Insomniaque : trois plans pour vos nuits blanches

Clubbing | Trois plans pour vos nuits blanches.

Sébastien Broquet | Mardi 12 septembre 2017

Photo : The Hacker © DR


15.09.17 > TERMINAL
ACID WASHED

Le nu disco un brin pervers, pas mal italo et larvé d'acid house que pratique Acid Washed nous enchante, assurément : écoutez Heartbeat Maker, envolée qui ouvre leur album House of Melancholy ; un track parfait pour faire hurler un dancefloor comprimé comme celui du Terminal vers les 3 heures du mat', ivre et joyeux. Sexy.

16.09.17 > GROOM
CLÉMENTINE

Perle en ascension de la scène locale, activiste de Chez Émile, le disquaire, mais aussi du côté de la pertinente web-radio Lyl où elle mène de main de maîtresse l'émission Mellow Madness, Clémentine s'offre une nuit au Groom où soul, disco et funk s'emmêlent langoureusement pour vous coller la fièvre all night long. Black.

17.09.17 > LE SUCRE
THE HACKER

Est-il encore utile de présenter ce fleuron de la techno française, tendance métallique, new wave et cold ? Non, évidemment, mais comme The Hacker profite de cette résidence classieuse au Sucre pour inviter son compagnon des années electroclash en la personne de David Carretta, on se fend de ces quelques lignes envieuses. Incontournable.


Mick Wills + Acid Washed + Steve Ekman


Terminal 3 rue Terme Lyon 1er
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Clementine


Groom 6 rue Roger Violi Lyon 1er
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


The Hacker

+ David Carretta + Lokier
Le Sucre 49-50 quai Rambaud Lyon 2e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Résilience maladroite : "En mille morceaux"

Théâtre filmé | de Véronique Meriadec (Fr, 1h22) avec Clémentine Célarié, Serge Riaboukine…

Vincent Raymond | Mardi 2 octobre 2018

Résilience maladroite :

Éric a assassiné un enfant en 1977. Après ses 25 ans de prison, la mère de la petite victime lui donne rendez-vous dans le bric-à-brac d’un inquiétant hangar, où elle le presse de questions sur les circonstances et les motivations de son geste. Veut-elle se faire justice après la justice ? De la difficulté de transmuter un tête-à-tête en film, de mettre en images et en scène ce qui repose avant tout sur des mots… Si le sujet est grave, la forme l’est aussi : à la base, En mille morceaux est censé promouvoir la “justice restaurative“, un procédé visant à faire se rencontrer les victimes de crimes et leurs auteurs dans le but de permettre aux uns d’accorder leur pardon, aux autres de les faire prendre conscience de leurs actes afin de réduire la tentation de récidive. Louable démarche. Seulement ici, pour faire thriller, la mère surculpabilise jusqu’à la terreur psychologique son bourreau sans expliquer le pourquoi de leur rencontre ; on ne peut pas être plus contre-productif. Du côté de l’assassin, ce n’est guère mieux : ses confessions nous amènent à comprendre qu’il a lui-même été martyri

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Benjamin Clementine, le fantôme de la Liberté

Pop | Programmé à Fourvière, Benjamin Clementine, figure spectrale du piano-voix venu d'ailleurs, est enfin de retour sur scène et avec un single Phantom of Aleppoville qui lui va comme un linceul et annonce la suite, magnifique et toujours aussi aventureuse.

Stéphane Duchêne | Mardi 27 juin 2017

Benjamin Clementine, le fantôme de la Liberté

Benjamin Clementine s'est toujours avancé comme un spectre. Lorsqu'il arrive sur scène, orné de son manteau noir, c'est bien à une rencontre paranormale que l'on a l'impression d'avoir affaire. Or on le sait les spectres, fantômes ou esprits frappeurs, quelle que soit la manière dont on les nomme seraient avant tout des entités intranquilles coincées entre les vivants et les morts par un flot de souffrances irrésolues les empêchant de franchir la frontière d'un autre monde – si tant est que ce monde fut possible. C'est sans doute pourquoi sa musique est à ce point capable de nous hanter. Parce qu'elle est la complainte d'un spectre habillé de noir, une ombre sur de l'ombre, de la noirceur sur de la noirceur, de la souffrance sur de la souffrance. Ce n'est sans doute pas un hasard si l'un des morceaux qui a fait décoller la popularité du géant anglais avait pour titre Condolence, avec cette impression qu'on n'avait jamais rien entendu de tel, et que pourtant, il y avait là quelque chose de familier. Dans cette chanson, où il se disait né d'un néant consécutif à un orage, il chantait, cette drôle d'impression de déjà vu : « I swear, that you

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"La Chouette entre veille et sommeil" : chouette, des histoires !

