Jouer à Shakespeare

SCENES | David Gauchard termine sa trilogie shakespearienne sur une note résolument optimiste. Avec "Le Songe d’une nuit d’été", il convoque à nouveau la vidéo et une bande son (pop) pour dynamiser ce texte complexe et loufoque. Musique, maestro ! Nadja Pobel (avec Aurélien Martinez)

Nadja Pobel | Vendredi 27 janvier 2012

Photo : © Philippe Laurençon


Il y a eu Hamlet / Thème et variations pour questionner l'héritage et l'importance des choix. Puis un Richard III sombre (et génialement incarné par le granitique Vincent Gourion) pour restituer une réflexion politique sur le pouvoir. Déjà deux claques saluées à chaque fois dans nos colonnes. Non content de faire du théâtre, David Gauchard et sa compagnie L'Unijambiste y adjoignaient de la vidéo et de la musique à haute dose. Le trio hip-hop Abstrackt Keal Agram, Robert le Magnifique et Psykick Lyrikah pour Hamlet auxquels se rajoutait Olivier Mellano (guitariste de Dominique A ou Miossec entre autres) sur Richard III. Plus de live avec Le Songe mais une bande son à tomber par terre (et d'ailleurs éditée) avec sur scène le beatboxer Laurent Duprat et toujours Robert le Magnifique, Thomas Poli et Laetitia Shériff aux commandes. La méthode (qui n'a rien d'un gadget) fait mouche et embarque d'emblée une salle majoritairement composée d'ados ce soir-là. Il y a donc une manière de faire du théâtre qui soit divertissante et intelligente. Le premier coup de bluff est d'ailleurs visuel : avec une simple projection de diapo sur les micro gouttelettes qui tombent d'une bombe à eau, Gauchard émerveille.

La quille

Et c'est exactement ce qu'il recherche avec cette adaptation. Le texte est complexe (des artisans préparent la pièce Pyrame et Thisbé en même temps que, dans le monde des fées, Oberon et Titania se crêpent le chignon ; pendant ce temps, à Athènes, Hermia se bat contre son père pour aimer Lysandre alors que Demetrius, inlassablement poursuivi par son ex-fiancée Helena, lui est promis) mais évolue dans un registre léger, à l'image de cette phrase de Deleuze que Gauchard met au frontispice de son spectacle «Le système nous veut triste et il faut arriver à être joyeux pour lui». «En faisant ce spectacle, une interrogation m'est venue à l'esprit, dit David Gauchard. Peut-être que le fait de rire ensemble est un moyen de résister, en cette période de montée du populisme. Il n'y a même pas six mois, je ne savais pas que l'on avait trois A, alors que maintenant, je suis complètement déprimé parce que l'on a que deux A et un +».

Résultat, au plateau, tout est jeu : des quilles au début, des cubes ensuite. Et des jeux avec la technologie de notre enfance comme la vision kaléidoscopique de la scène finale une fois chaussées des lunettes en carton – un œil vert et un œil rouge – distribuées en salle. Même si parfois un bout du texte échappe, même si des phrases trop faciles et usées ont été rajoutées à la traduction de Françoise Morvan et André Markowicz («Casse-toi pauvre con») ou que Thisbé, sous les traits d'un homme à couette semble démystifié, le metteur en scène s'amuse avec la matière shakespearienne à mélanger le monde d'hier et celui d'aujourd'hui. Gauchard clôt ainsi (définitivement ?) sa trilogie, avant de revenir à des auteurs contemporains, l'autre jambe d'une compagnie majeure dans le paysage théâtral français.

