Michel Cloup, debout

Rock | Déprogrammé, reprogrammé, re-déprogrammé, re-reprogrammé, finalement Michel Cloup et son compère du Michel Cloup Duo assureront bien la présentation de l'album "Ici et là-bas" prévue au Sonic et finalement sise au Club Transbo.

Stéphane Duchêne | Mardi 26 avril 2016

Photo : © DR


C'était en mode plus qu'intime que Michel Cloup avait en solo (en forme de duo, mais marqué pour la première fois de son vrai nom) fini par « recycler cette colère » qui a toujours été la sienne, lui le bâtisseur d'hymnes à la moue. Le deuil marquait ainsi puissamment, indélébile, l'immense Notre silence, avant que la meurtrissure du couple blessé ne vienne remuer Minuit dans tes bras. Et voilà que pour son déjà troisième album solo (même remarque que précédemment, même si le batteur Patrice Cartier laisse place à Julien Rufié), Ici et là-bas, investit le terrain d'une révolte on ne peut plus en phase avec la période.

À l'heure où le peuple, ou ce qu'il en reste, se lève la nuit à la recherche d'une solution, Cloup acte la disparition de la classe ouvrière (La classe ouvrière s'est enfuie) et la difficulté à dire nous (Nous qui n'arrivons plus à dire nous). Les deux titres étaient annonciateurs de ce disque où Cloup retrouve quelque chose de sa jeunesse énervée et éternelle, qui plus est mûrie et nourrie d'un travail sur ses origines (là encore des chansons qui s'ancrent toutes seules dans la chair de l'actualité).

Il n'est pas non plus anodin que le concert initialement prévu au départ au Sonic, frappé d'une fermeture administrative, soit finalement reprogrammé dans le cadre d'une soirée de soutien au bateau ivre du quai des Étroits. Ce soir-là, le Transbordeur résonnera, dans le(s) contexte(s) actuel(s), de quelques sains échos d'abordage.

Michel Cloup Duo + Matt Elliott
Au Club Transbo le jeudi 28 avril


Michel Cloup + Matt Elliott


Transbordeur 3 boulevard Stalingrad Villeurbanne
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Les salles de concerts se résignent

Covid-19 | Qu'on a été naïf de penser que peut-être la rentrée musicale se ferait sans trop de dégâts : en raison du passage du Rhône en zone rouge et des obligations (...)

Stéphane Duchêne | Dimanche 6 septembre 2020

Les salles de concerts se résignent

Qu'on a été naïf de penser que peut-être la rentrée musicale se ferait sans trop de dégâts : en raison du passage du Rhône en zone rouge et des obligations sanitaires liées au Covid-19 — notamment "la distanciation d’un siège [qui] doit être observée entre le siège occupé par chaque personne ou chaque groupe de 9 personnes au plus" — le Sonic annule toutes ses dates prévues en septembre. Comme Le Farmer. De son côté le Transbordeur a reporté deux dates ces jours derniers (Zoufris Maracas le 4 septembre, Meute le 8) et redoute d'avoir à faire de même avec les dates à venir. Enfin, l'Épicerie Moderne et le Marché Gare ont été contraints de re-reporter la date d'Andy Shauf du 23 octobre, le chanteur américain ayant annulé sa tournée européenne. Le concert de Lara Fabian est aussi annulé. Quelque chose nous dit, comme Francis Cabrel, que c'est que le début.

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Festival Ninkasi : par ici la rentrée ?

Ninkasi | Histoire d'attaquer la saison automnale à la gorge et peut-être de forcer le destin des concerts post-Covid, le Ninkasi a remis sur la table son festival de rentrée, avec les moyens du bord mais pas mal de talent, dans l'organisation et sur scène. 34 artistes, 20 lieux, 97% de locaux, 100% de fun. Et surtout des concerts, nom de dieu !

Stéphane Duchêne | Mercredi 15 juillet 2020

Festival Ninkasi : par ici la rentrée ?

Alors, certes on ne sait pas si la saison automnale aura lieu mais son lancement lui, oui — enfin si tout va bien — grâce au Festival Ninkasi, qui se veut depuis sa création l'an dernier le starter de la saison. Peut-être faut-il y voir pour le brasseur de bière et de culture, une manière de forcer le destin. De rester positif et de conserver quelques perspectives comme le clame le patron Christophe Fargier. Bien sûr, le Ninkasi a dû s'adapter à la situation et c'est une programmation en circuit beaucoup plus court (pas d'internationaux, parce que Covid, frontières et tout le bazar) qui s'annonce — et même plus que cela puisqu'on compte 97% de locaux, chiffre officiel confié par Fabien Hyvernaud, directeur général de Ninkasi Musiques qui s'exprime ci-dessous —, constitué notamment de quelques reports de concerts du printemps mais pas que. Pour tout voir du 5 au 13 septembre, il faud

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Musiques actuelles : légende d'automne

Covid-19 | Sans aucune visibilité quant à leur conditions d'ouverture pour la rentrée, les diffuseurs de musiques actuelles, pour la plupart désœuvrés, oscillent entre optimisme mesuré, méthode coué et pessimisme radical, y compris à long terme. Un tableau guère réjouissant.

Stéphane Duchêne | Vendredi 10 juillet 2020

Musiques actuelles : légende d'automne

Pour savoir ce que les amateurs de musiques dites actuelles auront à se mettre sous la dent en cette ère pré-"post-Covid", on pourrait se contenter de jeter un œil aux agendas des différentes salles, où l'on trouve ça et là quelques dates (Épicerie Moderne, Transbordeur), parfois beaucoup (Radiant). Problème, ces agendas, en grande partie constitués de reports du printemps, sont pour Cyrille Bonin qui gère le Transbordeur : « un cache-misère ». Un trompe-l'œil même. Car si les discours et les réalités varient en fonction des modèles économiques et d'accueil, une réalité semble inéluctable, qu'énonce Benjamin Petit, coordinateur du Marché Gare : « rouvrir les salles dans les conditions de mesures sanitaires actuelles, c'est inenvisageable. Point. » Alors chacun bricole un peu. Le Ninkasi a maintenu son festival — en plein air du 5 au 13 septembre — et promet quelques concerts de groupes

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« Le jour où l'on a le droit, il y aura direct un concert programmé »

Le Sonic | Cette péniche est l'emblème des nuits rock et underground de Lyon, le lieu d’accueil des artistes exigeants d'une certaine scène indie lors de leurs tournées dans l'hexagone : le Sonic incarne l’indépendance et toutes les difficultés inhérentes quand on choisit cette voie, aujourd’hui démultipliées par les crises sanitaire et économique contre lesquelles les deux patrons, Stéphane Bony et Thierry Vignard, luttent pour faire survivre une autre vision de la culture. État des lieux.

