Une saison 2019/2020 allant de Bach à Damon Albarn

Auditorium | L'Auditorium poursuit sa mue vers les musiques contemporaines, multipliant ses ouvertures vers les domaines des musiques du monde, de la pop, ou encore de la musique classique contemporaine en s'associant, par exemple, au compositeur australien Brett Dean.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 28 mai 2019

Photo : © David Duchon-Doris


Quelques changements en douceur à l'Auditorium et pour l'Orchestre National de Lyon... En 2019, le chef danois Nikolaj Szeps-Znaider a succédé à Leonard Slatkin à la direction de l'ONL, et donnera cette saison quatre concerts à Lyon (dont un concert d'ouverture qui comprend les Quatre Derniers Lieder de Richard Strauss, sommet d'émotion lyrique). L'Auditorium s'entoure aussi de plusieurs artistes associés : le chef Ben Glassberg (qui dirigera l'ONL pour le plus beau et le plus épuré des Requiem, celui de Gabriel Fauré), le pianiste lyonnais Jean-Yves Thibaudet (pour, notamment, une œuvre d'Olivier Messiaen, la Turangalîla-Symphonie, compositeur trop rarement interprété à notre goût), et le compositeur australien Brett Dean qui présentera six de ses pièces : des compositions souvent inspirées par l'actualité (politique, écologique...) aux paysages sonores très dynamiques, voire explosifs !

Quelques points d'orgue

Du côté des incontournables cette saison, on retiendra pêle-mêle : l'intégrale des concertos pour piano de Beethoven dispatchée au fil de la saison 2019-2020, le récital de sonates pour piano de Beethoven par l'immense Daniel Barenboim, l'Ernani de Verdi, la collaboration de la pianiste Martha Argerich avec l'Orchestre de chambre Franz Liszt, la 2e Symphonie de Mahler, la Passion selon Saint-Jean de Bach...

Cette année, l'Auditorium poursuit et multiplie aussi ses avancées dans le domaine large des musiques contemporaines, avec : les musiques du monde et un week-end dédié à Anoushka Shankar, la fille du célèbre compositeur et joueur de sitar Ravi Shankar ; une invitation lancée à Étienne Daho qui interprétera son album Eden avec l'ONL, et chantera des mélodies de Gabriel Fauré ; une création de Damon Albarn, le co-fondateur des groupes Blur, Gorillaz et The Good, The Bad & The Queen... Plus inattendu encore, durant trois jours, l'Auditorium et le Grame invitent l'écrivain Yannick Haenel (l'auteur entre autre de Tiens ferme ta couronne et des Renard pâles) autour de plusieurs œuvres musicales de toutes époques (Lara Morcino, Steve Reich, Franz Schubert...).

Programmation complète et informations

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Damon Albarn et Thom Yorke reprogrammés en 2021

Pop | Ils devaient jouer à l'Auditorium et aux Nuits de Fourvière : Damon Albarn et Thom Yorke ont tous deux reportés leurs dates respectives en avril et juillet 2021.

Sébastien Broquet | Vendredi 22 mai 2020

Damon Albarn et Thom Yorke reprogrammés en 2021

Les fondus de pop anglaise des 90's seront soulagés : le leader de Blur et celui de Radiohead feront bien halte à Lyon. Pas cette année, on l'a bien compris, qui restera comme une sorte de vide intersidéral en terme de spectacle vivant, mais en 2021, puisque tous deux reportent leurs dates respectivement prévues à l'Auditorium et aux Nuits de Fourvière à l'année prochaine. Ce qui relève du tour de force de la part des organisateurs pour des artistes de ce calibre ayant des agendas surchargés longtemps à l'avance. Alors bien sûr, on dit brit pop, mais tous deux viennent en solo et leurs parcours ont largement explosé les frontières d'un seul genre, Damon Albarn travaillant entre autre beaucoup autour des musiques africaines et de l'opéra, Thom Yorke ne s'étant lui jamais vraiment remis de l'écoute des disques de Warp Records. Commençons par ce dernier, vu récemment au Transbordeur : il revient aux Nuits de Fourvière le mercredi 7 juillet 2021, au grand théâtre bien

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Brett Dean, kaléidoscope musical

