Christophe Simplex : « de l'inédit, rien que de l'inédit »

Lyon, capitale du rock | Musicien, collectionneur compulsif de matière lyonnaise et véritable historien du rock d'ici, Christophe Simplex a monté en 2019 le label Simplex Records, maison portée sur l'artisanat local et l'édition d'inédits et autres trésors cachés de la scène locale des années 60 à 80. Rencontre avec ce puriste quelques semaines après la sortie de la quatrième référence du label, disque d'inédits assez ravageurs du combo 80's Floo Flash, et avant celle qui mettra à l'honneur le Villa Borghese de Gérard Maimone.

Stéphane Duchêne | Vendredi 5 février 2021

Photo : © DR


Vous êtes une figure plutôt connue de la scène lyonnaise. Pour commencer peut-on revenir sur votre parcours ?
Christophe Simplex : j'ai commencé avec un fanzine, M. Hublot, en 1989 et fait beaucoup de radio, toujours centré sur le rock lyonnais. Pas mal de presse écrite nationale aussi puisque j'ai travaillé pour Jukebox Magazine pendant une vingtaine d'années. Parallèlement à ça, j'ai été chanteur dans différents groupes, notamment Les Inoxydables dans les années 90 avec lesquels j'ai fait un album. Et dans les années 2000, le groupe Deuce qui a duré une quinzaine d'années : deux albums et beaucoup de concerts.

Comment vous est venu l'idée de créer Simplex Records ?
J'ai toujours été intéressé par le rock lyonnais et toujours collectionné les disques. À partir des années 90, je me suis mis à collectionner ceux de groupes lyonnais sur la période année 60-début 90, notamment des vinyles. Ça m'a amené à m'intéresser aux studios lyonnais qui existaient dans les années 60-70 et sortaient des disques sous leur marque. Je me suis alors mis à collectionner aussi les disques sortant sous les marques lyonnaises, sachant qu'il y en a un millier à peu près entre 1959 et 1984. Cette collection est arrivée aux oreilles de la Bibliothèque Municipale qui a eu pour mission de collecter tout ce qui s'était fait à Lyon en musique. Ils débutaient de zéro et mon nom leur revenait souvent aux oreilles lorsqu'ils allaient chez les disquaires. Ils sont donc venus me voir et on a collaboré, je leur ai fourni des disques et les ai aidés à reconstituer un catalogue. J'ai gagné un peu d'argent avec ça et quand j'ai arrêté mon groupe en 2015, je me suis demandé ce que je pourrais faire dans la musique. L'idée m'est venue de monter mon propre label.

Pourquoi cette passion particulière pour le rock lyonnais ?
J'ai toujours été intéressé par l'aspect régional, spécifiquement sur le rock. Je suis Lyonnais, né à Lyon et assez chauvin (rires). Les premiers disques que j'ai achetés quand j'avais 14 ans étaient un album de Starshooter et un de Killdozer. À partir de ce moment là, j'ai commencé à regarder tout ce qui se faisait ici : Electric Callas, Ganafoul. Il y avait de quoi faire.

Quand vous décidez de créer le label, comment ça se passe ?
J'avais envie de me remettre dans le circuit du rock et de continuer à travailler sur des groupes lyonnais. Avec l'idée de faire de l'inédit, rien que de l'inédit, et non de la réédition comme on le dit parfois à tort. Pour les deux premiers disques ça c'est fait assez simplement. J'étais ami avec Stéphane Pétrier, chanteur du Voyage de Noz dont j'étais fan plus jeune. J'avais toujours en ligne de mire la fameuse cassette bleue de leur premier enregistrement et eux n'avaient jamais fait de disque vinyle. Je me suis dit que pour lancer le label c'était l'idéal. J'ai commencé à travailler avec Stéphane sur ces enregistrements qui n'étaient sortis qu'en cassette en 1987-88. L'idée étant d'en faire un vinyle bleu. À la même époque, un autre groupe me plaisait bien : Aurelia Kreit. Eux n'avaient fait qu'une petite cassette rouge. Deux membres de ce groupe étaient membres d'un autre groupe dans lequel Stéphane avait joué et j'ai pu avoir accès à ces musiciens que je ne connaissais pas. J'ai donc décidé de faire d'une pierre deux coups pour le lancement en sortant un vinyle bleu du Voyage de Noz et un vinyle rouge d'Aurélia Kreit. On a travaillé ensemble sur les pochettes et on a organisé un concert fin décembre 2019 au Totem à Rillieux, avec la formation originale du Voyage de Noz et une reformation d'Aurelia Kreit. Ç'a été un carton et une bonne soirée de lancement. Au concert, il y avait Yves Rothacher de Ganafoul car il avait travaillé à l'époque sur le son de l'album du Voyage de Noz. Je suis allé le voir, lui ai demandé s'il avait connaissance d'enregistrements de l'époque où il travaillait pour le studio Grange. Il n'en avait pas mais par contre il avait des trucs de Ganafoul de 1975-76, de quoi faire un album entier. Mais il fallait que je vois ça avec Jack Bon qui a accepté qu'on travaille ces bandes d'un premier album jamais publié. C'est comme ça qu'on a sorti Sider-rock. C'est vraiment le disque qui a permis au label d'avoir une notoriété que je n'avais pas eu avec les deux premières références. La presse a rapidement suivi. Je l'ai même fait represser à 200 exemplaires couleur après un premier tirage de 300 exemplaires.

