Jazz à Vienne rend hommage à John Coltrane avec Archie Shepp

Jazz à Vienne | Quoi de plus normal que de célébrer les 50 ans de la disparition du géant du sax ténor John Coltrane dans un festival de jazz ? Qui de plus qualifié pour cela que le vénérable Archie Shepp pour dire son suprême amour de celui qu'on appelait "Trane" ?

Stéphane Duchêne | Mardi 20 juin 2017

Photo : © Peter Necessany


Il y a des rencontres et des figures qui vous changent une vie. En ce qui concerne Archie Shepp, ce sera celle de John Coltrane. Shepp a 23 ans lorsqu'il voit Coltrane sur scène un soir de 1960, au Five Spot à New-York. Le jeune homme est déjà musicien (piano, clarinette, sax alto), jazzman, mais Coltrane est, lui déjà un poids lourd, comme on dirait en boxe et, plus que ça, un génie. La révélation est telle qu'elle pousse Shepp à passer, comme lui, au sax ténor.

Rapidement, il fait partie avec des musiciens comme Cecil Taylor, Don Cherry et Ornette Coleman de ces pionniers, inspirés par quelques travaux remontant aux années 40 déjà, qui, las des conventions du be-bop ou du hard-bop décident d'en briser les conventions, d'en casser le tempo et d'en libérer les improvisations. Ce sont les débuts du free-jazz. Coltrane est lui aussi en train d'emprunter ce virage qui donnera lieu à quelques classiques du genre tels que A Love Supreme. La route des deux hommes n'a alors de cesse de se recroiser.

Ascension

C'est par l'entremise de Coltrane que Shepp signe chez Impulse ! où il publiera, outre un premier disque reprenant quatre compositions du maître (Four for Trane), ses meilleurs disques, Fire Music (1965), Mama Too tight (1966), The Magic of Ju-ju (1967, année de la mort de Coltrane) ou plus tard en 1972, Attica Blues, album révolutionnaire à tous les sens du terme (inspiré par l'émeute tragique de la prison d'Attica survenue en 1971) où son sax tenor gronde comme un Dieu, oscillant entre la colère et la célébration. Coltrane et Shepp sont même amenés à enregistrer ensemble Ascension avec Pharoah Sanders, ou New Thing at Newport (1966).

Or si les parcours des deux jazzmen sont ainsi entremêlées par le destin c'est aussi dans la recherche d'un son novateur mais en prise avec ses racines, presque militant, qui doit autant à l'instinct qu'à la théorie (Archie Shepp sera également professeur d'histoire de la musique).

Il n'en fallait pas plus pour que, l'année même où l'on célèbre les 50 ans de la mort de "Trane", Archie Shepp, 80 ans, réunisse un band qualifié d'all-star (Marion Rampal au chant, Shabaka Hutchings au sax, Amir ElSaffar à la trompette, Jason Moran au piano et Nasheet Waits à la batterie) pour rendre un hommage au maître qui sera préfacé par les performances de Pharoah Sanders puis de Jeff Mills et du saxophoniste Émile Parisien.

Archie Shepp All-star + Jeff Mills & Émile Parisien + Pharoah Sanders 4tet
Au Théâtre antique de Vienne le lundi 3 juillet


Hommage à Coltrane

Archie Shepp all star ft Jason Moran + Jeff Mills & Emile Parisien + Pharoah Sanders 4tet. Club de minuit : Shabaka and the Ancestors
Théâtre antique de Vienne Vienne
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Jazz à Vienne dévoile sa programmation 2021, malgré les incertitudes

Festival | Et si le monde d'après commençait le 25 juin en l'antique théâtre de Vienne avec pour bande-son un peu (beaucoup) de jazz ? Alors que sonne la débandade au royaume des festivals estivaux, Jazz à Vienne veut y croire en dévoilant une programmation à l'ancienne avec de vrais musiciens à présenter à un public en chair et en os. Les promesses n'engageant que ceux qui y croient, eh bien on y croit. Un peu.

Stéphane Duchêne | Mardi 6 avril 2021

 Jazz à Vienne dévoile sa programmation 2021, malgré les incertitudes

18 soirées, trois hommages, huit cartes blanches, voilà ce que nous promet Jazz à Vienne pour son édition 2021 placée sous le signe de la « relance », du « combat », et de la « générosité ». Il faudra au moins ça pour que le festival débute bien le 23 juin (prochain, pas 2022) et se termine comme une fleur le 10 juillet. Ça, de bonnes doses de vaccins et accessoirement de chance aussi. Car quand on dit « voilà ce que nous promet Jazz à Vienne », il faut bien admettre qu'il s'agit davantage d'un vœu pieu déguisé en promesse de la part d'un événement malgré tout conscient du caractère incertain de l'avenir quand on se trimballe un présent pareil. Mais enfin bon puisque programmation il y a, alors parlons de programmation sans nous attarder, ça nous changera, sur les moyens de la mettre sur scène cet été et devant un public avec ça. Tout commencerait donc le 23 juin avec une soirée qui commence à trouver le temps long puisque déjà prévue pour l'an dernier : celle de l'ouverture qui accueillera le petit fiancé de Jazz à Vienne, Jamie Cullum, et

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Jazz à Vienne 2021, premiers noms

Festival | Armés de notre plus solide perche d'espoir (et bientôt peut-être d'un vaccin) sautons par dessus la crise sanitaire comme Armand Duplantis efface 6m à (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 8 décembre 2020

Jazz à Vienne 2021, premiers noms

Armés de notre plus solide perche d'espoir (et bientôt peut-être d'un vaccin) sautons par dessus la crise sanitaire comme Armand Duplantis efface 6m à l'entraînement et projetons nous vers l'été prochain. C'est à cette date que Jazz à Vienne gonflé d'optimisme nous propose d'atterrir aux alentours du 23 juin en dévoilant, comme si de rien n'était (ou ne sera), les premiers noms de son édition 2021, sise du 23 juin, donc, au 10 juillet prochain. à commencer par l'ami Jamie Cullum qui se verra ce jour précédé sur scène par la batteuse et chef d'orchestre Anne Paceo. Deux jours plus tard, se tiendra une soirée délicieusement africanisante avec la légende Salif Keita, le prince (et Dorian Gray) du blu-funk Keziah Jones et la mezzo-soprano Julia Sarr qui viendra livrer un message de paix à l'occasion de Sénégal en Isère 2021. On continue les 28 juin et 05 juillet avec d'autres habitués de la scène allobroge parce que furieusement incontpurnables d'abord les trompettistes Ibrahim Maalouf et Erik Truffaz en un double plateau d'envergure, puis le contrebassist

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Jazz à Vienne, à son tour, annulé

Covid-19 | Le festival de jazz a annoncé l'annulation de sa 40e édition ce mardi matin, faisant suite au discours du président de la République.

Sébastien Broquet | Mardi 14 avril 2020

Jazz à Vienne, à son tour, annulé

Après d'autres grands festivals nationaux, comme les Eurockénnnes de Belfort ou le Festival d'Avignon, c'est au tour de Jazz à Vienne de tirer les conséquences du discours d'Emmanuel Macron tenu le lundi 13 avril : il n'y aura pas d'édition 2020, qui devait accueillir Jill Scott (photo), Nas ou Jamie Cullum. Jouant sur les mots, utilisant l'euphémisme "report" plutôt que l'évident "annulation", la direction a communiqué ce mardi matin : « c’est avec beaucoup d’émotion mais avec conscience et responsabilité que nous vous informons du report à l’été 2021 de notre 40e édition qui devait se tenir du 25 juin au 11 juillet prochain. Cette décision fait suite à l’annonce du président de la République Emmanuel Macron lundi 13 avril interdisant la tenue de grands événements tels que les festivals avant mi-juillet. » Le coup est rude pour un festival qui avait su se réinventer et dynamiser sa programmation depuis trois ans, par la grâce d'un rajeunissement de l'équipe et d'un soutien financier accru de la Région Auvergne-Rhône-Alpes. Les conséquences seron

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Nas, Jill Scott et Michael Kiwanuka à Jazz à Vienne

MUSIQUES | Alors que l'été approche à grands pas, Jazz à Vienne (du 25 juin au 11 juillet) continue de saupoudrer sa programmation déjà connue de nouveaux noms. Et pas (...)

Stéphane Duchêne | Mercredi 19 février 2020

Nas, Jill Scott et Michael Kiwanuka à Jazz à Vienne

Alors que l'été approche à grands pas, Jazz à Vienne (du 25 juin au 11 juillet) continue de saupoudrer sa programmation déjà connue de nouveaux noms. Et pas n'importe lesquels. Après Wynton Marsalis, Julia Sarr, Hugh Coltman & Juanjo Guarnido, voici que le festival allobroge annonce les venues de trois pointures : le légendaire rapper Nas (The Message, If I ruled the world, souvenez-vous), la soulissime Jill Scott qui vient fêter les 20 ans de son Who's Jill Scott et la star mondiale Michael Kiwanuka. Peut-être davantage un bombardement qu'un saupoudrage, cette annonce.

