L'Eden, enfin

Stéphane Duchêne | Mardi 19 novembre 2019

Photo : © DR


Il y a 23 ans presque jour pour jour, le 19 novembre 1996, paraîssait Eden. Pour Étienne Daho une manière de complète résurrection, quelque mois après sa Réserection, dont il faut ici poser le contexte. Au sortir de Paris Ailleurs, la Dahomania flambe qui consume le chanteur.

Comme souvent, c'est à Londres qu'il part trouver jouvence, s'immergeant dans l'avant-garde locale, pas vraiment raccord, pas encore, avec ce qui se fait de l'autre côté de sa vie, à Paris. Là qu'il croise Saint Etienne, groupe gallois en vogue, dont la vigueur, accouplée à sa soif de nouveauté, accouche du jungle-pop Résérection, mini-album qui préfigure un disque, grandiose, irrigué par la même veine esthétique, mais élargie à la pop orchestrale et à la bossa.

Deux ans de travail, une fortune engloutie dans un enregistrement marathon au côté de l'alter ego Arnold Turboust, de nombreux invités, et voilà Eden, jardin originel d'une carrière à repenser sous le signe de l'exigence, fille de la rigueur et de la liberté. Ici, aucun tube comme parole d'évangile, que des fruits défendus ne manquant pas de dérouter public et critique, mais long en bouche, établissant le pilier annonciateur de la french touch, la clé de voûte d'une discographie riche de futures surprises.

Engagé depuis quelques années dans une vaste entreprise de réédition de son œuvre, Daho a logiquement gardé celle d'Eden pour la fin. À partir des bandes originales, soignées par Gildas Lointier pour avoir été abîmées par... un champignon, Daho a donc travaillé à rendre son lustre à ce disque à part, d'en exhumer les pépites semées en chemin : remixes, versions alternatives ou live, EP avec ses amis de Comateens.

Des douze morceaux originels, cette version Deluxe 2019 (disponible en CD et vinyle) en livre 52 dont 21 inédits. Eden comme une île au trésor.

Eden Deluxe remastered collection (Parlophone / Warner)


Etienne Daho

Daho chante "Eden" avec l'ONL
Auditorium de Lyon 149 rue Garibaldi Lyon 3e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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De nouvelles couleurs pour le cinéma italien au Comœdia

Rencontres autour du cinéma italien d’aujourd’hui | Moribond il y a vingt ans, fracassé non pas par un capitaine, mais par un cavaliere à la tête de son armée de chaînes de télévisions, le cinéma italien a repris quelques couleurs, trouvant de dignes héritiers à ses glorieux aînés avalés par la terre.

Vincent Raymond | Mardi 4 février 2020

De nouvelles couleurs pour le cinéma italien au Comœdia

Quelques jours après les premières célébrations du centenaire de la naissance de Federico Fellini, le Comœdia, l'Institut Culturel Italien et l'Université Lyon 3 consacrent trois jours à l’actualité de la production transalpine autour de cinq longs-métrages emblématiques, dont quatre inédits et quatre déjà récompensés à travers les festivals. Profitez-en pour voir, si cela n’avait point été fait, l’étonnant Martin Eden de Pietro Marcello, transposition quasi-contemporaine et ultra politique du roman d’apprentissage de Jack London ayant permis à Luca Marinelli de décrocher la Coupe Volpi à Venise. Politique, la sélection l’est d’ailleurs globalement. Tel le film choisi en ouverture, Effetto Domino de Alessandro Rossetto (en sa présence), auréolé du Prix spécial du jury à Annecy en 2019. Également Prix du Jury, mais à Venise, le documentaire La Mafia non è più quella di una volta de Fran

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Étienne Daho : « Eden m'a permis de progresser »

Pop | En plein EDENDAHOTOUR, qui accompagne la réédition d'"Eden", album de la renaissance paru en 1996, Étienne Daho fait étape à Lyon pour un concert aussi unique que spécial avec 50 musiciens de l'ONL. Il évoque pour nous cette double actualité.

Stéphane Duchêne | Mercredi 20 novembre 2019

Étienne Daho : « Eden m'a permis de progresser »

La réédition d'Eden et l'EDENDAHOTOUR ne correspondent à aucun anniversaire discographique. Pourquoi maintenant ? Étienne Daho : C'est un concours de circonstances. J'ai commencé ce travail de réédition il y a quelques années avec Pop Satori pour accompagner un concert anniversaire à l'Olympia – Les Inrocks m'avaient demandé de jouer Pop Satori pour fêter ses vingt ans. C'était une commande, mais finalement j'y ai pris goût car c'est une belle manière, je trouve, de remettre en lumière ce qui sinon aurait péri avec les années et l'obsolescence des supports physiques. J'ai donc réédité quasiment tous mes albums dans le désordre et en fonction du temps que j'avais. Je gardais Eden pour la fin parce que je savais que c'était un sujet un peu épais, qu'il y avait beaucoup de documents à restaurer. Parallèlement, la Philharmonie de Paris m'a commandé un concert particulier qui

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Daho : d'Etienne en Eden

MUSIQUES | Avec la réédition de son album Eden (1996) et la tournée orchestrale qui l'accompagne, Etienne Daho replonge avec bonheur dans le souvenir de l'album d'une radicale réinvention. L'occasion, avant son concert lyonnais aux côtés de musiciens de l'ONL, de se repencher sur une carrière qui ne fut qu'une suite de renaissances et de nouveaux départs dessinant une dialectique de la pop selon Daho. Rétrospective.