Comment fonctionne le label ?
C'est une toute petite structure dans laquelle je suis seul mais je travaille avec un certain nombre de gens, uniquement en local : Stéphane Pétrier pour l'aspect visuel puisque c'est son métier, Xavier Desprat, ingénieur du son chez Honey Pie, pour le son et la masterisation. Ce sont deux copains qui acceptent que je les paie mal. Mais je les paie ! (rires) Pour le pressage, je bosse aussi au plus près, avec la Manufacture de Vinyles qui est basée à Annecy. Ça me coûterait moins cher d'aller en République Tchèque mais dans la mesure où le label ne cherche pas à gagner d'argent, juste à financer la prochaine référence, je préfère travailler avec des gens que je peux aller voir. Cette convivialité est importante dans la philosophie du label.

Comment se fait le choix des groupes ou des enregistrements ? Est-ce l'occasion qui fait le larron comme sur les premières références ou y a-t-il des groupes pour lesquels vous vous êtes mis en quête d'enregistrements ?
D'abord, il faut que j'apprécie ce que font les groupes, que ce soit des enregistrements inédits et qu'il y ait de quoi faire un album. Ça limite donc l'étendue du choix, je n'ai pas beaucoup de matière devant moi. Le fait est qu'avec l'activité que j'ai eu ces trente dernières années, je connais au moins un membre de chaque groupe majeur de la scène lyonnaise. Et puis la lumière mise sur l'album de Ganafoul a fait connaître le projet et je suis contacté de temps en temps par des groupes qui me proposent des enregistrements. À côté de ça, il y a des choses que je connais, des enregistrements que je recherche et je sais qu'il y a aussi une matière inexploitée et qui reste à découvrir. Et comme c'est une activité que je fais pour mon propre plaisir, j'ai tout mon temps. Si je ne sors pas de disque pendant un an, ce n'est pas grave. Là, j'ai un peu de visibilité. Bon l'idéal, c'est entre un et trois disques par an maximum, histoire de se laisser le temps de les défendre. On me contacte aussi pour de la réédition plus classique mais ça m'intéresse moins, sauf si les albums en question ne sont sortis que sur cassette, parce que ce support n'est plus utilisé.

Le nouvel essor du vinyle, seul support d'édition du label, a-t-il beaucoup joué au moment de créer Simplex Records ?
Pas forcément. Je ne me suis pas dit tiens "le vinyle revient à la mode, je vais en faire". Moi, je n'ai jamais cessé d'acheter du vinyle et n'ai jamais aimé le format CD. Il faut savoir aussi qu'il n'y a qu'en France qu'on avait décidé d'arrêter le vinyle. En Angleterre, aux USA, on continuait à en sortir. Ne serait-ce que pour l'art work c'est le support que je préfère. Je dis toujours aux groupes que je rencontre qu'il y aura une belle pochette, une sous-pochette avec les paroles, des photos. J'ai gardé ce souvenir de quand j'étais gamin : je me mettais dans le fauteuil avec la pochette dans les mains pour écouter le disque, c'était tout un rituel. J'avais envie que les gens retrouvent cet aspect de l'écoute. Cette approche exclusivement vinyle m'a donc été assez naturelle, avec bien sûr, la petite touche de modernité du coupon de téléchargement de l'album. En réalité, j'ai très peu de gens qui me réclament des CD, même s'il y en a eu quelques-uns pour Ganafoul. Après je n'empêche pas les groupes de le faire, tout comme je leur laisse disposer de l'aspect numérique s'ils veulent publier les titres sur les plate-formes de streaming.