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Jazz à Vienne : les premiers noms et un album Panini

Festival | Comme chaque année, les festivités estivales de Jazz à Vienne commencent à être dévoilées à l'approche de l'hiver. En plus des premiers noms, le festival innove cette fois un drôle de projet anniversaire : un album Panini.

Stéphane Duchêne | Mercredi 4 décembre 2019

Jazz à Vienne : les premiers noms et un album Panini

Non content d'accueillir, pour donner forme à l'identité visuelle de sa quarantième édition, les talents graphiques de Juanjo Guarnido (connu et multiprimé pour le culte Blacksad, également décorateur et animateur), Jazz à Vienne innove cette année en confiant au dessinateur habité par la grande vitalité du festival les rênes visuelles du concert dessiné monté en partenariat avec le festival d'Angoulême et qui réunira donc l'Espagnol et le plus Français des bluesmen anglais, Hugh Coltman. Autre britannique habitué de JAV, Jamie Cullum, passé au fil des ans et des disques de petit fiancé rebelle du jazz à celui de mètre-étalon. Cette année, Jazz à Vienne mettra surtout le cap sur l'Afrique avec le projet pluridisciplinaire Africa2020 étalé sur l'ensemble de l'année et du territoire français à la remorqu

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Voici les 4 curateurs des Days de Nuits sonores 2020

Festival | On connaît le nom des quatre artistes qui vont programmer les 3 scènes des Days de la prochaine édition de Nuits sonores : prometteur.

Sébastien Broquet | Vendredi 15 novembre 2019

Voici les 4 curateurs des Days de Nuits sonores 2020

C'est désormais un rituel : les journées de Nuits sonores, bonjour l'oxymore, débutent par l'annonce des quatre curateurs élaborant la programmation sur trois scènes à La Sucrière et au Sucre en concertation avec l'équipe artistique du festival. Et c'est peu dire que cette année, le choix est pertinent : l'immense Jeff Mills va se prêter au jeu, et connaissant son exigence, sa vision large de la musique et de l'art en général, on peut imaginer une programmation dantesque pour ce mercredi 20 mai qui lui est confié. Deuxième choix fort : DJ Harvey prendra en charge le jeudi 21 mai. La tendresse que l'on a pour celui que l'on considère comme l'un des tous meilleurs DJs de la planète n'a d'égale que notre admiration pour sa connaissance encyclopédique des différents courants musicaux, avec une prédilection pour la house et le disco, mais on le sait aussi féru de rockabilly... On a déjà coché la date sur notre agenda. Plus classique mais néanmoins intéressant, les deux autres Days seront confiés à Helena Hauff (tendance techno sombre et dure) le vendredi 22 mai et à Honey Dijon (h

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Loustal : pour ceux qui aiment le jazz

Portrait | Après Brüno en 2018, c’est lui qui donne des visages et des images au Festival Jazz à Vienne. Rencontre avec un illustrateur prolifique associant depuis plus de trente ans musiques et couleurs : Jacques de Loustal.

Vincent Raymond | Mardi 18 juin 2019

Loustal : pour ceux qui aiment le jazz

Droit comme un i, vêtu avec une élégance non ostentatoire, il saute prestement de sa bicyclette, semblant surgir d’un album de ses confrères Dupuy & Berbérian. Quelques volées d’escalier plus haut, on pénètre dans son atelier d’artiste ; les murs confirment sans l’ombre d’une hésitation son identité. Outre quelques peintures accrochées ici ou là, et quelques travaux en cours, une bibliothèque chargée jusqu’à la gueule d’albums et d’ouvrages mêlant jazz, cinéma, littérature et illustration, voisine avec des piles de CD. L’atmosphère studieuse de cet antre du XIXe arrondissement parisien ne la rend pas moins accueillante : le canapé, guère éloigné de la table à dessin, ne semble pas avoir pour seule vocation de décorer les lieux. Jacques de Loustal s’y octroie une poignée de minutes de sieste chaque jour, dit-on. On raconte aussi qu’il aurait un autre studio dans les Monts d’Or quand il se déplace en région lyonnaise. Car l’homme aime les voyages, autant qu’il est passionné de musique. La faute à ses grands frères, qui l’ont initié au jazz, au blues et ensuite au rock :

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John Zorn, marathon man

Jazz à Vienne | Pour sa venue à Jazz à Vienne, le protée musical John Zorn ne fait pas les choses à moitié : cinquante œuvres tirées de ses Bagatelles, quatorze groupes sur scène et quatre heures de concert. Un marathon immobile à courir absolument.

Stéphane Duchêne | Mardi 11 juin 2019

John Zorn, marathon man

Inclassable, voilà sans doute le seul terme qui permette de définir (et donc de ne pas définir) le travail du musicien d'avant-garde John Zorn. Saxophoniste alto, clarinettiste, pianiste influencé par la musique de compositeurs comme Charles Ives et John Cage, on pourrait dire que le New-Yorkais de 65 ans a touché à tout. Mais en réalité, il a fait plus que cela, ce qu'il a touché, il l'a creusé en profondeur, déconstruit et remodelé, comme lorsqu'il s'est attaqué à une relecture d'Ennio Morricone, encensée par le compositeur lui-même, a appliqué les trouvailles cinématographiques de Godard à la musique, réinterprété Ornette Coleman sous un angle punk hardcore, testé les limites « du format habituel du groupe de rock » au sein d'un combo comprenant notamment le guitariste Bill Frisell et le chanteur Mike Patton, puis avec Bill Laswell. Zorn a ainsi ratissé tous les genres possibles, de la country au grindcore, en passant plus tard par la musique klezmer, avec son groupe Masada, et les musiques classiques et mystiques. S'inspirant en grande partie des techniques de John Cage et du free jazz qui, chacun à leur manière, laisse

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Jazz en cascade : le programme de Jazz à Vienne

Jazz à Vienne | Une semaine après Fourvière, c'est au tour de Jazz à Vienne d'annoncer un programme d'autant plus touffu qu'il ne s'étale que sur une quinzaine du 28 au 13 juillet. En voici les grandes et incontournables lignes.

Stéphane Duchêne | Mardi 19 mars 2019

Jazz en cascade : le programme de Jazz à Vienne

16 jours, 250 concerts (dont les trois-quarts sont gratuits) et 1000 artistes. Voilà trois chiffres qui suffisent à résumer le force de frappe démultipliée de Jazz à Vienne. Impossible donc d'en faire la recension complète. Mais pour ce qui est de sa vitrine principale, le Théâtre Antique, le festival ouvrira comme chaque année les portes imaginaires par un concert destiné aux enfants des classes primaires, confié cette fois à Raphaël Imbert. Qui livrera une version de son très américain Music is my hope, primé aux Victoires du Jazz 2018 et qui déambule avec bonheur sur les traces de la soul et du gospel. Une belle entrée en matière dès 10h du matin, le 28 juin, qui précédera... Raphaël Imbert le soir-même mais au sein du projet Up Above My Head réunissant Camille, Sandra Nkaké et son initiateur Raphaël Lemonnier, qui revisite les black convict songs entonnés jadis dans les prisons du Sud des États-Unis par les repris de justice durant leurs travaux forcés.

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Archie Shepp, Louis Sclavis : libres !

Jazz | Double shot de pointures jazz cette semaine : Archie Shepp pose son saxo à l'Auditorium, Louis Sclavis squatte l'Opéra Underground. Enfin le réveil de la note bleue à Lyon ?

Sébastien Broquet | Lundi 8 octobre 2018

Archie Shepp, Louis Sclavis : libres !

Ce n'est pas toutes les semaines que les aficionados de jazz se régalent ainsi de deux concerts concomitants conviant une paire de figures cultes. Du côté de l'Opéra revisité underground, le bienvenu régional de l'étape qu'est Louis Sclavis ouvre les festivités. Le clarinettiste phare de la scène européenne s'avance en formule quartet (Benjamin Moussay au piano, Sarah Murcia à la contrebasse et Christophe Lavergne à la batterie), avec sous le bras un nouvel opus enregistré lui en compagnie d'un autre allumé notoire, Bernard Lubat, merveille de tandem explorant en finesse l'improvisation, telle qu'énoncée par une certaine scène free française qui a su s'émanciper des canons étasuniens pour créer un idiome underground qui lui est propre (relire à ce sujet l'excellent ouvrage de Serge Loupien, La France Underground). Pour ce concert, Sclavis explorera sa création Characters on a Wall, où huit pièces sont mises en perspective d'œuvres picturales l'entraînant par exemple sur les pas de Darwich à Ramallah. Things have got t

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Jazz (en) fusion

Jazz à Vienne | Avec Magma, Christian Vander a opéré dès la fin des années 60 une petite révolution musicale dont beaucoup ne se sont jamais remis et dont lui-même n'est jamais sorti. Toujours au front, le légendaire batteur aux étranges glossolalies sera à Vienne pour opérer la fusion du Théâtre Antique.

