Jazz à Vienne - Du 26 juin au 11 juillet à Vienne (38)

MUSIQUES | Entre éternels retours et renouvellement forcenés des talents, Jazz à Vienne continue pour sa 35e édition de puiser aux sources du jazz tout en se posant en laboratoire de la musique de demain. Stéphane Duchêne

Benjamin Mialot | Mercredi 24 juin 2015

On pourrait dire cela de chacune des éditions de Jazz à Vienne, mais c'est particulièrement vrai pour celle-ci : elle marque un retour aux sources, et même plusieurs. D'abord avec une ouverture en forme d'hommage et de déclaration d'amour à la ville-mère du jazz, La Nouvelle Orléans. Où l'on croisera entre autres Dee Dee Bridgewater, mais aussi la fascinante Leyla McCalla, et dont le point d'orgue sera la présence, peu commune, du pianiste, chanteur, auteur-compositeur et surtout producteur de R'n'B originel Allen Toussaint.

Comme chaque année, c'est un retour aux sources en chaîne qui s'opère derrière. Retour un peu permanent avec l'éternel comeback de figures comme George Benson ou Didier Lockwood, mais aussi de genres oubliés, avec le légendaire Golden Gate Quartet, qui prêche le gospel depuis 80 ans, et Gilberto Gil et Caetano Veloso, ce couple inspiré qui mit le feux aux poudres de la musique brésilienne (et de la musique tout court) à la fin des années 60 pour accoucher d'un mouvement qu'on appela tropicalisme.

Dans le genre all-stars, ne pas manquer non plus le featuring de princes maliens (Salif Keita, Cheick Tidiane Seck et Amadou Bagayoko, l'Amadou de Mariam) en soutien des Ambassadeurs.

Le devenir de Vienne

Mais quand Jazz à Vienne fait mine de revenir aux sources, c'est pour mieux redescendre le cours du fleuve jazz (et de ses affluents et confluents). Le festival allobroge rajeunissant chaque année, au fur et à mesure que s'affirment, viennent et reviennent valser à Vienne, les stars montantes de cette musique plurielle, de Roy Hargrove à Melody Gardot, du prodige Tigran Hamasyan (qu'on appelle désormais juste Tigran) à Avishai Cohen et Ester Rada.

Or, pour favoriser et sublimer, comme on dit à Top Chef, toute cette belle effervescence, Jazz à Vienne dispose de trois beaux outils scéniques : la Scène de Cybèle, le Club de Minuit et le JazzMix, où se font les découvertes de demain, parfois aux portes de l'expérimentation, garantes ou pas de longs baux viennois.

Si les jazzmen s'éteignent inévitablement, comme Ornette Coleman il y a peu, Jazz à Vienne, lui, n'est pas près d'épuiser ses ressources passées, présentes et futures.

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Jazz à Vienne 2021, premiers noms

Festival | Armés de notre plus solide perche d'espoir (et bientôt peut-être d'un vaccin) sautons par dessus la crise sanitaire comme Armand Duplantis efface 6m à (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 8 décembre 2020

Jazz à Vienne 2021, premiers noms

Armés de notre plus solide perche d'espoir (et bientôt peut-être d'un vaccin) sautons par dessus la crise sanitaire comme Armand Duplantis efface 6m à l'entraînement et projetons nous vers l'été prochain. C'est à cette date que Jazz à Vienne gonflé d'optimisme nous propose d'atterrir aux alentours du 23 juin en dévoilant, comme si de rien n'était (ou ne sera), les premiers noms de son édition 2021, sise du 23 juin, donc, au 10 juillet prochain. à commencer par l'ami Jamie Cullum qui se verra ce jour précédé sur scène par la batteuse et chef d'orchestre Anne Paceo. Deux jours plus tard, se tiendra une soirée délicieusement africanisante avec la légende Salif Keita, le prince (et Dorian Gray) du blu-funk Keziah Jones et la mezzo-soprano Julia Sarr qui viendra livrer un message de paix à l'occasion de Sénégal en Isère 2021. On continue les 28 juin et 05 juillet avec d'autres habitués de la scène allobroge parce que furieusement incontpurnables d'abord les trompettistes Ibrahim Maalouf et Erik Truffaz en un double plateau d'envergure, puis le contrebassist

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Carmelo, on peut réserver

Pizzeria | Faut-il faire la queue près d’une heure pour une pizza margherita ? Non, mais réserver dans la nouvelle brasserie italo-branchée du groupe Big Mamma, pourquoi pas.

