée jusqu’au 23 août. Traces du vivant ouverte en février est à découvrir jusqu’au 6 décembre 2020. Les expositions qui devaient ouvrir avant l’été sont reportées au mois d’octobre prochain. Enfin, le musée travaille à de nouveaux formats pour l'été : en plein-air, dans les jardins du musée mais aussi à la rentrée de septembre dans les écoles.

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Remonter le temps

Histoire | Nouvelle entrée, nouveau cheminement, le Musée d’Histoire de la Ville à Gadagne vient de rouvrir le premier quart de son parcours rénové pour raconter le Lyon d’aujourd’hui à l’aune de son passé, à des visiteurs en perpétuelle mutation.

Nadja Pobel | Mardi 7 janvier 2020

Remonter le temps

Entrer par l’intérieur-même de la cour de ce palais de la Renaissance. Ce n’est pas une mince nouveauté. Avant de découvrir ce qui se trame dans cette nouvelle proposition, Xavier de La Selle, directeur des Musées Gadagne, le rappelle : « chacun a son idée sur Lyon, on traverse la ville pour venir ici et on va y retourner » et prolonger l’immersion dans le patrimoine. En entame de la visite, un "mur des clichés" avec une dizaine d’objets typiques (amenés à changer) racontés oralement de façon assez humoristique par l’excellent écrivain du cru François Beaune qui dit ce que sont le Pot lyonnais, le saucisson, les lumignons, Guignol… avant que ne se dévoile une vidéo de la Ville qui n’attirera que les touristes tant elle est banale. Mais c’est la suite qui, malgré son apparente maigreur, est en fait dense. Exit les grandes fresques emplies d’illustrations et de résultantes des fouilles archéologiques. Dans un context

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Mini-monstres, super-héros

Musée des Confluences | Les bestioles qui grattent et piquent sont au cœur d'une exposition destinée en priorité aux enfants de 7 à 12 ans. Tables à leur portée, textes à déchiffrer comme un jeu : il sauront tout sur ces insectes pénibles avec un objectif affiché : mieux les connaître, moins les repousser pour mieux les dompter et maîtriser leur prolifération. Instructif et pédagogique.

Nadja Pobel | Mercredi 10 juillet 2019

Mini-monstres, super-héros

À hauteur d'enfants ne signifie pas que l'expo n'est pas accessible à ceux qui ne sont pas la dans tranche d'âge visée, mais les adultes de plus d'1, 65 m devront se pencher pour passer sous le corps cartonné d'une grosse bestiole et admirer une galerie de photos de "mini-montres". Autour de ce corps, se déploient quatre alcôves, bréviaires de sept insectes abordés dans cette expo : acarien, tique, pou, mouche, moustique, punaise de lit, puce. De même que pour lire certains cartels, les enfants doivent dégager les poils (des cordes) d'un insecte grossi des millions de fois ou attraper une loupe pour repérer les mots sur une table recouverte de traits en tous sens et découvrir ainsi ce que ces bêtes font sur notre corps. Mini-monstres se veut ludique mais le Musée des Confluences, fidèle à son ADN, expose aussi les outils des scientifiques et dresse leur histoire : une série de microscopes du plus ancien (en 1670 qui grossissait 250 fois le réel) au plus contemporain et numérique. Autre constante du musée : s'ouvrir à tous les continents. Ici, il est montré comment ces insectes sont parfois considérés comme des dieux ou des êtres maléfiques, comment

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Démasquer l'art africain au Musée des Confluences

Ethnologie | Dans une scénographie sombre, millimétrée par la lumière et somptueuse, le Musée des Confluences présente une première partie du legs que lui fait un couple de collectionneurs. Approche sensitive d'un art peu montré : celui du Nigéria.

Nadja Pobel | Mercredi 13 février 2019

Démasquer l'art africain au Musée des Confluences

Preuve de sa formidable popularité, le Musée des Confluences (le premier fréquenté sur le territoire hors de Paris) va acquérir prochainement plusieurs centaines de coiffes réunies par Antoine de Galbert (exposition dès le 6 juin) et recevra à terme le legs intégral de la collection d'Yves et Ewa Develon. Pour l'instant, quarante objets ont été donnés qui, ajoutés à vingt prêts, offrent une plongée au cœur d'une terre artistique encore peu connue par les Français - ce fut une zone coloniale britannique : le Nigéria. Ce psychologue embauché dans les années 60 dans un cabinet d’ingénieurs-conseils en Côte d'Ivoire se prend d'amour pour ces objets, qu'il glane sur place ou en Europe. Il partagera sa passion avec Ewa (rencontrée et épousée en 1979), architecte polonaise, beaucoup plus effacée que lui dans ce parcours où toutefois c'est par ses recherches documentaires qu'ils sont contextualisés, sans être jamais datés précisément - tous ont été fabriqués à la fin XIXe et début XXe. Figuratif Dans les années 70, au Nigéria, les pratiques religieuses traditionnelles déclinent, favorisant la dispersion des objets d'

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Marionnettes à portée de main à Gadagne

Musée | Trois salles étaient ouvertes depuis avril 2017, voici désormais la totalité du Musée des Arts de la Marionnette accessible à Gadagne. Moins historique. Plus interactif.

Nadja Pobel | Mardi 27 novembre 2018

Marionnettes à portée de main à Gadagne

« Bonjour les fenottes, bonjour les gones ! » Enserré dans une cage de verre qui laisse apparaître la beauté du bâtiment Renaissance de Gadagne, Guignol salue le visiteur. Fil rouge bien plus que personnage central de ce Musée des Arts de la Marionnette entièrement repensé qui prend place dans celui des marionnettes du monde, il raconte lui-même son histoire : « me rev'là !, nous dit-il plus loin, quoi qui faut dire ? Ah oui, mon succès...». Rédigés par la compagnie M.A. à la tête du théâtre encastré dans le palais Bondy, ces cartels s'insèrent avec fluidité dans un parcours ambitieux qui vise à montrer que la marionnette est un art vivant reposant entièrement sur le mouvement. Gageure alors que de l'exposer ? Le musée Gadagne a su déjouer cette équation délicate. Déjà, dans les salles d'introduction ouvertes depuis un an et demi, la place était donnée à ceux qui travaillent ces figurines : où il est montré par vidéo comment elles s'animent sans jamais laisser à penser que cela est facile

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Jeunet & Caro en version majuscule

Exposition | C’est l’histoire chaque fois recommencée d’un tout petit musée qui ne cesse de grandir. Et qui après Wes Anderson ou Ma vie de Courgette s’offre Jeunet & Caro en expo temporaire…

Vincent Raymond | Mardi 30 octobre 2018

Jeunet & Caro en version majuscule

Petit à petit, Le Musée Cinéma et Miniature de Lyon est devenu un géant. Au point de faire passer pour des succédanés les établissements thématiques comparables. Certains sont pourtant installés dans de grandes capitales ou à proximité immédiate, voire à l’intérieur, de studios leur offrant une forme de rente de situation. Conséquence : ils misent avec paresse sur une ou deux pièces d’exception ou des animations vaguement interactives en lien avec les effets spéciaux. À mille lieux du concept du Musée créé par Dan Ohlmann, dont le profil artistique — il est miniaturiste lui-même — et l’obstination viscérale pour la préservation d’un patrimoine en péril expliquent le succès. Ohlmann et son équipe sauvent non seulement des éléments cinématographiques divers (décors, maquettes, maquillages, accessoires…) d'une inéluctable destruction, mais ils restaurent et valorisent ces objets trop longtemps réduits à leur fonction strictement utilitaire. Derrière des vitrines mais à portée de regard du public, sous une lumière savamment travaillée, ils atteignent alors la noblesse muséale sans abandonner leur essen

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Isabelle Bertolotti nommée directrice

Musée d'Art Contemporain | En remplacement de son fondateur Thierry Raspail, parti à la retraite en fin de saison dernière, le Musée d'Art Contemporain accueille à sa tête Isabelle Bertolotti, qui en était jusque-là responsable des expositions.

