Insomniaque : trois plans pour vos nuits blanches

Clubbing | Trois plans pour vos nuits blanches.

Sébastien Broquet | Mardi 10 octobre 2017

Photo : Buttshakers © DR


14.10.17 > TRANSBORDEUR
GRAND MIX

Une grande fête pour le mariage entre Radio Nova et RTU, à l'image de leur programmation : éclectique. Avec du live (la soul garage de Buttshakers, le hip-hop de Supa Dupa ou encore Joao Selva, Ashinoa et Uto) et des DJ sets des résidents de la plus groove des fréquences lyonnaises (Boolimix, Klaaar, Lotfi...). Comme d'hab', c'est gratuit mais il faut se procurer une invite au préalable sur le Net. Groovy.

14.10.17 > EUREXPO
HYPNOTIK

Direction Eurexpo pour la grand messe annuelle d'Hypnotik, rave à l'ancienne où l'on pourra se lobotomiser dans la grande salle au rythme démentiel des stars Len Faki et Ben Klock. La salle house est plus passionnante : le génial sud-africain Culoe de Song côtoie Âme, Manoo et Étienne de Crécy. Comme de coutume, le hall psytrance est confié à Hadra et une scène hardcore complète la fête. Massif.

15.10.17 > LE SUCRE
SUNSET SOCIETY

Le Lavoir Public initie un nouveau concept qui fait tilt : un brin de cabaret, avec une perf' des Garçons Sauvages où le peep show pénètre William Burroughs, un stand food assuré par l'iconoclaste Substrat, et deux as des platines : Dusty Kid (de chez BPitch) et surtout Calling Marian, la locale en passe de se faire un nom à très grande vitesse, dont on fête ces jours-ci la sortie d'un nouvel EP sur JFX Lab. Sexy.


RTU Le Grand Mix

Joao Selva + Uto + The Buttshakers + Captain Stambolov + Ashinoa + Supa Dupa + Ayma + Rtu Sound-system
Transbordeur 3 boulevard Stalingrad Villeurbanne
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


entrez votre adresse mail pour vous abonner à la newsletter

Nova Lyon : les précisions de l'ex-directeur, Alfredo Da Silva

ACTUS | « M. Da Silva souhaite démentir les propos avancés dans l'article du Petit Bulletin du 14/01/2021 au sujet de son travail, notamment la gestion dite (...)

Sébastien Broquet | Vendredi 15 janvier 2021

Nova Lyon : les précisions de l'ex-directeur, Alfredo Da Silva

« M. Da Silva souhaite démentir les propos avancés dans l'article du Petit Bulletin du 14/01/2021 au sujet de son travail, notamment la gestion dite "légère", les locaux sur la péniche, les résultats d'audience, et préciser : - La gestion budgétaire stricte en respectant le budget établi - La mise en place d'une équipe de professionnels pour l'éditorial avec l'augmentation de l'audience régulière depuis le début (cf. Médiamétrie) - Les nombreux soutiens culturels obtenus localement au moment de l'obtention de la fréquence - L'installation sur une péniche, visitée par la direction du groupe, lieu exceptionnel et emblématique pour une radio, bénéficiant d'un loyer très inférieur au prix du marché dans le quartier de la Confluence - Plus récemment, le travail sur le dossier déposé auprès de la Ville de Lyon ayant permis une aide de 25 000€ au titre du Fonds d'urgence pour la Culture, dans le cadre de la pandémie. »

Continuer à lire

Des cordons bleus à la green cantine

GUIDE URBAIN | Problème : quatre jours, dix stands en roulement, une vingtaine de recettes. Application de la règle de trois. Résultat : jouable. Parce qu’au vu (...)

Julie Hainaut | Mardi 10 septembre 2019

Des cordons bleus à la green cantine

Problème : quatre jours, dix stands en roulement, une vingtaine de recettes. Application de la règle de trois. Résultat : jouable. Parce qu’au vu des mets proposés, choisir relèverait de l’impensable. Au menu de ce nouvel espace : du locavore, des plats végétariens, des recettes vegan, quelques plats sans gluten et quelques-uns à base de poisson. « Lors des précédentes éditions, nous avons réellement ressenti un besoin de nombreux festivaliers de repérer un peu mieux ce type d’offre sur le site » explique Emeric Richard, cofondateur de l’événement. Chaque chef a élaboré une ou plusieurs recettes spécialement pour l’événement. Taybe, le nouveau concept d’Aklé, titillera les babines à coup de falafels et salades pastèque-halloumi (notre passion), Culina Hortus séduira à grand renfort de gaufres salées aux girolles, ail noir, champignons, Mowgli requinquera les panses de focaccia au fromage frais et houmous de betterave, et les étoilés Jean-Michel Carrette et Vi

Continuer à lire

Just Charlie

ECRANS | Jeune footballeur doué, Charlie Lindsay est repéré dans son club par un recruteur, au grand bonheur de son père qui aurait aimé être pro. Mais Charlie se sent (...)

Vincent Raymond | Mardi 14 mai 2019

Just Charlie

Jeune footballeur doué, Charlie Lindsay est repéré dans son club par un recruteur, au grand bonheur de son père qui aurait aimé être pro. Mais Charlie se sent mal dans sa peau : au plus profond de lui, il se sait femme. Quand son entourage l’apprend, les réactions divergent… Il en va du football comme d’un culte en Angleterre (et tout particulièrement à Manchester) : on s’y consacre avec dévotion, on entre dans un centre de formation comme dans les ordres avec, outre l’ambition de faire triompher les couleurs de son Église/club, la promesse d’un paradis bien terrestre. Ce prérequis semble nécessaire pour comprendre pourquoi la “confession“ courageuse — en réalité, l’affirmation de son identité — de Charlie est perçue par certains proches comme la trahison d’un apostat. Pour son père, qui fantasmait une carrière par procuration, c’est une double peine : croyant perdre un fils et un futur glorieux, son rejet égoïste est aussi violent que celui des homophobes excluant Charlie… ou lui cassant la figure. Girl de Lukas Dhont avait déjà l’an dernier, on s’en so

Continuer à lire

La Dernière Folie de Claire Darling

ECRANS | Passé et présent se mélangent dans l’esprit de la très chic Claire Darling. Pensant être au seuil de son ultime jour sur terre, la voici qui brade tous ses (...)

Vincent Raymond | Mardi 5 février 2019

La Dernière Folie de Claire Darling

Passé et présent se mélangent dans l’esprit de la très chic Claire Darling. Pensant être au seuil de son ultime jour sur terre, la voici qui brade tous ses meubles et bibelots pour une bouchée de pain. Peut-être que sa fille, qu’elle n’a pas vue depuis des années, pourrait remédier à ce chaos ? À chacune de ses réalisations de fiction, Julie Bertuccelli nous prouve qu’elle est décidément plutôt une grande documentariste, surtout lorsqu’elle s’attache à son sujet de prédilection qu’est la transmission, lequel n’est jamais bien loin de la mémoire — son premier long de fiction, Depuis qu’Otar est parti… était d'ailleurs furieusement documentarisant. Racontant la confusion mentale et spatio-temporelle d’une femme visiblement atteinte d’un Alzheimer galopant, ce Claire Darling propose de mettre en résonance le bric-à-brac interne du personnage, le marché aux puces qu’elle organise avec la forme déstructurée du film — façon onirisme à la Resnais, avec échos répétitifs entre passé et présent. L’effet, systématique, se

Continuer à lire

Turc ne tueras point : "Qui a tué Lady Winsley ?"

ECRANS | Drame sur une petite île turque : Lady Winsley, une romancière américaine, a été retrouvée assassinée. Pour résoudre ce mystère, on a dépêché d’Istanbul un fin limier, (...)