ECRANS | de Arnaud Demuynck, Frits Standaert, Samuel Guénolé, Clementine Robach, Pascale Hecquet (Bel-Fr, 0h40) animation…

Vincent Raymond | Mardi 18 octobre 2016

Une chouette affable s’en vient conter cinq historiettes ; cinq brèves amusettes inspirées de légendes d’ici ou de traditions de là, à écouter avant de faire dodo… Programme d’animation destiné au plus jeune des publics (dès 3 ans), cet assemblage de courts-métrages réalisé sous le patronage d’Arnaud Demuynck fait se succéder des talents aux parti-pris graphiques très variés : on peut apprécier chaque film pour des raisons différentes. La relecture de La Soupe au caillou installe un sympathique bestiaire bariolé dans une ambiance de fête de quartier, celle de La Moufle joue sur la quiétude de la neige et du rêve ; quant à La Galette court toujours, elle reprend le Bonhomme de pain d’épice. Parents et enfants partageront sûrement quelques regards complices pendant Une autre paire de manche illustrant habilement tous les impérieux contretemps empêchant le jeune Arthur de se préparer le matin pour aller à l’école — on sent le vécu. Et n’invoqueront certes plus d’ovin pour trouver le sommeil après avoir ri aux éclats devant Compte les mou

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"Illusions" : la houle sentimentale d'Olivier Maurin

Théâtre | Olivier Maurin a le goût des pièces délicates et redoutables à mettre en scène. Après le superbe "En courant dormez", voici "Illusions", récit vertigineux sur l'amour et ce qu'il en reste.

Nadja Pobel | Mardi 7 juin 2016

Pour la deuxième fois de la saison, le quadra russe Ivan Viripaev est à l'affiche par ici. Le théâtre de l'Iris avait livré une version imbibée et très bien menée des Enivrés en mars ; une nouvelle occasion d’entendre cette langue tout en méandres est donnée à l'Elysée. De quoi nous parle Viripaev ? De l'effondrement des certitudes. Du fait que personne n'est vraiment celui qu'il incarne (une prostituée et un directeur de festival dans Les Enivrés : le moins sérieux des deux n'est pas forcément celui que sa fonction désigne comme tel). Et d'amour, le plus pur qui soit après cinquante ans de mariage (mais la longévité ne signifie en fait rien). Olivier Maurin voulait porter un texte pas trop à vif des éclats du monde ; il a peut-être trouvé plus cruel encore. Dennis a 84 ans et va mourir. Il fait alors une ultime déclaration d'amour fou et de reconnaissance à Sandra, sa conjointe indéfectible — cet amour n'existe que dans la réciprocité, nous dit-on. Quand elle s’apprête à son tour à trépasser, quelq

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Benjamin Clementine : le patient anglais

MUSIQUES | L'étape de l'album devait être celle de la confirmation pour Benjamin Clementine, et ce d'autant plus qu'il laissait planer un doute joueur. C'est chose (bien) faite avec "At Least for Now". Au point que c'est à guichets fermés que l'Anglais va opérer pour son deuxième concert lyonnais. Stéphane Duchêne.

Stéphane Duchêne | Mardi 10 mars 2015

Benjamin Clementine : le patient anglais

Au printemps dernier, alors qu'il s'apprêtait à faire fondre le Sucre en PB Live, Benjamin Clementine, attendu au tournant du premier album après tant de promesses précoces basées sur si peu de matériel, nous confiait : «Je ne me sens pas en demeure de tenir la moindre promesse : je pourrais très bien décider de publier mon album dans dix ans.» Tout en se disant qu'un feu trop grand brûlait en cet homme pour qu'il ne l'alimente pas à sa juste mesure, on se demandait quand même si une telle tête de pioche n'était pas tout à fait capable de tenir cette parole-là : attendre dix ans avant de sortir un album, au risque de l'oubli. Bon, évidemment, ça ne s'est pas fait. Ou du moins l'album, lui, s'est fait. Et si Benjamin pensait devoir prendre son temps pour combler les attentes immenses placées en lui par les observateurs, bref parvenir à assumer ce talent qu'il venait en quelques semaines à peine de jeter à la face du monde, eh bien le résultat montre que la gestation a duré juste le temps nécessaire. Cascades vocales Porté par des arrangements de très grand luxe mais jamais ostentatoires – la

