Regardez-les !

SCENES | Toutes les paillettes se sont évaporées dans les feux d’artifices (somptueux) du 8 décembre. Les théâtres doivent donc trouver d’autres moyens pour vous séduire. Et à l’Iris comme aux Célestins, on ne lésine pas sur un travail appliqué. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Vendredi 9 décembre 2011

Photo : © Mario del Curto


Avant même que les spectateurs n'aient pris place dans la salle, les Célestins sont devenus un gymnase. Voire une salle de concours athlétique. Échauffement, musique électro façon quart-temps de basket. Ne manque plus que les pom pom girls pour accompagner les pyramides humaines des acrobates de Tanger. En dix minutes ils font étalage de leur indéniable talent athlétique. Fort heureusement, assez vite, Martin Zimmermann rattrape par le col son spectacle Chouf Ouchouf ("Regarde, regarde encore") créé avec son éternel acolyte Dimiti de Perrot. De magnifiques scènes de précision et d'équilibre trouvent un peu de la grâce qui caractérise ce duo et dont manquent indéniablement les Marocains pour qui tout geste se déploie en force. La suite de cette heure est à l'avenant : des numéros contrôlés par les Suisses avec parfois des parenthèses que l'on sent insufflées par les acrobates comme ces scènes assez déstabilisantes car d'une totale véracité : un souk ou un pas de danse esquissée par une femme voilée avec un partenaire masculin à califourchon sur ses épaules. Une sacrée audace et même une transgression qui, le temps d'un instant, rappelle que la femme a encore de longs combats à mener dans les pays maghrébins qui les uns après les autres confient le pouvoir à des partis islamistes. 

Songe d'une nuit d'hiver

À l'Iris, point de politique mais un défi théâtral de taille : adapter Amphitryon, pièce torturée et surréaliste de Molière qui, de surcroît, nécessite une grosse machinerie pour figurer les dieux Jupiter et Mercure qui se substituent aux très terrestres Amphitryon et Sosie son valet (dont le nom est devenu commun suite au succès de la pièce) afin de que l'un d'eux puissent profiter de l'étreinte d'Alcmène. Béatrice Avoine et Didier Vidal, metteurs en scène et acteurs les plus percutants de ce spectacle, emportent l'adhésion grâce à un juste équilibre entre un jeu très volubile et affirmé et une scénographie évanescente. Des projections continues (de forêts évoquant Egon Schiele, ou de planètes) habillent le plateau sans le dévorer. Des costumes noirs parfaitement taillés fixent les personnages dans leurs rôles (costumes impériaux des dieux, robes de soirée d'Alcmène, pantalon bouffant de Sosie…). In fine, voilà une belle invitation au songe pour un passage à la nouvelle année en douceur.

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La saison danse en dix événements

SCENES | La saison danse 2014-2015 s'annonce aussi riche et variée que la Biennale qui l'inaugure. Voici, à ce titre, (au moins) dix rendez-vous chorégraphiques à ne pas manquer cette année.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 9 septembre 2014

La saison danse en dix événements

Hors-champ La chorégraphe belge Michèle Noiret (née en 1960) a été formée à l'école Mudra de Maurice Béjart. Ancienne collaboratrice  du compositeur Karlheinz Stockhausen, son écriture fine, graphique, développe une danse aérée et tonique. Elle vient à Lyon avec une pièce singulière pour cinq interprètes et un cameraman, oscillant entre danse et cinéma (les danseurs sont filmés en direct et des images projetées sur différents écrans). Hors-champ joue de passages entre écrans et plateau, corps réels et corps imaginaires, et nous plonge dans une atmosphère anxiogène, tendue à l'extrême, énigmatique. Jean-Emmanuel Denave Les 16 et 17 octobre à la Maison de la danse      

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Nouvel an chinois

SCENES | Dans une soirée de réveillon quasiment désertée par les théâtres, les Célestins se distinguent avec une relecture haute en couleurs d’"Alice au pays des merveilles" par Fabrice Melquiot. Aurélien Martinez & Nadja Pobel

Nadja Pobel | Jeudi 13 décembre 2012

Nouvel an chinois

Les chiffres sont clairs : en cette soirée du 31 décembre, neuf pièces de théâtres sont proposées contre quarante-quatre en café-théâtre ! A ce maigre menu figure notamment le retour d’Amphitryon à l’Iris de Villeurbanne, une mise en scène soignée et fantasmagorique signée par des membres de la troupe permanente du lieu. Du côté de l’Étoile Royale se jouera la première de l'Orgie Romaine de Giorgi Carpentieri, sur un texte de Michel Heïm. Le duo avait déjà accouché l’an dernier de Besame macho, un cabaret aussi assumé que maîtrisé. Du côté des spectacles mastodontes, l'Opéra reprend le superbe Cendrillon de Maguy Marin tandis que les Célestins célèbrent un mariage à haute valeur ajoutée avec Alice de Lewis Carroll : un cirque-poème, une féerie à mettre devant tous les yeux, des petits comme des grands. Soit la rencontre entre l’auteur Fabrice Melquiot, le réalisateur Renaud Cohen et le cirque traditionnel chinois de Tianjin. A eux trois, ils ont élaboré une relectu

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