Adrien Simon | Mercredi 14 octobre 2020

Carmelo, on peut réserver

Un midi, l'hiver dernier, on échoua à se restaurer dans une nouvelle pizzeria de la rue Neuve. Quelques jours plus tôt, la soirée d’ouverture de ce Carmelo, garnie d’influenceuses, avait submergé Instagram. Pendant plusieurs semaines, la rue Neuve resta donc remplie d'affamés poireautant — comme nous ce jour-là. Alors qu’on nous annonçait une heure d’attente, un badaud osa la question qui ramène sur terre : « mais qu’a-t-elle donc de si spécial cette pizzeria ? ». Las, on rebroussa chemin, tout en pensant à la réponse : Carmelo est le nouvelle enseigne d’un malin groupe de restauration : Big Mamma. Une success story made in HEC. Ses deux fondateurs ont tous deux été élèves à Jouy-en-Josas. L’un, Tigrane Seydoux, est issu d'une famille bien connue dans le monde du cinéma, a poursuivi sa route aux côtés de Stéphane Courbit (Endemol, Betclic, mais aussi le palace Les Airelles à Courch’). Ce dernier a des parts dans My Major Company, start-up dont Victor Lugger, le second larron, fut le DG. Big Mamma c’est le blockbuster censé réconcilier la critique et le populo : une cuisine familiale a

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Re-Gilberto

Jazz à Vienne | En 1972, Gilberto Gil revient de son exil forcé en Grande-Bretagne et les temps ont changé au Brésil. Le tropicalisme n'ayant plus l'heur de choquer, Gil, (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 3 juillet 2018

Re-Gilberto

En 1972, Gilberto Gil revient de son exil forcé en Grande-Bretagne et les temps ont changé au Brésil. Le tropicalisme n'ayant plus l'heur de choquer, Gil, après le très beau Expresso 2222 lance sa fameuse trilogie en "Re" : Refazenda (1975), Refavela (1977) et Realce (1979). En plein milieu de cette période, lors d'un voyage au Nigéria, où il est invité au Festival Mondial d’Art et de Culture Noire, Gil rencontre le roi de l'afrobeat Fela Kuti tout en faisant la découverte du balafon, ce xylophone africain pilier de la musique mandingue, dont il fait rapidement l'un des ingrédients de quelques compositions de Refavela. En résulte une réussite absolue en ce qu'elle mêle subtilement influences afro et nonchalance urbaine au croisement du funk et de la samba, le tout subtilement arrosé de ces arrangements pop et de ce sens du chaos organisé digne du

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La tropical family de Caetano Veloso et ses fils

Nuits de Fourvière | En compagnie de ses trois fils Moreno, Zeca et Tom, l'immense songwriter brésilien Caetano Veloso, 75 ans, offre un spectacle collégial et familial qui promet d'être un sommet de joie et de mélancolie mêlées, à venir écouter religieusement comme l'indique un titre qui prône le recueillement : Ofertorio.

Stéphane Duchêne | Mardi 3 juillet 2018

La tropical family de Caetano Veloso et ses fils

En général, quand le New York Times dit quelque chose – enfin, l'écrit –, on l'écoute. Or s'agissant de Caetano Veloso, co-inventeur de la MPB (música popular brasileira, soit la pop brésilienne) et peut-être surtout avec son ami Gilberto Gil et quelques compères bien inspirés (Gal Costa, Os Mutantes, Jorge Ben...) de ce tropicalisme qui révolutionna la musique brésilienne en lui donnant des atours pop, psychédéliques et surtout, révolutionnaires – chose peu anodine à l'époque –, le Times, donc, déclare que l'auteur d'Irene est « l'un des plus grands songwriters du siècle ». Il ne dut pas être le seul et à vrai dire, bien malin qui pourrait dire le contraire face au génie, extraordinairement prolifique, de celui qui a su allier, notamment à une époque, les années 60, où

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La patte de Tigran Hamasyan au Radiant

Jazz | Toujours au sommet, cette fois du Mont Ararat où son dernier disque puise son inspiration, Tigran Hamasyan revient après plusieurs années hors des sentiers battus au piano solo, formule qui l'a révélé comme un prodige du jazz et de la musique contemporaine.

Stéphane Duchêne | Mardi 11 avril 2017

La patte de Tigran Hamasyan au Radiant

Tigran Hamasyan construit souvent ses disques en opposition aux précédents, comme s'il s'agissait de ne jamais reproduire la même formule et de changer sinon de visage – son style reste néanmoins reconnaissable entre tous –, du moins de masques, qui sont chez lui autant de nuances. Ainsi avait-on eu droit avec Shadow Theater à ce qui ressemblait beaucoup à un album de pop, contribuant à extraire pour de bon Tigran de son image de pianiste jazz et à magnifier ses talents de mixeur de genres : musique classique, contemporaine, traditionnelle, jazz, rock... Un disque qui reste sans doute à ce jour le plus impressionnant du jeune Arménien. Le suivant Mockroot revenait un peu plus aux basiques : le jazz, la musique arménienne, une expression du piano solo qui n'appartient qu'à lui, mais avec des intrusions rock très tendues, à la fois héritières du métal, mais aussi des expressions folkloriques du Caucase. Puis Tigran avait reculé de quelques siècles pour se produire dans des églises avec un chœur de chambre afin d'interpréter de la musique religieuse arménienne du Ve siècle (ce qui donna l'album Luys i Luso).

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Disquaire Day : Vinyl, Vidi, Vici

Top 10 | Entre une réédition d'A-ha et un disque de Xiu Xiu jouant la musique de Twin Peaks, le Disquaire Day, c'est plus de 200 références tous azimuts, toutes périodes, inédits, rééditions, collector, attrape-couillons, ayant pour seul point commun le support aussi authentiquement vinyl que le toupet de Dick Rivers. On y a subjectivement picoré dix petites perles pour la bonne bouche.