Stéphane Duchêne | Mardi 19 juin 2018

Jazz (en) fusion

À ce jour, en quasiment 50 ans de carrière, Magma a enregistré plus de live que d'albums studio et de fait, il est peu de personnes qui, pour s'être trouvées un jour à un concert de Magma, toutes époques confondues, n'en ont pas gardé de sérieuses séquelles, plaçant là le groupe parmi les expériences musicales les plus intenses qui puissent exister. Les plus sérieusement vrillées aussi car comme "venues d'ailleurs" : un concert de Magma ne ressemble, encore aujourd'hui, à aucun autre. Sans doute parce que Magma ne ressemble à personne. C'est que son fondateur Christian Vander a été à bonne école, grandissant, grâce à un père musicien, dans le giron direct de grands batteurs tels qu'Elvin Jones (frappeur de Coltrane) et Kenny Clarke, des amis de la famille à l'esprit libre comme l'air. Et quand on se fait offrir sa première batterie par le maverick de la trompette Chet Baker, c'est que l'on est promis à un destin particulier. Plus grand que la vie et au-delà du raisonnable, c'est ainsi

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Danser les pieds dans l'eau

Evasion Festival | Pour la troisième édition, le festival Évasion revient plus fort au parc de Miribel Jonage. Quatre scènes, une programmation éclectique et pointue, le tout avec quelques divertissements.

Louis Dufourt | Mardi 19 juin 2018

Danser les pieds dans l'eau

Si l’édition précédente était celle des ajustements, le volume trois prend des allures de confirmation. Sable fin, eau turquoise, une programmation électronique des plus palpitante et une quatrième scène avec des artistes locaux, des têtes d’affiche de renommée internationale : voici un festival électronique de référence. Parlons peu, parlons musique Sur la scène principale, nommée la clairière, vont se succéder les pointures de la techno. Honneur aux dames avec Amélie Lens. Du haut de ses 25 ans, l’artiste belge connaît une ascension fulgurante nourrie de ses mélodies sombres ponctuées de kicks abrupts. Considéré comme l’un des meilleurs artistes en live act, le très technique Kink se livre à de nombreuses improvisations sur scène : on ne s’en lasse pas. Pour clôturer ces deux nuits : le sorcier de Détroit Jeff Mills le samedi, et le berlinois Rodhåd le vendredi, surnommé "la brute" pour la puissance de ses sets. Dans une ambiance disco, house, funk, c’est Motor City Drum Ensemble qui ambiancera la scène de la Plage. Connu pour son éclectisme, il a le don de fair

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Jazz à Vienne : toute la programmation

Avishai Cohen, Jeff Beck, Melody Gardot, Marcus Miller... | Le festival Jazz à Vienne a dévoilé ce soir l'intégralité de sa programmation, avec de nombreuses soirées thématiques (Afrique, Brésil, hip-hop, funk, blues...) et quelques valeurs sûres. Voici tout le programme.

Sébastien Broquet | Mardi 20 mars 2018

Jazz à Vienne : toute la programmation

Jeudi 28 juin Al McKay’s Earth Wind & Fire Experience ouvre les festivités. Du bon gros funk à l'ancienne, à la façon 80's, pour lancer une soirée ? C'est facile, mais ça marche à chaque fois. On prend. D'autant que d'autres grands anciens, la Malka Family, émules d'un Funkadelic à la française ayant marqué le début des 90's s'invite aussi sur ce plateau. Pour faire le plein de bonne humeur. Côté club ? On ira voir Forq. Vendredi 29 juin Melody Gardot à l'affiche : le côté le plus pop du jazz, forcément vocal, pour continuer l'aventure. Consensuel, voire familial, puisque l'on découvrira aussi l'expérience Jazz love Disney, avec Hugh Coltman, China Moses, Sarah McKenzie et Myles Sanko... Curiosité. Au Club, le trio jazz punk venu de São Paulo Metá Metá invite quelques amis. Assurément l'un des grands moments du festival, on vous l'annonce de suite ! Sam

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Jazz à Vienne... à Val Thorens

Festival | En attendant l'été, et pour la première fois, Jazz à Vienne a décidé de prendre du 10 au 12 avril ses quartiers de printemps là où l'hiver dure un peu plus (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 13 février 2018

Jazz à Vienne... à Val Thorens

En attendant l'été, et pour la première fois, Jazz à Vienne a décidé de prendre du 10 au 12 avril ses quartiers de printemps là où l'hiver dure un peu plus longtemps qu'ailleurs : à Val Thorens à 2300 m d'altitude. Le forfait, très éclectique, comprendra non seulement apéro-jazz, JazzMix, conférence, projection, spectacle jeune public, exposition 10 ans de photos de Jazz à Vienne mais aussi concerts jusqu'en bas des pistes, sis entre 13h et 2h du matin. Avec au programme ; des étoiles telles que le Kyle Eastwood Quintet, China Moses, Foehn trio, le trio funk lyonnais Da Break, Dowdelin et DJ Harry Cover... Et très logiquement, ça s'appelle Jazz à Val Thorens.

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Gregory Porter à Jazz à Vienne

Festival | Trois premiers artistes excitants, un changement radical de charte visuelle : Jazz à Vienne s'offre une cure de jouvence.

Sébastien Broquet | Mardi 21 novembre 2017

Gregory Porter à Jazz à Vienne

Jazz à Vienne poursuit sa mue et ce de manière radicale en ce qui concerne le visuel : exit l'illustrateur historique Bruno Théry qui avait réalisé les 35 précédentes, bonjour Brüno, dessinateur nantais de BD ligne claire remarqué pour son travail avec le scénariste Appollo (Biotope), importé dans le cadre d'un partenariat noué avec le festival de bande dessinée d'Angoulême et amené à se renouveler : chaque année, un dessinateur différent choisi par Angoulême réalisera ainsi l'affiche de Vienne. C'est peu dire que le visuel de cette année, au personnage inspiré de Miles Davis, insuffle un sacré coup de jeune bienvenu... Outre l'affiche, pour chaque édition, un concert dessiné sera partagé entre les deux événements : débuts de grande classe avec une collaboration entre la chanteuse malienne Rokia Traoré côté musique et Rubén Pellejero côté dessin, à qui l'on doit le retour de Corto Maltese. Une date à cocher sans plus attendre (le 26 janvier à Angoulême et le 5 juillet au Théâtre Antiq

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A Night with Nicolas Jaar annulé

Clubbing | La Nuit avec Nicolas Jaar prévue mercredi 14 juin au théâtre antique de Vienne est annulée pour des raisons logisitiques. L'évènement organisé par (...)

Lisa Dumoulin | Vendredi 9 juin 2017

A Night with Nicolas Jaar annulé

La Nuit avec Nicolas Jaar prévue mercredi 14 juin au théâtre antique de Vienne est annulée pour des raisons logisitiques. L'évènement organisé par Jazz à Vienne et Nuits Sonores devait rassembler Pan Daijing, Bill Kouligas, Show me the body, Amnesia Scanner, Hvad et Helado Negro autour du génial Nicolas Jaar. Les possesseurs d'un billet peuvent se faire rembourser auprès de leur point de vente.

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Jazz à Vienne : Hommages et Mary J. Blige

Jazz | Jazz à Vienne qui regarde souvent et encore vers l'avenir, en faisant mûrir en son sein les jeunes talents, jette un joli coup d'œil cette année au passé et à ses disparus sous la forme d'une demie-douzaine d'hommages, parmi lesquels Fela, Prince ou David Bowie. Sans compter quelques autres morceaux de choix (De La Soul, Mary J. Blige...) pour tous les goûts.

Stéphane Duchêne | Lundi 27 mars 2017

Jazz à Vienne : Hommages et Mary J. Blige

Si la 37e édition de Jazz à Vienne s'ouvrira sur un concert du Joe Cocker italien Zucchero en la soirée du 29 juin ; si l'événement du festival sera sans doute pour certains le retour de De La Soul en mode live band, le 1er juillet, et le même soir un concert hip-hop symphonique qui verra l'ONL, dirigé par Issam Krimi, accompagner MC Solaar, Ärsenik et BigFlo & Oli, rencontre inédite et mariage a priori improbable de la scansion rap et de la grandeur symphonique ; si le prodige aux 10 millions d'albums Jamie Cullum risque d'emporter tous les suffrages du public, c'est surtout le nombre d'hommages à des artistes disparus qui marque cette programmation 2017 du festival. Fela Day Cela commence le 2 juillet avec l'anniversaire des vingt ans de la disparition du père de l'afrobeat Fela Kuti auquel Jazz à Vienne consacrera une journée hommage gratuite. Au pr

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Jeff Mills, le maître du temps

Classique | Le maître de la techno fait une halte à L'Auditorium, pour une création estampillée musique classique : retour sur un créateur hors-norme qui a fait sortir cette musique du dancefloor sans pour autant le renier.

