Ostgut Ton, 10 ans de purisme techno

MUSIQUES | Mi-août, Ostgut Ton fêtait ses dix ans à domicile. Cette semaine, c'est au Transbordeur et au Sucre que la (panzer) division discographique du célèbre Berghain poursuit les hostilités. Petites natures s'abstenir.

Benjamin Mialot | Mardi 15 septembre 2015

«Don't forget 2 go home !» N'oubliez pas de rentrer à la maison. Dans la file d'attente grillagée qui mène au Berghain, couloir de la (petite) mort à l'entrée duquel mieux vaut abandonner tout espoir – de passer le contrôle au faciès de Sven Marquardt, l'iconique et impénétrable physionomiste qui sépare le bon grain électromane de l'ivraie party animalière à l'autre extrémité –, voilà le seul conseil qui vaille. Tagué sur un bout de mur du temple berlinois de la culture électronique, il en est même devenu le slogan officieux.

Et pour cause : réincarnation de l'Ostgut, haut lieu de la culture queer dont les agents actifs de la gentrification firent table rase début 2003, cette ancienne centrale de l'est convertie un an plus tard en club (techno au Berghain à proprement parler, house au Panorama Bar à l'étage, musique contemporaine à la Kantine, installée dans une aile) / spot de parachutisme (vous voyez très bien de quoi on parle) / boîte à cul (gay au Berghain, hétéro au Panorama) a fait de la désorientation sa marque de fabrique. Pénombre quasi-permanente, sets-marathons (du jeudi soir au lundi matin pour les plus endurants), contrôle des contacts photographiques avec le reste du monde... À l'intérieur du Berghain, les heures semblent se dilater au même rythme, à la fois familier et insaisissable, que dans la Salle de l'esprit et du temps de Dragon Ball.

Poids lourd

Évidemment, la musique diffusée par son système son, l'un des plus réputés de la planète, n'est pas étrangère à cette sensation. Au contraire : massives, anthracites, itératives, baignées d'une touffeur de salle des machines et raffinées à l'extrême (au sens pétrolier du terme), les tracks que transmettent ou composent ses résidents aux mâchoires serrées pulsent d'une foi des plus radicales dans les vertus mécaniques et introspectives de la house et de la techno.

Fondé dès la deuxième année d'exploitation du lieu, le label Ostgut Ton en est l'expression patrimoniale, fut-ce par la captation de mixes virtuoses (ceux, entre autres, de Norman Nodge, de Len Faki et du manager de la chose, Nick Höppner, sont de véritables traités de dynamique et d'ouverture d'esprit) que via la production de premiers albums à l'incontestable maturité (notamment ceux du poster boy Ben Klock, de la première dame Steffi et de Marcel Fengler).

Et la grande fête en deux temps (techno le samedi au Transbordeur, house le lendemain au Sucre) et beaucoup plus de trois mouvements que lui ont concoctée les adeptes de l'urbex sonore de We Are Reality, bien que boudée par quelques personnages historiques (Marcel Detteman, Tama Sumo, ladite Steffi), l'une des plus approchantes de la full experience promise par les city guides à laquelle vous pourrez prendre part.

We Are Reality – Ostgut Ton Zehn : Ben Klock + Marcel Fengler vs. Function + Fiedel + Kobosil
Au Transbordeur samedi 19 septembre

We Are Reality – Ostgut Ton 10 Years : Gerd Janson + Nick Höppner + Martyn + Massimiliano Pagliara
Au Sucre dimanche 20 septembre


We are reality "Ostgut ton zehn"

Ben Klock + Marcel Fengler vs Function + Fiedel + Kobosil
Transbordeur 3 boulevard Stalingrad Villeurbanne
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


We are reality : OstGut Ton 10 years

Gerd Janson + Nick Hoppner + Martyn + Massimiliano Pagliara
Le Sucre 49-50 quai Rambaud Lyon 2e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Laurent Garnier sera le premier DJ à faire re-danser Le Sucre

Clubbing | DJ emblématique de la scène techno, attaché à Lyon, Laurent Garnier sera le premier à rejouer au Sucre lorsque les clubs seront autorisés à ouvrir de nouveau.

Sébastien Broquet | Vendredi 15 janvier 2021

Laurent Garnier sera le premier DJ à faire re-danser Le Sucre

On ne sait pas quand. Mais on sait qui : Laurent Garnier sera le tout premier DJ à rejouer au Sucre, le club du quai Rambaud, lorsque la réouverture des spots nocturnes sera autorisée. Bien sûr, ce sera dans de longs mois. Mais la présence du maître absolu des platines, du DJ historique de la scène techno, augure d'ores et déjà d'une reprise mythique. Et il faudra bien cela après des mois de fermeture et d'interdiction totale de danser. « Pour poser le premier disque, et le second, et le troisième, après une telle absence, il fallait quelqu'un en qui nous avons une totale confiance car ce ne sera pas facile ; et en Laurent, j'ai une totale confiance » nous a confié Vincent Carry, le directeur de Arty Farty, qui précise qu'un soin tout particulier sera accordé à la programmation de la première semaine de réouverture. Une programmation à laquelle Laurent Garnier devrait

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Découvrir la bière au Sucre

Atelier | On a compris : nous n'irons plus danser avant de longs mois dans ces clubs où nous adorions nous abandonner la nuit venue. L'hédonisme n'est (...)