Sébastien Broquet | Mercredi 17 juin 2020

« Le jour où l'on a le droit, il y aura direct un concert programmé »

Vous avez réouvert le 2 juin : comment faire en l’absence de concerts ? Thierry : On ouvre sur une autre activité, sur d’autres horaires : c’est compliqué. En mode bar, le soir, mais sur un emplacement pas du tout adapté pour ça. On rame, dans notre coin. Stéphane : On a changé 100% de notre modèle économique. Avant, c’était 75% club et 25% concert pour les rentrées d’argent. Là, on est sur… autre chose. Du bar. Terrasse et intérieur en mode dinner. Sans offre de bouffe, pour le moment, mais on travaille pour changer ça : on va le faire nous même, avec les moyens du bord. C’est pas folichon : on a du monde un peu le week-end. Thierry : On est un peu victime de notre modèle économique, basé sur l’indépendance. Déjà avant c’était chaud, et ça fait longtemps que l’on demande à changer l’emplacement de la péniche, parce qu’ici commercialement parlant, c’est terrifiant. On survit bon gré mal gré du fait de notre activité particulière. Mais le moindre grain de sable… Et là c’est un gros caillou dans la machine, pas un grain de sable : c’est très co

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Hérisson carré contre Carrey hérissant : "Sonic le film"

Aventure | Exilé sur la planète Terre, le hérisson bleu Sonic vit heureux caché dans une petite ville, jusqu’au jour où il déclenche accidentellement une gigantesque décharge énergétique. Le gouvernement dépêche un savant fou, le Dr Robotnik, pour tirer les choses au clair…

Vincent Raymond | Mercredi 12 février 2020

Hérisson carré contre Carrey hérissant :

La nostalgie n’ayant pas d’âge, chacun éprouve une douce mélancolie à la remembrance des décors de sa jeunesse. Quand les septuagénaires susurrent Âmes fifties, les quinqua beuglent L’Île aux enfants et les trentenaires s’emparent de leur console pour se taper des parties de Sonic. Point commun à tous ces comportements innocents : la recherche d’un plaisir régressif et irénique ; le retour à ce fameux paradis perdu à l’âge adulte, auquel ils accèdent par saccades lors de ces plongées dans le bleu des souvenirs… ou du logo Sega, en l’occurrence. Sonic le film illustre bien cette quête sans fin (n’est-ce d’ailleurs pas le propre d’un jeu vidéo d’être construit en quête ?) en révélant le désir un brin réactionnaire des fans de tout retrouver intact — la polémique sur l’évolution morphologie de leur personnage fétiche née de la première bande-annonce en témoigne. Le scénario également suit cette idée, puisqu’on y voit un policier de bourgade rêver de s’épanouir à San Francisco… avant d’y renoncer parce que le home town de son enfance est plus taillé à ses dimensio

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The Fall, chute libre

Critique | Pour son deuxième tribute à une figure éteinte mais toujours lumineuse du rock, à paraître le 15 novembre, Teenage Hate Records a fait plancher la scène rock française (et partiellement lyonnaise) sur l'oeuvre abyssalle et atrabilaire d'un pilier du post-punk : The Fall et feu son lider maximo Mark E. Smith.

Stéphane Duchêne | Mardi 12 novembre 2019

The Fall, chute libre

S'il est un groupe qui ne se laisse pas approcher facilement c'est bien The Fall. Essayer d'en reprendre les morceaux insaisissables, à piocher dans une discographie qui compte en tout (studio, live, compilation) plus d'une centaine d'albums, revient à risquer le saut de la foi dans le cratère d'un volcan. Quant à se glisser dans la peau inhabitable du regretté Mark E. Smith (décédé début 2018), l'exercice requiert l'équivalent de la production mondiale de vaseline. Cela n'a pas eu l'heur d'effrayer le label lyonno-viennois Teenage Hate, artisan producteur de quelques excellents groupes du crû (The Scaners, Off Models, Hi-

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Pour ses treize ans, le Sonic s'affiche

Vernissage | Cette année, le Sonic fête ses treize ans et la chose devrait se traduire par une série d'événements qui restent à définir. Pour l'heure, la désormais célèbre péniche (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 29 janvier 2019

Pour ses treize ans, le Sonic s'affiche

Cette année, le Sonic fête ses treize ans et la chose devrait se traduire par une série d'événements qui restent à définir. Pour l'heure, la désormais célèbre péniche rock du quai des Étroits (mais pas d'esprit, en dehors de quelques voisins par le passé) entend inaugurer la chose par une exposition baptisée 13 ans de concerts en affiches qui se tiendra en sa cale pendant tout le mois de février et rendra hommage aux concerts mythiques accueillis par le Sonic mais aussi aux nombreux artistes-graphistes ayant œuvré à la promotion alternative desdits concerts. Une exposition visible durant les soirées et concerts, présentée dans le cadre du programme 40 ans de musiques actuelles à Lyon. Vernissage le 31 janvier à 19h.

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Décret son : The sound of silence ?

Salles de concerts | Alors qu'un nouveau "décret son" impose depuis octobre dernier aux diffuseurs de musique (salles de concerts, clubs, festivals) des mesures toujours plus drastiques en matière de régulation du niveau sonore, beaucoup, à commencer par les petits lieux, s'inquiètent de ses conséquences artistiques, techniques et économiques sur leur activité. Petit tour d'horizon de la question avec quelques-uns des acteurs lyonnais emblématiques de la musique live.

Stéphane Duchêne | Mardi 15 janvier 2019

Décret son : The sound of silence ?