Stéphane Duchêne | Mardi 5 novembre 2019

Daho : d'Etienne en Eden

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London, Italie : "Martin Eden"

Drame | L’Italie, dans une vague première moitié du XXe siècle. Pour avoir défendu un bourgeois dans une bagarre, le jeune marin Martin Eden est introduit dans sa famille. Fasciné par la fille de la maison, il cherche à se cultiver pour s’élever. Mais peut-on impunément quitter sa classe d’origine ?

Vincent Raymond | Mardi 15 octobre 2019

London, Italie :

Pietro Marcello effectue ici une transposition libre et engagée du roman de Jack London, où les interférences avec l’histoire politique transalpine trouvent un écho dans la forme même du film. L’époque composite dans laquelle les faits se déroulent évoque autant le début du XXe voyant la coagulation du mouvement prolétaire autour de la doctrine marxiste, l’entre-deux-guerre (l’avénement du fascisme), les années soixante dans les bas quartiers napolitains que (de manière fugace) le temps contemporain, où des réfugiés échouent sur les plages italiennes. Un flou volontaire faisant de Martin Eden un personnage somme et atemporel ; une figure symbolique, éternelle voix du peuple arrachée à sa condition par l’éducation et la culture, dont l’élite ne pardonne ni n’oublie la modeste extraction et que son milieu d’origine perçoit comme un social-traître. Un être duplice également, écartelé entre ses identités, fatalement voué à la contradiction intime le poussant à une forme de fuite. Scandant son film d’images d’archives de visages et de foules de toutes les é

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Dahoditorium : Etienne Daho joue Eden avec l'ONL le 23 novembre

MUSIQUES | C'est l'histoire classique de l'album culte. Incompris, victime de la désaffection du public, chéri entre tous et malgré tout par son auteur, puis finissant (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 8 mars 2019

Dahoditorium : Etienne Daho joue Eden avec l'ONL le 23 novembre

C'est l'histoire classique de l'album culte. Incompris, victime de la désaffection du public, chéri entre tous et malgré tout par son auteur, puis finissant par prendre une place considérable dans une discographie pourtant riche. Telle fut la trajectoire d'Eden, publié en 1996 par Etienne Daho au sortir de l'immense succès de Paris ailleurs et d'une énigmatique parenthèse londonienne. Ce disque pop aux sonorités électro autant que bossa, dépourvu de tubes – ce qui expliqua son insuccès –, le chanteur rennais le porte toujours dans sa chair. Preuve en est : à peine sorti de son Blitz Tour, Daho remontera sur scène à l'automne pour une tournée de 20 dates consacré à une délivrance live d'Eden – à laquelle s'ajoutera quelques œuvres de la même époque, comme Jungle Pulse, né de sa collaboration avec le groupe Saint Etienne sur Reserection. Mieux, Etienne Daho livrera à Lyon une prestation inédite et unique le 23 novembre dans l'enceinte de l'Auditorium accompagné par des musiciens de l'Orchestre National de Lyon. Un événement à marquer d'une pierre blanche pour les dahophiles.

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Étienne Daho aux Nuits de Fourvière : éclair obscur

Pop | La soixantaine passée, Étienne Daho a décidé de passer aussi la seconde sur son album le plus rock à ce jour. Un disque sombre et brillant de mille feux que le chanteur rennais vient faire exploser sur la scène de Fourvière, l'un de ses antres fétiches.

Stéphane Duchêne | Mardi 5 juin 2018

Étienne Daho aux Nuits de Fourvière : éclair obscur

Après un passage en correctionnelle qui avait failli l'expédier une énième fois dans l'au-delà en 2013, lui qui quelques années plus tôt chantait Le Condamné à Mort de Genet, Étienne Daho avait finalement pu, non sans un léger différé, retrouver la santé et son innocence sur Les Chansons de l'Innocence retrouvée. Un disque d'ailleurs pas si innocent que cela – le titre évoquait William Blake et une plantureuse créature aux seins nus sur la pochette avait failli la faire interdire – tant il marquait un vrai retour en forme et en grâce pour le chanteur après quelques flottements. Pour ainsi dire, on n'avait encore rien vu. L'an dernier avec Blitz, énième album du retour – comme s'il s'agissait pour lui de ne cesser de revenir, y compris quand il n'est pas parti, problème des gens effacés – le Rennais désormais sexagénaire et célébré jusqu'à la Philharmonie de Paris (l'exposition Daho l'aime Pop) annonçait la couleur – on aurait pu écrire la colère – dès le titre, Blitz, donc, et

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10 concerts à ne pas louper en juin

Bons Plans | Début du festival Nuits de Fourvière et gros noms à foison, Thom Yorke en solo au Transbo, saison des festivals lancée : en juin, point d'ennui, les esgourdes ne risquent pas encore de s'ensabler.

La rédaction | Samedi 2 juin 2018

10 concerts à ne pas louper en juin

King Khan & the Shrines + Reverend Beat-Man Soyons clairs, voici probablement réunis deux des performers les plus dingos du paysage musical : un King de la soul à l'excentricité consommée (et bien connue), mêlant le groove de James Brown et la folie de Sun Ra, et un révérend, one-man band helvète souvent évoqué ici, capable de jeter un sort à n'importe quel audience avec son blues de l'enfer. Au Marché Gare le samedi 2 juin Amadeus Sorti en 1984, Amadeus, signé Miloš Forman, conte les élucubrations, parfois fantasmées, d'un certain Wolfgang Amadeus Mozart, précoce génie un brin excentrique. Bercé de louanges, le film est un classique

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Costa-Gavras, acte 2 : Nos culpabilités

Intégrale, saison 2 | On aurait envie de parler de deuxième round tant l’œuvre de Costa-Gavras compte de coups de poings et de coups de force cinématographiques. Réunissant ses (...)