Sébastien Broquet | Mardi 28 mars 2017

Jeff Mills, le maître du temps

« Je crois que nous sommes un peu responsables si notre musique est encore trop souvent uniquement associée à la danse. Il faut une volonté énorme pour changer une image dont après tout nous pourrions parfaitement nous satisfaire » lâchait Jeff Mills à Libération, en octobre 2000, alors qu’il venait d'interpréter en live au Centre Pompidou sa propre vision de la bande son du mythique chef d'œuvre de Fritz Lang, Metropolis. Une date charnière. Mills brisait alors l’idée du BPM roi, art du rythme et du bruit qu'il maîtrisait à merveille depuis de longues années, depuis ses premiers pas dans les 80's. Art de la danse en pleine conversion "populaire" qui portait vers l’extase des heures durant, lorsque nous nous abandonnions en rave, ces grands sabbats de l’ère digitale dont il était le roi. Le sorcier, plutôt... Depuis sa mythique émission sur la radio WDRQ à Détroit, il était surnommé The Wizard. L’homme surhumain, technologique, aux pouvoirs magiques capable de dompter les platines Technics MK2 avec une dextérité hors du commun, d’enchaîner les

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L’affiche de Jazz à Vienne dévoilée

MUSIQUES | Le nouveau visuel pour l’édition 2017 du festival Jazz à Vienne est dévoilé : pour la trentième année consécutive, elle est signée Bruno Théry. Cette fois elle (...)

Lisa Dumoulin | Vendredi 25 novembre 2016

L’affiche de Jazz à Vienne dévoilée

Le nouveau visuel pour l’édition 2017 du festival Jazz à Vienne est dévoilé : pour la trentième année consécutive, elle est signée Bruno Théry. Cette fois elle représente un personnage hybride, mêlant peinture, photographie et matière, qui traduit la richesse culturelle du festival. Rendez-vous du 29 juin au 13 juillet 2017 !

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Jazz : ils re-Vienne

Jazz à Vienne | Quel est le comble pour un festival de jazz ? De faire du classique. Ce pourrait être une blague récurrente du côté du Théâtre antique de la cité allobroge, mais c'est aussi la formule qui fait de Jazz à Vienne un incontournable de l'été. Où, en sus, il reste toujours quelque chose à découvrir.

Stéphane Duchêne | Mardi 21 juin 2016

Jazz : ils re-Vienne

Toi aussi joue chaque année avec Jazz à Vienne au bingo des noms — c'est un peu comme compter les ponts ou les Peugeot rouge sur l'autoroute avec papa et maman lors des départs en vacances. Qui est venu ? Qui revient ? Quand l'a-t-on vu pour la dernière fois ? Qui opère son baptême du feu ? Et toi, dis, quand reviendras-tu ? Reste qu'un festival qui parvient à ce point à fidéliser ses invités ne peut être qu'un événement où l'on a envie de revenir, y compris en tant que spectateur. Il y a ce travail de défrichage de l'ombre avec les scènes dites annexes, depuis tant d'années, qui laisse aux jeunes pousses le temps de fleurir et de revenir en tête d'affiche (on pourrait appeler cela la jurisprudence Cecile McLorin Salvant / Chromb / Gregory Porter). Il faudra donc compter cette année, outre les précités, sur les présences de Diana Krall, l'immense guitariste John McLaughlin, l'incontournable Erik Truffaz, la désormais pop star internationale Ibrahim Maalouf, invité dans les plus grands raouts planétaires (cf. Cannes),

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Florence Verney-Carron : "Il faut dialoguer avec les artistes"

Florence Verney-Carron | Depuis l'élection de Laurent Wauquiez à la tête de la Région en décembre dernier, le monde de la culture s'est inquiété, parfois offusqué, au minimum s'est posé des questions : d'une déclaration pour le moins malheureuse de son président sur les formations de clowns en pleine campagne, jusqu'au traitement du dossier de la Villa Gillet, c'est peu dire que la vice-présidente en charge de la Culture est attendue. Florence Verney-Carron s'exprime ici pour la première fois sur l'ensemble de ces sujets.

Sébastien Broquet | Mardi 26 avril 2016

Florence Verney-Carron :

En janvier, après l'élection, vous demandiez du temps avant de dévoiler votre feuille de route concernant la culture. Aujourd’hui, pouvez-vous nous dire quels sont les points qui vont être privilégiés ? C’est la première fois qu'une élection se déroulait en décembre. C’était très compliqué de nous atteler à ce budget 2016 en si peu de temps. Durant ces trois premiers mois, j’ai analysé pas mal de choses. On avait un certains nombre de principes, déjà évoqués par Laurent Wauquiez durant la campagne, notamment deux points très forts : d'abord, accompagner évidemment les créateurs culturels de premier plan. Ensuite, encourager l’émergence ; ce qui est l’essentiel pour une collectivité publique. Ça nous a amené à tracer deux grands points de notre politique culturelle : avoir une offre de qualité partout, même dans les endroits les plus reculés du territoire et y apporter beaucoup d’attention : ce peut-être une librairie, un festival, un cinéma. Le second point, ce sera de respecter et d’encourager tous les lieux de création. Ce qui est important pour nous, puisque nous arrivons au moment de la fusion des régions, c'est aussi de faire la conver

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Les soirées du 4 au 10 novembre

MUSIQUES | 06.10 The Cosmic Adventure Steffi était l'une des grandes absentes du dixième anniversaire du label Ostgut Ton. Aujourd'hui, on comprend mieux (...)

Benjamin Mialot | Mardi 3 novembre 2015

Les soirées du 4 au 10 novembre

06.10 The Cosmic Adventure Steffi était l'une des grandes absentes du dixième anniversaire du label Ostgut Ton. Aujourd'hui, on comprend mieux pourquoi : elle était perdue dans l'espace, en route pour la prochaine bamboche en apesanteur du local hero à poils longs Kosme au Sucre. La plus émotive et funky des résidents du Panorama Bar, l'étage house du Berghain – statut qui ne l'empêche pas de sacrifier, en grande professionnelle, aux traditions maison : feeling analogique, fausse simplicité d'exécution et tirage de gueule de six pieds de long – a depuis retrouvé son chemin. Vous reprendrez bien une part de gâteau ?

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Gil & Veloso : amicalement vôtre

MUSIQUES | «Deux amis, un siècle de musique», c'est ainsi qu'est baptisée la tournée qui réunit Caetano Veloso et Gilberto Gil. Et qui les verra monter sur scène avec (...)

Stéphane Duchêne | Mercredi 1 juillet 2015

Gil & Veloso : amicalement vôtre

«Deux amis, un siècle de musique», c'est ainsi qu'est baptisée la tournée qui réunit Caetano Veloso et Gilberto Gil. Et qui les verra monter sur scène avec chacun une guitare et un répertoire immense. Caetano & Gil se sont un peu les Brett Butler et Danny Wilde de la musique brésilienne, aux trajectoires individuelles marquées mais dont le destin restera irrémédiablement lié pour l'Histoire, l'esprit indissociable malgré les désaccords et les différences. Nés la même année, en 1942, et tous deux grandis à Salvador de Bahia, l'un est blanc issu d'un milieu modeste, l'autre noir et fils de médecin, les deux sont très engagés politiquement mais quand Gil est nommé ministre de Lula (premier président de gauche depuis leurs propres tribulations tropicalistes), Veloso est dubitatif avant de se raviser. Leurs caractères aussi sont rigoureusement opposés – Veloso est un hyperactif et bon vivant, Gil un gros dormeur (et c'est lui qui sera ministre) et quasiment maître zen – mais ils se complètent comme se complétaient Lennon et Macca et se sont trouvés comme on trouve l'amour, chacun vouant à l'autre une admiration sans bornes et jamais envieuse.

