Musilac – Du 10 au 12 juillet – Aix-les-Bains (73)

MUSIQUES | Il est des festivals qui parviennent à concilier l'inconciliable. C'est le cas de Musilac qui, en bordure d'un lac cher à Lamartine, parvient à mélanger l'eau de l'exigence populaire et l'huile d'actes de bravoure artistiques, nécessité économique et prise de risques, David Guetta et Alt-J. Sélection pas complètement au débotté. Stéphane Duchêne

Benjamin Mialot | Mercredi 24 juin 2015

Alt-J

Dans Alt-J, le "J", se prononce "Djé" à l'anglaise, mais aussi comme dans "genius". Car c'est un peu ce qu'est le quatuor de Leeds : une bande de petits génies à laquelle il n'est pas toujours aisé d'être sensible, tant cette pop versatile est sophistiquée et trompeuse. Sournoise presque, dans sa manière de nous embarquer – incroyable morceau que Every Other Freckle sur This Is All Yours. Alt-J, c'est la confirmation en 2015 que la pop peut se compliquer la vie et avoir la folie des grandeurs, du moment qu'elle se donne les moyens de les atteindre.

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Dominique A : haut, bas, fragile

L'Album | Dominique A l'affirme dans l'interview qu'il nous a accordé : il a toujours été vieux. C'est pourtant vers une seconde jeunesse que le musicien de 50 (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 6 novembre 2018

Dominique A : haut, bas, fragile

Dominique A l'affirme dans l'interview qu'il nous a accordé : il a toujours été vieux. C'est pourtant vers une seconde jeunesse que le musicien de 50 ans se tourne avec La Fragilité, revenant, comme au temps de La Fossette, il y a un plus d'un quart de siècle, mais aussi de La Musique – deux de ses albums préférés – à l'intimité de sa chambre. Là où s'épanouit l'épure de l'enregistrement solitaire sur un 8-pistes en la seule compagnie d'une boîte à rythmes et, surtout, de la guitare acoustique aux nylons usés achetée au moment de La Mémoire neuve (1995). Une sorte de contre-pied à Toute Latitude, sorti au printemps et brûlant de rage électro-rock (la terreur sourde de Corps de ferme à l'abandon...). Ici, la chose éclôt en douceur avec La Poésie, écrite au lendemain de la mort de Leonard Cohen et de l'élection de Donald Trump le jour suivant, deux sacrés coups portés à la poésie du monde. Poé

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Dominique A : « les chansons phagocytent ma vie »

Chanson | À l'occasion de ses cinquante ans, Dominique Ané dit A n'a pas fait les choses à moitié avec deux albums explorant deux versants de sa palette esthétique et un livre qui retrace sa vie et son parcours en chansons. L'occasion, au moment de sa venue au Radiant et à la librairie Musicalame, de faire le point sur une riche carrière.

Stéphane Duchêne | Mardi 6 novembre 2018

Dominique A : « les chansons phagocytent ma vie »

Vous avez fêté vos 50 ans cette année. Une année particulièrement riche pour vous avec deux albums, Toute Latitude au printemps et La Fragilité cet automne, deux tournées et un livre, Ma vie en morceaux. Y-avait-il de votre part une manière de la marquer cette année d'une pierre blanche, de dresser une sorte de bilan ? Dominique A : De marquer le coup oui, de faire en sorte d'en finir avec un cycle, certaines façons de faire, un certain rythme : un disque tous les trois ans, une tournée dans la foulée. Mais un bilan non ! Ça, on me le sort à chaque album et j'en ai un peu marre (rires). De toute façon, un disque marque toujours quelque chose de l'ordre du check-up créatif. Moi, ce sont les retours des gens qui me renseignent sur mon degré de pertinence par rapport à tel ou tel projet. Vous publiez donc Ma vie en morceaux (Flammarion) dan

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"Prince of Tears" : les pleurs du mâle

Baxter Dury | Un classique de la pop que l'album de rupture, de Bob Dylan (Blood on the Tracks) à Peter Gabriel (Us) en passant par Bon Iver (For Emma, forever ago) (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 27 février 2018

Un classique de la pop que l'album de rupture, de Bob Dylan (Blood on the Tracks) à Peter Gabriel (Us) en passant par Bon Iver (For Emma, forever ago) ou même ABBA (The Visitors). Lequel intervient souvent à cet âge semi-mûr où la rupture se trouve en capacité de vous laisser bien en travers. De rupture, le sémillant Baxter Dury en a connu une qui l'a conduit à écrire dans la douleur Prince of Tears. Mais comme le Londonien ne fait jamais rien comme tout le monde, il a conçu la chose à sa manière, incorporant quelques éléments biographiques remontés à la surface à cette occasion et suffisamment d'autodérision maison pour appuyer sur la douleur autant que la masquer derrière des personnages de son invention, doppelgängers du chanteur qui sont autant de frères de souffrances que de marionnettes. C'est ainsi que le désordre et la colère qui l'ont habité au moment de cette rupture s'incarnent, sur ce Miami qui ouvre l'album, dans l'errance d'un type totalement pathétique qui se voit flamboyant quand il n'est qu'une mèche courte. Basse ronde, synthé, guitare funk, spoken word,

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Baxter Dury : « pointer nos contradictions et nos faiblesses »

Pop | Avec Prince of Tears, son dernier disque, vrai-faux album de rupture, et véritable œuvre existentielle, Baxter Dury a sans doute livré son album le plus abouti. Entre grandeur et décadence, mystère et transparence, le Londonien, également prince du cool, continue de passer les failles du mâle contemporain au révélateur de cette autodérision qui est sa marque de fabrique.

Stéphane Duchêne | Mardi 27 février 2018

Baxter Dury : « pointer nos contradictions et nos faiblesses »

Le sujet de Prince of Tears est celui d'une rupture amoureuse que vous avez vécu. Or vous avez beaucoup dit ne pas vouloir en faire un album trop personnel et encore moins un concept album. Avez-vous besoin de mettre à distance toute tentation de vous laisser aller au sentimentalisme ? Baxter Dury : Non, ce n'est pas vraiment ça... C'est surtout que cette rupture est un prétexte pour aborder plein d'autres sujets comme celui de l'enfance [comme sur la chanson Oï qui évoque un épisode de cour de récré où Baxter se fait casser la figure par un camarade, NDLR], ce genre de choses. En fait, j'ai surtout essayé de faire des chansons brillantes, de m'appliquer à leur donner une couleur, d'en travailler les détails pour faire naître et grandir un certain mystère. La tonalité de Prince of Tears est quand même nettement plus mélancolique que celle de votre précédent disque, It's a pleasure... C'est vrai que ces deux albums sont très différents mais je ne crois pas que Prince of Tears soit moins joyeux qu'It's a pleasure. Il est simplement plus honnête, il parle de la vraie vie

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La cité obscure de Rone au Transbordeur

Synth-Pop | Nouvel album enchanteur pour Rone, qui explore une ville imaginaire au sein de Mirapolis, disque nourri de guests : à savourer live au Transbordeur ce mercredi.

