La preuve par 9

PNR en régions | Jusqu'à l'arrivée de celui de l'Aubrac, les parcs naturels régionaux étaient neuf répartis dans cette nouvelle région. Voici leur portrait esquissé et leur date de naissance.

Nadja Pobel | Mardi 3 juillet 2018

Baronnies provençales (2015)

Aux portes de Vaison-la-Romaine, Dieulefit ou Veynes, ce parc tout récent mord largement sur les Hautes-Alpes. Temple des plantes aromatiques (thym, lavande...), il soufre d'une érosion démographique mais ses arbres fruitiers et notamment ses oliviers en font une étape incontournable dans la région. Et la voie lactée, en raison du peu de lumière artificielle, est visible partout.

Chartreuse (1995)

Entourée de deux parcs naturels régionaux (Vercors, Chartreuse) et peut-être bientôt trois (Belledonne), Grenoble est une des "villes-portes" de ce PNR où culmine le sommet de Chamechaude (2082 m). Terre de randonnée (1300 km balisés !), la Chartreuse est aussi le terrain de jeu des chevreuils, sangliers, cerfs ou chamois.

Haut-Jura (1986)

Aux confins de la Suisse, implanté partiellement en région Bourgogne-Franche-Comté, ce parc est formé de plateaux arrondis avec pâturages et forets d'épicéas. Havre des skieurs de fond qui auraient évité les bouchons isérois, cette terre méconnue, peu à la mode, est l'autre pays du fromage avec les morbiers, comté et bleu de Gex issus du lait des vaches Montbéliardes.

Livradois-Forez (1986)

Créé la même année que le Haut-Jura, ce Parc est au cœur de l'Auvergne, à cheval sur le Puy-de-Dôme, la Haute-Loire et la Loire. 2e plus grand PNR de la région et le plus peuplé avec 103 000 habitants, il englobe la ville de Thiers, capitale de la coutellerie française. La faune est notamment constituée de nombreux rapaces.

Massif des Bauges (1995)

Peut-être le PNR le plus abrupt de ceux de la région avec ses falaises qui tancent Chambéry en contrebas, les Bauges sont installées sur un massif pré-alpin avec plusieurs sommets plantés à plus de 2000 mètres. Terre refuge pour les chamois dont le cheptel se reconstitue in situ. À noter les produits "baujus" dont la tome des Bauges AOP.

Monts d'Ardèche (2001)

Dans la partie sud ouest du département (et quelques communes de Haute-Loire), ce parc se caractérise par ses rivières, sa production de myrtilles et de châtaignes ainsi que les terres volcaniques de Hautes Cévennes. C'est dans ce terroir, au Mont-Gerbier-de-Jonc que prend naissance le plus long fleuve de France, la Loire.

Pilat (1974)

Le Parc le plus proche de Lyon, à tout le moins de Saint-Étienne puisqu'il s'adosse à la cité ligérienne. Avec ses crêts, petits cols, plateaux agricoles, il est à l'intersection des montagnes du Mâconnais, du Beaujolais et du Lyonnais. Y aller sans voiture cet été c'est possible tous les dimanches grâce à un bus du conseil général de la Loire ralliant Part-Dieu au col de l'Oeillon (avec de nombreux autres arrêts) pour 2€ !

Vercors (1970)

Le parc épouse les contours géologiques du massif montagneux entre la vallée de l'Isère et le Diois et constitue dans ses hauts-plateaux la plus grande réserve naturelle de France métropolitaine. 65 espèces de mammifères, 135 espèces d'oiseaux nicheurs et 17 espèces de reptiles et d'amphibiens cohabitent protégés de leurs congénères humains.

Volcans d'Auvergne (1977)

Le plus grand des parcs de la région (presque 4000 km²) mais pas le plus peuplé (le Livradois le précède) est aussi le plus vaste du pays. Cette terre volcanique si intriguante est truffée de monts aux noms célèbres (Puy-de-Dôme, Puy de Sancy) offrant des points de vue splendides sur une terre modelée par un alignement de pas moins de 80 jeunes volcans !

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« Des territoires d'exception qui méritent l'attention »

Parcs Naturels Régionaux | À l'heure de la biodiversité bafouée, d'un État irresponsable, les parcs naturels régionaux constituent une terre de résistance et d'expérimentation, sans pour autant être soumise à des interdits. Comment préserver sans bannir l'humain, comment inventer des liens entre ruralité et urbanité ? Michaël Weber, président de la fédération des Parcs naturels régionaux de France, fait le point.

Nadja Pobel | Mardi 3 juillet 2018

« Des territoires d'exception qui méritent l'attention »

Pour quelles raisons, en 1967, le Général de Gaulle initie la création de ce label de Parcs naturels régionaux ? Michaël Weber : À l'époque, il y avait une fragilité des territoires ruraux. Nous étions dans une France bien après guerre qui connaissait un mouvement de désertification rurale et d'urbanisation. Il y avait deux constats : d'une part les territoires ruraux étaient en plein décrochement et, d'autre part, les urbains considéraient bien souvent les espaces ruraux comme récréatifs. C'est la combinaison des deux, à l'issue d'une mission conduite par la DATAR (délégation interministérielle à l'aménagement du territoire et à l'attractivité régionale) qui en discutant avec les habitants, les élus, les acteurs locaux, a abouti à la création de ce statut de parcs naturels régionaux. Le général de Gaulle était tellement intéressé qu'il a souhaité signer personnellement ce décret. Comme s'inscrivent ces PNR dans la cartographie des labels qui contient aussi des Parcs nationaux des sites inscrits, classés ? À l'époque, les sites inscrits, classés, les réserves naturelles en étaient à leurs balbutiements. L

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L'Aubrac, terre nourricière

Parc naturel régional de France | Promulgué 53e Parc naturel régional de France par décret du Premier ministre le 23 mai, l'Aubrac s'ouvre aux touristes raisonnés curieux d'une nature alliant les plateaux montagneux à la merveilleuse vallée du Lot. Découverte.

Nadja Pobel | Mardi 3 juillet 2018

L'Aubrac, terre nourricière

À peine ses quinze années de combat collectif achevées que le président du syndicat mixte d'aménagement et de gestion du PNR de l'Aubrac est attendu en Pays Basque pour conseiller de futurs candidats : « je vais leur dire qu'il faut de la patience et de la détermination » dit en riant André Valadier ! Car, avant que l’État n'entérine ce label, il a fallu de longues discussions avec non seulement les élus mais aussi les commerçants, les habitants. Ce maillage très serré a fortement contribué à ce classement, quand bien même ce site naturel est à cheval sur trois départements (Cantal, Aveyron, Lozère) et deux régions (Auvergne-Rhône-Alpes et Occitanie) qui au départ étaient trois (Languedoc-Roussillon, Midi Pyrénées et Auvergne) ! L'un des déclics qui mène à cette candidature est le refus d'installer des éoliennes. « Un professionnel du tourisme nous a informé que rien ne ressemblait plus à un paysage éolien qu'un paysage éolien » dit-il. L'Aubrac fait tout de même son devoir de citoyen face aux énergies renouvelables, augmentant de 15% la production des Kw dans la dizaine de barrages disposés sur la Truyère (qui ceinturent l'ouest du s

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