Petit Bulletin Festival #1 : clap de fin !

Pop Contemporaine | La première édition du Petit Bulletin Festival s'est achevé ce dimanche 29 octobre en La Chapelle de la Trinité. Une première réussie avec trois concerts complets mais surtout trois moments hors-du-temps dans la droite ligne de l'ambition du festival : proposer des concerts pas comme les autres. Ce qui fut fait et pas qu'un peu avec Cocoon, Keren Ann et Rover. Petit bilan pour la bonne bouche.

Stéphane Duchêne | Lundi 30 octobre 2017

Photo : © DR


Ça y est, c'est terminé et le moins que l'on puisse dire c'est que c'est passé vite. Le Petit Bulletin Festival s'est achevé dimanche soir après trois soirs de concerts vibrants en une Chapelle de la Trinité comble à chaque fois. De public, mais aussi d'émotions. Tout avait commencé le vendredi soir avec la création opérée par Cocoon et baptisée Chupee Chapel.

Accompagné de la pianiste et chanteuse Thea et, sur certains morceaux, du Quatuor Debussy, c'est un Mark Daumail aux anges qui entamait le concert par un Cathedral joué au milieu du public et sans micro, avant de délivrer un mélange des classiques de Cocoon (On my way, Hummingbird, Tell me, Comets, Sushi) et d'extraits de son dernier album, Welcome Home (le sublime Retreat en tête), mais aussi, en rappel, un titre inédit si bien habillé par les cordes du Debussy qu'on le verrait bien s'avancer ainsi vêtu sur un album à venir.

Un rappel qui se poursuivait sur une version plutôt insensée du titre qui donnait son nom à cette soirée, où les cordes du quatuor se faisaient espiègles, et le plus mélancolique Stay emprunté à Rihanna. Un mélange d'espièglerie et de mélancolie qui résumait bien une soirée d'autant plus exceptionnelle qu'elle clôturait par ailleurs en grande pompe deux ans de tournée pour Cocoon.

Keren Ann, illusionniste

Le lendemain soir, c'était à Keren Ann de se présenter sur la scène de la Chapelle pour un set complet (ou presque) en compagnie du Quatuor Debussy où la chanteuse franco-néerlandaise alterna avec une maîtrise et une grâce combinées réellement bluffantes, et un quatuor toujours au diapason et lui aussi très impressionnant, les moments acoustiques intimes et les embardées électriques blues (comme ce Strange Weather où Keren Ann jouait du larsen), le quatuor toujours au diapason.

Entre ouverture, comme chez Cocoon, de circonstance (By the Cathedral), hommage à son ami Henri Salvador (Jardin d'Hiver, qu'elle composa en 2000 et dont il fit un tube), chronique new-yorkaise (Chelsea Burns), emballement rock (quelle version de My Name is Trouble !) et purs moment de grâce (Lay your head down, Que n'ai-je ?), Keren Ann faisait ainsi étalage quasiment deux heures durant, sans aucun effort de démonstration, de l'étendue de son registre musical et de sa capacité à l'habiller d'or. À regarder du côté de Leonard Cohen, de Françoise Hardy, de Billie Holiday ou de Joni Mitchell, et à faire à peu près ce qu'elle veut d'une voix qu'il faut avoir éprouvé en live pour en saisir toutes les qualités.

Beaucoup découvraient peut-être alors derrière l'as du songwriting, une très grande chanteuse. Laquelle se permettait de confirmer cela par un sublime rappel : une reprise bouleversante du Life on Mars de David Bowie (accompagnée seulement du Quatuor) puis une version seule sur scène et presque chuchotée de L'Illusionniste, qui achevait de renverser un public sans doute pas près d'oublier ce concert unique à plus d'un titre.

Hypnotique Rover

Le dimanche soir, c'est un peu après l'heure des vêpres que s'ouvraient les portes de la Chapelle de la Trinité pour laisser entrer, Rover et son projet Out of the blue. Une sorte de bazar musical, dans lequel le colosse breton, d'humeur particulièrement primesautière, venait présenter ses chansons dans des versions dénudées, « à l'état de fœtus » même expliquait-il au public, mais qui le temps du concert ressembla au laboratoire d'un savant fou triturant son œuvre, jouant avec, et avec le public, pour livrer des moments musicaux totalement hors du temps et très souvent hypnotiques.

On y retrouvait quelques-uns de ses classiques (Lou, Some Needs, Call my name, Let it glow, Aqualast...) sans toujours les reconnaître, ou alors dans d'autres apprêts de synthés analogiques, pianos et boîtes à rythmes. Il est une ou deux fois où l'on pensa bien que le trio Rover-Sébastien Collignet (qui l'accompagne sur cette mini-tournée)-Gaspar Claus (invité spécial de la soirée avec son violoncelle) leurs boucles rythmiques, la voix puissante de Rover et son jeu de guitare, allaient faire décoller l'autel de la Chapelle.

Il n'eurent aucun mal en revanche à faire lever de son siège un public qui n'y tenait plus et se pressa devant la scène le temps du rappel, ce qui doit très rarement se produire à la Chapelle de la Trinité. Ultime preuve, sans doute, que le mélange des genres tenté par le Petit Bulletin Festival avait fonctionné jusque dans l'esprit du public.