Vincent Raymond | Mercredi 2 janvier 2019

Turc ne tueras point :

Drame sur une petite île turque : Lady Winsley, une romancière américaine, a été retrouvée assassinée. Pour résoudre ce mystère, on a dépêché d’Istanbul un fin limier, l’inspecteur Fergan. Après analyse des indices et investigations diverses, Fergan découvre un mobile inattendu… Il faut se défier des apparences. Cet adage convient admirablement à ce whodunit : commençant à l’image d’un Petit Meurtre d’Agatha Christie par une enquête un brin décalée dans une esthétique joliment désuète, promenant son héros parmi une population aussi bizarroïde que suspecte dans un décor non moins inquiétant, la tonalité globale va progressivement changer quand émergera le mobile du crime. Car comme dans Millenium, l’énigme possède un double-fond politique donnant une perspective plus trouble à ce qui semblait relever du banal crapuleux ou du classique passionnel. Cela n’étonnera pas de la part de Hiner Saleem qui, depuis sa trépidante comédie Vive la mariée... et la libération du Kurdistan, parvient toujours à inscrire l’Histoire dans ses histoires…

Continuer à lire

Culina Hortus : le légume est roi

GUIDE URBAIN | Cette décennie culinaire aura bel et bien été celle des légumes. D’aucuns disent du végétal, ils se trompent : ce ne sont pas les herbes, (...)

Adrien Simon | Mardi 13 novembre 2018

Culina Hortus : le légume est roi

Cette décennie culinaire aura bel et bien été celle des légumes. D’aucuns disent du végétal, ils se trompent : ce ne sont pas les herbes, champignons, épices, fruits ou céréales, mais bien leur camarade légume qui est devenu le roi. Qui connaissait la courge kabocha et la betterave chioggia il y a quinze ans, qui mangeait encore des topinambours ou des crosnes, qui pensait que l’on pouvait brûler une aubergine à la flamme ou fumer une ratte ? Pas grand monde, à part peut-être Alain Passard qui annonçait au Michelin qu’il allait dire bye-bye à la bidoche, sans pour autant renoncer à ses trois étoiles. Depuis, Alain Ducasse a fait de même, au Plaza Athénée. La cuisine française, au moins ses chefs d’élite, considérait pour la première fois les légumes ! Mais on ne saurait réduire la mode actuelle à leur seule influence. On peut ajouter, parmi ses raisons : le désir de naturalité qui accompagne paradoxalement le développement des réalités virtuelles, le souci pour la santé et le bien-être, l’influence des nouvelles cuisines (par exemple nordique) ou encore l’intérêt pour les questions environnementales et la souffrance animale

Continuer à lire

Agoria passe par Hypnotik

MUSIQUES | Un parc des expos un peu trop froid, une salle par sous-genre de musique électronique respectant à la lettre les codes de chacun, des grappes de (...)

Sébastien Broquet | Mardi 2 octobre 2018

Agoria passe par Hypnotik

Un parc des expos un peu trop froid, une salle par sous-genre de musique électronique respectant à la lettre les codes de chacun, des grappes de kids vidant quelques cocktails maison sur le parking avant de s'engouffrer dans les grands halls pour danser des heures durant : la recette type du grand raout électronique façon fin des 90's a toujours ses adeptes et Hypnotik, qui se déroule ce samedi 6 octobre à Eurexpo dès 22 heures, en est l'incarnation parfaite. Dans la salle techno, donc, on guettera l'indémodable Ellen Allien et le plus jeune Schlømø, dans la salle house c'est le régional de l'étape Agoria qui devrait fédérer les foules (il y a aussi N'To, on fera l'impasse, et Polo & Pan). La salle hardcore est dévolue à Rave Feed qui invite Warface, Deetox et Phuture Noize. Enfin, dans la salle psytrance c'est classiquement Hadra - gage de qualité - qui programme et invite Captain Hook, Vertical Mode et Module Virus. À 6 heures, il faudra chercher l'after !

Continuer à lire

Le massif de l’écrin : "Fortuna"

ECRANS | Hébergée dans un monastère suisse à la frontière italienne, Fortuna, une jeune Éthiopienne de 14 ans se découvre enceinte d’un autre réfugié vivant au même endroit mais (...)

Vincent Raymond | Mercredi 19 septembre 2018

Le massif de l’écrin :

Hébergée dans un monastère suisse à la frontière italienne, Fortuna, une jeune Éthiopienne de 14 ans se découvre enceinte d’un autre réfugié vivant au même endroit mais beaucoup plus âgé qu’elle. Si elle veut garder l’enfant, il n’en va pas de même pour le père qui se fait la belle… De la déconnexion entre la forme et le fond… Autant Germinal Roaux, photographe de métier, nous en met plein la vue par la somptuosité de son cadre (1:33, noir et blanc ultra contrasté, plans archi composés, clairs-obscurs magnifiant le décor neigeux, les visages et les rudes bâtisses…) et nous interpelle par la pertinence de son récit, en prise directe avec la plus brûlante des actualités (la situation des réfugiés, rejetés par tous les États, trouvant à peine asile chez des religieux) ; autant on est déconcerté par sa pseudo morale finale montrant un “bon père“ encourager une gamine seule, désorientée, abusée et abandonnée par l’adulte qui l’a mise enceinte, à ne pas avorter en brandissant son libre arbitre — ou un “merveilleux“ instinct de vie. Peu importe en définitive à ce brave

Continuer à lire

Bravo Virtuose

ECRANS | À la suite d’un quiproquo, Alik, un jeune clarinettiste récupère le portable, les contrats et l’argent d’un tueur à gages. La manne tombe à pic, car il (...)

Vincent Raymond | Mardi 6 février 2018

Bravo Virtuose

À la suite d’un quiproquo, Alik, un jeune clarinettiste récupère le portable, les contrats et l’argent d’un tueur à gages. La manne tombe à pic, car il cherche à financer l’orchestre de son grand-père lâché par son mécène. Seul hic : Alik doit exécuter les cibles désignées par le commanditaire… À quoi reconnaît-on un polar arménien ? Aux plans sur le mont Ararat, équivalant à ceux sur la Tour Eiffel dans une production française ? Au fait que l’un des méchants — en l’occurrence un bureaucrate corrompu — vante la qualité des loukoums stambouliotes dont il se gave à longueur de journée ? Plutôt à l’évocation des anciens combattants du Haut-Karabagh, où sont morts les parents du héros, et dont certains sont devenus des mafieux. Hors cela, ce premier long-métrage promenant une élégante indécision entre comédie sentimentale, burlesque et thriller, s’aventure aussi dans le semi-expérimental, en matérialisant les images mentales et oniriques d’Alik, caverne d’Ali-Baba fantasmatique où circule la silhouette de la séduisante Lara. Levon Minasian donne l’i

Continuer à lire

Le Nova Mix Club migre au Sucre

MUSIQUES | C'est une première : l'emblématique Nova Mix Club, l'émission de Nova qui prend le pouls de la scène électronique en prise directe avec sa source, le club, (...)

Sébastien Broquet | Mardi 9 janvier 2018

Le Nova Mix Club migre au Sucre

C'est une première : l'emblématique Nova Mix Club, l'émission de Nova qui prend le pouls de la scène électronique en prise directe avec sa source, le club, s'installe à Lyon pour une mensuelle au Sucre. Jusque-là, seul le Badaboum à Paris accueillait ce before retransmis en direct sur les ondes de 21h à minuit, trois fois par mois. Il n'y en aura plus que deux à Paris, le troisième migrant du côté de Confluence : première le vendredi 12 janvier, avec en guise de headliner le chantre de la house qu'est S3A. Membre du crew Concrete - il est résident de la péniche, Sampling As An Art (de son patronyme complet) se rapproche dans l'esprit d'un MCDE et pérennise l'esprit le plus utopique de la house nation, celui d'une musique chaleureuse, hypnotique et sexy ; pas étonnant que Laurent Garnier lui ait commandé un remix... On guettera aussi Patchworks, le plus connu des inconnus de la ville, producteur stakhanoviste aux multiples projets et mille et une nuits de fête (la dernière en date, c'était vendredi dernier pour l'anniversaire d'une Maison Mère blindée à craquer, sous son alias afro Voilaaa sound-system)

Continuer à lire

Bernard Zekri : « la ville naturelle de Nova, c'est Lyon »

ACTUS | Lyon, c’est la ville de Jean-François Bizot, le défunt fondateur de Nova. J’imagine qu’il y a eu une certaine émotion dans les bureaux à l’annonce de (...)