« Hello darkness my old friend... I've come to talk with you again ». C'est un peu l'ouverture du The Sound of silence de Simon & Garfunkel qui semble courir dans les têtes des différents diffuseurs de musique actuelle depuis octobre dernier, date de la mise en application du nouveau décret son n°2017-1244 du 7 août 2017. Un décret dont la plupart des mesures pourraient bien réduire ces diffuseurs au silence, ou en tout cas à quelque chose qui, pour une salle de musiques actuelles (et donc la plupart du temps amplifiées), s'en rapproche dangereusement. Parmi ces mesures, qui concernent également les festivals, y compris en plein air, l'obligation de « ne pas dépasser des niveaux de pression acoustique continus équivalents à 102 décibels pondérés A (...) et 118 décibels pondérés C [en gros, les basses, NdlR] sur 15 minutes », quand le niveau sonore à respecter était jusqu'ici de 105 db. Si sur le papier la différence paraît infime, en réalité, elle est énorme. Stéphane Bony et Thierry Vignard, co-gérants du Sonic, expliquent : « Le son c'est

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Un Bermuda X et Q à la fois

Recueil | Malgré un contexte tendu (et l’étonnante absence d’aides régionales à la publication ou à la diffusion) le tome 10 de Bermuda — le fameux recueil (...)

Vincent Raymond | Mardi 5 juin 2018

Un Bermuda X et Q à la fois

Malgré un contexte tendu (et l’étonnante absence d’aides régionales à la publication ou à la diffusion) le tome 10 de Bermuda — le fameux recueil d’histoires plus ou moins courtes édité depuis 2007 par la vaillante librairie Expérience — continue plus que jamais de soutenir la création locale en offrant aux jeunes talents du scénario, de l’illustration et de la couleur un splendide écrin valant certificat de haute aptitude artistique. C’est grâce à la générosité de 181 contributeurs réunis sur le site participatif KissKissBankBank que le millésime 2018 voit le jour. Et de même que les joues vont par deux, ce florilège se présente sous la forme d’une belle paire d’albums. Le premier, d’une facture habituelle, revêtu d’une robe signée par le tandem Jérôme Jouvray/Anne-Claire Jouvray compte 246 pages ; le second serait plutôt… dévêtu par Keramidas puisqu’il recèle en son sein 184 pages d’historiettes bien lestes, légitimant le “X“ frappant (oh oui) sa couverture. Pour vingt euros chacun, c’est une sarabande d’une cinquantaine d’auteurs que vous pouvez vous me

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Les nuits raccourcies du Sonic

Politique Culturelle | Au Sonic, on ne navigue toujours pas en eaux calmes : l'autorisation d'ouverture tardive a été momentanément retirée au bateau rock. Explications.

Sébastien Broquet | Mardi 12 décembre 2017

Les nuits raccourcies du Sonic

Le Sonic a encore défrayé la chronique ces derniers jours. L'autorisation de nuit de la péniche la plus rock de la ville, à la programmation impeccable, lui a en effet été retirée suite à un avis défavorable des services de l'écologie urbaine de la Ville de Lyon. Coup dur : si les concerts en début de soirée attirent du monde, c'est surtout l'activité clubbing de nuit qui permet de faire tourner le lieu (représentant 65% de l'économie de la salle selon ses responsables). Comme de coutume, les réseaux sociaux ont été prompts à s'indigner. Et un concert de soutien est organisé ce vendredi 15 décembre, avec Abschaum et Pratos, fleurons de la scène locale. Stéphane Bony, le directeur du Sonic, nous confirme les faits : « Nous avons reçu un courrier des services de l'écologie urbaine : on nous reproche un non respect de la législation actuelle sur le niveau sonore des concerts. Nous devons aussi recalibrer notre limiteur, qui était devenu obsolète. C'est en cours. » Le limiteur en question enregistre à la fois le niveau sonore et l'amplitude horaire de l'activité. Il avait déjà été la cause de préc

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Le Projet Bermuda a eu chaud

Lyon BD Festival | Depuis 2007, les beaux jours annoncent la sortie de Bermuda, l’indispensable recueil “d’histoires en BD plus ou moins longues” d’auteurs rhônalpins (et (...)

Vincent Raymond | Mardi 6 juin 2017

Le Projet Bermuda a eu chaud

Depuis 2007, les beaux jours annoncent la sortie de Bermuda, l’indispensable recueil “d’histoires en BD plus ou moins longues” d’auteurs rhônalpins (et d’Auvergne aussi désormais). Voulue et éditée par la précieuse librairie Expérience, cette photographie annuelle de la jeune création locale, est de surcroît relayée auprès des éditeurs qui tous reçoivent gracieusement l’un des 700 exemplaires. Bénéficiant jusqu’à présent d’une modeste subvention de la Région les aidant à couvrir une partie de leurs frais d’édition, les libraires s’en sont trouvé privés cette année. Grâce au soutien de fidèles réunis via la plateforme collaborative KissKissBankBank, ils ont récolté de quoi éviter d’en être trop de leur poche : 2665 € sur les 2000 € initialement espérés à l'heure où nous bouclons — loin du budget total de 12 000 € ! Cet apostolat onéreux mériterait d’être distingué l’an prochain par le Prix Ly

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Le paradis des astronomes en culotte courte

Planétarium de Vaulx-en-Velin | Dans la cour de récré dès la rentrée, vos enfants feront de vous des stars, si vous les emmenez du côté de Vaulx-en-Velin, au Planétarium : quel autre parent pourrait rivaliser ? Les vôtres auront marché sur la Lune et construit une fusée...