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Jazz à Vienne - Du 26 juin au 11 juillet à Vienne (38)

MUSIQUES | Entre éternels retours et renouvellement forcenés des talents, Jazz à Vienne continue pour sa 35e édition de puiser aux sources du jazz tout en se posant en laboratoire de la musique de demain. Stéphane Duchêne

Benjamin Mialot | Mercredi 24 juin 2015

Jazz à Vienne - Du 26 juin au 11 juillet à Vienne (38)

On pourrait dire cela de chacune des éditions de Jazz à Vienne, mais c'est particulièrement vrai pour celle-ci : elle marque un retour aux sources, et même plusieurs. D'abord avec une ouverture en forme d'hommage et de déclaration d'amour à la ville-mère du jazz, La Nouvelle Orléans. Où l'on croisera entre autres Dee Dee Bridgewater, mais aussi la fascinante Leyla McCalla, et dont le point d'orgue sera la présence, peu commune, du pianiste, chanteur, auteur-compositeur et surtout producteur de R'n'B originel Allen Toussaint. Comme chaque année, c'est un retour aux sources en chaîne qui s'opère derrière. Retour un peu permanent avec l'éternel comeback de figures comme George Benson ou Didier Lockwood, mais aussi de genres oubliés, avec le légendaire Golden Gate Quartet, qui prêche le gospel depuis 80 ans, et Gilberto Gil et Caetano Veloso, ce couple inspiré qui mit le feux aux poudres de la musique brésilienne (et de la musique tout court) à la fin des années 60 pour accoucher d'un mouvement qu'on appela tropicalisme. Dans le genre all-stars, ne pas manquer n

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Allen Toussaint lance Jazz à Vienne

MUSIQUES | En 2005, le terrible ouragan Katrina, outre les dégâts humains et catastrophiques qu'il a infligés à la Nouvelle Orléans, a commis un crime de lèse-majesté. (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 23 juin 2015

Allen Toussaint lance Jazz à Vienne

En 2005, le terrible ouragan Katrina, outre les dégâts humains et catastrophiques qu'il a infligés à la Nouvelle Orléans, a commis un crime de lèse-majesté. Détruisant son studio et sa maison, il a mis à la porte l'une des légendes locales, pilier de la culture musicale et donc de la Culture avec un grand C d'une Big Easy qui l'était soudain beaucoup moins, easy : Allen Toussaint. Mais s'il est "aisé" d'abattre d'un coup de brise un monumental chêne Quercus Virginia, il est plus compliqué d'en effacer l'ombre tentaculaire et infinie. Car Allen Toussaint, c'est à lui tout seul près de 60 ans de musique néo-orléanaise, l'incarnation des mélanges constitutifs de l'art musical local par sa manière de revisiter le R'n'B originel à sa sauce et sa volonté toujours farouche de mêler son talent à celui des autres, quitte à rester volontairement dans l'ombre. Sa carrière solo, pourtant brillante, n'ayant jamais été sa priorité, Toussaint a toujours pris davantage de plaisir a écrire, composer, produire pour les autres dans à peu près tous les styles imaginables, au point de devenir une référence très demandée, y compris par les géants de la pop (Macca, Costello, Joe Coc

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Jazz à Vienne 2015 : la programmation

ACTUS | La programmation de Jazz à Vienne ? Du classique jamais trop classique, des habitués qui prennent le temps de se changer, des têtes d'affiches de tous ordres. Bref, Vienne tel qu'en lui même : ni tout à fait le même, ni tout à fait un autre. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 24 mars 2015

Jazz à Vienne 2015 : la programmation

Après un premier vrai-faux départ sous forme d'Extra Night avec Pharrell Williams, c'est en mode pas moins happy que va débuter cette année Jazz à Vienne le 26 juin avec un week-end aux accents carnavalesques de la Nouvelle Orléans : de la légendaire figure locale Allen Toussaint au Dirty Dozen Brass Band et à la fascinante et prometteuse Leyla McCalla. En passant, on serait tenté de dire "bien sûr", par Dee Dee Bridgewater qui, après avoir gratifié Vienne de tout le spectre esthétique de la black music, revient en compagnie du New Orleans Jazz Orchestra. Et puisqu'on en est à parler des habitués du festival – ceux dont on a l'impression qu'ils sont là même quand ils ne le sont pas, comme Jean-Jacques Milteau, Éric Bibb, Didier Lockwood ou Éric Truffaz – on ne peut faire l'économie d'un Marcus Miller qui, en compagnie de l'ONL, dirigé pour l'occasion par Damon Gupton, retourne aux sources musicales et géographiques du jazz – un projet au départ discographique baptisé Afrodeezia et première in

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Pharrell Williams à Jazz à Vienne

MUSIQUES | Après Stevie Wonder l'an passé, Jazz à Vienne reconduira en 2015 sa doublement bien nommée Extra Night en accueillant dans le Théâtre antique l'auteur du tube (...)

Benjamin Mialot | Mardi 23 décembre 2014

Pharrell Williams à Jazz à Vienne

Après Stevie Wonder l'an passé, Jazz à Vienne reconduira en 2015 sa doublement bien nommée Extra Night en accueillant dans le Théâtre antique l'auteur du tube interplanéntaire Happy (et, pour ce qui nous concerne, l'un des trois cerveaux de N.E.R.D.). A la différence de la légende soul, c'est toutefois en amont du festival que se produira Pharrell : mardi 23 juin, soit trois jours avant le début officiel des réjouissances (qui se poursuivront jusqu'au 11 juillet). Les places seront en vente à partir du mardi 6 janvier (pour des prix allant de 65 à 79€). Pensez à doubler le noeud à votre mouchoir : il n'y aura certainement pas pour tout le monde.

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L'affiche de Jazz à Vienne 2015

MUSIQUES | A chacun sa tradition en ce quatrième jeudi du mois de novembre : Thanksgiving pour les Américains, le dévoilement de l'affiche de Jazz à Vienne pour (...)

Benjamin Mialot | Jeudi 27 novembre 2014

L'affiche de Jazz à Vienne 2015

A chacun sa tradition en ce quatrième jeudi du mois de novembre : Thanksgiving pour les Américains, le dévoilement de l'affiche de Jazz à Vienne pour nous. Voici donc celle de la trente-cinquième édition du festival, pour le moins surprenante de psychédélisme. On ne sait pour l'heure si la programmation sera à l'avenant, mais vous pouvez d'ores et déjà vous abonner "à l'aveugle" (ou plutôt "à la sourde") à un tarif préférentiel. Par ici : www.jazzavienne.com

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Jazz à Vienne légèrement touché par la grève

MUSIQUES | Après le Festival du court-métrage de Grenoble et le Festival d'Avignon, c'est au tour de Jazz à Vienne de répondre à l'appel à la grève lancé par la CGT ce vendredi (...)

Benjamin Mialot | Vendredi 4 juillet 2014

Jazz à Vienne légèrement touché par la grève

Après le Festival du court-métrage de Grenoble et le Festival d'Avignon, c'est au tour de Jazz à Vienne de répondre à l'appel à la grève lancé par la CGT ce vendredi 4 juillet : les concerts des scènes de Cybèle, de Caravan'Jazz et du JazzMix sont ainsi annulés, de même que celui de Youn Sun Nah aux Musaïques. Les concerts prévus au Théâtre antique sont eux maintenus. Ils batteront toutefois pavillon contestataire (la fameuse croise blanche sur fond noir) et seront précédés d'une prise de parole.

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La dérive des continents

MUSIQUES | Grand archéologue des racines musicales américaines, étonnant voyageur des musiques du monde, le grand maître du blues traditionnel Taj Mahal s'est régulièrement acoquiné avec la crème des musiciens africains et plus particulièrement maliens. A l'occasion de la Nuit africaine de Jazz à Vienne, il retrouve pour un choc continental haut en couleurs l'un de ses complices favoris : le griot Bassekou Kouyaté, spécialiste du luth n'goni. Stéphane Duchêne.

Stéphane Duchêne | Mardi 8 juillet 2014

La dérive des continents

Henry Saint Clair Fredericks, plus connu sous le pseudonyme de Taj Mahal, est une sorte d'anomalie dans l'histoire de la musique américaine : l'un des rares musiciens de sa génération, native du début des années 40 et nourrie de musique en abondance, se désintéressant du phénomène rock'n'roll et de ses divers avatars, préférant au charme de la nouveauté celui de la tradition jazz, gospel et même classique.  Sans doute peut-on y voir l'influence de parents qui ont connu, avant d'émigrer vers le Massachusetts, l'effervescence de la "Renaissance d'Harlem", important mouvement artistique de l'entre-deux guerres marquant l'affirmation de la culture afro-américaine sous toutes ses formes.  Maîtrisant à peu près tout ce que la musique compte d'instruments à cordes (guitare, banjo, dobro, dulcimer et une quinzaine d'autres), ethnomusicologue diplômé, Taj Mahal met sa science au service d'une remontée du courant americana aux sources du blues, de la country, du folklore hawaïen et de la musique des Caraïbes – d'où la famille de son père, descendante d'esclaves, est originaire –

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Stevie in Wonderland

MUSIQUES | Sur l’échelle des compositeurs pop à l'influence primordiale et éternelle, Stevie Wonder figure en bonne place aux côtés des Beatles et Bob Dylan. Non content d'avoir révolutionné la musique soul dans les années 70, ce génie précoce a toujours su tirer de ses facilités mélodiques des dizaines de tubes entrés dans l'inconscient collectif. Un monstre sacré que Jazz à Vienne s'offre en "Extra night". Stéphane Duchêne.