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Stéphane Duchêne | Mercredi 20 septembre 2017

Cocoon « Le Quatuor Debussy, c'est la cerise sur le gâteau »

Le premier album de Cocoon a dix ans cette année, le projet a connu une petite éclipse de quelques années, entrecoupée notamment de votre album solo. Le retour à Cocoon a-t-il été quelque chose de naturel ? Une sorte de retour à la maison, comme peut l'indiquer le titre de l'album, Welcome home ? Mark Daumail : Complètement. Cocoon, c'est mon projet de toujours, celui d'avant le succès. Je l'ai laissé un peu de côté avec le départ de Morgane, qui était avec moi sur les deux premiers albums. Mais en même temps, comme il y a eu un impact assez fort de Cocoon à un moment, on continuait à m'en parler beaucoup. Et puis mon fils est né pendant l'exploitation de mon album solo, malheureusement avec des problèmes de santé. Il a dû être hospitalisé et là on est parti avec mon épouse pour un tunnel d'hôpital. C'est là que je me suis retrouvé à reprendre la guitare acoustique, et sans m'en rendre compte à faire un disque de Cocoon, dans les règles

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Un festival, trois étoiles

MUSIQUES | Rosemary Standley et Dom La Nena, Benjamin Clementine, San Fermin, Alela Diane, Piers Faccini et Vincent Segal, Bruce Brubaker plays Philip (...)

La rédaction | Mercredi 20 septembre 2017

Un festival, trois étoiles

Rosemary Standley et Dom La Nena, Benjamin Clementine, San Fermin, Alela Diane, Piers Faccini et Vincent Segal, Bruce Brubaker plays Philip Glass, Gabriel Kahane, Yael Naim, The Apartments, Pedro Soler et Gaspar Claus, Chris Thile, Thomas Dybdahl... Depuis novembre 2013, ce sont pas moins de 15 concerts, organisés en partenariat avec Rain Dog Productions, qui ont régalés les spectateurs dans le cadre des Petit Bulletin live. L'idée : inviter un artiste à se produire dans un lieu exceptionnel, atypique, ou les deux : Chapelle de la Trinité, Théâtre des Ateliers, Temple Lanterne, Sucre, Subsistances ou Comédie Odéon. Des artistes confirmés ou à découvrir dans une configuration musicale parfois inédite et souvent intime. La formule a fait ses preuves et quelques heureux, à commencer par nous, mais nous avons décidé de la modifier. Après tant de concerts parsemant la saison musicale, place à un format festival dont la première édition, en collaboration avec Les Grands Concerts se t

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Un cocon pour concerts

ESCAPADES | Elle est passée par la Scala de Milan, le Carnegie Hall de New York et pourtant à Lyon, c'est à la Chapelle de la Trinité qu'elle a demandé à pouvoir chanter. (...)

Nadja Pobel | Mercredi 20 septembre 2017

Un cocon pour concerts

Elle est passée par la Scala de Milan, le Carnegie Hall de New York et pourtant à Lyon, c'est à la Chapelle de la Trinité qu'elle a demandé à pouvoir chanter. Cécilia Bartoli était là le 18 juin dernier pour un récital avec son ami, habitué du lieu, le contre-ténor Philippe Jaroussky. Excusez du peu ! L'acoustique y est impeccable, l'intimité garantie et le décorum impressionnant. En arpentant la salle et ses coursives, Éric Desnoues, directeur artistique qui en a les clés depuis 1999, déroule cette histoire intrinsèque à la ville de Lyon puisque c'est elle qui en 1617 fait sortir de terre cet édifice, destiné à consolider la démarche d'enseignement entreprise plus tôt par des artisans et des commerçants lyonnais du XIIIe siècle qui cherchaient alors à créer une confrérie pour s'entraider, afin de lutter contre les aléas de la vie (maladie, manque d'argent...). C'est ainsi qu'est créé le Grand Collège de la Trinité (actuellement le lycée) avec sa chapelle comprenant dix petites chapelles latérales. Lyon, cette ville alors sans université, est dotée d'un haut lieu de l'enseignement

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Le festival vagabond

MUSIQUES | Ce festival de musique classique itinérant ne ressemble à aucun autre. Depuis sa création, il est poussé par une exigence de grande qualité artistique et une (...)

Pascale Clavel | Mardi 20 juin 2017

Le festival vagabond

Ce festival de musique classique itinérant ne ressemble à aucun autre. Depuis sa création, il est poussé par une exigence de grande qualité artistique et une volonté constante d’ouvrir le répertoire classique à d’autres formes musicales. Une douzaine de concerts en dix jours dans un cadre merveilleux et souvent inattendu : en plein air, dans des églises romanes, au beau milieu d’une longue randonnée. Le Quatuor Debussy vient même d’inaugurer des siestes musicales. Dans un monde en tensions permanentes, le thème qui traverse Cordes en Ballade ne peut que séduire : "cultures en harmonie", où comment nos différences peuvent nous rapprocher, comment la musique peut casser les frontières ? Rien d’anecdotique, le tout puissamment tricoté pour offrir un moment d’harmonie et de fraternité. En ouverture du festival, dans la cathédrale Saint-Vincent de Viviers, le Quatuor Debussy et le violoniste Jasser Haj Youssef nous invitent à un moment de métissage musical, entre un orient et un occident aux sonorités chaudes, aux influences multiples. Un autre soir, à l’église Saint-Louis de Villeneuve de Berg, c’est une autre hi

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Le Petit Bulletin Festival, première !

MUSIQUES | Trois artistes majeurs de la scène pop française vous invitent à découvrir leur "atelier", en se produisant en solo. Sans les musiciens qui les entourent (...)

Sébastien Broquet | Mardi 13 juin 2017

Le Petit Bulletin Festival, première !