Stéphane Duchêne | Mardi 5 avril 2016

Disquaire Day : Vinyl, Vidi, Vici

Allen Toussaint – Live in Philadelphia 1975 (Rhino) Parce qu'il n'y a pas plus bel hommage à rendre au king of New Orleans, qui nous a quitté en novembre, que de se déhancher sur ces titres saisis sur le vif dans la cité de l'Amour Fraternel, quarante ans avant sa mort. Big Star – Complete Columbia : Live a University of Missouri 4/25/93 (Columbia) Avril 1993, les mythiques inventeurs de la power pop se reforment (partiellement) à Missouri University. Un live mythique ici réédité, remasterisé et agrémenté de cinq inédits. David Bowie – The Man Who Sold the world, picture disc 12'' (Parlophone) On ne va pas épiloguer. On tombe dessus, on achète ce disque (un sublime vinyl peint et une pochette ad hoc), quitte à vendre le monde. Elvis Presley – I'm Leavin : Elvis Folk Country (Sony Music) De Dylan à Gordon Lightffoot, voici rassemblés les divers enregistrements folk du king entre 1966 et 1973. Florence & the Machine – Delilah/Only Love can break your heart 7'' (Island)

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Salif Keita, le prince Mandingue

MUSIQUES | L'immense chanteur malien Salif Keita vient parcourir son riche répertoire de musique traditionnelle Mandingue à l'Auditorium, pour une soirée forcément magique.

Sébastien Broquet | Mardi 22 mars 2016

Salif Keita, le prince Mandingue

Au début des années 80, un vent de fraîcheur souffle sur l'hexagone : les radios deviennent libres, Jack Lang annexe le ministère de la Culture et des nouveaux médias issus de l'underground explosent - Actuel en tête. Pour nourrir cette décennie bien plus intense et créative qu'on ne le dit, beaucoup des protagonistes ouvrent grand leurs yeux et leurs oreilles vers les autres continents, se détachant des modes londoniennes ou new-yorkaises. La sono mondiale se révèle aux yeux de l'Occident et nombre d'artistes venus d'Afrique, des Antilles et d'Amérique Latine traversent les océans pour propager groove et messages post-coloniaux. Parmi eux, Salif Keita, qui s'installe à Paris. Albinos doublement rejeté car rompant la tradition en devenant chanteur, lui qui est issu d'une famille princière descendant directement du grand empereur Mandingue Soundjata Keita. De la Côte d'Ivoire... Le jeune Salif intègre à ses débuts le Rail Band de Bamako, l'orchestre résident animant chaque soir l'hôtel de la gare, école unique pour musiciens en devenir où durant des heures l'on se doit de parcourir tous les styles. Parti ensuite à Abidjan, où il fait viv

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À l'Auditorium, le requiem de Tigran

MUSIQUES | Habitué des festivals de jazz (notamment lyonnais) découvert par Stéphane Kochoyan de Jazz à Vienne, on a tendance à oublier que Tigran Hamasyan a étudié en (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 6 octobre 2015

À l'Auditorium, le requiem de Tigran

Habitué des festivals de jazz (notamment lyonnais) découvert par Stéphane Kochoyan de Jazz à Vienne, on a tendance à oublier que Tigran Hamasyan a étudié en premier lieu cette musique à Erevan, où sa famille déménagea lorsqu'il était enfant (il est né à Giumri). On est donc peu étonné que ce pianiste-caméléon ait eu besoin de rendre au pays de ses racines plus encore qu'il ne l'a fait par le passé. On est encore moins étonné qu'il fasse en cette année 2015 qui marque le centenaire du début du génocide arménien – reconnu à ce jour et sous ce terme par 23 pays dans le monde en dépit de ses 1, 5 millions de victimes. Or, c'est bien le devoir de mémoire qui est au cœur du projet de Tigran : livrer un «requiem contre l'oubli». Pour cela, il s'est attaché les services du Yerevan Chamber State Choir (un choeur de chambre traditionnel arménien) et a adapté solennellement des pièces musicales arméniennes traditionnelles ou religieuses. Réunies sur un disque, leur destin principal est d'être joué dans cent lieux de culte à travers le monde. À l'Auditorium, le 9 octobre, Tigran fera une petite entorse à cette i

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Rentrée musique : 20 concerts à ne pas manquer

MUSIQUES | De mémoire de rats de salle de concert, cette rentrée musicale est l'une des plus chargées que la ville ait connue. Qu'à cela ne tienne, ce ne sont pas dix concerts que nous vous avons tagués comme "incontournables" cette année, mais une vingtaine. Faites chauffer les boules Quiès.