Antoine Allègre | Mardi 18 octobre 2016

Le paradis des astronomes en culotte courte

« Papa, d'où elles viennent les étoiles ? » Dans la vie d'un parent, cette question finit par tomber de façon sentencieuse. Et cette interrogation met en lumière vos notions en cosmogonie du commun des mortels, qui sont malheureusement limitées au ras de la croûte terrestre. Dieu merci, il existe dans la métropole lyonnaise des équipements de haute volée qui ne feront plus passer les géniteurs/trices pour des astrophysiciens du dimanche. En premier lieu : le Planétarium de Vaulx-en-Velin. Inauguré en 1995, le site a eu droit en 2013 à un sérieux lifting. Dans sa salle de projection disposant d'un dôme écran à 360° et de 15 mètres de diamètre, on perce — en famille — les insondables secrets des phénomènes célestes. Dans l'exposition permanente baptisée Du Big Bang au grain de sable, on en apprend plus sur la conquête spatiale ou encore sur la formation de notre univers grâce à des outils interactifs et immersifs. En parallèle à ce parcours bien balancé, le Planétarium propose à ses juvéniles visiteurs des laboratoires et des ateliers. Les enfants à partir de 3 ans pourront participer à des séances d

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Daniel Romano : La Métamorphose

Country & Pop | Ex-punk rocker, devenu plus countryman que la country, le cow-boy canuck Daniel Romano a opéré une nouvelle mue musicale avec Mosey, grand œuvre de westernades pop folk fait d'arrangements grandioses et de croisements esthétiques.

Stéphane Duchêne | Mardi 6 septembre 2016

Daniel Romano : La Métamorphose

On a connu le dénommé Daniel Romano s'affichant en photo ou en pochette d'albums — son Come Cry with me en tête — en costumes tissés façon tapisserie à motifs floraux, complet de countryman d'un autre âge (sans doute dérobés en douce dans la garde-robe épileptique de Porter Wagoner), surplombé d'un Stetson, d'une moustache et d'une lavallière rose hésitant par politesse entre le fuchsia et le bonbon. Ainsi attifé comme le fantôme de l'Opry (Nashville, Tennessee), le Canadien (il n'est même pas Américain) déroulait une country ad hoc, entre clonage d'Hank Williams et meta-country en ratatouille, et fameuse avec ça, de George Jones, Merle Haggard, Johnny Cash et many consorts. Et à l'aquoibonisme possiblement généré par cette démarche d'antiquaire musical, Romano répondait d'abord par son sens aigu du songwriting. Peu importe le style, le but c'est de mettre dans le mille, dit le cow-boy.

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Sir Jean, Black Lyon

Portrait | Vous l’avez certainement vu sur une scène ou une autre, ces vingt-cinq dernières années : des Crazy Skankers au Peuple de l’Herbe, en passant par Meï Teï Shô, Sir Jean a été le frontman de quelques-uns des groupes les plus importants de la ville. Le Sénégalais revient cette semaine avec le NMB Afrobeat Experience.

Sébastien Broquet | Mardi 19 avril 2016

Sir Jean, Black Lyon

C’est par accident que tout est arrivé, dit-il en contant l’anecdote l’ayant amené à se saisir d’un micro la première fois. L’on parle de sa carrière de chanteur protéiformes ; même si carrière est un mot bien inapproprié pour cet homme voguant au gré des rencontres, attiré par ses semblables et toujours tourné vers l’Autre. Si pour certains cela pourrait se traduire par une forme de dilettantisme, lui n’en a cure : il a croisé sur sa route nombre de ses héros, dont l’un, le batteur de Steel Pulse, Steve "Grizzly" Nisbett, lui fit changer son regard au moment opportun. C’était avant un concert des Crazy Skankers, ce groupe de ska précurseur en France. Jean Gomis insista pour aller voir ce grizzly qui l’impressionnait tant, à défaut d’assister à son concert prévu en même temps que celui des Skankers. Il lui demanda un conseil, un seul. Steve Nisbett lui griffonna sur un bout de papier : « Love what you do. » Le papier mit longtemps à quitter la poche du chanteur, le conseil l’habite encore aujourd’hui. Car Jean Gomis, alors, n’en voulait pas de cette carrière de chanteur qui se profilait, même s’il adorait sa bande de potes bien Crazy. Lui, arrivé en F

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La préfecture ferme le Sonic pour 15 jours

ACTUS | Sale période pour le Sonic, club rock emblématique de la ville, qui doit fermer pour quinze jours à compter de ce soir suite à un arrêté préfectoral pour tapage nocturne.

Sébastien Broquet | Vendredi 15 avril 2016

La préfecture ferme le Sonic pour 15 jours

L'histoire sans fin des clubs et bars faisant vivre l'économie nocturne mais victimes de l'incompréhension des services publics vient de se noircir d'une page supplémentaire. C'est le Sonic qui subit ce nouveau chapitre : la préfecture du Rhône lui a signifié ce jeudi 14 avril une fermeture administrative de quinze jours, sans possibilité de recours. Six concerts et soirées sont annulés. Celui très attendu de Michel Cloup et Matt Elliott est déplacé au Transbordeur, au même prix et en soutien au Sonic. Cette date, ironie du sort, fêtait les dix ans de programmation de ce lieu emblématique et fondamental de l'écosystème culturel comme de la vie nocturne lyonnaise. Triste anniversaire. La raison ? Le vendredi 29 janvier (soir où jouait DJ SoFa) la police est intervenue après la fermeture du lieu. Stéphane Bony, patron de la péniche amarrée quai des Étroits, raconte : « Ils sont arrivés en mode "on va se payer le Sonic", à 4h15. Le bar était fermé, le personnel faisait le ménage dans la salle vide. Mais il y avait encore quelques personnes sur le pont, on laisse partir les gens au compte-gouttes justement pour éviter le tapage nocturne qui nous était reproché par les

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Les 10 concerts à voir en avril

MUSIQUES | Sortez vos agendas : voici dix concerts à ne pas manquer ce mois-ci ; du show latino où emmener votre maman à l'indie pop dépressive où s'oublier. Par Stéphane Duchêne & Sébastien Broquet.

Sébastien Broquet | Jeudi 14 avril 2016

Les 10 concerts à voir en avril

Get Well Soon Quand il est apparu au monde de la pop chercheuse et bien mise, rayon dandy touche à tout, le Mannheimois Konstantin Gropper évoquait aussi bien Beirut que Radiohead, Arcade Fire que Magnetic Fields. Génie solitaire, il a prouvé par la suite qu'il était capable de partir dans toutes les directions et c'est davantage en mode crooner qu'il nous revient, genre Neil Hannon chevalier teutonique, avec un album LOVE, rempli d'amour (fut-il tordu comme sur le single It's Love) et de tubes à emporter. LOVE en live, on pressent que ça va le faire. À l'Épicerie Moderne le samedi 16 avril Calexico On l'a souvent dit, Calexico, c'est comme les genêts ou les bêtes à cornes, c'est encore Jean-Louis Murat qui en parle le mieux : « Oui, je vois mieux qui je suis, moi, là, avec Calexico » chantait l'Auvergnat avec façon sur son Viva Calexico circa Mustango (1999). Le duo Joey Burns/John Convertino et sa bande d'arizonards de Tucson, après une

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Lyon, reine de la nuit mais...

