Votre 31, sucré ou pimenté ?

Pascale Clavel | Mardi 16 décembre 2014

A l'Opéra de Lyon, entre deux représentations de Rusalka, c'est du pur sucre que nous propose la soprano Felicity Lott pour le passage à la nouvelle année, le temps d'un programme comme on les aime dans ces moments-là : un bonbon presque trop doux pour nos papilles, la douce idée qu'en sortant de ce concert, tous nos vœux seront exaucés. L'Anglaise, qui maitrise soit dit en passant le français sur le bout des doigts – ses interventions toutes en humour sont autant de petites pépites joyeuses entre chacune des pièces qu'elle interprète – arrive en effet avec, dans sa hotte, des airs à se vautrer par terre : du Strauss pour que chacun se mette à valser, Offenbach et sa Grande-duchesse de Gérolstein... De quoi chantonner, s'enivrer malgré soi et simplement être heureux, parce qu'il y a dans ces musiques légères-là une sensation de bien-être immédiat, et qu'en belle cerise sur le gâteau, Felicity Lott, honorant son prénom, sait la magnifier.

A l'Auditorium, la soirée se veut plus pimentée, avec un ciné-concert de West Side Story, comédie musicale qu'on ne présente plus et qui fera encore et toujours son effet, magnifique et terrible à la fois. Le drame lyrique de Leonard Bernstein sur grand écran, l'Orchestre National de Lyon qui joue en direct cette musique indémodable, le tout sous la baguette du chef d'orchestre néerlandais Ernst Van Tiel : une certaine idée de la magie des fêtes de fin d'année.

Pascale Clavel


Concert du Nouvel an

Avec Felicity Lott (soprano) et l’Orchestre de l'Opéra de Lyon, dir mus Konstantin Chudovsky
Opéra de Lyon Place de la Comédie Lyon 1er
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


West Side Story

Ciné-concert. Film de Jerome Robbins et Robert Wise (1961, EU, 2h30) par l'Orchestre national de Lyon et Ernst van Tiel (dir mus)
Auditorium de Lyon 149 rue Garibaldi Lyon 3e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


entrez votre adresse mail pour vous abonner à la newsletter

Rires de gala

SCENES | Fabien Olicard L'humour, comme le rap hardcore, est une question de contexte – à votre prochain rendez-vous galant, claquez un petit «J'vais me tatouer (...)

Benjamin Mialot | Mardi 16 décembre 2014

Rires de gala

Fabien Olicard L'humour, comme le rap hardcore, est une question de contexte – à votre prochain rendez-vous galant, claquez un petit «J'vais me tatouer LOVE sur les phalanges pour te frapper avec amour», vous verrez. Dans celui d'un réveillon, nous n'avons aucun doute sur l'efficacité du spectacle de ce one-man-mentalist, quand bien même nous l'avions un peu égratigné fin octobre, désappointé que nous étions qu'il mette le supercalculateur qui lui sert de cerveau au service d'un "simple" exercice de manipulation, aussi bluffant et écrit soit-il. Oui, il nous arrive de pratiquer le coït anal avec des mouches. A la salle Rameau à 19h30   Trash Puisqu'on parle de coït, saluons la reprise pour un soir de ce qui reste à ce jour la pièce la plus couillue de Jocelyn Flipo. Dans tous les sens du terme, puisque cette romcom musicale au casting en forme de who's who du rire à crinièr

Continuer à lire

Dominic Palandri : doux, dur et dingue

SCENES | «Après les représentations, on me demande souvent si j'ai fait de la prison» confesse, amusé, Dominic Palandri. Gueule de cinéma et dégaine de biker prêt à vous (...)