Vincent Raymond | Mardi 23 janvier 2018

Costa-Gavras, acte 2 : Nos culpabilités

On aurait envie de parler de deuxième round tant l’œuvre de Costa-Gavras compte de coups de poings et de coups de force cinématographiques. Réunissant ses longs-métrages tournés entre 1986 et 2012, ce coffret prend la suite des “années Montand” et étrangement, coïncide avec la première cohabitation — donc la déception de la gauche mitterrandienne. Après deux films américains, Costa revient en France avec une comédie policière interprétée par un Johnny Hallyday inattendu, Conseil de Famille (1986). En souterrain, il interroge le déterminisme social et déjà, le sentiment de culpabilité qui contamine profondément la suite de son œuvre. Jamais procureur ni juge, le cinéaste met en lumière des tendances ou des faits sous des prismes insoupçonnés. Ce sont d’abord les spectres de l'extrême-droite et du nazisme, à rebours, à travers ses rejets contemporains dans La Main droite du diable (1988), puis Music Box (1989) mettant face à face présent et passé, et enfin Amen. (2002) qui plonge au cœur de la mach

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Etienne Daho confirmé aux Nuits de Fourvière

Festival | C'est confirmé : Etienne Daho sera de retour en 2018 à Lyon, aux Nuits de Fourvière. Le concert est programmé pour le 11 juin. L'esthète pop sortira son (...)

Sébastien Broquet | Mercredi 15 novembre 2017

Etienne Daho confirmé aux Nuits de Fourvière

C'est confirmé : Etienne Daho sera de retour en 2018 à Lyon, aux Nuits de Fourvière. Le concert est programmé pour le 11 juin. L'esthète pop sortira son nouvel (et treizième) album, Blitz, le vendredi 17 novembre : on notera l'hommage à Kenneth Anger, la pochette signée du photographe Pari Dukovic, magnifique, s'inspirant clairement de Scorpio Rising. Parallèlement, une exposition est actuellement consacrée au chanteur à la Philharmonie de Paris et deux livres sur lui s'apprêtent à garnir les étals des libraires, dont une biographie du journaliste des Inrockuptibles Christophe Conte.

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Ça commence aujourd'hui : "Ça" de Andrés Muschietti

ECRANS | de Andrés Muschietti (E-U, int.-12 ans, 2h15) avec Bill Skarsgård, Jaeden Lieberher, Finn Wolfhard…

Vincent Raymond | Mardi 19 septembre 2017

Ça commence aujourd'hui :

1988. Sans le savoir, la petite ville de Derry abrite depuis des siècles dans ses égouts une créature protéiforme se déguisant en clown pour attraper ses proies : les enfants. Mais le Club des Ratés (des gamins considérés comme ringards), va oser affronter le monstre… et ses peurs. Le public eût sans doute apprécié de savoir que cette (longue) adaptation de Stephen King ne couvrait que la moitié du roman : il faut en effet attendre le générique de fin pour découvrir un timide “Chapitre un”, promesse d’une suite. Oh, cela n’empêche pas de comprendre l’histoire, mais ne la boucle pas tout à fait. Et explique certainement que Muschietti se soit abandonné à un empilement de séquences répétitives, au lieu de chercher à concentrer l’angoisse. Bien sûr, la qualité du script initial et des effets spéciaux rend le spectacle convenable ; les apparitions de Grippe-Sou le clown obéissent aux lois du genre (surprise, gros plans, zooms avant, fixité sardonique etc.) et sont donc d’une totale efficacité. Il manque cependant le pendant adulte à l’épopée de ces t

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Costa-Gavras, une conscience en action

ECRANS | ​Avec Costa-Gavras, plus d’un demi-siècle d’images et d’histoire nous saisissent. L’institut Lumière lui rend hommage par une rétrospective, une exposition et deux soirées en son indispensable présence.

Vincent Raymond | Mardi 8 septembre 2015

Costa-Gavras, une conscience en action

Si durant les cinquante dernières années, moult intellectuels se sont laissé berner par les miroirs aux alouettes tendus à droite comme à gauche, il en est un qui a su résister aux aveuglements idéologiques : Costa-Gavras. Usant du cinéma pour dessiller les yeux de ses contemporains, le réalisateur a consacré l’essentiel de son œuvre à mettre au jour les atteintes aux libertés fondamentales et à l’humanité. À cartographier les impasses sociales et politiques sous les régimes dictatoriaux autoritaires (L’Aveu) comme sous les démocraties (Le Couperet) ; en temps de guerre (Section spéciale, le mésestimé Amen.) comme en temps de paix (Mad City). Malgré de rares accidents (Le Capital), son parcours artistique demeure l’un des plus éblouissants du cinéma mondial ; et son style nerveux — non dénué de causticité ni d’élégance — a su rendre visibles puis sublimes des causes honnêtes. Ce que l’on pourra constater mardi 15 avec Z, explosive critique du régime des Colonels, Oscar du montage et du film étranger. Costa

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Étienne Daho, Pop Idole

MUSIQUES | Derrière des traits à la Dorian Gray, Etienne Daho cache un quasi-sexagénaire qui n'a jamais paru aussi fringant, malgré les coups du destin. Retour sur le parcours, presque sans faute, d'une increvable icône pop, de passage à Lyon pour sa tournée "Diskönoir", depuis peu disponible sur disque. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 2 décembre 2014