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Insomniaque - Soirées de la semaine du 25 février au 3 mars

MUSIQUES | 27.02 L'Amour Autre temps, autres mœurs : alors que les blousons noirs des 60's peuplaient les pages "faits-divers" des quotidiens, les nôtres – (...)

Benjamin Mialot | Mardi 24 février 2015

Insomniaque - Soirées de la semaine du 25 février au 3 mars

27.02 L'Amour Autre temps, autres mœurs : alors que les blousons noirs des 60's peuplaient les pages "faits-divers" des quotidiens, les nôtres – Brodinski, Gesaffelstein et autres «princes de la techno» – voient leur style décortiqué dans la presse masculine. The Hacker réussit depuis une vingtaine d'années – et a fortiori sur son récent diptyque indus/new wave Love/Kraft – l'exploit de se situer à l'intersection de ces deux attitudes, mi-voyou aux kicks qui claquent comme des coups de batte mi-gentleman à la tête pleine de mélodies cafardeuses. Autant dire qu'il a toute sa place au Bellona. 28.02 Terminal 2 Years Le Terminal fête ses deux ans d'activité et, considérant les liens profonds qui unissent notre journal au 3 de la rue Terme – des exemplaires ant

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Bruits de saison

MUSIQUES | Est-ce parce qu'on commence à être habitué à ce genre de cirque ? Toujours est-il que non, le bruit qui accompagnera la venue lyonnaise d'une Christine & the Queens au sommet du succès ne suffira pas à éclipser le reste d'une programmation de fort belle facture. Et vous savez quoi ? C'est tant mieux. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 6 janvier 2015

Bruits de saison

En matière de musique, la hate est un fruit de saison, savamment cultivée par les réseaux sociaux, par ce fléau mondial que constitue l'aigreur d'estomac – surtout en sortie de fêtes de fin d'année –, par quelques médias victimes d'hypocondrie culturelle et, il faut bien le dire, par ceux qui la provoquent. On a ainsi droit comme ça à un ou deux boucs émissaires par an cristallisant les crispations d'une certaine branchitude mal définie. On ne vous fera pas languir plus longtemps : après Woodkid, Stromae et Fauve (qui reviendra, le 2 avril, en grande surface qui plus est, puisqu'à la Halle Tony Garnier, ramasser des forêts de cœurs avec les doigts et sans doute quelques seaux de merde), c'est au tour de Christine & the Queens (4 mars au Transbordeur) d'énerver son monde sur le thème : talent fou ou blague de l'année ? Alors oui, dans ces cas-là, o

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Benjamin Clementine de retour à Lyon

MUSIQUES | Il était venu, en PB Live en mars dernier au Sucre, on l'avait vu et il avait vaincu. Cette fois, enfin armé d'un album et accompagné d'un violoncelle, (...)

Stéphane Duchêne | Jeudi 4 décembre 2014

Benjamin Clementine de retour à Lyon

Il était venu, en PB Live en mars dernier au Sucre, on l'avait vu et il avait vaincu. Cette fois, enfin armé d'un album et accompagné d'un violoncelle, l'empereur Benjamin Clementine, son panache capillaire et sa voix panoramique s'attaquent au fort Transbo pour une date qui s'annonce exceptionnelle. La vie étant une affaire de libre arbitre, vous pouvez faire ce que vous voulez de votre soirée du 17 mars prochain, ne pas vous précipiter sur la billetterie déjà ouverte, mais vous ne pourrez pas dire que vous ne saviez pas.

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Les amants réguliers

SCENES | «Ton amant vient aujourd’hui ?» demande le mari à sa femme. D’emblée, en prenant pour protagonistes ceux d'un classique triangle amoureux, la pièce d’Harold (...)