Classique | Personnage haut en couleurs, expressives et musicales, l'Australien Brett Dean est le compositeur associé de l'Auditorium pendant deux ans. L'occasion de découvrir son œuvre prolifique et séduisante.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 7 janvier 2020

Brett Dean, kaléidoscope musical

Ce sont des entrailles ténébreuses du monde des cordes que nous parvient, fébrilement, la lumière de la mélodie du violoncelle dans Éclipse, premier quatuor à cordes de Brett Dean, créé en 2003. Une mélodie qui, très vite, sera aspirée de nouveau parmi le tourbillon des stridences aiguës des trois autres instruments, insufflant alors à la pièce son caractère dramatique, son cheminement entre angoisse et espérance. Dans cette œuvre, qui sera jouée à Lyon cette semaine, l'univers du compositeur est immédiatement expressif, poignant par ses mille nuances affectives, saisissant aussi par sa capacité à dessiner différents espaces atmosphériques. Éclipse a été composée en écho avec l'

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Terry Riley prend un ticket pour l'Africa Express

Nuits de Fourvière | Terry Riley est une figure de la musique minimaliste dont l'œuvre emblématique reste sans aucun doute la transcendante pièce In C, composée en 1964 en (...)

Sébastien Broquet | Mardi 21 juin 2016

Terry Riley prend un ticket pour l'Africa Express

Terry Riley est une figure de la musique minimaliste dont l'œuvre emblématique reste sans aucun doute la transcendante pièce In C, composée en 1964 en Californie et régulièrement interprétée depuis. Écrite pour 35 musiciens, potentiellement plus ou moins, elle est particulière dans le sens où elle laisse une grande liberté d'improvisation : elle est composée de 53 motifs qui doivent être joués dans l'ordre et répétés par tous les interprètes, mais ces derniers choisissent le nombre de fois où ils répètent chacun des phrasés, et ils doivent parfois s'interrompre pour écouter l'ensemble avant de reprendre. De plus, tous les instruments sont les bienvenus. Comme une impression d'infini, d'état onirique après des heures dans un train lancé au mitan de paysages inconnus, qui influença grandement le krautrock (cf. le E2-E4 de Manuel Göttsching). À la lecture de cette introduction, l'on saisit aisément tout l'intérêt du voyage effectué sur le continent africain par cette pièce historique : comme un retour aux sources de la m

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Traité de Damonologie

MUSIQUES | C'est sous son propre nom et uniquement celui-ci que Damon Albarn revient fouler les pierres de Fourvière. Au menu, un album pas facile à appréhender de prime abord mais sublime comme une mise à nue. Et un concert que, connaissant l'animal, on promet à l'avenant. Stéphane Duchêne.

Stéphane Duchêne | Jeudi 26 juin 2014

Traité de Damonologie

Un quart de siècle d'activisme musical, un statut d'icône britannique et pourtant, à quarante-six ans, à l'âge où meurent les grands poètes (Wilde, Musset, Nerval, Baudelaire, Camus, Mishima, Orwell, Perec, Wallace..), l'ex-leader de Blur s'offre une seconde vie artistique, livrant son premier effort solitaire officiel. Son premier véritable album sous le nom de Damon Albarn, (enfin?) démasqué des nombreux avatars sous lesquels il a officié directement (Blur, Gorillaz, The Good The Bad & The Queen...) ou indirectement (Mali Music, les opéras Monkey : Journey to the West et Dr Dee, des BO collaboratives). Mais avec lesquels, il faut bien l'avouer, Albarn a déjà donné beaucoup de lui-même. Comme l'était Think Tank pour Blur, dont on imaginait bien qu'il n'aurait pas de suite, Everyday Robots semble être la somme de ce qui nourrit depuis toujours le musicien. Soit un petit tas de paradoxes soigneusement rangés dans un cerveau à tiroirs. Fils spirituel et quasi naturel de Terry Hall et Ray Davies, deux des plus angliches songwriters britanniques, mais aussi du Martin Amis acide et nostalgique de London Fields, le Blur

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Nuits de Fourvière 2014 - La programmation

