Deschiens et chats écrasés

| Mercredi 11 octobre 2006

Théâtre / Un chat mort étranglé, un serviteur benêt et flegmatique, une diva qui chante n'importe quoi et un public séduit (même les plus sceptiques se marrent sous cape)... Jérôme Deschamps et Macha Makeïeff ont réussi leur pari. Celui de transformer, le temps d'un spectacle, le majestueux théâtre des Célestins en une succursale de café théâtre où les spectateurs se mettent des claques dans le dos et rient comme des tordus. Le secret de cette performance n'est pas bien difficile à percer : les comédiens sont bons. Hilarants même. Ce qu'on l'on peut déplorer, c'est éventuellement le choix du texte de Labiche. L'intrigue de L'Affaire de la rue de Lourcine est mollement captivante : un bourgeois se réveille avec la gueule de bois, aucun souvenir de la nuit qu'il a passée et un homme qu'il ne connaît pas dans son lit. Tout s'accélère quand un journal vieux de vingt ans est pris par hasard pour la gazette du jour. Dans la rubrique des chiens écrasés, on découvre qu'une jeune charbonnière a été sauvagement assassinée la veille au soir par deux hommes. Le doute s'installe, les longueurs également et la morale de l'histoire "au fond nous sommes tous des monstres prêts à nous vautrer dans le mal et à tordre le coup à nos amis pour sauver nos fesses" n'est pas bouleversante outre mesure. Pourtant, une brochette d'acteurs déglingués aident à ne garder que de bons souvenirs de cette pièce. Et si, après avoir vu L'Affaire de la rue de Lourcine vous vous demandez pourquoi vous chantez un refrain de type "pas quiqui, pas tété" sous les yeux médusés et perplexes de vos collègues, avouez-vous vaincus. Vous avez ri de bon cœur et ce n'est pas si grave. Dorotée Aznar

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