Richard III outrenoir

SCENES | THÉÂTRE / Au milieu des deux cent sept mises en scène d’un texte de Shakespeare visibles chaque année, celle de David Gauchard détonne, avec son "Richard III" urbain, musical et hypotonique. Aurélien Martinez

Dorotée Aznar | Lundi 25 janvier 2010

Après la claque "Hamlet, thème & variations" (présenté il y a deux ans à la Renaissance), on attendait non sans impatience la relecture par la compagnie L'unijambiste d'un autre monument shakespearien qu'est "Richard III". Quelle ne fut pas notre surprise : alors qu'on pensait logiquement que David Gauchard allait réutiliser les recettes qui lui avaient si bien réussi la fois précédente (à savoir mixer habilement la verve et la narration shakespeariennes aux sons très contemporains de l'électro et du hip-hop), on se retrouve face à une version on ne peut plus fidèle à l'œuvre originelle – là où dans "Hamlet" il se permettait de tout passer au shaker. Bien sûr, le metteur en scène conserve son univers artistique, mais il le met pleinement au service du texte retravaillé pour le plateau par le traducteur André Markowicz. Son "Richard III" devient alors un spectacle froid et tendu, qui hypnotise ceux qui acceptent de se laisser guider dans ce monde de folie.

Et je dis wii

Si David Gauchard conserve son équipe d'"Hamlet" (le rappeur Arm, plume et voix de Psykick Lyrikah, l'inclassable Robert le Magnifique ou encore le plasticien David Moreau), il embarque en route Olivier Mellano, guitariste entre autres de Dominique A et de Miossec. Le musicien livre ici une partition fascinante (composée en même temps que la mise en scène), devenant ainsi un troisième Richard III. Car David Gauchard a choisi de démultiplier son personnage principal, qui se retrouve doté de trois visages et de trois moyens d'expression : la guitare donc avec Mellano, mais aussi le flow avec Arm et l'incarnation corporelle avec l'excellent Vincent Mourion au jeu. Ce trio matérialise pleinement le côté sombre et complexe de Richard III, quasiment seul personnage sur le plateau et qui hante une scénographie d'un noir effrayant. Les autres, ceux qu'il trahira, n'apparaîtront que sur un écran vidéo, avec uniquement leurs contours, comme s'ils n'étaient déjà plus qu'un lointain souvenir dans l'esprit machiavélique du futur souverain.

Au final, David Gauchard livre ici une proposition forte et moderne (on adore la présence de manettes wii sur scène). Sans avoir peur d'être irrévérencieux, il embrasse pleinement le texte de Shakespeare pour en retenir sa substance moelle : la folie d'un homme enivré de pouvoir, qui assassinera femme, frères et neveux pour accéder au trône, mais qui finira lui aussi au tapis.

RICHARD III
Au Théâtre de la Renaissance (Oullins) du mardi 2 au samedi 6 février.

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Feinter avec la quatorzaine britannico-française, remplacer une autrice pour une autre pour s'arranger de cette contrainte. Étrange rentrée. Si les salles non subventionnées sont dans une totale misère dûe à la crise sanitaire, celles qui le sont, telles que ce grand centre dramatique national, ont le devoir de proposer, autant que faire se peut, ce qui était annoncé. C'est l'Histoire qui nous regardera à Villeurbanne. Peter Brook a connu son premier grand succès en France en 1957 avec une version de Titus Andronicus dans laquelle il distribuait... Laurence Olivier et Vivien Leigh ! Il trouvait dans la matière shakespearienne de quoi se nourrir. L'économie de moyen primait déjà. Mais c'est dans les années 1960 qu'il lorgne vers ce qui sera son mantra, l'espace vide, qu'il théorise dans un livre du même nom paru en 1968. Alors qu'il privilégie souvent les pièces dites secondaires du dramaturge élisabéthain, il écarte au dernier moment le décor de son adaptation du Roi Lear en 1962, préférant se concentrer « sur la présence des

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Hamlet version hip hop ? Après tout pourquoi pas : du Roméo queer refoulé de Baz Luhrmann au Richard III crypto-fasciste de Richard Loncraine, le 7e art a tellement dévoyé le pauvre Shakespeare à la sauce post-moderne qu'on n'est plus vraiment à ça près. En même temps, l'intitulé est clair : Thème & Variations, un jeu annoncé sur le texte et surtout la substance sonore, axe majeur de la création. En homme avisé, David Gauchard s'est entouré d'un casting de rêve. Prenant pour base la nouvelle traduction du texte, signée André Markowicz, le metteur en scène s'est adjoint les services d'un trio létal pour sa bande-son : Tepr, My Dog is Gay (le duo d'Abstrackt Keal Agram) et le non moins grandiose Robert Le Magnifique. Des compositions plus que concluantes, à même de survivre à la création de façon autonome, et vaillamment soutenues par les flows des comédiens (parmi lesquels on retrouve ledit Robert, mais aussi Arm, MC de Psykick Lyrikah, et par ailleurs auteur de l'excellent texte final, Hier). Ajoutez à cela une contribution plastique de la marionnettiste huppée Emilie Valantin et vous obtenez un projet presque trop prometteur. To mix ! Mea Culpa

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