Sébastien Broquet | Vendredi 11 septembre 2020

Découvrir la bière au Sucre

On a compris : nous n'irons plus danser avant de longs mois dans ces clubs où nous adorions nous abandonner la nuit venue. L'hédonisme n'est plus de saison. Mais le houblon, lui, oui : ainsi Le Sucre, pour combler le vide intersidéral causé par le Covid-19, a-t-il décidé d'ouvrir sa salle pour des ateliers de biérologie (et pour des résidences d'artistes, mais c'est un autre sujet). Jeudi 10 septembre et jeudi 1er octobre, durant deux sessions consécutives d'une heure (19h à 20h et 20h30 à 21h30), avec huit participants par session, il sera possible de découvrir la bière et ses particularités, ses procédés de fabrication, en compagnie d'un expert de la brasserie habituellement partenaire du club géré par Arty Farty.

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Harout Mekhsian associé à Cartel Concerts, candidats à la reprise du Transbordeur

Transbordeur | La délégation de service public du Transbordeur, la salle de concerts située à Villeurbanne, prend fin le 30 juin 2020. Deux candidats se sont positionnés : les actuels délégataires Transmission, et un nouveau venu, Hors-Bord, dont nous vous dévoilons en exclusivité le projet.

Sébastien Broquet | Lundi 14 octobre 2019

Harout Mekhsian associé à Cartel Concerts, candidats à la reprise du Transbordeur

Les deux candidats à la prochaine délégation de service public (DSP) du Transbordeur ont été auditionnés la semaine dernière : vendredi en ce qui concerne les sortants, Transmission, représentés par l'actuel directeur Cyrille Bonin dont nous avons évoqué le projet, qui s'aligne dans la continuité de l'actuel fonctionnement, dans notre édition du mercredi 18 septembre dernier. Et un jour plus tôt, jeudi, pour le second projet porté par Harout Mekhsian. Ce dernier est basé à Lyon, où il est né en 1974 et l'on en sait un peu plus sur le dossier qu'il a présenté au jury : sous le nom de Hors-Bord, une SAS créée pour l'occasion dont il serait le PDG, il propose de s'associer avec la société de billetterie lyonnaise créée en 2011 Yurplan (à hauteur de 40% du capital de 50 000€), le producteur de concerts Cartel (30% du capital, il s'agit d'une agen

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Seulement deux candidats pour le Transbordeur

Villeurbanne | Dans quelques jours seront auditionnés les candidats pour la prochaine Délégation de Service Public du Transbordeur : deux dossiers ont été déposés, dont celui des sortants mené par l'actuel directeur Cyrille Bonin.

Sébastien Broquet | Mardi 17 septembre 2019

Seulement deux candidats pour le Transbordeur

Surprise : la salle culte du Transbordeur, à Villeurbanne, n’est cette fois pas l’objet d’une lutte acharnée entre producteurs de spectacles ; seuls les sortants, emmenés par l’actuel directeur Cyrille Bonin (par ailleurs chroniqueur au Petit Bulletin), et un second candidat ont déposé leurs dossiers début juin dernier pour obtenir la DSP (délégation de service public) de la Ville de Lyon, dont l'actuelle convention prendra fin le 30 juin 2020. Fimalac a flairé Exit, déjà, les figures locales : en 2010, Frédéric Gangneux (ancien programmateur de la salle) ou encore l'actuel directeur du Fil à Saint-Étienne, Thierry Pilat, avaient porté des dossiers de candidature. En 2015, trois dossiers avaient été présentés : outre le vainqueur Transmission, le producteur Les Derniers Couchés et la société Bellevue dirigée par le fondateur de la salle Victor Bosch avaient candidatés. Pour 2020, aucune de ces figures locales ni leurs successeurs

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Terminator 2 en film du dimanche soir au Sucre

Rockyrama | Si la perspective de dominer la ville par un beau soir d’été vous a toujours tenté·e (mais que vous n’avez aucune ambition politique) ; si le Los Angeles (...)

Vincent Raymond | Mardi 27 juin 2017

Terminator 2 en film du dimanche soir au Sucre

Si la perspective de dominer la ville par un beau soir d’été vous a toujours tenté·e (mais que vous n’avez aucune ambition politique) ; si le Los Angeles brindezingue et/ou anxiogène de la fin du siècle dernier vous fascine, alors vous risquez fort de faire du Sucre votre spot ce dimanche et les suivants jusqu’au 3 septembre. Le club toit-émoi de la Confluence a confié ses clefs aux nostalgeeks pop culture de Rockyrama, lesquels ont fouillé dans leur vidéo-DVD-thèque. Résultat ? Un kaléidoscope plutôt représentatif de la cité californienne, forcément incomplet, mais il faut en garder sous la pédale pour une prochaine fois. Du barré d’anthologie (The Big Lebovski) et du polar nocturne pré-Uber (Collateral), du « Yippee-ki-yay, pauvre con ! » (Die Hard) et du Snake (Escape from L.A.), des mecs en queer (Husler White) et des grosses balloches (Les Blancs ne savent pas sauter). Mais aussi Sarah Connor avec

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Kosme, sans fard

Entretien | Fer de lance de la jeune scène techno et house, auteur de DJ sets époustouflants qui ont fait le bonheur des aficionados du Sucre où il était résident, Kosme s'est exilé à... Chamonix pour trouver un nouveau souffle. À savourer ce week-end, du côté de la We Are Reality.