Stéphane Duchêne | Mardi 29 septembre 2015

Rentrée musique : 20 concerts à ne pas manquer

Aline / Tigran / Jay Jay Johanson / Is Tropical Après avoir bu et dansé jusqu'à plus soif, bien profité de la belle hype initiée par Regarde le ciel, les Ex-Young Michelin ont pris la route du studio ICP de Bruxelles (temple du rock contemporain) à la rencontre de Stephen Street, mythique producteur et/ou ingénieur des Smiths (il fut le sage-femme de The Queen is Dead, t'as qu'à voir !), de Morrissey et de quatre albums de Blur. Le résultat, bien inspiré (et intitulé La Vie électrique), dégouline forcément de guitares cristallines et de rythmiques 80's dévalées en frenchy dans le texte. Quelque part entre les Smiths donc, les Triffids et un Daho d'époque moins daté. Aline est là, manquerait plus qu'elle revienne. Stéphane Duchêne Le 9 octobre au Marché Gare C'est un fait, le Tigran est un genre de prodigieux caméléon musical dont le génie serait profondément agaçant s'il n'avait pas la mansuétude d'en faire profiter les autres. Ce pianiste jazz (sur le papier uniquement), on l'a connu sous

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La rentrée musique côté jazz et world

MUSIQUES | Du côté de l'AOC "world, soul, jazz, etc.", le fourre-tout est de rigueur, les talents pluriels et les esthétiques en quinconce. Si bien qu'on ne sait plus où donner de la tête. Eh bien c'est juste ici, un peu partout.

Stéphane Duchêne | Mardi 22 septembre 2015

La rentrée musique côté jazz et world

C'est comme souvent le Rhino jazz qui va donner le tempo de la rentrée jazz. Mais tel le rhinocéros, l'événement, une fois lancé, court dans tous les sens et c'est dans trois départements que le spectateur doit se mettre en mode safari. Tout le monde n'étant pas équipé d'une jeep, contentons-nous ici des haltes lyonnaises : outre Tigran (voir page 4), se présenteront l'étrangeté électro-jazz-blues Yom (à l'Opéra le 12 octobre), Vincent Perrier qui va «bopper avec Django» à la Clé de Voûte le 23 ou encore le duo Donkey Monkey, croisement de jazz et de rock japonais, oui madame, le 24 au Périscope. Un Périscope qui garde son cap de chaudron expérimental. Citons pêle-mêle : Emmanuel Scarpa et François Raulin (aucun lien) pour leur Tea Time le 1er octobre, le violoniste Régis Huby et son projet Equal Crossing dont on a lu, sans rire, qu'il promettait une «ambiance frottis» ; ou encore le 13 novembre le chelou Finlandais Mikko Innanen. Et pour la bonne bouche, Cannibales et vahinés, où l'on ret

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Gil & Veloso : amicalement vôtre

MUSIQUES | «Deux amis, un siècle de musique», c'est ainsi qu'est baptisée la tournée qui réunit Caetano Veloso et Gilberto Gil. Et qui les verra monter sur scène avec (...)

Stéphane Duchêne | Mercredi 1 juillet 2015

Gil & Veloso : amicalement vôtre

«Deux amis, un siècle de musique», c'est ainsi qu'est baptisée la tournée qui réunit Caetano Veloso et Gilberto Gil. Et qui les verra monter sur scène avec chacun une guitare et un répertoire immense. Caetano & Gil se sont un peu les Brett Butler et Danny Wilde de la musique brésilienne, aux trajectoires individuelles marquées mais dont le destin restera irrémédiablement lié pour l'Histoire, l'esprit indissociable malgré les désaccords et les différences. Nés la même année, en 1942, et tous deux grandis à Salvador de Bahia, l'un est blanc issu d'un milieu modeste, l'autre noir et fils de médecin, les deux sont très engagés politiquement mais quand Gil est nommé ministre de Lula (premier président de gauche depuis leurs propres tribulations tropicalistes), Veloso est dubitatif avant de se raviser. Leurs caractères aussi sont rigoureusement opposés – Veloso est un hyperactif et bon vivant, Gil un gros dormeur (et c'est lui qui sera ministre) et quasiment maître zen – mais ils se complètent comme se complétaient Lennon et Macca et se sont trouvés comme on trouve l'amour, chacun vouant à l'autre une admiration sans bornes et jamais envieuse.

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Gil & Veloso : une histoire du tropicalisme

MUSIQUES | Réunis pour une tournée commune très attendue qui passe par Vienne, Caetano Veloso et Gilberto Gil ont initié, à la fin des années 60 et en amont de leurs immenses carrières internationales, l'une des grandes révolutions musicales et culturelles du Brésil : le tropicalisme. Un mouvement contestataire contesté qui a durablement marqué les esprits en libérant, parfois contre leur gré, les consciences brésiliennes. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mercredi 1 juillet 2015

Gil & Veloso : une histoire du tropicalisme

Trop radicales ou trop avant-gardistes, il est des épiphanies dont on ne mesure pas immédiatement la portée. On connaît par cœur l'histoire de l'électrification de Bob Dylan qui, un soir de 1965 au festival de Newport, en dépit de l'incrédulité qu'elle suscita, changea à jamais la face du rock. C'est à peu près au même phénomène qu'ont assisté les Brésiliens en 1967, lorsque sur la scène de TV Record, Gilberto Gil, Caetano Veloso et Os Mutantes ont fait exploser ce qui était alors le canon de la musique brésilienne, à savoir la bossa nova, laissant l'acoustique et les costumes bien mis au placard au profit d'une pop à tête chercheuse arborant cheveux longs et idées pas plus courtes. Vite conspués pour cette rupture radicale avec l'ordre culturel établi, Veloso et Gil, hippies poussés dans le chaudron culturel bahianais, ne font pourtant rien d'autre qu'actualiser les principes édictés par le concept de «cannibalisme culturel» d'Oswaldo Andrade qui, en 1928, prônait la nécessité pour le Brésil d'absorber la culture internationale.