Trois artistes majeurs de la scène pop française vous invitent à découvrir leur "atelier", en se produisant en solo. Sans les musiciens qui les entourent habituellement sur scène, Cocoon, Keren Ann et Rover replongent à la source de leur inspiration et livrent des versions intimes, proches des premières ébauches de leurs compositions. En accord parfait avec l’acoustique de la Chapelle de la Trinité, Le Petit Bulletin Festival a convié des musiciens classiques (cordes, quatuor, violoncelle) à les rejoindre sur scène pour des collaborations inédites. Cocoon On se souvient du succès de Cocoon il y a une dizaine d'années, de ses tubes d'une douceur tantôt amère, tantôt sucrée. Si Mark Daumail a mis le projet entre parenthèses pendant quelques années, le temps de vivre l'aventure solo qui le chatouillait, le voici revenu dans son cocon séminal, avec le bien nommé Welcome Home, paru l'an dernier. Sans Morgane Imbeaud, cette fois mais, ça et là, bien accompagné, sur des duos avec Natalie Prass et Matthew E. White, également producteur de l'album

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Gaspar Claus : « Ce sont deux mondes qui rentrent en collision »

MUSIQUES | Après Barlande en 2011, tu retrouves ton père pour ce nouvel album, Al Viento. Gaspar Claus : L'année dernière, on parlait d'un second album. Après Barlande on (...)

Gabriel Cnudde | Lundi 31 octobre 2016

Gaspar Claus : « Ce sont deux mondes qui rentrent en collision »

Après Barlande en 2011, tu retrouves ton père pour ce nouvel album, Al Viento. Gaspar Claus : L'année dernière, on parlait d'un second album. Après Barlande on a fait beaucoup de concerts. L'envie semblait être présente du côté de la maison de disque. Pedro m'a dit : « tu parles tout le temps d'un deuxième album. Il faudrait qu'on arrête d'en parler, qu'on se pose et qu'on l'écrive. » Mais en réalité, après Barlande on avait déjà commencé à créer de nouveaux morceaux. On avait déjà la matière pour faire ce second album. Il était presque prêt. C'est une écriture en permanence. Peut-être que d'ici quatre ans et sans l'avoir voulu, on aura un nouveau répertoire. On entend dire que ton père a un style "archaïque" alors que tu es souvent qualifié d'explorateur musical. C'est une vision que vous partagez ? Tout dépend de ce qu'on entend par archaïque. L'archaïsme de Pedro rejoint une extrême modernité. Il est dans une épure, dans une recherche de la qualité du son. Ce sont des points de concentration qui sont très présents dans les musiques modernes ou d'avant-garde.

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Teaser : Notre concert Petit Bulletin Live du 9 Novembre 2016

MUSIQUES | Pedro Soler & Gaspar Claus au Temple Lanterne le 09/11/2016 Dialogue empreint de finesse entre un père et son garçon, noué autour du flamenco, la (...)

Sébastien Broquet | Jeudi 20 octobre 2016

Teaser : Notre concert Petit Bulletin Live du 9 Novembre 2016

Pedro Soler & Gaspar Claus au Temple Lanterne le 09/11/2016 Dialogue empreint de finesse entre un père et son garçon, noué autour du flamenco, la rencontre musicale entre le guitariste Pedro Soler et son fils le violoncelliste Gaspar Claus tisse avec subtilité et virtuosité des liens entre l’Andalousie et les musiques improvisées : un voyage onirique, pur moment de joie nomade. Toutes les informations sur notre site Petit Bulletin Live

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Pedro Soler & Gaspar Claus, flamenco imaginaire

MUSIQUES | C'est une histoire de filiation, un conte de transmission, un récit de passation. L'on y croise des cordes, celles d'une guitare ibérique, légères, (...)

Sébastien Broquet | Mardi 20 septembre 2016

Pedro Soler & Gaspar Claus, flamenco imaginaire

C'est une histoire de filiation, un conte de transmission, un récit de passation. L'on y croise des cordes, celles d'une guitare ibérique, légères, mélancoliques mais joyeuses ; et celles plus sombres, plus matures, solennelles d'un violoncelle. Pourtant, la jeunesse enjouée vient du père : Pedro Soler, renommé gratteur de six cordes pour quelques belles pointures du flamenco, estampillé maître du genre depuis près de cinquante printemps, disciple de Pepe de Badajoz. Et le fils, Gaspar Claus, la trentaine, est le chaleureux possesseur de ce violoncelle qu'il balade dans le monde des musiques improvisées (Jim O'Rourke, Keiji Haino, ce genre), là où les chemins de traverse sont légion mais où un seul ne menait pas à Rome mais le ramenait vers l'Andalousie natale : le flamenco. Tous deux se sont acoquinés pour imaginer des moments de douce magie au départ totalement improvisés dans un studio de New York : ce fut l'album Barlande, en 2011. Le père et le fils sont de retour avec Al Viento, nouveau sommet d'un genre que l'on aura du mal à définir mais qui puise, encore, aux racines flamenco, pour mieux instaurer l

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Belle de journées

MUSIQUES | Peut-être est-ce parce que la période sent bon la rentrée, les cahiers neufs et le retour des ennuis domestiques, mais il semble qu'une fois de plus les (...)