Sébastien Broquet | Mardi 30 janvier 2018

La cité obscure de Rone au Transbordeur

Patiemment, Rone se façonne son univers. Pas juste un son, mais un écosystème où naviguent d'autres explorateurs interconnectés, se nourrissant les uns des autres pour former une biomasse dont Rone serait le ferment. Avant même de jeter une oreille, on a déjà compris : le visuel de la cover est signé Michel Gondry et c'est comme une évidence, ces deux personnages totalement lunaires ne pouvaient que se reconnaître mutuellement... C'est le clippeur de Björk et Kylie Minogue qui a fait le premier pas, contactant le musicien. Le titre, ensuite, qui découle de cette pochette ébouriffée du réalisateur de Eternal Sunshine of the Spotless Mind : Mirapolis. Cinécompatible et bédéphile, assurément, tel un Fritz Lang old skool, une plongée science-fictionnesque dans une ville de

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Les concerts à ne pas louper

La Rentrée Musique | La trêve des confiseurs à peine achevée, la dinde à peine digérée, voilà que redémarre déjà la saison des concerts. Pour vous éviter une autre indigestion, nous avons sélectionné pour vous, d'une main innocente, incontournables et découvertes de cette nouvelle année.

Stéphane Duchêne | Mardi 9 janvier 2018

Les concerts à ne pas louper

Bertrand Burgalat & AS Dragon Avec l'album Les Choses qu'on ne peut dire à personne, le gentleman de la pop française et patron plénipotentiaire du label Tricatel a effectué l'an dernier un retour plutôt magistral, se livrant paradoxalement comme jamais. Musicalement, où le spectre burgalatien (comme on dirait martien) s'étend de la pop à la bossa, de l'électro à l'easy listening, ou au cœur de ses textes, rappelant parfois le Présence humaine de Houellebecq. Une bonne nouvelle qui en amène une autre puisque le maître se produira en concert avec son groupe de (presque) toujours : les redoutables AS Dragon. Au Sonic le mercredi 24 janvier (avec Catastrophe) Pierre Lapointe « La science du cœur est un objet d'abstraction propulsée par la volonté qu'ont les gens tristes à se laisser toucher » chante Pierre Lapointe en ouverture de son album La Science du cœur. Cette science, c'est peu de dire que

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Dominique Abel & Fiona Gordon : « ce qu’on fait en réalité, c’est du théâtre à l’écran »

Entretien | Clowns à l’écran et sur les planches, le duo Abel & Gordon se balade aux quatre coins de la capitale, occasion idéale pour tous les hommages et toutes les rencontres. Cartographie d’un univers partagé qui rend la réalité si triste et les pitres si beaux.

Julien Homère | Mardi 14 mars 2017

Dominique Abel & Fiona Gordon : « ce qu’on fait en réalité, c’est du théâtre à l’écran »

Avez-vous essayé de retrouver la fibre unique du réalisme poétique ? Dominique Abel : On s’inspire de ces films, même si on a trouvé nos propres lieux, qui dégagent une magie bien particulière : je pense à cette statue de la Liberté qui a été un vrai cadeau du ciel. L’idée de mettre un SDF qui plante sa tente à ses pieds, c’était chouette. On a été nourri par plusieurs styles différents, mais on adore le burlesque : Max Linder, Buster Keaton, Charlie Chaplin, Laurel et Hardy, ou les créateurs plus contemporains comme Kaurismäki. Mais nos goûts sont plus larges que ça. Emmanuelle Riva était-elle l’une de ces références ? D.A : On ne l’avait jamais vu dans un autre registre que celui du drame. Elle était très curieuse, vivante avec le rire incroyable d’une jeune fille de 14 ans. Elle faisait beaucoup de théâtre et nous, ce qu’on souhaitait, c’était de répéter pour atteindre une mécanique propre à notre jeu. À ça, e

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"Paris Pieds Nus" : recherche Martha désespérement

Et aussi | Qui aurait cru que l’ultime film d’Emmanuelle Riva, récemment disparue et abonnée aux drames intimistes, serait une farce enfantine ? Noyade, valse, Canada et Pierre Richard sont au programme de ce conte aussi déglinguant que déglingué.

Julien Homère | Mardi 7 mars 2017

Bibliothécaire dégingandée, Fiona débarque de son Canada natal pour chercher sa tante Martha dans Paris et son dédale avec l’aide de Dom, SDF loufoque et séducteur. Traversée d’une joie communicative, cette comédie raconte les péripéties de deux clowns dans toute leur grâce d’êtres inadaptés, hors des conventions sociales. Son charme provient autant de la candeur des comédiens que de ses effets de mise en scène élégants et efficaces, servant à souligner un gag ou à le révéler complètement. Il faut voir la scène où Dom s’enroule dans un câble électrique à un restaurant, suivi d’un plan avec une fourchette s’entourant de spaghettis à une table voisine pour mesurer la force de ce mélange harmonieux entre le théâtre, le cirque et le cinéma. Humanité mon amour Travellings léchés, couleurs vives, cadres fixes blindés de détails, décors vivants et travaillés, cette minutie esthétique s’accompagne d’un regard doux amer sur l’Homme et ses bassesses. Chat de gouttière sans gène, Dom n’a aucun respect pour la mort et peut ruiner l’éloge funèbre d’une d

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Dominique A, l'Horizon

MUSIQUES | Y Revenir était le titre d'un précédent livre de Dominique A, évoquant le lieu de son enfance. C'est pourtant à Lyon (ou dans ses environs) que le chanteur de (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 26 janvier 2016