Étienne Daho, Pop Idole

Chanteur réputé sans voix ni charisme, Etienne Daho a traversé pas moins de quatre décennies et quelques "condamnations à mort" plus ou moins avérées. Soit dix fois ce dont rêvent aujourd'hui certains apprentis chanteurs en quête de ventes et de gloire. De fait, pour le chanteur rennais, poussé sur scène et sur disque par ses mentors Jacno et Franck Darcel (Marquis de Sade), les choses auraient pu s'arrêter très vite. Avec Mythomane, en 1981. Le coup d'essai est un coup dans l'eau, un four sur lequel le chanteur semble livrer un programme : On s'fait la gueule, pressentiment, peut-être, de rapports compliqués avec un rock français où il fera figure d'OVNI. Pas vraiment rock donc (malgré ses influences), encore moins chanteur de variété, mais icône pop, oui, saisie très tôt par les artistes Pierre et Gilles sur la pochette de La Notte la Notte (1984), dont malgré les tubes Week-end à Rome et Le Grand Sommeil, on peine à définir le style. Sauf que le style, c'est Daho lui-même, et le succès est aussi cinglant que l'échec de Mythomane.   Voyages immobiles   Et puis le trop méconnu Arnold Turboust provoq

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Eden

ECRANS | Présenté comme un film sur l’histoire de la French Touch, "Eden" de Mia Hansen-Løve évoque le mouvement pour mieux le replier sur une trajectoire romanesque, celle d’un garçon qui croyait au paradis de la house garage et qui se retrouve dans l’enfer de la mélancolie. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 18 novembre 2014

Eden

Nuits blanches et petits matins. L’extase joyeuse des premières soirées techno-house où le monde semble soudain s’ouvrir pour une jeunesse en proie à un nouvel optimisme, prête à toutes les expériences et à toutes les rencontres ; et ensuite la descente, le retour chez soi, la gueule de bois, le quotidien de la vie de famille et des disputes amoureuses. Cette courbe-là, Eden la répète à deux échelles : la plus courte, celle des cérémonies du clubbing d’abord sauvages, puis ritualisées via les soirées Respect ; et la plus large, celle de son récit tout entier, où l’utopie de la culture house-garage portée par son héros se fracasse sur la réalité de l’argent, des modes musicales et du temps qui passe. Aux États-Unis, on appelle ça un «period movie», un film qui embrasse une époque et un mouvement, de ses prémisses à son crépuscule. Eden, quatrième film de Mia Hansen-Løve répond en apparence à ce cahier des charges, puisqu’il s’étend sur une quinzaine d’années, à la charnière des années 90 et des années 2000, celles où la France a été une tête chercheuse du mouvement techno, avec en figures de proue les deux membre

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Insomniaque - Soirées du 12 au 18 novembre

MUSIQUES | Trois RDV nocturnes à ne pas manquer cette semaine : l'after du film "Eden" au Sucre, Boombass et DJ Pone au Logo et JanJelinek et Raymond IV au Croiseur. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 11 novembre 2014

Insomniaque - Soirées du 12 au 18 novembre

13.11 Lyon Techno Generators Jamais le dernier pour exalter le dynamisme de la scène techno/house/you name it locale, Le Sucre ne pouvait rester insensible à la sortie du nouveau film de Mia Hansen-Løve, Eden, biopic "truffaldien" d'un laissé-pour-compte de la French Touch. Dans la foulée de son avant-première au Comoedia, il recevra ainsi quatre DJs qui, tandis que tous les regards se braquaient sur Versailles, posèrent les fondations de la place forte qu'est devenue Lyon depuis : Rocco, St Jean, Manoo et Patrice Moore. Entrée gratuite pour les spectateurs du film – et payable en francs pour les autres ? 13.11 La 69e Puisqu'on parle de pionniers de l'électro à la française, sachez qu'en parallèle de l'after Eden se produira au Logo un authentique artisan de la French Touch : Boombass, frère de Sinclair (on choisit pas sa famille) et moi

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Un Feu sur la langue

MUSIQUES | Rien que de très classique dans cette saison francophone. Du très bon, du bon, du moins bon, Kyo, et au milieu coule une rivière en Feu! Chatterton, inconcevable objet pop aux aspirations littéraires qui feront se gausser ou s'incliner. C'est à voir. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 23 septembre 2014

Un Feu sur la langue

Oubliez les Sébastien Tellier (le 18 octobre au Transbo), Julien Doré (le 15 décembre au Radiant) et Stromae (le 1er novembre à la Halle) qui repassent une énième fois par ici ; zappez les vingt ans des Ogres de Barback et le retour de Kyo, tous deux au Radiant (les 6 et 27 novembre), repaire de morts-vivants. Omettez ces trois grands Bretons que sont Miossec, Daho, Tiersen (19 et 5 décembre au Transbo, 16 octobre à l'Epicerie) et Emilie Simon (7 novembre au Radiant, forcément). Bon si vous aimez tous ces artistes, ce qui pour la plupart d'entre-eux est bien légitime (cherchez néanmoins l'intrus), vous pouvez tout de même vous faire plaisir en allant les voir, on ne vit qu'une fois après tout, sauf Daho et Kyo. Mais rappelez vous une chose : la next big thing, celle dont tou

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Léonard Slatkin, 70 ans de génie

MUSIQUES | Quand il ne mène pas son monde à la baguette, Leonard Slatkin, en bon Yankee, taquine un tout autre type de bout de bois, beaucoup plus robuste celui-ci : (...)