Sébastien Broquet | Mardi 9 janvier 2018

Bernard Zekri : « la ville naturelle de Nova, c'est Lyon »

Lyon, c’est la ville de Jean-François Bizot, le défunt fondateur de Nova. J’imagine qu’il y a eu une certaine émotion dans les bureaux à l’annonce de l’obtention de la fréquence lyonnaise ? Bernard Zekri : Oui, c’est comme avoir le sentiment de retrouver des racines. Jean-François est originaire de Lyon, moi-même je suis allé m’y balader plusieurs fois avec lui. C’est un retour aux sources, mais surtout ça nous faisait vraiment de la peine de ne pas y être présent : c’est une ville qui a une vocation européenne, qui a toujours eu un amour de l’innovation, du progrès, de la modernité. C’est une ville de circulation. À Nova, on guette les nouveautés, on défriche et on partage ça avec les gens. On s’est toujours dit que la ville naturelle de Nova, c’était Lyon. C’est un vieux combat, cette fréquence, qui date des années 90 : c’était l’une des toutes premi

Continuer à lire

Édouard Baer en direct à Lyon le 11 janvier

ACTUS | Premiers effets de l'arrivée de Nova Lyon dès les foulées initiales de 2018 : Édouard Baer délocalise sa matinale à succès au restaurant À La Piscine, le (...)

Sébastien Broquet | Jeudi 21 décembre 2017

Édouard Baer en direct à Lyon le 11 janvier

Premiers effets de l'arrivée de Nova Lyon dès les foulées initiales de 2018 : Édouard Baer délocalise sa matinale à succès au restaurant À La Piscine, le jeudi 11 janvier. L'émission baptisée Plus près de toi, décomplexée et cultivée, se déroulera donc face au public lyonnais de 7h à 9h. Les invités ne sont pas encore connus, le live non plus. Autre nouveauté : le Nova Mix Club déboule au Sucre, une fois par mois. Ce before très clubbing se déroulait jusque-là trois vendredis par mois au Badaboum, club parisien dédié à la house et situé près de Bastille (et anciennement La Scène Bastille, donc un lieu historique pour Nova : c'est là qu'ont été créées les fêtes Nuits Zébrées). Il n'y en aura plus que deux à Paris, la troisième migrant du côté de Confluence. Le concept de l'émission : tro

Continuer à lire

Arturo Brachetti aux Célestins

SCENES | Il n'en reste qu'un ! Les Célestins est le seul (gros) théâtre lyonnais qui ouvre ses portes le 31 décembre et clos ainsi son accueil fait à Arturo (...)

Nadja Pobel | Mardi 12 décembre 2017

Arturo Brachetti aux Célestins

Il n'en reste qu'un ! Les Célestins est le seul (gros) théâtre lyonnais qui ouvre ses portes le 31 décembre et clos ainsi son accueil fait à Arturo Brachetti. Le magicien italien, qui a fait le tour du monde plusieurs fois, change de costumes en moins de temps qu'il ne faut pour le dire. À 16h et à 20h, il se livre en solo mais pas si seul...

Continuer à lire

Nova Lyon, c'est pour le 7 novembre

ACTUS | Cette fois, c'est officiel : Radio Nova arrive sur les ondes lyonnaises le mardi 7 novembre prochain. Le CSA en a décidé ainsi lors de sa séance plénière, (...)

Sébastien Broquet | Lundi 23 octobre 2017

Nova Lyon, c'est pour le 7 novembre

Cette fois, c'est officiel : Radio Nova arrive sur les ondes lyonnaises le mardi 7 novembre prochain. Le CSA en a décidé ainsi lors de sa séance plénière, le mercredi 18 octobre, et nous l'a confirmé par la voix de Christine Derville, secrétaire générale du CTA de Lyon, en ce lundi 23 octobre. Les premiers pas de Nova Lyon, fusion de RTU et de Nova, se feront donc en compagnie d'Édouard Baer et de sa matinale dès 7h.

Continuer à lire

Pop en stock

MUSIQUES | Cela peut sembler difficile à concevoir à l'écoute de ce huitième album, mais il semble que John Gourley, leader de Portugal. The Man, en ait conçu l'idée en (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 5 septembre 2017

Pop en stock

Cela peut sembler difficile à concevoir à l'écoute de ce huitième album, mais il semble que John Gourley, leader de Portugal. The Man, en ait conçu l'idée en retrouvant un talon de billet pour Woodstock appartenant à son père. De fait, la pochette (une Bentley en feu) et le titre dudit (Woodstock, soit aussi "réserve de bois") semblent vouloir le démontrer : l'intention de ces hommes venus du pays des forêts (l'Alaska puis Portland) de faire feu de tout bois dans un monde qui change à une telle vitesse qu'il finit par brûler. Ainsi de Number one, r'n'b accolant un featuring du prodige Son Little au sample du Freedom de Richie Havens, titre fiévreux joué à Woodstock, emblématique d'une époque qu'on ne peut que regarder dans le rétro ou, comme Portugal. The Man, en fonçant tête baissée. Car comme l'a souligné un critique « Portugal. The Man promet une manifestation et organise une fête. » Et si c'était justement ça le programme ? Non des voitures brûlées mais des hymnes de stade positivistes comme Live in the moment et Keep On, de la soul de contrebande (

Continuer à lire

Leçons de son : "Buena Vista Social Club : Adios" de Lucy Walker

ECRANS | Vingt ans ou presque après le documentaire de Wenders, y avait-il encore des choses à apprendre sur le groupe d’octo-et-nonagénaires cubains ? Étonnamment, (...)

Vincent Raymond | Mercredi 5 juillet 2017

Leçons de son :

Vingt ans ou presque après le documentaire de Wenders, y avait-il encore des choses à apprendre sur le groupe d’octo-et-nonagénaires cubains ? Étonnamment, oui. Réalisé à l’occasion de la tournée d’adieux du Buena Vista Social Club, ce film est davantage qu’une séquelle du précédent opus : il creuse aussi ses racines grâce à un luxe d’archives inédites. Si Lucy Walker opte pour une structure plus classique et une réalisation moins “virtuose” que son prédécesseur allemand, elle compense par un supplément de valeur informative et d’émotion : les maîtres du son dont elle établit le parcours médiatique (Ibrahim Ferrer, Compay Secundo, Rubén González…) avant leur entrée dans l’illustre orquesta sont désormais tous mort, exception faite de la vaillante Omara Portuondo. La cinéaste exhume par ailleurs des images (parfois tendues) de la conception de l’album de 1996, rendant au producteur Nick Gold des lauriers souvent indument tress

Continuer à lire

Departure

ECRANS | Entre Beatrice et son époux, le climat est à l’orage. C’est donc aidée par leur fils Elliot que cette Britannique vient vider leur maison du Sud-Ouest de la (...)

Vincent Raymond | Mardi 30 mai 2017

Departure

Entre Beatrice et son époux, le climat est à l’orage. C’est donc aidée par leur fils Elliot que cette Britannique vient vider leur maison du Sud-Ouest de la France. Durant ce grand ménage, Elliot sympathise avec Clément, un ado de son âge, qui l’attire sans laisser Beatrice indifférente… Comment dire… Peut-être exotique pour nos amis d’Outre-Manche, ce roman initiatique où un jeune homme gracile couvé par sa maman, poète à ses heures, jette des œillades humides à un mystérieux mécano plein de cambouis n’hésitant pas à se baigner cul-nu-des-fesses dans un vague réservoir d’eau, nous paraît un peu… “cliché”. Voire totalement conventionnel (et encore, on ne parle pas du décor pittoresque, du cafetier souriant, ni des belles pierres à faire se pâmer d’extase Stéphane Bern et Jean-Pierre Pernaut réunis). Résurgence du cinéma de la fin des années 1980, ce Departure un peu affecté semble prisonnier de ses intentions ou de ses obsessions ; il trahit en tout cas la difficulté d’Andrew Steggall à affirmer une voix singulière. Patience : ce n’est q

Continuer à lire

Radio Nova débarque à Lyon

ACTUS | On connaît l'heureux nouveau locataire de la précieuse fréquence 89.8 de la bande FM, jusqu'ici confiée à la locale RTU : il s'agit de Radio Nova, en (...)