Sébastien Broquet | Mardi 20 septembre 2016

Kosme, sans fard

Est-ce que le fait de quitter Lyon et l’urbanité pour Chamonix et un endroit plus proche de la nature a changé ta manière de composer, ton son, tes DJ sets ? Kosme : Ça a changé entièrement ma vie ! J'arrivais personnellement à la fin d'un cycle à Lyon, pas seulement dans la musique, mais aussi dans ma vie. J'avais besoin d'un nouvel envol, d'un nouvel air, de repousser mes limites et de sortir de ma zone de confort pour évoluer. Depuis deux ans, on a lié des liens étroits avec Chamonix grâce au festival Unlimited alliant musique et montagne, organisé par José Lagarellos : c'est assez naturellement que je me suis installé ici. Chamonix répond actuellement entièrement aux besoins liés à ma vie de DJ. Je trouve ici l'inspiration, mais aussi le mode de vie sportif, la nature et le "bien être" qui m'aident a recharger mes batteries et a être plus performant pour mes dates le week-end. Je pense avoir trouvé le bon équilibre, ça m'a énormément apporté humainement et artistiquement... et ça tente déjà d'autres collègues DJ qui m'envient un peu !

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Insomniaque : trois plans pour vos nuits blanches ce week-end

Clubbing | Trois plans pour vos nuits blanches.

Sébastien Broquet | Mardi 20 septembre 2016

Insomniaque : trois plans pour vos nuits blanches ce week-end

23>09>16 TRANSBORDEUR WE ARE REALITY Ok, l'on parle déjà par ailleurs de Kosme, interviewé en page 3. Mais difficile de ne pas revenir sur cette WAR de rentrée au plateau implacable : outre l'espoir Lyonnais, la légende Carl Craig étant également au programme. Instigateur d'un groove absolument unique, esthète de la techno made in Detroit, inventeur d'un futur pour le jazz (ce qui n'est pas si simple...), immense remixeur et l'on en passe... Difficile de passer outre cet homme sans qui la techno ne serait pas la même. Ah, il y a aussi Marcel Dettman pour conclure la nuit. Béton. 24>09>16 LE SUCRE GARÇON SAUVAGE CLUB Le retour de la soirée queer & sauvage au Sucre, avec l'un des DJs qui colle le mieux à cet esprit : Joe Goddard, membre des indie stars Hot Chip, moitié de The Two Bears et par ailleurs

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Le Sucre régale dès la rentrée

Start Festival | Après une saison d'été inventive et colorée, Le Sucre fait sa rentrée en misant sur ses fondamentaux, avec un mot d'ordre easy : Start.

Sébastien Broquet | Lundi 29 août 2016

Le Sucre régale dès la rentrée

C'est devenu le rendez-vous des retrouvailles amicales et l'occasion pour le club du quartier Confluence de présenter en une petite semaine ses inflexions et évolutions pour la saison à venir : le Start Festival, qui débute ce mercredi 31 et court jusqu'à dimanche, fête sa quatrième édition et ne déroge pas à la règle, avec un premier soir en mode before très local placé sous le signe de l'Apéro des voisins, les bandes d'Arty Farty (Nuits Sonores) et de Culture Next (Le Sucre) œuvrant depuis le début pour l'émergence de ce "nouveau quartier" pas encore complètement apprivoisé. Mais commençons par la fin : ce dimanche après-midi désormais ancré dans les habitudes du clubbing lyonnais, par la grâce de quelques souvenirs dantesques lors des We Are Reality. Ce premier tea dance de la saison lance un nouveau cycle dominical, où l'on attend au fil des semaines quelques pointures : le second épisode, le 18 septembre, est d'ores et déjà sold-out et accueillera l'immense

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Insomniaque : vos trois soirées du week-end

Clubbing | Trois plans pour vos nuits blanches.

Sébastien Broquet | Mardi 7 juin 2016

Insomniaque : vos trois soirées du week-end

10.06.16 > TRANSBORDEUR WE ARE REALITY Le come-back du fils prodigue : Agoria est de retour au Transbordeur pour une nuit où il fait non seulement office de headliner pétri de talent, dont les sets regorgent de ressources, naviguant sur toutes les vagues des musiques électroniques pour agiter le dancefloor, mais aussi d'hôte parfait ; car c'est lui qui convie ici une moitié d'Âme, celle se produisant live, à savoir Frank Wiedemann l'esthète d'une house hypnotique comme on peut la savourer sur son label Innervisions. Communion. 10.06.16 > DV1 KEEPSAKES Voilà, c'est fini. C'est la dernière pour ce petit club du bas des pentes, qui depuis de longues années ne se contentait pas de programmer du DJ techno à la chaîne mais savait donner sa chance à de jeunes talents, à des promoteurs débutants. La mort d'un club, c'est souvent un bout de l'âme d'une ville qui s'envole. Mais aussi, parfois, une

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Clubbing : notre top 3 pour ce week-end

MUSIQUES | 01.04.16 > Les Valseuses BASS MUSIC PARTY Un before tout en basse ? Direction Les Valseuses où l'un des piliers de la scène dubstep (...)