Benjamin Mialot | Mardi 16 septembre 2014

Léonard Slatkin, 70 ans de génie

Quand il ne mène pas son monde à la baguette, Leonard Slatkin, en bon Yankee, taquine un tout autre type de bout de bois, beaucoup plus robuste celui-ci : la batte de base-ball. Si bien qu'à l'occasion de son soixante-dixième anniversaire, qui coïncide avec les Journées européennes du patrimoine, le chef de l'ONL animera ce week-end à l'Auditorium une initiation au plus abscons des sports américains – rappelons par exemple que les matchs se jouent en neuf manches, rien que ça, on dirait une règle de Kamoulox. Ce n'est pas la seule activité au programme de ces "Happy Days"(du 18 au 21 septembre) décalés et gratuits (et un rien égocentriques) : outre un pique-nique made in USA et des visites guidées du Saint des saints de la musique orchestrale, l'Auditorium proposera un prolongement sous forme d'exercices d'adresse de l'opération Fauteuil & tribune, initiée avec l'OL en 2005. Et bien sûr des concerts dirigés par le maître, dont un triple-programme au féminin (avec un concerto de Beethoven par la pianiste Olga Kern, la violoniste Baiba Skride et la violoncelliste Sol Gabetta, habituées des lieux) et un pot-pourri transatlantique avec l'Harmonie du Rhô

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Saint-Étienne Daho aux Nuits de Fourvière

MUSIQUES | D'un coup, Etienne Daho, qu'on a cru une fois de plus au supplice, a recouvré santé et inspiration, à la faveur de ses "Chansons de l'Innocence retrouvée". Qui valent à l'invincible et imperturbable Rennais de remonter sur la scène de Fourvière avec son meilleur album depuis des lustres. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 15 juillet 2014

Saint-Étienne Daho aux Nuits de Fourvière

«Bien sûr, je connais tes plaies et tes blessures / cyanure, tes souvenirs ont la peau dure / fêlures, à chacun son chemin, chacun ses déchirures mais je les ressens comme toi». Ces quelques vers sont issus de La Peau Dure, l'un des singles extraits du dernier album d'Etienne Daho, Les Chansons de l'Innocence retrouvée. Une chanson qui aurait tout aussi bien pu donner son titre au disque tout entier, tant elle résume l'énième retour et la carrière du Rennais. Car s'il est un constat à faire au sujet d'Etienne Daho, c'est que sa capacité de régénération et, oserait-on dire, de résurrection, confine au divin. Voilà un type que l'on a annoncé maintes fois trépassé ou pas loin, et qui toujours nous revient d'entre les mo(r)ts. Est-ce son côté Dorian Gray de la pop française ? Toujours est-il que Daho n'est jamais aussi vivant que quand on le croît clamsé. En 1995, alors qu'il est en exil artistique à Londres, on l'annonce mort du sida. Il revient en Saint Etienne Daho – en duo avec le groupe britannique Saint Etienne pour un EP baptisé Réséréction

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Une fête au diapason

MUSIQUES | Le 21 juin, à moins d'être complètement sourd, on sent bien qu’il se passe quelque chose, que la musique est partout, qu’elle remplit les moindres espaces (...)

Pascale Clavel | Jeudi 13 juin 2013

Une fête au diapason

Le 21 juin, à moins d'être complètement sourd, on sent bien qu’il se passe quelque chose, que la musique est partout, qu’elle remplit les moindres espaces publics, qu’elle traverse les pores des peaux les plus imperméables, qu’elle se veut universelle, fraternelle voire conviviale. La musique dite classique, qui a longtemps boudé l’affaire, s’y colle depuis peu et quelques rares propositions valent le coup d’être écoutées cette année. Il faut d'abord chercher du côté de l’Auditorium pour tomber sur une programmation simple, drôle et décalée. En deux fois quarante-cinq minutes, le centre commercial de la Part-Dieu vibrera en effet, grâce à lui, aux sons du "cancan" de Jacques Offenbach, se pliera aux rythmes endiablés des suites d’orchestre de L’Arlésienne de Georges Bizet. Au beau milieu de ce temple de la consommation, Leonard Slatkin et l’Orchestre National de Lyon donnent rendez-vous à tous ceux qui passent par là, pour un vrai moment de joie musicale, à midi et à 18h, comme un petit moment d’apéritif en suspend. Si vous aimez l’orgue, rendez-vous plutôt au CNSMD, p

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L’invention du tube

MUSIQUES | Leonard Slatkin a un rêve : enregistrer toute l’œuvre avec orchestre de Ravel. Ce pari fou est déjà bien avancé, l’intégrale se fabriquant chez Naxos au fil (...)

Pascale Clavel | Lundi 6 mai 2013

L’invention du tube

Leonard Slatkin a un rêve : enregistrer toute l’œuvre avec orchestre de Ravel. Ce pari fou est déjà bien avancé, l’intégrale se fabriquant chez Naxos au fil des saisons. En novembre, nous avons pu en entendre deux extraits, L’Heure espagnole et L’Enfant et les Sortilèges, deux délicieux opéras interprétés pour l'occasion en version concert. Pour les deux soirées à venir, tubes garantis avec le très (trop ?) connu Boléro de Ravel, La Mer de Debussy et quelques pages musicales plus intimes mais tout aussi exaltantes. Par exemple Pavane pour une infante défunte et Rapsodie espagnole, pièces dans lesquelles Ravel déploie tout son génie de coloriste, livrant le portrait d'une Espagne féérique. Quant au Boléro, Ravel disait de lui qu’il devrait porter en exergue : «Enfoncez-vous bien cela dans la tête». Et le compositeur d’expliquer : «en 1928, sur la demande de Mme Rubinstein, j'ai composé un boléro pour orchestre. C'est une danse d'un mouvement très modéré et constamment uniforme… Le seul élément