Nadja Pobel | Mardi 1 avril 2014

Les amants réguliers

«Ton amant vient aujourd’hui ?» demande le mari à sa femme. D’emblée, en prenant pour protagonistes ceux d'un classique triangle amoureux, la pièce d’Harold Pinter semble limpide. Fausse route : le mari parti, l’amant arrive, mais se distingue de son rival par un léger changement de vêtement ; l’acteur est resté le même. Joue-t-il un amant si semblable au mari qu’il n’est nul besoin de le faire incarner par quelqu’un d’autre ? Le couple se donne-t-il un rôle ? Sont-ils à la fois amant et mari, maîtresse et épouse ? Pinter a beau décrire la seconde hypothèse, la mise en scène d’Olivier Maurin ne tranche pas, entretenant un flou aussi vertigineux que le sentiment amoureux ici mis à rude épreuve. Dans un décor minimaliste qui dessine cependant un espace très concret, Maurin tend un miroir sur ce qu’il avait produit avec le très réussi En courant, dormez ! de Oriza Hirata (au Théâtre de l’Elysée cet automne), faisant exister un couple dans des petits riens, des silences et le grondement du monde - ici une implosion du couple à venir, auparavant une explosion due à des

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Benjamin Clementine : un prophète

MUSIQUES | Talent brut et incandescent, parti à la conquête du monde avec seulement un EP trois titres et quelques concerts inoubliables, Benjamin Clementine donne le tournis au paysage musical. Loin d'en avoir fini avec son ascension fulgurante, la révélation piano-soul de 2013 sera l'invité exceptionnel du prochain Petit Bulletin Live le 27 mars prochain au Sucre. Stéphane Duchêne.

Stéphane Duchêne | Mardi 11 mars 2014

Benjamin Clementine : un prophète

Le 22 octobre 2013, un bel et sombre inconnu de vingt-quatre ans a les honneurs de Later... with Jools Holland, la Rolls musicale de la BBC où se pressent stars internationales et en devenir. Il y a là les Arctic Monkeys, néo-bourgeois du rock anglais après en avoir été les petites frappes, et même Sir Paul McCartney. Le prince noir qui s'installe au piano est un géant, au sens propre : son mètre quatre vingt dix est surélevé d'une Pompadour portée comme une couronne. Ses doigts sont interminables et, lorsqu'il entame ce qui ressemble à une étude de Philip Glass, semblent totalement indépendants du reste de son corps, comme de cette voix ahurissante qui jaillit soudain. Tee-shirt décolleté sous un immense manteau noir, les pieds nus, le hobo au port aristocratique semble directement sorti de la rue, d'où un incontournable storytelling l'a arraché à une vie de galère et de bohème. Est-ce parce que la transition est un peu violente d'un monde à l'autre que Benjamin Clementine irradie d'une présence aussi intense tout en donnant le sentiment d'être ailleurs, regard absent de somnambule en complet contraste avec une interprétation littéralement hantée ? Cett

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Les quatre fantastiques

MUSIQUES | Le Sucre sort de sa routine le temps de quatre soirées durant lesquels se produiront autant de fondateurs de labels emblématiques de la musique électronique actuelle... Et qu'on vous recommande plutôt quatre fois qu'une. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 25 février 2014

Les quatre fantastiques

La vingt-neuvième cérémonie des Victoires de la musique fut, sans surprise, un énième pince-fesses corseté où chanteurs-sandwichs et égéries périmées tentèrent tant bien que mal de faire oublier le déficit d'ambition et d'idées qui grève l'industrie du disque depuis le début des années 2000. Une  mascarade qui ne doit pas faire oublier ce motif de satisfaction : la présence, parmi les nominés, du redoutable Gesaffelstein, aboutissement de deux décennies d'activisme techno. Un activisme dont le Grenoblois The Hacker est encore aujourd'hui l'une des principales figures, aussi bien en tant que label manager (jadis de Goodlife, aujourd'hui de Zone, qu'il a co-fondé avec... Gesaffelstein) qu'en tant que producteur - d'une musique devant autant à la compacité et à la combativité du new dance sound of Detroit qu'à la morgue mélancolique des souverains de la new wave. A l'approche de la parution d'un album en forme de synthèse esthétique, le sacrément bien titré Kraft/Love (non content de lister les qualités suffisantes et nécessaires à l'exercice d'un art, il fait référence à Kraftwerk et Lovecraft), Le Sucre ne pouvait mieux l'honorer qu'en l'invitant à donne