ACTUS | Alors que Lyon vient d'être récompensée pour la qualité et le dynamisme de sa vie nocturne, on apprend que l'un des discrets et néanmoins essentiels artisans de cette réussite, le Sonic, est sous la menace d'une fermeture. Pas glop.

Benjamin Mialot | Jeudi 26 novembre 2015

Lyon, reine de la nuit mais...

Il y a deux jours, à Paris, se déroulait la 21e édition des Trophées de la nuit, sortes de 7 d'Or du noctambulisme (dans tant la forme que dans la représentativité). Surprise, c'est Lyon qui a remporté cette année le titre de "Ville nocturne", propulsée au sommet, on l'imagine, par le succès de Nuits Sonores et de son bras bétonné, Le Sucre. Comme un signe, ce sont les adjointes au développement économique (Fouziya Bouzerda) et au tourisme (Sandrine Frih) qui se sont félicitées de la chose : «La reconnaissance des professionnels au niveau national renforce la pertinence de la démarche lyonnaise fondée sur la concertation et le dialogue avec les acteurs locaux de la nuit et son rôle dans le rayonnement et l’attractivité du territoire. En quelques années, Lyon s’est imposée comme une ville moteur en matière d’attractivité nocturne.» Car la réalité est un peu moins glamour, en tout cas pour les acteurs se faisant fort de proposer une alternative à la Sainte Trinité col blanc/mojito/EDM, à laquelle sont dévoués les "professionne

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Solids, droit dans le mur du son

MUSIQUES | Inaugurée par une belle insomnie collective en creux du onzième anniversaire de Grrrnd Zero, la cinquième édition du Humanist SK Festival atteindra en théorie (...)

Benjamin Mialot | Mardi 15 septembre 2015

Solids, droit dans le mur du son

Inaugurée par une belle insomnie collective en creux du onzième anniversaire de Grrrnd Zero, la cinquième édition du Humanist SK Festival atteindra en théorie son seuil critique les 25, 26 et 27 septembre prochains. En pratique, c'est toutefois dès cette semaine que cette émérite kermesse alterno-bruitiste – organisée par les labels parisien et lyonnais du même demi-nom – pourrait défrayer la chronique (ici au sens de "douleur chronique", mettons aux tympans), à l'occasion du concert de Solids, duo saturation-martellement canadien qui fait de la musique comme d'autres font rouler des pierres. Mais attention, pas de la caillasse format intifada hein. Plutôt un bon gros rocher chouré sur le set de quelque film d'aventure en milieu tropical, qui dévale en ligne droite et à grande vitesse l'histoire récente de la musique très amplifiée, des power pop songs gavées de coups d'éclat guitaritstiques de Built to Spill au classic rock réduit en miettes de The Men – et écrase au passage les comparaisons trop évidentes avec No Age ou Japandroids, autres duos portés sur l

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La librairie Expérience renfile son "Bermuda"

CONNAITRE | Des contributions du couple Jouvray (voir page précédente) et de Fred Salsedo – encore un talentueux pensionnaire d’Émile Cohl, connu principalement pour (...)

Benjamin Mialot | Mardi 9 juin 2015

La librairie Expérience renfile son

Des contributions du couple Jouvray (voir page précédente) et de Fred Salsedo – encore un talentueux pensionnaire d’Émile Cohl, connu principalement pour son travail sur la délirante série de piraterie Ratafia – une couverture de B-Gnet (voir page précédente aussi), une quatrième de couverture co-signée par les néo-Lyonnais Guillaume Long (voir où vous savez) et Anouk Ricard – dont le dessin, sorte d'art brut anthropomorphique, véhicule aussi bien leçons de vie que blagues cochonnes, selon qu'elle porte sa casquette d'illustratrice jeunesse ou celle de bédéiste underground : pour le septième volume de son recueil d'histoires courtes Bermuda, la librairie Expérience ne s'est pas refusée grand chose. Et surtout pas la traditionnelle dédicace géante qui accompagne chaque année la parution de ce projet pensé comme un instantané de la jeune création graphique locale – on l'avoue sans honte, la moitié à peine de la trentaine de noms au générique de cette septième cuvée nous est familière. Elle se déroulera cette année sur le seuil même de la boutique vendredi 12 juin de 14h à 20h et le lendemain de 10h à 22h – merci le ravitailleme

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L'éternelle jeunesse de Thurston Moore

MUSIQUES | Est-ce par atavisme onomastique ou toponymique? Toujours est-il que Thurston Moore, ci-devant leader éternel devant l'éternel de Sonic Youth, adore le (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 19 mai 2015

L'éternelle jeunesse de Thurston Moore

Est-ce par atavisme onomastique ou toponymique? Toujours est-il que Thurston Moore, ci-devant leader éternel devant l'éternel de Sonic Youth, adore le Sonic. On parle de ce bateau accolé aux quais du Rhône d'où s'envolent effluves punks et autres entreprises... soniques de tout type, avec une nette préférence pour la dissonance et l'expérimentation. Voilà une autre des raisons pour laquelle Thurston est si enclin à faire étape en ce lieu chaque fois qu'il vient à Lyon. Homme avisé et attentionné, c'est un "concert secret" et donc un peu surprise que vient livrer l'ancien petit gars du Connecticut monté à New-York pour redonner ses lettres de noblesse à la profession d'ORL à la fin des années 70. Et c'est accompagné d'un super groupe qu'il entend (car lui entend encore) le faire : le fidèle Steve Shelley, Deb Googe (la fille et la basse dans My Bloody Valentine, autre grand générateur d'acouphènes) et James Sedwards dont John Peel disait qu'il était le seul non footballeur dont il était jaloux en tant que personne. Ensemble, les quatre ont produit dernièrement The Best Day, première saillie de Moore post-divorce youthien et grand album solo