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Concerto contemporain

MUSIQUES | L’Auditorium de Lyon programme le Concerto pour clarinette de Thierry Escaich, œuvre contemporaine, fraichement écrite par un compositeur hors cadre. De l’émotion en abondance, du spirituel en ligne de fond. Pascale Clavel

Pascale Clavel | Jeudi 7 février 2013

Concerto contemporain

Thierry Escaich est une figure incontournable et inclassable de la scène musicale contemporaine dont l'œuvre, savante et charnelle, profonde et joyeuse, tempétueuse et consolante, s’inscrit dans son temps. Le critique musical Gérard Condé a des propos radicaux pour définir son univers : «Sa musique est de celles, assez rares, qui parlent immédiatement. Dès lors, à quoi bon en parler ?». Une fois dit cela, on peut rappeler tout de même que sa musique est défendue à travers le monde par les plus grands solistes, de Bertrand Chamayou à Gautier Capuçon, du Quatuor Ysaÿe aux ensembles vocaux A Sei Voci ou Sequenza. Elle ressemble souvent à un dialogue interne où des voix s’entrechoquent, s’entrelacent, où le tout se mue en polyrythmies complexes et d’une grande virtuosité. A d’autres moments, le vide s’y installe comme un contrepoint urgent.   Le compositeur et le clarinettiste Thierry Escaich, le compositeur ; Paul Meyer ; le clarinettiste. De cette amitié est né le Concerto pour clarinette, comme l'aboutissement évident d'une collaboration de longue date. Par la suite, la résidence d'Escaich à l’Auditorium de Lyon a permis d’envisager la

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Chantilly à tous les étages

MUSIQUES | Dans le monde feutré des musiques classiques, on s’arrache les cheveux pour programmer des soirées du Nouvel An festives mais pas mièvres, colorées mais pas trop, réjouissantes mais pas rigolardes. Pascale Clavel

Pascale Clavel | Jeudi 8 décembre 2011

Chantilly à tous les étages

C’est un moment crucial de l’année, il faut détendre le public sans tomber dans le burlesque à 3 balles, il faut enivrer les oreilles à l’aide de mélodies plutôt sirupeuses et donner ce plaisir simple d’être là, au bon endroit, juste avant les fameux douze coups de minuit. L’Opéra et l’Auditorium s’y sont donnés à cœur joie et essaient tous les ans de rivaliser d’idées géniales avec plus ou moins bon goût. À l’Auditorium, c’est la fête foraine version un peu guindée quand même. On nous annonce «un concert avec feu d’artifice !» Le point d’exclamation indique que le spectacle est vraiment original et c’est là que les choses peuvent se gâter. L’originalité n’ayant rien à voir avec une certaine qualité attendue, on peut avoir peur par simple anticipation. On nous annonce encore une soirée à Versailles avec feu d’artifice. Au menu, une Suite pour orchestre de Bach, un Concerto de Vivaldi, un autre de Tartini et bien entendu la Musique pour les feux d’artifice royaux de Haendel. Une soirée à Versailles avec des compositeurs qui n’étaient pas du tout avec Louis XIV au temps de sa splendeur… C’est certain, le point d’exclamation est utile. Il revient

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Le Condamné à mort

SCENES | Emprisonné à Fresnes, Jean Genet (1910-1986) écrit en 1942 "Le Condamné à mort", long texte poétique et érotique, et première publication de l'écrivain. Il (...)

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 3 juin 2011

Le Condamné à mort

Emprisonné à Fresnes, Jean Genet (1910-1986) écrit en 1942 "Le Condamné à mort", long texte poétique et érotique, et première publication de l'écrivain. Il s'inspire du personnage de Maurice Pilorge, jeune homme guillotiné en 1939 pour meurtre, autour duquel Jean Genet fantasme, digresse, invente, imagine même une amitié fictive... Ce texte superbe et puissant emprunte autant à Baudelaire ou à Rimbaud qu'aux faits divers du journal "Détective". «Soixante-six strophes de quatre à cinq vers d'un raffinement suprême et d'une extrême crudité, trouant d'insanités de somptueux alexandrins, mariant l'argot des rues à la grande langue classique, mêlant indistinctement le masculin et le féminin, le sacré et le blasphème, le sexe et la prière», résume Albert Dichy. Dans les années 1960, Hélène Martin mit en musique ce texte de Genet, et c'est sa version, avec quelques arrangements supplémentaires, que reprennent Jeanne Moreau et Étienne Daho avec ses musiciens. Le duo créé pour l'occasion (un spectacle entre concert et lecture, et un CD sorti en 2010) peut paraître surprenant, mais fonctionne en réalité à merveille avec le texte de Genet. La voix parlée, rauque et lente de Jean

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Un «manager» à l’ONL

MUSIQUES | Actualité / Après plusieurs semaines de "suspense" et de négociations, Georges Képénékian, adjoint à la Culture au maire de Lyon, a annoncé la nomination prochaine (...)