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Le Triomphe de Raskine

SCENES | Constamment jubilatoire, drôle, tendu et vif, "Le Triomphe de l'amour" signe les retrouvailles de Michel Raskine avec la si brillante écriture de Marivaux. Une très grande mise en scène, comme il en a déjà tant derrière lui. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mardi 4 février 2014

Le Triomphe de Raskine

Sartre, Manfred Karge, Duras, Dea Loher, Marie Dilasser, Strindberg, Lagarce, Bernhard, Pinget, Shakespeare, Marivaux… Le moins que l’on puisse dire est que Michel Raskine, depuis ses débuts de metteur en scène en 1984 avec l’inoubliable et maintes fois repris Max Gericke, s’est confronté à des registres tellement différents qu’il parait compliqué d’y déceler un fil rouge. Toutefois, si on se doute bien qu’il ne s’acharne pas à établir une continuité dans son travail, il n’en demeure pas moins que dès les premières minutes du Triomphe de l’amour, nous nous sentons autant chez lui que chez Marivaux par un savant décalage : les personnages sont costumés mais se trimballent avec un sac plastique Lidl ; le décor est massif, juste mélange de références antiques et modernistes, mais à jardin trône une table en formica avec bières, cagettes et vieille téloche qui sera le lieu de détente de l’un des comédiens à l’entracte. Chez Raskine, le spectacle ne s’arrête jamais vraiment, la vie et la comédie se mélangent, le factice et le réel ne font qu’un. Il en était notamment ainsi en 2009 avec Le Jeu de l’amour et du hasard, qu'il laissait en suspen

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Benjamin Clementine en Petit Bulletin Live

MUSIQUES | Le Londonien Benjamin Clementine a été la sensation de l’hiver musical, enflammant notamment les Transmusicales de Rennes. Il y a de fortes chances qu’il en fasse de même au Sucre pour la deuxième édition du Petit Bulletin Live. Attention claque en vue. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 28 janvier 2014

Benjamin Clementine en Petit Bulletin Live

Ses mains courent sur le clavier comme deux veuves noires aux pattes explosives. Autour s'enroule une voix qui semble charrier les tourments de mille vies, serpente en terrain miné, susurre avant d’exploser. Il n’y a pas de mesure chez Benjamin Clementine, pas de retenue. Il s’agit de mettre son cœur sur la table, quitte à ce qu’il soit suffisamment lourd pour la renverser, suffisamment leste pour voler le vôtre, ou peut-être lui infliger des détonations tachycardes. Clementine est un casse-cou qui tord celui de la norme et de la normalité. L'un de ces monte-en-l’air et autres équilibristes de l’interprétation qui n'en sont pas moins prêts à se jeter dans le vide, en saut de la foi, si c’est là le prix du frisson, de la rédemption, de l'émotion. On ne va pas vous refaire le coup du type désoeuvré mais génial découvert dans le métro parisien, ça n’impressionne plus grand monde tant c’est quasiment monnaie courante. Le chanteur londonien d'origine ghanéenne a sans doute de quoi toucher par son histoire, peut-être digne du Pip des Grandes Espérances dickensiennes. Mais serait-elle une page blanche, cette histoire, que l’expérience Clementine n’en serait pas m

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Douce violence

SCENES | Derrière l'étrange titre En courant, dormez se cache une pièce de Oriza Hirata typiquement japonaise, autrement dit lente et dépouillée. Le plateau construit (...)

Nadja Pobel | Lundi 7 octobre 2013

Douce violence

Derrière l'étrange titre En courant, dormez se cache une pièce de Oriza Hirata typiquement japonaise, autrement dit lente et dépouillée. Le plateau construit par le metteur en scène Olivier Maurin est à cette image : composé de quelques éléments dont aucun n'est superflu et en long, ou plutôt en format "paysage", comme on le dit joliment dans le domaine de l'imprimerie. Un terme qui correspond parfaitement à ce spectacle inattendu dans lequel les comédiens utilisent non seulement tout l'espace visible, mais aussi les portes du Théatre de l'Elysée, nous laissant imaginer l'extérieur et l'horizon de ce pays encore très traditionnaliste. Le pitch, qui évoque le quotidien en 1923 de Osugi Sakae et Ito Noe, un couple d'anarchistes tokyoïtes, est au premier abord un peu décevant : il n'est question que d'une jeune femme enchaînant les grossesses et de son homme, attentif et calme qui, entre deux conversations sur la vie quotidienne, lisent et traduisent des ouvrages, disséminés ici et là comme de précieux éléments de leurs vies. Ils vont et viennent dans leur maison, s