Sébastien Broquet | Mardi 9 octobre 2018

Isabelle Bertolotti nommée directrice

Tout ça pour ça ? C'était un peu la première pensée venant à l'esprit à l'issue de la conférence de presse annonçant la nomination d'Isabelle Bertolotti, ex responsable des expositions du Musée d'Art Contemporain depuis 1995, au poste de Thierry Raspail, ancien directeur parti à la retraite. Pas que l'heureuse élue ne réponde pas aux critères, loin de là : sa nomination fait une quasi-unanimité dans le petit milieu de l'art lyonnais où elle a su imposer ses compétences reconnues à l'international. Mais surtout, pourquoi avoir attendu si longtemps pour choisir une voie si naturelle et promouvoir les compétences internes ? Selon un élu ayant participé au processus de sélection, la candidature d'Isabelle Bertolotti s'est imposée avec le temps face à la concurrence, car elle a pris soin de présenter un projet ouvert et réfléchi. Elle a insisté sur sa volonté de développement et d'ouverture à l'international. Lors de cette conférence de presse, on a ainsi pu l'entendre affirmer que « le musée des années 80 est très différent de ce qu'est la scène aujourd'hui, il faut tenir compte du dynamisme de la Chine et de l'Afriqu

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Arts plastiques : attention fragile !

Tour d'horizon | Moment délicat de transition pour les arts plastiques à Lyon, où l'on attend notamment un "nom" pour diriger le Musée et la Biennale d'Art Contemporain. Pendant ce temps, d'autres acteurs, ailleurs, prennent des initiatives et secouent les modèles habituels d'exposition.

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 19 septembre 2018

Arts plastiques : attention fragile !

La semaine passée, nous remarquions dans ces colonnes que tous les voyants étaient au vert concernant la danse à Lyon. Dans le domaine des arts plastiques, les choses sont beaucoup plus nuancées, voire assez brouillonnes. À l'heure où nous écrivons, notamment, le Musée d'Art Contemporain et la Biennale d'Art Contemporain attendent toujours leur... directrice ou directeur. Thierry Raspail est parti à la retraite en avril dernier, a conçu la prochaine exposition du MAC consacrée à Bernard Venet, et après, tout n'est que suspense et incertitude. Il faut dire que l'équation est un peu compliquée depuis le lancement par la Ville de Lyon d'un Pôle musées d'art (regroupant le Musée des Beaux-Arts et le MAC) co-dirigé par Sylvie Ramond (directrice du Musée des Beaux-Arts) et le futur directeur du MAC. Comment dès

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Sauvetage in extremis du Musée Urbain Tony Garnier

Politique Culturelle | En mars dernier, la direction du Musée Urbain Tony Garnier s'alertait de sa situation économique critique et, en l'état, estimait sa fermeture imminente. La Ville de Lyon était dos au mur. Elle vient de réagir et augmente, comme promis il y a dix-mois, sa dotation.

Nadja Pobel | Vendredi 13 avril 2018

Sauvetage in extremis du Musée Urbain Tony Garnier

La Ville de Lyon a fait savoir aujourd'hui qu'en plus des 75 000€ déjà attribués annuellement (montant inchangé depuis une dizaine d'années), elle attribuera 15 000€ supplémentaires au musée. S'ajoutent les 20 000€ et le loyer gratuit concédés par le Grand Lyon Habitat, ainsi que les 30 000€ de la Région. La Ville avance qu'elle pourra aussi, « sur des projets spécifiques, apporter un financement complémentaire comme cela s’est fait en 2017 pour la scénographie de l’exposition temporaire » et que par ailleurs « Grand Lyon Habitat va augmenter sa contribution pour des prestations spécifiques liées à la rénovation des murs peints du Musée Urbain. » Enfin, la DRAC maintient sa participation (7000 € annonce la ville, mais en réalité la DRAC verse 9000€ depuis deux ans) et permet au Musée de se positionner sur l’appel à projets "Patrimoine 20e siècle" afin d’obtenir un financement supplémentaire. Soulagement Du côté du musée, ces annonces sont accueillies avec soulagement mais sa directrice, Catherine Chambon, reste prudente car cette augmentation sera mise au vote du Conseil municipal en juillet

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Coquilles vides en mutation

Friches provisoires | On passe devant chaque jour, mais à l'intérieur il n'y a plus rien. Quelle est (ou va être) leur mutation ?

La rédaction | Mardi 3 avril 2018

Coquilles vides en mutation

ENSBA Le 12 mai 2016, Gérard Collomb annonçait à nos confrères du Progrès le projet prévu pour l'ancienne École Nationale Supérieure des Beaux-Arts (ENSBA) situé rue Neyret dans le 1er arrondissement et délaissée depuis une dizaine d'années. Le maire de l'époque prévoyait alors la vente des 6000m2 du bâtiment au Crédit Agricole pour 3, 5 millions d'euros. Au programme : des appartements autour de 6000 à 7000 euros du m2, une place-belvédère et des restaurants. Cette annonce avait alors suscité la mobilisation d'une pétition d'habitants s'opposant au projet, pour préférer celui qui était alors porté par la mairie d'arrondissement de transformer le lieu en une coopérative culturelle et artistique. Depuis, rien. Collège Truffaut La vie devrait bientôt reprendre dans cet ancien collège, abandonné depuis plusieurs années. Une réhabilitation est effectivement prévue pour transformer le lieu en une auberge de jeunesse nouvelle génération, une cour intérieure ouverte au public, une résidence étudiante et un accueil d'activités liées à l'économie sociale et solidaire. Reste à savoir si la

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L’Habitat habité au Musée Tony Garnier

ARTS | Menacé d'une déplorable fermeture imminente faute de moyens suffisants, le musée urbain Tony Garnier continue néanmoins de proposer des expositions aussi accessibles qu’utiles et intelligemment menées. Celle sur l’habitat des français, des taudis aux Habitations à Bon Marché, ne déroge pas à cette règle.

Nadja Pobel | Mardi 20 mars 2018

L’Habitat habité au Musée Tony Garnier

Après dix-huit mois consacrés au confort moderne puis au béton (et à toutes ces incidences sur la massification de l’habitat), le Musée Urbain Tony Garnier poursuit son remarquable travail pour mieux comprendre comment le XXe siècle s’est adapté en France à un changement civilisationnel fondamental - la bascule du monde rural vers le monde urbain – et comment cette population, de plus en plus dense, a pu être logée. Si quelques panneaux explicatifs éclairent des points précis (le rôle fondamental de l’Église, celui du patronat qui a abrité pour mieux les contrôler les ouvriers…), cette exposition est avant tout immersive. Il s’agit de ressentir comment on vivait au début du siècle, avec la reproduction d’une pièce de vie sous les toits quasiment dans ses dimensions originelles. Avec une collecte réalisée auprès des Lyonnais, voici un lit, des édredons peut-être vus chez vos ancêtres, une fenêtre type ré

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Ça vous plaît ? C'est eux qui l'ont fait !