Comment ça se passe d'ailleurs au niveau des droits ?
Déjà, l'intérêt de travailler sur de l'inédit c'est qu'il n'y a pas de droits à racheter. Je propose un deal au groupe au départ : je vais tirer l'album à tant d'exemplaires, je paie les droits Sacem et tout le reste, eux vont toucher leurs droits Sacem et en parallèle je leur donne un certain nombre d'exemplaires, entre 10 et 15 %. Si je represse comme ç'a été le cas pour Ganafoul, je demande leur autorisation, évidemment. Ça se fait de manière assez cool et sans contrat.

Les groupes sont-ils parfois réticents à publier des titres restés au placard, dans lesquels ils pourraient ne plus se reconnaître ?
Pour l'instant, je ne me suis adressé qu'à des gens que je connaissais bien et avec qui ça s'est très bien passé. Les Ganafoul ont été adorables. Jack Bon a sorti une quinzaine d'albums en solo, il pourrait être aigri que l'on sorte un disque dont on risque de parler davantage que de ses projets plus récents mais pas du tout. Il est même question que Ganafoul se reforme. Encore une fois, ce n'est pas mon métier et j'ai envie que ça se passe de manière cool. C'est un travail assez lourd de coordination alors si ça se passe mal, ça ne m'intéresse pas. Soit les groupes sont ok et participent pleinement, soit on ne fait rien. Il y a aussi des groupes que j'aimerais faire – comme Electric Callas dont il doit bien y avoir quelque part des morceaux inédits – pour lesquels je sais que ce sera compliqué. La personnalité de Jean-Gilles [aka Jangil, leader d'Electric Callas, NdlR] peut rendre les choses pas simples, et pas mal de labels se sont cassés les dents sur de simples rééditions. Après, je m'en fais peut-être une montagne pour rien (rires). En tout cas, pour l'instant je m'attaque à des gens que je connais bien, pour lesquels je sais qu'il y a de la matière et je fais mon petit bonhomme de chemin.

Le label se cantonne-t-il à une esthétique, une période ?
En gros, des années soixante à la fin 80's. La période suivante m'intéresse moins. Peut-être parce que c'est une période où je jouais moi-même beaucoup. À l'époque, avec le CD n'importe quel groupe était en mesure de produire son album. Il y a donc moins d'excitation à rechercher des choses inédites, même s'il y en a sans doute des centaines. Je reste vraiment sur mes passions de gamin et je m'autorise à creuser dans le passé. J'ai pas mal de morceaux de 1969 qui sont extraordinaires mais pas de quoi faire un album, il faudrait que je songe à une compilation.

Espérez-vous tomber un jour sur LE trésor caché lyonnais, s'il existe ?
Je crois qu'il reste une énorme partie immergée de cet iceberg. Le truc c'est que je me pose aussi la question de sortir un album que je ne vendrais qu'à 30 exemplaires. Il faut un point d'équilibre, qu'au minimum un disque finance le suivant. Je ne peux pas faire de choses trop obscures. D'un autre côté le groupe dont je vais sortir bientôt des inédits, Villa Borghese, ne dira pas grand chose aux gens. Ils ont sorti un 45t en 1980 et c'est tout. Ça parlera sans doute plus au public si l'on dit que ce sont des membres de Spheroe avec Gérard Maimone, du futur Angel Maimone Entreprise, et Patrick Garel. C'est un disque qu'il va falloir défendre. Quand Maimone m'a dit : « on a fait un album », j'ai eu peur mais en l'écoutant j'ai pris une claque. Autant Spheroe donnait dans le jazz-rock avec des morceaux de six-sept minutes, autant là, ce sont des petites bombes de trois minutes complètement barrées. Le truc avait été enregistré et mixé à Londres mais n'est jamais sorti. On a dû travailler sur une cassette parce qu'on n'avait pas les bandes originales — elle était plutôt bien conservée et on a pu la rafraîchir.

Ce n'est pas trop compliqué justement de "rafraîchir" des bandes oubliées dans un placard pendant des décennies ou comme ici à partir d'une simple cassette ?
Le but du label est aussi, en les rendant audibles, de laisser les enregistrements dans leur jus. Mais ça reste un énorme travail. Xavier Desprat qui est une sorte de sorcier, découvre à chaque fois les bandes, il ne sait jamais ce que je vais lui amener et pour lui c'est un vrai défi de réussir à faire sonner un album. Pour Ganafoul, on avait les bandes mais le spectre sonore était très léger, on n'entendait quasiment pas le chant, il fallait le remettre en avant sans baillonner les guitares. Xavier propose des projets de mastering, qu'on soumet alors au groupe pour aval et en général ça se passe très bien. Pour Villa Borghese j'avais deux morceaux mp3 à partir d'une cassette : je les ai envoyés à Xavier qui a fourni un test. Même le groupe n'était pas certain que ce soit viable. Aujourd'hui, il y a des logiciels et du matériel qui rendent les choses possibles mais pour ça il faut maîtriser ce matériel et surtout avoir l'oreille, ce qui est le cas de Xavier.