Sébastien Broquet | Jeudi 9 mars 2017

Radio Nova débarque à Lyon

On connaît l'heureux nouveau locataire de la précieuse fréquence 89.8 de la bande FM, jusqu'ici confiée à la locale RTU : il s'agit de Radio Nova, en association avec RTU. La décision a été prise mercredi 8 mars par le CSA lors de son assemblée plénière et rendue publique le lendemain. C'est à partir de septembre, octobre au plus tard, que la transition devrait être opérationnelle et que RTU devrait se transformer officiellement en Nova Lyon. L'équipe de RTU conservera ainsi ses cinq emplois salariés et assurera plusieurs émissions locales, réalisées à Lyon, tout en récupérant plusieurs émissions phares de Nova, à commencer par la matinale d'Édouard Baer qui n'en finit plus de faire le buzz depuis septembre. Entre dix et douze heures, selon la convention passée avec le CSA, seront réalisées en local, principalement l'après-midi et en soirées où les rendez-vous avec les DJs locaux (James Stewart, etc) seront conservés. « On rassure les auditeurs : l'équipe reste en place et à l'

Continuer à lire

Eydolon : la technologie de la sensation

KIDS | Votre mission ? Tenter d’attraper 32 donuts en cinq minutes. Pour de l’inédit, enfilez les housses de protection aux pieds comme à la tête et testez (...)

Anaïs Gningue | Mardi 14 février 2017

Eydolon : la technologie de la sensation

Votre mission ? Tenter d’attraper 32 donuts en cinq minutes. Pour de l’inédit, enfilez les housses de protection aux pieds comme à la tête et testez les interfaces immersives aux univers multiples, comme ce Hexamster Running 2000 : un jeu dynamique où l’on sautille pour se déplacer tel un hamster dans une maison aux couleurs très pop. Pour choper des donuts, donc. Plus statique et contemplatif, Hexatemple fait ressortir l’aventurier qui est en nous : explorez les quatre salles de jeux (tir à l’arc mouvant, tennis artisanal, chamboule-tout enflammé, reconnaissance ludique des planètes) qui se terminent sur une vue époustouflante mettant votre vertige à l’épreuve. Pas de perdant ni de gagnant : l’exploration est vôtre. Et les dernières nouveautés fraîchement installées vous confronterons à des montagnes russes ou vous feront voler avec Joe's Taxi 3200... ► Ouvert mi-décembre 2016, Eydolon est un espace partenaire du parc

Continuer à lire

Les Nuits Zébrées de Nova au Transbordeur

MUSIQUES | Radio Nova investit de nouveau le Transbordeur pour l'une des ses programmations chamarrées qui font tout le charme des fameuses Nuits Zébrées, nées du côté de (...)

Sébastien Broquet | Mardi 24 janvier 2017

Les Nuits Zébrées de Nova au Transbordeur

Radio Nova investit de nouveau le Transbordeur pour l'une des ses programmations chamarrées qui font tout le charme des fameuses Nuits Zébrées, nées du côté de la Bastille pour conquérir le pays tout en étant retransmises en direct sur la FM (et le Net). Le 24 février, seront ainsi réunis le génial angolais Bonga, les groovy locaux The Bongo Hop, ou encore Juniore, Alltta et Neue Grafik. C'est gratuit : pensez à retirer vos places dès le 8 février sur lesnuitszebrees.com.

Continuer à lire

Édouard, le réveil malin

ACTUS | C'est à Radio Nova qu'Édouard Baer s'est fait un nom. Quand Jean-François Bizot, le maître de maison (à qui Ouvert la nuit est dédié), l'a mis à l'antenne et en (...)

Sébastien Broquet | Mardi 10 janvier 2017

Édouard, le réveil malin

C'est à Radio Nova qu'Édouard Baer s'est fait un nom. Quand Jean-François Bizot, le maître de maison (à qui Ouvert la nuit est dédié), l'a mis à l'antenne et en tandem avec un autre iconoclaste, Ariel Wizman. Les deux durant cinq années mirent le feu à la bande FM avec une émission nommée La Grosse Boule. Façon flipper, la boule : ça remuait dans tous les sens, sans peur du tilt. Culte. Depuis octobre 2016, surprise, Édouard Baer est revenu à la maison, ramené au bercail par Bernard Zekri, lui-même un ancien de la bande d'Actuel / Nova, chargé par Matthieu Pigasse (qui l'avait précédemment embauché puis écarté des Inrockuptibles, au profit d'Audrey Pulvar) de filer un coup de fouet à la radio qu'il a racheté l'an dernier. Zekri a fait ce que l'on n'attendait pas : retourner chercher les vieux. Moustic, pour une hebdomadaire, le samedi à minuit : Ok ok super FM. Gérard Davet et Fabrice Lhomme, pour une interview politique, chaque vendredi. Solide ! Et donc, Édouard Baer, propulsé sur la mat

Continuer à lire

Ouvert la nuit

ECRANS | Inconséquent charmeur jonglant avec les mots et les promesses, épris de l’instant et du talent des autres, Luigi gère depuis vingt ans un théâtre parisien grâce (...)

Vincent Raymond | Mardi 10 janvier 2017

Ouvert la nuit

Inconséquent charmeur jonglant avec les mots et les promesses, épris de l’instant et du talent des autres, Luigi gère depuis vingt ans un théâtre parisien grâce à de l’argent qu’il n’a pas. À la veille d’une première, il doit pourtant en trouver en urgence. Ainsi qu’un singe. Le voici en cavale dans la capitale, escorté par une stagiaire de Sciences-Po au caractère bien trempé. La nuit est à lui ! Accompagner Édouard Baer n’a pas toujours été chose aisée : les délires de ses personnages de dandys logorrhéiques en semi roue libre au milieu d’une troupe de trognes, nécessitaient d’être disposé à l’absurdité, comme à l’humour glacé et sophistiqué cher au regretté Gotlib. Mais de même que Jean-Pierre Jeunet a réussi à cristalliser son univers dans Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain, Baer est parvenu à réunir ici la quintessence du sien. Si les deux auteurs partagent, outre la présence d’Audrey Tautou à leur générique, le plaisir d’entretenir une troupe fidèle et une affection certaine pour le Paris d’antan, les similitudes s’arrêtent là : Baer n’aime rien tant que faire voler les contraintes et les cadres, voir j

Continuer à lire

La fréquence de RTU attribuée en janvier

ACTUS | Un petit cataclysme s'est produit dans le paysage radio lyonnais en mai 2015 : RTU annonçait avoir rendu sa fréquence, ce 89.8 qui enchante encore les (...)

Sébastien Broquet | Mardi 13 décembre 2016

La fréquence de RTU attribuée en janvier

Un petit cataclysme s'est produit dans le paysage radio lyonnais en mai 2015 : RTU annonçait avoir rendu sa fréquence, ce 89.8 qui enchante encore les mélomanes (la radio continue d'émettre, bien entendu). Une denrée (très) rare dans la ville : la dernière fois que c'était arrivé, c'était en 2010. Le CSA (Conseil Supérieur de l'Audiovisuel) a mis en concurrence la fréquence libérée et les dossiers ont été déposés cette année. Du côté du CTA (Conseil Territorial de l'Audiovisuel), Christine Derville, la secrétaire générale, nous confirme que ceux-ci sont actuellement en cours d'instruction. Une soixantaine ont été déposé pour les fréquences disponibles en région Rhône-Alpes (Annecy, etc) qui seront prochainement réattribuées, mais l'on ne sait combien exactement concernent la fréquence lyonnaise rendue par RTU. Ce qui est sûr, c'est que l'arrivée de France Bleu, un temps pressentie, n'est pas d'actualité : le ministère de la Culture et de la Communication n'a à ce jour pas préempté la fréquence comme il en a la possibilité, au bénéfice du service public. « Mais c'est encore possi

Continuer à lire

Dernières nouvelles du cosmos

ECRANS | Présentant les préparatifs d’un spectacle façon MJC, avec un comédien un brin halluciné déclamant des vers post-mallarméens, les premières images inquiètent légitimement. (...)