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On l'a beaucoup entendue dans les spectacles de David Gauchard (Le Songe d'une nuit d'été...), elle est l'une des voix qui se mêle à celle de Psykick Lyrikah, elle a cheminé avec les musiciens Thomas Poli, Dominique A, Olivier Mellano, Robert Le Magnifique… C'est dire si Lætitia Shériff compte dans le paysage musical rock et rap indé. Elle sera aux côtés d'une écrivaine qu'on ne présente plus ici, tant on l'a défendue : Brigitte Giraud, pour la soirée consacrée à la francophonie, le mercredi 20 mars au Théâtre des Asphodèles. L'autrice de Une année étrangère est la marraine du ("magnifique") Printemps des Poètes qui s'achève quatre jours plus tard. Ensemble, elles signent le spectacle musical autour du livre Avoir un corps publié en 2013 dans lequel il est question de la possibilité de la transformation et l'épanouissement du corps féminin sous les injonctions de la société. Plus tôt dans la soirée, à 19h, Brigitte Giraud aura eu l'occasion de s’entretenir - sur le thème "Femme dans le monde francophone" - avec ses consœurs Marie-Christine Gordien et Carine Fernande

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C’est comment la vie dans les glaciers ? Ça craque. Cette sensation autant que ce bruit irriguent la nouvelle création de David Gauchard (cie L’unijambiste), conçue après un voyage de deux semaines sur la banquise — à Kangiqsujuaq, la porte d’entrée du Nunavik, la terre des Inuits du Québec. Oui, ça craque et ça part en lambeaux à mesure que la planète se réchauffe. Il était impensable et impossible pour le metteur en scène de ne pas évoquer le dérèglement climatique actuel, non par démagogie (inexistante ici) mais par simple conscience. Sans didactisme, le texte relatif à cette question n’apparaît que dans les cartels des surtitres à destination des adultes, les enfants restant les yeux rivés au plateau sur lequel les pas des Inuits craquent lorsqu’ils bougent sur cette fausse glace en débris, laissant s’échapper un son d’une justesse absolue. Gauchard a également su instaurer les sensations de froid et d’hostilité dans lesquelles évoluent ses personnages semblant lutter de toutes leurs forces contre des vents contraires. Fondre devant l’inconnu Sans suivre de trame narrative précise, les séquences s’enchaînent comme autant d’instants

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Tout a commencé par une silhouette. Celle d'un narrateur shakespearien en jean et hoodie, dénombrant «mille bruits, certes sanglants, à enfouir sous mille quêtes de soi, quelques milles crimes» les yeux clos, le visage indistinguable et le corps immobile, à l'exception d'une main droite fendant la pénombre telle une lame. La pièce s'appelait Hamlet / Thème et variations, elle était l'œuvre du metteur en scène David Gauchard - oui, celui dont nous louons saison après saison le travail, fut-il une relecture multimédia d'un classique élisabéthain ou la reprise à l'os d'un drame russe plein de bruit et de fureur - et on y faisait la connaissance, médusé, de Arm, MC magnétique dont la diction de grand inquisiteur condamnait à la fadeur ses camarades de plateau. De la même façon que la musique qu'il enregistre depuis cette époque, autrement dit depuis une bonne décennie, à la tête de l'entité Psykick Lyrikah, surclasse en tous points le reste de la production rapologique du pays. Avec laquelle elle ne partage pourtant rien d'autre que des racines goudronnées.  Kick-it like Arm Son verbe, acide et introspectif, on le

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À l’écouter parler, David Gauchard semble être un artisan du théâtre. Il aime tant sa discipline que jamais il ne cesse de l’améliorer, sans pour autant l’enfermer dans sa spécificité. Depuis quatorze ans et sa première création, il insuffle ainsi musique et vidéo à des textes qu’il défend haut et fort. Mais pas question de les dissoudre derrière des apparats jeunistes. En 2002, lorsqu'il monte Hamlet avec du hip hop et se retrouve catalogué comme faiseur de «Shakespeare sexy», sa volonté est déjà de prendre un chemin de traverse. Il veut monter Des couteaux dans des poules de David Harrower (vu à Lyon avec le splendide et dérangeant Blackbird), qu’il découvre par hasard dans une librairie près du Théâtre de l’Odéon. Il cherche alors une même trame que celle de Mademoiselle Julie - un triangle amoureux et tragique à la campagne. Son enthousiasme ne séduit pas facilement les diffuseurs ; Harrower n’est pas aussi vendeur que le maître du théâtre élisabéthain. Qu’importe, David Gauchard monte la pièce et la joue deux à trois fois par saison depuis six ans désormais.

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