Stéphane Duchêne | Mardi 8 juillet 2014

Stevie in Wonderland

A l'occasion de la mort de Michael Jackson, Stevie Wonder rendit à son ancien collègue de la Motown un hommage vibrant et un peu inattendu au milieu de ce concert mondial de sanglots : «Le plus important est l’héritage musical qu’il nous a laissé. Nous devons le célébrer et pas le pleurer. Il ne faut pas tomber dans la négativité». Il joua ensuite une version personnelle d'I Can't Help It, composée par lui-même pour l'album Bad de Jackson, puis I Never Dream You'd Leave in Summer et They Won't Go When I Go, deux titres fortement connotés. Quelques jours après la disparition d'une autre légende, Bobby Womack, initialement programmé à Fourvière (voir encadré), voilà une phrase à méditer : lorsque les grands artistes meurent, on les pleure un peu bêtement, alors qu'ils nous ont fait cadeau d'oeuvres et d'émotions éternelles.  Comme Jackson, Wonder, né Stevland Judkins, est un rare exemple d'enfant star ayant mieux que vaincu l'adolescence. Car le gamin de Detroit rendu aveugle par un accident d'oxygénation en couveuse n'est pas

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Jeff Beck annule sa venue à Jazz à Vienne

MUSIQUES | Le virtuose de la six-cordes, qui devait se produire à Jazz à Vienne dimanche 6 juillet aux côtés de Joe Satriani et du one-man-band They Call Me Rico, (...)

Benjamin Mialot | Mercredi 25 juin 2014

Jeff Beck annule sa venue à Jazz à Vienne

Le virtuose de la six-cordes, qui devait se produire à Jazz à Vienne dimanche 6 juillet aux côtés de Joe Satriani et du one-man-band They Call Me Rico, annule la quasi totalité de sa tournée européenne pour raisons de santé. Le concert est toutefois maintenu et Jeff Beck sera remplacé par le bluesman Lucky Petterson.

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Quincy et cie

MUSIQUES | Rares sont les hommes de l'ombre de l'industrie musicale dont le nom est aussi évocateur que celui de Quincy Jones. A part Phil Spector et George Martin, et peut-être Berry Gordy de la Motown et Sam Philips de Sun Records. Aucun d'entre eux n'aura toutefois été aussi omniscient et omniprésent que Quincy Jones dans la musique américaine. Preuve qu'il l'est toujours à plus de quatre-vingt ans, il nous présente à Jazz à Vienne ses derniers protégés. Stéphane Duchêne

Benjamin Mialot | Jeudi 26 juin 2014

Quincy et cie

Pour le grand public, Quincy Jones sera à jamais l'homme qui se cache derrière les plus grands succès de l'ascension fulgurante de Michael Jackson. Celui qui fit d'un jeune homme au talent inégalé une superstar planétaire, "The King of Pop". Mais Jones, producteur de génie – et par producteur, il faut entendre toutes les acceptions de ce terme – est aussi et surtout un musicien né. Ou presque né, gagné par le virus de la musique dès son enfance. Clark Terry lui apprend la trompette à treize ans et Ray Charles l'art de la composition – tant pis si c'est en braille. Il a quinze ans lorsqu'il joue aux côtés de Billie Holiday et Cab Calloway. A la fin de ses études, il rejoint l'orchestre d'un Lionel Hampton bluffé par ses compositions. On dit partout que Quincy a une oreille phénoménale et les plus grands jazzmen s'arrachent ses arrangements. Après un détour par Paris dans les années 50, où il en profite pour suivre les cours de la papesse de la pédagogie musicale Nadia Boulanger – et accessoirement pour diriger Barclay Musiques – Jones revient aux States pour se rapprocher de la pop et enchaîne les succès avec Peggy Lee (If you Go), Lesley Gore

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Jazz à Vienne : Stevie Wonder, en extra le 14 juillet

MUSIQUES | Qui dit "extra night" dit sans doute forcément un peu "nuit extra". Or la fête que nous promet l’annonce pour le 14 juillet de ce concert supplémentaire de (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 8 avril 2014

Jazz à Vienne : Stevie Wonder, en extra le 14 juillet

Qui dit "extra night" dit sans doute forcément un peu "nuit extra". Or la fête que nous promet l’annonce pour le 14 juillet de ce concert supplémentaire de Jazz à Vienne risque fort de surpasser celle, nationale, à laquelle on est paresseusement habitué. Pensez, c’est rien moins que Stevie Wonder qu’on nous sert sur le plateau du Théâtre Antique de Vienne en guise de postface au festival. «A la merveille», comme dirait l’autre. Les tickets étant en vente à partir du 15 avril, il s’agira de se précipiter les yeux fermés pour quérir un sésame bien précieux.

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Jazz à Vienne 2014 - La programmation

MUSIQUES | Entre stars du rock, chouchous assignés à résidence et métamorphes musicaux, Vienne parvient chaque année à faire du neuf avec une formule qui n'en finit plus de faire ses preuves. A l'image d'une édition 2014 de haute volée qui s'achèvera en apothéose. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Lundi 17 mars 2014

Jazz à Vienne 2014 - La programmation

A Jazz à Vienne il y a les soirées "stars" et les soirées thématiques... dans lesquelles il y a tout autant de stars. Dans la première catégorie, il faut bien avouer que le festival isérois a frappé un grand coup en s'attirant les grâces, les foudres (c'est la même chose) et les bouclettes de Robert Plant (oui, celui-là même) et ses Sensational Space Shifters. Le même soir, on parie qu'il y aura du monde pour Ibrahim Maalouf, flashé en prime time lors des Victoires de la Musique, ce qui n'est que justice pour ce jazzman protéiforme. Autres incontournables : Jamie Cullum, Bobby McFerrin – dont Vienne est littéralement le pied-à-terre, en colocation avec Youn Sun Nah, qui sera là également en tant qu'artiste résidente et en quartet. Puis voilà les soirées thématiques, à commencer par une soirée "French Touch" garantie sans casque mais avec chapeau, celui de Manu Katché, ainsi que Richard Bona, Eric Legnini, Stefano Di Battista et le Daniel Humair Quartet. Convenons que la touche, aussi française soit-elle,

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88 Mills à l'heure

MUSIQUES | Toujours localisé à Eurexpo et scindé en salles thématiques, le festival Hypnotik reçoit cette année une sommité : Jeff Mills, figure clef de la techno de Detroit, dont il a défini les frontières sans jamais cesser de les repousser. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 11 février 2014

88 Mills à l'heure

L'événement de l'année 2013, ce n'est ni la renonciation du pape Benoit XVI, ni l'alerte d'Edward Snowden, encore moins la reconnaissance par l'OMS des effets cancérigènes de la pollution atmosphérique. C'est l'ouverture de cette mystérieuse et vraisemblablement très économique liaison aérienne entre Detroit et Lyon qui nous a permis de voir se produire, de Juan Atkins à Kevin Saunderson en passant par Derrick May, Robert Hood ou Octave One, la plupart des grandes figures de la techno originelle. Une rétrospective qui se poursuit cette semaine avec la venue, dans le cadre du festival Hypnotik, de Jeff Mills, DJ tentaculaire et producteur en perpétuelle émancipation qui personnifie depuis plus de vingt ans la "deuxième vague de la techno". L'homme-orchestre Pour Mills comme pour Atkins, May et Saunderson, tout a débuté à la faveur d'une émission de radio. Sauf qu'à la différence des trois "pères fondateurs", qui trouvèrent au début des années 80 de quoi alimenter leurs premiers synthétiseurs à l'écoute des playlists défricheuses de The Electrifying Mojo, Mills ne s'est pas contenté d'être un auditeur : il a d'emblée officié de l'autre côté de la console, sous le

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Les premiers noms de Jazz à Vienne

MUSIQUES | Après les Nuits de Fourvière et en attendant que Nuits Sonores dévoile sa programmation diurne la semaine prochaine, un troisième festival entre dans la danse (...)

Benjamin Mialot | Vendredi 24 janvier 2014

Les premiers noms de Jazz à Vienne

Après les Nuits de Fourvière et en attendant que Nuits Sonores dévoile sa programmation diurne la semaine prochaine, un troisième festival entre dans la danse des annonces : Jazz à Vienne. Pour sa 34e édition, programmée du 27 juin au 12 juillet, il recevra Robert Plant (légendaire chanteur de Led Zeppelin), les révélations Youn Sun Nah (qui a fait sensation l'an passé, y compris du côté d'A Vaulx Jazz) et Gregory Porter (lui aussi remarqué à A Vaulx Jazz), ainsi que Manu Katché, Richard Bona, Stefani Di Battista et Eric Legnini. La suite lundi 17 mars.