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Allen Toussaint lance Jazz à Vienne

MUSIQUES | En 2005, le terrible ouragan Katrina, outre les dégâts humains et catastrophiques qu'il a infligés à la Nouvelle Orléans, a commis un crime de lèse-majesté. (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 23 juin 2015

Allen Toussaint lance Jazz à Vienne

En 2005, le terrible ouragan Katrina, outre les dégâts humains et catastrophiques qu'il a infligés à la Nouvelle Orléans, a commis un crime de lèse-majesté. Détruisant son studio et sa maison, il a mis à la porte l'une des légendes locales, pilier de la culture musicale et donc de la Culture avec un grand C d'une Big Easy qui l'était soudain beaucoup moins, easy : Allen Toussaint. Mais s'il est "aisé" d'abattre d'un coup de brise un monumental chêne Quercus Virginia, il est plus compliqué d'en effacer l'ombre tentaculaire et infinie. Car Allen Toussaint, c'est à lui tout seul près de 60 ans de musique néo-orléanaise, l'incarnation des mélanges constitutifs de l'art musical local par sa manière de revisiter le R'n'B originel à sa sauce et sa volonté toujours farouche de mêler son talent à celui des autres, quitte à rester volontairement dans l'ombre. Sa carrière solo, pourtant brillante, n'ayant jamais été sa priorité, Toussaint a toujours pris davantage de plaisir a écrire, composer, produire pour les autres dans à peu près tous les styles imaginables, au point de devenir une référence très demandée, y compris par les géants de la pop (Macca, Costello, Joe Coc

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Jazz à Vienne 2015 : la programmation

ACTUS | La programmation de Jazz à Vienne ? Du classique jamais trop classique, des habitués qui prennent le temps de se changer, des têtes d'affiches de tous ordres. Bref, Vienne tel qu'en lui même : ni tout à fait le même, ni tout à fait un autre. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 24 mars 2015

Jazz à Vienne 2015 : la programmation

Après un premier vrai-faux départ sous forme d'Extra Night avec Pharrell Williams, c'est en mode pas moins happy que va débuter cette année Jazz à Vienne le 26 juin avec un week-end aux accents carnavalesques de la Nouvelle Orléans : de la légendaire figure locale Allen Toussaint au Dirty Dozen Brass Band et à la fascinante et prometteuse Leyla McCalla. En passant, on serait tenté de dire "bien sûr", par Dee Dee Bridgewater qui, après avoir gratifié Vienne de tout le spectre esthétique de la black music, revient en compagnie du New Orleans Jazz Orchestra. Et puisqu'on en est à parler des habitués du festival – ceux dont on a l'impression qu'ils sont là même quand ils ne le sont pas, comme Jean-Jacques Milteau, Éric Bibb, Didier Lockwood ou Éric Truffaz – on ne peut faire l'économie d'un Marcus Miller qui, en compagnie de l'ONL, dirigé pour l'occasion par Damon Gupton, retourne aux sources musicales et géographiques du jazz – un projet au départ discographique baptisé Afrodeezia et première in

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A Vaulx, du jazz à foison

MUSIQUES | Si cette édition d'Á Vaulx Jazz, qui va allègrement sur ses trente ans, se clôturera en apothéose supersonique avec un hommage appuyé à Sun Ra par Thomas (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 10 mars 2015

A Vaulx, du jazz à foison

Si cette édition d'Á Vaulx Jazz, qui va allègrement sur ses trente ans, se clôturera en apothéose supersonique avec un hommage appuyé à Sun Ra par Thomas Pourquery puis le Sun Ra Arkestra, les festivités ne s'arrêteront pas là. Enfin si, mais du moins ne commenceront-elles pas là. Dans la même série d'hommages à des artistes ou à des albums mythiques, devenue un peu par hasard l'une des marques de fabrique du festival vaudais, l'un des moments forts de cette mouture 2015 sera Over The Hills, création de l'iMuzzic Grand(s) Ensemble revisitant l'invisitable, à savoir l'opéra-jazz de Carla Bley et Paul Haines (au livret) Escalator Over the Hill, monument musical du tournant 60-70. Stéphane Kerecki et son quartet s'attaqueront eux à la musique de la Nouvelle Vague – également représentée par la projection de ce film free qu'est Pierrot le Fou qui témoigne de l'empreinte cinématographique du festival. Pour le reste, la thématique déployée par Á Vaulx Jazz tourne autour des «soufflants, des voix et des cordes» – ce qui est toujours, il faut bien le dire, un peu le cas. Où l'on

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Pharrell Williams à Jazz à Vienne

MUSIQUES | Après Stevie Wonder l'an passé, Jazz à Vienne reconduira en 2015 sa doublement bien nommée Extra Night en accueillant dans le Théâtre antique l'auteur du tube (...)