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Near Death Experience

ECRANS | L’errance suicidaire d’un téléopérateur dépressif en maillot de cycliste, où la rencontre entre Houellebecq et le tandem Kervern / Delépine débouche sur un film radical, peu aimable, qui déterre l’os commun de leurs œuvres respectives : le désespoir face au monde moderne. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 9 septembre 2014

Near Death Experience

Un jour comme les autres, Paul, téléopérateur chez Orange, décide de mettre fin à ses jours. Il laisse sa famille sur le carreau, enfile son maillot de cycliste Bic et part se perdre dans la montagne. Near Death Experience enregistre son errance suicidaire comme un retour à l’état primitif, tandis qu’en voix-off ses pensées sur le monde et sur sa triste existence bientôt achevée se déversent. Après la déception provoquée par Le Grand Soir, dans lequel leur cinéma de la vignette sarcastique virait au système, Gustave Kervern et Benoît Delépine effectuent une table rase radicale. Il n’y a à l’écran qu’une âme qui vive, celle de Michel Houellebecq, dont le tempérament d’acteur a été formidablement défloré par l’excellent L’Enlèvement de Michel Houellebecq ; les autres personnages sont des silhouettes dont on ne voit la plupart du temps même pas le visage, sinon ce marcheur avec lequel Paul entame une partie de Je te tiens, tu me tiens par la barbichette… Cette nudité est renforcée par une image sale et bruitée, fruit d’un tournage en équipe rédui

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Le bruit et la pudeur

MUSIQUES | A "Notre silence", disque étouffant et sublime, le Michel Cloup Duo offre avec "Minuit dans tes bras" un successeur aux subtiles variations sur les mêmes thèmes chers au plus grand pompier pyromane du rock français. Un album qui, entre claques et étreintes bienveillantes, prend quoi qu'il en soit l'auditeur à bras le corps avec la plus grande des pudeurs. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 11 mars 2014

Le bruit et la pudeur

Pour Minuit dans tes bras, deuxième album sous son nom mais pas pour autant solo, Michel Cloup a descellé les parenthèses de "Michel Cloup (Duo)". Lesquelles semblaient marquer une appréhension à se produire seul tout en étant le stigmate d’un album trop personnel pour être pleinement assumé à deux en dépit d'un titre, Notre Silence, qui pouvait laisser penser le contraire. Mais à l’époque ce silence, assourdissant et corrosif, était encore celui de l’homme Cloup : un album de deuil, un cri de douleur poussé face contre terre et chargé de «recycler cette colère» trop lourde à porter. Désormais Michel Cloup Duo assume sans faux-semblant la présence du deuxième élément de la formation, le batteur et fidèle parmi les fidèles Patrice Cartier. Après ces parenthèses marquant aux fers rouges le début de l’aventure Michel Cloup, le Toulousain peut reprendre ses travaux pratiques d'autopsie d’un quotidien bancal et de la désagrégation d'un sentiment amoureux à l'obsolescence programmée, sans pour autant être fatale (les deux morceaux de bravoure que sont Nous vieillirons ensemble, J’ai peur de nous).

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Old Field

MUSIQUES | Amateurs d'old time music, cette discipline qui plante ses racines dans les collines des Appalaches, collectionneurs de 78 tours, de murder ballads et (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 14 juin 2013

Old Field

Amateurs d'old time music, cette discipline qui plante ses racines dans les collines des Appalaches, collectionneurs de 78 tours, de murder ballads et de cavalcades de banjo, réjouissez-vous : voici venir Frank Fairfield au Sonic. Certes l'intéressé n'est en rien originaire des montagnes de Virginie de l'Ouest ou de quelque élevage de poulets du Kentucky, mais de Los Angeles, là où l'old time est autant à sa place que le crunk à Saint-Dié-des-Vosges. Mais Fairfield n'est pas à une contradiction près : alors qu'à l'entendre, on imagine un hillbilly édenté et calleux, c'est un jeune homme bien mis et gominé qui se présente. Redoutable joueur de banjo, de guitare et de violon, Fairfield fait voyager l'auditeur dans le temps avec une virtuosité et une authenticité qui tuent dans l'oeuf tout procès en singerie. Preuve que quand la musique ne fait pas du jeune avec du vieux, elle fait du vieux avec des jeunes, renversement dont Fairfield est un digne représentant, chevillé à une tradition

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Love à Moore

MUSIQUES | Lorsqu’il s’agit de déterminer qui diable fut le parrain du grunge, on pense, privilège de l’âge, à Neil Young, mais on a tendance à oublier Thurston Moore - (...)

Stéphane Duchêne | Jeudi 16 mai 2013

Love à Moore

Lorsqu’il s’agit de déterminer qui diable fut le parrain du grunge, on pense, privilège de l’âge, à Neil Young, mais on a tendance à oublier Thurston Moore - qui d’ailleurs avait quelque peu relancé la carrière du "Loner", en lui permettant, inspiré par un feu nourri de larsens, d'enfanter les albums Ragged Glory et Arc. En 1991 (en témoigne le documentaire The Year Punk Broke) Moore était persuadé, sans qu’on sache s’il faisait œuvre de prétention, de foi ou de potacherie (en fait un peu des trois) que Sonic Youth et son entourage, les Dinosaur Jr. Gumball, Babes in Toyland et autres Nirvana, étaient les étincelles qui allumeraient une révolution. Celle d’une Génération X embourbée dans son mal-être au faîte du règne conservateur des Reagan-Bush. Le fait est que Sonic Youth, s’il anticipa de très loin le grunge et en livra les prémices, fit davantage que lui survivre, faisant entrer la noise dans la pop et la pop dans la musique expérimentale et vice-versa. Hasard du calendrier, voilà que Moore se pointe à Lyon la veille d

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Dinosaur Senior

MUSIQUES | Créature à trois pattes et famille dysfonctionnelle, Dinosaur Jr. fut l’un des piliers de l’indie rock des années 80-90 et un annonciateur du grunge, avant d’exploser en une déflagration d’egos et de non-dits. Miraculeusement rabiboché en 2005, le mastodonte de J. Mascis et Lou Barlow connaît une seconde jeunesse plus sereine mais tout aussi bruyante. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Jeudi 16 mai 2013