Dominique A, l'Horizon

Y Revenir était le titre d'un précédent livre de Dominique A, évoquant le lieu de son enfance. C'est pourtant à Lyon (ou dans ses environs) que le chanteur de Provins revient sans cesse avec la même régularité que les saisons. Après Fourvière en juillet dernier, monsieur A vient au Radiant-Bellevue en ce 27 janvier pour présenter une nouvelle fois - mais en indoor - son superbe et lumineux Eléor, son album le plus rock depuis longtemps, paradoxalement et délicatement tapissé de cordes, sorti en même temps que son livre Regarder l'Océan et d'une certaine façon son pendant musical. Le chef de file de cette fameuse "nouvelle scène française" désormais grisonnante est toujours hanté par les voyages, fussent-ils immobiles, les départs volontiers faux et les lieux fantasmés de l'enfance ou d'un futur qui n'arrivera pas. Il faudra sans doute un jour dresser, si une telle chose est possible, une cartographie des errances de l'oeuvre anéenne aussi vaste que la terre du milieu et de ses interminables tournées comme compensatoire de ses aspirations d'éternel voyageur de l'imaginaire. SD

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Rentrée musique 2016 : anciens et modernes

MUSIQUES | Entre Polna, Neil Young, les Insus et même le retour du plus si jeune Jon Spencer (porté pâle au printemps), les aînés seront là en force en 2016. Mais la jeune garde veille et ne s'en laissera pas compter.

Stéphane Duchêne | Mardi 5 janvier 2016

Rentrée musique 2016 : anciens et modernes

Jon Spencer aime tellement nos panoramas de rentrée – il en a déjà fait la Une – qu'il parvient même à y figurer deux fois par an. On l'annonçait en septembre dernier, voilà qu'on le réannonce pour le 6 mars à l'Épicerie Moderne. Avec bonheur, puisque si nous le faisons, c'est que le trio du New-yorkais avait dû annuler à la dernière minute cet automne pour raisons de santé. Tout va mieux, donc tout va bien, et cela indique peut-être que cette année 2016 sera légèrement moins pénible que la précédente – raccrochons-nous aux branches, tant qu'il y a encore des arbres. Or des branches, même vieilles, il se trouve qu'il en repousse, en témoigne une tripotée de reformations plus ou moins récentes de groupes plus ou moins relous à l'oreille (Louise Attaque au Transbo le 29 mars, Elmer Food Beat au CCO le 6 avril) dont la palme revient bien sûr aux Insus, soit Téléphone sans fille (n'y allez pas, c'est complet) – rayon nostalgie de jeunesse, on préférera de loin se consacrer à Nada Surf, qui ne s'est jamais déformé, le 26 avril à l'Epicerie. Ah, tiens on allait oublier Polnareff

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Dominique A, la force tranquille

MUSIQUES | Dominique A sera cette année l'une des têtes d'affiche de Fourvière et l'une de ses rares figures que l'on pourra qualifier de "rock". Pour son dixième album, "Eleor", classiquement beau, il n'en fallait pas moins. Pas moins non plus que "Regarder L'Océan", petit livre éclairant que Mister A vient de publier et qui, comme ses chansons, dit beaucoup en peu de mots. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 9 juin 2015

Dominique A, la force tranquille

Qualifier de classique un album de Dominique A pourrait laisser entendre qu'on a affaire à du A pur jus. Or ce n'est pas le cas d'Éléor, dont le classicisme est à évaluer au regard des standards de la chanson ou du format pop. Des titres courts où un trio rock classique donc, baigne dans des arrangements de violons enveloppants – qui succèdent ici aux cuivres du pas toujours compris Vers les lueurs – pour un résultat d'une grande simplicité et d'une grande douceur. Une certaine suavité comme le confie lui-même l'auteur de La Fossette. Cap Farvel ouvre cet album de grands espaces qui pour la plupart appellent ou évoquent le renoncement, se cristallisent dans le fantasme du voyage par procuration – Par le Canada et ses violons oniriques – ou la simple évocation des lieux – Central Otago, dont les guitares résonnent en écho à ces fascinantes syllabes du bout du monde, quelque part en Nouvelle-Zélande, suffisant à traverser le monde. Or du voyage au transport amoureux, il n'y a souvent chez A qu'un pas, comme en témoigne le sublime Au revoir mon amour, sur ces passions fugaces imaginées le temps d'un

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De nouveaux noms pour Musilac

MUSIQUES | Le festival prévu du 10 au 13 juillet à Aix-les-Bains vient d’annoncer les derniers gros artistes programmés. On fait le point.

Aurélien Martinez | Vendredi 10 avril 2015

De nouveaux noms pour Musilac

On était déjà au courant pour Christine and the Queens, The Chemical Brothers, Baxter Dury, David Guetta, The Do, Alt-J, Cerrone, Muse (complet dans le cadre du "bonus day"), Brigitte, Selah Sue… Mais l’équipe du festival en avait encore en stock. Se rajoutent au programme les indie pop The Kooks, les explosifs Français The Shoes, l’élégant Dominique A, les punks Toy Dolls ou encore les classieusement pop et toujours « ready for the floor » Hot Chip (photo). Pêle-mêle, il y aura aussi Joris Delacroix, Electric Octopus Orchestra, Prince Miiaou, Gomina, Triggerfinger, Bo Ningen, The Bohicas et Palace. La prog complète jour par jour est à découvrir ici.

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Pour le plaisir

MUSIQUES | Avec "It's a pleasure", son dernier album, la démarche (faussement) coolissime de Baxter Dury ne varie gu-re depuis le gros succès d'estime de "Happy Soup" : elle reste souple, chaloupée et juste ce qu'il faut de tubesque. Démonstration le 6 mars à Feyzin. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 3 mars 2015

Pour le plaisir

Il fallait être à son concert de décembre 2011 à l'Epicerie Moderne pour mesurer le pouvoir d'attraction et de séduction un peu j'men-foutiste de Baxter Dury. Et ses qualités de showman aussi. C'était l'époque Happy Soup, celle de la re(co)naissance – Dury ayant publié dans la décennie précédente deux formidables albums que presque personne ne prit le temps d'écouter –, Baxter, fils de Ian, s'était mis à dérouler une sorte de démarche un peu schlass (sans doute contractée pendant 6 ans de traversée du désert pieds nus), de classe fatiguée et marmonnée, sur des chansons pour la plupart tubesques sans en avoir conscience car par avance trop fatiguées pour le succès. Et ce fut pourtant le succès qui l'emporta, sans doute de par la torpeur irrésistible dans laquelle Dury venait de plonger tout le monde, confisquant ainsi la force nécessaire à toute tentative de l'ignorer. En France surtout, où son charme cockney fait so élégamment british qu'on en connaît qui tartineraient volontiers du lemon curd sur son torse couleur crumpet. A côté de ses pompes Au premier abord, on pourrait voir en