Vincent Raymond | Mardi 8 novembre 2016

Dernières nouvelles du cosmos

Présentant les préparatifs d’un spectacle façon MJC, avec un comédien un brin halluciné déclamant des vers post-mallarméens, les premières images inquiètent légitimement. Où donc nous a entraînés la réalisatrice de La Cour de Babel ? Elle livrera peu à peu les clefs : l’interprète des poésies est en fait le père d’Hélène, leur auteur. Signant Babouillec, cette trentenaire souffrant d’un trouble autistique ne parle ni n’écrit : elle communique depuis dix ans en désignant une à une les lettres composant les mots reflétant ses pensées. C’est grâce à ce procédé de bénédictin qu’elle a brisé le mur l’isolant du monde et “dicté“ ses créations. Julie Bertuccelli fait témoigner ses parents (formidables de présence et de soutien), filme l’auteure à l’œuvre — œuvre de patience —, et en discussion avec un mathématicien, sans doute brillant, mais énonçant ici des platitudes. La cinéaste ne pose pas un regard admiratif ou protecteur sur une “curiosité”, mais nous fait partager son appréhension d’une démarche artistique singulière. Et prouve également que captée à l’état natif, la poésie d’Hélène se suffit à elle-même, n’en déplaise à son

Continuer à lire

Cosmos 2016

ECRANS | Julie Bertuccelli a souvent exploré les frontières entre fiction et documentaire ; voici qu’elle s’intéresse à la création d’une artiste atypique : Babouillec, (...)

Vincent Raymond | Lundi 31 octobre 2016

Cosmos 2016

Julie Bertuccelli a souvent exploré les frontières entre fiction et documentaire ; voici qu’elle s’intéresse à la création d’une artiste atypique : Babouillec, dans Dernières nouvelles du cosmos. Poétesse communiquant uniquement grâce à un jeu de lettres agencées une par une, Hélène (de son vrai prénom) bouleverse pas mal d’idées préconçues sur la question du handicap. Un portrait saisissant que la réalisatrice vient présenter en avant-première. Au CNP Terreaux le dimanche 6 novembre à 16h

Continuer à lire

L'Hypnose selon Dave Clarke

MUSIQUES | Pour les amateurs de gros rassemblements électroniques, c'est évidemment la direction à prendre ce samedi 8 octobre : l'on parle de la route d'Eurexpo, du côté (...)

Sébastien Broquet | Mardi 4 octobre 2016

L'Hypnose selon Dave Clarke

Pour les amateurs de gros rassemblements électroniques, c'est évidemment la direction à prendre ce samedi 8 octobre : l'on parle de la route d'Eurexpo, du côté de Chassieu, où se déroulera une nouvelle édition de Hypnotik, énorme soirée en place depuis... 2001. Concoctée par Elektro System, la programmation est aussi dense que variée (du moins tant que l'on reste dans le domaine purement électro, pas de métissage ici) et convie les incontournables Hadra pour curater la scène psytrance, avec Pixel, Hajja, Kasadelica ou Lucas. Sur les autres scènes, les gros noms s'enchaînent comme des perles et se partagent les ambiances : Recondite, Dominik Eulberg, Kolsch, Ellen Allien, Cabanne, Möd3rn, Roman Flügel... En parallèle, outre la scène trance, l'on notera une scène hardmusic avec les hollandais Audiotricz et Evil Activities. Deux coups de cœur : la valeur ultra sûre Dave Clarke, DJ perpétuellement convaincant, qui clôturera l

Continuer à lire

La Tortue rouge

ECRANS | Le Néerlandais Michael Dudok de Wit aura pris tout son temps avant de franchir le pas du long-métrage. Pourtant, il devait se douter que, loin de (...)

Vincent Raymond | Mardi 28 juin 2016

La Tortue rouge

Le Néerlandais Michael Dudok de Wit aura pris tout son temps avant de franchir le pas du long-métrage. Pourtant, il devait se douter que, loin de l’attendre au tournant, le public ayant découvert — et apprécié — ses films courts multi-primés Le Moine et le Poisson (1994) ou Père et Fille (2000) avait grand hâte de voir sa poésie muette empreinte de tendresse se déployer dans la durée. Étonnamment, c’est du côté des studios nippons Ghibli que l’ancien résident de Folimage aura trouvé asile — il s’agit au passage d’une belle ouverture pour la maison fondée par Takahata et Miyazaki, qui n’avait jusqu’alors jamais accueilli d’auteur non-asiatique. Une collaboration somme toute logique : Dudok de Wit se trouve en parfaite communion philosophique et spirituelle avec ses aînés, chantres comme lui d’une relation pacifiée, d’une osmose retrouvée entre l’Homme et son envir

Continuer à lire

Café Society

ECRANS | Un film situé, au moins partiellement, dans les arcanes du Hollywood de l’âge d’or ne pouvait que finir (ou, à tout le moins, commencer sa carrière) sur la (...)

Vincent Raymond | Jeudi 12 mai 2016

Café Society

Un film situé, au moins partiellement, dans les arcanes du Hollywood de l’âge d’or ne pouvait que finir (ou, à tout le moins, commencer sa carrière) sur la Croisette. Café Society tend une sorte de miroir temporel pareil à une vanité à la foule des producteurs, cinéastes, comédiens, agents qui se pressent aux marches du Palais et dans les réceptions pour participer à la gigantesque sauterie cannoise. Car du cinéma, il ne montre absolument rien si ce n’est un extrait de La Dame en rouge (1935) de Robert Florey. En cela, il se situe aux antipodes de Avé César des frères Coen qui avait effectué l’ouverture de la Berlinale. Ici, les stars demeurent cachées dans leurs résidences exubérantes, ou des noms évoqués par paquets de dix, d’éphémères symboles de puissance dans l’Usine à rêve, totalement privées de substance et d’incarnation. Woody et ses doubles C’est plus la nostalgie jazzeuse, l’élégance du cadre et les vestes cintrées qui intéressent Woody Allen dans ce décor-prétexte. Les plateaux, il leur a déjà réglé leur compte dans Hollywood Ending (2002), comédie décriée et pourtant débordant

Continuer à lire

Le poing levé

SCENES | Depuis plus d’un an, le metteur en scène Benoit Lambert trimballe partout sa version de Tartuffe (jusqu'au 12 mars au théâtre de la (...)

Nadja Pobel | Mardi 8 mars 2016

Le poing levé

Depuis plus d’un an, le metteur en scène Benoit Lambert trimballe partout sa version de Tartuffe (jusqu'au 12 mars au théâtre de la Croix-Rousse) relue à l’aune de la lutte des classes : celui qui est par ailleurs directeur du CDN de Dijon a voulu faire du héros moliéresque ce que Jouvet préconisait : « un garçon charmant, inquiétant et très intelligent » loin de la caricature bigote et du scélérat qu’il incarne parfois. Si cet imposteur s’immisce dans la famille bourgeoise d’Orgon, c’est pour bousculer l’ordre établi des puissants. Tout dans le travail de Lambert cherche à élimer les apparences des nantis : leur intérieur en boiserie est en fait de pacotille, imprimé sur des panneaux… In fine, le retour à la morale n’a pas été modifié mais le prince ne moque pas le pauvre Tartuffe qui parait bien victime d’un système contre lequel il a tenté de lutter avec filouterie. Ajoutez à ce parti-pris des acteurs tous excellents et parfaitement accordés, des transitions menées avec brio et en musique jusqu’à faire résonner James Bond et voilà une adaptation aussi vive et maligne que Tartuffe lui-même. NP

Continuer à lire

À vos marques, prêts, jouez !

SCENES | Tartuffe d’après Tartuffe d’après Tartuffe d’après Molière, c’est avant tout une performance théâtrale remarquable dans laquelle le comédien Guillaume Bailliart (...)

Aurélien Martinez | Mardi 8 décembre 2015

À vos marques, prêts, jouez !

Tartuffe d’après Tartuffe d’après Tartuffe d’après Molière, c’est avant tout une performance théâtrale remarquable dans laquelle le comédien Guillaume Bailliart campe tous les rôles imaginés par Molière en 1664 dans son Tartuffe ou l'Imposteur. Sur une scène habillée simplement d’une table et des différents noms des personnages, inscrits au sol avec du scotch blanc, il déballe ses alexandrins avec une énergie enivrante et une vraie présence physique, se déplaçant au gré des répliques et changeant d’intonation ou d’élocution selon qui prend la parole – mention spéciale à sa composition d’un Tartuffe entre Stéphane Bern et le Raymond Barre du Bébête Show, très drôle. Voilà pour la forme. Le fond, lui, reste évidemment la pièce de Molière, cette histoire d’homme faussement dévot et véritablement hypocrite qui trompe son monde avec plaisir – et surtout son hôte Orgon, en admiration devant lui. D’où l’idée que les protagonistes semblent comme aveugles (au sens propre avec Guillaume Bailliart) face à un Tartuffe étant le seul à avoir les yeux grands ouverts. À toute vitesse Du Molière pur jus donc. Sauf que son œuvre

Continuer à lire

Drôles de zèbres

MUSIQUES | Au moment où vous lirez ces lignes, les places encore disponibles pour la prochaine Nuit Zébrée (vendredi 27 novembre au Transbordeur), soirée annuelle (...)