Dinosaur Senior

Avec quelques autres, Dinosaur Jr. a contribué à semer le vent dont Nirvana récolta la tempête. Et s’il fallait comparer chacun des piliers de l’indie rock à un Cavalier de l’Apocalypse, nous dirions que Sonic Youth fut Pestilence (aussi appelé Conquête), le déclencheur, introduisant dans le fruit le ver d’une révolte sonique (voir encadré) ; les Pixies seraient Guerre, cheval rouge comme le visage hurlant de Black Francis, imposant la dynamique furieuse et létale du morceau qui brise la nuque ; Nirvana, bien sûr, serait Mort, incarnant à la fois l’avènement ultime de l’Apocalypse, la Révélation et dans le même temps l’achèvement du mouvement par le geste symbolique que l’on sait. Manque le troisième cavalier, Famine. C’est Dinosaur Jr., cheval (de trait) noir claudiquant car, comme dans la Bible, porteur d’une balance qu’il n’a jamais su maintenir en équilibre. Famine, car Dinosaur Jr. dont on a dit qu’il était à Nirvana ce que Chuck Berry fut aux Beatles, laissa quoi qu’on en dise le monde de l’indie rock sur sa faim, se fossilisant dans sa propre aigreur. «Ear-bleeding

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Godspeed You ! Black Emperor

MUSIQUES | Allelujah ! Don't Bend ! Ascend ! (Constellation.Differ-ant)

Stéphane Duchêne | Mardi 30 octobre 2012

Godspeed You ! Black Emperor

C'est des manières de revenir ça ? Pas de disques pendant dix ans – mais des projets parallèles en pagaille – et un premier titre de vingt minutes qui vous colle au mur, un bazooka sur la tempe, sous le doux nom de Mladic. Oui, Mladic, comme le sémillant boucher de Srebrenica – bon, n'y voir aucun hommage, c'est pas le genre de la maison. D'ailleurs ce n'a jamais été le genre Godspeed que de faire les choses comme tout le monde, on l'aura compris de longue date. Toujours est-il qu'alors qu'il fête en grande pompe les 15 ans de Constellation records – avec, entre autres réjouissances, trois jours de festivités à Berne en novembre – quand tant d'autres labels indépendants ramassent leurs dents ou se font poser des ratiches en plaqué or par des majors, le collectif fait un come-back impressionnant. Car, qu'on se le dise, malgré les années de silence discographique, Godspeed You ! Black Emperor n'a rien perdu de son esprit guerrier. Et a su rester cette formation commando qui envoie ses forces spéciales dans les coins les plus reculés de la musique pour en exfiltrer des sons et des ambiances que personne n'aurait été en mesure d'aller chercher. Un peu comme dans les

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Casser la voix ?

MUSIQUES | On dit qu'un nom et un prénom ne sont pas pour rien dans la destinée de celui qui les porte. Ce n'est pas le basketteur Mickaël Gelabale qui dira le (...)

Stéphane Duchêne | Jeudi 29 mars 2012

Casser la voix ?

On dit qu'un nom et un prénom ne sont pas pour rien dans la destinée de celui qui les porte. Ce n'est pas le basketteur Mickaël Gelabale qui dira le contraire. Le rapport avec Barrence Whitfield ? Le rapport c'est que le vrai nom de Barrence Whitfield, son nom de naissance est... Barry White. Oui, comme le crooner à tête de morse, de onze ans son aîné. Ce qui tout en lui traçant un destin de chanteur, l'obligea à changer de blase histoire d'éviter les méprises. Pour le reste, les deux chanteurs ne boxèrent jamais vraiment dans la même catégorie. Là où Barry faisait roucouler sa voix de basson sur des cascades d'arrangements sexuellement transmissibles, Barrence est plutôt à ranger dans la catégorie soul screamer, ces types qui font hurler leur joie (et leur peine) d'être au monde (cf. Little Richard, Solomon Burke, Don Covey...) au gré de titres pour lequel le mot endiablé a dû être inventé. Tout en ayant tâté de tous les genres : il faut entendre ses reprises du countryman Merle Haggard ou de l'hymne garage des Sonics, Strychnine. Pourtant quand il calme le jeu, cette légende assez méconnue dans nos contrées (il a pourtant tou

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Rompre le silence

MUSIQUES | Tout au long de l'album, l'ambiguïté demeure. Deuil ? Séparation ? Les deux ? Un «je», des «tu», comme un dialogue intérieur avec la (les) personne(s) (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 3 février 2012

Rompre le silence

Tout au long de l'album, l'ambiguïté demeure. Deuil ? Séparation ? Les deux ? Un «je», des «tu», comme un dialogue intérieur avec la (les) personne(s) perdue(s) auquel serait invité l'auditeur. Est-ce qui rend cet album si bouleversant ? Sans doute. Au fond, peu importe de savoir car c'est une histoire «universelle, banale, mon histoire, notre histoire», comme il le murmure en préambule de l'album, avant que ne commencent les choses sérieuses. Ce sont les premières notes de Cette colère, manière de comptage d'abatis après un ouragan intime. C'est l'un des plus beaux morceaux écrits par Michel Cloup depuis longtemps. Sur un fond de guitares post-rock ascensionnelles Cloup scande : «Recycler cette colère / Car aujourd'hui plus qu'hier / Cette colère reste mon meilleur carburant». C'est le Cloup de Diabologum et d'Expérience, écorché vif et révolté, celui qui imaginait «de

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Une vie de Cloup :

MUSIQUES | Lucie Vacarme (1988-1992) Nourri de la scène noise américaine et du shoegazing anglais, Michel Cloup et des amis fourbissent leurs premières armes avec (...)