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Bruits de saison

MUSIQUES | Est-ce parce qu'on commence à être habitué à ce genre de cirque ? Toujours est-il que non, le bruit qui accompagnera la venue lyonnaise d'une Christine & the Queens au sommet du succès ne suffira pas à éclipser le reste d'une programmation de fort belle facture. Et vous savez quoi ? C'est tant mieux. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 6 janvier 2015

Bruits de saison

En matière de musique, la hate est un fruit de saison, savamment cultivée par les réseaux sociaux, par ce fléau mondial que constitue l'aigreur d'estomac – surtout en sortie de fêtes de fin d'année –, par quelques médias victimes d'hypocondrie culturelle et, il faut bien le dire, par ceux qui la provoquent. On a ainsi droit comme ça à un ou deux boucs émissaires par an cristallisant les crispations d'une certaine branchitude mal définie. On ne vous fera pas languir plus longtemps : après Woodkid, Stromae et Fauve (qui reviendra, le 2 avril, en grande surface qui plus est, puisqu'à la Halle Tony Garnier, ramasser des forêts de cœurs avec les doigts et sans doute quelques seaux de merde), c'est au tour de Christine & the Queens (4 mars au Transbordeur) d'énerver son monde sur le thème : talent fou ou blague de l'année ? Alors oui, dans ces cas-là, o

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Muse, David Guetta, Cerrone et Alt-J à Musilac

MUSIQUES | Premiers noms pour l'édition 2015 de Musilac (10, 11 et 12 juillet, toujours à Aix-les-Bains), et c'est du lourd (vous le prenez comme bon vous semble) : (...)

Benjamin Mialot | Mardi 25 novembre 2014

Muse, David Guetta, Cerrone et Alt-J à Musilac

Premiers noms pour l'édition 2015 de Musilac (10, 11 et 12 juillet, toujours à Aix-les-Bains), et c'est du lourd (vous le prenez comme bon vous semble) : Muse, qu'on ne présente plus, David Guetta, qu'on présente encore moins, Cerrone (notre Moroder à nous, en quelque sorte) et surtout nos chouchous d'Alt-J, fers de lance de cette pop arty et néanmoins charnelle dont l'Angleterre est féconde depuis le début du siècle.

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C'est (pas) la même chanson

CONNAITRE | Rien de tel qu'une bonne chanson pour se replonger dans une époque et tout ce qu'elle a pu représenter pour nous, sur une échelle allant de l'intime à (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 8 février 2013

C'est (pas) la même chanson

Rien de tel qu'une bonne chanson pour se replonger dans une époque et tout ce qu'elle a pu représenter pour nous, sur une échelle allant de l'intime à l'universel. Une sorte de madeleine de Proust sans matière grasse en somme. À l'aune de ce constat, la Fête du Livre de Bron a cette année choisi d'innover en accord avec sa thématique. Lors des éditions précédentes, il était demandé à quelques auteurs de bien vouloir présenter leur(s) livre(s) de chevet : cette fois, il s'agira pour eux d'évoquer des morceaux qui les ont marqués d'une manière ou d'une autre. On verra ainsi se succéder, notamment l'après-midi du 17 février, François Bégaudeau devisant de Basket Case de Green Day, Emmanuelle Pireyre vantant les mérites comparés de quatre Lettres au Président (Vian, Renaud, Axiom, Iron Sy) ou l'historien des idées François Cusset se frottant au je-m’en-foutiste C'est comme ça des Rita Mitsouko, et l'on tentera de comprendre pourquoi Lionel Duroy a choisi La Traviata (qui rappelons-le n'est pas à proprement parler une chanson), si ce n'est pour faire son malin. Sur les liens entre littérature et musique ne pas omettre

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Si loin, tout proche

MUSIQUES | Souvent qualifié de Dominique A lyonnais depuis l'époque King Kong Vahiné, Denis Rivet souffre la comparaison mais ne s'y réduit pas. Échappé en solitaire avec le très beau mini-album "Tout Proches", ce chanteur de l'entre-deux vient d'être sélectionné pour représenter Rhône-Alpes au Printemps de Bourges. Stéphane Duchêne.

Stéphane Duchêne | Lundi 21 janvier 2013

Si loin, tout proche

«Dimanche, 18 heures, c'est déjà lundi / les dernières lueurs / tombent dans la nuit / dans ton cœur / il y a de la mélancolie / sur la route du fort / il y a la pluie». Rédiger un portrait de Denis Rivet un dimanche d'hiver en écoutant en boucle son Dimanche, 18h, voilà qui plonge illico dans le syndrome du dimanche soir. C'est un fait, que ce soit avec Le Bruit des Touches ou King Kong Vahiné (lauréat de feu Dandelyon en 2006), Denis Rivet, 37 ans, a toujours su mettre des mots sur ces petites sensations indéfinissables, ces impressions fugaces, ces sidérations qu'on ne saurait forcément nommer mais qui nous traversent sans cesse. Jusqu'à ce qu'un jour, un scientifique distrait se penche sur la question en trébuchant et nous invente le «syndrome du dimanche soir», «la colique d'avant piscine», ou «la boule au ventre de l'Amour qui passe». « Près des voies ferrées » Comme ce Monsieur A auquel on l'a beaucoup comparé, mais avec une patte bien à lui, preuve que la comparai

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The French Invasion

MUSIQUES | Tous à vos marinières ! Si The Bewitched Hands et Concrete Knives sonnent comme le meilleur de la pop anglo-saxonne, ils n'en sont pas moins les ambassadeurs d'une pop française dont le renouveau est un éternel recommencement. Et une arme fatale pour conquérir le monde. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mercredi 21 novembre 2012

The French Invasion

Il fut une époque où la pop des régions (on n'a plus le droit de dire « provinciale », ça fait parigot) avait pour épicentres Toulouse ou Rennes. Nancy fut également un temps à la pointe, on en a encore la preuve la semaine prochaine avec le retour de Kas Product – improbable créature américano-lorraine qui fit danser jusqu'outre-Manche. Puis Clermont-Ferrand plus récemment, dans le sillage de la Coopérative de Mai. Si l'on devait aujourd'hui distinguer les deux places to be en matière de musique de jeunes, nul doute que Reims et la Basse-Normandie (Caen et ses environs) sortiraient haut la main du chapeau.   D'un côté, The Shoes ou Yuksek, Alb, The Film ou Brodinski ont déjà fait des dégâts aussi bien dans la presse que sur les dancefloors ou, comme disait Coluche, « dans les milieux autorisés ».   De l'autre, le bocage normand est actuellement en train d'accoucher d'une ribambelle de formations toutes plus sexys et créatives les unes que les autres (Lanskies, Chocolate Donuts, Da Brasilians, Jesus C