CONNAITRE | 65 spectacles, 170 levers de rideau, des rendez-vous au TNG, à Gadagne ou à la Maison de la danse : les Nuits de Fourvière s'annoncent plus foisonnantes que jamais. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Jeudi 13 mars 2014

Nuits de Fourvière 2014 - La programmation

L'an passé, nous saluions le starpower de la soixante-huitième édition des Nuits de Fourvière. Maintenant que nous connaissons la teneur de la soixante-neuvième, nous voilà contraints de revoir notre jugement à la baisse : en termes d'éclat et de densité, la programmation de 2014 est à celle de 2013 ce que la Grande Nébuleuse d’Andromède est à la Voie Lactée. Le principal artisan de ce saut hyperspatial qualitatif n'est autre que Richard Robert, transfuge des Inrockuptibles qui semble avoir avoir définitivement trouvé ses marques de conseiller artistique. Impeccablement équilibré entre reconnaissance de phénomènes franco-belges (Phoenix,  Fauve et Stromae), concerts événementiels (un hommage à Robert Wyatt, Benjamin Biolay qui dirigera un orchestre pour sa nouvelle muse, Vanessa Paradis), rappels de la suprématie de la pop d'outre-Manche (le collectif multimédia Breton, Damon Albarn pour son premier album solo, Franz Ferdinand, Miles Kane), passages ob

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Journey to the west

MUSIQUES | MONKEY XL/ Beggars

Christophe Chabert | Mercredi 24 septembre 2008

Journey to the west

Jamie Hewlett et Damon Albarn, les deux artistes derrière Gorillaz, ont de la suite simiesque dans les idées. Ils avaient en effet monté Monkey, un opéra en hommage à la Chine qui, aux dires de ceux qui l’ont vu au Théâtre du Châtelet, était bien plus pertinent et moins pompier que les cérémonies d’ouverture de l’odieux Zhang Yimou pour les JO. En attendant qu’un jour cette mise en scène passe par nos contrées, il faudra se contenter de son énigmatique et fascinante bande originale. 22 morceaux qui s’inspirent des traditions musicales chinoises, respectant ses règles de composition mais les étoffant par une matière sonore très occidentale (et très électronique). Par moments, on dirait des inédits de Gorillaz où il manquerait des notes, interprétés par des pop stars chinoises… Certaines chansons sont assez incroyables, comme Confessions of a pig, où le cochon a une voix de stentor aviné, ou encore cette «Marche des volontaires» doublée par un orgue Bontempi. Journey to the west joue constamment — peut-être à l’instar de sa version scénique — sur ce décalage baroque entre la grandeur et sa miniature. Ce pourrait bien être, dans la carrière d’Albarn, l’équivalent de ce que fut pour To

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Mélodies de bonne heure

MUSIQUES | Disques / Sortir un album en début d'année c'est l'assurance d'être oublié par les palmarès de décembre. Alors pour ceux qui frappent les premiers, il n'y a (...)

| Mercredi 10 janvier 2007

Mélodies de bonne heure

Disques / Sortir un album en début d'année c'est l'assurance d'être oublié par les palmarès de décembre. Alors pour ceux qui frappent les premiers, il n'y a qu'une solution : frapper fort. Après Mali Music et Gorillaz voici The Good, the Bad and the Queen (le 22 janvier), énième projet parallèle à concept bidon de Damon Albarn. L'écoute répétée du single The Herculean suffit à confirmer ce qu'on savait : Damon a certes une tête à claques mais elle est loin de sonner creux. Un peu comme les bruyants, mais pas si pouet-pouet, Klaxons, résolus à attaquer le dance-floor au pied de biche d'un happy hardcore fluo, futuriste et ravageur (Myths of the near future, le 29 janvier). Une démarche à l'opposé de l'autre révélation british du moment, le mal nommé Pop Levi dont le glam-blues fiévreux aurait tendance à faire oublier que Liverpool fut une terre de pop câline et enchanteresse (The Return To Form Black Magick Party, le 12 février). Moins de paillettes, dans le blues lillois de l'ex-Villeurbannais Red, mais autant de tripes : après le (trop ?) chiadé Nothin' to Celebrate, Social Hide and Seek semble opérer un retour salvateur aux sources viscérales de son artisanat rauque n'roll. (le 1

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