Festilac

Musilac | Ailleurs, il y a Rock en Seine, les Eurockéennes, les Vieilles Charrues ou le Main Square. En Auvergne-Rhône-Alpes, il y a Musilac, son lac (donc), ses milliers de festivaliers et ses quatre jours de programmation bourrés jusqu'à la gueule. Revue au jour le jour.

Stéphane Duchêne | Mardi 11 juin 2019

Photo : © DR


11 juillet : Les enfants terribles

S'il fallait tenter de donner un semblant de cohérence à cette soirée d'ouverture de Musilac, on la placerait sous le signe des golden boys (and girls), puisque l'on verra se succéder sur les scènes du festival les jeunes stars montantes que sont l'électro-explorateur Thylacine, le collectif de hip-hop rennais Columbine, le rock sans voyelle de la révélation Mnnqns, et l'énigmatique météore Boulevard des Airs. Ajoutez à cela une double fille de en la personne de Lou Doillon, le sidekick préféré du prince Orelsan, Gringe, dont la carrière musico-cinématographique décolle en flèche, l'acteur le plus punk d'Hollywood : Jared Leto et son groupe Thirty Seconds to Mars (pluie d'évanouissements à prévoir) et l'idole hip-hop US Macklemore. L'on peut se demander ce que le totem 90's Garbage fait au milieu de ce jardin d'enfants terribles. Jardin complété par Maïsman que l'on nous présente comme un savant mélange d'Henri Dès et de Slipknot. Ah...

12 juillet : Génération 90

C'est ici que le fil rouge 90's-2000's sera le plus épais avec la présence cumulée de Franz Ferdinand (pour la deuxième année de suite, on y reviendra), l'inépuisable trip-hop de Morcheeba, le mythique DJ teuton Paul Kalkbrenner, les toujours pétaradants revenants drômois Dionysos et Tahiti 80 qui fête ses vingt ans de pop à la cool cette année. Dans les interstices de cette programmation, l'air du temps n'oubliera pas de pointer le bout de son nez avec des incontournables tels que Chris(tine & the Queens), Clara Luciani, Kimberose et Hyphen Hyphen (pour autant de visions de la pop française façon 50 nuances de girls). À suivre : le petit prince du folk anglais George Ezra (gueule d'ange à l'avenant de sa musique) et les excellents Grenoblois d'Arabella, auxquels l'avenir promet de sourire.

13 juillet : Légendes d'été

Voici la première d'une soirée d'où émergent des grands anciens. À commencer par deux têtes d'affiche qui devraient sacrément faire croître la moyenne d'âge du public. D'abord Graham Nash, dont il faut souligner la rareté sur scène, particulièrement en festival, qui viendra trimballer un peu de la nostalgie des sixties (il fut membre des Hollies et de Crosby, Stills & Nash et l'un des rares exemples d'Anglais à s'être imposé comme une figure du rock américain). Ensuite, les Stray Cats, qui il y a quarante ans, en se lançant dans la pratique déjà largement démodée du rockabilly sous la férule de Brian Setzer, n'imaginaient pas être frappés par la gloire. Autour, on croisera là encore quelques gloires des années 90-2000 revenues en grâce tels Yarol Poupaud (ex-FFF devenu homme-lige de Johnny) et Arnaud Rebotini, pionnier de l'électro couronné par un César pour la BO de 120 battements par minute (qu'il vient jouer ici, ça tombe bien). Et un peu de jeunesse insolente avec notamment Jain et Therapie Taxi mais aussi Claire Laffut et Barry Moore, pour faire contrepoint.

14 juillet : Retours en Mass(e)

On continue avec les vieilles gloires pour finir avec Scorpions, créature qui aime à ressortir son dard et ses guitares l'été venu pour écumer les festivals à coups de soli perchés, et dans une moindre mesure Ugly Kid Joe, Agoria, Mass Hysteria (vu il y a quatre ans) et IAM (vu l'an dernier). Car oui, considérant qu'on ne change pas une équipe qui gagne (du public notamment), Musilac aime à réinviter sans répit des têtes d'affiche. C'est le cas de Franz Ferdinand, cité plus haut, mais aussi de Shaka Ponk dont le rock balourd n'en finit plus de remplir les salles et les esplanades. Même cause, même punition pour les plus élégants Balthazar qui après avoir envoyé ses membres séparément à Musilac (Warhaus puis J. Bernardt) revient groupé. Le tout saupoudré d'un peu de jeunesse avec les Suisses de Death by Chocolate et le rappeur Lartiste, dont l'histoire ne dit pas s'il viendra avec son chapeau.

Musilac
À Aix-les-Bains du 11 au 14 juillet

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