Ateliers | À chaque vacances scolaires, la problématique reste la même : comment occuper les enfants ? Surtout à l'occasion de vacances qui n'en sont pas vraiment. Suivez le guide.

Antoine Allègre | Mardi 19 décembre 2017

Ça vous plaît ? C'est eux qui l'ont fait !

La facilité "parents indignes" de les laisser scotcher devant la tablette n'étant pas (totalement) recevable, la meilleure solution est de leur ouvrir les portes vers le monde merveilleux des arts plastiques, des pratiques circassiennes ou d'un musée hautement fréquentable pour des ateliers. Pour ce qui est de la patouille tip top, la Galerie Vaubecour se trouve être l'écrin idéal pour sensibiliser l'enfant à la matière – et cela dès cinq ans. Déjà parce que l'endroit est magnifique et que la programmation jeune public est impeccable. Jugez plutôt : le 26 décembre, ils pourront sculpter et peindre la comète de Noël ; le lendemain, à partir de matériaux recyclés, ils imagineront un périple spatial. Le 28, ils empoigneront ciseaux, colle et tubes de peinture pour fabriquer leur propre planète terre (pour ensuite complèter le système solaire au grand complet le mardi 2 janvier). Le 3 janvier, ils se pencheront sur l'expédition Apollo 13 en direction de la Lune, grâce à des photomontages réalisés par leurs petites fourches caudines (et fabriqueront l'astre et ses prochaines voisines étoilées le 5 janvier). Le jeudi 4 janvier, ils in

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Gadagne, incarné

Un musée repensé | Il avait fait peau neuve en 2009, essuyant même un incendie qui avait retardé l'ouverture. Puis, vitrine de Lyon parmi d'autres, ce double musée (des (...)

Nadja Pobel | Mardi 28 novembre 2017

Gadagne, incarné

Il avait fait peau neuve en 2009, essuyant même un incendie qui avait retardé l'ouverture. Puis, vitrine de Lyon parmi d'autres, ce double musée (des marionnettes et d'Histoire de la ville) a vécu quelques années d’événements tous azimuts (dont une très belle exposition dédiée à la gastronomie) sous l'ère de sa directrice précédente. Depuis l'arrivée de Xavier de la Selle en 2015, ce musée emprunte une nouvelle voie avec des moyens certes réduits, une mutualisation un peu forcée par sa tutelle (avec le musée Malartre de l'automobile de Rochetaillé puis celui de l'Imprimerie et de la Communication Graphique) mais une ligne claire : être un « musée de ville », et non un musée d'Histoire de la ville comme on l'entend classiquement. Nulle envie de jeter par-dessus bord les travaux scientifiques des historiens. Mais un refus que les particularismes locaux ne soient montrés qu'au travers des pièces de collectionneurs, qui « reflètent le goût des élites » et non pas la vie de tous selon Xavier de la Selle. Il s'agit désormais de montrer au musée les enjeux contemporains et à venir d'une cité et de prendre en compte ses habitants. C

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Andy Warhol au musée de l’imprimerie et de la communication graphique

Monument | Le plus célèbre artiste du pop art n’en a pas fini avec son quart d’heure de gloire. En mars prochain, dès le 23 (et jusqu’au 16 septembre) c’est le musée (...)

Lisa Dumoulin | Mardi 24 octobre 2017

Andy Warhol au musée de l’imprimerie et de la communication graphique

Le plus célèbre artiste du pop art n’en a pas fini avec son quart d’heure de gloire. En mars prochain, dès le 23 (et jusqu’au 16 septembre) c’est le musée de l’imprimerie et de la communication graphique qui accueille une partie de son œuvre que l’on connaît moins : ses travaux d’illustrateur, de publicitaire et d’éditeur. Au-delà de ses célèbres reproductions, il a réalisé beaucoup de campagnes publicitaires et politiques, de flyers et cartons d’invitations à des gala pour ses amis… en provenance directe de Montréal, les œuvres sont issues de la collection de Paul Maréchal. On le remercie.

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Musée de la Mine : la mine radieuse du puits Couriot

Les Pierres du Dedans | C’est sous terre que se cache une partie du patrimoine et de l’Histoire stéphanoise. Fermé en 1973, le dernier puits d’extraction minière de la ville a laissé place au Musée de la Mine. Le puits Couriot, classé Monument historique, constitue un site remarquable à deux pas du centre-ville.

Corentin Fraisse | Mardi 4 juillet 2017

Musée de la Mine : la mine radieuse du puits Couriot

Au Nord, c’est les corons, d’accord. À Saint-Étienne « la terre, c’était le charbon. » L'aventure ligérienne s’est aussi écrite autour : si bien qu’on a ouvert le Musée de la Mine. Officiellement appelé Puits Couriot / Parc Musée de la Mine, il est installé dans les bâtiments du dernier puits stéphanois. Un musée immersif, élevé à la gloire des générations de mineurs qui s’enfonçaient chaque jour, avec force et courage, dans les entrailles de la terre. Édifié à partir de 1913, Couriot était devenu dans les années 1940 le plus grand puits d'extraction de charbon du bassin minier. À l'époque de la mine, les installations de lavage du charbon et les voies ferrées d'expédition occupent entièrement l'espace, au pied du chevalement. Le ballet incessant a désormais fait place à un parc paisible de huit hectares. Depuis 1973, la mine a fermé, c’est terminé. « La bête mauvaise, accroupie dans ce creux, gorgée de chair humaine, ne [souffle] plus de son haleine grosse et longue » comme l’écrit Emile Zola dans Germinal presque cent ans plus tôt. Simplement aménag

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Laurent Wauquiez dévoile ses cartes

Musée des Tissus | La Région a dessiné les contours d'un futur possible et désirable pour le Musée des Tissus et des Arts Décoratifs, et se montre prête à mettre la main au portefeuille de manière significative.

Sébastien Broquet | Mardi 6 juin 2017

Laurent Wauquiez dévoile ses cartes

Laurent Wauquiez semble avoir fait du Musée des Tissus et des Arts Décoratifs sa grande cause culturelle et patrimoniale, s'érigeant en moteur du projet de sauvegarde de ce lieu qui, on le rappelle, est menacé dans son existence par la volonté de la CCI Lyon Métropole de s'en séparer face aux coûts trop élevés pour en assurer le fonctionnement. La semaine dernière, la Région a lancé « l'opération sauvetage » en prenant directement les commandes : côté finances, la collectivité s'engage à verser chaque année à partir de 2018, un million d'euros en fonctionnement et à assurer la moitié du coût d'investissement, soit 10 millions d'euros, pour une refonte du projet. Mais Laurent Wauquiez pose ses conditions : « Ce sauvetage passera inéluctablement par un projet innovant qui devra redynamiser l’établissement, lui redonner les moyens de son excellence et d’une ambition nationale et internationale renouvelée. » Le projet que souhaite défendre la Région rejoint l'une des propositions dévoilée