Stéphane Duchêne | Jeudi 2 février 2012

Une vie de Cloup :

Lucie Vacarme (1988-1992) Nourri de la scène noise américaine et du shoegazing anglais, Michel Cloup et des amis fourbissent leurs premières armes avec tous les défauts et la fougue de la jeunesse. Et une première signature sur le label Lithium.   Diabologum (1990-1998) Le groupe culte (voir interview et encadré), fondé avec Arnaud Michniak (futur Programme), symbole d'un âge d'or du rock français, aux frontières de l'expérimentation. Trop vite séparé et trop brièvement reformé l'an dernier.   Peter Parker Experience (1993) Entre les deux premiers albums de Diabologum, Cloup mélange en solo avant-garde lo-fi et pop, donnant quelques clés pour la suite.   Experience (1998-2010) Après Diabologum, Michel Cloup panse les plaies de la s

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C(l)oup de blues

MUSIQUES | À la suite d'un «drame domestique» qui l'a profondément changé, l'ex-Diabologum et Expérience Michel Cloup a recyclé en solo sa colère sur "Notre Silence". Un album bouleversant, synonyme de nouveau départ, à découvrir sur la scène du Clacson. Propos recueillis Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Jeudi 2 février 2012

C(l)oup de blues

Sur le titre Cette colère, il apparaît que la colère que vous pensiez avoir apprivoisée avec l'âge est réapparue suite à un drame personnel pour, dites-vous, devenir votre «meilleur carburant». Est-ce la colère qui a engendré ce disque ?Michel Cloup : Non, ce sentiment est très présent dans le disque, mais n'en est pas l'élément central. J'ai effectivement souvent exprimé, dans chacun de mes différents projets, une colère, pour tout un tas d'autres raisons que le drame domestique qui m'a touché. Là, je voulais surtout rendre les différents états par lesquels on passe quand on perd quelqu'un. La colère, puis les souvenirs qui reviennent, la tristesse, le manque. C'était un cheminement personnel, aller au cœur de ce processus en étant exhaustif dans le rendu. Mais quand je parle de perte, c'est au sens large ; les gens n'ont pas besoin de mourir pour qu'on les perde. Paradoxalement, on sent aussi dans cet album une sorte d'apaisement, beaucoup de pudeur.Exactement. Même, si je ne me suis jamais autant livré, cet album n'est pas une psychanalyse. Le but n'était pas de raconter mes petits malheu

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Un disque à la gum : retour sur #3, l'album culte de Diabologum

MUSIQUES | «Les Diabologum ne sont rien et leurs zélateurs moins que rien». À la sortie de #3 en 1996, le bien nommé troisième album de Diabologum provoque des réactions (...)

Stéphane Duchêne | Jeudi 2 février 2012

Un disque à la gum : retour sur #3, l'album culte de Diabologum

«Les Diabologum ne sont rien et leurs zélateurs moins que rien». À la sortie de #3 en 1996, le bien nommé troisième album de Diabologum provoque des réactions épidermiques. Celle-ci est signée Rock & Folk, qui qualifiera les Toulousains de «groupe à la gomme». C'est que #3 surprend, comme une gifle à laquelle on ne s'attend pas. Jusque-là, sur C'était un lundi après-midi semblable aux autres ou Le Goût du jour, Diabologum, formé en 1990 et signé sur le mythique label Lithium, véritable labo du rock et d'une chanson française non encore affublée de l'épithète à claques «nouvelle», évolue dans l'expérimentation (collages, samples, critiques des médias et de l'art officiel) et le second degré lo-fi et low-profile. #3, dont la pochette nuageuse est affublée de cette phrase Ce n'est pas perdu pour tout le monde, c'est une toute autre mayonnaise : un laboratoire dans le laboratoire, du bromure dans le Lithium, dont l'art, au cynisme et à l'idéalisme réversibles, culmine ici dans un surprenant fatras sonique jonché de saillies crypto-situationnistes qui n'ont pas vieillies d'un

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Musicophilia

MUSIQUES | Rock, électro, rap — Automne au balcon, printemps au diapason. Trêve des confiseurs et ripailles de Noël digérées, les salles lyonnaises remettent le couvert pour une saison musicale quasiment au niveau de celle que l'on vient de vivre. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 20 décembre 2011

Musicophilia

Ici, on n'est pas du genre à dire «on vous l'avait bien dit», mais avouez qu'on vous l'avait bien dit : l'automne a été particulièrement riche en (bon) cholestérol musical. Et au vu de ce qui se profile dans la première moitié de l'année, on n'a pas fini de saucer. Commençons par une fin en beauté excentrique avec la reine Björk de Biophilia aux Nuits de Fourvière. Un événement ! De même pour la venue le 26 mars à l'Epicerie Moderne de l'immense Jonathan Richman. Une Epicerie qui continuera de régaler cette saison avec le néo-rocker Hanni El-Khatib (26/02), un co-plateau international Piers Faccini (anglo-italo-quasi français) et Chad Van Gaalen (Canadien) le 15 mars, ou encore, la veille, ce sombre illuminé de Daniel Darc. Le printemps fleurera d'ailleurs bon le vieux chanteur «françois» révolté avec un Miossec très rock le 7 février au Transbo mais aussi, le 10, Michel Cloup (ex-Diabologum et Expérience) qui présentera son sublime album solo Notre Silence au Clacson. En dépit de ses difficultés actuelles avec le silence justement, la salle d'Oullins ne désarme pas pour autant avec une progra

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Girlfriend experience

ECRANS | De Steven Soderbergh (ÉU, 1h25) avec Sasha Grey, Chris Santos…

Dorotée Aznar | Vendredi 3 juillet 2009

Girlfriend experience

Exception faite du fulgurant Bubble, on doit confesser une certaine perplexité quant à la tournure que prend la carrière de Steven Soderbergh, sur sa propension à s’emparer de récits lourdement convenus et à les pétrir d’expérimentations narratives absconses. Ici, il suit le quotidien d’une call-girl dont la spécialité est de se faire passer pour la petite amie de ses clients, sur fond d’élection présidentielle américaine et de crise économique. Théoriquement, le sujet aurait pu être passionnant, mais dans les faits, Soderbergh aligne les scènes de dialogues interminables filmées à une froide distance, emprisonne le spectateur dans un processus dramatique totalement hermétique, à la prétention mal digérée dans sa volonté de mise en abyme des événements par rapport à l’actualité du moment. Un supplice auteuriste dont le seul avantage est sa courte durée… FC

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