Sébastien Broquet | Mardi 29 mars 2016

Clubbing : notre top 3 pour ce week-end

01.04.16 > Les Valseuses BASS MUSIC PARTY Un before tout en basse ? Direction Les Valseuses où l'un des piliers de la scène dubstep française officie aux platines : Uzul, largement repéré ici pour sa maîtrise des machines au sein de Kaly Live Dub. Depuis 2004, Stéphane a lancé ce side project resté un peu dans l'ombre, mais fort respecté par la scène dubstep internationale depuis son album Travelling Whithout Moving, remixant même la référence en la matière, Skream. Pour ce DJ set, toute la palette sera revisitée, du trap à la UK bass. Wobble. 02.04.16 > Le Sucre GARÇON SAUVAGE La soirée la plus déjantée de la ville part à la recherche de la plus belle drag queen, en mode madame de Fontenay, avec élection de miss très Divine (il faut s'inscrire sur Facebook). Parmi les épreuves, un lancer de sac à main : « comment avoir la classe tout en étant une femme précise, moderne et élégante » nous dit-on... César & Jason, les deux DJ résidents du Terminal, assureront la part

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Triple trip avec Dengue Dengue Dengue

MUSIQUES | Fers de lance de la seconde vague cumbia électronique, Dengue Dengue Dengue fixe ses machines au Sucre : ça va onduler sévère du bodjo sur un tempo ralenti (...)

Sébastien Broquet | Mardi 19 janvier 2016

Triple trip avec Dengue Dengue Dengue

Fers de lance de la seconde vague cumbia électronique, Dengue Dengue Dengue fixe ses machines au Sucre : ça va onduler sévère du bodjo sur un tempo ralenti pour le rendre plus moite, plus sensuel, mêlé à des sonorités triturées et largement improvisées pour faire monter la sauce vers son potentiel festif à haute valeur ajoutée : c’est lent, mais pas moins dansant - et infusé de percussions. Felipe Salmon et Rafael Pereira, les deux producteurs aux masques chatoyants formant cette entité d’origine contrôlée péruvienne, sont tatoués par Warp et le doom autant que par les rythmes traditionnels de leur région natale comme le huayno, et influencés par la sono mondiale façon Internet comme par les vieux classiques : la paire n’a pas oublié que le Pérou fut le premier à instiller une forte dose de psychédélisme et de transe dans sa cumbia, aboutissant à la dénommée chicha : une mutation opérée autant sous l’influence de la drogue (l’ayahuasca) que des évolutions instrumentales (guitare et orgue électrique remplaçant l’accordéon argentin). C’est cet héritage que Dengue Dengue Dengue fait revivre sur scène depuis son apparition avec l’album La A

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Les soirées du 30 septembre au 6 octobre

MUSIQUES | 03.10 Encore Tel Van Pelt, le chasseur qui voulait faire de Robin Williams une descente de lit dans Jumanji (chacun ses classiques), le collectif (...)

Benjamin Mialot | Mercredi 30 septembre 2015

Les soirées du 30 septembre au 6 octobre

03.10 Encore Tel Van Pelt, le chasseur qui voulait faire de Robin Williams une descente de lit dans Jumanji (chacun ses classiques), le collectif Encore n'aura visiblement de répit que le jour où il aura accroché à son tableau de chasse toutes les figures historiques de la techno. Cette semaine, c'est ainsi au tour de Kevin Saunderson de voir sa tête placardée au-dessus de la cheminée, en l'occurrence celle du Petit Salon, en sa qualité d'originator, à égalité avec Juan Atkins et Derrick May, du "nouveau son pour danser de Detroit" – il paraît qu'on utilise trop d'anglicismes, alors voilà, enjoy (oups).

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Django Django, les maîtres de l'univers pop

MUSIQUES | Il y a un moment, à 4'30'' de Giant, le premier morceau de Born Under Saturn, l'album que vient nous présenter Django Django, où le monde semble s'ouvrir (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 15 septembre 2015

Django Django, les maîtres de l'univers pop

Il y a un moment, à 4'30'' de Giant, le premier morceau de Born Under Saturn, l'album que vient nous présenter Django Django, où le monde semble s'ouvrir en deux sur un changement de ton. Et où, sur fond de claviers quasi carpenteriens, sous un empilement de "ouh ouh" et perdu dans une rythmique space funk, un chœur chante «Take it back if you really, really wanna take it to the stars». Là commence un voyage qui n'est que changement de direction dans l'espace-temps (d'où sans doute la référence à Saturne, planète géante, donc, et dieu du temps du panthéon romain). Car Born Under Saturn est plein de fausses cassures de rythme (le "sax" de Reflections) qui sont autant de passages semblables à ces trous de vers qui permettraient en théorie d'accéder d'un bout du cosmos à l'autre ; plein de sauts quantiques musicaux qui ne sont pas sans rappeler, en plus sophistiqué, la manière qu'avaient en concert leurs aînés du Beta Band de s'échanger les instruments en plein milieu d'un morceau ; plein de ces digressions dignes, tant pis, on les cite, des contrepoints chers aux Be

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Metz ou le hardcore sidérurgique

MUSIQUES | Affublé d'un blase de préfecture de Moselle, Metz a taillé dans le vif pourtant déjà très à vif de son premier album pour livrer "II", transformation d'essai rageuse et tranchante qui semble droit sortie du fracas et de la chaleur infernale des hauts-fourneaux lorrains. Tout cela depuis le Canada.