Benjamin Mialot | Mardi 23 décembre 2014

Pharrell Williams à Jazz à Vienne

Après Stevie Wonder l'an passé, Jazz à Vienne reconduira en 2015 sa doublement bien nommée Extra Night en accueillant dans le Théâtre antique l'auteur du tube interplanéntaire Happy (et, pour ce qui nous concerne, l'un des trois cerveaux de N.E.R.D.). A la différence de la légende soul, c'est toutefois en amont du festival que se produira Pharrell : mardi 23 juin, soit trois jours avant le début officiel des réjouissances (qui se poursuivront jusqu'au 11 juillet). Les places seront en vente à partir du mardi 6 janvier (pour des prix allant de 65 à 79€). Pensez à doubler le noeud à votre mouchoir : il n'y aura certainement pas pour tout le monde.

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L'affiche de Jazz à Vienne 2015

MUSIQUES | A chacun sa tradition en ce quatrième jeudi du mois de novembre : Thanksgiving pour les Américains, le dévoilement de l'affiche de Jazz à Vienne pour (...)

Benjamin Mialot | Jeudi 27 novembre 2014

L'affiche de Jazz à Vienne 2015

A chacun sa tradition en ce quatrième jeudi du mois de novembre : Thanksgiving pour les Américains, le dévoilement de l'affiche de Jazz à Vienne pour nous. Voici donc celle de la trente-cinquième édition du festival, pour le moins surprenante de psychédélisme. On ne sait pour l'heure si la programmation sera à l'avenant, mais vous pouvez d'ores et déjà vous abonner "à l'aveugle" (ou plutôt "à la sourde") à un tarif préférentiel. Par ici : www.jazzavienne.com

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Joyau Gilberto(s)

MUSIQUES | C'est en solo, à la guitare acoustique, que la légende Gilberto Gil, homme aux milles vies et aux mille musiques, vient faire résonner l'Auditorium de douce sambas livrées en hommage à un autre maître brésilien : Joao Gilberto. Stéphane Duchene

Stéphane Duchêne | Mardi 30 septembre 2014

Joyau Gilberto(s)

L'an dernier, le Brésil nous avait envoyé l'un des dignes successeurs de Gilberto Gil et de son compère en tropicalisme Caetano Veloso en la personne de Rodrigo Amarante. Comme ses aînés, ce dernier est un musicien de l'exil : géographique d'abord, entre Etats-Unis et France – même si le sien est un peu plus volontaire que ceux, londoniens, de Gil et Veloso, "contraints" par le contexte de la dictature militaire qui ne voyait pas d'un très bon œil ces types un peu trop libres pour être honnêtes – mais aussi musical – comme eux, il pratique un art nourri du brassage pop. Une dernière chose toutefois relie Amarante et les tropicalistes en chef : il a été le compère musical au sein de L'Orquestra Imperial de Moreno Veloso, le fils de Caetano. Or c'est ce même Moreno qui vient de produire le dernier album de Gilberto Gil. Un album qui constitue pour l'enfant du Nordeste une sorte de retour aux sources : un hommage à la samba et plus précisément à Joao Gilberto. Desafinado De la pa

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Carrefour des inclassables

MUSIQUES | Dans la catégorie de ce que nous nommerons les inclassables, plutôt que sommairement world, jazz, blues, soul, etc., on retrouvera cette saison tout un aréopage de divas plus ou moins faunes et de grands fauves plus ou moins rugissants. Autant de personnalités musicales qui en imposent dès la première note. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 23 septembre 2014

Carrefour des inclassables

Au premier rang des femmes puissantes – dont la touche à tout Meshell Ndegeocello le 14 novembre à l'Epicerie Moderne –, il y a bien sûr la reine Susheela Raman. Inclassable, cette grande habituée des salles lyonnaises (cette fois le Kao, le 17 octobre) l'est peut-être plus que n'importe qui. Avec Queen Between, elle joue justement les go-between avec des musiciens du Rajasthan et la tradition qawwalie. Même constat pour une autre reine, Rosemary Standley qui, après Birds on a Wire avec Dom La Nena l'an dernier (à redécouvrir le 3 octobre à l'Atrium et le lendemain au Toboggan), vient présenter au Théâtre de Vénissieux, le 14 novembre, A Queen of Heart, un spectacle qui a déjà pris La Bastille (l'opéra parisien) et dans lequel elle se livre à un époustouflant exercice de transformisme music-hall où se croisent Purcell, Bashung, Nina Simone et l'âge d'or d'Hollywood. Pas de quoi, sans doute, impressionner la soul-woman Sharon Jones, reine elle du label Daptone, q

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L’œil du Tigran

MUSIQUES | En clôture de Saint-Fons Jazz et en co-production avec Jazz à Vienne, l’Auditorium accueille Tigran Hamasyan et son Shadow Theater. L’occasion d’assister à l’impressionnante métamorphose d’un jeune prodige jazz en créature pop ubiquiste, dotée d’une vision panoramique de son art. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Vendredi 24 janvier 2014