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Nuits Sonores 2013 - Jour 4

MUSIQUES | Nuits Sonores, c'est terminé. Déjà ? Déjà. A se demander si un an d'attente pour quatre jours de réjouissances, ce n'est pas un peu cher payé. Au vue de la somme de glorieux souvenirs que nous avons emmagasinés lors de la dernière journée de cette édition 2013, on peut vous affirmer que ça ne l'est pas. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Dimanche 12 mai 2013

Nuits Sonores 2013 - Jour 4

N'eut été la présence de Tale of Us et des Raveonettes à son générique, nous n'aurions sans doute pas mis les pieds au quatrième NS Days, histoire de rassembler le peu de forces encore à notre disposition avant le bouquet final. Sans surprise, nous l'aurions amèrement regretté. Car si le duo italien a signé un set à la hauteur de sa précédente prestation lyonnaise (un mix marathon de 4h au Club Transbo en décembre dernier) et si la loud pop spectorienne du duo danois a été au cœur de l'un des concerts les plus troublants – de sensualité et de puissance - de cette édition, c'est un quasi-inconnu qui a livré la prestation la plus inattendue : Squeaky Lobster, producteur bruxellois dont l'abstract hip hop kaléidoscopique, à défaut d'avoir emporté l'adhésion de l'audience, nous a pour notre part durablement scotché. Les "Lee Hazlewooderies" saturées des Liminanas, le rock'n'roll high energy des Mojomatics et les collisions métalliques de The Hacker (qui a remplacé à la dernière minute le pauvr

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Nuits Sonores 2013 - Jour 3

MUSIQUES | L'événement de cette troisième journée de Nuits Sonores était la tenue de la toute première Boiler Room (des DJ sets pour happy few retransmis sur le web) lyonnaise. Nous n'y étions pas. Tant mieux, sans quoi nous serions passés à côté d'un paquet de prestations mémorables. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Samedi 11 mai 2013

Nuits Sonores 2013 - Jour 3

Le troisième NS Days était placé sous le signe de la cérébralité, voire de la prise de tête. Le quatrième, lui, aura fait la part belle au corps et à sa mise en pièces méthodique. A coups de kicks plus compacts que les marteaux maniés par Kaori dans le manga City Hunter (Nicky Larson en version franchouillarde) sous la verrière, où les puristes techno Shifted, DVS1, Planetary Assault Systems et Ben Klock ont rivalisé d'implacabilité – surprise, à ce petit jeu, ce n'est pas le patron du label Klockworks, dont le set avait l'an passé failli démolir l'Hôtel-Dieu avant l'heure, qui s'en est le mieux tiré, mais l'Anglais qui a ouvert le bal. A coups de riffs abrasifs du côté du hangar, qui aura notamment vu se succéder Girls Against Boys, le temps d'un concert qui, à défaut d'être à la hauteur de la réputation de ces figures du post-hardcore, a surclassé en tension celles de bon nombre de petites frappes bruitistes, et le duo synth punk australien Civil Civic – qui, joie, n'a rien pe

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Amour & turbulences

ECRANS | D'Alexandre Castagnetti (Fr, 1h36) avec Ludivine Sagnier, Nicolas Bedos, Clémentine Célarié

Jerôme Dittmar | Mercredi 27 mars 2013

Amour & turbulences

La comédie française étant ce qu'elle est, massivement lourde et vulgaire, il lui fallait un truc pour tromper sa beaufitude. Depuis le succès de L'Arnacœur, la comédie romantique est ainsi devenue son nouvel horizon, supposé apporter supplément d'âme et élégance à un cinéma qui fait peine à voir. Nouveau film éjectable du genre, Amour & turbulences commence pile là où se matérialise le rêve frustré de la comédie frenchy : à New York, entre les deux appartements chics des personnages, couple séparé avec fracas et se retrouvant dans un avion pour Paris, où ils refont le film de leur histoire. Malgré un pitch respectable et une mise en scène chiadée s'acharnant à faire la pub de sa virtuosité, ce petit kaléidoscope du déboire amoureux ne débouche sur rien, sinon son envie d'imiter joliment un patron auquel il ne pige pas l'essentiel. Alourdi par des dialogues balourds, des personnages insipides et un casting sans charme (Bedos sauve à peine sa peau), l'apprenti Lubitsch Alexandre Castagnetti se crash dès le décollage. Jérôme Dittmar