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Le temps de l’innocence

MUSIQUES | Croisement rêvé entre Melody Gardot et Björk, la Coréenne francophile Youn Sun Nah signe un nouvel album (d)étonnant, tout entier à la gloire de son énergie vocale, de son raffinement et d'un jazz libéré de toute contrainte, quoique habité et nourri de doutes. Christine Sanchez

Benjamin Mialot | Mercredi 10 juillet 2013

Le temps de l’innocence

Dans sa langue maternelle, son prénom la dit innocente. Et c'est bel et bien sans malice que Youn Sun Nah a conquis, en à peine dix ans, l'ensemble de la planète jazz. À 43 ans, elle est aujourd'hui unanimement considérée par ses pairs, la critique et le public, comme l'une des plus grandes voix européennes. Preuve que l'on peut devenir une star, tout en brillant humainement, sincèrement et en toute simplicité.«Quand je pense à tout ce qui m'est arrivé... J'ai eu beaucoup de chance. Le succès, je l'envisage avant tout comme une possibilité de faire davantage de concerts et de voyager partout dans le monde. J'ai commencé à chanter par hasard. Aujourd'hui, je travaille et je fais de mon mieux pour pouvoir faire ce que j'aime le plus longtemps possible. Comme tout s'est passé très vite, j'ai toujours peur que tout s'arrête de la même façon». Itinéraire d'une enfant gâtée Née en Corée, Youn Sun Nah grandit dans un environnement musical, entre un père chef de chœur et une mère cantatrice et actrice de comédies musicales. Admirative voire complexée par le talen

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Wanted : Rodriguez

MUSIQUES | Quasiment sanctifié par le conte-documentaire "Searching for Sugar Man", Rodriguez, attendu comme le Messie, a déçu lors de ses récentes prestations parisiennes. Et si, à la veille de son concert en première partie de Ben Harper (dans le cadre du festival Jazz à Vienne), on attendait finalement un peu trop de cet extraordinaire songwriter qui a déjà beaucoup donné sans jamais rien demander ? Stéphane Duchêne.

Stéphane Duchêne | Vendredi 28 juin 2013

Wanted : Rodriguez

«Sugar Man (…), je suis fatigué de ce cirque (…), je suis las de ces jeux dangereux». A presque soixante-et-onze ans, Rodriguez est un homme fatigué qui a raté son rendez-vous avec la gloire. Dont on pourrait croire qu'il a eu plusieurs occasions de la rencontrer, à ceci près que c'est elle qui, tel un dealer, l'a rattrapé maintes fois par le col pour mieux le repousser, False friend (Sugar Man) d'un homme dont les dépendances occasionnelles n'ont jamais inclus ni l'argent ni la célébrité. Et qui se trouve aujourd'hui trimbalé de scène en scène, à cet âge pré-canonique, le long d'une interminable tournée mondiale. Ses concerts parisiens – pris d'assaut – se sont révélés catastrophiques – ce qui ne fut pas le cas de ses prestations américaines et européennes, ni de ses nombreuses apparitions télévisées en live. Rentré se reposer quelques temps chez lui à Detroit, Rodriguez a promis, dans la foulée de déclarations de sa fille, de se «reprendre». Comme s'il nous devait quoi

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Cuba libre

MUSIQUES | D'après une blague qui faisait le tour des cours de récréation auvergnates au début des années 90, les habitants de Cuba ne seraient pas les Cubains, mais les (...)

Benjamin Mialot | Jeudi 20 juin 2013

Cuba libre

D'après une blague qui faisait le tour des cours de récréation auvergnates au début des années 90, les habitants de Cuba ne seraient pas les Cubains, mais les Chipaho. Parce que s'ils ont le cul bas, ils... Voilà. Nous n'avons jamais eu l'occasion (encore moins l'envie) de vérifier si l'anatomie du pianiste havanais Roberto Fonseca, programmé mercredi 3 juillet au festival Jazz à Vienne, était conforme à celle décrite par ce puéril calembour. Ce que nous avons pu constater à sept reprises en revanche, c'est que sa musique, elle, plane très haut. Sept comme le nombre d'albums enregistrés par ce presque quadra qui fit ses armes au sein du Buena Vista Social Club - regroupement de figures historiques de la salsa et du son qu'immortalisa en 1999 le cinéaste Wim Wenders, et dont les survivants se produiront dans le Théâtre antique juste après Roberto.   Baptisé Yo, le dernier en dat

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Jazz à Vienne : Annulation de Sonny Rollins, Ahmad Jamal et Yusef Lateef appelés en renfort

MUSIQUES | Les rumeurs puis les certitudes quant à l'annulation de la tournée européenne du « Saxophone Colossus », Sonny Rollins ont fini par se confirmer et se (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 11 juin 2013

Jazz à Vienne : Annulation de Sonny Rollins, Ahmad Jamal et Yusef Lateef appelés en renfort

Les rumeurs puis les certitudes quant à l'annulation de la tournée européenne du « Saxophone Colossus », Sonny Rollins ont fini par se confirmer et se solder par l'annulation de sa prestation du 10 juillet à Jazz à Vienne. Le saxophoniste américain, bientôt 82 ans, souffrirait de problèmes respiratoires. Un crève-cœur pour les habitués du festival dont le vénérable Sonny est un fidèle.   En remplacement, du grand Sonny, Jazz à Vienne n'a pas fait dans la demi-mesure en convoquant à la même date le pianiste et grand maître de l'improvisation Ahmad « Le Monstre aux deux mains droites » Jamal, 82 ans lui aussi. Autant dire un jeunot comparé à son compère d'un soir, le saxophoniste-flûtiste Yusef Lateef. 92 ans, grand écumeur de tous les jazz et de nombre de musiques exotiques et l'une des influences de John Coltrane (c'est dire s'il a vu passer du monde).   Dire que le spectateur y perdra au change, malgré les regrets liés à l'absence de Rollins, serait donc quelque peu exagéré. Le même soir « Chucho Valdès &

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"Remember Attica !"

MUSIQUES | A 76 ans, le protée jazz Archie Shepp convie son big band sur la scène du Théâtre Antique pour jouer une pièce essentielle de l'Histoire – musicale mais pas seulement – américaine : "Attica Blues", sorti en 1972, un brasier de "Great Black Music" né des cendres de l'un des plus tristes et sanglants épisodes du militantisme noir. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Vendredi 7 juin 2013

Qui a vu Un Après-midi de Chien (A Dogday Afternoon) de Sidney Lumet se souvient sans doute de cette scène où Al Pacino, campant Sonny Wortzik, un braqueur de banque aux abois, tient tête à des forces de l'ordre tétanisées par son charisme exalté. Ralliant les badauds à sa cause au cri d'«Attica ! Attica ! Remember Attica !». Si le film sort en 1975, il se déroule en 1972 et s'inspire d'un fait divers survenu à Brooklyn cette même année. Or en 1972, les trois syllabes «A-tti-ca !» forment à la fois le cri de ralliement et le symbole d'une lutte contre le pouvoir au croisement du pacifisme et de l'antiracisme ; du Weather Underground, mouvement gauchiste particulièrement radical, aux Black Panthers. Réputé pour accueillir certains des détenus les plus dangereux des Etats-Unis et nombre de dissidents politiques, le centre correctionnel d'Attica devient mondialement célèbre le 9 septembre 1971. Quelques jours plus tôt, menés par le militant d'extrême-gauche Sam Melville les détenus entreprennent une grève du... petit-déjeuner, suite à la mort du Black Panther George Jackson – auque

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Jour de fête

MUSIQUES | Pour ceux qui l'ignoraient, il y a une vie après la journée de la femme et celle du dépistage du cancer des roustons, elle peut même être musicale, cette vie. (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 19 avril 2013

Jour de fête

Pour ceux qui l'ignoraient, il y a une vie après la journée de la femme et celle du dépistage du cancer des roustons, elle peut même être musicale, cette vie. C'est ainsi que le 30 avril a lieu, sous les bons auspices de l'UNESCO, et de l'Institut Thelonious Monk, l'International Jazz Day (ça veut dire «journée internationale du jazz»), dont la capitale sera cette année Istanbul. Le rapport avec Lyon ? C'est que Jazz à Vienne profite de l'événement pour proposer une très complète journée de festivités jazz en la capitale des Gaules, bien sûr, mais aussi de là (Francheville) à là (Saint-Etienne). Concerts, ouverture d'exposition (Django Reinhardt au Fort de Bruissin dans le cadre du 60e anniversaire de sa mort), masterclasses diverses, projections de films (Les Fils du Vent au Comoedia, suivi d'un concert), rencontres en centre pénitentiaire, focus jazz à la BM avec une sélection de disques et documents, et bien sûr, concerts, concerts, concerts (mais ça on l'a déjà dit). En vedette, il en faut une, le pi

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Nuits de Fourvière 2013 - La programmation

MUSIQUES | Pour certains, le début du printemps coïncide avec la floraison des crocus et le réveil des hérissons. Pour d'autres, elle s'incarne dans un bouillonnement hormonal, dans une atmosphère révolutionnaire ou dans une recrudescence de la présence de punks à chien (les hirondelles des citadins). Au Petit Bulletin, le printemps devient réalité au moment où les Nuits de Fourvière dévoilent l'intégralité leur programmation. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Samedi 23 mars 2013

Nuits de Fourvière 2013 - La programmation

Cette année, c'est ve lundi 25 mars à 11h que les Nuits de Fourvière ont annoncé qui, à l'instar de M (13 juin), Dead Can Dance (27 juin), Crosby, Stills & Nash (16 juillet) et Nick Cave (27 juillet), aura cet été l'insigne honneur d'être enseveli sous des coussins – au contraire du Cirque Plume qui, pour rappel, investira le Parc de Parilly du 28 juin au 1er août. La colline a des vieux S'il fallait résumer la teneur de cette édition 2013 des Nuits en un mot qui n'existe pas, ce serait vénérabilité. Et pour cause ! L'événement a beau accueillir chaque année son lot de mythes vivants, on a rarement vu une telle concentration d'artistes aux carrières longues comme des jours sans communiqués de presse (notre pain quotidien) à son affiche. Jugez plutôt : outre le rereretour du metteur en scène Georges Lavaudant (en ouverture du 4 au 12 juin avec un Cyranoc de Bergerac), les antiques hauteurs de Lyon verront défiler les chorégraphes Angelin Preljocaj

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Jazz à Vienne se dévoile

MUSIQUES | Pas facile de se distinguer quand on porte le nom de la capitale d'un autre pays, celui d'un département situé à l'autre bout de la France et même d'une route qui, depuis Lyon, ne mène plus vraiment... à Vienne. N'est pas Rome qui veut. Encore que. Car chaque saison, la cité des Allobroges nous rejoue en son Théâtre antique des jeux du cirque jazzy dont le premier temps consiste à présenter les gladiateurs à la foule. Jazz à Vienne, ceux qui vont jouer te saluent. Et ils sont nombreux. Stéphane Duchêne.