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13e Nuit des musées

Gratuit | Depuis maintenant treize éditions, le principe de la Nuit européenne des musées est aussi simple que populaire : ce samedi 20 mai, tous les musées (ou (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 16 mai 2017

13e Nuit des musées

Depuis maintenant treize éditions, le principe de la Nuit européenne des musées est aussi simple que populaire : ce samedi 20 mai, tous les musées (ou presque) ouvriront gratuitement leurs portes, de 18h environ à minuit (maximum). À cette occasion, de nombreux lieux en profitent pour proposer des animations, comme le Musée des Confluences avec une fanfare venue du Bénin qui déambulera à l'extérieur et dans l'enceinte du musée, ou le Musée d'Art Contemporain qui organise un concert avec les musiciens du CNSMD au beau milieu de l'exposition consacrée à la scène artistique de Los Angeles. Le Musée des Beaux-Arts s'est quant à lui acoquiné avec des étudiants de l'École Nationale des Beaux-Arts, qui donneront à ses collections un éclairage nouveau à travers des installations vidéo et d'autres créations surprenantes. La programmation complète pour le

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Les 5 expos à voir en mai

Art | Cinq expos qu'il faut voir ce mois-ci.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 2 mai 2017

Les 5 expos à voir en mai

1. Vagabondages, au Musée Paul Dini à Villefranche-sur-Saône jusqu'au 17 septembre Chaque année, le Musée Dini présente une exposition thématique rassemblant plusieurs artistes contemporains de la région. Cette nouvelle édition est consacrée aux '"vagabondages", errances tant physiques dans le paysage que psychiques dans l'imaginaire ou le rêve... On y découvre de très belles œuvres signées Marc Desgrandchamps, Jacques Truphémus, Jacques Monory, Max Schoendorff, Djamel Tatah, Carole Benzaken... 2. Pierre de Maria, Figuratif de l'imaginaire à la galerie Michel Descours jusqu'au 17 juin

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Venenum : un parcours savamment dosé

Laboratoire de Curiosités | Après un parcours guidé dans l'histoire du poison, Venenum lâche le visiteur en pleine nature dans une deuxième partie foisonnante et intrigante, entre sciences naturelles et médecine. De quoi faire le tour complet d'un sujet vipérin.

Nadja Pobel | Mardi 2 mai 2017

Venenum : un parcours savamment dosé

C'est sous le signe d'une installation énigmatique, plongée dans la pénombre, que commence le parcours : une pomme nimbée d'effets lumineux mouvants. Il y a là déjà le symbole du poison, son vecteur de transmission (une femme ! la sorcière) et la beauté pure. Car oui, le poison, tel qu'il est présenté ici et représenté dans l'imaginaire collectif, est beau. En croisant différents scientifiques et domaines d'études (l'Histoire, les sciences naturelles, les beaux-arts, les sciences du vivant, la physique, la chimie, la médecine), jamais cette exposition ne se révèle nébuleuse ou inaccessible, bien qu'il faille plusieurs heures pour vraiment en découvrir tous les recoins et aplanir le mystère. D'emblée, c'est une plaque décorative en argile figurant Thésée et Égée qui illustre le poison utilisé pour la conquête du pouvoir. Et voilà que surgit la figure de l'empoisonneuse, développée à l'époque moderne avec Lucrèce Borgia (voir la famille italienne en médaillon) ou plus encore au XXe avec une flopée de journaux (Le Petit Journal, Détective...) livrant des récits sur Hélène Jégado, Marie Besnard ou Violette Nozière, que Claude Chabrol portera à

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Musée des marionnettes : Manipulations à vue

Marionnettes | À Gadagne, réouverture du début du parcours du musée des marionnettes, qui fait de ces pantins un art résolument vivant et contemporain.

Nadja Pobel | Mardi 11 avril 2017

Musée des marionnettes : Manipulations à vue

Et après tout, pourquoi pas ? Cesser un temps (pour des raisons de restrictions budgétaires certainement) le rythme effréné des expositions temporaires, de la course au nombre record de visiteurs. Revenir aux fondamentaux, loin de l'événementiel. Le musée Gadagne ouvre en ce début avril trois de ses six salles consacrées à la marionnette. Depuis 1950, outre sa fonction d'être un lieu d'Histoire de la ville, ce somptueux bâtiment Renaissance héberge plus de 2000 marionnettes, costumes, décors.... Musée international de la marionnette, musée des marionnettes du monde, c'est désormais un musée des arts de la marionnette. Derrière ce changement de nom, il y a une idée claire : la marionnette vit. Et tant pis pour le paradoxe qui consiste à l'enfermer dans un musée. Elle sort désormais des cages de verre qui l’enserrent encore jusqu'en avril 2019 dans les autres parties de cette déambulation. Ce cœur qui bat Deux petits couloirs et trois salles exiguës plongées dans un bleu Klein marquent le changement radical d'approche : la mar

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La Renaissance des Muses de l'Opéra

Bar | Fermé en 2012, l’ascenseur qui mène derrière les Muses rouvre pour seulement trois mois. Il faut se dépêcher de l'emprunter, pour aller boire un verre, grignoter les produits sélectionnés par Deux Filles en Cuisine et profiter de la terrasse panoramique.

Adrien Simon | Mardi 28 mars 2017

La Renaissance des Muses de l'Opéra

Les muses des arts, ces filles de Zeus qui ornent la façade de l’opéra, alimentent les rumeurs. Pourquoi l’architecte, Antoine-Marie Chenavard, n’en a choisi que huit ? La poésie, la musique, l’élégie, la tragédie, la danse, la comédie et même l’Histoire et la rhétorique, d’accord (Calliope, Euterpe, Erato, Melpomène, Terpsichore, Thalie, Clio et Polymnie). Mais il manque Uranie ! On a dit que, pour des raisons d’harmonie, et donc de symétrie, le bâtisseur a sacrifié l’astronomie. Car elle a peu à voir avec le théâtre, et parce qu’Uranie trônait déjà sur la place des Cordeliers (avant d’être décapitée par les Canuts, puis détruite en 1858). La vie de muse, c’est difficile. Les huit élues se trouvent désormais à la base du dôme, créé par Jean Nouvel. Et dans leur dos, éclairé de rouge, se trouve le petit restaurant que l’architecte avait aménagé pour, en 1994, le grand cuisinier Philippe Chavent. Malgré ses qualités (des chefs de renom comme Daniel Ancel, sa terrasse, son panorama), le restaurant, tel Uranie, se cassa la figure, ferma en 2012 et ne trouva personne pour le relever. Sans qu’on ne comprenne exactement : p

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Stagiaires en herbe

Ateliers | Les vacances d'avril approchent dangereusement. Que diable les enfants vont-ils pouvoir faire de leurs dix doigts ? Petite sélection primesautière d'ateliers et autres stages frais et décontractés.