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Le point J

MUSIQUES | Les mathématiques pythagoriciennes nous enseignent que le cercle est la figure géométrique la plus pure. Cette théorie bimillénaire, le quatuor britannique Alt-J la balaye d'un geste pop d'une grâce inouïe : la perfection, tenez-le vous pour dit, est en fait triangulaire. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Vendredi 16 novembre 2012

Le point J

Satanés rosbifs, ils ne ratent jamais une occasion de nous faire rager. Ils achètent nos campagnes là où nous devons économiser pour passer ne serait-ce qu'un week-end dans leur capitale, ils mettent en déroute nos monarques tandis que nous rêvons de fêter avec eux le jubilé des leurs, ils nous piquent l'organisation des Jeux Olympiques d'été au moment même où nous étions assurés de faire oublier le cuisant échec de nos deux candidatures précédentes... Bonjour l'entente cordiale. Depuis le début de l'année, c'est le pompon : alors que la musique pop ne s'est jamais aussi bien portée de ce côté-ci de la Manche, comme suffisent à en témoigner les signatures de François & The Atlas Mountains et Melody's Echo Chamber chez Domino (un label anglais, comme par hasard) et celle des Concrete Knives chez Bella Union (un autre label anglais, comme par hasard encore), voilà que toute une génération de perfides Albionais la fait carrément entrer dans une nouvelle ère. Génération ré-enchantée Leurs groupes ont pour nom Breton,

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Françoiz, Dom et les autres : le best-of

MUSIQUES | Le Twenty-Two Bar (1995) avec Dominique A C'est elle qu'on aperçoit au premier plan de la pochette de La Mémoire Neuve. La fille avec la grosse guitare du (...)

Stéphane Duchêne | Jeudi 27 septembre 2012

Françoiz, Dom et les autres : le best-of

Le Twenty-Two Bar (1995) avec Dominique A C'est elle qu'on aperçoit au premier plan de la pochette de La Mémoire Neuve. La fille avec la grosse guitare du clip qui révéla Dominique A au grand public, c'est elle aussi. Le climax d'une fructueuse relation musicale (et un temps amoureuse) avec un Monsieur A qui la poussera vers une carrière solo. Dominique A - Le Twenty-two bar par DominiqueA-Official Ballad of Cable Hogue (2002) et Keeper of the Flame (2012) avec CalexicoSur le live World drifts in, elle chante les couplets en Français du titre phare de Calexico. Elle y reprend aussi Si tu disais en duo avec Joey Burns, qui lui rendra la pareille sur un titre d'Un

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A cœur ouvert

MUSIQUES | Quatre ans après A l'Aveuglette, Françoiz Breut est de retour avec "La Chirurgie des Sentiments" et un concert à l'Epicerie Moderne. À cette occasion, elle se confie de bon cœur sur ce disque du changement dans la continuité. Et sur le reste : la musique, l'écriture, la vie, Bruxelles... Texte et entretiens: Stéphane Duchêne.

Stéphane Duchêne | Jeudi 27 septembre 2012

A cœur ouvert

La Chirurgie des sentiments est un titre qui pourrait facilement résumer votre discographie...Françoiz Breut : Sans doute parce que je continue d'y décortiquer le sentiment amoureux. Mais j'y parle aussi de plein d'autres choses (rires). Je travaille un peu par phases : les idées arrivent et d'autres par-dessus, puis elles reviennent. Je construis mes textes et mes albums à partir de cette succession d'idées. Quant à la chanson qui donne son titre à l'album, elle parle du fait qu'on a beau essayer d'être rationnel, le cœur est toujours là qui nous fait faire des choses auxquelles on n'aurait pas forcément pensé. Et c'est très bien, parce qu'au fond, on en a besoin. Le premier titre de l'album, BXL Bleuette, est consacré à Bruxelles, où vous vivez. L'amour des villes, la géographie, le voyage, c'est une autre constante de votre œuvre...C'est vrai : depuis le premier disque, je suis passée par Tarifa, par Portsmouth, par Dunkerque. J'ai aussi parlé des villes en général dan

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Revenants

MUSIQUES | À force, les salles lyonnaises sont un peu comme le PMU du coin de la rue, elles finissent par avoir des habitués. Ce qui en dit long sur la qualité de l'accueil de nos salles. Ou sur le fait que Lyon soit bel et bien réapparu sur la carte de France du rock. SD

Stéphane Duchêne | Jeudi 13 septembre 2012

Revenants

Cette saison encore, quelques bienvenues impressions de déjà-vu. Qu'il s'agisse d'artistes quasi bi-annuel comme Dominique A – dont, quoi qu'il arrive, on ne se lasse pas – ou quasi-annuel comme Deerhoof ou The Wedding Present qui (re)vient tout spécialement pour jouer en intégralité l'un de ses albums mythiques Seamonsters. Il y a aussi les chouchous tels le Canadien Patrick Watson – pourtant de plus en plus déroutant – pour lequel l'Épicerie Moderne se damnerait volontiers, comme elle le ferait pour la formation hollandaise The Ex quasiment assignée à résidence, ou ses collègues bruitistes d'A Place to Bury Strangers aka «le groupe le plus bruyant de NY». Autre retours de groupe qu'on a l'impression d'avoir quittés hier : Dark Dark Dark, malheureusement programmé l'an dernier en face de The Chap, et les Caennais de Concrete Knives dont l'avenir, sur le label anglais Bella Union, s'annonce aussi glorieux que leurs hymnes pop sont foux-dingues. Tandis que ceux-ci passeront de la scène du Kafé, à celle plus p

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Alt-J

MUSIQUES | Sur Mac, la fonction Alt-J vous gratifie d'un magnifique triangle, ce qui est le nom, imprononçable – d'où Alt-J – du groupe que l'on qualifiera de (...)