Benjamin Mialot | Mardi 24 novembre 2015

Drôles de zèbres

Au moment où vous lirez ces lignes, les places encore disponibles pour la prochaine Nuit Zébrée (vendredi 27 novembre au Transbordeur), soirée annuelle (auto-)célébrant l’éclectisme bon enfant de Radio Nova, devraient se compter sur les doigts d'une main – voire d'un moignon. Rien de très surprenant à cela quant on sait qu'elles sont à retirer gratuitement auprès des disquaires partenaires de l'événement. D'autant que l'affiche de cette troisième édition lyonnaise brille plus encore que les précédentes par son starpower et son potentiel festif. On pourra en effet y entendre les chansons viscérales et baroques de Mansfield.TYA, prendre une leçon de groove nord-africain avec la diva soudanaise Alsarah et ses Nubatones et voir l'insatiable Joeystarr enfiler son tout nouveau costume de Caribbean Dandee, du nom du projet dancehall (sidekick à dreadlocks et soundsystem inclus) qu'il a mûri au grand air chargé de particules psychotropes de la Jamaïque. Y compris le booty vissé sur son canapé, le tout étant retransmis en direct sur Nova, évidemment, mais aussi sur sa petite sœur locale RTU. Heureux les retardataire

Continuer à lire

Le synthétique, c'est fantastique

MUSIQUES | Une vue nocturne de Los Angeles, quelques notes de synthétiseur égrainant les musiques kilométriques des 80's (Tangerine Dream, Moroder, John Carpenter...) (...)

Benjamin Mialot | Mardi 27 octobre 2015

Le synthétique, c'est fantastique

Une vue nocturne de Los Angeles, quelques notes de synthétiseur égrainant les musiques kilométriques des 80's (Tangerine Dream, Moroder, John Carpenter...) et la belle gueule taciturne de Ryan Gosling : en 2011, Nicolas Winding Refn et Kavinsky composaient avec l'ouverture de Drive un générique for the ages, projetant au passage, à l'allure tranquille et prédatrice d'une berline fendant une nuit mouchetée de lampadaires, la syntwhave dans le mainstream. Un an plus tard, c'est un jeu vidéo qui achevait de populariser cette esthétique rétrofuturiste dont les mélodies à grand angle exaltent autant qu'elles isolent : Hotline Miami, au générique duquel figurent notamment les producteurs plus ou moins parisiens Perturbator (qui réveille le cyberpunk à coups d'artworks sulfureux et de poursuites analogiques) Carpenter Brut (au genre, sur les plans musculaires et iconographiques, ce que Justice fut à la disco), deux des moteurs de cette scène. Bonne nouvelle pour ceux qui ont pris goût à la vitesse et au phallocentrisme en jouant à Outrun, ils vrombiront samedi 31 octobre au Jack Jack dans le cadre du

Continuer à lire

Insomniaque

MUSIQUES | 03.10 Encore Tel Van Pelt, le chasseur qui voulait faire de Robin Williams une descente de lit dans Jumanji (chacun ses classiques), le collectif (...)

Benjamin Mialot | Mercredi 30 septembre 2015

Insomniaque

03.10 Encore Tel Van Pelt, le chasseur qui voulait faire de Robin Williams une descente de lit dans Jumanji (chacun ses classiques), le collectif Encore n'aura visiblement de répit que le jour où il aura accroché à son tableau de chasse toutes les figures historiques de la techno. Cette semaine, c'est ainsi au tour de Kevin Saunderson de voir sa tête placardée au-dessus de la cheminée, en l'occurrence celle du Petit Salon, en sa qualité d'originator, à égalité avec Juan Atkins et Derrick May, du "nouveau son pour danser de Detroit" – il paraît qu'on utilise trop d'anglicismes, alors voilà, enjoy (oups).

Continuer à lire

Exodus : Gods and Kings

ECRANS | 2014 restera l’année où les artistes agnostiques et athées se sont penchés sur les textes religieux pour en offrir une lecture rationnelle, intime ou (...)

Christophe Chabert | Mardi 23 décembre 2014

Exodus : Gods and Kings

2014 restera l’année où les artistes agnostiques et athées se sont penchés sur les textes religieux pour en offrir une lecture rationnelle, intime ou réaliste. Emmanuel Carrère dans Le Royaume, Alain Cavalier dans Le Paradis et aujourd’hui Ridley Scott avec Exodus empoignent chacun à leur façon cette matière comme une source féconde de romanesque et de spectacle, tout en maintenant la distance avec leur caractère sacré. Dans le cas de Scott, c’est rien moins que les épisodes-clés de la Bible où Moïse choisit de libérer le peuple juif et de le conduire jusqu’à la terre promise qui forment le cœur de son blockbuster. Dans un premier temps, le récit dessine un trajet au personnage qui rappelle celui du général Maximus dans Gladiator : frère d’armes du futur pharaon Ramses (Joel Edgerton, looké façon Brando période Kurtz / Apocalypse Now), Moïse (Christian Bale, entre beau

Continuer à lire

Drôles de zèbres

MUSIQUES | «C'est en faisant n'importe quoi qu'on devient n'importe qui» affirme Rémi Gaillard, risible émule de Johnny Knoxville dont les impostures font sur (...)

Benjamin Mialot | Mardi 11 mars 2014

Drôles de zèbres

«C'est en faisant n'importe quoi qu'on devient n'importe qui» affirme Rémi Gaillard, risible émule de Johnny Knoxville dont les impostures font sur Youtube la joie de millions de procrastinateurs – et prouvent depuis le début du mois qu'à l'instar d'un costume, un écran peut être trop grand. L'un des titres les plus représentatifs de Congopunq, tête d'affiche aux côtés, notamment, des so french Mustang, de la prochaine Nuit Zébrée de Radio Nova (au Transbordeur mardi 14 mars), s'intitule N'importe quoi. A raison tant cette licencieuse leçon de groove ne ressemble à rien de sensé. A moins de considérer comme tel un bœuf réunissant l'ensemble tradi-moderne Konono n°1 et The Brian Jonestown Massacre. Pour autant, elle n'est pas l’œuvre d'un simple quidam, ce duo étant mené par Cyril Atef, excentrique et virtuose batteur de Bumcello qui, avec le dénommé Monsieur Cong, colosse pileux aussi inutilement indispensable au projet que le tambouriniste Joel Gion l'est au groupe d'Anton Newcombe, repousse ici et sur deux albums son goût des rythmes panafricains, des postures punk et des tenues de nomade perché – l'équivalent tropical du clochard céleste. As

Continuer à lire

La Cour de Babel

ECRANS | L’école, nouveau lieu d’élection du documentaire français ? Le triomphe d’Être et avoir, la Palme d’Entre les murs — une fiction, certes, mais avec de gros (...)

Christophe Chabert | Mardi 11 mars 2014

La Cour de Babel

L’école, nouveau lieu d’élection du documentaire français ? Le triomphe d’Être et avoir, la Palme d’Entre les murs — une fiction, certes, mais avec de gros morceaux de réalité à l’intérieur — et le succès au long cours du très réac’ Sur le chemin de l’école pointent en tout cas la salle de classe comme miroir d’une société, de ses conflits, de ses espoirs et de ses doutes. Avec La Cour de Babel, Julie Bertuccelli opère une parfaite synthèse de tous ces films-là, posant sa caméra pendant un an dans une classe d’accueil parisienne, c’est-à-dire un "sas" de remise à niveau pour adolescents étrangers fraîchement arrivés en France. Il y a là une institutrice modèle — Brigitte Cervoni — des élèves attachants, certains très doués — Felipe, un Chilien qui raconte son histoire dans une BD particulièrement inspirée, Andromeda, une Roumaine à l’intelligence éclatante et au regard débordant de bienveillance — et d

Continuer à lire

88 Mills à l'heure

MUSIQUES | L'événement de l'année 2013, ce n'est ni la renonciation du pape Benoit XVI, ni l'alerte d'Edward Snowden, encore moins la reconnaissance par l'OMS des (...)