Benjamin Mialot | Mardi 16 décembre 2014

Dominic Palandri : doux, dur et dingue

«Après les représentations, on me demande souvent si j'ai fait de la prison» confesse, amusé, Dominic Palandri. Gueule de cinéma et dégaine de biker prêt à vous casser une queue de billard sur le sinciput au premier raccroc, le bonhomme dégage en effet le genre de présence qui vous cause des sueurs nocturnes en plein jour. Surtout pour qui ne connaît de lui que le hitman en cavale de Ta gueule ! et l'arbitre radié pour brutalités de Carton rouge, les personnages de brutes épaisses que son vieil ami Jacques Chambon lui a taillés sur mesure. En vrai, Dominic Palandri est un un chic type et l'un des comédiens les moins unidimensionnels du circuit du café-théâtre. Sans doute parce qu'il n'en est pas un pur produit : «A l'origine je voulais être batteur. Quand j'ai fait mes premiers concerts, je me suis rendu compte que je voulais être le mec devant. J'ai donc commencé à chanter. Et là, je me suis dit : "pour gagner en confiance, je dois faire du théâtre". Je ne sais pas pourquoi j'ai eu cette idée. Ça m'a paru évident». C'éta

Continuer à lire

Électro mais pas trop

MUSIQUES | A l'heure où nous mettons sous presse, comme on dit quand on veut faire croire qu'on bosse pour un journal aussi prestigieux que ceux publiés à la fin (...)

Benjamin Mialot | Mardi 16 décembre 2014

Électro mais pas trop

A l'heure où nous mettons sous presse, comme on dit quand on veut faire croire qu'on bosse pour un journal aussi prestigieux que ceux publiés à la fin XIXe siècle, nous ne connaissons toujours pas la teneur de la soirée "All Star" que proposera le Terminal pour le réveillon. C'est d'autant plus ballot que la précédente était la plus attractive parmi celles, pas si nombreuses, qui ambiancèrent le passage à l'an 2014. D'autres ont heureusement été plus prompts à communiquer. Ainsi du DV1, qui recevra Mia Dora, duo écossais versé dans la house sans fioriture – mais tout de même suffisamment brouilleuse de pistes pour susciter l'intérêt de ses augustes compatriotes d'Optimo. Et ainsi de la Marquise, où les collectionneurs de voyelles d'Art Feast (Miimo, Klaaar) tiendront leur traditionnel (et mensonger !) "Nouvel an orgie". Et c'est tout pour ce qui concerne les "vraies" affiches. Du côté des soirées thématiques, outre le nouvel an "comme à la maison" de l'incontournable Lavoir, le Ninkasi Gerland, ses DJs résidents et ses effeuilleuses burlesques vous invitent à vous la jouer «super, génial, trop top, inouïe, trop beau, groovy, trop frais, cheesy...

Continuer à lire

Guignol sur son 31

SCENES | Comment réveillonner quand on est petit et que minuit, sans la perspective d'une descente du Père Noël, n’a plus le moindre espèce d’intérêt ? Les Célestins ont (...)

Nadja Pobel | Mardi 16 décembre 2014

Guignol sur son 31

Comment réveillonner quand on est petit et que minuit, sans la perspective d'une descente du Père Noël, n’a plus le moindre espèce d’intérêt ? Les Célestins ont la réponse : il suffit de célébrer la nouvelle année à une heure décente, dans leur cas en programmant les circassiens de Solvo à 16h et 20h. Bien vous prendrait aussi d’emmener vos gones voir Guignol, le vrai de vrai, celui que Stéphanie Lefort et sa compagnie des Zonzons font revivre avec une vraie écriture comique à plusieurs niveaux de lectures — c'est-à-dire qui ne gâche pas le plaisir des enfants et éveille la curiosité des plus grands, comme dans Crasse paperasse qui évoquait très directement le sort des sans-papiers. Le Palais Bondy où est hébergé leur Théâtre de Guignol étant fermé pour travaux depuis mai 2013 et jusqu’en janvier 2016 — a minima — c’est pertinemment aux Musées Gadagne que leurs spectacles ont lieu depuis septembre. Les Couverts volés et

Continuer à lire

L'Auditorium à la fête

MUSIQUES | Jean-Marc Bador, directeur de l’Auditorium, a posé son style et la maison doit suivre. Il dépoussière, a envie, pense vite... Trop selon certains. Pourtant, (...)