Stéphane Duchêne | Jeudi 23 août 2012

Alt-J

Sur Mac, la fonction Alt-J vous gratifie d'un magnifique triangle, ce qui est le nom, imprononçable – d'où Alt-J – du groupe que l'on qualifiera de «sensation du moment», selon l'expression consacrée. N'essayez pas sur PC ça ne fonctionne pas. Ce qui nous donne une petite indication du genre de musique que donne à écouter la formation de Leeds. Une pop au design impeccable mais froid, un brin ramenarde, et dont on se demande si elle vaut vraiment tout le foin qu'on en fait. Alt-J aurait-il inventé la I-pop ? Réponse au Marché Gare, lundi 26 novembre.

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Cruel summer

MUSIQUES | Avant l'été, le Transbo offre de réviser ses classiques en matière de genres, musicaux s'entend. Troisième Summer session et nouveau changement de genre donc. (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 6 juillet 2012

Cruel summer

Avant l'été, le Transbo offre de réviser ses classiques en matière de genres, musicaux s'entend. Troisième Summer session et nouveau changement de genre donc. Encore que dans le cas de l'invité du jeudi 12 juillet, il faille peut-être davantage parler de style que de genre, Hyphen Hyphen ayant beaucoup du premier sans qu'on puisse bien définir dans quelle école musicale s'inscrit le second. Bref, comme beaucoup de formation de son époque – Metronomy, Foals, The Shoes, Marie-Madeleine –, Hyphen Hyphen se nourrit un peu à tous les râteliers esthétiques à la seule condition que le résultat soit foufou – pour ne pas dire légèrement hystérique – obsédant et dansant, au point qu'on puisse inventer pour ce type d'originaux le terme d' «obsédansant». Soit une musique qui prend possession de votre cortex par impulsion électronique et vous secoue dans tous les sens. Faut-il y voir une coïncidence avec la recrudescence soudaine du cannibalisme dans le monde, mais le fait est qu'il y a de plus en plus de ces groupes qui vous mangent le cerveau en l'espace de quelques secondes, sans qu'on ne puisse guère se défendre. Hyphen Hyphen, venu tout droit de la Côte d'Azur est de ceux-là. À ceci prè

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Deux pour le prix d'A

MUSIQUES | Si l'on devait écrire une histoire capillaire et musicale de Dominique A, on dirait que sa musique s'est déployée au fil des ans à mesure que ses cheveux (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 8 juin 2012

Deux pour le prix d'A

Si l'on devait écrire une histoire capillaire et musicale de Dominique A, on dirait que sa musique s'est déployée au fil des ans à mesure que ses cheveux s'amenuisaient sur son crâne. L'enfant de Provins s'est également un peu épaissi, de même que son talent musical et sa tessiture vocale, mais au fond, l'auteur de La Fossette, cet album fondateur d'une «autre chanson française», au minimalisme sec comme un coup de trique et qui fête ses vingt ans cette année, est bien le même que celui de Vers les lueurs, son splendide dernier album. Tout juste sera-t-il passé en vingt ans par tous les états de lui-même. Comme si le chemin musical parcouru entre les deux était de ces voyages immobiles (mais pas immobilistes) qui mènent très loin. C'est la bonne idée de ce petit jeu auquel va s'adonner Monsieur A sur la scène du Théâtre antique de Fourvière. L'ancien Dominique A – en réalité celui d'aujourd'hui, puisqu'il ne sera fait aucun usage d'hologramme – y jouera en première partie une relecture de La Fossette (qui contient quelques-uns de ses plus beaux titres comme Va-t'en, Les Habi

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Oh comment certains vivent

CONNAITRE | Avant de venir enchanter les Nuits de Fourvière en célébrant vingt d’une carrière rare (de La Fossette à Vers les lueurs) le 18 juin, Dominique A fera halte à (...)

Nadja Pobel | Jeudi 26 avril 2012

Oh comment certains vivent

Avant de venir enchanter les Nuits de Fourvière en célébrant vingt d’une carrière rare (de La Fossette à Vers les lueurs) le 18 juin, Dominique A fera halte à libraire Passages jeudi 3 mai. Le chanteur vient de coucher sur papier son enfance et retrouve du même coup son patronyme, Ané. Souvent considéré comme nantais, Dominique A revient à sa source, Provins, sa ville natale de Seine-et-Marne, dans Y revenir, opuscule simple de 90 pages édité dans la collection La Forêt dirigée par Brigitte Giraud chez Stock. Jusqu’à 15 ans, il fut un garçon discret dans une ville muette qu’il ne ménage pas «C’est la ville de l’immuable (…). Le maire est de ceux qui nous gouvernent depuis la nuit des temps, telle une malédiction dont on ne verrait jamais le bout». Il parle de sa cité comme Bruno Dumont avait filmé Bailleul dans La Vie de Jésus (le mysticisme en moins) : avec un dégoût qui n’a d’égal que sa joie d’avoir mis les voiles. Dominique A prolonge ici sa chanson Rue des Marais (album

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Les Invites de Villeurbanne 2012 : Invites pour tout le monde

CONNAITRE | Programmation des Invites de Villeurbanne 2012 : Le festival villeurbannais « pas pareil » vient de dévoiler sa foisonnante, éclectique programmation entre théâtre, danse, spectacles de rue, mimes, marionnettes, veaux, vaches, cochons, couvées, Didier Super en Christ sur BMX, des Grumaux, des carottes, et bien sûr de la musique de qualité à savourer en famille pour pas un rond. Stéphane Duchêne

Christophe Chabert | Lundi 23 avril 2012

Les Invites de Villeurbanne 2012 : Invites pour tout le monde

«Les Grumaux sont toujours là où on ne les attend pas». Il n'y a qu'aux Invites que l'on peut vous présenter de cette manière un (ou des) artiste(s) présent(s) – en l'occurrence, ici, des voltigeurs à mi-chemin de Mad Max et des Marx Brothers, les Demi-frères Grumaux. Bienvenue au festival pas pareil qui, dans les rues de Villeurbanne et pour la modique somme de rien, opère un retour à ces festivités d'antan où l'on montrait des ours à la foule pendant qu'un acrobate cracheur de feu tentait de prendre le dessus sur un joueur de flûte. On exagère à peine. Didier Christ Superstar Or donc, les Invites viennent de dévoiler leur programmation, qui contient de Grumaux mais pas que. Au rayon saltimbanque bien bancal, Didier Super devrait faire le boulot avec sa désormais célèbre – bien que non encore joué à Broadway, sans doute pour d'obscures histoires de contrats – comédie musicale, sobrement intitulée Didier Super La Comédie Musicale! (Et si Didier Super était la réincarnation du Christ ?). Où il est question de milliardaire dépressif, de témoins de Jéhovah, et d'un président de la Républ

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Reperkusounds good

MUSIQUES | Festival Reperkusound / Sept, comme les sept jours de la Création. Sept, comme les sept merveilles du monde. Sept, comme le pH de l'eau pure. Sept, (...)