L’œil du Tigran

En une poignée d’années et quelques albums, Tigran Hamasyan s’est posé en figure incontournable et indispensable du paysage musical. On devrait dire du jazz puisque c’est de là qu’il vient, mais ce serait par trop réducteur. Car dès le départ, tous ceux qui ont croisé sa route ou ses disques ont supposé que le jeune Arménien allait vite déborder du cadre (on le découvrira ainsi prochainement à l’œuvre sur le deuxième album de la pépite pop Cascadeur), arracher le costume d’interprète virtuose et d’improvisateur génial, trop étroit pour un tel talent. Un talent qui en sus vient du punk et ne l’a jamais vraiment quitté. Pas plus qu’il ne se défait de la marque culturelle de son pays. Matière volatile Son Shadow Theater est bien, comme son nom l’indique un théâtre d’ombres – discipline qui plus est partie prenante de la culture arménienne – éclairant l’évolution esthétique permanente du musicien. Un théâtre où viennent s’agiter dans un époustouflant jeu de cache-cache le folklore arménien, enseigné par son mentor Vahagn Hayrapetyan ; l’épouvantail rock, musique du père ; le vieux spectre jazz, découvert grâce à son oncle ; la "freakerie"

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Jazz à Vienne se dévoile

MUSIQUES | Pas facile de se distinguer quand on porte le nom de la capitale d'un autre pays, celui d'un département situé à l'autre bout de la France et même d'une route qui, depuis Lyon, ne mène plus vraiment... à Vienne. N'est pas Rome qui veut. Encore que. Car chaque saison, la cité des Allobroges nous rejoue en son Théâtre antique des jeux du cirque jazzy dont le premier temps consiste à présenter les gladiateurs à la foule. Jazz à Vienne, ceux qui vont jouer te saluent. Et ils sont nombreux. Stéphane Duchêne.

Stéphane Duchêne | Jeudi 21 mars 2013

Jazz à Vienne se dévoile

Les agapes débuteront le 28 juin par les 11e Victoires du Jazz (pour donner une idée, c'est comme les Victoires de la musique, sauf que c'est vraiment de la musique). Ensuite, on peut vous présenter tout le monde, à ceci près qu'il n'y a plus grand monde qui nécessite d'être présenté. On retrouve en effet à Vienne les noms qui ont l'habitude de truster l'affiche des festivals de jazz en général et de celui-ci en particulier : le guitar hero mexicain (un concept en soi) Santana (11 juillet), George Benson – on y revient –, l'éternel Sonny "Colossus" Rollins, sans doute le dernier géant du be-bop et du post-be-bop qui avance fièrement sur ses 83 ans (10 juillet), le contrebassiste israélien Avishai Cohen (12 juillet) et le même soir la terrible vocaliste You Sun Nah (vue à A Vaulx Jazz en duo avec Ulf Wakenius mais présente ici en version quartet). Ou encore Marcus Miller, oui, mais en plein «Renaissance Tour» (29 juin), alors bon. Chick, Champagne et petits pépés

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Oiseaux Jazz

MUSIQUES | Qui dit été dit festivals, qui dit festivals dit jazz, qui dit jazz dit Jazz à Vienne, point de rencontre annuel de la grande migration des jazzeux du monde entier. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Jeudi 21 juin 2012

Oiseaux Jazz

Avec l'été et l'avènement des festivals, on assiste chaque année à une migration qui pourrait nous rappeler celle de certains volatiles sensibles au climat (oies, grues, etc...). Chaque été, à la même période, c'est la grande transhumance des jazzmen, irrésistiblement attirés par la qualité du climat français, et ici, rhonalpin, et la qualité de ses sites antico-historico-touristiques. Parmi ceux-ci, le théâtre antique de Vienne n'est pas le moins prisé. Or, la notoriété et le talent de ces drôles d'oiseaux aux cris étranges, trompettistes, saxophonistes, chanteurs, pianistes, guitaristes, n'est pas sans attirer de concert toute une foule d'amateurs qui, elle aussi opère une migration vers ce lieu de rassemblement, comme le fauve attiré par la pause réhydratation d'un troupeau de flamands roses. Cette année, à Vienne, les oiseaux sont encore une fois loin de se cacher pour mourir même si une partie d'entre-eux n'est pas de prime jeunesse. Mais ce sont eux qui ont construit la légende du jazz et par là d'un festival qui n'a de jazz que la raison sociale, car toutes les espèces de m

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Fortichimmo

MUSIQUES | Très orientée «nouveaux talents» en plus de quelques valeurs sûres, Fort en Jazz joue cette année la politique de l'offre rafraîchissante et du talent juvénile qui transpire par tous les pores du jazz et de ses dérivés. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Jeudi 31 mai 2012

Fortichimmo

Allez, avouez – faute avouée à moitié pardonnée comme disait mémé avant de nous coller une gifle au lieu de deux – quand on vous dit pianiste d'origine arménienne à Fort en Jazz, vous pensez immédiatement : André Manoukian. N'ayez pas honte, cela a également été notre cas. Eh bien si vous passez faire un petit tour à Francheville à l'occasion de Fort en Jazz, vous en ressortirez grandi en terme de «moi je connais un pianiste d'origine arménienne qui déchire, je peux te dire que c'est une autre came que Dédé Manoukian (qui pourtant n'est pas manchot)». Car oui, le Tigran Hamasyan dont il est question est un peu une bête de pianiste. Qui en plus, enfonce une autre idée reçue trop tenace selon laquelle le piano-jazz serait chiant à mourir (et Michel Petrucciani, il est pas mort peut-être ?). À même pas 25 ans, le jeune Tigran, passé par le Thelonious Monk Institute of Jazz et l'université de South California a remporté tout ce que le monde du jazz compte de prix et fait le tour du monde, quand d'autres peinent, à cet âge, à faire le tour du quartier. Avec son savant mélange de folklore arménien et de jazz, ce fan de rock ouvrira Fort en Jazz en conclusion d'une rés