Pascale Clavel | Mardi 23 septembre 2014

L'Auditorium à la fête

Jean-Marc Bador, directeur de l’Auditorium, a posé son style et la maison doit suivre. Il dépoussière, a envie, pense vite... Trop selon certains. Pourtant, il offre au public un choix inouï, varié, éclectique, sans perdre pour autant de vue l’option symphonique. «Une saison toute en couleurs qui porte au plus haut l’exigence artistique tout en s’aventurant avec délectation hors des sentiers battus». C'est ainsi qu'il nous résume son programme. Le décor étant posé, regardons de plus près ce patchwork musical. A commencer par les dix jours de fête qui marqueront les quarante années d’existence de l’Auditorium et qui verront, comme un cadeau, Serge Baudo donner le 8 février La Symphonie fantastique, lui qui avait dirigé cette même œuvre le 14 février 1975 à l’ouverture de l’Auditorium. Séquence émotion donc. Plusieurs fils rouge traversent le reste de la programmation. Les compositeurs américains, chers à Slatkin, vont ainsi côtoyer leurs homologues français, explorant ensemble les univers musicaux particuliers des deux pays. On entendra notamment Porgy and Bess (le 11 décembre) et We

Continuer à lire

Red Cross story

MUSIQUES | Quel est ce lien puissant qui vous unit à la Comédie Musicale depuis si longtemps ?JeanLacornerie : Plus je mets en scène des comédies musicales, plus j’ai (...)

Pascale Clavel | Jeudi 8 décembre 2011

Red Cross story

Quel est ce lien puissant qui vous unit à la Comédie Musicale depuis si longtemps ?JeanLacornerie : Plus je mets en scène des comédies musicales, plus j’ai envie d’en faire. Comme beaucoup de monde, j’en ai vu au cinéma. Puis j’ai eu l’occasion de mettre en scène une œuvre de Kagel en Caroline du sud, j’ai passé quelques jours à New-York et je suis allé voir des comédies musicales au théâtre. Là, j’ai trouvé une forme musicale qui m’intéressait énormément. La comédie musicale, c’est d’abord du théâtre. J’ai monté un Bernstein puis, de fil en aiguille, j’ai pu voir à quel point ce répertoire était riche. Je pense que le public français aime la comédie musicale mais n’en connaît qu’une petite partie. Dans ce répertoire il y a une énergie, l’expression d’une joie de vivre qui est très agréable. Pourquoi donner West Side Story en version concert, dans une conception presque intime ?C’est une version concert améliorée. Nous ne faisons que la partie musicale pour 5 percussionnistes, 1 pianiste et 4 chanteurs. Nous avons fait abstraction des dialogues. Lorsque Gérard Lecointe, membre fondateur des Percussions Claviers, a fo

Continuer à lire

Broadway sur Rhône

MUSIQUES | Le soir du 31, à l’Auditorium, le public va entendre de belles choses musicales qui collent à nos inconscients collectifs depuis quelques décennies. Léonard (...)

Pascale Clavel | Vendredi 10 décembre 2010

Broadway sur Rhône

Le soir du 31, à l’Auditorium, le public va entendre de belles choses musicales qui collent à nos inconscients collectifs depuis quelques décennies. Léonard Slatkin, à la tête de l’Orchestre national de Lyon pour cette soirée exceptionnelle, est attendu avec joie pour ce programme cotillon, serpentins et autres bulles musicales, lui qui remplacera Jun Märkl à la tête de l’Institution à partir de la saison 2011-2012. Cette soirée sera l’occasion d’entendre des extraits de West Side Story et d’un Américain à Paris ; plongeons-nous donc dans le contexte où ces œuvres ont émergé. Créé en 1957, inspiré de Roméo et Juliette, transposé dans un univers contemporain new-yorkais, West Side Story a tout d’abord divisé le public et la critique. Sur scène, des gangs s’affrontent, les américanos contre les portoricains et la critique trouve l’œuvre trop violente et trop crue. Le compositeur, Léonard Bernstein, veut simplement redonner un souffle à cette tragique histoire et affirmer un discours jeune, violent. Bien sûr, en filigrane, le compositeur dénonce et critique un système américain incapable d’intégrer ses jeunes immigrés. La musique de Bernstein se veut révoltée, puissante, sensuelle, to

Continuer à lire