Stéphane Duchêne | Jeudi 8 septembre 2016

Belle de journées

Peut-être est-ce parce que la période sent bon la rentrée, les cahiers neufs et le retour des ennuis domestiques, mais il semble qu'une fois de plus les effectifs de la classe 2016 de ces Belles Journées sises en terre berjalienne, ont comme un goût de tête de classe, de best-of de la dernière année scolaire, de revue de bêtes à concours, de troupe d'élite pour classe prépa rock. Entre (nos) chouchous de longue date (Mensch, Harold Martinez) dont on ne sait plus très bien s'ils accompagnent notre évolution ou nous la leur, nos coups de foudre plus récents (Grand Blanc, Rover) annoncés mais convertis tout de même en grande claque, celle de la surprise de surpasser nos attentes (l'album de Grand Blanc, le second LP de Rover) et valeurs sûres indéboulonnables de la chanson française comme Arman Méliès (on repense avec émoi à son grand incendie), le culte Dominic Sonic ou La Grande Sophie encore, on compte quelques valeurs montantes comme Broken Back. Parmi elles, s'il faut se pencher sur un espoir à chérir, ce s

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Pedro Soler & Gaspar Claus pour ouvrir la prochaine saison

MUSIQUES | Dialogue empreint de finesse entre un père et son garçon, noué autour du flamenco, la rencontre musicale entre le guitariste Pedro Soler et son fils le (...)

Sébastien Broquet | Mercredi 18 mai 2016

Pedro Soler & Gaspar Claus pour ouvrir la prochaine saison

Dialogue empreint de finesse entre un père et son garçon, noué autour du flamenco, la rencontre musicale entre le guitariste Pedro Soler et son fils le violoncelliste Gaspar Claus tisse avec subtilité et virtuosité des liens entre l’Andalousie et les musiques improvisées : un voyage onirique, pur moment de joie nomade que l'on pourra savourer en PB Live la saison prochaine. Ce sera le mercredi 9 novembre, dans un cadre soigné : le Temple Lanterne, dans le 1er arrondissement. Les deux protégés du label Infiné (Bachar Mal-Khalifé, Rone, Clara Moto...) trouveront là un écrin à leur juste mesure pour dévoiler les merveilles de leur dernier album récemment paru, Al Viento, poursuivant ces échanges de cordes familiaux entamés dès 2011 avec Barlande, à l'initiative du fils, alors enregistré à New York.

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Gabriel Kahane : « Trouver le meilleur moyen de raconter une histoire »

MUSIQUES | Quand Philip Glass [prince de la musique répétitive et/ou minimaliste mais pas que NDLR] a commencé à sortir de son pré-carré expérimental pour se tourner vers (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 18 mars 2016

Gabriel Kahane : « Trouver le meilleur moyen de raconter une histoire »

Quand Philip Glass [prince de la musique répétitive et/ou minimaliste mais pas que NDLR] a commencé à sortir de son pré-carré expérimental pour se tourner vers des esthétiques plus pop, il a beaucoup été critiqué. Aujourd'hui, les choses sont très différentes. La génération musicale dont vous êtes issu, on pense à Nico Muhly, Sufjan Stevens, Ellis Ludwig-Leone de San Fermin, Bryce Dessner de The National – souvent élevés dans l'académie musicale, diplômés de formation classique – semble absolument attachée à briser les barrières entre les genres, composant indifféremment de la pop qui ressemble à de la musique de chambre, du folk, des ballets. On apprend, quand on lit vos interviews, que cette question du genre vous indiffère totalement pour ne pas dire qu'elle vous agace beaucoup. Gabriel Kahane : Absolument. L'obsession du genre à notre époque est le produit d'une vision étroite des choses. Jusqu'à l'avant-guerre, avant cette espèce de décollage de l'académisme musical, nous avons au moins trois siècles pendant lesquels les compositeurs que l'on qualifiera de classique étaient vraiment engagés sur le terrain de la musique vernaculaire et de la musique f

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L'esprit de Kahane

MUSIQUES | Dans L'Esprit de Caïn, un film mineur de Brian de Palma, le Dr Carter Nix, psychiatre et fils de psychiatre, a développé au cours de son enfance des (...)

Stéphane Duchêne | Jeudi 31 mars 2016

L'esprit de Kahane

Dans L'Esprit de Caïn, un film mineur de Brian de Palma, le Dr Carter Nix, psychiatre et fils de psychiatre, a développé au cours de son enfance des personnalités multiples qui reviennent le hanter. Il est à la fois Carter mais aussi Josh, un garçon apeuré, Margot, et surtout Caïn, son double maléfique. Un trouble de la personnalité, certes musicale, c'est toujours ce que nous évoque cette scène new-yorkaise (Nico Muhly, Sufjan Stevens, Bryce Dessner de The National). Élevés au grain de la formation académique et de l'expérimentation tout autant qu'exposés à l'ère du temps pop, tout se passe comme si chacun d'eux, pris de schizophrénie, avait développé un "monstre" intérieur à plusieurs têtes qu'il faudrait nourrir par tous les moyens : ballet le lundi, pièce de danse le mardi, tube pop le mercredi, morceau de chambre le jeudi, concert acoustique le vendredi et avec orchestre le samedi. À bout de genre Cet Esprit de Caïn c'est aussi un peu l'Esprit de Kahane. Gabriel de son prénom. Moins connu dans nos contrées, cet autre new-yorkais ne déroge guère à la description que l'on vient de faire de ses amis. Alliant avec la m

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Cordes vocales

MUSIQUES | Ce n'était qu'un concert surprise, né du désir de rencontre d'une chanteuse qui les multiplie, Yael Naïm, et d'un quatuor de chambre qui n'aiment rien (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 26 janvier 2016