Stéphane Duchêne | Mardi 15 septembre 2015

Metz ou le hardcore sidérurgique

Ah, Metz ! Ville fleurie tri-millénaire, préfecture du département de la Moselle, citée romaine sous le nom de Divodorum, ancienne capitale d'Austrasie, importante ville de l'Empire Carolingien, du Saint-Empire romain germanique et, par intermittence, de la première division du championnat de France de football. Ville libre et souvent assaillie, Metz vainquit par la main de Saint-Georges le maléfique Graoully et par les pieds de Tony Kurbos et Jules Bocandé le FC Barcelone au Camp Nou en Coupe des Coupes 1984-85. Elle connut aussi des défaites avec l'annexion par l'Allemagne et la perte du championnat de France de football 1998 à la différence de but aux dépens du RC Lens – deux épisodes que les Messins préfèrent oublier... Bien, ouh là, stop, soyez sympas, rembobinez : on s'égare, Metz n'étant pas le sujet de cet article. Ou plutôt si, mais le Metz canadien, groupe hardcore de son état, baptisé ainsi suite à un concert lorrain visiblement marquant de deux de ses membres en 2006 – le hors-sujet n'est donc pas total, même si au contraire de la ville, Metz le groupe présente une diversité architecturale assez

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Nuits sonores - Pour quelques conseils de plus

MUSIQUES | Si les Anglais se taillent la part du lion, il faudra aussi compter avec ces dix-là pendant le festival. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mercredi 13 mai 2015

Nuits sonores - Pour quelques conseils de plus

Nils Frahm / Mehmet Aslan Pianiste de formation, Nils Frahm produit depuis dix ans une musique aux confins de l'ambient et de l'impressionnisme, où la contrainte (genre jouer sans le pouce ou avec un instrument étouffé) est toujours source d'élévation. Pour le dire clairement, c'est lui qu'on aurait aimé voir à l'Opéra. Nuit 1 - Halle 1 Á l'Ancien marché de gros, mercredi 13 mai à 22h30 Né en Suisse, d'origine turque et basé à Berlin, Mehmet Aslan revisite le patrimoine musical anatolien à travers le prisme des rythmes électroniques.Et le résultat est aussi cocasse qu'ob

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Nuits Sonores 2015 - La programmation de jour

MUSIQUES | La première moitié du programme de Nuits Sonores 2015 est tombée, entraînant dans sa chute son lot d'impatiences et de surprises. Brace yourselves, habitants de la Confluence, spring is coming. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mercredi 14 janvier 2015

Nuits Sonores 2015 - La programmation de jour

Si Wagner fait naître chez certains des sentiments belliqueux à l'encontre de la Pologne, la prochaine édition de Nuits Sonores, elle, devrait vous donner envie de passer l'été au pays de Copernic. Car c'est Varsovie, capitale qui s'impose depuis quelques années comme l'une des cool du Vieux continent, qui sera à l'honneur de la traditionnelle carte blanche. L'occasion de découvrir tout un contingent de producteurs et groupes aux noms pour le moment nimbés de mystère : Xenony, Piotr Kurek (accompagné par le collecteur analogique Étienne Jaumet), Black Coffee, Alte Zachen ou encore Polonezy Fanfare.Nonobstant cette escale, Nuits Sonores (et ses événements connexes bien sûr, du participatif Extra! au réflexif Lab) restera fermement ancré à la Confluence, selon le même découpage que l'an passé : le détachement polonais à la Maison de la Confluence, les soirées éponymes à l'ancien Marché de gros et les Days à la Sucrière. Tiercé gagnant Premier dévoilé, le contenu de ces derniers, aux inévitables et néanmoins agréables relents de Sucre (à l'instar de la

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Insomniaque - Soirées du 1er au 7 octobre

MUSIQUES | Trois RDV nocturnes à ne pas manquer : Lone au Kao, Ellen Allien au Bellona et Ben Klock au Sucre. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 30 septembre 2014

Insomniaque - Soirées du 1er au 7 octobre

03.10 Maison Fraîche Si vous allez à San Francisco, n'oubliez pas d'agrémenter votre tignasse de quelques fleurs, disait la chanson. C'est aussi vrai pour Manchester depuis 2012 (et ce le sera pour le Kao ce vendredi), année de parution du Galaxy Garden de Lone, chef-d’œuvre de house luxuriante à la 808 State qui aurait fait un carton en 1967. Même si son successeur, le tout aussi rétro-novateur Reality Testing, est une véritable descente d'extase en direction de ses racines hip hop – son dernier effort dans ce registre, daté de 2009 et influencé par J Dilla, s'intitulait d'ailleurs Ecstasy & Friends.     04.10 L’Amour – Nuit Dans un monde idéal, Ellen Allien, forte d