Benjamin Mialot | Mardi 11 février 2014

88 Mills à l'heure

L'événement de l'année 2013, ce n'est ni la renonciation du pape Benoit XVI, ni l'alerte d'Edward Snowden, encore moins la reconnaissance par l'OMS des effets cancérigènes de la pollution atmosphérique. C'est l'ouverture de cette mystérieuse et vraisemblablement très économique liaison aérienne entre Detroit et Lyon qui nous a permis de voir se produire, de Juan Atkins à Kevin Saunderson en passant par Derrick May, Robert Hood ou Octave One, la plupart des grandes figures de la techno originelle. Une rétrospective qui se poursuit cette semaine avec la venue, dans le cadre du festival Hypnotik, de Jeff Mills, DJ tentaculaire et producteur en perpétuelle émancipation qui personnifie depuis plus de vingt ans la "deuxième vague de la techno". L'homme-orchestre Pour Mills comme pour Atkins, May et Saunderson, tout a débuté à la faveur d'une émission de radio. Sauf qu'à la différence des trois "pères fondateurs", qui trouvèrent au début des années 80 de quoi alimenter leurs premiers synthétiseurs à l'écoute des playlists défricheuses de The Electrifying Mojo, Mills ne s'est pas contenté d'être un auditeur : il a d'emblée officié de l'autre côté de la console, sous le

Continuer à lire

Les Coen en ont sous le chapeau

ECRANS | Quelques semaines avant la sortie de leur excellent Inside Llewyn Davis, voici que revient sur les écrans Miller’s Crossing des frères Coen. Ce n’est que (...)

Christophe Chabert | Mercredi 9 octobre 2013

Les Coen en ont sous le chapeau

Quelques semaines avant la sortie de leur excellent Inside Llewyn Davis, voici que revient sur les écrans Miller’s Crossing des frères Coen. Ce n’est que leur troisième film, mais c’est déjà un des plus aboutis, même si cet accomplissement passera relativement inaperçu à l’époque. Lointainement inspiré de La Moisson rouge de Dashiell Hammett, il se situe durant la Prohibition et met en scène une guerre des gangs fictionnelle où les Italiens sont tenus en respect par un flegmatique ponte irlandais (Albert Finney), dont l’autorité sera contestée quand il entamera une liaison avec la sœur d’un bookmaker juif qui a eu le malheur d’arnaquer le boss rital du clan d’en face (un John Turturro déchaîné, chialant sa mère pour qu’on lui laisse la vie sauve). Au milieu de ce foutoir sentimentalo-criminel se tient, stoïque, Tom Reagan (Gabriel Byrne, dans son meilleur rôle), qui va passer d’un bord à l’autre en lissant le cuir de son Stetson, cherchant à payer ses dettes de jeu tout en sortant par le haut de ce panier de crabes. Le génie de Miller’s Crossing tient à l’incertitude qu

Continuer à lire

Du sang (neuf) sur le dancefloor

MUSIQUES | Au revoir les doigts de pied un éventail, bonjour les tendons plein d'entailles. Si les activistes des musiques électroniques s'exprimaient d'une seule et (...)

Benjamin Mialot | Vendredi 14 septembre 2012

Du sang (neuf) sur le dancefloor

Au revoir les doigts de pied un éventail, bonjour les tendons plein d'entailles. Si les activistes des musiques électroniques s'exprimaient d'une seule et même voix, telle pourrait être leur devise en ce début de saison. Sans exagérer. Vous avez chanté tout l'été à l'ombre des sanitaires du Camping des mimosas ? Vous allez danser maintenant. Au pied des colossaux piliers de la Sucrière, qu'ébranleront la house maousse de Boys Noize, le 1er novembre, et l'electronica séquentielle de Rone, dix jours plus tard. Au sous-sol de la Fée Verte, fraîchement insonorisé, où sera de nouveau assignée à résidence l'iconoclaste association CLFT (elle fêtera sa première sortie discographique le 29 septembre et accueillera le 24 novembre Ben Gibson, discret prodige de la techno glagla). Au DV1, dont la nouvelle sono sera mise à rude épreuve par la fougue disco de Rebolledo le 24 novembre. Ou encore au Desperado Wild Bar, troquet aussi éphémère que select où la célèbre marque de bière aromatisée à la tequila invitera deux sixièmes de TTC (Teki Latex le 10 octobr

Continuer à lire

Régal de Portugal

GUIDE URBAIN | Quand on pense cuisine portugaise, on pense tout de suite morue, huile d'olive et autres chairs roboratives promptes à caler des hordes de Cristiano (...)

Stéphanie Lopez | Jeudi 10 novembre 2011

Régal de Portugal

Quand on pense cuisine portugaise, on pense tout de suite morue, huile d'olive et autres chairs roboratives promptes à caler des hordes de Cristiano Ronaldo. Alors, bien sûr, quand on pousse la porte de cette cantine sous-titrée «restaurante tipico», on s'attend à trouver de la bacalhau sous toutes les coutures : séchée, frite, braisée, compactée en acras ou même gratinée... Et on se dit tant pis pour l'amateur de gros steaks — qui n'aura qu'à aller se faire voir chez les grecs. Tout faux. Déjà, les jambons séchés qui pendent près du bar rassureront les carnivores : ici, les plats du jour se déclinent systématiquement en un choix de trois poissons et trois viandes — et plutôt que d'opter pour les travers de porc, on ne saurait que trop recommander le cochon de lait ou le chevreau rôti, des spécialités qui rappellent que le Portugal possède aussi un riche terroir "côté terre". Côté vignes itou d'ailleurs, car la carte des vins s'étend bien au-delà de Porto. Notre poulpe grillé (aux portions tentaculaires) s'est fort bien accommodé du fameux vin vert, un blanc frétillant qui se boit comme une limonade. Ni fado, ni fadasse Certes, il vaut mieux a

Continuer à lire

L'Amour Tartuffe

MUSIQUES | Théâtre / S'il est toujours difficile de rafraîchir un classique du répertoire français comme "Tartuffe", force est de constater que Philippe Clément et sa (...)

Nadja Pobel | Vendredi 10 décembre 2010

L'Amour Tartuffe

Théâtre / S'il est toujours difficile de rafraîchir un classique du répertoire français comme "Tartuffe", force est de constater que Philippe Clément et sa troupe s'en sortent honorablement. Sans chercher à donner une lecture décapante de la pièce, ils mettent au mieux en valeur ce texte en alexandrins. Vêtus de costumes sages, presque trop, ils évoluent dans un décor habile fait de panneaux de tissus. La lumière blanche sur ces toiles claires créé une atmosphère "japonisante". Mais ce n'est qu'un hasard semble-t-il car ces panneaux descendant des cintres sont surtout une manière d'offrir aux personnages différents niveaux de jeu : en bord de scène, en arrière plateau ou cachés (mais visibles du public par transparence) dans des boxes. Ce dispositif mouvant permet aussi aux acteurs de travailler avec les ombres pour illustrer certains complots. Et les complots ne manquent pas. Orgon veut mettre marier sa fille Mariane au dévot Tartuffe. Mais il ne voit pas l'hypocrisie de ce dernier. Ce sont sa femme, Elmire, et son fils, Damis, qui usent de stratagèmes afin de lui ouvrir les yeux. Dans ce jeu de dupe, le metteur en scène Philippe Clément n'insiste pas sur l'attaque faite à la reli

Continuer à lire

L’Arbre

ECRANS | Deux choses plombent "L’Arbre" : d’abord, sa capacité à contourner son sujet (le deuil d’un père et la difficulté pour sa femme et ses enfants à l’accepter) (...)