Cordes vocales

Ce n'était qu'un concert surprise, né du désir de rencontre d'une chanteuse qui les multiplie, Yael Naïm, et d'un quatuor de chambre qui n'aiment rien tant que briser les barrières à coups d'archets, malicieusement facilité par un ami commun, Marc Cardonnel de Rain Dog Prod. Au départ, forcément, c'était un concert de presque rien ; trois ou quatre titres (bizarrement, aucun des protagonistes ne semble se souvenir du chiffre exact), presque improvisé : « On a travaillé un peu en amont avec Nicolas Worns, mais on ne s'est vraiment rencontré avec le quatuor que le jour même. C'était super, c'est un quatuor classique très pointu et en même temps très ouvert, complètement rock'n'roll. » Et quelque chose s'est produit qui n'était pas prévu. Quelque chose de magique. « On a été les premiers surpris de voir à quelle vitesse le lieu s'est rempli. J'ai rarement vécu une telle émotion dans un concert, on s'est vraiment senti très chanceux d'être là » s'étonne encore Yael Naïm. Et Christophe Colette, violoniste du quatuor d'ajouter : « Ce concert improvisé, sur le pouce, au Lavoir Public a été tellement magique, qu'avec les membres d

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« Enregistrer sur un chant céleste »

MUSIQUES | Avec ton premier album Aqualast, tu es passé en quelque mois d'une vie à reconstruire après ton expulsion du Liban, au succès, à la médiatisation, aux récompenses, à (...)

Stéphane Duchêne | Mercredi 27 janvier 2016

« Enregistrer sur un chant céleste »

Avec ton premier album Aqualast, tu es passé en quelque mois d'une vie à reconstruire après ton expulsion du Liban, au succès, à la médiatisation, aux récompenses, à des centaines de dates. Comment as-tu encaissé ça ? Rover : Il y a une forme de violence dans ce passage de l'intimité de l'écriture à une exposition plus large, mais elle est assez positive, d'autant que ça n'a pas été un succès radical basé sur un seul titre. J'avais déjà connu l'exposition médiatique, même si elle était moindre, avec mon groupe au Liban : ça a été moins brutal que si j'avais eu 20 ans et aucune expérience. C'est beaucoup de joie qu'un label vous accorde la possibilité de faire un disque, de pouvoir s'y exprimer sans contrainte. On est pris dans une espèce de tourbillon, il y a une ampleur médiatique qui nourrit le projet. Une forme de reconnaissance aussi : les Victoires de la Musique, la télévision. On s'installe un peu dans le paysage et c'est une situation très confortable pour envisager un deuxième disque. Justement, après la réclusion de l'écriture d'

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Etranger en pays étrange

MUSIQUES | Dans l'Exode de la Bible, version King James, Chapitre 2, verset 22, voici comment Moïse justifie de nommer l'un de ses fils Gershom : (qui (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 26 janvier 2016

Etranger en pays étrange

Dans l'Exode de la Bible, version King James, Chapitre 2, verset 22, voici comment Moïse justifie de nommer l'un de ses fils Gershom : (qui signifie « étranger en ces lieux ») : « For (…) I've been a stranger in a strange land ». Autrement dit, « un étranger en pays étrange ». Un homme de l'exil permanent. L'expression inondera la pop culture. Donnant son titre, à des dizaines de chansons, des Byrds à U2, et surtout, à un fameux roman des années 60 de Robert Heinlein, comptant le retour sur terre d'un astronaute, seul survivant d'une mission sur Mars, qui d'un coup se sent étranger sur sa propre planète. Le pitch rappelle peu ou prou celui de L'Homme qui venait d'ailleurs, le film Nicolas Roeg qui fit de Bowie l'alien le plus classe de tous les temps. Cet étranger, au vu de son parcours de vie et à l'écoute de ses disques, ce pourrait être Timothée Régnier aka Rover. Né en France, Timothée a grandi à l'étranger, de New-York à ce Liban dont il a été chassé comme un malpropre pour un problème de visa, atterrissant après un détour par Berlin seul en Bretagne, d

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Rentrée musique 2016 : anciens et modernes

MUSIQUES | Jon Spencer aime tellement nos panoramas de rentrée – il en a déjà fait la Une – qu'il parvient même à y figurer deux fois par an. On l'annonçait en septembre (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 5 janvier 2016

Rentrée musique 2016 : anciens et modernes

Jon Spencer aime tellement nos panoramas de rentrée – il en a déjà fait la Une – qu'il parvient même à y figurer deux fois par an. On l'annonçait en septembre dernier, voilà qu'on le réannonce pour le 6 mars à l'Épicerie Moderne. Avec bonheur, puisque si nous le faisons, c'est que le trio du New-yorkais avait dû annuler à la dernière minute cet automne pour raisons de santé. Tout va mieux, donc tout va bien, et cela indique peut-être que cette année 2016 sera légèrement moins pénible que la précédente – raccrochons-nous aux branches, tant qu'il y a encore des arbres. Or des branches, même vieilles, il se trouve qu'il en repousse, en témoigne une tripotée de reformations plus ou moins récentes de groupes plus ou moins relous à l'oreille (Louise Attaque au Transbo le 29 mars, Elmer Food Beat au CCO le 6 avril) dont la palme revient bien sûr aux Insus, soit Téléphone sans fille (n'y allez pas, c'est complet) – rayon nostalgie de jeunesse, on préférera de loin se consacrer à Nada Surf, qui ne s'est jamais déformé, le 26 avril à l'Epicerie. Ah, tiens on allait oublier Polnareff

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Yael Naim de retour en avril

MUSIQUES | Ça y est, le Petit Bulletin Live additionnel de Yael Naim et du Quatuor Debussy (le 31 janvier à la Chapelle de la Trinité) est lui aussi complet. Vous (...)