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5 soirées à suivre

MUSIQUES | Chaque semaine à Lyon, on dénombre plus de soirées électro que d'occurrences du mot fuck dans une minute du Loup de Wall Street (soit pas moins de neuf). Histoire d'y voir plus clair, voici les habitués de notre rubrique Insomniaque qui affichent les line-ups de rentrée les plus excitants. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 23 septembre 2014

5 soirées à suivre

We Are Reality A l'heure où des scientifiques étudient sérieusement la possibilité que notre réalité ne soit qu'une simulation informatique, le Sucre s'impose avec ce rendez-vous bi-mensuel comme l'endroit où garder les pieds sur terre. Difficile en effet de faire plus concret que la techno promue par We Are Reality, dont le casting a cet automne, entre les retours du maestro Carl Craig (19 octobre, avec le cogneur britannique Boddika) et des figures de proue du Berghain (Ben Klock le 5 octobre, Marcel Dettman le 2 novembre), des airs de who's who. A ne pas manquer également, un détour house par la case Innervisions avec ses fondateurs, Dixon

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Le Sucre, notre ami d'en haut

MUSIQUES | Son premier anniversaire tout juste révolu, le Sucre passe à l'heure d'été avec un programme à trois entrées qui va vous faire voir (ou plutôt entendre) du pays. Embarquement immédiat. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 15 juillet 2014

Le Sucre, notre ami d'en haut

Rarement rédacteurs du Petit Bulletin furent autant humiliés que lors du tournoi de ping-pong qui rythma l'été inaugural du Sucre. Inutile, donc, d'espérer profiter de sa deuxième édition pour nous la mettre façon Jean-Philippe Gatien : cette année, ce sera sans nous. Ce ne sont heureusement pas les meilleures raisons qui manqueront d'escalader le rooftop dans les semaines qui viennent. Elles sont même au nombre d'un multiple de trois, son programme estival se découpant en une triplette de cycles thématiques.   Le premier, élaboré avec Rinse FM – radio londonienne naguère pirate qui fut aux premières loges de l'avènement de la bass music – se présente comme un recensement des individus qui, demain, sans doute, constitueront les points cardinaux de la scène électronique lyonnaise. Parmi eux, des disquaires (Sofa Records le 24 juillet, Groovedge le 7 août, Chez Émile le 14), des collectifs qui n'ont déjà plus grand chose à prouver (à l'instar du Palma Sound System, le 31 juillet, ou du

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L'été au Sucre

ACTUS | Sa pré-ouverture fut le fil rouge de l'été 2013, sa programmation pour celui de 2014 aura plutôt l'épaisseur d'un câble sous-marin. On parle bien sûr du Sucre, dont la programmation pour les beaux jours vient d'être dévoilée. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que cela ça s'annonce très chaud. Pauline Lambert

Benjamin Mialot | Mardi 27 mai 2014

L'été au Sucre

Du mercredi 3 juillet au dimanche 7 septembre, le rooftop de la Confluence, fidèle à sa volonté d'être un lieu à la fois musical et ludique, consacrera pour commencer chaque mercredi soir à un tournoi de ping-pong. Le jeudi, lui, sous pavillon de l'antenne française de l'ex-radio pirate londonienne Rinse FM, fera la part belle aux disquaires (Sofa le 24 juillet, Groovedge le 7 août, Chez Emile le 14...), DJs (Palma Sound System le 31 juillet, Perrine le 21 août, la team Macadam Mambo le 28...) et initiatives (comme le Rumble Festival, qui fera étape le 10 juillet) lyonnaises qui rythment la vie électronique de la ville.   L'exploration des cultures électroniques se poursuivra avec un véritable "Tour de France" des labels français qui montent le vendredi (de Versatile avec Étienne Jaumet le 4 juillet à Construct Re-Form avec An

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Gare au gorille

ARTS | Carrure d'ours mal léché, tenue d'aristocrate d'un temps que les moins de cent ans ne peuvent pas connaître, barbe et chevelure cendrées, deux anneaux à la lèvre (...)

Benjamin Mialot | Mardi 27 mai 2014

Gare au gorille

Carrure d'ours mal léché, tenue d'aristocrate d'un temps que les moins de cent ans ne peuvent pas connaître, barbe et chevelure cendrées, deux anneaux à la lèvre qui scintillent tels des crocs sous une Lune blême, des barbelés d'encre sur le cou et la joue gauche.. Sven Marquardt a tout ce qu'il faut là où il faut pour tenir un rôle de shérif vampire dans la série True Blood. C'est pourtant à une toute autre figure mythologique qu'on l'associe communément : le Cerbère, en sa qualité de physionomiste du Berghain, le havre de décadence électronique que le monde envie à Berlin. Quand il n'y passe pas ses week-ends à refouler tel ou tel EasyJet-setter pour des motifs connus de lui seul, Sven Marquardt prend des photos – ce qui, connaissant la politique pour le moins intransigeante de son club vis-à-vis de cette pratique, ne manque pas d'ironie. De grands et beaux portraits en noir et blanc d'anonymes aux regards noirs et aux corps bohèmes dont les contrastes gothiques se superposent aux contours de la contre-culture allemande (qu'il documente depuis la chute du Mur), exposés pour la première fois en France au Goethe Institut jusqu'au jeudi 2