Benjamin Mialot | Vendredi 30 mars 2012

Reperkusounds good

Festival Reperkusound / Sept, comme les sept jours de la Création. Sept, comme les sept merveilles du monde. Sept, comme le pH de l'eau pure. Sept, comme les sept vertus du bushido. Sept, comme les sept nains. Sept, enfin, comme l'âge du festival Reperkusound, qui se tiendra, comme de bien entendu, à l'Espace Double Mixte les 6, 7 et 8 avril prochains. De prime abord, la coïncidence est troublante. À l'aune de sa programmation, elle est d'une cosmique luminosité.  Et pour cause : jusqu'ici l’apanage des éleveurs nomades de canidés et des futurs bacheliers, l'événement s'est mué, sous l'influence de ce nombre qui justifie à lui seul l'existence de la numérologie, en un redoutable méli-mélo électronique. Oh bien sûr, l'electro-punk bas de la crête (Shaka Ponk, La Phaze), la drum'n'bass Max Havelaar (Highlight Tribe) et la house autocrate (Sebastian) y figurent toujours en bonne place. Mais de la techno hélicoïdale de Mr Nô à l'abstract hip-hop tradi-futuriste du vétéran nippon

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Bonnes étoiles à Fourvière

CONNAITRE | Et voici la programmation complète (ou presque, tant elle est riche) des Nuits de Fourvière 2012 ! Certains événements étaient déjà connus, mais s’y ajoutent d’excellentes surprises, qu’elles soient musicales ou théâtrales… Christophe Chabert

Christophe Chabert | Lundi 26 mars 2012

Bonnes étoiles à Fourvière

Les fuites ayant été nombreuses cette année (mais comment, à l’heure d’internet, garder sous cloche pendant trois mois les dates de tournée d’artistes que leurs fans observent comme le lait sur feu ?), on savait déjà que Les Nuits de Fourvière 2012 allaient envoyer du lourd. Cela faisait un bail que les organisateurs rêvaient d’accueillir Björk (le 30 juin), et ce sera donc chose faite cette année, après le lancement (passé un peu inaperçu) de son album concept multimédia Biophilia. Rêve aussi avec la reformation des Stone Roses (le 25 juin), groupe culte de la brit-pop flamboyante des années 90, dont le concert s’est inscrit in extremis dans la programmation. Enfin, retour en force de Bartabas, certes un habitué du festival, mais avec une de ses productions XXL, Calacas, où les cavaliers célèbrent la fête des morts mexicaine déguisés en squelettes sur leurs toujours impressionnantes montures (du 11 juin au 17 juillet au Parc de Parilly). Mais tout cela, on le savait déjà, donc. De A à Ben En revanche, deux poids lourds s’ajoutent à la liste : Ben Harper (le 17 juillet

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Soupe pop'

MUSIQUES | Désenchanté et déglingué, Baxter Dury est sans doute le plus attachant des popeux venus d'outre-manche. Si ce n'est le plus doué comme en témoigne sa dernière livraison, "Happy Soup", à déguster en concert. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Vendredi 25 novembre 2011

Soupe pop'

Nul n'ignore ce que le terme "soupe" recouvre dès lors qu'il s'agit de pop music. Pour peu qu'on lui accole l'adjectif "joyeuse", on s'imagine immédiatement tomber sur une intégrale de la Bande à Basile ou, pire, la bien nommée "Tournée entre nous" avec Emile & Images. Et puis il suffit qu'on aperçoive la petite tête d'oisillon en garde à vue de Baxter Dury sur la pochette de son album Happy Soup pour que notre perception s'en trouve bouleversée. En toute discrétion, Happy Soup s'est glissée entre les gouttes parmi les meilleurs albums de l'année. Comme d'ailleurs ses deux précédents, injustement boudés.Mais le talent du bonhomme, qui ne se laisse pas démonter, est intact. Ses obsessions aussi. Qu'il s'agisse de Lisa said ou de Francesca's Party sur le précédent Floor Show ou d'Isabel et Claire (deux des tubes dégingandés de cette joyeuse soupe 2011), il y a chez Baxter une propension à rouler sur la jante (féminine) en rauquant le prénom des filles. À les aimer bien balancées, sur des lignes de basse rondes comme des queues de pelle de fin de biture.

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Baxter Dury

MUSIQUES | Happy Soup EMI

Benjamin Mialot | Jeudi 8 septembre 2011

Baxter Dury

Écouter le troisième album de Baxter Dury, c'est comme se prendre une décharge de neuralizer. Vous savez, cet espèce de suppositoire chromé permettant aux Men in Black de faire oublier leurs bévues. On appuie sur play, un flash nous sature l'esprit et tout ce qui précède disparaît. Oublié le proto-punk Ian Dury, prestigieux paternel de ce natif du Buckinghamshire. Effacées, les six longues années à attendre un successeur de Floor Show, atoll pop devenu Atlantide suite au passage de la déferlante new new (neuneu ?) wave du mitan des années 2000. Envolée, la tentation de le comparer à un Jarvis Cocker revenu de son obsession du cool ou à un Serge Gainsbourg sans autre tremblote que celle induite par le pouls d'une basse bien cambrée. Qu'obtient-on en retour ? D'abord un parfait disque de rentrée, Happy Soup passant en permanence de la concupiscence estivale au bourdon automnal, du tube pour dancefloor brûlant à la BO pour fin de soirée imbibée. On gagne surtout le droit d'assister à la floraison d'un grand songwriter cockney comme seule l'Angleterre en nourrit. Floraison qui, claironnée à coup de chœurs de sirènes à peine pubères et de rythmes secs comme des compressions thoraciqu

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La Fée

ECRANS | De et avec Dominique Abel, Fiona Gordon, Bruno Romy (Fr-Belg, 1h33)