Benjamin Mialot | Vendredi 18 décembre 2015

Yael Naim de retour en avril

Ça y est, le Petit Bulletin Live additionnel de Yael Naim et du Quatuor Debussy (le 31 janvier à la Chapelle de la Trinité) est lui aussi complet. Vous savez ce qu'on dit : jamais deux sans trois. Notez donc que tout cet intrépide petit monde (dont on peut entendre une première collaboration sur l'EP Older Revisited) se retrouvera le 9 avril, cette fois à la Salle Rameau, et une fois encore sous notre bannière oculaire.

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Yael Naim : c'est complet, mais...

MUSIQUES | Il y a peu, nous avions le regret de vous annoncer l'annulation du PB Live de San Fermin – le groupe ayant choisi de prendre ses distances (...)

Benjamin Mialot | Mercredi 25 novembre 2015

Yael Naim : c'est complet, mais...

Il y a peu, nous avions le regret de vous annoncer l'annulation du PB Live de San Fermin – le groupe ayant choisi de prendre ses distances avec le climat menaçant qui est le nôtre en ce moment. Cette fois, nous avons le plaisir de vous faire savoir que celui scellant les retrouvailles de Yael Naim et du Quatuor Debussy le 30 janvier à la Chapelle de la Trinité est complet. Pour la peine, ils remettront le couvert le lendemain, le 31 donc, au même endroit. Au figuré hein ! http://www.petit-bulletin.fr/live/yael-naim.html

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Musique cherche chambre

ACTUS | À Lyon, la question se pose pour les mélomanes en quête d'intimité, du plaisir d’écouter la musique en petit format, comme pour ceux qui préfèrent l’épure (...)

Philippe Yves | Mardi 22 septembre 2015

Musique cherche chambre

À Lyon, la question se pose pour les mélomanes en quête d'intimité, du plaisir d’écouter la musique en petit format, comme pour ceux qui préfèrent l’épure des sonates et quatuors aux grands raouts orchestraux. Où écouter – et dans de bonnes conditions sonores – de la musique de chambre ? L’offre de concerts est pourtant abondante et de qualité, mais les lieux pas toujours appropriés. À l’ONL, les membres de l’orchestre se produisent dans l’immensité du plateau de l’Auditorium, tandis que ceux de l’Orchestre de l’Opéra investissent le cadre sublime – mais acoustiquement discutable – du Grand Studio du Ballet. L’association Fortissimo, elle, présentera une septième saison de concerts alléchante en invitant de très beaux artistes à se produire dans le cadre peu glamour et si mal identifié du Palais de la Mutualité – Salle Édouard Herriot (vous connaissez ?) où, là encore, l’écrin n’est pas à la hauteur. Dis, Molière, quand reviendras-tu ? Et pourtant, il n’en a pas toujours été ainsi. Le joyau lyonnais de la musique de chambre, c’est assurément la Salle Molière, port idéal en tout point de la musique de chambre (600 places, acoustique cha

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Yaël Naïm et le Quatuor Debussy en PB Live

MUSIQUES | À la faveur d'un concert d'après Fourvière au Lavoir Public, le 15 juin dernier, Yael Naïm et le Quatuor Debussy (on ne présente plus ni l'un, ni l'autre) (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 15 septembre 2015

Yaël Naïm et le Quatuor Debussy en PB Live

À la faveur d'un concert d'après Fourvière au Lavoir Public, le 15 juin dernier, Yael Naïm et le Quatuor Debussy (on ne présente plus ni l'un, ni l'autre) sont tombés en amour. D'où l'idée de prolonger cette expérience de manière plus durable, plus travaillée et surtout plus publique (la capacité du Lavoir étant ce qu'elle est). La chanteuse et le quatuor baroque se retrouveront donc le 30 janvier 2016 en la Chapelle de la Trinité pour un PB Live forcément exceptionnel (ils le sont toujours) qui revisitera avec douceur – et les arrangements du Debussy – le répertoire passé et présent de Yael. Grâce lumineuse et cordes sensibles garanties. Informations et préventes : http://www.petit-bulletin.fr/live/yael-naim.html

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Cordes en Ballade - Du 2 au 14 juillet à Viviers (07)

MUSIQUES | Chaque été, le versatile Quatuor Debussy quitte Lyon pour faire vibrer les cordes sensibles des villages d’Ardèche lors de son festival Les Cordes en (...)

Benjamin Mialot | Mercredi 24 juin 2015

Cordes en Ballade - Du 2 au 14 juillet à Viviers (07)

Chaque été, le versatile Quatuor Debussy quitte Lyon pour faire vibrer les cordes sensibles des villages d’Ardèche lors de son festival Les Cordes en Ballade. Une quinzaine de jours durant, concerts, masterclasses et rencontres ont pour décor les églises, chapelles, cours et cloîtres du département. Les Debussy, directeurs artistiques du festival, ont beau être les instigateurs de ces ballades, ils n’oublient pas pour autant d’être partageurs et invitent à les rejoindre de brillants solistes, mais aussi des nouveaux talents, au sein d’une académie pour jeunes quatuors européens. L’âme tzigane, thème de cette édition 2015, c’est l’art du contraste : passer de l’allégresse au plus vibrant pathos en un claquement d’archet. Et le programme de cette 17e édition sera riche en contrastes, dessinant des allers-retours entre folklore, klezmer et musiques savantes. Des voyages qui s’annoncent passionnants et mettent en évidence l’influence que le folklore hongrois a exercé sur des compositeurs tels que Brahms, Dvorak, Bartok, Liszt ou les contemporains Kurtag (fil rouge du festival) et Philippe Hersant. Côté solistes, on re

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Magnum Opus

SCENES | René Magritte, surréaliste belge adepte de l'illusion, peignait en 1929 La Trahison des images avec au centre de la toile une pipe et en sous-titre (...)