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Sugar man

MUSIQUES | Au terme d'une pré-ouverture estivale entièrement sold out, Le Sucre a officiellement ouvert ses portes début septembre. Présentation de ce club multi-facettes sis à la Confluence avec Cedric Dujardin, son directeur d'exploitation. Propos recueillis par Térence Caron

Benjamin Mialot | Lundi 23 septembre 2013

Sugar man

Vous avez été coordinateur général de La Plateforme pendant sept ans, qu'est-ce qui vous a amené au Sucre ? Cédric Dujardin : Ce qui m'a amené au Sucre c'est d'abord mon amitié pour Vincent Carry et mon histoire avec Nuits Sonores, qui date de très longtemps. Un projet comme celui du Sucre, ça n'arrive qu'une ou deux fois dans une vie. Un nouveau lieu de cette ampleur qui s'ouvre à Lyon, c'est assez rare pour être intéressant à plein d'égards. C'est très complémentaire de la Plateforme. J'aurais pu rester sur le bateau et bénéficier de mes sept ans de travail, avec deux cents dates par an. J'ai préféré tenter une nouvelle aventure, sur un projet excitant.   Comment s'est monté le projet ? Nuits Sonores cherchait depuis longtemps un lieu pérenne pour accueillir le festival, mais c'est en Novembre 2011 que Vincent Carry est venu me voir en me parlant de ce l

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Insomniaque - Semaine du 26 juin au 2 juillet

MUSIQUES | 28.06 – AF001 "Enthusiast"Ça y est, c'est officiel : Le Sucre, le rooftop qui fit les belles nuits de la Biennale d'art contemporain à l'automne 2011, (...)

Benjamin Mialot | Lundi 24 juin 2013

Insomniaque - Semaine du 26 juin au 2 juillet

28.06 – AF001 "Enthusiast"Ça y est, c'est officiel : Le Sucre, le rooftop qui fit les belles nuits de la Biennale d'art contemporain à l'automne 2011, devient pérenne. Et ce à compter de cette fin de semaine, date non pas de son inauguration (programmée pour septembre), mais de sa pré-ouverture, qui se poursuivra tout l'été via une bonne quinzaine de soirées. Vu la tronche de la première, en forme de launch party du nouvel album du Berlinois Siriusmo, dauphin surdoué d'Aphex Twin et petit frère bizarroïde de Modeselektor, on est bons pour une dérégulation glycémique. 29.06 Cruel Summer OpeningSi sa direction artistique

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Nuits Sonores 2013 - Jour 3

MUSIQUES | L'événement de cette troisième journée de Nuits Sonores était la tenue de la toute première Boiler Room (des DJ sets pour happy few retransmis sur le web) lyonnaise. Nous n'y étions pas. Tant mieux, sans quoi nous serions passés à côté d'un paquet de prestations mémorables. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Samedi 11 mai 2013

Nuits Sonores 2013 - Jour 3

Le troisième NS Days était placé sous le signe de la cérébralité, voire de la prise de tête. Le quatrième, lui, aura fait la part belle au corps et à sa mise en pièces méthodique. A coups de kicks plus compacts que les marteaux maniés par Kaori dans le manga City Hunter (Nicky Larson en version franchouillarde) sous la verrière, où les puristes techno Shifted, DVS1, Planetary Assault Systems et Ben Klock ont rivalisé d'implacabilité – surprise, à ce petit jeu, ce n'est pas le patron du label Klockworks, dont le set avait l'an passé failli démolir l'Hôtel-Dieu avant l'heure, qui s'en est le mieux tiré, mais l'Anglais qui a ouvert le bal. A coups de riffs abrasifs du côté du hangar, qui aura notamment vu se succéder Girls Against Boys, le temps d'un concert qui, à défaut d'être à la hauteur de la réputation de ces figures du post-hardcore, a surclassé en tension celles de bon nombre de petites frappes bruitistes, et le duo synth punk australien Civil Civic – qui, joie, n'a rien pe

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Nuits Sonores 2013 - La prog de jour

MUSIQUES | «Nuits Sonores n'est pas un festival de blockbusters». La phrase est de Vincent Carry, le directeur de Nuits Sonores et elle a rarement été aussi appropriée que pour l'édition 2013 du festival, l'équipe d'Arty Farty ayant choisi de rester stable sur ses fondamentaux plutôt que de se lancer dans la course à la surenchère que laissait entrevoir le très solennel dixième anniversaire de l'événement. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Jeudi 24 janvier 2013