Dorotée Aznar | Lundi 31 mai 2010

Un «manager» à l’ONL

Actualité / Après plusieurs semaines de "suspense" et de négociations, Georges Képénékian, adjoint à la Culture au maire de Lyon, a annoncé la nomination prochaine de Leonard Slatkin au poste de directeur musical de l'Orchestre national de Lyon et a présenté le chef américain âgé de 65 ans à la presse. «Les derniers doutes sur la complicité entre Leonard Slatkin et les musiciens de l’Orchestre sont aujourd’hui levés», a déclaré Georges Képénékian, visiblement très contrarié par l’insistance des journalistes à évoquer les tensions qui agitent l’ONL depuis plusieurs mois. De son côté, Leonard Slatkin a souhaité insister sur ses fonctions de "réconciliateur" : «je ne pense pas à ce qui s’est passé avant. C’est mon travail d’aider à calmer les tensions entre l’administration et les musiciens». Le chef d’orchestre, qui a tenu à souligner qu’il serait le "chef" de la programmation musicale, a osé la comparaison footballistique : «je suis le manager de l’équipe, comme l’entraîneur d’une équipe de foot». Le chef américain, qui avait les faveurs de l’Orchestre, devrait entrer en fonctions en septembre 2011, après le départ de Jun Märkl qui avait annoncé dès 2009 ne pas souhaiter reconduire

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Dossiers en cours : L'Orchestre national de Lyon

MUSIQUES | MORCEAUX CHOISIS DE SUJETS CULTURELS QUI FÂCHENT / DOSSIER : L’ONL

Dorotée Aznar | Mardi 18 mai 2010

Dossiers en cours : L'Orchestre national de Lyon

«Évidemment, nous ne sommes pas dans un climat totalement apaisé», avoue Georges Képénékian, adjoint à la Culture de Gérard Collomb. Un euphémisme quand on sait qu'aujourd'hui le chef d'orchestre Jun Märkl, directeur musical de l'Auditorium-ONL, et la Ville de Lyon ne communiquent plus que par avocats interposés. La crise qui agite l'Orchestre national de Lyon touche pourtant peut-être à sa fin. En effet, après le conflit plutôt rude opposant Jun Märkl et les musiciens de l'Orchestre au nouveau directeur général de l'Auditorium, Laurent Langlois, nommé en mai 2009, des négociations ont enfin vu le jour pour nommer le chef d'orchestre qui remplacera Jun Märkl dont le contrat s'achève en août 2011. Le chef américain Leonard Slatkin, qui a depuis fort longtemps toute la faveur des musiciens de l'Orchestre, devrait signer un contrat prochainement. Fin avril, lors d'un concert Rachmaninov que dirigeait Slatkin, on a d'ailleurs pu voir un drôle de ballet avant et après le concert. Événement rare, le maire de Lyon en personne est venu écouter la Symphonie n°3 de Rachmaninov puis, à l'issue du concert, s'en est allé dîner avec le chef américain. «Nous sommes en train de finaliser le cont

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La Merditude des choses

ECRANS | De Felix Van Groeningen (Belgique, 1h48) avec Kenneth Vanbaeden, Koen De Graeve…

Dorotée Aznar | Lundi 21 décembre 2009

La Merditude des choses

À Trouduc-les-Oyes vivent les Strobbe, une drôle de famille qui ne connaît de raffinement que dans les injonctions alcoolisées entre ses membres : quatre gros balourds dépravés en échec sentimental et sexuel perpétuel, contraints de retourner vivre chez leur mère, sorte de Pieta moderne, le Christ en moins mais la dégaine en plus. L’un d’eux, "Cel", a ramené dans ses bagages Gunther, son fils de treize ans perdu entre un attachement naturel pour son père et une volonté constante de sortir de cette "merditude" ambiante faite de concours de bières et de vomis de fin de soirée. Filmé caméra à l’épaule, le troisième long-métrage du Flamand Felix Van Groeningen se trouve à la croisée entre un reportage ethnologique de l’émission 'Strip-Tease' (une référence assumée) et un sketch des Deschiens. Car comme dans les deux cas précités, jamais le réalisateur ne fait preuve de condescendance ou de moralisme face à des personnages qu’il a pris soin de rendre attachants aux yeux du spectateur (notamment la grand-mère, seule femme dans ce monde ultra-testostéroné). En construisant ainsi son récit autour d’allers-retours permanents entre l’enfance de Gunther et son présent de jeune père écrivai

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L’âge tendre

MUSIQUES | Festival - Musique classique / Pour qu’un festival dure sans s’essouffler, il lui faut sans cesse savoir réinventer, se renouveler, imaginer une (...)

Pascale Clavel | Jeudi 18 juin 2009

L’âge tendre

Festival - Musique classique / Pour qu’un festival dure sans s’essouffler, il lui faut sans cesse savoir réinventer, se renouveler, imaginer une programmation exigeante et surprenante. Le pari est gagné pour Saoû chante Mozart, qui fête cette année son vingtième anniversaire... À sa création, il n’offrait que quatre concerts en un week-end. Quel chemin parcouru depuis. En dix-neuf années, il a su présenter 179 concerts, cinq opéras, cinq messes, six expositions et de nombreuses rencontres, conférences, colloques en privilégiant toujours la beauté des lieux et leur acoustique. En 2009, l’équipe artistique fait appel aux interprètes des dix-neuf éditions précédentes et leur laisse carte blanche. Il existe également un petit extra dans ce festival, le fameux «dîner sous les platanes», un concert gratuit qui réunit mélomanes éclairés et musiciens. La première année, c’est une sérénade qui a enchanté la foule. Une autre fois, les musiciens d’Armin Jordan ont joué de torrides tangos avec accordéons et bandonéons. Depuis, la tradition perdure, le public attend cette soirée improbable entre musique de haut niveau et Picodon dans les assiettes. Cette année, l’Orchestre National de Lyon, sou

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L’interprétation des rêves

MUSIQUES | Pour les fêtes de fin d’année, Jun Märkl, chef de l’Orchestre National de Lyon emmène toutes les familles, des arrières grands-parents au dernier né, dans ses rêves d’enfance et sa passion du cirque. Laissez-vous guider. Pascale Clavel