Antoine Allègre | Mardi 28 mars 2017

Stagiaires en herbe

Voyager Et s'ils partaient à la découverte d'une culture qui leur est étrangère ? L'Institut Chine Education (Lyon 3e) a prévu le coup en organisant des stages découverte pendant les vacances pour les 4-15 ans. Ils y apprendront les bases de la langue et de l'art pictural typique. Ils pourront également écouter des contes qui émerveillent les enfants de l'Empire du Milieu depuis des centaines d'années, pratiquer de la gymnastique qui détend ou encore fabriquer des raviolis. Attention, les jauges sont restreintes – se limitant entre 4 et 8 participants par session à 10€ l'heure, du lundi au vendredi. Plonger Autre type d'aventure, cette fois subaquatique du côté du Musée des Confluences qui a installé depuis le 11 mars dernier un container sur sa terrasse côté Nord. La programmation d'ateliers dans ce nouveau lieu sera en partie dédiée aux bambinos. En ce moment, les kids de 4 à 6 ans et les 7-10 ans embarquent à bord de l'Octopuss 2, une base scientifique à l'esthétique 70's qui a échoué à la Confluence. Une expérience drôle, intuitive et instructive pour les océanographes en culotte courte.

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Se remettre en mouvement avec Boris Charmatz

Le Moi de la Danse | Boris Charmatz est de retour aux Subsistances, pour un grand entretien et la reprise d'un solo de Tino Sehgal. Le chorégraphe revient sur son parcours, sa perception de la danse et son univers, trop rapidement qualifié de danse conceptuelle.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 24 janvier 2017

Se remettre en mouvement avec Boris Charmatz

On vous attribue souvent l'étiquette "danse conceptuelle". Est-ce qu'elle vous correspond vraiment ? Boris Charmatz : Au-delà de toutes les étiquettes (danse conceptuelle, non-danse...) je suis, et je me ressens avant tout, comme un danseur. J'ai commencé à douze ans, j'ai quitté ma famille pour aller danser, j'ai été formé au Ballet de l'Opéra de Paris et au Conservatoire de Lyon, je suis devenu professionnel à dix-sept ans... Aujourd'hui encore, je danse pour d'autres chorégraphes comme Anne Teresa De Keersmaeker ou Tino Sehgal. C'est à partir de la danse que j'ai pu écrire, lire, penser, faire des choses variées. Celle-ci est pour moi un endroit de pensée et pas seulement de pratique physique. J'adore transpirer dans un studio de répétition, j'aime aussi parallèlement interroger la place du corps et du danseur. Et vous aimez aussi bousculer les règles du spectacle, briser les frontières artistiques ? J'aime l'art tout terrain.

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Suivez le conteur

KIDS | En cette fin d'année, le Musée Gadagne a réalisé trois visites contées vraiment magiques pour les petits à partir de 3 ans. Et ceci en écho avec ses collections. (...)

Sébastien Broquet | Mercredi 23 novembre 2016

Suivez le conteur

En cette fin d'année, le Musée Gadagne a réalisé trois visites contées vraiment magiques pour les petits à partir de 3 ans. Et ceci en écho avec ses collections. Bama et l'antilope cheval, Le fabuleux destin du prince Râma et Kasparek et le mystère des souliers usés sont trois histoires hyper attachantes qui amèneront les mouflets à écouter sagement pour ensuite déambuler dans les couloirs du musée. Parents, soyez sur le coup : les places partent très vite. Réservations via www.gadagne.musees.lyon.fr

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Nocturne au Musée

ARTS | Tous les premiers vendredis du mois, de 18h à 22h, le Musée des Beaux-Arts organise des nocturnes croisant l'art avec la musique, la danse ou le théâtre. Ce (...)

Jean-Emmanuel Denave | Lundi 31 octobre 2016

Nocturne au Musée

Tous les premiers vendredis du mois, de 18h à 22h, le Musée des Beaux-Arts organise des nocturnes croisant l'art avec la musique, la danse ou le théâtre. Ce vendredi 4 novembre, vous pourrez découvrir le nouvel accrochage des collections d'art moderne du Musée en compagnie de l'Ensemble Emelthée qui jouera Satie, Poulenc, Stravinsky, et même... Boris Vian !

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Ma vie de Courgette : l'envers du décor

L'Expo | Après avoir dévoilé l’univers de Wes Anderson et son Grand Budapest Hotel, le Musée Miniature & Cinéma épluche celui de Courgette, tourné à quelques arrêts de bus de là. Quand on dit que le circuit court a du bon…

Vincent Raymond | Mardi 18 octobre 2016

Ma vie de Courgette : l'envers du décor

Dix années. C’est la durée qui s’est écoulée entre la découverte par Claude Barras du roman de Gilles Paris et la sortie du film qu’il lui a inspiré. Une décennie, quasiment une petite vie, pour concevoir et accomplir une œuvre dont chaque seconde aura nécessité d’être disséquée en une suite d’images minutieusement composées, photographiées, puis rassemblées pour donner l’harmonieuse illusion du mouvement… Un film en stop motion est, décidément, une drôle d’espèce cinématographique, ontologiquement contrariante : non seulement il dévore des quantités absurdes de temps pour en restituer une quintessence par la ruse, profitant de notre rémanence rétinienne ; mais en plus, il fait disparaître toutes les traces apparentes de sa chimérique création. Résultat ? Après la phase de tournage, poupées-marionnettes et décors sont rendus à leur état d’objets inanimés… c’est-à-dire inutiles, et promis à la destruction. Les précieux éléments de Ma vie de courgette auraient connu ce funeste destin si l’un des producteurs Marc Bonny, en voisin lyonnais du Musée Miniature & Cinéma, n’avai

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Le Département lâche le Musée des Confluences

Politique Culturelle | Le Département du Rhône, qui avait initié le projet du musée des Confluences passé depuis sous l'égide de la Métropole, a décidé d'interrompre son financement dès janvier prochain afin de se concentrer sur le territoire du "Nouveau Rhône".

Sébastien Broquet | Mardi 4 octobre 2016

Le Département lâche le Musée des Confluences

La nouvelle est arrivée à l'ancienne, comme ça, tout simplement : une lettre recommandée avec avis de réception. Dans la missive parvenue au courrier du musée des Confluences il y a une dizaine de jours, une nouvelle dont la direction se serait bien passé : la fin de la subvention jusqu'ici accordée par le Département du Rhône, et ce dès janvier 2017. Soit demain, à l'échelle d'une telle structure culturelle. Abrupte, l'annonce a surpris mais n'a pas non plus échaudé une équipe qui surfe sur son succès public : en 2015, le musée des Confluences était tout simplement le plus visité de France en dehors de Paris ; avec 8, 4% des visiteurs provenant du Département (hors métropole). Révélée par nos confrères du Progrès, la décision prise par Christophe Guilloteau, le président du Département étiqueté Les Républicains, de fermer les vannes a donc surpris, même si du côté du musée l'on dit bien comprendre le contexte général incitant aux économies et l'on indique que « l'on ne discute pas des choix politiques, ce n'est pas notre sujet ; les collectivités doivent baisser les subventions, on le sait. » C'est surtout la manière

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Où bosser tranquille ?

Spots inspirants | Bibliothèque : bondée. Café du coin : bruyant. Atelier de co-working : complet. Pas de panique : on a déniché les meilleurs lieux pour réviser votre dernier cours de macroéconomie et booster votre créativité.

Julie Hainaut | Mardi 4 octobre 2016

Où bosser tranquille ?