Stéphane Duchêne | Jeudi 21 mars 2013

Jazz à Vienne se dévoile

Les agapes débuteront le 28 juin par les 11e Victoires du Jazz (pour donner une idée, c'est comme les Victoires de la musique, sauf que c'est vraiment de la musique). Ensuite, on peut vous présenter tout le monde, à ceci près qu'il n'y a plus grand monde qui nécessite d'être présenté. On retrouve en effet à Vienne les noms qui ont l'habitude de truster l'affiche des festivals de jazz en général et de celui-ci en particulier : le guitar hero mexicain (un concept en soi) Santana (11 juillet), George Benson – on y revient –, l'éternel Sonny "Colossus" Rollins, sans doute le dernier géant du be-bop et du post-be-bop qui avance fièrement sur ses 83 ans (10 juillet), le contrebassiste israélien Avishai Cohen (12 juillet) et le même soir la terrible vocaliste You Sun Nah (vue à A Vaulx Jazz en duo avec Ulf Wakenius mais présente ici en version quartet). Ou encore Marcus Miller, oui, mais en plein «Renaissance Tour» (29 juin), alors bon. Chick, Champagne et petits pépés

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La Vie en Jazz

MUSIQUES | Classique et toujours aussi éclectique, bien calé sur ses valeurs sûres et placé cette année sous la protection d'Hugh Laurie, alias Dr House, Jazz à Vienne continue d'afficher une santé solide, sans forcer. À la coule, comme en témoigne sa programmation tout juste révélée. Stéphane Duchêne

Christophe Chabert | Mardi 27 mars 2012

La Vie en Jazz

Ne nous en cachons pas, c'est une édition rien que de très classique que nous offre cette année Jazz à Vienne. Toujours aussi bien campé sur les pattes de ce taureau-guitare qui est cette année son emblème. La preuve avec un début en fanfare et tous azimuts le 28 juin en présence de la Cie Transe Express et son impressionnant mobile – baptisé Mobile Homme – de percussionnistes suspendus, de Blitz the Ambassador et du bal Africain de Merlin Nyakam. P-Funk Ensuite en effet, place aux « habitués », aux amis, aux incontournables du festival, appelons-les comme on voudra, avec la rencontre au sommet entre Bobby Mc Ferrin et Chick Corea (29 juin), Joshua Redman en (featuring pour The Bad Plus le 10 juillet) ou Pat Metheny (4 juillet). C'est également un morceau d'histoire du jazz qui revivra lors de la soirée piano du 2 juillet puisque McCoy Tyner, pianiste historique du grand John Coltrane, officiera avec son habituel trio mais surtout avec comme invité spécial Ravi Coltrane, le fils de son père, sa

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Jazz à Vienne : premiers invités

MUSIQUES | Jazz à Vienne : premiers invités

Dorotée Aznar | Jeudi 26 janvier 2012

Jazz à Vienne : premiers invités

Les premiers noms de la manifestation viennent d'être révélés : Ibrahim Maalouf, Mélody Gardot, Pat Metheny et Tigran Hamasyan seront au théâtre antique de Vienne pour la 32 e édition du festival qui se tiendra du 28 juin au 13 juillet.

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Le panthéon du Jazz

MUSIQUES | Festival / Comme chaque année, Vienne a mis les petits plats dans les grands pour se transformer en panthéon vivant du jazz. Alors, entre ici, Jazz à Vienne avec ton terrible cortège de jazzmen cacochymes, de colosses à saxos et de monstres sacrés déglingués. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Vendredi 6 mai 2011

Le panthéon du Jazz

«Que de Vienne, que de Vienne», disait le poète. Mais que de jazz surtout cette année à Vienne, pour un festival qui se plaît toujours autant à faire valser les invités pour contenter les puristes tout en élargissant les horizons. Car encore une fois, comme dirait le docteur Dukan, il y a du lourd. Citons simplement quelques noms de légende, juste comme ça pour la fine bouche : George «Give me The Night» Benson, Tom Jones, empereur des vieux beaux à la voix de velours, indémodable à force de n'avoir jamais été à la mode. Ou encore le saxophoniste Sonny Rollins, «Le Colosse», 81 ans, qui ne sort plus guère de chez lui que pour revenir à intervalles réguliers faire fondre les pierres du théâtre antique. Miles Davis n'étant plus en capacité physique de réaliser un tel exploit, ce sont pas moins de trois autres légendes qui lui offrent un Tribute clés en main en la personne de l'éternel Herbie Hancock, Wayne Shorter et Marcus Miller. Pimp de l'espaceAjoutons Al Jarreau et l'un des pères du tropicalisme brésilien, par ailleurs ancien ministre de la Culture en son pays, Gilberto Gil et le tout commence à ressembler à un véritab

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Dans le Mills

MUSIQUES | Festival / Pour sa sixième édition, le festival Reperkusound remise un peu son côté punk au profit d’une tête d’affiche plus arty : en invitant Jeff Mills, le Double Mixte revêt le costume so(m)bre et chic du créateur d’Axis. Stéphanie Lopez

Dorotée Aznar | Vendredi 1 avril 2011

Dans le Mills

«Transgénérationnelle et cross-over», voilà les premiers mots qui viennent à l’esprit d’Éric de Mediatone lorsqu’on lui demande de nous présenter cette sixième édition. Or pour incarner cette programmation «tournée vers le passé et le futur à la fois», quelle meilleure tête d’affiche que Jeff Mills ? Depuis vingt ans que le Wizard de Detroit officie sans relâche à la pointe de la création (musicale, bien sûr, mais aussi dans les domaines de la mode et du cinéma), obsédé par les thèmes de la mémoire, de la transmission, du futur et de la science-fiction, Jeff Mills cristallise à lui seul cette volonté de réunir sur le dancefloor plusieurs générations. De tous les pionniers techno d’Amérique (Mad Mike avec qui il a fondé le mythique label UR, Robert Hood qui a oeuvré sur Axis…), Mills est peut-être le seul, en 2011, qui a réellement réussi à passer l’épreuve du temps. Persistant dans son art en s’associant aussi à d’autres formes de création, menant de front trois labels (Axis, Purpose Maker et le visionnaire Tomorrow) plus une ligne de vêtements, il embrasse et brasse dans ses flightcases vingt ans d’histoire sonore, et toujours cette volonté farouche d’aller de l’avant. Laurent Gar

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JazzMix mélange les genres

MUSIQUES | Entretien / Reza Ackbaraly, programmateur du JazzMix au festival Jazz à Vienne. Propos recueillis par DA

Dorotée Aznar | Vendredi 2 juillet 2010

JazzMix mélange les genres

Petit Bulletin : Qui êtes-vous Reza Ackbaraly ? Reza Ackbaraly : Je suis programmateur sur la chaîne Mezzo. Longtemps, j’ai eu une émission de nuit qui s’appelait Jazzmix où je mélangeais des genres musicaux avec une volonté pédagogique : dire aux gens que dans le hip-hop, dans l’électro ou d’autres genres musicaux, on retrouvait en fait souvent du jazz et de la musique classique. Comment avez-vous été conduit à travailler pour le festival Jazz à Vienne ?Mezzo était partenaire du festival Jazz à Vienne et je venais régulièrement au festival depuis 8 ou 9 ans. De son côté, le festival souhaitait s’ouvrir à un public plus jeune. Ensemble, nous sommes passés par plusieurs idées avant de trouver celle du JazzMix, il y a quatre ans. Qu’est-ce que le JazzMix ?Un événement où l’on accueille des musiciens en live. C’est très important, car je pense que quand on n’est pas spécialiste, on sera plus sensible face à un artiste et un instrument. Le JazzMix, c’est aussi une volonté de rester dans la révélation musicale. Des vrais musiciens, qui viennent du terrain jazz mais qui sont ouverts naturellement à d’autres horizons musicaux. Il y a donc une vra

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