Pascale Clavel | Samedi 13 décembre 2008

L’interprétation des rêves

L’ONL est au rendez-vous en cette Saint-Sylvestre pour offrir un spectacle poétique et drôle mêlant cirque et musique symphonique. Rêves de Cirque s'inscrit dans le prolongement de la collaboration initiée avec les six "Concerts Familles" ces deux dernières années entre la Compagnie Les Transformateurs de Nicolas Ramond et l'Orchestre National de Lyon. Le programme est décapant, des artistes circassiens expérimentés vont transcender chaque moment. Fil de fer, tissu aérien, mât chinois… de quoi se laisser étourdir et éblouir. Se joignent à la petite troupe d'acrobates la comédienne Anne Astolfe ainsi que le danseur hip-hop Hafid Sour. Le vidéaste Pierre Jacob, le créateur lumières Yohan Tivoli, et la costumière Cissou Winling complètent cette belle équipe. Ensemble, au plus près des musiques qui leur ont été proposées par Jun Märkl, ils ont imaginé "Le Plus Grand des Petits Cirques du Monde" et improvisé des situations drôles, décalées, absurdes, et bien sûr spectaculaires. Arts du cirque, danse, comédie, vidéo, Les Transformateurs aiment à croiser les disciplines artistiques et le projet les a passionnés dès le début. Nicolas Ramond qui mêle avec brio théâtre, marionnettes et art d

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La grande rencontre

MUSIQUES | William Kraft, compositeur américain de 85 ans fera le déplacement de San Francisco pour entendre Benoît Cambreling jouer son œuvre. Kraft considère (...)

Pascale Clavel | Jeudi 27 novembre 2008

La grande rencontre

William Kraft, compositeur américain de 85 ans fera le déplacement de San Francisco pour entendre Benoît Cambreling jouer son œuvre. Kraft considère d’ailleurs Cambreling comme l’un des meilleurs timbaliers au monde. Lyon peut être fier, ce percussionniste de haute volée est membre de l’Orchestre National de Lyon depuis 36 ans. Le Concerto pour timbales et orchestre de Kraft, créé une première fois en 2005, n’a pas complètement satisfait le compositeur. Il l’a donc remanié pour accoucher d’une sorte d’ovni où le percussionniste doit se prendre pour Shiva, gérant 15 timbales à lui tout seul. Malgré tout, il ne s’agit pas de performance mais bel et bien d’une œuvre rare qui rend un bel hommage à un instrument peu connu.

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Noblesse de la timbale

MUSIQUES | Rencontre / Benoît Cambreling, le génialissime timbalier de l’Orchestre National de Lyon, fera sonner en deuxième audition mondiale le Concerto pour timbales et orchestre du compositeur contemporain William Kraft. À quelques jours de la création, pression et enthousiasme se mêlent. Pascale Clavel

Pascale Clavel | Jeudi 27 novembre 2008

Noblesse de la timbale

Au mieux, le grand public confond la timbale avec la cymbale ; au pire, ne voit aucune image qui puisse se rattacher de près ou de loin à cet instrument. Ce constat nous conduit à parler de l’un des plus grands timbaliers contemporains. Benoît Cambreling est en pleine répétition du concerto de Kraft. Un événement inouï pour qui sait le peu d’œuvres écrites pour la timbale. Depuis bientôt six mois, à raison de trois à six heures par jour, il se bat avec cette œuvre monumentale. Il jubile devant les quinze timbales. Pour le percussionniste, c’est une tout autre histoire. Le concerto est ardu, remarquablement difficile : «c’est du ‘note à note’, mesure par mesure, pour arriver à trouver comment je vais faire. J’avance pas à pas, c’est très long. Et puis, il faut jouer par cœur». Entré dans la dernière ligne droite avant le concert, Benoît Cambreling est concentré. Au sol, autour de lui, six timbales. Il doit effectuer des changements d’accords avec le pied, tout en comptant les mesures, en écoutant les répliques à l’orchestre, en se rappelant quel est le prochain accord… Et, comme en lévitation au-dessus de lui, neuf petites timbales accordées du do dièse au la. Benoît Cambreling avou

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Politique de l’environnement

ECRANS | Suite du feuilleton de la rentrée : comment le décor et l’espace redeviennent, dans le cinéma d’aujourd’hui, des moteurs décisifs de la fiction… CC

Christophe Chabert | Lundi 27 octobre 2008

Politique de l’environnement

Résumé de l’épisode précédent : depuis la sortie des Ruines, petite bande d’horreur pas si petite que ça, tous les films qui impriment durablement la rétine font de l’environnement un personnage essentiel de leur récit. Ces dernières semaines, c’est même devenu évident juste à la lecture des titres : Eden Lake, Tokyo !, Dernier maquis… On mettra de côté Entre les murs qui, s’il se définit par son décor, l’incorpore immédiatement à son dispositif de mise en scène — on est entre quatre murs, on n’en sort pas. Par contre, chez Ameur-Zaimeche, le Dernier Maquis du titre est un espace à la géométrie incertaine, dont les murs (de palettes) sont sans arrêt déplacés, comme les positions politiques des personnages. Les deux autres décors (une mosquée et une rivière) ont aussi une fonction cruciale : passage de la concorde à la discorde et signe qu’un autre monde poétique est possible au-delà de l’aliénation religieuse et ouvrière. Le cinéma est une villeCe n’est pas innocent si ce retour du décor au cinéma se fait au moment où la télé, crispée sur se

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