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Benson toujours deux fois

MUSIQUES | On ne sait trop s'il faut y voir pour l'intéressé une injustice ou une bénédiction. Toujours est-il que la première chose qui envahit le cerveau moyen à (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 24 juin 2011

Benson toujours deux fois

On ne sait trop s'il faut y voir pour l'intéressé une injustice ou une bénédiction. Toujours est-il que la première chose qui envahit le cerveau moyen à l'évocation de George Benson est un petit refrain discoïde entendu un million de fois et qui a usé plus d'une paire de mocassins brillants, des clubs chics de New York aux plus infâmes dancing de province : Gimme the night. Rencontre d'un homme avec la musique de cette époque (nous sommes en 1980, le disco règne), instinct naturel pour le goupillage de tube (emballé à l'époque par l'incontournable Quincy Jones), c'est un peu l'éternelle histoire du hit qui réduit, aux yeux du grand public, la carrière d'un géant à la dimension d'une pastille – fut-elle avalée goulûment par le monde entier. La plupart de ses autres grands succès publics (On Broadway...) sont d'ailleurs liés à cette période. Sans doute l'homme s'est-il plu à ce rôle de crooner disco à costume de soie et regard félin : quand dans les années 70 il commence à chanter et se prend au jeu en se tournant vers un son commercial qui lorgne à la fois vers le disco et vers le Stevie Wonder période dégoulinante. Mais Benson a eu une autre carrière, ét

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L'âme et le cœur

MUSIQUES | World-Jazz-Soul / Premier grand rendez-vous de cette rentrée : l'immense Caetano Veloso sera à l'Auditorium dans une petite quinzaine de jours (le 7 (...)

| Mercredi 3 octobre 2007

L'âme et le cœur

World-Jazz-Soul / Premier grand rendez-vous de cette rentrée : l'immense Caetano Veloso sera à l'Auditorium dans une petite quinzaine de jours (le 7 octobre). Un des pères du tropicalisme brésilien n'a pas choisi comme son collègue Gilberto Gil les lambris de la République mais continue son intense activisme musical (dernier album en date : Cé). Dans le même auditorium, une autre légende en octobre : Chick Corea, pionnier du jazz fusion, s'y produira avec le joueur de banjo (moins à la mode que le Ukulele) Belá Fleck. Pour finir ce trimestre de musique pas classique, l'Auditorium invitera Anouar Brahem et son oud à se joindre au saxophoniste John Surman et au contrebassiste Dave Holland le 14 décembre : autant dire un trait d'union parfait entre jazz et musiques du monde. Pour ceux qui n'en peuvent mais d'attendre la sortie de son prochain film, Emir Kusturica viendra avec son No Smoking Orchestra sur la scène du Transbordeur faire un peu de «Unza, unza» le 27 octobre. Ailleurs, le Radiant poursuit son ouverture à la musique avec une invitation lancée au groupe de jazz manouche Samarabalouf (le 1er décembre) et une autre à la guitariste à la voix puissante de contralto Ilene Barnes

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Increvable Veloso

MUSIQUES | Musique / À 65 ans, Caetano Veloso, un des pères fondateurs du tropicalisme brésilien, mais aussi un des héritiers les plus fidèles de Joao Gilberto, prolonge sa tournée sans fin et sa discographie pléthorique. Proximo acordão : l'Auditorium. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 10 octobre 2007

Increvable Veloso

Écrire sur Caetano Veloso donne le tournis. Écouter sa musique aussi, mais pour d'autres raisons. La longévité (65 ans, dont 40 à ne faire que de la musique) et la productivité (une cinquantaine d'albums, dont la majorité sont des compositions originales) de Veloso laissent rêveur ; mais son enthousiasme et sa capacité à bousculer sans arrêt l'image que le public peut se faire de lui sont encore plus impressionnantes. Il n'y a qu'à se souvenir de cette interview accordée au début de l'année à Libération où il exprimait sa ferveur face à sa (re)découverte des Pixies, chez qui il retrouvait le goût de la concision et l'urgence de son maître Joao Gilberto. Du rock à la bossa nova, de l'Amérique au Brésil, Caetano Veloso est un globe-trotter au sens le plus premier du terme, tout en étant aussi un véritable pionnier. Veloso, c'est pour beaucoup le père du Tropicalisme, ce mouvement musical, culturel et révolutionnaire qui, en 1968, fit trembler le Brésil au point d'envoyer ses principaux activistes dans les geôles de la dictature militaire. Veloso, Gilberto Gil, Tom Zé, Gal Costa et Os Mutantes ont eu l'audace de mêler à leur culture (samba et bossa nova) tout ce que le monde comptait

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