Nuits Sonores 2013 - La prog de jour

Ça pour une belle fête d'anniversaire, c'était une belle fête d'anniversaire : de l'édition du bouquin commémoratif 10 ans sans dormir à l'accueil des séminaux New Order en passant par la conclusion de sa programmation nocturne sur un plateau secret, le festival Nuits Sonores a l'an passé mis les petits plats dans les grands au moment de célébrer sa décennie d'existence. A tel point qu'on ne voyait pas bien comment il allait pouvoir poursuivre sa croissance sans verser dans l'excès. Arty Farty nous a ouvert les yeux ce matin : l'édition 2013 de l'événement ne sera ni plus maousse ni plus timide que les précédentes, elle sera dans leur droite lignée, c'est-à-dire urbaine, sélective, éclectique et réflexive. A ceci près qu'elle durera six jours, mitoyenneté calendaire du 8 mai et de l'Ascension oblige.Pour le reste donc, les habitués du festival seront en terrain connu, en tout cas pour ce qui concerne la partie diurne des

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Une dernière danse

MUSIQUES | L'hédonisme ne consistant pas tant à rechercher le plaisir qu'à éviter le déplaisir, il n'est qu'un pessimisme mal assumé. Partant de là, difficile de s'étonner (...)

Benjamin Mialot | Jeudi 13 décembre 2012

Une dernière danse

L'hédonisme ne consistant pas tant à rechercher le plaisir qu'à éviter le déplaisir, il n'est qu'un pessimisme mal assumé. Partant de là, difficile de s'étonner que, au moment où retentit le funeste galop des Quatre Cavaliers de l'Apocalypse, les événements invitant à se mettre les sens à l'envers une dernière fois se multiplient plus vite que les vans Volkswagen sur les routes menant au village de Bugarach, seul bout de Terre qui, selon une croyance New Age, sera épargné. Trois d'entre elles méritent que vous laissiez vos proches retourner à la poussière dans leur coin. Primo, celle organisée par les bookers hyperactifs d'Enover, les seuls à avoir compris que si la fin est pour le 21, c'est le 20 qu'il faut s'y résoudre. Au programme de celle-ci : Kaptain Cadillac, figure parisienne de la ghettotech (dévoiement vulgos et speedé de la techno de Detroit), et les USA Kings, les Chev Chelios de la dance music, du nom du personnage incarné par Jason Statham dans Hyper Tension (lui ne peut laisser son rythme cardiaque ralentir, chez le duo de Dallas ce sont les bpm qui semblent ne jamais devoir passer sous la barre des 200). Deuxio, la soirée donnée

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Nuits sonores – Vendredi 18 - Report

MUSIQUES | Sept lieux, six sessions de 9h de live, trois concerts spéciaux. Il fallait bien ça pour fêter les dix ans de Nuits sonores, fleuron européen de la musique électronique (et plus si affinités). Compte-rendu du jour 3. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Samedi 19 mai 2012

Nuits sonores – Vendredi 18 - Report

Une blonde en mal de vodka. Un grand brun nous reprochant l'absence de points de vente de cigarettes. Une poignée de jeunes ayant pensé à tout sauf à la weed. Hier, la frange la plus secouée du public de Nuits Sonores nous a pris pour un distributeur ambulant. Manque de pot pour elle, même si notre manière de danser peut prêter à confusion... Coup de bol pour elle, hier, les hallucinations et la transe étaient comprises dans le prix des billets.  Le freak, c'est chic À l'Hôtel-Dieu, on s'est demandé si «l'appartement de fous» qui jadis scindait en deux la cours de sa chaufferie était encore en service et si ce n'était pas ses locataires qui se succédaient sur la grande scène. Prenez les Londoniennes de Trash Kit. Elles ont bien essayé de nous la mettre à l'envers, à se pointer sans leurs habituelles peintures de guerre fluo, mais leur rock, primitif et béat comme du Animal Collective interprété par les Slits, ne laisse aucun doute : elles souffrent d'un touchant complexe de Pete

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«Faire des choix esthétiques»

MUSIQUES | Entretien / Cyrille Bonin, nouveau directeur du Transbordeur. Cet activiste des musiques actuelles, choisi par Eldorado pour diriger la salle lyonnaise, s'explique sur ses ambitions pour les cinq prochaines années, durée de la Délégation de Service Public. Propos recueillis par Dorotée Aznar et Stéphane Duchêne

Dorotée Aznar | Vendredi 17 septembre 2010

«Faire des choix esthétiques»

Petit Bulletin : Quand vous avez été choisi comme directeur du Transbordeur, on vous a présenté comme la caution culturelle du dossier présenté par Eldorado, un important producteur de spectacles…Cyrille Bonin : Ce n'est pas tout à fait faux. Ce qui a fait beaucoup parler c'est qu'Eldorado et Alias sont actionnaires à 90% de la société Transmission, qui gère la salle. Vincent Carry (directeur du festival Nuits sonores, NdlR) et moi seulement à 5% chacun. Mais je suis bien le directeur du Transbordeur : c'est inscrit dans les statuts, mais c'est aussi comme ça que cela va se passer dans la réalité. Le fait qu'Arty Farty ait présenté un dossier qui a été rejeté, avant de se rallier à Eldorado, a contribué à brouiller les pistes... Avec Arty Farty (association qui organise notamment le festival Nuits sonores, NdlR), dont je suis membre, nous avions effectivement présenté au premier tour un dossier qui a été retoqué pour des raisons purement administratives. Mais dans le cahier des charges de la Délégation de Service Public (DSP), rien n'interdisait à une personne physique, comme Vincent Carry et moi, de pouvoir se représenter à titre purement personnel da

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