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Nuits Sonores – Samedi 19 - Report

MUSIQUES | Sept lieux, six sessions de 9h de live, trois concerts spéciaux. Il fallait bien ça pour fêter les dix ans de Nuits sonores, fleuron européen de la musique électronique (et plus si affinités). Compte-rendu du jour 4. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Dimanche 20 mai 2012

Nuits Sonores – Samedi 19 - Report

Trois sur neuf. Nous n'avons deviné les noms que de trois des neuf invités qui, hier, se sont relayés jusqu'au petit jour aux platines de la secret stage des anciennes usines Brossette. Même pas la moyenne. Nulle incompétence derrière ce pronostic de parieur mutuel urbain du dimanche, seulement le reflet du crédit que l'on accorde à Nuits sonores. Quitte à éprouver des regrets là où tout ne devrait être que gratitude.     Stage divin Il faut reconnaître qu'Arty Farty nous a fait un beau cadeau avec ce secret stage, foulé dans l'ordre par Clara Moto, The Hacker, Gesaffelstein, Oxia, Dixon, un Ricardo Villalobos tout juste remis de son examen du très exigeant catalogue du label ECM aux Célestins, Brodinski, Agoria et Laurent Garnier. Reconnaître également que, même si nous étions en attente d'une surprise qui n'est jamais venue, d'un

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BAIN D’ACIDE

MUSIQUES | Pour découvrir le nouveau live de Danger et le premier album d’Acid Washed, rendez-vous à La Plateforme vendredi 26 mars, le temps d’un Écho Sonore qui (...)

Dorotée Aznar | Vendredi 19 mars 2010

BAIN D’ACIDE

Pour découvrir le nouveau live de Danger et le premier album d’Acid Washed, rendez-vous à La Plateforme vendredi 26 mars, le temps d’un Écho Sonore qui promet sa dernière «wildnight» printanière avant le festival. La présence d’Acid Washed semblant toute indiquée pour faire le lien entre Jean-Michel Jarre (si vous l’avez loupé) et le plateau éminemment techno qui nous attend la Nuit 1, on gardera le rythme en allant se trémousser sur les scintillants synthés de Richard D’Alpert et Andrew Claristidge, garants d’une électro-pop pimpante, au peps acidulé.

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Ensemble c’est two

MUSIQUES | Miss Kittin et The Hacker, DJ et producteurs, après un First Album qui avait durablement traumatisé son monde et donné ses lettres de noblesse à la mouvance électroclash, sortent huit ans plus tard, Two, qui surfe sans complexe sur d’autres esthétiques. François Cau

Christophe Chabert | Lundi 30 mars 2009

Ensemble c’est two

2001. La scène électro française vit tranquillement sur ses acquis, se repose nonchalamment sur les représentants proprets de ce qu’on a appelé, dans un élan d’inspiration à même de décoiffer le brushing de Bob Sinclar, la French Touch. Surgi de nulle part (enfin, de Grenoble, quoi), un duo frondeur, sexy en diable, baigné dans les sonorités électro pop des années 80 et armé d’une ironie mortelle impose un improbable mantra. To be famous is so nice, Suck my dick, Lick my ass. Le refrain de Frank Sinatra, redoutable single du First Album de Miss Kittin et The Hacker, hymne décalé à la fatuité jet-setteuse, entre dans les têtes des amateurs de techno pour ne plus en sortir. Là où tant d’autres auraient capitalisé sur cette soudaine reconnaissance jusqu’à ce que mort artistique s’ensuive, le tandem a alors d’autres aspirations, comme l’explique rétrospectivement Michel “The Hacker“ Amato. «On avait signé en 1997 sur Gigolo Records en Allemagne, on jouait notre live depuis cinq ans, sans équipe, dans un état de stress permanent, à l’arrache complet. Quand la hype est arrivée en 2002, on était heureux mais passablement épuisés. Et les journalis

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