Combien de temps entre la découverte d'un enregistrement et la sortie du disque ?
C'est assez variable mais en gros une petite année. Et l'enregistrement c'est une chose, mais on fait un objet complet, il faut des photos, les textes, de quoi faire la pochette. Les groupes sont plus ou moins bien organisés mais il y a toujours au moins un membre qui a tout archivé pour les autres. Outre le disque, le travail sur la pochette prend du temps. Bon, je ne suis pas pressé, je ne cours pas après le tube de l'été. Si Xavier a un gros contrat, une grosse prod', je ne vais pas lui demander de passer en priorité. Après le mastering, il faut environ deux mois pour le pressage.

Un mot sur Floo Flash, la dernière référence du label, qui n'est pas un groupe très identifié à Lyon...
Parce qu'ils sont arrivés un poil après, même s'ils sévissaient sous d'autres noms à ce moment-là, comme Diamant et Dialyx. Surtout, à la différence des principaux représentants de la scène "Lyon, capitale du rock", ils n'ont pas été signés par une major. Ils ont fait un maxi autoproduit distribué par New Rose mais il n'y a pas eu une grosse notoriété sur ce disque. Pour autant, ça me parlait beaucoup parce qu'ils ont une petite couleur Starshooter, qui était le groupe qui me passionnait le plus, à l'époque. Ce sont un peu leurs petits frères. J'avais aussi pas mal suivi la carrière solo d'Hervé Paul [guitariste de Floo Flash] qui était resté en contact avec Kent. Je l'ai croisé à l'avant-première du film Sauvages !, le documentaire sur le rock lyonnais présenté en juin 2019. On a parlé et comme pour Ganafoul, il m'a dit qu'ils avaient quelques enregistrements inédits. Floo Flash est aussi un groupe qui est vite monté à Paris pour différentes raisons, ce qui leur a permis de faire quelques belles premières parties — c'est d'ailleurs le groupe lyonnais connu pour les plus belles premières parties (Starshooter, les Dogs, U2, The Alarm, REM...). Ils n'ont pas fait beaucoup de concerts mais tous étaient mémorables. S'ils étaient arrivés un an ou deux plus tôt, et non pas à la fin du rock à guitares/début de la new wave à synthé, ils auraient sans doute beaucoup fait parler d'eux. Mais ils n'étaient pas à la mode. Ils ont fait quand même un 45t de rock variété à claviers sous le nom d'Equateur, qui n'a pas marché et signé leur arrêt de mort. En quelque sorte, c'est un groupe qui évoluait en deuxième division mais qui aurait mérité mieux.

Entre les inédits et des morceaux live en face B, le disque est davantage une compilation qu'un véritable album...
Hervé Paul avait dans l'idée de faire un best-of, notamment en prenant les meilleurs titres de leur unique maxi mais j'ai préféré m'en tenir à de l'inédit. On n'avait pas de quoi faire un album studio en entier, on n'avait qu'une face studio mais beaucoup de morceaux live dont un concert à la Salle Rameau, en première partie des Dogs dans lesquels on a pioché pour la face B. Si bien qu'à l'exception d'un morceau du maxi — mais qui apparaît en version live —, tous les morceaux sont inédits. Même si leur reprise, en français, d'Hanging on the Telephone [également repris et popularisé par Blondie], avait paru en 45t en septembre dernier chez Dangerhouse Records. Je l'avais fait écouter à Bruno Biedermann [tenancier de Dangerhouse] à qui j'ai souvent demandé conseil et il a craqué dessus au point de vouloir le sortir en avant-première. Pour ne rien déflorer de plus, on a mis en face B un titre live qui n'est pas sur l'album, c'est un réflexe de collectionneur. Ces morceaux live sur l'album nous disent ce que le groupe aurait pu être en 82-83 quand il était à son meilleur. Si ces mêmes morceaux avaient été enregistrés en studio, la trajectoire de Floo Flash aurait pu être différente. Mais on n'est pas là pour refaire l'histoire.

Floo Flash, Moderne (Simplex Records)

Disponible chez Dangerhouse, Sofa Records, Tiki Vinyl Store, Gibert Lyon et Paris et Méli Mélody (Saint-Étienne) ou en commande à simplexrecords@orange.fr

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