Balade : parier sur le Pariou

Pierres de Volcans | Moins connu que son illustre voisin du Puy-de-Dôme, le Pariou est séduisant par sa simplicité et ses formes n'ont rien à envier à la starlette d'à côté.

Nadja Pobel | Mardi 4 juillet 2017

Photo : © NP


Il y a le grand frère, le plus haut d'entre tous (1465m) qui vit le magnétique Anquetil crucifier le popu Poulidor. C'était en 1964, le cinquième et dernier Tour victorieux du démiurge blondinet. Depuis, ce volcan-là ne cesse de faire face à sa renommée et s'est même doté en 2012 d'une voie ferrée à crémaillère (13, 50€ A/R) pour être bien sûr que son ascension ne soit pas réservée aux seuls courageux et valides. Et que les voitures restent en bas.

Mais il y a un moyen d'éviter la foule de touristes, tout en découvrant la splendeur de la chaîne des Puys. C'est le Pariou, un des quatre-vingts volcans endormis depuis environ 10 000 ans. Accessible en une vingtaine de minutes depuis Clermont-Ferrand en auto, ce puy-là se dresse tout de même à 1209m, mais ne nécessite pas d'affronter un dénivelé de grand montagnard. Il faut emprunter un sentier sous les sous-bois au nord à l'aller et découvrir la splendeur de verdure, à la circonférence égale à celle du Stade de France. Retour par le versant sud et une flopée d'escaliers dessinés à coups de rondins de bois qui offrent une vue saisissante sur la vallée clermontoise.

Au cœur du cratère

Mais le must, une fois au sommet, est de descendre cent mètres plus bas, au cœur du volcan façon siphon, en tournant autour de cette surface qui rétrécit au fur et à mesure, à moins de dévaler tout schuss la pente. Quoiqu'il en soit, s'allonger dans cette herbe fraîche est un vrai moment de jouvence. S'il est fréquenté, le Pariou n'est pas une autoroute de randonneurs. Il constitue le plus imposant cratère du Massif Central, l'un des mieux conservés en raison de la date récente (toute relative) de son éruption, il y a 8 000 ans.

De petits saules dits arctiques (qui ne dépassent pas les dix centimètres et qui se trouve habituellement dans la toundra) trouvent leur place dans cet entonnoir quasi conique et profond, qui connaît cet étrange phénomène d'inversion des températures nocturnes : l'air est plus frais au sol qu'au-delà.

Le Pariou (Puy-de-Dôme)
Départ sur la D941 à Orcines

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Au-dessous du volcan

ECRANS | John Huston Carlotta

Christophe Chabert | Vendredi 31 octobre 2008

Au-dessous du volcan

Alors que sa carrière n’est pas au mieux de sa forme, John Huston la relance en 1984 pour une dernière ligne droite (il ne signera que deux autres films, formidables d’ailleurs, avant de mourir) avec cette adaptation du livre mythique de Malcolm Lowry. Un défi car il était réputé inadaptable et avait fait le tour des studios pendant deux décennies (cf la préface de Patrick Brion sur le DVD). Le challenge est relevé haut la main, notamment au niveau du scénario qui transforme les monologues du consul alcoolique et défroqué Geoff Firmin en aphorismes désespérés lancés à la face du monde. Sa femme l’a trompé avec son demi-frère avant de disparaître, puis de revenir, toujours amoureuse mais désemparée par la détresse de cet homme en pleine noyade. Errant dans un Mexique crépusculaire à la veille de la deuxième Guerre Mondiale, Firmin est un pantin en sursis, accroché à ses bouteilles comme à une bouée percée, et l’interprétation grandiose d’Albert Finney rend le personnage parfaitement crédible et émouvant. L’éthylisme au cœur du film est retranscrit par Huston dans une mise en scène flottant entre classicisme et modernité. Les scènes finales dans le bordel sont un fabuleux tour de

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