Charline Corubolo | Mardi 9 juin 2015

Magnum Opus

René Magritte, surréaliste belge adepte de l'illusion, peignait en 1929 La Trahison des images avec au centre de la toile une pipe et en sous-titre «Ceci n'est pas une pipe». La création Opus, définie comme du cirque puisqu'il faut une case, pourrait être sous-titrée «Ceci n'est pas du cirque», tant c'est bien plus que cela. Comme le peintre susmentionné, la compagnie Circa et le quatuor Debussy, à l'origine de cette magnétique proposition, sont également adeptes de l'illusion et de l'enchantement. De peinture il n'est donc pas question ici mais d'un spectacle d'une grande virtuosité mêlant danse et nouveau cirque, dont les 14 acrobates de la compagnie australienne Circa (venue l'an passé avec le troublant et féerique Beyond) se font les fervents représentants, accompagnés par le quatuor Debussy, ensemble lyonnais qui depuis plus 25 ans réinvente la musique de chambre. C'est dans leur amour partagé pour les compositions du russe Chostakovitch que la collaboration a émergé, dont les notes mélodiques se sont transformées en narration visuelle où les corps repoussent sans cesse leurs limites dans le jeu, qu'il soit musical ou e

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Cordes en voyage

MUSIQUES | Le Quatuor Debussy, par tous ses projets, bouscule sans modération la chose artistique, revigore nos oreilles endormies. Le festival Cordes en Ballade, (...)

Pascale Clavel | Jeudi 26 juin 2014

Cordes en voyage

Le Quatuor Debussy, par tous ses projets, bouscule sans modération la chose artistique, revigore nos oreilles endormies. Le festival Cordes en Ballade, dont il a la charge, ne fait pas exception. Ses trois dernières éditions ont même impulsé une dynamique encore plus inattendue : en 2011, "On en pince pour les cordes" explorait la musique française par le biais des cordes pincées ; l'année suivante, "Welcome America !" déroulait une humoristique "Route 07" musicale, homologue ardéchoise de la fameuse Route 66 ; enfin, en 2013, Cordes en Ballade avait ébloui par un mélange subtil de musique classique, contemporaine et de jazz, sous l'intitulé "De Bach à Haydn, la musique en héritage". Pour l’édition 2014, un cran supplémentaire est franchi. Avec "Viva Latina !", c’est tout un répertoire coloré et sensuel qui nous est donné à entendre. Une programmation sur les pas des conquistadors qui nous emmènera au Portugal, en Amérique du Sud et en Espagne.   Métissage, éclectisme et jubilation   Ils exultent toujours, les Debussy, lorsqu’ils concoctent une nouvelle programmation. Cette édition les voit se lâcher un peu plus, et c'est peu dire que l

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Comme un poisson dans l'opéra

SCENES | Le récit tient en une phrase : un couple de pêcheurs engendre un enfant aux mains palmées et qui se recouvre d’écailles en grandissant. De cette histoire (...)

Nadja Pobel | Mardi 3 juin 2014

Comme un poisson dans l'opéra

Le récit tient en une phrase : un couple de pêcheurs engendre un enfant aux mains palmées et qui se recouvre d’écailles en grandissant. De cette histoire tragique et fantasmagorique, écrite par Mohamed Rouabhi en 2002, Michel Dieuaide a fait, cinq ans plus tard, un conte lyrique destiné aux enfants. Les travaux d'une telle importance à l'adresse des futurs spectateurs de "grandes" pièces sont rares ; ceux qui ne les considèrent pas comme un public au rabais encore plus. Le prestigieux Quatuor Debussy et sans cesse renouvelée Maîtrise de petits chanteurs de l’Opéra sont aux commandes de celui-ci. Michel Dieuaide, ancien co-directeur de la Biennale du Théâtre jeune public et du Théâtre des Jeunes années – avant qu’il ne devienne le TNG avec Nino d’Introna – assure lui la mise en scène, organisant le plateau comme un large espace de lecture, avec un îlot central d’où est dite l’histoire et des galets parsemés tout autour comme autant de sièges pour les enfants de la Maîtrise qui, même lorsqu’ils ne chantent pas, sont totalement acteurs du spectacle. Le Quatuor n’est lui non plus pas relégué à une fosse, mais parti prenante du dispositif - au point d'être parfois pris à part

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The Rover

ECRANS | The Rover, c’est Mad Max rencontre En attendant Godot. Rien que ça. Dès le carton pré-générique, on nous annonce que l’action se déroule en Australie quelques (...)

Christophe Chabert | Mardi 3 juin 2014

The Rover

The Rover, c’est Mad Max rencontre En attendant Godot. Rien que ça. Dès le carton pré-générique, on nous annonce que l’action se déroule en Australie quelques années «après la chute». La chute de quoi ? Du pays ? Du monde ? De l’économie ? Peu importe, car ce futur est saisi au présent, dans toute sa désolation, avec paysages arides et personnages hagards dont les motivations paraissent dérisoires. C’est le cas d’Eric, vagabond errant dans une bagnole qu’il a le malheur de se faire piquer par une bande de gangsters hallucinés, ayant laissé pour mort un des leurs, Rey, après un braquage qui a mal tourné. L’impassible Eric (sobre et étonnante composition de la part de Guy Pearce, d'ordinaire cabotin) va donc former un tandem improbable avec Rey (Robert Pattinson, excellent, dont la carrière post-Twilight prend un virage passionnant), soit un homme froidement brutal et un autre à moitié idiot et à moitié crevé, qui vont passer une heure quarante à arpenter les routes australiennes pour retrouver une voiture. Post-cinéma Si

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Cannes 2014, jour 4. Aux armes !