Au cinéma Non, on ne vous suggère pas de réviser votre cours de droit international dans une salle obscure devant le génial Buster Keaton (mais profitez d'une pause entre deux cours pour aller voir ses films, programmés dès le 9 octobre dans le cadre du Festival Lumière). On vous incite plutôt à tester les fauteuils moelleux de l’espace rencontre du Comœdia, situé à gauche de la billetterie. En accès libre, doté du wifi (code gratuit à demander au Bistrot, le restaurant du cinéma), ce coin — qui fait régulièrement l’objet d’expositions — est hyper calme en journée et en semaine (jusqu’à 19h30 environ). Dans un autre genre, le Hangar du Premier-Film de l’Institut Lumière

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Les fils emmêlés du Musée des Tissus

Une situation toujours floue | Que deviendra le Musée des Tissus et des Arts Décoratifs ? Son sort, sérieusement compromis depuis un an, n'est toujours pas réglé. Des pistes s'esquissent. Le point sur la situation en attendant l'épilogue.

Nadja Pobel | Mardi 27 septembre 2016

Les fils emmêlés du Musée des Tissus

Lové au cœur du quartier d'Ainay dans un hôtel particulier, le flamboyant Musée des Tissus ne connaît toujours pas son avenir. Au cœur du réacteur, ça s'échauffe depuis plusieurs mois. Propriété de la chambre de commerce et d'industrie, le musée n'est plus désiré. Il coûte cher (2, 7 millions d'euros par an, avec notamment le salaire de vingt employés pour un million de recettes de billetterie et de mécénat) et la CCI, privée de 38% de recettes fiscales, qui n'a plus l'intention de combler ce déficit de 1, 7 M€, cherche désespérément à s'en débarrasser. Au printemps, elle s'était engagée à verser encore 1M€ et les institutions publiques (État, Région, Ville-Métropole) devaient apporter chacune 250 000€. Tout cela est en stand-by. Une association en gestation Tous les acteurs sont suspendus à la promesse faite en juillet, émanant du ministère de la Culture, de constituer une association qui reprendrait la gestion du musée dès le 1er janvier prochain. Un médiateur, présiden

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Une année au musée : permanence culture

Musées patrimoniaux | Poison, alimentation, imprimerie, typographie, études de quartier : les musées dits "patrimoniaux" et les bibliothèques se mettent en quatre pour agrandir le champs de vos connaissances. La preuve par six.

Nadja Pobel | Mardi 13 septembre 2016

Une année au musée : permanence culture

Alors que leur expo dense, très dense et fort instructive sur Le sport à l’épreuve du nazisme continue jusqu’à fin janvier, le CHRD annonce se consacrer ensuite à L’Alimentation en temps de guerre (dès avril). Après avoir passé au crible le quotidien des Français durant la guerre via l’habillement, ce sera cette fois au travers de la nourriture. Cette façon empruntée à l'historien Georges Duby de regarder l’histoire par le quotidien est passionnante. Dans un travail presque sociologique, le Rize de Villeurbanne se penche sur le quartier ouvrier de la cité Gillet, avec recueil de témoignages des habitants à foison pour une expo très vivace (du 6 octobre au 23 décembre). La bibliothèque municipale de la Part-Dieu décline le thème de la révolution de la mise en page sous Gutenberg, dans Impressions premières (du 30 septembre au 21 janvier) puis, à l’approche des élections, diffusera une série d’installations dans son réseau, liées à la démocratie et à la pensée. Quant au musée de l’Imprimerie, il suit son f

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Un peintre, Arcabas, et des merveilles de l'art sacré

église Saint-Hugues-de-Chartreuse | Au cœur du massif de la Chartreuse, en plein dans l’église Saint-Hugues-de-Chartreuse, se cache un musée d’art sacré contemporain. Et c’est Arcabas, un artiste aujourd’hui âgé de 90 ans, qui l’a magnifiquement rénové au fil des ans. Visite guidée.

Tiphaine Lachaise | Mercredi 6 juillet 2016

Un peintre, Arcabas, et des merveilles de l'art sacré

Pour accéder à l’église Saint-Hugues-de-Chartreuse qui abrite le musée d’art sacré contemporain, il faut le mériter ! Mais Christine Julien, la directrice des lieux, est aussi enthousiaste que nous. « Quand on arrive ici, on ne sait pas trop par où regarder ! » 111 œuvres se repartissent ainsi dans cette petite église de montagne, créant un espace proche du sublime. 111 œuvres qui viennent toutes des mêmes mains : celle de Jean-Marie Pirot dit Arcabas. En 1953, le peintre et sculpteur français né en 1926 en Lorraine, formé ensuite aux Beaux-Arts de Paris avant d’enseigner à ceux de Grenoble, demande au curé Truffot (« un prêtre ouvrier que l’évêque avait envoyé un peu en exil en montagne pour qu’il ne pollue pas la population des villes » dixit Christine Julien) de repeindre gratuitement le bâtiment religieux alors laissé à l’abandon. Truffot accepte, de même qu’Auguste Villard, maire de Saint-Pierre-de-Chartreuse dont le surnom était « le préfet de Chartreuse ». C’est le début d’une longue histoire d’amour entre Arcabas, ce lieu et Dieu. Trois périodes

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2000 ans, autant de couches au Musée archéologique de Grenoble

Patrimoine | Situé au bout du quai Saint-Laurent, dans l’un des quartiers les plus anciens de Grenoble, le Musée archéologique propose de remonter le temps jusqu’aux (...)

Aurélien Martinez | Mercredi 6 juillet 2016

2000 ans, autant de couches au Musée archéologique de Grenoble

Situé au bout du quai Saint-Laurent, dans l’un des quartiers les plus anciens de Grenoble, le Musée archéologique propose de remonter le temps jusqu’aux origines du christianisme. Il faut dire que cet ensemble architectural, classé Monument historique, a connu beaucoup d’époques et de constructions. Les couches d’histoire se succèdent ainsi et on savoure ce musée comme un délicieux mille-feuilles. D’un mausolée traversant l’antiquité jusqu’au Moyen-Âge, le lieu devient ensuite une église carolingienne, bientôt recouverte par un bâtiment plus grand encore. Dès l’entrée dans les lieux, on est subjugués par la vue toute en transparence : sous nos pieds s’affichent 2000 ans d’histoire. Une prise de hauteur qui permet également au visiteur de s’imaginer parcourir les allées éventrées de cette ancienne basilique, entre squelettes et caveaux – ce qui est faisable ensuite pendant la visite. Elle permet enfin de saisir les différences de sépultures et l’évolution des mentalités au sujet de la mort au fil des siècles. Un travail pas toujours simple mais qui a le mérite de réveiller avec grandeur les fantômes du passé.

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Musée des Tissus : en sursis jusqu’à la fin de l’année

ACTUS | C’est la série de cet hiver à Lyon, et il n’y a pas besoin d’être abonné à un site de streaming pour en suivre les rebondissements. Attention, spoiler : le musée des Tissus et des Arts Décoratifs est donc sauvé. Très provisoirement, du moins. Retour sur la première saison venant de s’achever, en attendant la saison 2, en fin d’année.