Dorotée Aznar | Mercredi 7 septembre 2011

La Fée

Y a-t-il un axe cinématographique franco-européen dont le port d’attache serait Le Havre ? Avant le film de Kaurismaki, c’est le trio Abel, Gordon et Romy qui y a posé sa caméra, avec des idées assez similaires et des références communes (Jacques Tati, ombre écrasante). Ici, un gardien de nuit apathique rencontre une fée qui lui propose d’exaucer trois vœux. Le garçon, ayant aussi peu d’idées que d’idéaux, demande une nouvelle bécane et de l’essence à volonté. Quant au troisième vœux, infiniment repoussé, il devient le gimmick principal des (rares) dialogues du film. Les trois réalisateurs-acteurs déballent donc leur habituel folklore poétique très «arts de la rue», qui atteint ici une laideur visuelle consternante. Le ballet aquatique ou la poursuite finale, par exemple, représentent une certaine idée du j’men-foutisme esthétique, où le bricolage devient une excuse à l’incapacité à créer de l’illusion. Plus ennuyeux encore : la manière dont ils font rentrer au chausse-pied la politique dans leur bazar, et notamment la question des sans-papiers. Quelque chose ne colle pas entre la naïveté agressive de leur univers et leur prétention à aborder, avec la même nonchalance, des sujet

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Un bon chanteur vivant

MUSIQUES | Après un double album magnifique qui le replace tout en haut du rock français, Dominique A repart en tournée — arrêt local à L’Épicerie moderne vendredi 13 novembre. L’occasion de dire, encore et toujours, l’importance d’un artiste intègre et essentiel. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Jeudi 5 novembre 2009

Un bon chanteur vivant

Avec la sortie de La Musique, double album qui ne disait pas son nom — La Matière, le deuxième disque, n’est officiellement qu’un simple bonus du premier ! on a pu dire de nouveau à quel point Dominique A est un immense artiste. Fini le temps où l’on se forçait pour cacher nos réserves face à Tout sera comme avant (tentative bancale de «grand album» à la fois novateur et populaire) ou L’Horizon (et son petit goût d’inachevé). Plus besoin de sortir l’argument kubrickien du «on ne peut qu’être déçu», en regard des sommets qu’étaient La Fossette, Remué et Auguri. La Musique est un disque fulgurant, cohérent et passionnant de bout en bout, 24 chansons qui remettent leur auteur à leur juste place : au sommet. Pour arriver à ce résultat impeccable, Dominique A a d’abord fait table rase pour retrouver la simplicité de ses débuts : il l’a enregistré seul, comme au temps de La Fossette. À l’origine Pourtant, l’album est loin d’être minimaliste ; La Musique porte l’empreinte de toutes les aventures musicales traversées en quinze ans. Ainsi, La Fin d’un monde

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Mellano, l’homme de l’ombre

MUSIQUES | Musique / Aux côtés des plus grands (Miossec, Dominique A.) et des plus prometteurs (Psykick Lyrikah, Laetitia Shériff), à la barre de projets personnels, du ciné-concert à la musique contemporaine, Olivier Mellano est une figure discrète et centrale du rock français. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 7 janvier 2009

Mellano, l’homme de l’ombre

Peu de gens connaissent le nom d’Olivier Mellano. Cette affirmation simple et avérée est déjà un petit scandale tant il est impossible, pour qui aime un tant soi peu la musique, de l’avoir croisé sur une pochette de disque. Mais Mellano est de ces personnages qui se glissent partout, apparaissant là où on ne les attend pas, s’activant sur tous les fronts, pour lui comme pour les autres, cheville ouvrière d’un rock français qui a élevé la curiosité au rang de profession de foi. À son arrivée à Rennes à la fin des années 80, il fait partie des créateurs du label Rrose Sélavy (d’après le pseudo de Marcel Duchamp, Julien Doré n’a donc rien inventé !), emblématique du bouillonnement créatif qui s’empare de la scène musicale indépendante à l’époque, à l’Ouest tout particulièrement. À l’arrière des BerlinesS’il possède une formation de violoniste classique, c’est surtout la guitare, qu’il apprend seul en écoutant les groupes new-wave du moment, qui va lui mettre le pied à l’étrier musical. «Le fait de jouer sur des disques dans ma chambre m’a donné la vraie base», commente-t-il. Alors qu’il anime des groupes qu’il qualifie lui-même de «confidentiels», Olivier Mellano va faire

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Dominique A Un bon chanteur mort

CONNAITRE | La machine à cailloux

Christophe Chabert | Samedi 8 novembre 2008

Dominique A
Un bon chanteur mort

Dans cette collection qui donne la parole à des chanteurs français ayant des choses à dire le temps d’un livre guère plus long qu’un album, l’ouvrage de Dominique A était très attendu. Et s’il surprend, il ne déçoit pas. Le bon chanteur mort du titre, c’est lui parmi d’autres, dans la perspective mélancolique où une œuvre ne sera jamais évaluable qu’une fois son créateur passé de vie à trépas. Mais plus encore, Dominique A pense que certains artistes semblaient morts de leur vivant, qu’ils chantaient «comme s’ils n’étaient plus parmi nous». En écho à cette réflexion centrale, tout le livre paraît écrit comme un étrange requiem : retour aux premières émotions musicales, à l’enfance, aux premières démos (précoces), à l’adolescence, au premier album (le minimaliste et inoubliable La Fossette)… Ces fragments sont ponctués par un regard détaché, presque extérieur, sur sa manière d’écrire, le travail en studio, les concerts. Écrit avec une langue qui elle aussi à l’air de sortir d’un ailleurs intemporel (les «oui-da» sonnent comme une provocation au jeunisme ambiant), Un bon chanteur mort se termine sur un paradoxe : l’originalité ne naît pas forcément des gens qui se veulent orig

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Rumba

ECRANS | de et avec Dominique Abel, Fiona Gordon, Bruno Romy (Fr-Belg, 1h17) avec Philippe Martz…

Dorotée Aznar | Jeudi 4 septembre 2008

Rumba

Fiona Gordon et Dominique Abel, flanqués du fidèle comparse Bruno Romy, poursuivent après L’Iceberg leur exploration de la poésie ludique, entre la chaleur humaine de Buster Keaton et l’hilarante froideur des meilleurs Kaurismaki. Cette fois-ci, le trio nous conte une histoire d’amour perturbée par une amnésie inopportune, sur fond de danse latino. Reprenant à leur compte cinématographique quelques figures imposées du clown et du théâtre de rue, ils installent une mécanique narrative fondée en grande partie sur le comique de répétition – ce qui ne manquera pas de rebuter les spectateurs les moins patients. En dépit d’une durée lapidaire, Rumba choisit en effet de prendre son temps, de fonctionner par plans séquence étirés à l’extrême. Une fois ces partis pris assimilés, il faut se laisser porter par la dynamique à part de ce couple d’Auguste pour savourer pleinement cet OVNI. FC

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