ECRANS | S’ennuie-t-on au cours de ce festival de Cannes ? Oui, un peu, beaucoup parfois ; alors à la guerre comme à la guerre, on ose ce que l’on n’avait jamais (...)

Christophe Chabert | Dimanche 18 mai 2014

Cannes 2014, jour 4. Aux armes !

S’ennuie-t-on au cours de ce festival de Cannes ? Oui, un peu, beaucoup parfois ; alors à la guerre comme à la guerre, on ose ce que l’on n’avait jamais osé jusque-là : laisser tomber la compétition, et se promener à travers les séances des sections parallèles, pour espérer y trouver des films stimulants, différents, bref, autre chose que de l’art et essai formaté, long et plombé. À ce petit jeu, The Rover, présenté en séance de minuit, repousse les limites de la bizarrerie. De la part du réalisateur d’Animal kingdom, David Michôd, rien ne laissait présager un tel virage ; si son premier film était puissant et abouti, il s’inscrivait dans un genre codifié — le film de gangsters — et sa mise en scène cherchait avant tout une forme d’efficacité sans refuser pour autant d’apporter de réelles innovations. Avec The Rover, Michôd fait exploser toutes les catégories et signe le premier film post-apocalyptique beckettien, que l’on pourrait réduire à ce pitch : deux hommes, l’un à moitié idiot, l’autre impavide, recherchent à travers une Australie désolée une voiture. Point. Le premier plan, qui montre pendant une minute Guy Pea

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Les Quatre Poptastiques

MUSIQUES | Imaginez un Instant T, comme le chante Peau dans son splendide clip. Il est très tard en ce 23 octobre et quatre drôle de personnages devisent timidement (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 18 octobre 2013

Les Quatre Poptastiques

Imaginez un Instant T, comme le chante Peau dans son splendide clip. Il est très tard en ce 23 octobre et quatre drôle de personnages devisent timidement dans le salon Louis-Philippe qui sert de loge au Transbordeur : une fille à la Peau synthétique, un garçon nommé Daisy, un type en nage sous sa combi spatiale et son casque de pilote de Mig-28, et une armoire à glace aux traits féminins et en manteau noir capable de tout envoyer valser dans la pièce d'un simple accès de charisme («Hé ho doucement avec mes fauteuils Voltaire» s'écrie le maître de maison). Un film de David Lynch ou, ce qui revient au même, un rêve sous antihistaminique ? Non : le programme de la soirée du 23 octobre au Transbordeur. Sans doute la soirée phare de cette édition de Just Rock? : Peau, Daisy Lambert (aucun lien), Cascadeur et Rover, réunis tout exprès pour vous envoyer au 7e Ciel et qui vient d'y parvenir.   Last Aqualast

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Le freak, c’est chic

MUSIQUES | Comme pour toute saison, tout événement, tout lancement, il nous faut un parrain, un type dont la stature et l'aura donnent immédiatement le ton. C'est (...)

Stéphane Duchêne | Jeudi 19 septembre 2013

Le freak, c’est chic

Comme pour toute saison, tout événement, tout lancement, il nous faut un parrain, un type dont la stature et l'aura donnent immédiatement le ton. C'est Florent Pagny en total look peau de zobi à la Star Academy ou Alain Delon tenant des propos contre-intelligents sur l’homosexualité dans C à vous. Car oui, souvent, on a affaire à un type qui peut partir en vrille à tout moment, se mettre à dire n'importe quoi, comme n'importe quel parrain dans n'importe quel événement familial, ou comme un parrain de la mafia un peu sur les nerfs. C'est très bien, ça fait parler. Nous aurions pu assez logiquement choisir le parrain rock Don Cavalli, d’origine italienne et d’aspiration amerloque, comme tout parrain qui se respecte, et dont Les Inrocks qualifient avec raison la production de «rock tordu et primitif», quelque part entre la sève de Johnny Cash et les débordements d’un Beck. Bref, l’éternelle histoire du type né au mauvais endroit au mauvais moment et qui s’en accommode par le voyage intérieur (sur son dernier disque il va même jusqu’en Asie). En plus, dans le civil,

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Il pleut des cordes

MUSIQUES | Quinze ans que le Quatuor Debussy imagine avec Cordes en Ballade un festival pour tous, les érudits et les grands connaisseurs de musique de chambre (...)

Pascale Clavel | Mardi 18 juin 2013

Il pleut des cordes

Quinze ans que le Quatuor Debussy imagine avec Cordes en Ballade un festival pour tous, les érudits et les grands connaisseurs de musique de chambre comme les vacanciers en tongs assoiffés de beauté. Quinze ans qu'il fidélise au cœur de l'Ardèche un public toujours plus en demande et fait venir les interprètes les plus prestigieux que compte la musique contemporaine et, cerise sur les cordes, renouvelle la forme même de l'événement, fort des parti pris et de l'audace artistique qu'on lui connaît - quel que soit le projet, quel que soit le lieu, ses membres ont toujours des idées plein leur tête bien faite. Cordes en Ballade respire en effet la santé et cette édition 2013, qui déroulera le tapis rouge pour Bach et Haydn d'une façon aussi singulière que décalée et émouvante, ne devrait pas changer la donne.  Bizarre, bizarre… Dans un contrepied dont ils ont le secret, les Debussy ont invité marionnettistes, danseurs de hip hop et musiciens de jazz à magnifier les œuvres des deux maîtres du baroque aux côtés de la violoniste Hélène Schmitt et de la violoncelliste Ophélie Gaillard. La soi

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