Sébastien Broquet | Mardi 15 mars 2016

Musée des Tissus : en sursis jusqu’à la fin de l’année

Tout débute en 1856, quand les soyeux lyonnais décident de créer ce musée, ouvert au public en 1864. Le temps passant, une collection exemplaire et surtout unique au monde s’est constituée : rien moins que 2, 5 millions de pièces de textiles, issues de toute la planète et de toutes les époques, remontant jusqu’à l’Égypte des Pharaons. Un patrimoine inestimable, qui outre le fait d’attirer plusieurs milliers de visiteurs chaque année, d’être particulièrement reconnu à l’étranger (pour preuve, la pétition lancée pour le sauver a recueilli des signatures dans 122 pays), ce musée est une source d’informations essentielle pour les historiens, les créateurs qui viennent y chercher l’inspiration, les étudiants… Bref, un patrimoine unique et irremplaçable représentant 4500 ans d’Histoire. Problème : le musée appartient à la CCI, la Chambre de Commerce et d’Industrie, qui, exsangue, veut le fermer. C’est le seul en France à appartenir à une chambre consulaire. Cette dernière, suite à décision du gouvernement, va perdre 38% de ses ressources fiscales. Alors Emmanuel Imberton, le président de la CCI, ne veut ou ne peut plus tenir à bout de bras ce musée. Pendant plus d’un an, il

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Musée des Confluences : de la terre à la hutte

ARTS | Nous marchons dessus sans la prendre en compte. Sous la première couche de notre terre, celle des pots de fleur nous dit-on, se cache un véritable matériau (...)

Nadja Pobel | Mardi 15 mars 2016

Musée des Confluences : de la terre à la hutte

Nous marchons dessus sans la prendre en compte. Sous la première couche de notre terre, celle des pots de fleur nous dit-on, se cache un véritable matériau de construction que cette exposition (coréalisée avec la Cité des sciences et un laboratoire de l’ÉNS d’architecture de Grenoble) s’attache à disséquer. Si l’entrée en matière se fait par l’aspect artistique (des traces de terre séchée, devenues tableaux) via le beau travail de Daniel Duchert et une mosaïque de différentes couleurs de terre, c’est d’aspects plus prosaïques dont il est question ensuite afin de révéler comment avec un agglomérat de grain, d’eau et d’air, il est possible de bâtir des maisons en pisé, adobe, bauge et torchis, de la ferme de la Forêt à Courtes (dans l’Ain) aux maisons togolaises et indiennes représentées par de magnifiques maquettes. Passée cette phase de contemplation, il s’agit surtout d’expérimenter cette matière à travers des installations ludiques, didactiques et interactives pour montrer qu’un sac de terre n’est jamais plein, que l’eau permettant aux grains de se tenir entre eux peut aussi réduire à néant une édification, dès lors que le sol est trop secoué. Idé

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Le Musée des Confluences emporté par la foule

ACTUS | Quand fin décembre 2014 le musée des Confluences a enfin ouvert, sa directrice Hélène Lafont-Couturier visait 500 000 visiteurs dans l’année. (...)

Nadja Pobel | Mercredi 2 mars 2016

Le Musée des Confluences emporté par la foule

Quand fin décembre 2014 le musée des Confluences a enfin ouvert, sa directrice Hélène Lafont-Couturier visait 500 000 visiteurs dans l’année. Cette barre symbolique a été franchie en six mois. Le 9 février, le millionième curieux poussait les portes de ce nuage de verre, amenant Confluences à totaliser plus de monde que la somme de tous les autres musées municipaux (Gadagne, MAC, Beaux-Arts…) sur l’exercice 2015. Le chiffre le plus emblématique de l’engouement suscité par ce lieu dédié à l’Homme réside sans doute dans les 26 000 pass annuels délivrés, un moyen pour chacun des acquéreurs de revenir autant de fois qu’il le souhaite en échange de 30€ (pour les adultes). Pour savoir qui sont ces promeneurs, un observatoire des publics a été mis en place cet été et il révèle que 94% d’entre eux sont Français. Mais dans les 6% restants figurent pas moins de 180 nationalités (voisins en tête : Suisses, Italiens, Allemands, Anglais). Autre enseignement : les Hexagonaux viennent très majoritairement de Rhône-Alpes (77%) voire de Lyon (31%). Enfin, le temps passé au musée varie en moyenne entre deux et trois heures, signifiant que les visiteurs ne s’ennuient p

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Le Musée des Beaux-Arts s'ouvre au XXe siècle

ARTS | Sa collection permanente du XXe siècle étant partie au Mexique, le Musée des Beaux-Arts ouvre ses salles aux artistes lyonnais du début du XXe aux années 1980. (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 5 janvier 2016

Le Musée des Beaux-Arts s'ouvre au XXe siècle

Sa collection permanente du XXe siècle étant partie au Mexique, le Musée des Beaux-Arts ouvre ses salles aux artistes lyonnais du début du XXe aux années 1980. Une "lyonnaiserie" rassemblant les croûtes du musée ? Tout au contraire : le parcours casse l'image d'une scène régionaliste repliée sur elle-même en présentant quelque 160 œuvres de bonne voire d’excellente tenue. Aucun lien évident entre elles, mais un kaléidoscope de personnalités et de perspectives qu'on découvre ou redécouvre avec joie. Comme cette très baudelairienne Passante de Jacques Truphémus (né en 1922), franchissant une passerelle comme on franchit les rives de l'angoisse. Ou ce très bel ensemble de gravures et de peintures de ce singulier artiste, mi-symboliste mi-érotomane, qu'était Pierre Combet-Descombes (1885-1966). Ou encore l'abstraction aux espaces éclatés à la Geer Van Velde de Pierre Doye (né en 1927). Ainsi que le précisent Sylvie Ramond (directrice du musée) et Patrice Béghain (ancien adjoint à la culture de la Ville et auteur d'Une histoire de la peinture à Lyon aux éditions Bachès), il s'agit moins d'une exposition en tant que telle que

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Wes Anderson au format miniature

ARTS | Obsédé par le design et les compositions esthétiques, Wes Anderson signe des œuvres dans lesquelles on se glisse comme on entre au musée. En exposant des pièces et maquettes monumentales empruntées à "Grand Budapest Hotel" et "Fantastic Mr. Fox", le Musée Miniature & Cinéma nous propulse donc dans ses films. Normal : chez Anderson, tout est symétrique…

Vincent Raymond | Vendredi 18 décembre 2015

Wes Anderson au format miniature

Peut-on imaginer métier plus ingrat que celui de maquettiste pour le cinéma ? D’abord, parce que les œuvres conçues par ces minutieux artistes doivent se faire oublier, être invisibles en trompant le public — en s’effaçant derrière l’action par un procédé d’incrustation. Ensuite, parce que leur destin est de finir détruites, soit durant le film à l’occasion d’une spectaculaire explosion, soit à l’issue du tournage, à l’instar de la grande majorité des décors, trop volumineux et inaptes à bénéficier d’un quelconque recyclage. Tant d’heures de travail réduites à l’état de poussières, dont il ne subsistera parfois qu’une poignée de secondes à l’écran… Lorsque le tournage du Grand Budapest Hotel a été achevé, ses grandes maquettes auraient dû connaître ce funeste sort. Mais Wes Anderson, instruit de l’existence du Musée de Dan Ohlmann, désirait que trois d’entre elles soient récupérées et présentées à Lyon. Aussitôt, un projet d’exposition thématique a été lancé, d’autant plus facile à élaborer (sur le papier, en tout cas) qu'Anderson a toujours eu recours aux artisans des studios : «Il donne des lettres de noblesse à tous ces gens qui travaillent dans l’ombre

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Fantastique Maître Ohlmann

ARTS | On le rencontre dans un de ses ateliers aux murs tapissés d’outils, en train de recouvrir un cadre de bois ouvragé par petites touches de peinture orangée, (...)

