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Jeu concours concert et soirées : "Mantra" au Croiseur

Gagnez 3 places par soir pour le spectacle "Mantra" les 15 et 16 mars à 20h30, au Croiseur.

Appelez entre 10h et 18h au Crosieur, au 04 72 71 42 26.

 

MANTRA (l'ami mexicain) d'après Rodrigo Fresan

Mise en Scène de David Moccelin

  

A l'origine de Mantra (l'ami mexicain) il y avait le désir de créer une forme instable, à la lisière entre le théâtre et le concert, la performance et l'installation sonore, et qui pourrait résister à des définitions spatiales et temporelles préconçues. Une forme où le temps et l'espace se dérobent sous l'injonction du souvenir comme un tremblement de terre permanent, une fissure dans la perception présente.

Le choix de ce texte se posait donc comme une évidence. Martin Mantra, cette figure abstraite qui traverse le roman apparaît aussi comme une faille dans le récit, et dans le temps vécu des narrateurs. Il vient perturber le réel (dès l'âge de 9 ans en demandant à ses copains de classe de jouer à la roulette russe avec lui lors de son arrivée à l'école), provoquer une déchirure dans le tissu temporel que ses camarades pensaient inaltérable.

Comme le souligne Roberto Bolano, « il s'agit d'un roman sur le Mexique, mais en réalité, comme dans tout grand roman, c'est du passage du temps, de la possibilité et de l'impossibilité des rêves dont il parle vraiment. Et il parle aussi de l'art de faire de la littérature. »

Le récit de Rodrigo Fresan repose sur une structure très labyrinthique et tentaculaire propice à la désorientation du sens, provoquant, paradoxalement, à la lecture, un sentiment d'incroyable liberté. L'obsession référentielle de Fresan consistant à faire intervenir dans un espace fictionnel tout ce qu'il a aimé ou surpris (œuvres, écrivains, cinéastes, hommes politiques, événements historiques, séries télé), et lui a permit de se construire un monde depuis son enfance, nous renvoie aussi à un espace commun, une sorte de communauté des vivants, incarnée par la littérature.

Fresan définit lui-même son livre comme « une aberration littéraire », (il fait partie d'une longue lignée d'écrivains latino-américains comme Borges, Cortazar, Bolano, et d'autres qui se sont beaucoup amusés à réfléchir les miroirs).

C'est une sorte d'aberration théâtrale que nous proposons à notre tour. Elle raconte la rencontre du narrateur de la première partie du livre, avec Martin Mantra, alors âgé de neuf ans. Cette rencontre vient perturber sa perception du temps au point de déclencher chez lui une tumeur au cerveau un peu particulière, en forme de sea monkey, et qui a pour conséquence de réduire sa mémoire à un souvenir unique, mais « qui prendra l'ampleur d'une vie entière » (exactement d'ailleurs, à l'inverse de Funes dans la nouvelle de Borgès, dont la mémoire retient la plus infinitésimale particule de temps).

 

Cette rencontre fait partie de la première partie du livre (avant : l'ami mexicain), dont nous avons extrait quelques textes.

La seconde partie (pendant : la mort des jours) se déroule à Mexico et se présente sous la forme d'un abécédaire. Nous en avons utilisé le premier mot : Abajo (en bas) Inframonde. Le narrateur (à priori différent de celui de la première partie, mais rien n'est moins sûr) parle depuis le Mictlan, royaume des morts dans la mythologie mexicaine. A partir de là le récit se désarticule, s'éparpille en une sorte de constellation constituée de nombreux récits, tous plus ou moins liés à Mexico, et où plane en permanence la figure hallucinée de Martin Mantra.

Enfin, le livre se termine par le récit de l'errance d'une sorte de robot à la recherche de son père dans un paysage apocalyptique.

Nous n'avons pas créé une adaptation de Mantra. Nous avons plutôt tenté d'explorer ses obsessions récurrentes, et essayé de traduire le mouvement sourd et pulsionnel qui constitue sa base. Notre dramaturgie a été plus acoustique que théâtrale.

La matière sonore du spectacle (son et musique live) n'est pas là pour accompagner le texte mais plutôt pour participer à sa désorientation, elle est comme une image souterraine du récit, prête à l'engloutir à chaque instant, un courant de pensée continu sans ponctuation à l'intérieur du cerveau. Elle est comme la tumeur en forme de seamonkey, qui nage dans l'esprit du narrateur.

Mise en scène, son : David Moccelin

Jeu : Raphael Defour,

Lumières : Franck Besson

Batterie, guitare : Sheik Anorak

Musiques et sons : Sheik anorak, Tim Hacker, ? And the mysterians, Los lobos, 2001 l'odyssée de l'espace, de Stanley Kubrick

Voix de Sam Peckinpah

Tarifs : 10 / 6 / 3 €        Résas : 04.72.71.42.26

Plus d'infos sur www.scene-7.fr


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