Christophe Chabert | Mercredi 7 juillet 2010

L’Arbre

Deux choses plombent "L’Arbre" : d’abord, sa capacité à contourner son sujet (le deuil d’un père et la difficulté pour sa femme et ses enfants à l’accepter) en se réfugiant dans un énorme symbole. L’arbre à côté de leur maison abrite, selon la benjamine de la famille, l’âme de son père, et chaque «réaction» de l’arbre est interprétée comme un signe du défunt. Non seulement cela conduit à des scènes franchement balourdes (quand les branches de l’arbre viennent ravager la maison le soir où l’épouse passe la nuit avec son nouveau mec), mais la symbolique écolo-new age à la sauce innocence enfantine est une tarte à la crème cinématographique plus qu’un véritable point de vue. Deuxième écueil : la tentation du film français délocalisé en territoire exotique (ici, l’Australie), prétexte à une succession de jolies cartes postales en cinémascope qui finissent par faire office de mise en scène. Pas de quoi s’énerver non plus : "L’Arbre" est un film inoffensif, une petite chose que l’on oublie assez vite. CC

Continuer à lire

FORTUNE

MUSIQUES | Sous le soleil exactement. C’est là, dans un arc-en-ciel synth-pop et sur les chapeaux de roue p-funk que démarre Under The Sun, le premier titre du (...)

Dorotée Aznar | Vendredi 2 juillet 2010

FORTUNE

Sous le soleil exactement. C’est là, dans un arc-en-ciel synth-pop et sur les chapeaux de roue p-funk que démarre Under The Sun, le premier titre du premier album de Fortune. Un trio français prometteur. On pense forcément à Phoenix quand on se laisse porter par leurs tubes tumultueux, leur new-wave solaire aux gimmicks fiévreux. Sauf que, s’ils partagent avec les Versaillais le même mixeur patenté (Stéphane Briat), Fortune brille aussi par son background plus punk, son leader Lionel Pierres étant d’abord passé par la case noise et hip-hop avant de s’adonner à la Pimp Pop. Alors que leur album Staring At The Ice Melt n’a pas trois mois, la bonne fortune les conduit déjà cet été de Calvi à Carhaix, sur les principaux festivals français. Avec une escale à la Fnac Bellecour, samedi 10 juillet, pour un showcase qui devrait aussi rallier les fans de Daft Punk sur leur Highway. SL

Continuer à lire

Achille et la Tortue

ECRANS | On commençait à perdre patience devant le cinéma de Takeshi Kitano, surtout après l’avoir autant admiré. Lancé dans une trilogie sur les affres de la création (...)

Dorotée Aznar | Lundi 8 mars 2010

Achille et la Tortue

On commençait à perdre patience devant le cinéma de Takeshi Kitano, surtout après l’avoir autant admiré. Lancé dans une trilogie sur les affres de la création artistique, il avouait en creux une perte d’inspiration qu’il entendait pallier en mettant son œuvre en abyme. Redondants, contemplatifs à l’excès, mis en scène sans passion, Takeshis et Glory to the filmmaker se faisaient les reflets occasionnellement désagréables d’un artiste en pleine déconfiture, rejouant sa filmographie sans entrain particulier, se réfugiant dans des élans comiques qui sentaient franchement le sapin. Joie : l’ultime volet de cette trilogie redresse la barre, et renoue avec ce qui faisait cruellement défaut à ses deux prédécesseurs – l’émotion. Achille et la Tortue nous évoque par petites touches la vie d’un peintre loser, interprété dans la dernière partie par Kitano lui-même, qui s’escrimera durant toute sa carrière à chercher son identité à travers ses toiles, les conseils contradictoires qui lui seront prodigués, les femmes qui tenteront de l’inspirer. D’une trame en marabout de ficelle, Kitano tire tout le potentiel poétique, ludique (les différentes méthodes employées p

Continuer à lire

Mu-Ziq Maestro !

MUSIQUES | Soirée / Pour son grand raout annuel à Eurexpo, Hypnotik fonctionne toujours sur le mode «multipistes», avec quatre scènes façon rave à l’ancienne : une salle (...)

Dorotée Aznar | Vendredi 5 mars 2010

Mu-Ziq Maestro !

Soirée / Pour son grand raout annuel à Eurexpo, Hypnotik fonctionne toujours sur le mode «multipistes», avec quatre scènes façon rave à l’ancienne : une salle techno, une salle house, une salle trance, et – c’est là qu’on a envie de se mettre en joie – une salle de oufs. Comprendre une brochette de gars décrochés des anneaux de Saturne, qui gravitent en bons freaks farfelus autour du label Planet Mu. Longtemps considéré comme le royaume de l’IDM (un acronyme un poil enflé de la cheville, pour dire «Intelligent Dance Music»), ce bastion révéré par tous les geeks qui n’aiment pas danser bêta-gaga sur du Guetta s’est récemment ouvert sur les rythmes «pois sauteurs» et ventre-à-terre du grime et du dubstep. Planète mutine aux sons mutants, Mu brille depuis 1995 par ses choix artistiques sans consensus ni concession, portés d’une main de maître par un drôle de nerd à lunettes : Mike Paradinas. Confrère d’Aphex Twin, artisan iconoclaste de l’électronica et de la drill’n’bass, celui qui se cache souvent sous le pseudo Mu-Ziq est capable en live des pires séismes et des plus folles audaces, hardcore jusqu’au bout des synapses. D’autres hypnotik hurluberlus complèteront ce plateau dédié aux

Continuer à lire

Departures

ECRANS | Daigo, violoncelliste discret, est obligé de revoir ses plans lorsque son orchestre est dissout. Il embringue son affable épouse jusqu’à son village natal, (...)

Dorotée Aznar | Vendredi 29 mai 2009

Departures

Daigo, violoncelliste discret, est obligé de revoir ses plans lorsque son orchestre est dissout. Il embringue son affable épouse jusqu’à son village natal, où il trouve un emploi dans une entreprise de pompes funèbres. Le commerce de la mort étant furieusement tabou, il cache sa nouvelle situation à sa femme, tout en s’adaptant à ses nouvelles fonctions. Dans une salutaire volonté de dédramatiser le caractère pesant des thématiques abordées, Yojiro Takita et Masahiro Motoki (acteur principal et coscénariste du film) optent pour un ton d’une légèreté pour le moins inattendue, allant même jusqu’à verser dans une trivialité pas forcément du meilleur goût ! C’est à la fois le charme et la limite de Departures : son caractère mélodramatique est sans cesse tempéré par de précieux sursauts de vitalité, tant dans la mise en scène que dans l’impeccable direction d’acteurs, mais cet équilibre instable crée malgré lui une distance dommageable vis-à-vis des événements. Quand Takita reprend foi en son récit, cela donne cependant de très beaux moments de cinéma, en particulier lorsqu’ils sont accompagnés de la partition lyrique à souhait de Joe Hisaishi (collaborateur régulier de Miyazaki et

Continuer à lire

Quatre nuits avec Anna

ECRANS | Pour son retour au cinéma après 17 ans de silence, Jerzy Skolimowski semble redécouvrir l’enfance de son art. Il y a quelque chose de saisissant dans chaque (...)

Christophe Chabert | Jeudi 30 octobre 2008

Quatre nuits avec Anna

Pour son retour au cinéma après 17 ans de silence, Jerzy Skolimowski semble redécouvrir l’enfance de son art. Il y a quelque chose de saisissant dans chaque plan de Quatre nuits avec Anna, comme si le cinéaste s’émerveillait face aux capacités de la caméra pour recréer la beauté noire et inquiétante du monde. Cette jeunesse paradoxale se retrouve dans la construction du film : un homme, introverti et bizarre, épie sa très charnelle voisine, puis la drogue pour s’introduire chez elle et passer la nuit à ses côtés. Mais quelque chose ne tourne pas rond dans le récit : on apprend que l’homme a été arrêté, suspect dans un viol qu’il n’a pas commis, qu’il a déjà un passé judiciaire pour une autre affaire… Dans cette chronologie éclatée, le suspense consiste à comprendre quand ces quatre nuits se sont déroulées dans la vie du personnage. Tout se passe dans une campagne polonaise hantée par les fantômes de l’industrialisation, que les travellings lyriques et les atmosphères sonores abstraites de Skolimowski transforment en bout du monde déprimant. Une vache morte nage sur le fleuve, un médecin écoute une sitcom en français aux dialogues aberrants… Cet

Continuer à lire