Vincent Raymond | Mardi 22 décembre 2015

Fantastique Maître Ohlmann

On le rencontre dans un de ses ateliers aux murs tapissés d’outils, en train de recouvrir un cadre de bois ouvragé par petites touches de peinture orangée, histoire de lui donner une apparence patinée «un peu broc’». «Celui-là ? Je l’ai sculpté ce matin. Avec les dents» lance-t-il en guettant la réaction de ses interlocuteurs. Avant d’éclater de rire. Son éternel chapeau vissé sur le crâne, Dan Ohlmann a tout de l’authentique showman. Musicien autrefois, ébéniste et décorateur ensuite, il est le créateur du Musée Miniature & Cinéma et son âme depuis près de 30 ans. «Je reçois même des courriers à l’entête de “Monsieur le Conservateur” » s’amuse-t-il. Son amour pour le cinéma, son admiration respectueuse pour les artisans et son sens du contact, voire son bagou — «quand je parle de ma passion, c’est comme si je vendais des moulinettes» — en ont fait un haut lieu en Europe. S’il confie «ne pas [être] toujours très fort» sur les noms des comédiens, il est intarissable sur les décorateurs, costumiers, concepteurs d’effets spéciaux, maquilleurs… «Dans l’ombre il y a des artistes incroyable

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La Belle Époque en couleurs

ARTS | Le Musée Paul Dini se penche sur le vrai-faux mouvement postimpressionniste, regroupant une multitude d'artistes ayant notamment expérimenté de nouvelles manières de rendre la lumière à travers la couleur. Avec pour têtes d'affiche : Paul Signac, Pierre Bonnard, Maurice Denis... Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 1 décembre 2015

La Belle Époque en couleurs

En 1886 se déroulait la dernière exposition impressionniste. En 1907, Pablo Picasso peignait Les Demoiselles d'Avignon, considéré comme le premier tableau cubiste. Quand on ne s’embarrasse pas trop de détails, on passe en général rapidement d'un courant à l'autre pour décrire les débuts de la modernité picturale. Avec un Cézanne qui fait le grand écart entre les deux, et quelques figures plus difficilement classables comme Van Gogh ou Toulouse-Lautrec. Le Musée Paul Dini nous propose un double "zoom avant" sur la période 1886-1914, nous invitant à redécouvrir à la fois la multitude de groupes de cette époque et quelques peintres régionaux en particulier. Les critiques et historiens anglo-saxons ont inventé le terme de "postimpressionnisme" pour tout mettre dans le même sac : néo-impressionisme, synthétisme, nabis, symbolisme, fauvisme... Pratique, mais cela ne correspond à aucun mouvement réel, constitué, homogène (ceci dit, l'Impressionnisme était déjà lui-même assez éclaté). Le plus petit dénominateur esthétique commun à tous ces artistes, c'est finalement un même désir d'expérimentation picturale inauguré par les impressionnistes et Manet, une même foi dan

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Journées Grame, matins calmes

MUSIQUES | La France et la Corée célèbrent cette année le 130e anniversaire de leurs relations diplomatiques. Pour l'occasion, le Grame et le CNSMD vous invitent à une balade musicale inédite où les deux cultures s’emmêlent.

Pascale Clavel | Mardi 3 novembre 2015

Journées Grame, matins calmes

C'était l’occasion rêvée pour le Grame d’être au coeur de l'actualité, visible et investi. Son directeur, James Giroudon, a en effet scellé des liens durables avec la Corée depuis fort longtemps, donnant à entendre au public lyonnais à maintes reprises la grande diversité de sa musique. Cette saison, le pari est encore plus étonnant. On connaît du Grame son foisonnement d’idées novatrices, la richesse de ses rencontres, l'exigence de ses recherches sur des mondes insoupçonnés. Pour l’année de la Corée en France, il entend mettre en perspective la culture musicale traditionnelle et la création contemporaine des deux pays. Du 6 au 20 novembre, c’est un parcours quasi initiatique qui nous est ainsi proposé, en cinq rendez-vous dans trois lieux coutumiers de ce type de décloisonnement. Contrepoint C’est au TNG -Les Ateliers que tout commence, avec Un chemin de sable blanc de Marie-Hélène Bernard. Une oeuvre singulière pour chanteuse de pansori, percussions et création vidéo pensée comme une rêverie. Genre musical emblématique de la Corée, reconnu "Patrimoine mondia

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"Scoop": quatre siècles de journaux au Musée de l'Imprimerie

ARTS | Le 18 septembre dernier, L’Equipe a adopté le format tabloïd. D'apparence anodin, ce changement a fait l'effet d'un petit tremblement de terre (...)

Nadja Pobel | Mardi 13 octobre 2015

Le 18 septembre dernier, L’Equipe a adopté le format tabloïd. D'apparence anodin, ce changement a fait l'effet d'un petit tremblement de terre éditorial, prouvant au passage que la presse papier peut encore créer l’événement. Et le quotidien sportif de trouver sa place, en toute logique, au terme du parcours que le Musée de l'imprimerie consacre à l'histoire graphique de la presse française. Quand paraît, en 1605, le premier journal d’information, il est de très grande taille et noirci d’encre, dans des polices minuscules. Nonobstant, dès 1827, l'intégration de la publicité dans un "mur graphique" en dernière page, ce modèle perdurera jusqu’à l’avènement de la photo au début du XXe siècle, grâce à l'invention du bélinographe, qui permit de télétransmettre des clichés. Expérimenté pour l’Exposition universelle de Lyon en 1914, c’est au sortir du premier conflit mondial qu'il sera vraiment utilisé, bouleversant la composition des journaux. Ainsi, par exemple, de Paris Soir qui mit en Une de son édition du 10 octobre 1934 une photo du corps sans vie d’Alexandre de Yougoslavie, non sans se vanter qu’il ait fa

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Le béton, l’autre matière grise

ARTS | Autour d’un sujet peu glamour, le béton, invention clé des Trente Glorieuses, le musée Tony Garnier a élaboré une remarquable exposition qui fait confiance à l’intelligence de ses visiteurs.

Nadja Pobel | Mardi 13 octobre 2015

Le béton, l’autre matière grise

Au cœur d'un quartier des années 1930 si typique de l’habitat moderne, le musée Tony Garnier dresse au fil des années un très solide état des lieux de la fabrique de l’urbanisme. Sa précédente exposition sur le confort moderne se penchait sur l’apparition de la consommation de masse. Exit cet aspect social pour évoquer la construction même des immeubles, question technique qu'il a le mérite de traiter frontalement. Sacré béton explique pour commencer que l'apparition de ce matériau remonte à l’ère romaine, bloc extrait du chantier de l’Antiquaille à l'appui. Heureuse et simple manière de relier Lyon à son histoire doublement millénaire et de tracer une ligne entre deux arrondissements, les 5e et 8e, qui ont manifestement plus de choses en commun qu’on ne le croit. L’évolution de son utilisation se lit ensuite sur une tablette à activer soi-même. Lieux de plaisance au XIXe siècle (Tête d’Or, Hyde Park, Central Park…), ponts dans l’après-guerre mais aussi, bien sûr, bâtiments publics et privés

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