The Green Escape kiffe Kiefer

The Green Escape | Pour son édition 2019, le festival country de Craponne-sur-Arzon s'est offert un invité aussi surprise que prestigieux : Kiefer Sutherland. Car oui, qu'on se le dise, le fils de Donald et éternel interprète du sauveur du monde Jack Bauer est aussi musicien, tendance country-blues.

Stéphane Duchêne | Mardi 11 juin 2019

Photo : © Mumpi Kuenster


Drôle de carrière que celle de Kiefer Sutherland, qui le vit briller durant les années 80 aux côtés de la fine fleur d'une génération quelque peu évaporée (Corey Feldman, River Phoenix, Emilio Estevez, Charlie Sheen, Lou Diamond Philips, Christian Slater, Michael J. Fox...) dans une série de films générationnels devenus cultes pour certains (Stand By Me, The Lost Boys, Young Guns, Bright Lights, Big City...) avant de hanter une kyrielle d'OVNI (Twin Peaks : Fire Walk With Me, Freeway, Dark City, Mirrors) au cœur d'une carrière en dent de scie dont le pinacle cinématographique est sans doute le Melancholia de Lars Von Trier.

C'est que la consécration, le fils de Donald Sutherland la connaîtra mondialement à la télévision dans la série 24 et son personnage de super agent Jack Bauer avec lequel il finit par se confondre, jusqu'à son incarnation d'un président des States malgré lui dans Designated Survivor (une sorte de métaphore de la gloire planétaire tardive et presque fortuite de Kiefer). Mais le plus surprenant dans la carrière d'artiste de Sutherland est sans doute ailleurs.

Sur la route

Comme nombre d'acteurs hollywoodiens, à des degrés et avec des réussites divers – Russell Crowe, Jared Leto, Ryan Gosling, Hugh Laurie... – Kiefer a en effet une autre fiancée que la comédie : la musique. Et comme l'acteur principal de Docteur House, c'est au country-blues que va sa préférence. Une passion, combinée à celle du rodéo, ce qui peut sembler incongru pour un Britannique de naissance, qu'il assume sans faux-semblants et assouvit aux côtés du musicien et producteur Jude Cole.

Lequel après l'avoir incité à enregistrer lui-même les chansons écrites en secret, l'a épaulé pour mettre bas ses deux albums, Down in a Hole en 2017 et cette année Reckless & Me, deux honnêtes exercices de country-rock calibrés, comme l'indique Open Road, le titre d'ouverture de Reckless & Me, pour tailler la route. Si The Green Escape est habitué à attirer depuis plus de trente ans les pointures de l'Americana dans ses montagnes, on n'imaginait peut-être pas y applaudir un jour Jack Bauer lui-même.

The Green Escape
À Craponne-sur-Arzon (Haute-Loire) du vendredi 26 au dimanche 28 juillet

Kiefer Sutherland
Sur la grande scène le samedi 27 juillet à 19h50

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Craponne-sur-Arzon, capitale de la country

The Green Escape | Après trente années vouées au culte de la country music, l’incontournable festival de Craponne-sur-Arzon change de nom sans perdre son âme, avec cette année le groupe Status Quo en tête d’affiche.

Niko Rodamel | Mardi 19 juin 2018

Craponne-sur-Arzon, capitale de la country

Drapé d’une identité visuelle renouvelée, l’immuable Country Rendez-Vous devient The Green Escape. Avec une recette gagnante qui déplace chaque année près de vingt mille visiteurs, cette année encore le festival affiche (en in) une playlist d’artistes aussi riche qu’internationale, mais aussi (en off) une belle brochette de concerts et d’animations qui mettront le bourg en ébullition dès le 25 juillet. Car si la country, avec ses singulières danses en ligne et son barnum santiags-Stentson US-friendly, tarde à se défaire d’une réputation un brin ringarde, les musiques de l’Amérique profonde rassemblent en Europe un public toujours aussi nombreux puisque intergénérationnel. Que les amateurs et les habitués du festival se rassurent donc, la country music demeure au centre d’une programmation qui lorgne forcément aussi un peu sur le blues, le rock et la folk. L’échappée verte Après l’iconique Emmylou Harris qui l’an passé était venue souffler les trente bougies du festoche, Status Quo, les papys toujours fringants du rock britannique, sont les têtes d’affiche de la trente et unième édition (le 29 juillet sur la grande scène). Formé en 1962 dans la banlieue sud

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Mirrors

ECRANS | d’Alexandre Aja (EU, 1h51) avec Kiefer Sutherland, Paula Patton…

Christophe Chabert | Mardi 2 septembre 2008

Mirrors

Alexandre Aja avait fait sensation en réussissant le remake d’un Wes Craven vieillot, La Colline a des yeux. Avec Mirrors, il tente de reproduire la formule avec un médiocre film sud-coréen ; mais cette fois-ci, il ne fait pas illusion longtemps… Mirrors est une pauvre série B qui aurait fini directement au vidéoclub si elle ne bénéficiait de la présence de Jack Bauer lui-même. C’est d’ailleurs le premier écueil du film : Kiefer Sutherland est incapable de faire oublier son rôle d’agent de la CTA, tant il a déjà tout joué dans 24, de la course-poursuite à l’affliction, de la parano à la disgrâce. Mais ce n’est rien par rapport à la farandole de clichés que trimballe le scénario. Le concept même du film (les miroirs d’un supermarché dévasté par les flammes renferment une présence démoniaque) répète à l’infini un des effets les plus éculés du genre : le personnage se regarde dans une glace, il se baisse, il se relève et surprise ! ce n’est plus son reflet qui apparaît. Du coup, on ne croit jamais vraiment aux rebondissements (nombreux mais patauds), et les détails un tant soit peu «personnels» (une visite chez des rednecks ordinai

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